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Salve de bandes dessinées

Publié le par Yv

Chevalier Brayard, Zidrou, Porcel, Dargaud, 2017...,

De retour d'une croisade, sept ans après son départ, le chevalier Brayard fait route avec un moinillon porteur des reliques de sainte Bertrude, patronne de son ordre religieux. En chemin, ils sont attaqués par une jeune princesse Hadiyatallah qui veut retourner dans son pays d'où elle a été enlevée par un chevalier ami de Brayard revenu des croisades lui aussi. C'est Brayard et son compagnon le moine, qui vont l'escorter.

Toujours dans la catégorie des livres lus avant l'été et pas chroniqués...

Un petit tour à la bibliothèque et j'entame avec cet album une salve de bandes dessinées. Détente et amusement sur fond historique pour celle-ci. Brayard porte bien son nom,  Hadiyatallah est redoutable dans tous les domaines et le moinillon bien naïf et sans doute secrètement amoureux de la jeune princesse. C'est drôle, léger et tendre. De quoi passer une heure ou deux dans un Moyen Age truculent et animé. 

 

Big Bill est mort, Wander Antunes, Walter Taborda, Vance Caines, Paquet, 2005...,

Big Bill est mort, pendu à un arbre devant la maison de sa mère et de ses deux frères qui le regardent en attendant l'arrivée du shérif. Alors qu'ils n'osent pas le détacher pour ne pas souiller la scène du crime, les deux frères refont le parcours de Big Bill pour savoir qui, dans la petite ville, aurait pu le tuer. Les candidats sont très nombreux.

Les Etats-Unis, sur fond de racisme, probablement à la fin des années cinquante, les noirs ne sont pas appréciés et celui d'entre eux qui ose vivre comme les blancs est très mal vu d'iceux voire méprisé ou pire. Big Bill a pas mal d'ennemis, entre les racistes, les jaloux de ses succès, les maris cocus, les joueurs de poker qu'il a plumés... 

Le scénario (Wander Antunes) est intéressant, à coups de retours en arrière, on apprend l'essentiel de la vie de Big Bill. Bien mis en dessins (Walter Taborda) aux traits réalistes et expressifs, aux couleurs chaudes ((Vance Caines), cette BD, si elle ne joue pas dans la catégorie de celles qui ont un truc en plus, qui déchirent comme diraient les jeunes, n'en est pas pour autant déplaisante. Au contraire, je me suis fait un plaisir de la lire et je vais aller la remettre dans les rayonnages pour que d'autres puissent en bénéficier.

 

Le retour, Duhamel, Grand angle, 2017...

Cristobal, artiste reconnu, a grandi sur une île volcanique. Parti exposer aux Etats-Unis, il revient sur son île natale, la quarantaine à peine passée et décide de faire de ce lieu un des endroits les plus beaux du monde. Il fustige le tourisme de masse et veut imposer sa vue de l'architecture de l'île. C'est un colérique, comme son père. Il s'emporte souvent, ce qui peut le desservir, ses détracteurs sont assez nombreux, ceux qui veulent s'enrichir avec le tourisme. Convaincant, Cristobal commence ce qui deviendra son oeuvre. 

Librement inspiré de la vie de César Manrique et de son île Lanzarote, cet ouvrage est intéressant et pose pas mal de questions sur la création, l'art, l'élitisme, la beauté, ... Il est aussi question de la conservation d'un patrimoine, de la nature et le prix qu'il faut payer pour les habitants, renoncer à certains rêves, à un certain confort auquel beaucoup ont droit. On parle aussi de la solitude du créateur, de sa mégalomanie, de ses compromissions. Un bel album, original.

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Le tableau de Maï

Publié le par Yv

Le tableau de Maï, Anne-Solen Kerbrat, Palémon, 2018...,

Anna Carantec, morlaisienne et psychologue aime chiner et fréquente les salles de vente aux enchères. Lors de l'une d'elles, elle assiste à la vente d'un tableau qui n'aurait jamais dû quitter sa famille. Intriguée, elle demande alors à son cousin, le commandant Perrot de Nantes, opportunément en congés maladie de l'aider à résoudre cette énigme. Le cousin arrive, furète un peu et s'en remet assez vite au commandant de police local, Mével qui prend la suite. Cette histoire du tableau ayant appartenu à la grande-tante d'Anna, la célèbre Lady Mary, née pauvre, fille de meunier et ayant fini sa vie en Lady, propriétaire du château de Coat-an-Noz l'intéresse au plus haut point.

Les éditions Palémon peuvent s'enorgueillir d'un catalogue riche : Jean Failler et sa Mary Lester, Firmin Le Bourhis (récemment dédécé) et Hugo Buan, entre autres. Anne-Solen Kerbrat en est pour sa part, à son douzième roman policier. Celui-ci, après un début un peu longuet qui présente les divers intervenants, leurs liens, les retours en arrière avec la tante et la grande-tante d'Anna, la vie actuelle d'icelle, morne et répétitive, commence à accélérer dès lors que le cousin flic débarque à Morlaix et met son nez dans l'affaire du tableau. Ensuite, sans être un polar haletant, il est fort bien construit et mené, Anne-Solen Kerbrat mêlant habilement la fiction et la réalité. Car oui, Lady Mary a bien existé : née fille de meunier elle a fini par épouser un Sir anglais et revenir au pays. Ses châteaux existent encore, ses descendants, je ne sais pas.

J'ai beaucoup aimé mon voyage dans l'hiver de Morlaix -ville que je ne connais pas encore- Anne-Solen Kerbrat est très pointilleuse, méticuleuse -parfois un peu trop sans doute et se répète, notamment dans la résolution de l'énigme vue par différents protagonistes, mais rien de rédhibitoire. C'est un polar d'atmosphère, un livre qu'il fait bon lire pour prendre un bon coup de Bretagne de plein fouet, ce qui est bon pour la santé, c'est mon docteur qui l'a dit, mais malgré tout, ça n'est pas remboursé par la sécu. A lire au coin du feu quand il fait froid comme à Morlaix cet hiver-là, ou sur la terrasse au soleil quand il fait chaud ou partout ailleurs quand il fait n'importe quel temps. A lire quoi ! 

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Le testament noir

Publié le par Yv

Le testament noir, Jean-Luc Aubarbier, City (et City poche), 2017....

San Diego, Californie, le 10 septembre 2001, un homme âgé qui profite de son jacuzzi se fait assassiner. Le lendemain, ce sont les tours jumelles de Manhattan qui tombent.

1920, Jérusalem, les services secrets britanniques engagent un jeune homme, juif, qui parle plusieurs langues pour espionner les chefs musulmans islamistes qui sont approchés par les membres de la secte allemande Thulé, celle-ci même qui forgea les bases du nazisme.

Retour en 2001 où Pierre Cavaignac et Marjolaine Karadec, archéologues se retrouvent embarqués dans une histoire qui lie ces deux dates.

Pour ne rien cacher, c'est le deuxième livre de Jean-Luc Aubarbier que je lis, le premier (qui est le troisième tome des aventures des deux archéologues), intitulé La vengeance de Gaïa s'intéressait à la Préhistoire, et ne m'avait pas emballé. Pour Le testament noir -qui est chronologiquement la deuxième aventure du couple-, ma sensation est toute autre. J'ai beaucoup aimé. Sans doute l'époque, le contexte m'ont-ils concerné davantage puisque la construction des deux livres est la même.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je précise que JL Aubarbier est historien des religions, libraire et franc-maçon -personne n'est parfait, ça doit arriver à plein de gens bien ; plaisanterie mise à part, ce détail est important car la maçonnerie est très présente dans ses livres. Il a aussi écrit des essais sur le Périgord, les Cathares, les Templiers, autant de sujets qui me plaisent bien.

La bonne idée de ce roman est de parler des origines de l'islamisme, très fortement lié au nazisme "L'islamisme est à l'islam ce que le nazisme fut à l'Allemagne." (p.154), de déplacer notre regard d'occidentaux sur la seconde guerre mondiale, vers le Moyen Orient. J'ai appris une foultitude de choses. En bon Européen moyen, je n'avais jamais cherché vraiment à savoir comment le conflit avait pu s'étendre là-bas. Certes, j'avais bien notion de Rommel en Egypte et de divers fronts, mais pas à ce point. La secte Thulé qui cherche à étendre son pouvoir de nuisance, la naissance des Frères musulmans : "Dans les années 1920, le grand mufti de Jérusalem et la secte des Frères musulmans se sont mis au service d'Hitler. Après la défaite de 1945, de nombreux dignitaires nazis ont gagné les pays arabes et ont poursuivi la lutte clandestinement. Sans eux, le conflit israélo-arabe n'aurait jamais eu lieu. "Celui qui s'en prend à un juif trouvera en moi un ennemi le jour du jugement dernier", a dit Mahomet. Mais comment faire la paix quand le ministre de l'information de Nasser se nomme Hans Appler, collaborateur de Goebbels ?" (p.194). J'ai trouvé ça passionnant, JL Aubarbier semble très documenté et connaisseur, il s'appuie sur des ouvrages et des faits cités en fin de volume. Son livre donne une autre ouverture sur le monde dans lequel on vit actuellement, très loin de ce que l'on apprenait à l'école sur cette période. Il est vrai que la colonisation et le découpage des territoires en frontières créées de toutes pièces n'étaient pas au programme.

Et l'intrigue, celle qui lie tous les éléments entre eux et fait intervenir des personnages fictionnels au milieu de ceux qui ont réellement existé ? Un rien fantastique : une relique de deux mille ans en est la clef de voûte. Elle se suit très bien et même plus puisque l'envie d'arriver à l'épilogue et de comprendre toute l'histoire est très forte et tient en haleine jusqu'aux ultimes pages. Pierre Cavaignac et Marjolaine Karadec sont obstinés, têtus, fins et très calés dans leur domaine professionnel, ce qui nous en apprend également pas mal sur la ville de Toulouse -que je ne connais pas encore, mais j'ai de bonnes idées de visites et même un restaurant s'il existe encore. Ils pourraient paraître un peu "justes" mais le fait est qu'ils ne sont pas enquêteurs ni flics et donc leurs limites sont excusables, et puis les héros tout-puissants, ce n'est pas trop mon truc. 

En résumé, une excellente lecture que je conseille pour cette fin d'été -ou après- et si vous aimez la Préhistoire, laissez-vous tenter également par La vengeance de Gaïa (City poche) qui devrait fonctionner tout pareillement. Et pour être complet, la première aventure du duo d'archéologues s'intitule L’échiquier du temple

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Intrus à l'étrange

Publié le par Yv

Intrus à l'étrange, Simon Hureau, la boîte à bulles, 2011....

Largué par sa copine et donc à la rue, Martial a du mal à se remettre de la mort récente de son grand-père. En fouillant dans les affaires d'icelui, il trouve des lettres échangées avec une femme et trace d'un vieil ami dont il n'a jamais entendu parler. Pour tenter de faire la lumière sur ces énigmes, Martial quitte la région parisienne, direction, le plateau de Millevaches, là où semble-t-il, tout à commencé. Dans le village, Martial n'est pas forcément bien accueilli surtout lorsqu'il sympathise avec le bouc-émissaire local et surtout avec sa fille, Ariane. 

Reprise post vacances tranquille avec des livres lus avant mais pas encore chroniqués. Voici donc une BD ou roman graphique comme on dit maintenant pas mal du tout. Bon, je ne suis pas fan du trait, celui des personnages ça va, mais les paysages, le contexte, tout cela me semble confus et chargé. De même pour les phylactères nombreuses et bien remplies, au moins au début de l'ouvrage. Malgré cela, j'ai bien aimé mon voyage au plateau de Millevaches. Le mystère s'épaissit au fil des pages et l'ambiance change.

Il y a un faux air de Tardi dans l'album : le noir et blanc peut-être ou la tête de Martial ou l'étrangeté de l'histoire ? Ou peut-être tout cela en même temps. Référence oh combien prestigieuse pour Intrus à l'étrange qui est -un bon conseil- à découvrir. Simon Hureau est celui qui a dessiné Crève-Saucisse.

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Le plus beau des bersagliers

Publié le par Yv

Le plus beau des bersagliers, Charles Exbrayat, Le masque, 2009 (Librairie des Champs-Elysées, 1970)...,

Bien que de Vérone, Roméo Tarchinini, commissaire se trouve affecté à une enquête à Turin. Dans cette ville, à l'invitation du chef de la police turinoise pour expliquer ses méthodes personnelles, Roméo Tarchinini, pour qui, toutes les enquêtes doivent être vues sous l’œil de l'amour sera secondé par Alessandro Zampol, veuf taciturne, le total opposé du commissaire. Tous les deux devront élucider le meurtre de Nino Regazzi, bersaglier, Don Juan local. Les suspects sont nombreux surtout chez les maris ou fiancés jaloux.

Petite remarque liminaire à tous ceux qui, comme moi ignoreraient ce qu'est un bersaglier. Pour les autres, descendez d'un paragraphe et passez directement à la suite, s'il vous plaît sans la ramener trop, moi aussi il y a des mots que je connais et pas vous... non mais, bande d'effrontés. Bon, je disais donc qu'un bersaglier, pour la faire courte, est un soldat d'infanterie légère de l'armée italienne. 

Ah, quelle joie que de relire du Exbrayat. Cette fois-ci, il nous emmène en Italie, dans une Italie caricaturale, avec des personnages qui ne le sont pas moins, mais c'est pour la bonne cause, c'est un divertissement. Tout est exagéré dans ce roman. Tout du long, j'ai visualisé Tarchinini, sorte de Poirot italien amoureux et obnubilé par ce sentiment, et les autres protagonistes, tous fort bien décrits, et leurs mimiques,leurs réactions, très appuyées, amplifiées. Ils parlent fort et avec les mains, on est plus dans Don Camillo que dans Pasolini. C'est une blague, une farce policière qui fait du bien et comme à chaque fois avec Exbrayat, ça marche, ça fait rire ou sourire et ça fait passer un très bon moment. Que demander de plus ? 

Reprise en douceur donc après ces quelques jours d'interruption...

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Artifices

Publié le par Yv

Artifices, Didier Fossey, Flamant noir, 2018.....

Boris Le Guenn, commandant et chef de groupe à la crim' au 36 quai des orfèvre est mis sur une drôle d'enquête : le corps d'un vieil homme vient d'être retrouvé, attaché à un arbre, l'homme semblant avoir été tué par une chandelle de feu d'artifice. Quelques jours plus tard, un autre homme, meurt dans sa maison de retraite, et de nouveau du matériel d'artificier a été utilisé. 

Dans le même temps, Boris Le Guenn, fraîchement séparé de sa femme subit le harcèlement d'un inconnu.

Retour de Boris Le Guenn déjà rencontré dans les titres précédents de Didier Fossey : Burn-out et Ad unum. Dire qu'il revient pour le plaisir des lecteurs n'est pas mentir, ceux qui le connaissent rempilent avec joie, les autres apprendront à le découvrir et auront sans doute l'envie de lire ses autres enquêtes, ce qu'évidemment je ne peux que conseiller fortement. Fidèle à son habitude, l'auteur bâtit son roman en courts chapitres qui alternent les narrateurs, ce qui permet au lecteur d'avoir un temps d'avance sur les policiers. Le rythme est rapide et s'accélère sur la fin, plaisant et si l'envie vous prend, cette construction le permettant, vous pourrez toujours poser le livre aisément et le reprendre un peu plus tard sans perdre le fil. Moi qui lis beaucoup par toutes petites tranches, ça me plaît. 

Venons-en au cœur de l'ouvrage : l'histoire, l'intrigue. Originale et classique, Didier Fossey lorgne vers le thriller -avec un méchant vraiment très méchant qui en veut à son flic- mais a l'intelligence de ne pas céder aux facilités du genre (bagarres archétypales et/ou enlèvement des femmes et enfants, enfin tout ce qui est prévisible et décevant dans pas mal de thrillers étasuniens notamment). C'est cela que j'aime bien, le romancier adopte les règles du genre mais les personnalise pour écrire des romans originaux. En outre, il persiste avec ses personnages forts et bien décrits, très réalistes. C'est avant tout l'humain qui est mis au centre du roman, les aides techniques et scientifiques sont là, certes, mais l'histoire tourne autour des hommes et des femmes, de leurs sentiments, leur flair, leurs intuitions ; c'est rassurant de lire que les avancées scientifiques et technologiques sont au service de l'homme et non pas l'inverse. L'histoire est originale : la mise à mort avec du matériel de feu d'artifice, des personnages venant du passé et se rappelant aux bons souvenirs des victimes mais aussi de Boris qui sera, dans un premier temps désemparé, puis avec son équipe renouvelée se mettra à la tâche avec ardeur. Sans en dire trop sur l'intrigue, pour ne rien en dévoiler, pour laisser le goût de la découverte, je dois dire que Didier Fossey s'est bien documenté sur l'arme des crimes, sur l'Aide Sociale à l'Enfance au cœur de son roman sans en faire l'administration coupable de tous les maux des enfants dont elle s'occupe -le travers de taper dessus et sur les enfants confiés aux foyers et familles d'accueil est malheureusement souvent de mise : merci Didier de ne pas y céder.

Je parle peu de l'intrigue, car j'ai peur de trop en dire, le mieux, c'est que vous apportiez ce roman en vacances pour vous faire votre propre idée, et même s'il n'est pas franchement gai -ça reste un polar, pas une comédie policière-, il tient en haleine jusqu'au bout et vous pourriez même avoir l'envie de prolonger un peu en lisant moins vite. Et si vous n'avez pas le temps de lire pendant les vacances, il fera tout aussi bien l'affaire à un autre moment, en hiver au coin du feu...

Didier Fossey en cinq romans (j'en ai deux de retard : Traque sur le Web -réédité dans l'excellente maison Flamant noir- et Na Zdrowie, chez L'Atelier Mosésu, une enquête de l'Embaumeur)

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Osez...20 histoires sea, sex & sun

Publié le par Yv

Osez... 20 histoires sea, sex & sun, Collectif, La Musardine, 2018

Vingt nouvelles qui ont donc en commun, d'abord d'être érotiques et ensuite de se passer en vacances à la mer.

En allant, de temps en temps, voir les statistiques du blog, je m'aperçus, il y a peu, que le tag "érotique" était le plus visité. Je me devais donc de l'alimenter afin de ne point perdre des visiteurs et même d'en gagner d'autres. Alors en ce début d'été qui s'annonce chaud, c'est La Musardine, spécialiste ès genre érotique qui fera l'objet de ma recension. 

Y a-t-il de la nouveauté dans ce recueil ? Pas vraiment, bien que je ne sois pas spécialiste du genre littéraire en question, j'ose -moi aussi- dire que les situations se ressemblent. Le paysage change un peu, surtout la température de l'eau selon que les héros sont au bord de la Méditerranée ou en Bretagne, parce que, pour ce qui est de la température des corps, elle est unanimement brûlante voire torride, et certaines parties du corps, souvent détaillées, sont en ébullition, tant qu'elles émoustilleront les plus insensibles d'entre nous.

Dans beaucoup de nouvelles, les femmes prennent les devants -et les hommes les arrières (désolé, elle était tentante)- et ce sont elles qui cherchent à provoquer le désir de l'homme qu'elles ont repéré. Est-ce parce que la majorité des auteurs de ce recueil sont des femmes ? En tous les cas, ça donne sans doute une plus grande sensualité, des scènes certes crues mais pas en enfilade (ce n'est qu'une expression, ne visualisez pas !). Allez, mes préférées pour la suite :

- C'étaient les vacances (Maître Vicaire Albion) : une femme trompe l'ennui et son mari en initiant un homme plus jeune et un peu emprunté (la chute est drôle et imprévisible)

- Le paréo bleu (Zakya Gnaoui) : une femme prof de fac parisienne et délaissée par son mari pendant un été, se surprend à avoir de nouveau du désir et à en provoquer chez les hommes.

- Eaux troubles (Clarissa Rivière) : Hironui entretient les piscines des riches propriétés et par extension -eh eh, le drôle est bien pourvu- les femmes désœuvrées qui les habitent (décidément). 

- La vie est à nous (Valéry K. Baran) : rien de très nouveau dans l'histoire, mais le ton est intéressant, qu'on s’attend plus à retrouver dans du roman noir ou dans un roman étasunien, très oral (non, rien de cochon là non plus, enfin dans ma bouche.. euh non, dans mon propos. Diable qu'il faut faire attention à ce qu'on écrit quand on cause de sexe). 

- Bienvenue chez les Ch'tis (Cornelia B. Ferre) : franchement décalée, cette nouvelle est la plus originale à tous point de vue : la situation -ou les situations- (qu'il vaut mieux prendre au second degré) et le style direct, cru.

- En repérage à la plage (Romuald Ward) : ici, c'est la chute qui donne du relief à l'histoire

Voilà voilà, rien de nouveau donc sous le sea, sex & sun, mais de quoi agrémenter les longues journées et courtes soirées estivales, chaudes (il paraît que "l'été sera chaud, l'été sera chaud", la température pourrait bien monter dans les tentes, chalets et autres mobil-homes des heureux lecteurs et heureuses lectrices -puisque ce sont les femmes qui sont le plus à la manœuvre dans ces nouvelles- de ce titre.

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Ça coince ! (43)

Publié le par Yv

Marseille confidential, François Thomazeau, Sang neuf, 2018

Marseille années 30, la bagarre est rude pour les proches élections législatives. Face à face Pierre Ferri-Pisani, socialiste et Simon Sabiani, extrême-droite. Dans chaque entourage, des truands notoires ou en devenir. C'est dans cette ambiance chaude qu'un gardien de la paix ripoux est abattu, juste entre les deux locaux des candidats. Lequel des deux a fait le coup, chacun accusant l'autre et chacun affirmant que ce policier était de ses rangs. A l'époque, les flics sont plutôt derrière le candidat socialiste. C'est André Guibal, flic intègre et apolitique qui est chargé de l'enquête. 

Sur fond de combines, de corruption, de clientélisme, de guerre pour les différents territoires et marchés des gangsters, sur fond de la plus stricte réalité de l'époque, François Thomazeau bâtit son histoire qui aurait pu qui aurait dû me passionner, d'ailleurs qui débute très bien. Et puis, très vite, je m'y ennuie terriblement, il tourne en rond, se répète, sous prétexte de bien ancrer son contexte historique et ses personnages nombreux, les réels et les fictionnels. Son roman manque d'allant, de vivacité, je me retrouve au rythme de l'enquêteur, morne et lent, et rien ne me retient. Mais sans doute les Marseillais -et d'autres- trouveront ces pages de l'histoire politico-gangstero-policière de la ville intéressantes.

 

 

La marquise des poisons, Olivier Seigneur, Plon, 2018

"1679. Louis XIV réside au château de Saint-Germain, célèbre pour ses jardins en terrasse et ses fabuleux jets d'eau. Sa toute-puissante favorite, la flamboyante marquise de Montespan, attire tous les regards et se sent maîtresse du royaume. Si, à Saint-Germain, on danse et on s'amuse, à Paris, on invoque le diable, on profane des églises, on dit des messes noires. C'est ce que découvre effaré, le lieutenant général de la police, Gabriel Nicolas de La Reynie. Quel complot se trame derrière ces actes effrayants ?" (4ème de couverture)

Alléchant, n'est-il pas ? Sauf que le gros roman peine à vraiment débuter, installe en quelques chapitres de nombreux intervenants et distille moult détails parfois pas vraiment utiles qui allongent la sauce et ne servent qu'à me gâcher le plaisir de la lecture et de la plongée sous le règne de Louis XIV.

Beaucoup de longueurs dans un roman policier en habits qui se veut, et qui est, instructif. Malgré ce dernier aspect, je ne parviens pas à résister à des bâillements et à des envies de l'envoyer promener, mais eu égard à l'objet, je ne le jetterai pas et en plus vu son poids, il pourrait bien faire des dégâts chez moi. La mode des polars historiques s'étend, même si je dois dire qu'Olivier Seigneur en écrit depuis longtemps et qu'il n'y cède donc pas, il doit en être l'un des pionniers. Peut-être le retrouverais-je une prochaine fois, dans un roman plus léger ?

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Passé double

Publié le par Yv

Passé double, Patrick S. Vast, Le chat moiré, 2018.....

Cindy zone à Paris. Lorsque Marie, une vieille dame lui propose un emploi en tant que dame de compagnie chez une de ses amies, Rosemonde Busine,  à côté de Berck-sur-Mer, la jeune femme accepte pour changer d'air, dormir dans un vrai lit et économiser pour pouvoir partir en Australie. 

Gérard Alvès, constructeur de maisons individuelles est, pour la seconde fois de sa vie, au bord du dépôt de bilan. Il est aussi en proie à des cauchemars en lien avec un accident de voiture vieux de cinq ans qui a coûté la vie à sa compagne d'alors et un an de coma et de rééducation pour lui. 

Très vite, le lien entre les deux personnages apparaît, mais quel rôle Rosemonde veut-elle faire jouer à Cindy ? Et jusqu'où cette histoire ira-t-elle ?

Roman à tiroirs, qui, dès que l'on en ouvre un en fait découvrir d'autres insoupçonnés, surprenants. Fort bien mené, avec des rebondissements, des arnaqueurs-arnaqués voire des arnaqueurs d'arnaqueurs arnaqués, on ne sait plus où donner de la tête. Dans la folie de son imagination, Patrick S. Vast n'oublie pas de faire passer le tout avec une écriture directe, simple et fluide. Une mécanique bien huilée dit-on couramment. On ne se demande même pas comment d'une situation certes originale mais assez paisible on peut en arriver à cet entremêlement de situations qui se croisent pour le bonheur des uns mais surtout le malheur des autres.

On ne sait jamais si les personnages sont totalement sincères ou s'ils ont une idée qui germe dans leurs esprits torturés. Chacun d'entre eux a sa part de raison mais aussi sa folie ou son désir de se sortir de sa situation difficile par n'importe quel moyen, d'où ce questionnement. Ils sont imprévisibles, et c'est formidable parce qu'ils ne sont pas là où on les attend. 

Je me suis fort régalé avec ce deuxième titre des éditions Le chat moiré. Patrick S. Vast sait construire des histoires rocambolesques, des polars à tiroirs, à rebondissements et comme il a le talent de savoir également les raconter, le plaisir est forcément au rendez-vous. Encore un polar pour cet été me demanderez-vous, haletants ? Et oui, vous répondrai-je enthousiaste. Et celui-ci à la particularité d'être édité par une toute petite et toute jeune maison de Béthune, qui met joliment en avant la région -que je ne connais pas, mais j'irai un jour, j'irai- et d'être à un prix très abordable. Idéal donc pour les vacances dont il ne grèvera pas le budget.

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