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Au bout du compte

Publié le par Yv

Au bout du compte, Hervé Huguen, Palémon, 2019.....

Francis Gosciniak, cadre et banquier à l'UBO à Vannes met à jour une malversation financière qui profite entre autres à son supérieur direct. Bien décidé à l'exploiter pour monter les échelons plus rapidement que prévu, et après en avoir avisé le-dit supérieur, le jeune banquier sort de son travail euphorique, et est renversé par une voiture. Cet accident fatal est-il vraiment un accident ou un moyen de le faire taire ? C'est le lieutenant Kerzhéro qui est chargé de cette délicate enquête chez les notables de la ville.

Excellent ce polar qui perturbe parce que chaque chapitre se clôt avec des paragraphes en italique qui interpellent : qui est le mystérieux narrateur ? Comment sait-il tout cela ? Il peut être n'importe lequel des protagonistes et tous à la fois. Je me suis posé la question tout au long de ma lecture jusqu'à ce qu'enfin Hervé Huguen donne la solution. Et quelle solution, un truc auquel je ne m'attendais pas du tout et qui m'a scotché. 

Chaque chapitre est vu par un personnage dont le prénom est noté en exergue, ce qui donne différents points de vue au lecteur. Hervé Huguen sait construire une belle intrigue qui tient ses promesses jusqu'aux dernières lignes. Franchement, je me suis fait balader et c'est un compliment et un ravissement que de découvrir qu'on s'est fait avoir dans un roman policier. Lâchant son héros récurrent Nazer Baron (ici et ), il met en scène un flic plus en retrait, une sorte de Columbo pour l'aspect physique et ses inévitables dernières questions : "Kerzhéro le quitta. Il n'avait pas menti, sa voiture était à deux pas de là, à hauteur des lavoirs. Il fit quelques foulées avant de paraître se souvenir brusquement d'un détail égaré dans les méandres de son cerveau." (p.51) et la non moins inévitable Mme Maigret -ici Mme Kerzhéro- dont il est question sans la voir. Bref, un excellent roman policier dont la lecture aisée est réjouissante.

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Les sociétés matriarcales. Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde

Publié le par Yv

Les sociétés matriarcales. Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde, Heide Goettner-Abendroth, Des femmes-Antoinette Fouque, 2019 (traduit par Camille Chaplain).....

"Dans cet ouvrage pionnier, fondateur des Recherches matriarcales modernes, Heide Goettner-Abendroth propose une nouvelle approche méthodologique du concept de matriarcat, revisitant ainsi l'histoire de l'humanité tout entière. Dans un aller-retour permanent entre le terrain et la théorie, elle offre une vue d'ensemble des sociétés matriarcales dans le monde, faisant apparaître que celles-ci ont non seulement précédé le système patriarcal, apparu seulement vers 4 000-3 000 avant notre ère, mais qu'elles lui ont survécu jusqu'à ce jour sur tous les continents." (4ème de couverture)

Ouvrage impressionnant tant par son poids (dans un sac, il peut servir d'arme redoutable) que par son contenu. Fruit du travail de longues années de la très respectée docteure en philosophie des sciences et grande spécialiste mondiale des sociétés matriarcales, Heide Goettner-Abendroth, il est une source d'informations, un ouvrage de référence dans le domaine cité. Je l'ai lu en plusieurs fois, piochant ici et là dans les chapitres consacrés aux diverses sociétés matriarcales décrites. Aucune obligation de lire de manière linéaire, on peut passer à l'envie des Khasi d'Inde aux Newar du Népal, puis en Chine, Corée, Japon,Indonésie, Mélanésie, Afrique, Amérique. 

Attention, je conseille la lecture de l'introduction, ce que j'avoue, je ne fais pas toujours, car elle explique la méthode de travail mais aussi de lecture et de compréhension. L'auteure explique bien qu'il ne faut pas entendre la société matriarcale comme un "décalque du patriarcat" ce que font nombre de gens et d'hommes en particulier pour tenter de minimiser voire d'éliminer le matriarcat : "Les sociétés matriarcales sont des sociétés de réelle égalité entre les sexes ; cela concerne la contribution sociale de l'un et de l'autre -et même si les femmes sont au centre de la société, ce principe gouverne la vie sociale et la liberté des deux sexes. Les sociétés matriarcales ne doivent absolument pas être considérées comme l'image inversée des sociétés patriarcales -où les femmes détiendraient le pouvoir à la place des hommes, comme dans le patriarcat- puisqu'elles n'ont jamais eu besoin des structures hiérarchiques du patriarcat. La domination patriarcale, où une minorité issue des guerres de conquête régente l'ensemble de la culture, assoit son pouvoir sur les structures de coercition, la propriété privée, le joug colonial et la conversion religieuse." (p. 9)

C'est un bouquin passionnant issu d'un travail remarquable de longue haleine, où l'on rencontre des hommes et des femmes qui vivent bien dans des sociétés beaucoup plus égalitaires que les nôtres. Evidemment, je comprends que certains hommes qui se verraient dépossédés de quelques attributs de pouvoir, de quelque sentiment de supériorité puissent ne pas tourner les pages voire nier l'existence de ces sociétés. Tous les autres, hommes et femmes, évadez-vous et instruisez-vous en bonne compagnie. 

Edité chez l'incontournable Des femmes-Antoinette Fouque.

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Chaplin en Amérique

Publié le par Yv

Chaplin en Amérique (tome 1), Laurent Seksik, David François, Rue de Sèvres, 2019.....

1912, Charles Spencer Chaplin traverse l'océan d'Angleterre vers New York. Il joue dans une pièce qui fait une tournée de trois mois aux Etats-Unis et il rêve d'y rester et de devenir un très grand acteur. La pièce ne fonctionne pas bien, mais il est repéré par un producteur d'Hollywood qui lui demande d'y venir. Là-bas, les débuts ne sont pas glorieux non plus.

Tome 1 d'une série sur Charlie Chaplin qui devrait en compter trois. Laurent Seksik (scénario, idée originale et dialogues) raconte les débuts de l'acteur anglais qui sont aussi les débuts du cinéma. En prime, Charlie raconte un peu de son enfance très pauvre et la naissance de sa vocation. 

David François (mise en scène, dessins et couleurs) rend le tout extrêmement agréable et même joyeux. La palette et le traits sont très personnels. Dans un interviouve, Laurent Seksisk dit que le dessin de David François virevolte et c'est exactement cela. Il y a dans cet album une joie communicative, une envie d'aller voir les films de Chaplin et d'en savoir plus sur sa vie et celle de son héros tout juste né à la fin du volume, Charlot. 

Bon, maintenant, j'attends la suite...

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L'archipel des secrets

Publié le par Yv

L'archipel des secrets, Anne-Solen Kerbrat, Palémon, 2019....

Alors qu'ils arrivent à Bréhat pour passer un ouiquende romantique, la capitaine Jeanne Sixte et le tout nouveau promu commissaire Perrot s'y retrouvent, avec tous les autres occupants de l'île, coupés du monde par une violente tempête. Lorsqu'un cadavre est retrouvé sur la plage, c'est naturellement que les deux flics s'emparent de l'enquête. Ils interrogent tout le monde et sont particulièrement intéressés par les locataires de la maison d'hôtes Chez Armance, une dizaine d'écrivains de tous genres qui sont venus là pour s'isoler et finir leurs prochaines parutions.

Un thème archi-utilisé : une île ou un endroit isolé par du mauvais temps ou tout autre aléa -ce qui pourrait être vu comme une envie de se confronter à ce-dit thème ou comme un hommage aux précédents auteurs s'y étant collés- duquel Anne-Solen Kerbrat se sort très bien. D'une part part, parce que c'est Bréhat. D'autre part, parce que l'idylle naissante entre les deux flics (déjà rencontrés dans Le tableau de Maï) est plutôt réjouissante et enfin parce que la maison d'hôtes réservée aux écrivains recèle bien des secrets, des jalousies, des inimitiés, des ego démesurés et des relations pas toujours très claires entre certains. 

C'est donc dans cette ambiance pluvieuse et venteuse que l'auteure situe son intrigue. Ses deux flics devront user de méthodes à l'ancienne, puisque sans connexion, sans portables voire même, par moments, sans électricité. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette enquête n'est pas aisée ni facilitée par les îliens qui ne s'épanchent pas beaucoup, ni leurs hôtes. Perrot et Sixte vont devoir faire preuve de patience et de finesse dont ils ne sont point dépourvus pour venir à bout de l'énigme posée par ce cadavre que personne ne connaît.

A part une fin un peu longue -mais passer quelques minutes supplémentaires sur Bréhat, ce n'est jamais une corvée, au contraire-, j'ai apprécié ce polar tout en nuances et en atmosphère, sans violence et course poursuite, bon comme un ouiquende sur l'île décrite. 

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Velvet

Publié le par Yv

Velvet, Ed Brubaker (scénario), Steve Epting (dessin), Elizabeth Breitweiser (couleur), Delcourt (traduit par Jacques Colin)....,

1973, Velvet Templeton est la secrétaire du directeur d'une agence de renseignements ultra secrète. Ce que beaucoup ignorent, c'est qu'elle fut quelques années plus tôt une espionne particulièrement dangereuse et efficace. Aussi lorsque l'un des meilleurs espions de l'agence, X-14, est exécuté et considéré comme traître, ne peut-elle s'y résoudre, surtout que cette histoire la replonge dans ses années d'exercice. Elle se met en tête de découvrir pourquoi on tente de faire passer X-14 pour traître. Et lorsque Velvet revient, elle ne fait pas dans la demi-mesure.

Trois tomes composent cette série :  1- Avant le crépuscule, 2014 ; 2- Avant de mourir, 2016 ; 3- L'homme qui vola le monde, 2017. Et ça dépote. Empruntées à la bibliothèque sur la base des belles couvertures et d'un feuilletage rapide, je ne fus point déçu. Le dessin de Steve Epting est somptueux, sombre, beaucoup d'actions se déroulent la nuit ou entre chien et loup, la part belle leur est faite ainsi qu'aux personnages. Le scénario de Ed Brubaker est alambiqué, tortueux, on ne sait plus trop parfois qui est bon et qui est méchant, ce qui est la marque des grandes histoires noires ou d'espionnage, chacun doutant en permanence et se retrouvant un coup du bon côté de la balance et un coup du mauvais. Car la supposée-gentille laisse quelques cadavres derrière elle, autant que les méchants. 

Une bande dessinée de pure distraction du genre d'un bon film étasunien sans prise de tête -en cherchant bien, ça existe-, qu'il faut quand même suivre assez attentivement pour ne pas perdre le fil. Et comme je suis, moi, gentil, je mets ci-dessous les couvertures des tomes 2 et 3 qui, à l'instar de celle du tome 1 ont favorisé mon choix.

Velvet
Velvet

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Les portes et les sons qu'elles font

Publié le par Yv

Les portes et les sons qu'elles font, Jean-François Dion, Carnets nord, 2019 (Az'Art atelier, 2016)...,

Un homme est en retraite dans un monastère, après un séjour en prison. Quelques années auparavant, sa femme et son fils de 16 ans furent tués dans un terrible accident de la route. Cet homme a tenté de continuer à vivre après le drame, à travailler, à manger, dormir -de moins en moins-, puis s'est mis à espionner le coupable de l'accident qui lui, s'en est sorti avec peu de blessures et vit comme avant. L'idée de vengeance germe alors.

C'est un texte qui m'a surpris parce qu'il peut être tour à tour d'une force incroyable et d'un ennui profond. L'ennui ce sont les pages sur la retraite de cet homme dans un monastère. N'y voyez pas trace de mon anticléricalisme primaire, mais vraiment un désintérêt total pour ces pages délayées, qui, de mon sens, n'apportent rien au texte, tant elles se répètent, même si je mesure bien l'analogie à la prison : les portes, la cellule ; l'opposition : le silence. La force du texte tient aux autres pages consacrées à la réflexion de l'homme, à sa survie après l'accident et à son séjour en prison. Ses réflexions sont profondes, elles interrogent sur la vie, l'amour, la mort, la solitude, le besoin d'aimer et d'être aimé, le désir de vengeance. 

L'écriture est minutieuse, détaille chaque fait et geste. On pourrait la dire patiente tant elle prend le temps de décrire. JF Dion travaille ses mots, ses phrases -parfois ça sent un peu la sueur-, mais beaucoup de passages sont somptueux, d'une grande beauté, empreints d'émotions et de justesse sans tomber dans le larmoyant, le pathos facile. "Aucun vêtement, accessoire ou colifichet de Françoise ne reste dans la penderie, ni dans sa commode, ni dans la salle de bain. Je n'ai conservé que ce qui n'est pas purement féminin, comme ses livres, ses disques et des objets de déco qu'elle aimait ; ils finiront par se fondre dans mon monde, celui qui continue ; pas tout de suite bien sûr mais ils finiront, je n'ai gardé que ceux qui finiront." (p. 74)

J'ai rarement ressenti autant la détresse d'un personnage que dans ce roman. L'écriture de JF Dion remue et touche. Descriptive, pointilleuse, on se retrouve dans chacun des gestes, dans presque chacune des pensées de l'homme qu'elle nous présente. Malgré mes réserves, Les portes et les sons qu'elles font est un roman à découvrir.

 

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Le ballet des retardataires. Tokyo, tambours et tremblements

Publié le par Yv

Le ballet des retardataires. Tokyo, tambours et tremblements, Maïa Aboueleze, Intervalles, 2019....,

Maïa, une jeune française vivant en Belgique reçoit une bourse pour aller étudier le taïko au Japon. Le taïko, c'est ce gros tambour traditionnel japonais qu'on ne peut pratiquer qu'après une initiation rigoureuse. La jeune femme est une des rares Européennes à entrer dans ce monde très fermé du taïko. Elle fait là également son premier voyage et se retrouve dans un pays très différent, aux règles très strictes aux yeux d'Occidentaux et dans lequel il vaut mieux parler la langue, ce qui n'est pas le cas de Maïa.

Ce livre est le récit de l'initiation au taïko de Maïa Aboueleze, puisque c'est bien d'elle dont il est question, boursière pour aller étudier cet art traditionnel japonais. C'est étrange comme le récit d'une histoire qui m'est totalement étrangère tant mes centres d'intérêts sont éloignés du Japon et de ses tambours, peut me plaire à ce point. Sans doute le ton adopté par l'auteure favorise-t-il cela ? Pas mal d'humour, de l'auto-dérision, une description précise de ses ressentis pendant ce séjour dans un pays où tout est très différent du nôtre. Le Japon est assez refermé sur lui-même, les Japonais ne parlent quasiment que japonais d'où une difficulté de communication car Maïa parle français et anglais. Le métro est une expérience presque traumatisante : "Je laisse derrière moi mes professeurs, entre dans le métro, me fais happer par la masse et traverse Tokyo, coincée entre un sein, un sac et une poussette. L'enfant dedans peut-il encore respirer ? Il ne dit rien. La masse sort, entre. Une fillette s'effondre." (p. 82)

Le style est haché parfois, tant qu'on peut presque ressentir les vibrations des taïkos, les douleurs musculaires de Maïa. L'apprentissage est long et ardu, éprouvant et le maître strict. Tout cela est très bien exprimé. Ce court récit se lit rapidement. La découverte d'un pays et de ses coutumes, de ses habitants et de la difficulté de se lier à eux, d'une tradition pas banale, le taïko. La différence est telle avec nos modes de vie, que le livre de Maïa Aboueleze exerce une certaine attirance voire une attirance certaine.

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Il suffit d'une balle. Mais tout s'explique...

Publié le par Yv

Il suffit d'une balle. Mais tout s'explique..., Grégoire Lacroix, Flamant noir, 2019.....

Notre héros est agent du Service Opérationnel des Renseignements Généraux, le SORG, et surdoué. Il a des avis sur tout et surtout des avis. Son voisin, c'est Edouard Flandrin de Padirac. Pas aussi brillant que lui, mais il a l'avantage d'être marié à Elena, une très belle femme dont le charme agit sur le surdoué. Lorsque Edouard trouve un homme inanimé dans son jardin -"Immobile, il n'avait rien d'inquiétant ni d'anormal sauf, peut-être, entre les deux yeux, une petite tache ronde, noire bordée de rouge et qui ressemblait à s'y méprendre à un trou. C'en était d'ailleurs un et qui expliquait la flagrante absence de vie dont le corps de l'inconnu était l'expression." (p. 40)-, la première personne à qui il en parle, c'est son voisin.

Ah Grégoire Lacoix ! Pour le lire, mettez de côté votre bon sens, votre esprit cartésien et laissez-vous porter par le second ou le troisième -voire plus si affinés- degré, l'humour, l'absurde, les jeux de mots parfois subtils, parfois faciles -souvent ceux qui me font le plus rire, car plus faciles à voir-, les situations abracadabrantesques. Rien, dans son livre n'est sérieux. Encore que l'on puisse penser que l'humour est une chose sérieuse, sans doute, le héros surdoué de cet ouvrage aurait une réponse à cette question. Que dis-je ? Sans doute dans le sens de peut-être ? Sans nul doute il en aurait une puisqu'il en a pour tout questionnement du plus futile au plus complexe. Et en a-t-il une pour qualifier son livre, car ni polar, ni essai philosophique, il est bien ardu de la classer. En fait, comme un grand gamin, Grégoire Lacroix joue dans toutes les cours et ne s'empêche rien, et comme un autre grand gamin, j'adore !

Lire Grégoire Lacoix, c'est donc prendre une bonne dose d’optimisme et de rigolade, histoire d'affronter ensuite les vicissitudes quotidiennes ou hebdomadaires enfin qu'importe leur fréquence, et les romans moins drôles de la rentrée. Grégoire Lacroix est donc, dans ce petit livre, fidèle à lui-même, drôle et décalé, absurde, allaisien -il est d'ailleurs Membre de l'Académie Alphonse Allais. Si vous doutez encore que ce livre peut vous faire du bien, relisez tout ce que j'i déjà écrit sur ces précédents ouvrages : Jazz Band, Eros Héros sept, Le bictionnaire de Grégoire, Les euphorismes, Les patates parlantes, L'enfer du dossier Li. Et en plus d'être drôle, c'est un homme de goût, puisqu'il publie dans cette petite et très belle maison Flamant noir.

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Graines de bandits

Publié le par Yv

Graines de bandits, Yvon Roy, Rue de Sèvres, 2019.....

Canada, 1973, un couple avec deux enfants, deux jeunes garçons, décide de quitter la ville et de s'installer à plusieurs centaines de kilomètres. Tout est à y faire, mais rien ne se déroule comme prévu. Sauf pour les deux garçons qui trouvent là un domaine vaste, un espace pour jouer et tenter moult aventures et inventions. Si la découverte de la nature et des grands espaces de jeu et la confrontation-amitié avec les autres enfants du coin les comble, le climat familial se détériore très vite.

Yvon Roy que j'ai découvert avec Les petites victoires, un roman graphique sur l'autisme, en grande partie autobiographique, continue dans la veine de l'autobiographie en racontant un été de son enfance, l'un de ceux qui transforment. Il est l'un des deux garçons qui fuient l'atmosphère pesante et hurlante de la maison pour s'inventer des histoires. 

Le dessin est en noir et blanc, il exprime à la fois la dureté et la violence des crises dans le couple et la tendresse pour les deux garçons qui découvrent, inventent, rencontrent. Les personnages sont mis en valeur, leurs émotions et sentiments, la manière dont les rencontres et les faits les changent. C'est une très belle bande dessinée sur l'enfance et la découverte du monde des adultes. Un livre tout public qu'il serait dommage de ne laisser lire qu'aux enfants. 

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