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Du sang sur la glace

Publié le par Yv

Du sang sur la glace, Jo Nesbø, Gallimard, 2015 (traduit par Céline Romand-Monnier).....

Expéditeur pour l'un des plus gros trafiquants d'Oslo, Daniel Hoffmann, l'homme qui raconte son histoire se retrouve confronté à un cas de conscience. Doit-il éliminer la femme infidèle de son boss, surtout lorsqu'il apprend qu'elle se fait violenter et qu'il en tombe amoureux ?

Dilemme suivant : s'il ne l'élimine pas, comment justifier auprès d'Hoffmann son refus ? 

Court roman qui me permet de pénétrer le monde de Jo Nesbø que je ne connaissais pas malgré toutes les bonnes choses que j'ai lues sur ses livres. Polar vraiment bon, avec un héros ou plutôt un anti-héros tant il est décalé, dyslexique qui aime lire mais ne comprend pas toujours donc s'invente ses propres histoires : il a par exemple adapté Les Misérables pour lui, avec un Valjean qui lui ressemble. D'ailleurs, il lui ressemble un peu : malgré son métier, il veut faire le bien, n'hésite pas à dépenser son argent pour une cause qu'il trouve juste.

Les situations décrites par Jo Nesbø sont déjà vues ailleurs, mais il a toujours un petit truc qui les décale, les rend originales. Beaucoup d'humour même si l'ambiance n'est pas à la franche rigolade, on parle tout de même de tueurs de la pègre suédoise et ils ne se font pas de cadeaux. Mais au hasard d'une page, on trouve ce portrait : "Prenez Maria, par exemple. Boiteuse et sourde-muette. Je ne sais pas quel est le lien entre les deux, probablement aucun, mais c'est comme quand vous commencez à avoir des mauvaises cartes, elles ne font que continuer de venir. Tant qu'elle y était, Maria avait aussi pour petit copain un abruti de camé." (p. 14)

Pas de temps mort, roman court comme je les aime, serré et bien noir.

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De la forêt

Publié le par Yv

De la forêt, Bibhouti Bhoushan Banerji, Zulma, 2020 (traduit par France Bhattacharya)....

Jeune diplômé et citadin de Calcutta, Satyacharan accepte, pour se sortir d'une situation financière difficile un poste de régisseur de forêts dans le district de Purnea, au Bihar, cinq cents kilomètres au nord de la capitale du Bengale-Occidental. Le jeune homme découvre alors un monde inconnu de lui : des forêts, la nature à perte de vue et des hommes et des femmes très pauvres et souvent heureux. Loin de se morfondre, il découvre son environnement et bientôt se demande même comment il pourrait le quitter.

Cette année, au salon du livre de Paris, l'Inde était invitée. A cette occasion, Zulma avait prévu une série collector designée par le maître des -sublimes- couvertures de la maison David Pearson, à partir de créations originales de Roshni Vyam, peintre indienne. Le résultat est superbe et tant pis pour le salon annulé. Bibhouti Bhoushan Banerji (1894-1950) a écrit ce livre en 1937-1939 et il est traduit et publié pour la première fois en français, considéré pourtant comme l'un des premiers grands romans écologiques. Banerji a vécu cette vie de régisseur pendant quelques années à partir de 1925. C'est la description d'un monde disparu maintenant, une faune et une flore incroyables et formidables. Un écosystème qui fonctionne parfaitement bien sans l'intervention humaine.

Le romancier raconte au travers d'anecdotes, de rencontres de gens extra-ordinaires comment les gens vivent en harmonie avec la nature, sans la détruire ou la gêner. On y rencontre des gens pauvres voire très pauvres, souvent satisfaits de leur sort, ne demandant qu'à manger à leur faim. Il ne fait pas l'impasse sur les difficiles conditions de vie dès qu'un événement malheureux survient : la mort d'un homme et c'est toute sa famille qui est menacée de ne plus pouvoir manger. Un événement climatique et c'est toute la population qui peut mourir de faim, ou d'un incendie lorsque la sécheresse s'installe pour de longs mois. Tout est joliment dit, dans une langue emplie d'images, de légendes, de paraboles. B.B. Banerji parle tellement bien de la nature qui entoure son héros que l'on parvient presque à la voir, la sentir, l'entendre lorsqu'il s'agit des oiseaux notamment, la craindre lorsqu'il faut traverser la forêt la nuit...

Banerji s'interroge sur l'irruption de la modernité dans ce monde protégé, sur le sentiment de supériorité des citadins sur ces peuples qui vivent loin du confort. Jusqu'à quand résisteront-ils ? Et la nature jusqu'à quand restera-t-elle aussi belle, préservée ? Plus globalement, c'est l'éternelle question du mal que l'homme fait à la planète, à la faune et la flore et à lui-même. Presque un siècle -je compte mal, merci Alex (voir dans les commentaires)- et ce roman nous parle d'aujourd'hui.

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Les trois moustiques errent

Publié le par Yv

Les trois moustiques errent, Sep Macandal, Ed. de la dodine, 2015..,

André-Guy dit L'Anguille, 35 ans, oisif, vit à Pau. Son père lui demande de ramener fissa l'un de ses anciens copains, Alain Meusson, père putatif de son neveu âgé de vingt ans. Meusson est gendarme en Haïti. C'est donc là-bas que part l'Anguille pas très motivé, Meusson a coupé les ponts depuis vingt ans. A peine arrivé, il apprend que le gendarme s'est suicidé. Pas convaincu, il a huit jours pour tenter de trouver la vérité.

Lorsque j'ai lu le titre, le nom des personnages, je me suis dit que ça allait être une lecture, genre San-Antonio, un truc léger et marrant. C'est le cas, la truculence, le verbe en moins. Bon, je ne suis pas sûr que cette enquête restera dans les annales, mais le voyage en Haïti fut plaisant, j'aime y aller en littérature, qu'elle soit légère ou beaucoup moins, j'y ai rarement eu de mauvaises surprises. Tonton Clarinette, en polar est un très bel exemple de bonne surprise. Mais il n'y a pas que les polars et pas mal d'auteurs haïtiens peuplent mon blog : Dany Laferrière, René Depestre, Rodney Saint-Eloi, Gary Victor, Lyonel Trouillot, Yannick Lahens, Mackenzy Orcell, ... J'aime l'inventivité et la différence entre eux tous.

Mais, revenons à notre gendarme décédé qui évidemment ne s'est pas suicidé. Ce court roman, je l'ai lu en numérique, à la faveur d'une offre-confinement, je ne l'aurais sans doute pas lu sans cela, mais ne regrette rien. Si l'occasion vous vient...

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Le chanoine rouge

Publié le par Yv

Le chanoine rouge, Luc Valmont, Oxymoron, 2020..,

En vacances dans le petit village de Crécy-les-Saules, près de Sens, le roi des détectives, Alain Barrois est sollicité par son ami, le maire, parce que l'étrange disparition d'un jeune homme du village et la non moins étonnante apparition d'un chanoine rouge spectral effraient la population. Barrois se met alors en tête de résoudre l'énigme.

Court texte téléchargé aux éditions Oxymoron et qui, à défaut d'être passionnant, fait passer le temps de manière agréable. On est davantage dans une énigme pour Scoubidou que dans une enquête de Sherlock Holmes. Mais ne boudons pas notre plaisir et saluons l'offre gratuite de l'éditeur qui permet de découvrir des auteurs oubliés : je n'ai absolument rien trouvé sur Luc Valmont, si ce n'est que sans doute ce livre aurait été publié dans les années 1940. Sachez que Alain Barrois revient au moins dans une autre aventure et donc, il va forcément trouver la solution, puisque c'est le king des détectives ! Si vous avez une liseuse ou un PC, n'hésitez pas à aller sur le site de l'éditeur et télécharger, on ne sait jamais, un confinement ou tout autre événement qui vous fait rester inoccupés, vous avez de quoi tenir en bonne compagnie.

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Les chaos de Bréhat

Publié le par Yv

Les chaos de Bréhat, Daniel Cario, Presses de la cité, 2020..,

Ambroise est gardien de phare sur Bréhat, à la fin des années 1980. L'une de ses astreintes à peine finie, il doit y retourner remplacer un collègue malade, puis c'est son autre collègue qui se blesse et qui est rapatrié. Ambroise reste alors seul dans le phare avec son fils Florimond, 13 ans. Icelui ne devait y passer qu'une nuit pour son anniversaire, mais la tempête se lève et empêche toute rotation de bateau. Lors de ces quelques jours agités, le corps nu d'une jeune femme s'échoue au pied du phare. Ambroise décide d'aller le chercher, et, contre toute attente, la jeune femme est encore en vie. Elle ressemble à la fille de Janet, la compagne du gardien de phare, disparue depuis un mois, mais elle a perdu toute mémoire.

Les éléments, l'île de Bréhat, la majeure partie de l'action dans un phare, tout est là pour plaire aux Bretons et plus largement aux amateurs de grand air, de nature sauvage et de mystère. Ici, on est taiseux Ambroise en tête. L'intimité reste intime. Beaucoup de monologues intérieurs donc, de gamberges qui se bousculent, s'entrechoquent dans les ciboulots des un(e)s et des autres. Daniel Cario construit une histoire bien ficelée qui propose pas mal de surprises et de rebondissements. Dommage qu'elle soit noyée par tant de longueurs, de rappels des situations, des refoulements et pensées des personnages redondantes...

J'ai toujours le même problème avec les gros livres (500 pages) qui pourraient être réduits nettement et qui, au lieu d'être parfois ennuyeux, feraient d'excellents romans, plus tendus, plus nerveux. Néanmoins, je dois dire que Daniel Cario sait y faire et son histoire, à défaut d'être très originale est bien écrite et se laisse suivre jusqu'à bon port.

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Ça coince ! (53)

Publié le par Yv

Un paquebot dans les arbres, Valentine Goby, Actes sud, 2016..

"Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l'enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d'Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le cœur battant de ce village situé à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, le couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclat. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et les antibiotiques ne font pas toujours de miracle" (4ème de couverture)

Orages intimes, Jeanne Benameur, Actes sud, 2015..

"Photographe de guerre, Étienne a été pris en otage dans une ville à feu et à sang. Quand enfin il est libéré, l'ampleur de ce qu'il lui reste à réapprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril. De retour au village de l'enfance, auprès de sa mère, au contact d'une nature sauvage et familière, il tente de reconstituer le cocon originel depuis lequel reprendre langue avec le monde. Dans ce progressif apaisement se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l'Italien, l'ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, "la petite qui vient de loin", devenue avocate à La Haye pour les femmes victimes de guerre." (4ème de couverture)

Deux écrivaines, deux fois actes sud et deux ratages. Je regroupe ces deux romans car les raisons de mes abandons sont les mêmes. Je ne suis pas parvenu à croire à leurs histoires.  Je ne m'y suis jamais senti impliqué. Chez Jeanne Benameur, j'y ai même lu quelques facilités de phrases ou expressions toutes faites qui m'ont parfois déçu.

Jamais désagréables, mais jamais convaincants. Je reste en dehors et ça je n'aime pas du tout. Je sais que ces deux écrivaines reconnues sont très appréciées et sûrement à raison. Si j'avais déjà lu Valentine Goby, je découvrais Jeanne Benameur. Bon, rendez-vous raté, qui, je tiens à le préciser avant de me faire agonir ne tient qu'à ma perception de leurs écrits. "Parfois ça marche, parfois ça marche pas" disait Garcimore -que les plus jeunes veuillent bien m'excuser de cette référence de vieux, là ça ne marche pas.

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L'œil était dans l'arbre... et regardait de drôles d'oiseaux

Publié le par Yv

L’œil était dans l'arbre... et regardait de drôles d'oiseaux, Michel Picard, L'Harmattan, 2020...,

Adrien, passionné d'ornithologie, presque dix-huit ans, ensevelit un cadavre dans une grotte qu'il connaît bien et rentre chez lui. La veille, son père, chirurgien plastique renommé et sulfureux a reçu des menaces ainsi que sa mère, présentatrice d'une émission télévisée censée parler de protection animale. Des menaces personnalisées. Plus Vincent, leur grand fils qui a disparu et pour lequel une rançon est demandée. Bref, c'est le foutoir dans la famille !

Gros livre qui ferait une arme redoutable dans un sac, et en plus c'est écrit petit. Foisonnant. Des détails à la pelle. Michel Picard a une imagination illimitée et sait la faire partager. Malgré la densité de son texte, on prend plaisir à le lire et plus on tourne les pages plus le volume devient léger. Il faut dire que c'est le bocson et que lorsqu'on croit qu'on a atteint une acmé bordélique, un énième événement ou personnage en rajoute une couche.

Adrien paraît sympathique, ses parents beaucoup moins et on a peine à les plaindre. L'intrigue avance dans une ambiance joyeuse et détendue pour nous, beaucoup moins pour ses personnages. Michel Picard a l'air de partir dans tous les sens, mais sait nous ramener à ses histoires, les liens entre elles. Je ne tairai pas un petit coup de mou dû à l'épaisseur de livre, mais la lecture est aisée et va assez vite, grâce notamment à un humour toujours présent.

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Obsession

Publié le par Yv

Obsession, Michaëla Watteaux, City, 2020....

Iris Brunner travaille dans un centre d'appels mais court les castings pour devenir comédienne, son grand rêve étant de tourner avec le réalisateur du moment Raphaël Desprez. Quinze ans plus tôt, pré-adolescente, l'une de ses amies, Rose, a disparu alors qu'elles étaient ensemble avec deux autres copines. Rose semble refaire surface : une SDF, à Stockholm lui ressemble étrangement. Mais est-ce bien elle ? Anne Lavelli, commandante de police en charge des disparitions d'enfants est sur le coup, ainsi qu'Alex Soubeyran, un ex-flic devenu écrivain qui a accepté la commande d'un éditeur d'écrire sur la disparition de Rose.

Si l'on se doute, sans même trop chercher, de certains aspects de l'intrigue et notamment du, ou de la, ou des coupable(s), ce roman est suffisamment bien construit et attirant pour tenir en haleine jusqu'au bout. Ce qui fait sa force, ce sont les personnages et les liens qu'ils ont entre eux, souvent troubles, rarement clairs et sains. Beaucoup de non-dits, de suppositions. Des désirs, des envies, des jalousies, des rancœurs, des regrets, peu de remords... Michaëla Watteaux sait plonger son intrigue dans ces considérations humaines et dans un monde impitoyable, celui du cinéma et de l'écriture. Plus exactement dans celui des grandes ambitions. Car Iris rêve d'être LA comédienne, celle qui montera les marches de Cannes et encore plus. Elle parle aussi de la fameuse angoisse de la page blanche, de la peur de ne pas pouvoir écrire, surtout s'il s'agit d'une commande sur un fait divers. Tout cela dans un thriller tendu et serré. Et avec la prouesse de ne pas faire couler d'hémoglobine, de ne pas décrire de tortures ou de cadavre en décomposition. Presque un exploit lorsque le trash est devenu un standard.

Addictif et chronophage, mais c'est pour la bonne cause : un très bon thriller. Je verrais bien, le retour des deux enquêteurs, Anne et Alex, dans d'autres aventures.

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Blue moon

Publié le par Yv

Blue moon, Damir Karakaš, Belleville, 2020 (traduit par Chloé Billon)....,

Années 80, dans ce pays qui s'appelait encore la Yougoslavie, Charlie a quitté son village des montagnes pour Zagreb, pour y suivre très épisodiquement des études en agriculture. Sa véritable passion, c'est le rockabilly et la coiffure inhérente au genre, la banane. Son père, rustique, brutal et pas très ouvert, ne supporte pas de voir son fils accoutré comme un rockeur. Ils en viennent aux mains pendant l'enterrement du grand-père de Charlie. Puis Charlie retourne à Zagreb, zone, rencontre Eli avec laquelle il s'installe bientôt.

Roman d'un monde qui bientôt n'existera plus, puisque la guerre séparera les communautés de ce pays en plusieurs pays. Charlie est croate, son meilleur ami, Jimmy est serbe et aucun ne s'interroge sur leurs origines. Charlie est un étudiant pas forcené qui se pose pas mal de questions, qui renâcle devant les études, le travail, l'engagement avec Eli. Ce sont les événements qui le font avancer, il ne subit pas mais ne fait rien ni pour les contrer ni pour les provoquer. C'est la vie qui avance et il réagit plus ou moins bien devant chaque fait.

C'est un roman à l'écriture moderne, rock'n'roll pourrais-je dire. Damir Karakaš use d'un langage oral pour raconter son pays d'avant la guerre. Malgré la relative insouciance de ses anti-héros , le climat qu'il décrit est pesant. Il y a d'une part cette guerre qui se profile, surtout dans la seconde partie et d'autre part le conflit de génération renforcé par l'attrait de la ville et de la modernité de la génération de Charlie et la ruralité parfois fruste de son père, l'instruction opposée au quasi illettrisme de certains vieux ruraux.

Un très bon roman, sous-titré Rhapsodie rockabilly dans la Croatie des 80's, que je conseille, qui me permet de découvrir les éditions Belleville et qui débute ainsi :

"L'une de mes connaissances, lui aussi rockabilly, a appris la mort de sa mère au salon de coiffure, à la moitié de sa coupe.

Quant à moi, j'ai appris la mort de mon grand-père la brosse à la main. Je venais tout juste de me laver les cheveux et je me sculptais une nouvelle banane devant le miroir quand le téléphone s'est mis à sonner, sans s'arrêter." (p. 7)

PS : livre disponible sur le site de l'éditeur.

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