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Larmes de crocodile

Publié le par Yv

Larmes de crocodile, Fidéline Dujeu, Weyrich, 2021

Larmes de crocodile, c'est une voix d'enfant. Un enfant qui change, petite fille puis adolescente.

Siamoise, c'est la seconde nouvelle du livre, c'est la voix d'une femme. D'une femme qui n'en peut plus. Son couple se délite. Elle et lui autrefois de vrais siamois ne s'entendent plus.

Autant j'ai eu un peu de mal à m'accrocher à Larmes de crocodile, le style sans doute, le parti pris des comptes de fées, des deux voix, l'une en italique et l'autre non, autant j'ai été scotché par Siamoise. Ce récit d'un couple autrefois fusionnel qui se sépare, qui se brise et qui fait des dégâts. Cette sensation irrépressible de ressentir l'autre, même lorsqu'il est loin, même lorsqu'il est craint : "Il y a encore des lambeaux de ta peau qui s'accrochent à la mienne, je les arrache un à un. Je nous libère." (p.136)

L'écriture est sèche et poétique. Des phrases très courtes -ou longues mais multi-ponctuées. Parfois nominales. Uni-nominales. Un rythme prenant, saccadé qui a tendance à se ralentir sur la fin même s'il y a quelques soubresauts, pour bien marquer le changement survenu, une sorte de quiétude retrouvée.

Bilan mitigé donc pour ce livre qui contient deux grandes nouvelles ou courts romans. Siamoise vaut le coup de s'arrêter dessus et de tenter la lecture de Larmes de crocodile qui a les moyens de vous plaire.

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Ulysse ou Colomb

Publié le par Yv

Ulysse ou Colomb. Notes sur l'amour de la littérature, Henri Raczymow, Ed. du Canoë, 2021

"Tout écrivain est d'abord un lecteur. Henri Raczymow ne déroge pas à cette règle. Comment exister, trouver sa place dans le catalogue de ces noms auréolés de gloire qui vous on fait rêver depuis l'enfance ? Où va-t-on quand on commence à écrire ? Est-ce qu'on le sait, comme Ulysse, dont le but du voyage -rejoindre Ithaque- est avoué depuis le départ ? Ou est-ce que, comme Colomb, on croit le savoir même si le lieu on on arrive n'est pas celui qu'on avait prévu de rejoindre ? Et d'ailleurs, pourquoi écrit-on ?" (4ème de couverture)

En voilà des question qu'elles sont bonnes. Et Henri Raczymow de s'y coller avec finesse, intelligence, modestie et un peu d'humour. Il en appelle aux plus grands noms : Sénèque, Proust, Chateaubriand, Dieu -qui n'est pas écrivain, mais bon, il est important quand même dans la littérature-, Kafka, son ami Nadaud -ah, quel beau livre que Le passage du col-, Freud, Sartre, Barthes...

S'il est un intellectuel qui réfléchit, qui a beaucoup lu les classiques, qui a une grande culture, il ne l'étale point ce qui est bien agréable pour le lecteur que je suis qui, jamais ne se sent perdu ou méprisé. Son livre est d'un abord simple et j'ai pu entrer dans les doutes, les interrogations de l'écrivain, parfois dans les arcanes du monde du livre et de l'édition, à coup de petite anecdote. Henri Raczymow, sans illusion ni récrimination n'est pas très élogieux sur celui-ci ni sur les écrivains obligés de se prêter au jeu de l'interviouve : "Imagine-t'on Montaigne, Racine, Voltaire, à qui l'on demanderait ce qu'ils pensent respectivement de l'amitié, de la passion, de la tolérance ? -Mais lisez-moi si vous voulez vraiment le savoir !" (p.75)

Il y a de rares livres qu'on aime à citer abondamment, qu'on conseille de lire et que je me plairais à citer quasiment en entier tant ils m'ont plu, sont intelligents et fins et apportent quelque chose : un peu de culture, de matière à réfléchir, de manière de voir l'écrivain différemment, ce qui pour un lecteur curieux est intéressant. Lorsqu'en plus l'écriture est élégante, de cette élégance discrète et permanente qui est, sans forcer, sans effets, le livre devient l'un de ceux que l'on garde pour le relire. Ulysse ou Colomb est l'un de ceux-ci.

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Le don de Rachel

Publié le par Yv

Le don de Rachel, Anne-Caroline Pandolfo, Terkel Risbjerg, Casterman, 2021

Paris 1848, Rachel a un don extraordinaire qui attire le tout-Paris qui compte : elle sait le passé de tous et prédit l'avenir, elle connaît toutes les langues, prévoit même un poème que Victor Hugo écrira dix années plus tard. On se bouscule pour la rencontrer, mais on la craint, la sorcière n'est pas loin. Un beau jour, Rachel disparaît, ne restent d'elle qu'un livre sur sa vie et un daguerréotype.

Un siècle plus tard, une chorégraphe débutante décide de mettre en scène ce livre trouvé par hasard, il lui faut trouver l'idée qui fera que son ballet sera inoubliable.

Quant au daguerréotype, il est depuis longtemps dans une famille londonienne, chez Virginia.

Je retrouve avec bonheur le duo de bédéistes, Anne-Caroline Pandolfo au scénario et Terkel Risbjerg au dessin après leur très bel album sur l'art brut, Enferme-moi si tu peux. Et tout le bien que je pense de cet album est intact à la lecture du Don de Rachel.

Dessin original, formidable qui montre bien les différentes phases de la vie de Rachel, dans les couleurs, les traits des personnages et qui devient plus clair, plus aéré lorsque Liv, la chorégraphe intervient.

Et le scénario n'est pas en reste qui raconte la difficulté d'être une femme en vue au milieu du XIXè siècle, surtout en tant que voyante. L'accusation de sorcellerie n'est jamais loin, ni la tentation du phénomène de foire. La science et ses adeptes, des hommes, ne jurent que par ce qui peut être démontré. Or, le don de Rachel est inexplicable donc suspect. J'aime bien aussi comment la scénariste relie les trois femmes à un siècle d'intervalle.

Un très bel album, original, qui, même si on les aime aussi, change des bandes dessinées traditionnelles.

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Tempête Yonna

Publié le par Yv

Tempête Yonna, Cyril Herry, In8, 2021

Yonna c'est la tempête qui ravage le pays et isole le hameau de Braconne -une douzaine d'habitants- du reste du monde, hameau déjà loin de tout même lorsque le vent ne souffle pas.

Yonna c'est aussi le prénom d'une habitante, la compagne de Saul et mère de Nino, encore bébé.

Il y a aussi Bruno et Julia, Barbara et sa fille Lou, P'tit Léon et sa mère, puis Mélanie, des natifs. Les Herminot, un couple qui ne sort pas de chez lui. Et Frédéric et Estelle et leur fille Angeline, des Parisiens en vacances.

Préférant ne pas attendre les secours,le groupe s'organise.

Attention, roman incontournable. Certes, il n'est pas joyeux, joyeux et ne remontera sans doute pas le moral des plus dépressifs, mais il est d'une finesse et d'une profondeur rares. Tout en étant un roman grand public. Le pari de Cyril Herry est réussi et son huis clos à ciel ouvert fonctionne parfaitement. Les relations, les tensions entre les habitants se tissent, montent et l'on pressent la catastrophe, mais laquelle ? Quand ? Qui ?

La situation d'isolement fait que les failles, les peurs, angoisses, les travers voire les pulsions des un(e)e et des autres, habituellement enfouis, tant bien que mal cachés sous le vernis de la vie dans une société policée, par le quotidien, la routine qui rassure, vont se révéler, s'exacerber. Les secrets n'en sont plus. La nature, que l'homme a grandement et durablement perturbé reprend ses droits, et Yonna a mis sens dessus dessous tout un monde lisse.

Cyril Herry décrit admirablement les relations de l'homme avec la nature, ce qu'il faudrait pour vivre en harmonie, ce qui est fait contre toute logique. Le retour à la réalité est dur pour Braconne "ce trou perdu était un microcosme témoin de l'humanité". Décrire l'individuel pour toucher à l'universel, voici ce que réussit l'auteur. Ça résonne avec la pandémie actuelle qui dévoile des comportements d’entraide et d'altruisme, mais l'inverse également : "Ç’avait toujours été ainsi. Catastrophes naturelles et tragédies humaines possédaient ce don de rapprocher les individus, de mettre en sommeil l'âpreté et le fiel, de recoudre provisoirement les plaies. Mais ça ne durait jamais longtemps ; au premier geste brutal, ça se déchirait et ça se remettait à saigner, à suinter le pus et à faire mal. C'était de nouveau chacun pour soi, ici comme n'importe où ailleurs, puisqu'on avait la mémoire courte et que les mœurs individuelles avaient toujours miné l'intérêt collectif." (p.240)

Nul doute que Braconne, Yonna la tempête et la jeune femme ainsi que ses voisins restent en tête longtemps. C'est le genre de livre qui continue à s'insinuer en nous lorsqu'il est refermé.

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Gadjo Farel

Publié le par Yv

Gadjo Farel, André Blanc, Jigal polar, 2021

Un industriel très en vue est assassiné en pleine cérémonie de remise de légion d'honneur. Cet homme, issu de la communauté yéniche, des nomades venus de l'est, a attisé bien des jalousies et des haines. C'est le commandant Farel, chef de groupe à la BRB lyonnaise qui est chargé de l'enquête. Il va, comme souvent faire équipe avec la juge Fournier, ces deux-là étant redoutables pour traquer les magouilleurs et les escrocs et redoutés par ces-derniers.

Mais, malgré un travail acharné, des résultats semble-t-il rapides, la situation prend vite de l'ampleur : des hommes influents dont un ministre sont sur la sellette. Des menaces envers les policiers apparaissent.

Retour de Guillaume Farel et de son équipe efficace dans ce polar vitaminé. Pour ceux qui connaissent, ils ne seront pas déçus, cela va très vite, très fort. Pour ceux qui ne connaissent pas encore André Blanc et ses flics lyonnais, pas de crainte, l'auteur a l'intelligence et l'habileté de nous rappeler les noms, grades et fonctions de chacun des membres du groupe et des amis extérieurs de Farel et Maud sa compagne. Comme souvent avec Farel, c'est le monde politico-mafioso-financier -ou vice-versa- qui est présenté. Magouilles, prévarications, trahisons, tout est pourri dans ce monde. Néanmoins, André Blanc évite le "tous pourris" ambiant qui serait un peu facile et malvenu.

Pas le temps de s'ennuyer dans cette enquête qui va vite, très vite malgré un travail de fourmi et des investigations minutieuses. La part belle est faite aux nouvelles technologies qui permettent aux flics et juges de nous suivre quasiment au mètre et à la seconde près. Filatures par GPS, écoutes des portables, lecture des textos... C'est à la fois un très bon moyen pour les policiers d'aller plus vite au but, mais c'est franchement flippant pour nous d'être à ce point possiblement suivis.

André Blanc écrit une histoire fascinante où les hommes et les femmes se révèlent, se serrent les coudes -pour les flics au moins-, c'est d'une grande justesse on a presque l'impression d'y être même, tant le tout paraît réaliste, même si Farel est hors catégorie en matière d'encaissement des mauvais coups. J'en ressors tout ébouriffé -bon, pour qui me connaît de visu, cela paraît improbable mon ordonnancement capillaire ne s'y prêtant pas. 300 pages avalées d'un trait. Excellent !

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Jacques Prévert n'est pas un poète

Publié le par Yv

Jacques Prévert n'est pas un poète, Cailleaux et Bourhis, Dupuis, 2017

Jacques Prévert (1900-1977), on apprend ses poésies à l'école, on regarde les films qu'il a scénarisés. Mais le connaît-on si bien que cela ? Hervé Bourhis et Christian Cailleaux évoquent son existence en bande dessinée.

A l'origine, en trois volumes, mais aussi en une intégrale présentée ici. Prévert fut un libertaire, un homme aux réparties cinglantes toujours drôles, avec un sens de la formule indéniable, fidèle en amitié... Comme beaucoup, il galéra avant d'être reconnu.

L'album lui fait dire des choses incroyables, des vacheries bien senties ainsi que des fulgurances qu'il grava ensuite dans certaines de ses chansons ou certains dialogues de films : "T'as de beaux yeux tu sais", "Moi, j'ai dit bizarre, bizarre ? Comme c'est étrange ! Pourquoi aurais-je dit : bizarre, bizarre !" Il avait un langage bien à lui, de la désinvolture face aux coups durs. Tout est évoqué : son adhésion aux thèses communistes, son goût pour la bonne chère et le bon alcool, la cigarette, les femmes de sa vie et surtout les copains.

La BD montre tout cela et le dessin le surligne tant il est libre, s'affranchit des codes du genre, pas de cases, des couleurs très variées. L'album est très beau et même si j'ai décroché parfois, jamais je n'ai eu envie de ne pas le finir. Je l'ai même repris pour n'en rien rater. Et tous les gens du cinéma d'il y a un siècle que l'on croise... et des écrivains, et des poètes, des peintres... tout le Paris artistique de 1920 à 1970.

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Leonard Cohen sur un fil

Publié le par Yv

Leonard Cohen sur un fil, Philippe Girard, Casterman, 2021

Leonard Cohen (1934-2016), le poète canadien à la voix grave auteur de titres inoubliables : Hallelujah, Suzanne. Arrivé sur la scène musicale dans les années 50, il rencontrera les plus grands : Janis Joplin, Lou Reed, Phil Spector... Son parcours sera marqué par les excès, les périodes de doute quand le succès n'est pas au rendez-vous, la dépression, les rencontres féminines.

C'est une belle bande dessinée qui retrace la vie du poète, par touches, sauts dans le temps. Pas d'impasse sur les doutes, les engagements comme celui de chanter pour les troupes israéliennes en 1973 (qu'il regrettera, n'ayant pas pu chanter pour l'armée égyptienne), les escroqueries dont il fut la victime. Il faut connaître un peu la scène de l'époque pour s'y retrouver tout à fait même si les noms et les personnages qui apparaissent sont très célèbres : Lou Reed, Nico (du Velvet Underground), Joni Mitchel, John Cale...

Le dessin est clair, coloré et s'attarde sur les personnes et peu sur les paysages. Tout est basé sur les rencontres et le travail de l'artiste. Plutôt classique qui correspond parfaitement à Leonard Cohen, artiste discret et rare.

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Une affaire italienne

Publié le par Yv

Une affaire italienne, Carlo Lucarelli, Métailé, 2021 (traduit par Serge Quadruppani)

De Luca, ex-meilleur flic pendant la période fasciste a été mis à l'écart à la fin de la guerre. Fin 1953, la femme d'un professeur d'université est retrouvée morte, deux mois après son mari. Les services secrets italiens font appel à De Luca pour comprendre le meurtre de cette femme. Il sera associé à un jeune homme, enjoué et fin, Giannino.

C'est à Bologne qu'ils sont envoyés. Pour les besoins de leur enquête, ils fréquenteront les clubs de jazz, devront compter avec les guerres politiques de l'époque, et le passé de De Luca toujours prêt à refaire surface.

Roman noir pas très évident à suivre, parce que l'auteur ne donne pas toutes les informations susceptibles de nous aider dès le début. Il les distille petit à petit et parfois, ça m'a gêné. Par exemple, le premier chapitre est un accident de voiture pour De Luca et Giannino le 2 janvier 1954, et tout de suite après, on revient en arrière ; je n'aime pas trop ce procédé où l'on sait qu'il arrive un truc dur aux héros mais on nous laisse en plan pour dire pendant tout le reste du livre -ou du film- comment ce fait arrive.

De plus, j'ai eu du mal à comprendre le travail de De Luca, l'intérêt de cette enquête et les raisons de l'apparition de tel ou tel personnage. Certes, tout est expliqué à la fin.

Et, je dois avouer enfin que certaines répétitions ou longueurs m'ont un peu agacé. Néanmoins, il y a dans ce polar un je-ne-sais-quoi qui retient. Sans doute la force des personnages, De Luca en tête et Claudia une jeune chanteuse qu'il rencontre. Et également la période, assez bien racontée par Carlo Lucarelli, une ambiance trouble dans laquelle certains anciens fascistes ou sympathisants sont encore en poste pendant que d'autres, comme De Luca, qui ont simplement fait leur métier, sont mis au placard et qu'on peut rapprocher de l'après-guerre en France où certains courageux entrés en Résistance dès fin 1944 voire 1945 se sont démenés pour montrer combien ils étaient fiables. Il y a aussi cette construction que j'évoquais au départ et qui fait que l'on recueille des indices au long des pages qui, si elle peut gêner, retient indubitablement le lecteur impatient de connaître les détails de tel ou tel fait. Voilà donc un bilan mitigé pour un livre que je n'ai jamais songé à stopper, signe que dedans, il y a pas mal de bonnes choses.

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L'incendiaire joue avec le feu

Publié le par Yv

L'incendiaire joue avec le feu, Cicéron Angledroit, Palémon, 2021

René, l'ami fidèle et haut en couleurs de Cicéron a le feu aux fesses. Littéralement, puisque grâce à sa visite nocturne aux toilettes il a échappé à l'incendie de sa maison et a même pu sauver sa douce (?) Paulette. Mais le lendemain, c'est la maison de ses voisins qui brûle et là, plusieurs victimes : le couple, les deux enfants, la belle-mère, le chien et le poisson rouge qui a cuit dans son bocal. Le commissariat est sur les dents et la Criminelle y débarque et prend ses aises au grand dam du commissaire Saint Antoine, qui, du coup, demande à Cicéron d'enquêter en loucedé.

Cela commence fort par une double carbonisation de maisons et des enquêteurs, badauds et victimes qui n'y comprennent rien du tout. Puis, il y a comme un coup de mou, personne ne sachant vraiment ou chercher et Cicéron qui nous a habitué à des aventures extra-Vanessa s'est rangé perdant en frivolité ce qu'il gagne sans doute en profondeur. Bon, on n'est pas non plus dans Wallander ou un polar sérieux avec des flics dépressifs, non c'est même tout l'opposé, il faut lire Cicéron pour éviter ou lutter contre la dépression. Pour la gaudriole, René est toujours présent et sa moitié également :

"Un peu plus loin, dans le camion-ambulance des pompiers, Paulette, enveloppée dans une couverture de survie. Partiellement enveloppée car l'inventeur de ce type de couverture n'avait pas prévu un tel volume. Elle est choquée. Plus que nous encore. Une psychologue rame pour lui faire admettre que tout va bien. Elle a eu chaud au cul quand même. Et René, le beau René, en slibard noirci -peut-être par l'incendie, peut-être pas- qui déclare :

- Si j'm'étais pas l'vé pour chier, sûr qu'on serait cramés à c't'heure. Pourtant on fume pas au lit. Et pis merde, on n'était même pas au gaz de ville ! Ça doit être à cause de l'électricité statique, c'bordel !

Il est hagard et essaye de donner le change :

- Remarquez, ça lui aura fait l'maillot à Paulette. Pas du luxe dans un sens." (p. 20)

Et l'intrigue de rester obscure. Et les limiers dubitatifs. Il faudra bosser, éliminer les fausses pistes, éloigner René et sa Paulette relogés par la mairie. Puis, à la faveur d'un indice, l'ouverture enfin...

Moins burlesque que les tomes précédents, mais l'auteur avait prévenu il y a quelques livres. Tout aussi plaisant et divertissant. Une gouaille et une écriture joyeuses font qu'on ne s'ennuie pas un moment et qu'on resterait même un peu en compagnie de Cicé, René et Momo, l'adjoint de Cicé dans son officine de détectives, sans oublier le commissaire Saint Antoine, affectueusement surnommé pépère, et bien sûr Vanessa la flique-amante préférée de Cicé. Comme d'habitude, à peine quittée, on a hâte de retrouver la fine équipe.

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