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Ça coince ! (42)

Publié le par Yv

Pays provisoire, Fanny Tonnelier, Alma, 2018..

Amélie est modiste à Saint-Pétersbourg depuis sept années. Arrivée de France en 1910, elle a repris une boutique de chapeau et ses créations se vendent très bien dans la bourgeoisie russe. Mais en cette année 1917, le pays change et la révolution s'étend. Amélie est obligée de fuir, de quitter le pays. Première étape, la Suède.

Pas mal a priori, je ne frémis ni ne parvins réellement à m’intéresser aux mésaventures de la jeune femme. Rien pourtant ne fut rebutant, histoire plaisante, les quelques allers-retours entre Saint-Pétersbourg et la vie d'avant d'Amélie à Paris renseignant un peu sur son parcours.

Je ressentis bien que ce roman put être truffé d'aventures, de surprises, de paysages et de rencontres, néanmoins, je peinai à en tourner les pages. Un roman à refiler à des amateurs du genre qui se réjouiront.

 

 

 

Condor, Caryl Ferey, Folio, 2018 (Gallimard, 2016)..

"Dans le quartier brûlant de La Victoria, à Santiago, quatre cadavres d'adolescents sont retrouvés au cours de la même semaine. Face à l'indifférence des pouvoirs publics, Gabriela, jeune vidéaste mapuche habitée par sa destinée chamanique et les souffrances de son peuple, s'empare de l'affaire. Avec l'aide de son ami Stefano, militant rentré au Chili après plusieurs décennies d'exil, et de l'avocat Esteban Roz-Tagle, dandy abonné aux causes perdues qui convertit sa fortune familiale en litres de pisco sour, elle tente de percer le mystère. Dans un pays encore gangrené par l'héritage politique et économique de Pinochet, où les puissances de l'argent règnent en toute impunité, l'enquête dérange, les plaies se rouvrent, l'amour devient mystique et les cadavres s'accumulent..." (4ème de couverture)

Voilà, c'est bien dit, sauf que je n'y crois pas. Entre stéréotypes voire caricatures, et entrées en grand nombre de protagonistes dont au bout d'un moment je ne sais plus qui ils sont ni ce qu'ils font là, je ne parviens pas à m'intéresser à cette histoire. J'apprends des trucs sur l'histoire du Chili et de l'Amérique du sud, mais ça ne suffit pas à me faire tenir le coup toutes les pages. Le reste est convenu, déjà-lu. Rien de bien affolant. Ni l'histoire d'amour très Roméo et Juliette, ni l'intrigue. 

Ma première lecture de Caryl Ferey, j'aurais peut-être dû commencer par un autre titre...

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Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

Publié le par Yv

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?, Soledad Bravi, Dorothée Werner, Rue de Sèvres, 2018.....

Dorothée Werner est grand reporter et éditorialiste au magazine Elle. Elle a beaucoup écrit sur le thème des inégalités hommes/femmes. Elle est aussi romancière.

Soledad Bravi est créatrice, entre multiples autres choses, publie des planches BD dans le même magazine que sa consœur, elle publie aussi des livres : La BD de Soledad, Bart is back, tous deux chroniqués ici-même ! 

Le pari des deux auteures est de remonter l'histoire des rapports entre hommes et femmes de la préhistoire à nos jours, et tout cela en moins de 100 pages ! Pari fou, certes, mais réussi. Le dessin est plutôt rigolo mais les textes beaucoup moins, même si parfois, la manière dont sont décrites les choses prêtent à sourire mais en se moquant des persécuteurs et autres mâles dominants fiers de leurs attributs qui leur donnent le pouvoir. 

Un petit cours d'éducation sexuelle pour commencer et bien réexpliquer que la différence entre les femmes et les hommes n'est absolument pas question de domination des uns sur les autres, mais juste une question physiologique. Puis entrons dans la préhistoire cette période étrange où semble-t-il, tout à commencé. Un passage par les religions machistes, culpabilisatrices et écrites par des hommes pour des hommes -on n'est jamais si bien servi que par soi-même-, puis par les lois qui régissent nos sociétés écrites par des hommes pour des hommes -tiens, je ne l'ai pas déjà dit ? Les auteures passent les époques en montrant des femmes célèbres qui se sont battues pour être reconnues, des actes ou des faits qui ont permis quelques avancées. Tout va lentement, très lentement, on en est encore de nos jours à parler d'égalité des salaires, des agressions ou du harcèlement. On parle, on parle, mais concrètement peut-on encore tolérer dans nos pays des différences en raison d'un sexe ?

L'occasion était trop belle, je fais paraître mon billet le 8 mars, journée internationale des femmes, mais il ne faudrait pas que la réflexion se limite chaque année à cette journée. 

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Coupable[s]

Publié le par Yv

Coupable[s], Samuel Sutra, Flamant noir, 2018...,

Jean-Raphaël Deschanel est flic aux RG. Trois meurtres ont été très récemment commis en région parisienne sans que rien ne les rassemble. Un quatrième meurtre est attribué au même assassin et là, un point commun se fait jour entre les quatre homicidés : Haïti. Tous les quatre ont un lien avec cette île. Jean-Raph', est haïtien et se retrouve versé à la crim' pour tenter d'aider les enquêteurs à élucider ce quadruple assassinat. Assez vite, il trouve que le passé haïtien des victimes est trouble et lié au terrible séisme de 2010 qui a fait des milliers de morts.

Petite remarque en préambule : dans le titre, le "s" est volontairement entre crochet et donc, dans mon article, lorsque je parlerai de coupable, entendez le coupable ou la coupable ou les coupables, les trois propositions s'offriront à vous.

Nouveauté Flamant noir et nouveauté Samuel Sutra l'auteur de l'excellente série avec Tonton mais aussi d'un très bon polar sur fond de jazz, Kind of black. Cette fois-ci, bien que le roman, entre policier et thriller, se déroule entièrement en France, Haiti est omniprésente. Si j'ai découvert assez vite qui était coupable-vous reporter à la note du début-et que la pirouette finale m'a un peu déçu, mon plaisir n'en a point pour autant été émoussé et c'est gaillardement et avec entrain que j'ai lu ce dernier opus de S. Sutra, il me faut préciser que pas mal d'indices sont distillés dans les chapitres qui permettent d'échafauder la même hypothèse que la mienne, qui s'est avérée. J'ai aimé l'ambiance et la bonne idée de mettre Haïti au centre sans tomber dans la caricature avec le vodou et autres images que l'on pourrait avoir de l'île. Bien sûr, il en est question, mais justement pour aller plus loin que cela, il explore les suites du séisme et l'aide humanitaire qui arrive de partout. Samuel Sutra ne bâtit pas un polar historique sur Haïti, il se concentre sur ces dernières années -dans le genre polar haïtien très bien documenté, Tonton Clarinette de Nick Stone, m'avait fait beaucoup d'effet. J'ai aimé aussi, comme toujours chez Samuel Sutra, ses personnages, normaux, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs limites et leurs déchirures. Tout cela fonctionne très bien dans un roman rythmé, très actuel, moderne dans son histoire, dans sa construction qui alterne les points de vue, et dans son écriture, loin des Tonton, preuve que l'auteur ne fait pas toujours dans la gaudriole. Ce polar -forcément conseillé par mézigue- débute par ces phrases :

"L'église est rayonnante. Je la situe étrangement sur les hauteurs de Les Cayes. Sur un coteau où, pourtant, je sais qu'il n'y a jamais eu cette église. Je pense que j'avais besoin qu'elle soit là et pas ailleurs. Elle est peinte, comme le sont encore certaines églises ici. D'un rose pâle et délicat. On croirait une goutte de sang qui viendrait troubler le lait. Elle ressemble à Notre-Dame de l'Assomption, la cathédrale de Port-au-Prince." (p.11)

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Bretzel blues

Publié le par Yv

Bretzel blues, Rita Falk, Mirobole, 2018 (traduit par Brigitte Lethrosne et Nicole Patilloux).....

Franz Eberhofer, de la police de Niederkaltenkirchen est plutôt dans une bonne période. Récemment, il a résolu un quadruple meurtre (Choucroute maudite) et depuis un moment, il gère les petits tracas du quotidien. Lorsque M. Höpfl, le directeur de l'école, est porté disparu, il ne s'inquiète pas outre mesure mais commence néanmoins à fureter. Le directeur revient. Puis, il disparaît de nouveau pour ne plus jamais revenir, sauf sous forme de cadavre. Suicide ou meurtre ? Franz est reparti pour une nouvelle enquête. 

Deuxième tome des aventures de Franz Eberhofer, toujours aussi savoureuses, à tous niveaux. D'abord parce qu'elles sont drôles, décalées et ensuite parce que la Mémé, la grand-mère de Franz n'arrête pas de cuisiner et lui de penser à manger, et la nourriture allemande est plutôt roborative, ce n'est pas de la gastronomie aux portions pesées. Ce qui rend drôle cette série, c'est le relâchement de Franz, cet espèce de dilettantisme ou de je-m'en-foutisme qui le caractérise. Son machisme également qui pourrait être agaçant, hors époque -je rappelle que l'auteure est une femme- et qui le rend ridicule et sympathique parce que ce trait de caractère a tendance à se retourner contre lui. Malgré ces traits pas forcément positifs, de ceux qui n'aident pas habituellement à résoudre des enquêtes, Franz se révèle efficace et intuitif. Il saura aussi s'entourer de personnes à peine plus engageantes que lui et tout aussi efficaces.

Ce qui rend drôle également la série, ce sont les personnages secondaires : la Mémé bien sûr et le Papa qui vivent à côté de Franz, ou plutôt l'inverse, puisqu'icelui a aménagé l'ancienne porcherie en son antre. Puis Léopold, le frère abhorré, lèche-cul de service, qui s'attire toujours les bonnes grâces du Papa, qui revient épisodiquement avec sa nouvelle femme et son bébé. Puis Louis II, le chien de Franz, un peu moins présent cette fois-ci. Et d'autres encore, habitants de Niederkaltenkirchen et amis de Franz, son ex-collègue et la Susi, plan-cul de Franz, mais qui aimerait sans doute passer à une relation plus sérieuse. 

Enfin, tout ce petit monde est bien barré et c'est un véritable plaisir que de les retrouver. Ma fille -qui vit actuellement en Allemagne- m'a dit que 8 tomes étaient écrits, je supplie les traductrices, Brigitte Lethrosne et Nicole Patilloux, de travailler vite et bien -comme d'habitude- et l'éditrice de continuer la série et de l'éditer d'aussi belle façon, parce que chez Mirobole, le travail est bien fait. 

Il paraît qu'il existe également deux films tirés des deux premières aventures de Franz, mais uniquement en allemand. Que les programmateurs de cinéma ou télévision français se penchent sur le problème, je veux les voir moi, mais je ne parle ni ne comprends l'allemand...

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Casting sauvage

Publié le par Yv

Casting sauvage, Hubert Haddad, Zulma, 2018.....

Dalmya, jeune femme, danseuse, a pour le moment comme emploi de rechercher dans les rues de Paris des figurants pour un film. Ils devront représenter des déportés rescapés des camps revenant à Paris. Dalmya doit donc rechercher des hommes et des femmes très maigres et leur proposer des jours de tournage. Mais la jeune femme profite également de ces journées de casting sauvage pour tenter de retrouver ce jeune homme croisé quelques temps plus tôt, qu'elle avait attendu vainement un soir et dont le souvenir l'obsède.

J'aime beaucoup Hubert Haddad, mais à chaque fois que j'ouvre l'un de ses livres, j'ai une petite appréhension. En effet, parfois, je n'y arrive pas, ce fut le cas avec quelques rares -heureusement-  titres que je n'ai pas pu lire. Mais quand ça colle entre l'ouvrage et moi, je peux être d'un enthousiasme à peine limité. Ce fut le cas avec moult romans de l'auteur. Cette fois-ci, le suspense ne sera pas long ni haletant, j'ai beaucoup aimé Casting sauvage. J'y retrouve l'élégance de l'écriture, la poésie, l'usage de certains mots rares ou désuets, mais jamais trop, Hubert Haddad ne fait pas dans le recyclage des mots anciens pour épater la galerie, il en place de temps en temps et la page prend une autre dimension. Au-delà de ça, c'est aussi le ton employé, calme et lenteur, une vraie pause dans notre société ultra rapide ou tout doit trouver réponse immédiatement.

Hubert Haddad, par petites touches, décrit Dalmya et, tout au long du court roman, elle se révélera à nous lecteurs, mais aussi à elle-même. Cette jeune femme fragile ose aller au-devant d'inconnus dans la rue ; elle garde à leurs yeux son mystère mais pas aux nôtres qui apprenons à la connaître. Roman fin et sensible, d'une beauté enivrante dans lequel le romancier parle de sujets lourds et profonds : les réfugiés, les attentats, les pauvres de Paris, ceux qui vivent dans les rues ou dans des habitats insalubres, ... Paris en est le contexte géographique, Dalmya arpente ses rues, places et boulevards, c'est un walking movie comme le précise l'éditrice, un roman pour ceux qui aiment marcher à Paris et pour les autres qui découvriront les quartiers et leurs habitants.

Hubert Haddad parle des gens, de tous les habitants de Paris quelles que soient leurs origines qui peuvent vivre ensemble en apprenant les uns des autres. Tout son talent est dans le fait qu'il fait tenir tout cela en 160 pages, que si beaucoup est dit, le lecteur lit entre les lignes et prolonge la réflexion de l'écrivain. J'aime les écrivains qui font le pari de l'intelligence de leurs lecteurs. J'aime Hubert Haddad.

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Vies volées

Publié le par Yv

Vies volées. Buenos Aires. Place de Mai, Matz et Mayalen Goust, Rue de Sèvres, 2018.....

"De 1976 à 1983, la dictature militaire qui régit l'Argentine fait disparaître près de 30 000 opposants politiques, pour la plupart assassinés. Parmi eux, de jeunes femmes enceintes auxquelles leurs enfants seront arrachés à la naissance. Depuis, 1977, leurs grands-mères recherchent ces 500 bébés volés..." (4ème de couverture). Les desaparecidos, ces jeunes gens enlevés, probablement torturés et assassinés ne sont évidemment jamais revenus et leurs bébés ont été donnés à des familles proches du régime. Fin des années 1990, l'ADN permet de rechercher la trace des vrais parents. Mario sent qu'il est un enfant de desaparecidos, il veut faire le test. Son ami Santiago l'accompagne.

J'ai tout aimé dans cet ouvrage. D'abord, l'histoire est forte, basée sur des faits réels. L'Argentine n'est pas la seule à avoir pratiqué ce genre d'horreur, mais le mouvement des grands-mères fit grand bruit et je me souviens en avoir entendu parler il y a longtemps. Dire que cette BD vient à point pour compléter mes vagues connaissances du sujet est une réalité. J'ai bien aimé le scénario de Matz (dont j'avais bien aimé l'album, Le travailleur de la nuit) qui, à travers les jeunes gens qu'il décrit, permet de rendre compte de beaucoup de réactions possibles face à la découverte de leur filiation et de l'histoire de leurs familles, la biologique et l'adoptive. Cette histoire, certes romancée, avec une histoire d'amour en prime permet de tenter de comprendre l'histoire de cette période en Argentine et le combat des grands-mères et des petits-enfants parvenus à l'âge adulte.

Le dessin de Mayalen Goust est magnifique. J'ai aimé les couleurs pastel, la douceur des tons qui tranche avec la dureté de l'histoire. Ses ciels, ses fonds et ses arbres et leurs branchages sont superbes. Et comme les personnages et les paysages ne sont pas en reste, je peux dire sans exagérer que cet album est une vraie réussite.

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Le camion

Publié le par Yv

Le camion, Neige Sinno, Christophe Lucquin, 2018..,

Des copains, aux alentours de Marseille, se retrouvent régulièrement autour ou dans un vieux camion qu'ils ont retapé, qui roule tant bien que mal, qui parfois, reste dans un parking ou pas loin d'une plage. Ce camion est leur lieu de rencontre, là où ils parlent des voyages que la mécanique du véhicule restreint aux rêves. Il est aussi question de leurs vies, leur vie d'aujourd'hui, celle d'hier et leur avenir.

Nouveau titre chez Christophe Lucquin qui élargit ainsi son catalogue à un roman français, contemporain et moins barré que ceux des auteurs de langue espagnole qui me l'ont fait découvrir. Ce roman de Neige Sinno est celui d'une génération de copains désœuvrés, qui se cherchent tant professionnellement que personnellement, amoureusement qu'amicalement, et surtout eux-mêmes. 

Je suis resté un peu au-dessus de ce livre : les questionnements et aventures des uns et des autres ne m'ont pas scotché ni même ému. Je ne saurais dire pourquoi, peut-être un problème de génération, ce roman parlant des jeunes adultes qui craignent d'entrer dans les vies professionnelle et familiale de la même manière que les ont menées leurs parents. Néanmoins, malgré le fait que je ne sois pas parvenu à vraiment entrer dans ce roman, je lui ai trouvé plein de qualités. D'abord, il parlera sans doute à des gens plus jeunes que moi. Ensuite, il est bien mené ; j'ai aimé le talent avec lequel Neige Sinno passe d'un narrateur à un autre, très rapidement, sans que le lecteur ne se perde,  je me rends compte que lorsque tout est bien amené, je peux suivre plusieurs personnages et leurs vies et leurs soucis, de front. Presque un exploit pour moi qui suis monotâche et qui ai du mal avec le roman choral surtout lorsque la chorale est vaste. La langue est vive, fluide, les références culturelles y sont assez nombreuses, la lecture très agréable.

Malgré mes réserves toutes personnelles, je vous conseille vivement ce roman moderne qui ne devrait pas vous laisser insensible, qui vous fera rencontrer des jeunes gens attachants, en plein doute et qui débute par ces mots :

"Ils ont un fourgon quatre portes qui a été utilisé pour faire des livraisons. Ils l'appellent le camion et s'en servent pour voyager. Ils disent qu'ils vont aller jusqu'en Inde avec. Ils ne savent pas s'ils arriveront jusqu'à l'Inde, mais le Pakistan au moins, ce serait bien." (p.5)

PS : ce livre, pour diverses raisons, prévu en janvier ne sortira finalement qu'en mai, mais sur le site de l'éditeur (CLE) vous pouvez en savoir plus et même sans doute le pré-commander. Bonne nouvelle, n'est-il pas ?

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Sur la ligne blanche

Publié le par Yv

Sur la ligne blanche, Michel Embarek, Archipoche, 2018 (Autrement, 1984)..,

Lorsque Frantz, journaliste dans un journal suisse, sur la touche, apprend la mort de Langlet, critique de rock, animateur emblématique d'émissions musicales qui font ou détruisent des carrières, il flaire le bon article et se lance sur l'enquête. Langlet a été arrêté par la police étasunienne et assassiné en détention. Mais pourquoi et comment ce buveur, noceur, dragueur, tout puissant a-t-il pu tomber ? 

Michel Embarek a été critique rock au magasine Best pendant dix ans avant de se lancer dans l'écriture de polars. Sur la ligne blanche est son premier roman, réédité cette année par Archipoche. Le romancier connaît donc très bien le milieu dans lequel il place son histoire et les plus anciens des lecteurs croiront -sans doute à raison- reconnaître dans ses personnages des gens connus tels Philippe Manoeuvre et Antoine de Caunes, 1984 c'est la grande période de l'émission Les enfants du rock. J'avoue être passé à côté de cette émission diffusée entre 1982 et 1988, ce sont des années où je regardais très peu la télévision, préférant au moins pour les dernières années concernées les sorties avec les copains. 

J'ai eu beaucoup de mal a entrer dans l'histoire de M. Embarek, la construction du roman avec des allers-retours temporels, mais aussi des changements de narrateurs, une langue très argotique et imagée que je ne comprends pas totalement, devinant plutôt certaines phrases, des références musicales que je n'ai pas -mais ça, ce n'est pas rédhibitoire- tout cela a fait que je ne me suis pas vraiment passionné pour l'histoire ni pour les personnages. J'ai bien senti qu'il y avait une ambiance rock, un truc bien barré, mais je n'ai pas accroché -malgré un titre emprunté à Alain Bashung. Trop obscur, un peu abscons, j'avoue n'avoir pas tout entravé, même si la fin est un peu plus explicite, plus claire. 

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Infinity 8. Connaissance ultime

Publié le par Yv

Infinity 8. Connaissance ultime, Franck Biancarelli, Lewis Trondheim, Emmanuel Guibert, Rue de Sèvres, 2018...,

Sixième reboot au sein du vaisseau YSS, toujours bloqué par la nécropole. Cette fois-ci c'est l'agente Leïla Sherad qui s'y colle avec l'aide d'un alien érudit pas vraiment taillé pour l'aventure, mais sait-on jamais ? 

Un sixième tome qui cette fois parle d'art et de vie universelle et éternelle. J'ai avancé sans vraiment tout comprendre dans les premières pages, renouant parfois avec une certaine incompréhension de la science fiction à mon égard -ou peut-être est-ce l'inverse ?-, ce que je n'avais pas ressenti sur les tomes précédents. Mais j'ai persisté, d'abord parce que j'aime bien la série et ensuite parce que j'aime bien le trait de Franck Biancarelli et ses couleurs. Bien m'en a pris, parce que évidemment ce qui était un poil opaque -encore que je ne sache pas que l'on parle de l'opacité des poils- s'éclaircit. Encore une fois l'héroïne, forte en caractère et rebelle, aura fort à faire avec son binôme et avec l'autorité, et un peu aussi avec la drague lourde du lieutenant du vaisseau, mais bon c'est bon enfant, il est loin d'Harvey Weinstein. 

Elle est très bien cette série qui tourne dans la maison à peine déposée sur la table. On ne s'étripe pas pour savoir qui la lira en premier, ben non, forcément c'est moi, puisque je suis le chef de famille ! Mais pour les places suivantes c'est une dure lutte (pas de grossièreté svp). J'en arrive au moment où je crie : "A qui le tour ?" et les prétendants d'arriver au triple galop.

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