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SkilledFast 2

Publié le par Yv

SkilledFast tome 2, Hachin, Ed. H2T, 2021

La commandante de police Eva Steins et le détective Roman Kirkegaard continuent leur traque du tueur en série prénommé Noskill qui, en cette année 2097, lutte de manière violent contre la société SK Corp qui commercialise les SkilledFast, ces implants que quasiment tous les humains utilisent pour augmenter leurs connaissances dans certains domaines et devenir ainsi plus performants.

Kirkegaard, ancienne victime de Noskill vit désormais sans l'implant et doit donc penser par lui-même, tenter de déjouer les plans du tueur. Il en fait une histoire personnelle.

SkilledFast tome 1, m'avait, je dois le dire, bluffé, moi qui ne suis a priori pas connaisseur de manga et je m'étais promis de lire la suite de cette trilogie. Et ce que je peux dire c'est que cette suite ne me déçoit pas. Les codes du genre sont respectés : lecture de droite à gauche, visages en gros plans et expressions quasi caricaturales, action marquée par des perspectives et des traits tirés à l'horizontale... On est toujours dans les mêmes thèmes : recherche d'identité, le libre arbitre, la manière dont chacun se construit de ses rencontres et curiosités : "J'ai conclu que remplacer l'expérience par des Skills tue les humains de l'intérieur. Plus on s'en sert, et plus on délègue la responsabilité de nos actes au SkilledFast. Je crains qu'un jour, nous ne soyons plus que des coquilles à Skills dépourvues de la moindre forme de pensée." Évidemment, tout parallèle facile avec nos existences centrées autour des portables n'est pas fortuite...

Pour ce deuxième tome, après la mise en place du contexte, on entre davantage dans l'enquête et la traque de Noskill. Il n'est pas avare en révélations et surprises, ce qui fait qu'on espère ouvrir le tome suivant rapidement.

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Ria mortelle

Publié le par Yv

Ria mortelle, Jean-Marc Perret, Palémon, 2021

Étel, petite ville tranquille du Morbihan, connue pour sa ria, ses plages et pour abriter le CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage). Nathalie Bramant, trentenaire un peu artiste est mariée à Georges, en fauteuil roulant depuis deux ans suite à un accident de la route. Mais Nathalie a aussi un amant et quelqu'un le sait puisqu'elle est victime d'un maître-chanteur lui demandant 15 000 euros contre son silence.

Étel abrite également une bourgeoisie pas si tranquille que cela, entre les parties fines et la consommation de produits prohibés. Lorsqu'un notable est retrouvé assassiné, c'est le commandant de gendarmerie Colombel qui est chargé de l'enquête.

Deuxième livre de JM Perret que je lis, et, a priori, son premier écrit. La construction est a peu près la même que l'autre Les diaboliques de Saint-Goustan avec une longue première partie qui décrit les us et coutumes des locaux, leurs liens, leurs amitiés et inimitiés, leurs vices et vertus et une seconde partie dans laquelle l'enquêteur intervient. Le tout donne un polar bien dosé, bien construit dans lequel la bourgeoisie locale s'encanaille -si je rapproche d'une de mes lectures précédentes, Les beaux mensonges, vous allez finir par croire que les notables bretons sont des vicelards qui passent leur temps libres à partouzer et se poudrer le nez, mais peut-être ne sont-ce point seulement les Bretons ? Et la gendarmerie enquête avec sérieux et une dose d'humour bienvenue : "On dirait bien que ça partouzait dur dans l'entourage du notaire. Ah ! Les vices de la petite bourgeoisie provinciale ! fit Menotti, jetant un regard réprobateur vers le ciel." (p.121)

J'ai passé un bon moment dans ce Morbihan, avec l'envie de connaître le(s) coupable(s) et leurs mobiles. Un roman policier qui sait retenir ses lecteurs jusqu'au bout sans ajout d'hémoglobine ou de descriptions scabreuses, tout est dans la finesse.

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Qui a tué Cloves ?

Publié le par Yv

Qui a tué Cloves ?, Axel Sénéquier, Hygée, 2021

En 2016, Guillaume Canaud, néphrologue à l'hôpital Necker-enfants malades découvre qu'une molécule (BYL719) en test contre les cancers pourrait servir à traiter une maladie génétique rare, le syndrome de Cloves qui "se caractérise par une prolifération des tissus, des excroissances, des anomalies complexes et des malformations touchant la peau, les vaisseaux sanguins, le squelette ou les organes internes du corps. La maladie s'exprime souvent de manière asymétrique : une partie du corps est atteinte" et engendre des douleurs terribles et une espérance de vie très limitée. 

Les premiers tests sur le premier volontaire sont très prometteurs et la recherche continue, d'autres patients arrivent et testent favorablement cette nouvelle molécule.

Axel Sénéquier, écrivain, est le frère de Guillaume Canaud, issus d'une famille de médecins. Il raconte l'histoire de cette découverte du traitement, les rencontres avec les malades traités et le travail acharné de toute l'équipe de l'hôpital Necker-enfants malades.

Il raconte comment son frère a un jour eu l'intuition que la molécule en question pourrait aider les malades du syndrome de Cloves et l'enchaînement lié aux très bons résultats. Ce sont les patients soignés et Guillaume Canaud qui sont mis en vedette, ce dernier ayant toujours un mot pour tous ses collègues qui font face à un travail gigantesque sans se plaindre. Dans les rencontres avec les patients et leurs parents -car les patients sont pour une grande majorité des enfants-, le but de l'auteur n'est pas de tirer des larmes au lecteur, mais de l'informer de la maladie, des bienfaits du traitement et plus globalement des bouleversements dus à la maladie d'enfants au sein d'une famille, de l'énergie monstre qu'il faut aux parents pour aller aux divers rendez-vous, voir les divers spécialistes qui parfois se contredisent, et l'angoisse de ne pas savoir mettre un nom sur la maladie de leur enfant. Dans son livre, il montre également une grande admiration pour son frère, mais point béate, une admiration normale pour ceux qui font avancer la médecine, mais lui, c'est son frère !

Pas de pathos -ce serait trop facile-, Axel Sénéquier est plus fin que cela même s'il sera difficile de ne pas compatir aux souffrances des uns et des autres et sourire et souffler lorsqu'icelles disparaissent au profit d'une énergie de vie oubliée ou parfois nouvelle pour les malades atteints assez fortement dès la naissance.

Parfois technique, mais mis à la portée d'un non-médecin, le texte se lit aisément et l'on peut entrer dans le monde de la recherche médicale en tant que profane et candide qui comprend quand même un peu. L'on peut aussi comprendre le long et difficile chemin à parcourir pour valider une molécule ou un médicament, le courage qu'il a fallu à Guillaume Canaud pour découvrir que BYL719 pouvait soigner Cloves et pour oser franchir le pas, le travail colossal, l'investissement sans faille. C'est, comme le dit le sous-titre du livre : une "histoire d'une découverte hors norme".

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Par la forêt

Publié le par Yv

Par la forêt, Jean-Christophe Chauzy et Anthony Pastor, Casterman, 2021

Une joggeuse disparaît en forêt. Les flics qui enquêtent, un jeune homme et une jeune femme, ne trouvent rien. Trois ans plus tard, la jeune flicque, toujours hantée par cette disparition aménage en bordure de la forêt, dans l'ancienne maison de la disparue, se balade souvent, croise la mère de la joggeuse, des voisins, témoins à l'époque et un homme qui vit dans la forêt et écoute les oiseaux.

Ce qui m'a surpris dès le début et qui reste tout le long de la lecture ce sont les couleurs choisies. Beaucoup de vert évidemment pour la forêt de jour et du bleu-violet pour la même de nuit, mais aussi beaucoup de orange lorsque la saison s'y prête mais aussi pour les vêtements et des éléments du décor, du jaune, du rose parfois là où l'on ne l'attend pas. Le tout donne un album coloré qui tranche avec le ton plutôt sombre.

Le dessin de JC Chauzy est clair, se focalise sur les visages, les regards et expressions et offre des belles vues de la forêt et d'oiseaux, ce lieu et ses habitants qui ont leur vie propre et peuvent être ressourçants mais aussi angoissants, la nuit par exemple.

Le scénario de A. Pastor, à partir d'un fait malheureusement divers, la disparition en forêt d'une joggeuse, flirte vers l'irrationnel, l'onirisme et c'est là que le dessin et les couleurs sont importants et renforcent le côté hypnotique de l'histoire.

Un très bon et bel album qui parle d'une jeune femme qui se cherche, qui se questionne et tente, à travers la recherche d'une autre jeune femme disparue, à trouver un sens, une direction à sa vie. Il aborde également les thèmes de l'uniformisation des banlieues des villes (Rendez-nous la lumière, chante Dominique A), de la rupture que prônent et vivent certains que nous avons vite fait de nommer des marginaux, d'un retour nécessaire à des valeurs autour de la Nature qu'il va faloir davantage respecter et protéger.

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Pour seul pardon

Publié le par Yv

Pour seul pardon, Thierry Brun, Jigal polar, 2021

"Thomas Asano a trouvé refuge dans une petite ville nichée au pied des Vosges. Ici, la vie y est âpre. Homme à tout faire, il a la réputation d'être travailleur et bon chasseur. Il est surtout décidé à se faire oublier, il a connu Sarajevo et la prison... En liberté conditionnelle, c'est un homme brisé par la culpabilité qui tente de se reconstruire." (4ème de couverture)

Les Vosges et Senones sont un décor sombre, froid et humide pour cette histoire, très présent plutôt en atmosphère, en air ambiant qu'en vraie description.

Thierry Brun bâtit un roman par petites touches, ce qui, au départ peut gêner un peu ou, au contraire, assurer la présence et l'intérêt du lecteur avide de comprendre,  car on ne connaît rien de la vie de Thomas Asano ni des raisons qui l'ont poussé à venir vivre dans la région. Puis à coup de rêves éveillés, de retours du héros sur les lieux de ses méfaits, de pensées pour la compagne qui l'a quitté, des circonstances de leur rencontre et de leur séparation, bref par touches disséminées ça et là, l'histoire se reconstruit.

L'ambiance atmosphérique, la météo dirais-je, est ouateuse, humide et sombre, les hommes du coin sont de la même teinte, des taiseux, des durs au boulot avec des relations viriles, l'écriture de Thierry Brun fait ressortir cela très bien, en simplicité, sans effets de style si ce n'est de coller au genre polar.  Bref, du bon, du noir, du polar !

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Le courage des rêveuses

Publié le par Yv

Le courage des rêveuses, Jacqueline Merville, Des femmes Antoinette Fouque, 2021

Une femme marche. Elle vient de s'échapper d'un camp dans lequel elle était enfermée depuis cinq ans, suite à une contamination après une catastrophe dite naturelle. Elle marche, ne rencontre que peu de gens. Sa mémoire l'a abandonnée au soir de son enfermement et elle lui revient peu à peu, par bribes, mais sont-ce vraiment des souvenirs ?

Il semble que les livres d'après la catastrophe écologique fleurissent depuis quelques années. Après, entre autres, Soleil de cendres d'Astrid Monet, Tempête Yonna de Cyril Herry ou encore Après nous le déluge de Yvan Robin, un autre, ce court roman de Jacqueline Merville. Heureusement, je ne suis pas réticent au genre, car il permet de se poser pas mal de questions sur notre avenir, sur les solutions pour amenuiser les conséquences de nos actes... et puis, en prime, ces romans cités sont excellents. Celui de Jacqueline Merville est un peu à part, plus introspectif, plus court ans doute également verse-t'il davantage vers la poésie. Il fait référence à la Shoah, au tsunami de 2004, à la pandémie actuelle, mais parle aussi des conséquences de nos agissements : "Beaucoup devraient mourir sous les bombes, au travail ou par manque de boulot ou empoisonnés à petit feu par l'air, la nourriture, des virus, par l'eau. C'était pénible, c'était mondial. Une expiation. Un état de péché de l'espèce humaine." (p.17)

Tout cela est subtilement amené par les interrogations de cette femme qui marche, comme dans un rêve, qui se souvient d'avant mais aussi du camp, qui tente de rassembler ses bouts de mémoire. Bien écrit, un peu poétique, onirique, c'est un texte qui coule doucement en nous.

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RIP. Albert. Prière de rendre l'âme sœur

Publié le par Yv

RIP. Albert. Prière de rendre l'âme sœur, Gaet's et Monier, Petit à petit, 2021

Albert c'est le petit jeune de l'équipe chargée de nettoyer les lieux d'habitation des personnes décédées. L'avorton, le gringalet, celui qui ne fait peur à personne et pire que ses collègues ne voient qu'à peine, sauf lorsqu'il les gêne. Albert supporte facilement son environnement de travail pourtant particulièrement glauque : des pièces dans lesquelles la mort et parfois des cadavres en état de décomposition avancée rôdent. Jamais un haut-le-cœur, jamais un mot plus haut que l'autre, il sait se faire petit et efficace. Albert porte en lui un secret terrible, de ceux qui obligent à une vigilance de chaque instant.

Tome 4 de la série RIP après Derrick, Maurice et Ahmed. Et toujours le même état d'esprit pour moi, je suis enthousiaste et classe cet opus dans mes coups de cœur, comme les précédents. Je rappelle pour les éventuels ceusses qui ne me liraient pas -il paraîtrait que ça existe, je n'en ai pas rencontré mais je veux bien le croire- que cette série s'intéresse au fil de ses tomes -6 en tout- à chaque membre de l'équipe de nettoyeurs, chacun racontant son entrée et son travail au sein de ce groupe et les événements auxquels il participe ou dont il est témoin. Ce qui fait que chaque dit-évenement est revu dans chaque tome et donne au lecteur un éclairage nouveau, une autre vérité. J'adore l'idée. Et lorsqu'elle est associée à d'autres excellentes idées cela donne de très bons albums. Les chapitres sont séparés d'une page noire avec des citations, et là, à ma très grande joie, de l'une d'une des chansons de Dominique A que je préfère : Il ne faut pas souhaiter la mort des gens -ci-dessous en cadeau- et une autre d'une chanson d'Alain Bashung écrite par ce même Dominique A : Immortels.

Qui connaît la série ne sera point déçu par le scénario ni les dessins ni les couleurs qui en sont les marques de fabrique et les repères. Avec une originalité en sus cette fois-ci, la personnalité hors-norme d'Albert qu'on croyait petit et effacé et qui révèle pas mal de surprises. Je ne peux que conseiller très fortement cette bande dessinée -la série entière cela va sans dire, mais je le dis quand même. Série débuté en 2018 qui devrait donc se conclure en 2023, j'ai à la fois hâte d'en connaître l'entièreté et l'envie de prolonger l'attente...

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Les meilleures intentions du monde

Publié le par Yv

Les meilleures intentions du monde, Gabriel Malika, Intervalles poche, 2021 (première édition, 2011)

"A Dubaï, un riche en influent homme d'affaires décide d'organiser un tirage au sort dont le premier prix est une croisière sur le détroit d'Ormuz. Les heureux gagnants viennent des quatre coins du monde. Depuis le navire, ces personnages aux destins singuliers vont assister à une catastrophe qui va changer la physionomie de la région. Passé le choc initial, l'organisateur de la croisière tient à ce que l'un des passagers, un jeune Français récemment installé à Dubaï, interroge les participants afin de trouver dans leurs parcours personnels un sens à ces événements extraordinaires." (4ème de couverture)

Gabriel Malika, pseudonyme de Olivier Auroy déjà chroniqué sur le blog, a vécu dix ans au Moyen-Orient, il connaît donc la région, ses us et coutumes, ses règles et l'émergence de Dubaï depuis quelques années. Son roman est un excellent moyen de découvrir qui sont les gens qui viennent s'installer à Dubaï et leurs raisons. Il parle aussi des conditions de vie très différentes des conditions occidentales notamment sur le manière de s'habiller -pour les femmes surtout-, sur la consommation d'alcool... Le paradoxe de Dubaï est l'attirance qu'elle produit pour de nombreuses personnes, l'espoir de gagner beaucoup d'argent aisément, car l'argent coule à flot dans l'île, la modernité exacerbée de son architecture, les prouesses technologiques contre les conditions de vie difficiles -voire le déni des droits de l'homme-  pour les ouvriers-migrants et pour les femmes dans un certain traditionalisme des coutumes.

L'auteur parle également de la naissance et du développement de l'Émirat de Dubaï : "Et à chaque nouvelle crise, Dubaï se développait un peu plus. La menace de la guérilla communiste en Oman permit aux Émirats d'exister sur la scène internationale. La révolution islamique fit affluer les capitaux iraniens. La guerre Iran-Irak et le régime de Saddam Hussein conduisirent les riches familles irakiennes à placer leurs économies dans les banques de Dubaï. La guerre du Golfe contraignit le rival koweïtien à reconsidérer ses relations avec les Émirats. Les attentats du 11 septembre enfin, achevèrent de convaincre les Saoudiens qui croyaient bienveillante la terre de l'Oncle Sam. Eux aussi finirent par garnir les coffres des banques de Dubaï. Que dire de la guerre civile au Liban, du conflit israélo-palestinien ou des dictatures de l'Est africain ? Plus le Golfe s'embrasait, plus Dubaï s'engraissait." (p. 80)

Voilà toute l’ambiguïté de l'île qui se construit grâce à l'argent de pays ne prônant pas la liberté, qui est donc indirectement sous leurs coupes et qui dans le même temps veut paraître à la pointe. Tout cela est formidablement décrit dans ce roman, notamment à travers les portraits des femmes, qu'elles soient de la région ou des Occidentales. Jusqu'où peuvent-elles aller sans choquer et risquer pour leur sécurité ?

Il y est question également des sacrifices que chacun peut et veut faire pour gagner de l'argent, du mal du pays, du déracinement, des désillusions. Et si justement, Dubaï n'était qu'une illusion, une bulle un peu irréelle, un monde factice construit sur du rêve ? Le retour à la réalité pourrait s'avérer brutal.

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L'ombre de la nuit

Publié le par Yv

L'ombre de la nuit, Marco Pianelli, Jigal polar, 2021

Un vagabond, une nuit, sur une route d'Ardèche sous des trombes d'eau. Trempé, il ne rêve que d'un arrêt de car, une grange ou tout autre endroit où s'abriter, lorsqu'une voiture s'arrête. A son bord, une femme seule, Myriam, qui rentre du travail et refait inlassablement le trajet sur lequel son fils a disparu cinq années auparavant.

La femme offre le gîte et le couvert à Paco Sabian qui peut se sécher, se laver et qui, touché par la détresse de Myriam accepte de jeter un œil sur le dossier de disparition de son fils. Il devient alors un gêneur pour certains et un homme difficile à contraindre et impossible à contrôler.

"La pluie s'acharnait, comme intentionnelle. Elle faisait payer quelqu'un. C'était en tout cas son impression. Il faisait du stop depuis l'aube. Il tombait de quoi noyer un navire." (p.7) Voilà les premières phrases de ce roman qui ont confirmé mon envie de l'ouvrir. Et le reste est à l'avenant, Marco Pianelli aime jouer avec les mots, les expressions, pour noircir des pages et son roman qui est déjà très très sombre : "Larmes en rétention à la limite de la fuite oculaire, en funambule." (p.12) Pour un premier roman, il fait très fort, et très noir. De la pure action, avec un Paco Sabian, sur-entraîné, capable du meilleur et surtout du pire, de se sortir de toutes les situations. Entre Sherlock Holmes pour son sens de l'observation et de la déduction et un héros de film-de-gros-bras-étasunien. Un solitaire, un taiseux dont on ne sait pas grand chose et qui ne s'épanche pas. Héros solitaire typique du cinéma hollywoodien dans un roman français noir, dur et violent. Du pur testostéroné avec un gentil -mais pas seulement- qui défend la veuve -qui ne l'est d'ailleurs pas.

De l'action, des rebondissements là où l'on croyait que l'histoire se finirait facilement, un poil de finesse là où l'on pensait à des échanges musclés et virils et tout cela dans, je me répète, une langue bien choisie, des mots et des formules qui cognent. Pas mon genre de littérature noire préféré, mais c'est d'une part très bien fait et d'autre part ça l'est tellement qu'une fois commencé, il est bien difficile d'en sortir, sauf parfois pour se reposer après une altercation entre Paco et d'autres gros bras (on ressentirait presque la douleur des coups), mais c'est pour mieux y retourner voir si Paco va bien.

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