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666

Publié le par Yv

666, Jérémy Wulc, Pygmalion, 2022

Le lieutenant Stanislas Diamick fait équipe à la brigade criminelle de Paris avec Khalid Hamouche. Ils sont désignés pour enquêter sur la découverte d'un corps sur le parvis du Louvre, un corps avec des symboles étranges dessinés au scalpel. Le lendemain, un deuxième corps est retrouvé avec les mêmes symboles. Les deux flics entrevoient la traque d'un tueur en série, compliquée par l'absence totale d'indices. Les signes dessinés les mènent sur la piste du satanisme, des sectes.

Ce roman, un peu long -presque 400 pages- pourrait être un résumé de divers romans du genre. Tout au long de ma lecture, et notamment au début, le temps de faire connaissance avec les flics, les lieux et les meurtres, j'ai eu l'impression de relire un ou plusieurs romans. Comme si Jérémy Wulc avait puisé dans une base de données et avait pris des petits bouts ici et là pour construire son propre roman. Rien de bien original, sauf peut-être Stanislas Diamick, accro à la malbouffe -même s'il a tendance à se fournir chez Chérif, le meilleur Kebab de Paris- et aux sodas sucrés. Le pire est atteint avec ce passage, facilité qui m'agace, n'apporte rien voire alourdit le texte et que l'on trouve pourtant régulièrement dans des livres ou des séries :

"- Si on était dans un roman de Maxime Chattam, on aurait d'autres victimes dans les jours qui viennent.

- Ce qui est bien, c'est que nous sommes dans la vie réelle, pas dans un thriller..." (p.40)

Malgré tout cela, ce polar se lit avec plaisir grâce à l'arrivée pour ne pas dire l'irruption d'une enquêtrice, Justine, jeune flicque au caractère bien trempé qui va s'affirmer auprès des flics aguerris. Puis l'énigme s'épaissit pour eux comme pour nous et l'on se demande bien comment les enquêteurs vont parvenir à confondre le ou les tueurs et quelles sont les mobiles de ce(s) dernier(s).

L'enquête nous fera connaître davantage le monde des satanistes, mais aussi celui des loges maçonnes -rien à voir entre les deux, mais les deux pistes seront suivies- nous révèlera quelques secrets sur les monuments de Paris dont je ne sais s'ils sont réels ou fictifs. A vérifier sans doute.

Un polar qui se suit très agréablement malgré ses défauts, un peu comme une série télévisée, qui, s'il ne bouscule pas le genre, fait passer un bon moment, ce qui est déjà un atout indéniable et appréciable.

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Lauzun

Publié le par Yv

Lauzun. De l'histoire véritable du favori qui fascina puis défia Louis XIV, Michel Ruffin, LBS, 2022

Antonin Nompart de Caumont, marquis de Puyguilhem -prononcé à l'époque, Péguilin-, futur duc de Lauzun (1633-1723) est un militaire, qui arrivé à 14 ans à Paris est élevé par le maréchal de Grammont, cousin de son père. Il entre à l'académie militaire et devient un favori du jeune Louis XIV qui aime beaucoup son audace, son franc-parler et ses réparties qui peuvent faire très mal aux réputations.

Lauzun se distingue sur les champs de bataille par un courage qui frise l'inconscience, mais il est également brillant avec les dames, multipliant les conquêtes, s'attirant l'amour fou de la Grande demoiselle, Mlle de Montpensier, cousine du roi, l'une des plus grandes fortunes du royaume.

Michel Ruffin signe un roman qui prend ses sources dans la réalité, il semble même que le terme roman soit davantage pour fluidifier le texte, pour le rendre plus abordable qu'une biographie, s'accorder quelques ellipses car, d'après ce que j'ai lu sur Lauzun, tout est vrai. Il fut un personnage incroyable. D'une constitution remarquable puisqu'il vécut jusqu'à 90 ans passés et vert jusqu'au bout, tant physiquement que verbalement, toujours cinglant dans ses remarques. Cet homme sut, par son courage, par sa vie, ses vacheries, sa flagornerie, ses manœuvres pour obtenir de l'avancement, s'attirer la sympathie mais aussi des inimitiés éternelles, notamment celle de Louvois, l'un des ministres les plus influents du règne de Louis XIV qui commença secrétaire d'état à la guerre succédant ainsi à son père. Et d'intriguer auprès du roi et de ceux qui lui parlent à l'oreille pour avoir le commandement de tel régiment, le plus prestigieux si possible. Et de sauter de couche en couche avec des femmes mariées ou pas. Il a des côtés chevaleresques, se met en péril pour un bon mot, le paiera cher et fera tout pour revenir en grâce. Il est aussi agaçant de flatterie, de courbettes aux puissants qu'il est éclatant de courage et d'esprit, c'est d'ailleurs cela qui le sauvera d'une disgrâce -voire pire- à vie.

Michel Ruffin a une plume vive, alerte et ne cache pas une certaine admiration pour Lauzun -mais qui ne l'a pas à la lecture de ses actes ?- sans pour autant le ménager dans ses excès. Et de nous plonger à la cour de Louis XIV qui fut sans doute le règne le plus flamboyant, celui des courtisans les plus zélés, pour peu que l'on se place du côté des puissants, car du côté des gens du peuple, le constat est sans doute plus dur. Je ne suis pas un spécialiste en histoire, mais je m'y intéresse et jamais je ne me suis senti perdu. Tout est resitué dans l'époque, dans les guerres en Europe pour le pouvoir.

C'est vraiment un bouquin passionnant pour lequel le terme de roman est bien choisi, car la vie de Lauzun en fut un, une série d'aventures, de hauts et de bas. Dès lors, pourquoi inventer lorsqu'on tient un personnage comme icelui ?

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Des îles et des chiens

Publié le par Yv

Des îles et des chiens, Sylvia Cagninacci, In8, 2022

Un accident. Un bête accident de chasse. En Corse. Et la famille du petit Dominique qui n'a pas besoin de cela pour aller très mal éclate, implose. En épousant Ange, Noëlle savait qu'il venait d'une famille difficile, qu'il était coureur, mais elle pensait pouvoir le garder rien que pour elle et supporter ses frasques et ses accès d'humeur. Et Domninique est né. Et onze ans plus tard, c'est l'accident.

Court roman de Sylvia Cagninacci paru chez In8, une maison d'édition que j'aime beaucoup, qui sort des textes forts, puissants. Celui-ci l'est également. Il joue avec les retours en arrière qui expliquent la détérioration de la situation familiale et les descriptions du présent à travers les yeux de l'enfant : "Entre maman qui m'avouait ne pas toujours habiter sa tête, les G.I. Joe qui habitaient encore de temps en temps la mienne, et papa qui mélangeait tout, je nous ai vus vraiment mal barrés." (p.32). C'est le récit d'un couple qui se détruit. Les deux s'aiment mais ne parviennent pas à faire autrement que se blesser, parfois littéralement, surtout lorsqu'il a bu, et il boit beaucoup et souvent. Ange, c'est le héros du village : il a belle prestance, parle haut et fort, fait tourner quelques têtes, certes il a l'hérédité d'une famille de fous, mais il donne le change. Elle, Noëlle, est à peine vue, derrière la carrure de son mari, et pourtant sans elle, il s'écroulerait. C'est une histoire malheureusement et tristement banale de violence conjugale, d'une femme qui ne sait pas qui ne peut pas s'en aller et qui tente de protéger son fils tout en ne l'éloignant pas de son père. L'autrice montre bien la difficulté de prendre la décision. Rester et subir ou partir et se priver de son amour et de l'amour du fils pour son père et du père pour son fils ?

C'est très joliment écrit. La violence est présente, la douceur également et l'amour itou. Sylvia Cagninacci flirte avec l'irréel, le surnaturel pour décrire la violence, la peur, les regrets. C'est parfois très cru, d'autres fois plus poétique -encore que la poésie peut être crue, sûrement. Sur un thème qui revient beaucoup dans les romans récemment parus, les violences familiales, Sylvia Cagninacci apporte une touche originale.

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Dico de la cuite

Publié le par Yv

Dico de la cuite. Abécédaire illustré, Stéphane Pajot, Editions Goater, 2021

Stéphane Pajot est journaliste à Presse Océan et collectionneur de cartes postales anciennes. Il aime aussi les bistrots, ces lieux de convivialité dans lesquels, nul n'est besoin de se torcher pour prendre du bon temps, mais bon, ça peut arriver.

Dans ce livre, il a glané des brèves parues dans la presse, récolté des mots, des expressions en rapport avec la boisson et illustré le tout avec certaines cartes postales très parlantes, parfois humoristiques, parfois publicitaires, à l'époque ou la réclame sur les alcools n'était point proscrite.

Et le lecteur de s'apercevoir que le nombre de synonymes de bourré, saoul, pompette, déchiré... est inépuisable et fait appel à des images et à une langue argotique très fleurie : aviné, blindé, bombardé, cuivré, décalaminé, démâté, décalqué, éméché, empétoulé,.... et je me suis arrêté au "e".

Un dictionnaire décalé richement illustré qui fera moins mal à la tête qu'une cuite.

En ce lendemain de second tour des présidentielles, certains auront peut-être abusé hier soir pour fêter une victoire ou plus sûrement pour oublier. Dans ce cas, attention, la cuite risque de durer cinq années, il faut donc s'armer d'un bon dictionnaire pour enrichir son vocabulaire.

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Le cannibale de Crumlin Road

Publié le par Yv

Le cannibale de Crumlin Road, Sam Millar, Seuil, 2015 (Points, 2016, traduit par Patrick Raynal)

Karl Kane, détective privé à Belfast tente de résister à la chaleur qui accable la ville depuis plusieurs jours en glandant à demi-nu dans son appartement-bureau. Mais Naomi, sa secrétaire-compagne introduit une jeune femme qui est à la recherche de sa petite sœur, junkie, disparue depuis plusieurs jours, ce qui ne rassure pas le privé car des corps de jeunes femmes ont été retrouvés récemment, mutilés, sans foie ni rein.

Toujours en froid avec la police locale dont l'un des chefs est son ex-beau-frère, Karl commence ses recherches.

Deuxième tome avec Karl Kane, l'archétype du privé : divorcé, deux enfants, une ex avec laquelle les rapports sont tendus, pareil pour les flics du coin, toujours à la recherche d'une affaire juteuse car les finances sont systématiquement au plus bas, joueur, louant un bureau qui lui sert d'appartement et entretenant une relation très suivie et parfois houleuse avec sa secrétaire. Une fois que l'on a dit cela, on pourrait croire que l'on se trouve dans un énième roman de détective, mais c'est sans compter avec le talent de Sam Millar qui connaît et décrit les bas-fonds de Belfast comme personne et aime plus que tout autre mettre en ses histoires des personnages hors normes telle Ivana, transsexuelle pilier du bar gay le Billy Holiday's, voisin du bureau de Karl et grande amie du couple Karl-Naomi. Il y a l'histoire aussi bien sûr et les difficultés qu'éprouve Karl à enquêter dès lors que la police lui met des bâtons dans les roues ou que lui-même fonce sans réfléchir et donc mesurer les conséquences de ses emportements. Si l'on connaît le présumé coupable assez vite, Karl le sait au fond de lui, le suspense est maintenu par son machiavélisme, son aptitude incroyable à se sortir de toutes les situations et les doutes quant à la possibilité du détective à le confondre.

Et puis, il y a le franc-parler de Karl, ses réparties cinglantes, sarcastiques, ironiques et drôles :

-"Tu soupçonnes tout le temps quelqu'un de quelque chose. C'est ta nature qui est soupçonneuse, Hicks.

- De quoi s'agissait-il ? demanda Naomi qui avait attendu que Karl mette fin à la communication.

- C'était Hicks. On dirait que Belfast a un serial killer sur les bras, et que la merde ne va pas tarder à percuter le ventilateur." (p. 74)

L'écriture de Sam Millar est un pur bonheur et est magnifiquement traduite par Patrick Raynal, lui-même auteur de polars. Franchement, j'en redemande, c'est pourquoi j'ai déjà le tome 3 en stock...

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Les pionniers. La machine du diable

Publié le par Yv

Les pionniers. La machine du diable, Guillaume Dorison, Damien Maric, Jean-Baptiste Hostache, Rue de Sèvres, 2022

La fin du XIXème siècle est propice aux inventions, aux brevets, notamment dans la photographie et le son et ce qui deviendra le cinéma. De jeunes hommes et femmes tentent de monter des entreprises, de tirer profit de ces inventions pour s’enrichir. Parmi eux, Léon Gaumont et Charles Pathé qui vont pendant des années, se tirer dans les pattes, faire preuve d'ingéniosité pour supplanter l'autre, faire appel à des inventeurs et à des artistes de génie dont Alice Guy pour Gaumont et Georges Méliès pour Pathé. C'est la naissance d'un nouvel art qui attire toutes les peurs et les scepticismes voire les sarcasmes, freiné par l'incendie du bazar de la charité dû à une lampe à éther sur le projecteur.

Ce sont les seize années de 1891 à 1907 et la conquête des États-Unis que raconte cet album. Très documenté, il complète le Alice Guy de Catel et Boquet qui lui, se focalisait sur la réalisatrice. Il explore la difficile relation entre Gaumont et Pathé, la rivalité où presque tous les coups sont permis. Méliès et Alice Guy se servent de la notoriété des deux groupes et de leurs financements, mais ils sont circonspects quant aux querelles et à la naissance d'un cinéma qui doit rapporter au détriment de l'art et de la création. Les hommes d'affaires parlent déjà de reproduire ce qui a marché pour rentabiliser.

C'est un très bel album, assez dense mais facile d'accès autant dans les dialogues que dans les dessins (Jean-Baptiste Hostache) et les informations sur les différents procédés et inventions qui ont participé à la naissance du cinéma. Presque cent cinquante pages pour ce premier tome qui a dû nécessiter un boulot de titan pour rassembler la documentation (documentation et contexte historique : Damien Maric), la synthétiser et la scénariser (Guillaume Dorison).

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Hound dog

Publié le par Yv

Hound dog, Nicolas Pegon, Denoël graphic, 2022

"César et Alexandre, deux losers magnifiques, et le clébard sans nom qui leur colle au train, sur la piste d'un accident maquillé en meurtre maquillé en suicide (pas forcément dans cet ordre). Une virée funky entre Twin Peaks et Bukowski dans une Amérique périurbaine préapocalyptique sous l’œil impavide et miséricordieux du dieu Elvis..." (4ème de couverture)

A la lecture du titre, de l'extrait de la chanson et de quelques cases représentant Elvis, nul doute que Hound dog s'est imprimé dans mes neurones et qu'il ressort dès que je croise la couverture. Mais bon, ça va, c'est Elvis...

Étrange album qui débute par un brainstorming dans le monde de la publicité et enchaîne sur une chorégraphie du King puis un réveil difficile pour César. De grands cases muettes succèdent à d'autres qui ont du dialogue, mais assez peu, les (anti)-héros sont peu diserts. J'aime beaucoup. Beaucoup de références, celles de la quatrième de couverture ci-dessus citées, mais aussi Quentin Tarantino qui décrit de merveilleux poissards et d'autres que j'oublie ou que je n'ai pas. J'aime l'ambiance que Nicolas Pegon crée avec ses personnages décalés, has-been, blasés, anachroniques, son histoire assez simple et brillamment menée : grandes cases très colorées, environnement où tout est désolé, cassé. J'aime les gueules qu'il dessine. Le presque immobilisme de César et Alexandre qui s'animent quand ils flairent qu'il n'est pas normal que ce chien les suive sans qu'on lui demande.

"You ain't nothin' but a hound dog

Crying all the time

Well, you ain't never caught a rabbit

And you ain't no friend of mine" (Elvis Presley, Hound dog, 1956)

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Le rite

Publié le par Yv

Le rite, Amaury Bündgen, Casterman, 2022

"Kéva, petit royaume pacifique perdu dans les montagnes, est réputé pour sa science. lorsqu'il est attaqué par l'Empire haïmar, il ne peut opposer qu'une faible résistance. Rapidement, les Kévarks sont massacrés. Seul survivant, un jeune prêtre, dernier représentant de sa culture, devient alors le porteur de la vengeance de son peuple." (4ème de couverture)

Très très bel album, et ce compliment vient d'un lecteur pas particulièrement amateur d'histoires peuplées d'êtres et de mondes qui empruntent à la fois à la science fiction, à la mythologie et aux légendes. Il débute par des pages superbes en noir et blanc, muettes, aux détails importants et continue en noir et blanc avec des paroles. Il y a le monde des puissants, des envahisseurs qui s'oppose à la sagesse, la tranquillité et la méditation du prêtre. Difficile en ce moment de ne pas faire l'analogie avec l'ogre russe à l'assaut de l'Ukraine, mais il est vrai que cette histoire peut coller à toutes les guerres. Pas super originale, mais bien tournée et bien menée, j'aime beaucoup l'histoire qui puise dans les légendes, qui ménage un certain suspense ou tout du moins une tension sur les véritables raisons du massacre des Kévarks et sur le tour que prendra la vengeance du prêtre. Et le dessin est convaincant, superbe de détails. Les personnages sont reconnaissables, le trait est clair et le noir et blanc du plus bel effet.

Enfin, bref, c'est un album que je conseille fortement, qui m'a permis de (re)découvrir un genre que j'avais mis de côté depuis assez longtemps et un bédéiste très talentueux.

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Alba Nera

Publié le par Yv

Alba Nera, Giancarlo de Cataldo, Métailié, 2022 (traduit par Serge Quadruppani)

Une jeune femme est retrouvée ligotée selon la pratique érotique japonaise du shibari qui consiste a attacher et suspendre des personnes généralement nues. Le Blond, commissaire reprend contact avec ses deux amis de l'école de police, Alba, profileuse et Dr Sax membre des Services, parce dix ans auparavant; ils avaient enquêté sur la mort d'une jeune femme ligotée de la même manière et avaient échoué. Les retrouvailles ne sont pas aisées, chacun ayant choisi un chemin différent : Le Blond, commissaire de terrain, Alba plutôt versée dans la science, l'informatique et le profilage et Dr Sax ambitieux second du général-chef des Services dont il a épousé la fille.

Rome comme on ne l'a jamais vue -ce qui est vrai, je ne l'ai jamais vue, mais ne désespère pas d'y aller un jour. Rome dont l'auteur, magistrat dans la ville connaît tous les recoins, l'humeur, l'odeur. Rome est un contexte géographique remarquable dans une intrigue qui ne l'est pas moins. Entre des hommes qui aiment dominer des femmes et en faire leurs objets, des tortionnaires sadiques, hauts placés donc protégés, des femmes souvent des étrangères qui tentent de gagner suffisamment pour retourner vivre chez elles, des flics corrompus, l'enquête n'est pas de tout repos. Il y a des manipulateurs, des manipulés, des manipulés-manipulateurs et des manipulateurs-manipulés, si bien qu'on ne fait confiance à personne et que tout le monde est suspect si ce n'est du crime au moins d'autres méfaits pas plus glorieux. C'est dans ce panier de crabes que les trois amis doivent plonger. Et eux-mêmes, sont-ils exempts de reproche ? En dix ans, n'ont-ils pas commis d'actes délictueux ?

Et Giancarlo de Cataldo d'avancer ses pions et nous de s'enfoncer dans une noirceur et un flou total. Il nous balade, nous promène tout au long de son histoire, nous perd. Son récit, malgré les multiples directions qu'il prend va à l'essentiel. Ses personnages sont succinctement décrits mais on en sait suffisamment pour les cerner ou croire qu'on les cerne, mais les surprises affluent. Bref, un roman noir tortueux, maîtrisé de bout en bout, un de ceux dont on se demande comment on va en sortir et dont on aimerait qu'il se poursuive un peu...

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