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RIP. Derrick

Publié le par Yv

RIP. Derrick, je ne survivrai pas à la mort (tome 1), Gaet's, Monier, Petit à petit, 2018.....

Derrick fait partie d'une équipe chargée de nettoyer les logements des personnes mortes sans héritiers. Ils ne s'occupent pas des cadavres, juste des biens matériels qui seront ensuite vendus aux enchères. Parfois, la tentation de se servir est grande, mais chacun est fouillé après le travail. Derrick est un solitaire, marié pourtant, mais on se demande pourquoi tant ces deux-là ne s'aiment pas. Dans son job, Derrick enchaîne les journées morbides, ce qui joue sur son moral déjà bas, très bas. Il en est un peu de même pour tous ses collègues.

Quelle bande dessinée originale et passionnante. Originale dans le scénario de Gaet's : le job de Derrick et ses collègues, la façon de le raconter et, en plus, RIP est une série qui s'intéressera à chaque tome à un des collègues de Derrick. On connaît une partie de leur vie dans ce premier tome, les auteurs la complèteront sûrement dans les suivants en la reprenant d'un autre angle. Ça me plaît déjà, rien qu'à le raconter.

Originale aussi dans les dessins de Julien Monier. Dans un format assez classique, il dessine des gueules, des types au bout de rouleau dont on se demande comment ils en sont arrivés à faire ce travail. Tout est vraiment très bon, les couleurs, les dialogues, le découpage des pages et les citations entre chaque chapitre. Une série qui démarre fort et qu'il faudra préserver des mains innocentes, car certaines situations sont dures.

La tension est palpable, les hommes sont prêts à se battre pour peu de raisons. C'est du noir, très très noir.

La suite, le tome 2, consacré à Maurice, j'en parle très bientôt.

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Alors, c'est du jazz

Publié le par Yv

Alors, c'est du jazz, Marc Menu, Quadrature, 2019.....

Titre aux diverses origines, Alessandro Barrico dans Novecento Pianiste ou Gaëlle Pingault ; on peut le définir par un mélange de classique, d'improvisations, d'inventions, des passages dans une liberté totale, c'est donc du jazz et c'est ce qui résume bien ce petit recueil de Marc Menu.

Des mini nouvelles, de très courts textes qui sont souvent drôles :

"Il est descendu par la cheminée, en ahanant comme un tuberculeux. Il n'est pas resté plus de vingt minutes -le temps de reprendre son souffle et de faire sa bonne action. Il a bu le verre de goutte qui l'attendait, en a même repris deux fois. Dans mon petit soulier, il a laissé au passage une pièce de dix francs, deux tickets de métro et un préservatif presque neuf. Puis, il est remonté par où il était venu, le pauvre -il devait être dans un bel état, en émergeant de là. Comme je faisais semblant de dormir, je n'ai pas perdu une miette du divin spectacle. Sûr que je m'en souviendrai longtemps, de l'amant de maman." (p. 41)

Il y en a pour tous les genres et tous les goûts : du drôle disais-je, du cynique, de l'ironique, du gore (peu, et pas de description, juste la visualisation qui est terrible), de l'actualité, de l'amour, de la tendresse, de la poésie, du sentiment, du vécu : "Çà et là, sur les murs, des traces de peinture. Ou plutôt, de non-peinture, de plafonnage apparent. Sur le sol -difficile de dire s'il s'agit d'un tapis ou d'une couche de crasse- des vieux papiers, livres, vêtements sales, et autres bouteilles à moitié vides. Cerise sur le gâteau, cette délicieuse odeur de renfermé. Ça ressemble au centre de documentation du journal de Spirou depuis que Monsieur Dupuis en a confié la gestion à Gaston. Mais point de Gaston ici -même si en cherchant un peu, on aurait de bonnes chances de trouver une souris grise. Nous sommes dans la chambre de mon fils." (p. 46)

Un petit recueil qui n'a pas besoin de grossir pour donner le sourire et envie de lire. A s'offrir ou offrir aux petits et grands lecteurs, ce sera toujours mieux que "un préservatif presque neuf". Et offrir des livres à Noël, c'est ce qu'il y a de mieux.

Une petite dernière, juste pour enfoncer le clou : "Les allées du cimetière convergent toutes vers le même caveau à moitié vide. Monsieur Dupommeau, mort en 1884, y attend sa jeune épouse. Certaines nuits, on l'entend hurler à la lune, appeler désespérément sa belle disparue. Elle ne reviendra pas. Elle dort cent mètres plus loin, dans le tombeau de son amant Jules Poirette -qui lui au moins, s'est offert du vrai marbre." (p. 51)

Les nouvelles citées ont pour titres, respectivement : "Si décembre...", "Home des cavernes", "Art funéraire". Je les cite, car outre l'art de la chute, Marc Menu possède celui du titre concis qui résume parfaitement son propos. Décidément, plus je les lis, plus je les aimes les éditions Quadrature.

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Congés mortels

Publié le par Yv

Congés mortels, Didier Fossey, Flamant noir, 2019.....

Milieu des années 1930, des femmes sont agressées et tuées par Paul Perrin dit "Le Bredin". Lorsque sa femme disparaît, Fernand est sûr que c'est "Le Bredin" qui a fait le coup, mais 1939 arrive et la mobilisation qui évite au suspect pas mal d'embêtements.

2006, même région, la Nièvre, un couple de randonneurs est retrouvé assassiné. L'homme est le fils d'un puissant patron de presse parisien qui met en action ses relations pour que la crim' soit saisie. C'est le commandant Boris Le Guenn qui s'y colle avec le lieutenant Antoine Furlon. L'enquête piétine jusqu'à ce que Boris rencontre Fernand, 91 ans, qui lui parle des crimes passés et lui affirme que "Le Bredin" est revenu.

En préambule, Didier Fosssey explique que ce livre est la deuxième enquête de Boris le Guenn, mais qu'elle fut reléguée pour diverses raisons dans un recoin d'un ordinateur. Quelques années et aléas plus tard, elle sort du purgatoire informatique pour le plus grand bonheur des lecteurs -là, ce n'est plus l'auteur qui parle mais son lecteur. Car, j'ai beaucoup aimé. Boris se met au vert, et même si les meurtres restent horribles, l'ambiance est un peu plus légère, l'air de la campagne sans doute. Boris fonce, fidèle à son instinct et à sa conviction, quitte à se mettre les cruchots -j'ai adoré ce petit mot qui désigne les gendarmes- à dos.

J'ai aussi beaucoup aimé la construction du roman, assez classique et la juxtaposition des deux périodes fonctionne bien : un chapitre pour les années 30/40 et Paul Perrin, suivi par un chapitre pour l'enquête de Boris en 2006. Didier Fossey raconte toujours aussi bien ses histoires et ses personnages sont attachants, Boris en tête, et les autres itou. Même si l'enquête est différente des précédentes -ou futures- menées par le commandant Le Guenn, elle s'intègre bien dans cette excellente série, et il n'est pas dérangeant de la lire après celles qui se déroulent plus tard. On revient un peu en arrière sur des aspects personnels de Boris, comme le fait qu'il n'est pas encore séparé de sa femme Soizic, mais on sent aussi pourquoi la situation évolue ainsi.

Le roman débute ainsi :

"Juillet 1936.

A la lueur de la bougie, sur la table de la cuisine, Paul Perrin écrivait sur un cahier d'écolier, la langue sortie, le souffle court. De temps en temps, il émettait un gloussement de plaisir ou bien partait d'un grand éclat de rire. Un de ces rires sardoniques qui semblaient tout droit sortis de la folie des hommes." (p. 11)

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Le hameau des Purs

Publié le par Yv

Le hameau des Purs, Sonja Delzongle, Gallimard, 2019...

Un hameau est ravagé par les flammes en faisant sept victimes. Des Purs, une communauté, une secte qui a choisi de vivre à l'écart avec ses lois, ses principes. Audrey Grimaud, journaliste est envoyée sur place par son patron. Elle connaît les Purs, ses grands-parents en étaient et elle a passé des vacances chez eux jusqu'à son adolescence. Depuis quelques années également, sévit dans la région du hameau, l'Empailleur, un tueur en série qui éviscère et recoud ses victimes. Les deux affaires sont-elles liées ? Audrey, de retour sur ces terres a des flashes de son enfance, des souvenirs qui remontent. Elle va de découverte en découverte.

Je suis très mitigé sur ce thriller qui passe du meilleur au nettement moins bon dans la même page. Le moins bon, ce sont des longueurs bien senties à tel point qu'on peut se demander parfois si l'on n'est pas dans un roman pour jeune fille avant de sombrer dans un découpage d'un cadavre assez gore. A peine 400 pages dans la version poche folio pour ce roman qui aurait mérité d'être condensé. Pas mal de descriptions inutiles et de tourments personnels d'Audrey redondants et auxquels on ne croit que partiellement. Ajoutons une foultitude de personnages, à se perdre, ce que j'ai fait parfois, et même -à moins que je ne sois trompé, un peu lassé-, des approximations de dates ou d'âges des personnages.

Le meilleur, c'est que cette histoire est totalement folle et imprévisible. Les surprises s'enchaînent et ne déçoivent pas, au contraire. Le mystère s'épaissit lorsque la page d'avant il semblait s'éclairer. C'est très bien fait pour tenir le suspense et le lecteur. Jusqu'au bout, on est chamboulé, décontenancé. D'aucuns trouveront sans doute la fin bâclée ou tirée par les cheveux, moi, je la trouve à l'image du livre, imparfaite mais bien trouvée et surprenante. C'est cet aspect d'originalité, de surprise potentielle à chaque page tournée qui fait le sel de ce roman.

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La clé USB

Publié le par Yv

La clé USB, Jean-Philippe Toussaint, Minuit, 2019.....

L'homme qui raconte son histoire travaille à la Commission Européenne. Il est responsable d'une unité de prospective. S'intéressant de près aux question de cybercriminalité et de cryptomonnaies, il est approché par des lobbyistes. Se refusant à donner suite à leurs sollicitations mais néanmoins intrigué par l'un des deux hommes qui cherchent à l'amadouer, il accepte un premier rendez-vous. Bientôt, il trouve une clé USB que cet homme a perdu. Une fois ouverte, icelle le questionne et le poussera à visiter une société chinoise à peine dissimulée par l'entreprise lobbyiste.

Réussir à passionner un lecteur avec des données techniques, des explications sur le bien-fondé et le rôle de la prospective, sur les cryptomonnaies comme le bitcoin, et les lobbyistes qui hantent les couloirs des lieux de décision est un exploit que relève allégrement Jean-Philippe Toussaint. Mon seul -minime- regret est que le titre ne s'écrive pas La clef USB, je préfère le mot clef écrit avec "ef" plutôt qu'avec le simple accent aigu. Le reste est comme souvent chez l'auteur une histoire où un homme se questionne sur sa vie. Il doit comprendre ce qui est important pour lui, et l'épreuve de la clef USB est un déclencheur. Et comme souvent, il fait cela loin de chez lui, hors de ses habitudes et même hors de ses usages et de son confort, puisqu'entre la Chine et le Japon. Cette fois-ci le contexte est technique et moderne, un peu anxiogène, mais c'est aussi l'époque du tout numérique qui veut cela. Absolument toutes nos actions et transactions sont numérisées, mémorisées par nos ordinateurs, nos mobiles intelligents. Pour qui n'a rien à cacher c'est sans doute une évolution normale, mais subsiste un doute que toutes ces données soient mal utilisées. C'est dans ce monde virtuel qu'évolue le héros de ce roman, en proie également à des questions beaucoup plus personnelles. Tout arrive en même temps et lui dont le travail est de préparer l'avenir pour des nations se retrouve à douter du sien.

Chez JP Toussaint, il y a surtout une écriture, une musique qui me plaisent. Ce dernier roman est assez loin des premiers de l'auteur que j'ai lus : La salle de bain, Monsieur, L'appareil-photo, beaucoup plus proche de sa quadrilogie avec Marie (Faire l'amour, Fuir, La vérité sur Marie, Nue). Quel que soit le sujet de ses romans, je plonge et me laisse prendre aux mots et phrases avec un grand plaisir. Une expression assez mauvaise dit que certains acteurs ont tellement de talent qu'ils pourraient réciter l'annuaire et captiver leur auditoire, elle pourrait être étendue à certains écrivains, dont JP Toussaint.

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Champion

Publié le par Yv

Champion, Maria Pourchet, Folio, 2019 (Gallimard, 2015)....,

Fabien, adolescent de 16 ans est dans un centre de repos et contraint d'écrire ce qui l'y a amené sur des cahiers destinés à Lydia la psychiatre. Il raconte son année passée à l'internat d'une institution catholique, rebelle, rétif à toute autorité, à toute promiscuité. Ses week-ends en famille sont à peine mieux entre des parents qui s’engueulent, une mère dépressive qui passe ses journées à pleurer en robe de chambre et un père absent, fuyant, absorbé par son métier de commercial. Fabien s'est inventé un ami, un loup baptisé Champion.

J'ai eu un peu de mal à entrer dans le texte de Maria Pouchet, pas loin d'une cinquantaine de pages, et beaucoup de mal à en sortir. Entre temps, je me suis laissé prendre au ton, à l'humour noir et parfois douloureux, incisif et d'autres fois moins lourd : "Chez elle [Mamie], je peux dire des gros mots, en inventer, me taire, ça ne la dérange pas. C'est une personne qui voit toujours où je veux en venir. Elle rigole en permanence, pour rien, comme les gens qui savent à quoi ça ressemble quand il n'y a pas de quoi rire. Un repos. Toutefois, je ne vous souhaite pas qu'elle vous fasse un pull-over, déjà il va puer la Gitane et puis vous seriez obligé de le mettre. D'expérience, c'est quelque chose qui vous rajoute de l'exclusion sur celle que vous subissez éventuellement déjà. Cet après-midi, Mamie est sur un bonnet au point de blé pour mon cousin Paulin. Et c'est bien fait pour sa gueule à ce crâneur." (p. 56)

Mon avis très favorable, ce n'était pas gagné au départ, je ne suis pas fan des romans vus par des enfants. Mais Maria Pourchet trouve les mots justes, le bon tempo, sait ralentir au accélérer en fonction du message, des circonstances. Elle fait preuve également de beaucoup de talent pour nous raconter l'histoire de Fabien dont on sait qu'un événement douloureux l'a amené dans cette institution puis dans le centre de repos ; on n'apprend rien tant qu'il n'a pas décidé et réussi à le relater.

Le drame est enfoui, l'enfance déchirée, maltraitée et les adultes pas en meilleure forme. Mais malgré tout cela, le texte n'est pas noir profond, des lumières naissent. C'est aussi cela qui est bien dans ce livre, il n'est pas déprimant -bon, ce n'est pas non plus une anthologie de blagues. Les personnages créés par l'auteure vivent, évoluent sont presque visibles tant ils sont finement décrits.

Une belle découverte.

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Nuits grises

Publié le par Yv

Nuits grises, Patrick S. Vast, Le chat moiré, 2019.....

Suzy, depuis qu'elle a été licenciée, enchaîne les petits boulots. Elle cumule plusieurs employeurs et fait des ménages, mais elle peine à payer son loyer. Le jeune couple qui loge au-dessus d'elle est dans la même situation : Pauline est au chômage et Kevin en intérim, cinq mois de loyer en retard. Le fils de la propriétaire, cinquantenaire oisif qui vit des rentes familiales, ne se lasse pas de faire des propositions libidineuses aux deux jeunes femmes en échange d'un effacement promis de leurs dettes. Suzy ne cède pas. Pauline ne résiste pas au harcèlement, mais Kevin la surprend avec le propriétaire. Lorsque celui-ci disparaît, la police est amenée à enquêter.

Excellente, j'allais dire surprise, mais ce n'est n'en est pas une puisque Le chat moiré a déjà publié trois autres titres de Patrick S. Vast, tous très bons (Potions amères, Passé doubleDuo fatal) et qu'avant cela j'avais aussi lu Boulogne stress. Donc dire d'un livre de Patrick S. Vast qu'il est une surprise c'est n'importe quoi, puisqu'on sait qu'ils sont très bien. Cette -à peine- digression passée, la surprise vient peut-être du fait que ce Nuits grises est peut-être un poil au-dessus des autres cités. Tout m'y a plu au point de ne point parvenir à le lâcher. Il débute doucement, sauf pour Suzy et le jeune couple qui se débattent dans des situations très difficiles. Suzy cumule les emplois pour tenter de subvenir à ses besoins, se fait exploiter. Ses boulots sont harassants et ne payent qu'a peine ses frais. Elle parvient tout juste à écarter le harcèlement de son propriétaire et on sent bien que le pire est à venir. Et il arrive.

L'auteur décrit très bien la crise qui pousse au désespoir et le désespoir qui génère des idées noires, très noires, rarement les plus sensées, mais comment pourraient-elles l'être ? La spirale de la descente aux enfers est tellement forte, que rien ni personne ne semble pouvoir y résister ni même la stopper. C'est avec ceux que l'on nomme désormais les travailleurs pauvres que le romancier bâtit son histoire. Rarement héros, il sait les mettre en avant, ce qui donne un roman policier humain, dans lequel comptent avant tout et malgré la misère, les rapports humains, l'entraide, la débrouille et l'humanité -j'insiste- de certains qui ne jugent pas selon le porte-monnaie ou le statut social.

Pour la partie polar, on connaît le coupable en temps réel, on suit donc l'enquête policière avec d'une part un flic un peu borné, Chombert, et d'autre part un flic qui sait aller au-delà des apparences et des évidences, le capitaine Lourdieu. Le suspense est bien là, on a tant envie de savoir qui va s'en sortir et qui va plonger.

Je vous avais prévenu, un roman policier de Patrick S. Vast, c'est forcément très bien. En plus, la couverture jaune orangée sur mon blog noir, ça claque, n'est-il pas ?

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Art et décès

Publié le par Yv

Art et décès, Sophie Hénaff, Albin Michel, 2019..,

Alors que la commissaire Anne Capestan, cheffe des bras cassés qui forment l'équipe la plus hétéroclite et la plus moquée du 36 quai des orfèvres, profite pleinement de Joséphine son bébé de 18 mois, elle est appelée par Eva Rosière, ex-capitaine de ladite équipe qui se consacre désormais à sa carrière d'auteure à succès. Son roman est adapté au cinéma par un réalisateur réputé faire des entrées mais qui veut absolument apposer son nom sur le scénario auquel il n'a pas touché. Eva l'a cherché, a tempêté, crié qu'elle allait le tuer, jusqu'à ce que celui-ci soit retrouvé assassiné. L'ex-capitaine devient le suspect numéro un et demande donc de l'aide à ses anciens collègues.

Après Poulets grillés et Rester groupés (pas lu), retour de la brigade des inclassables. Sans faire durer le suspense plus longtemps, je ne peux pas dire que je me sois esclaffé. Assez décevant finalement par rapport à ce que j'avais pu lire un peu partout sur cette série. Les personnages sont bien sympathiques, certes, mais l'humour tombe souvent à plat et les nombreux essais de digressions comiques m'ont plutôt semblé des longueurs et des redites un peu poussives. La comédie policière n'est pas un genre aisé, et lorsque l'humour de l'auteure ne sied pas au lecteur, eh bien ma fois, c'est qu'il faut passer à autre chose. Néanmoins, je suis allé au bout de cette histoire qui ne provoque aucun rejet ni déplaisir. Pas de surprise, manque de punch, c'est dommage car Sophie Hénaff a bâti une équipe qui laisse envisager des moments beaucoup plus drôles et décalés. Si je peux me permettre un conseil -j'ose, mais qui suis-je pour donner conseil ?-, chère Sophie -vous permettez que j'use de votre prénom ?- :  lâchez-vous, débridez-vous la plume -rien de vulgaire, aucune pensée salace ou autre de ma part-, osez la démesure , vos personnages  méritent au moins cela !

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Avez-vous lu les classiques de la littérature II ?

Publié le par Yv

Avez-vous lu les classiques de la littératude II, Soledad Bravi, Pascale Frey, Rue de Sèvres, 2019.....

Après Avez-vous lu les classiques de la littérature ?, les deux auteures reviennent avec Avez-vous lu les classiques de la littérature, le tome 2, ce qui paraît logique.

Vingt quatre titres aussi divers que Phèdre de Jean Racine, Mrs Dalloway de Virginia Woolf, Anna Karénine de Léon Tolstoïk, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Frankenstein de Mary Shelley ou La petite Fadette de George Sand. Elles balaient une époque large de 1597 (Roméo et Juliette de W. Shakespeare) à 1965 (De sang-froid de Truman Capote).

Le principe est le même que dans le tome 1 : des dessins minimalistes et souvent drôles et des résumés très condensés des œuvres, drôles eux aussi, preuve qu'on peut  se moquer avec respect des plus grands livres.

Autant vous dire que sur ces vingt quatre titre, je n'en ai pas lus beaucoup, huit seulement : Roméo et Juliette -en version bilingue, "empruntée" à la bibliothèque universitaire, mais il y a prescription-, La Barbe bleue (Charles Perrault), Manon Lescaut (l'abbé Prévost) -très bonne surprise de lycée-, Le rouge et le noir (Stendhal)-pff, mauvais souvenir de lycée, une vraie galère-, Notre-Dame de Paris (Victor Hugo) -un monument (humour), mais je préfère Les Misérables-, Le Comte de Monte-Cristo (Alexandre Dumas) -quelle vengeance, jamais égalée-, Mort sur le Nil, (Agatha Christie) -l'un des must de la romancière- et L'écume des jours (Boris Vian). Pour d'autres, j'ai vu les adaptations cinématographiques : Fanny (Marcel Pagnol), Rebecca (Daphné du Maurier), Le docteur Jivago (Boris Pasternak.

Bref, tout cela pour parler de cette bande dessinée que j'aime bien parce qu'elle est soit un moyen de se (re)mettre en tête des classiques, soit de donner envie de les lire soit enfin de se dire qu'on a peut-être bien fait de ne pas les lire. Sans doute trop juste pour disserter sur tel ou tel livre présent dans l'album, mais pas mal pour ne pas être totalement largué si la discussion l'aborde.

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