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bande dessinee

Un putain de salopard. Guajeraï

Publié le par Yv

Un putain de salopard. Guajeraï, Loisel et Pont, Rue de Sèvres, 2022

Max et Le Manchot sont dans la jungle amazonienne à la recherche de l'avion et du trésor qui y serait planqué. Baïa est seule, le capitaine Rego la cherche. Tous sont poursuivis par les hommes d'Hermann le chef du camp de travailleurs.  Il y a aussi les 3C, Charlotte et Christelle, les infirmières qui se retrouvent dans une situation compliquée et leur amie Corinne qui tente de les en sortir. Puis Magarida, la patronne de la taverne.

Tome 3 de la série, toujours aussi passionnante et dynamique. Courses-poursuites, chassés-croisés, rebondissements. Lorsque l'on croit comprendre les liens entre certains personnages, on doute aussitôt d'eux. Beaucoup de protagonistes sont retors, doubles voire triples, des hommes qui ont vécu des aventures folles et qui n'étaient pas forcément du bon côté. Sans scrupules, prêts à tout pour un peu d'argent.

Scénarisée par Régis Loisel, l'histoire monte encore d'un cran dans ce tome pour nous emporter totalement dans un tourbillon d'action et de surprises. Et le dessin d'Olivier Pont, virevoltant, coloré qui fait la part belle aux personnages mais sait aussi représenter de très belle manière la jungle amazonienne, renforce l'envie de passer du temps là-bas et de connaître le fin mot de l'histoire, mais il faudra attendre les tomes suivants.

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Marc Édito : l'homme idéal

Publié le par Yv

Marc Édito : l'homme idéal, Piotr, Intervalles, 2022

Marc Édito, célèbre critique d'art pour Art Niouze est installé à New York, mais suite à un accident bête, il se sent obligé de rentrer à Paris. Marc est préoccupé par plusieurs choses : son prochain livre pour lequel il doit trouver un éditeur, sa fille Zaza qu'il ne voit que trop peu et son impuissance sauf pour une femme en burqa. Cette femme, Afaf est l'attachée de presse de Daesh, et Marc ne rêve plus que de la revoir, ce qui attire l'attention de l'organisation terroriste et des services de renseignements français. Et Marc a le don inné de se mettre dans des situations embarrassantes voire humiliantes.

Marc Édito est né dans les années 70 dans le journal L'écho des Savanes et il me souvient l'y avoir croisé. Je me rappelle ses lunettes et sa couleur verte plus que ses aventures. Trente ans après sa dernière apparition, le voici qui revient dans une bande dessinée au départ prévue en 2020 chez un autre éditeur qui a jeté l'éponge suite au soutien de Piotr Barsony à la journaliste Zineb El Rahzoui menacée par des islamistes. Ce sont les précieuses éditions Intervalles qui reprennent le flambeau et publient ici leur première BD.

Et je comprends dès le début que certains puissent être mal à l'aise avec Marc Édito -pas jusqu'à le censurer ou le menacer-, car il parle de tous les sujets : l'art bien sûr, la création, la critique, mais aussi le terrorisme, le port de la burqa qu'il érotise, l'impuissance, les diverses obsessions, le sexe, la paternité... Tout est prétexte à la futilité, à la déconnade, à la moquerie et finalement à une réflexion assez profonde sur ce qui nous gouverne et nous pourrit la vie : l'intégrisme religieux, les médias qui montent en épingle un fait divers, mettent sur un piedestal un quidam dès lors qu'il fait quelque chose de pas commun et qui le descendent dès qu'il fait un pas de côté ou se plante, la pudibonderie croissante...

La manière d'aborder tout cela avec un décalage et un humour évidents, un personnage un peu lourd qui ne voit jamais le mal autour de lui et qui se met dans des situations dans lesquelles il est le mal, un dessin très coloré certes, mais osé parfois, ne sera pas du goût de tout le monde. Personnellement, j'aime beaucoup, c'est parfois bête -et ça me fait rire-, Piotr ne respecte rien, détourne tout et ça j'adore. Rire de tout n'est pas toujours aisé, on prend le risque de se mettre à dos plusieurs parties de la population, parfois totalement opposées, mais qu'est-ce que c'est bon!

Alors, pour une bonne tranche de rigolade mais pas seulement, n'hésitez pas, lisez Marc Édito.

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Clivages

Publié le par Yv

Clivages, Sylvain Runberg, Joan Urgell, Robinson, 2020

Dans un pays d'Europe, de nos jours, la guerre. La présidente mène un régime très autoritaire. Les Patriotes, qui combattent le régime perpétuent des attentats, mènent des attaques contre l'armée légitime dans les rangs de laquelle certains sont très acharnés, tel la capitaine Roman Brevim qui arrive à Pernissi, petite ville tranquille pas très loin de la capitale. Juliana est conseillère municipale et médecin et vit aussi paisiblement qu'une guerre civile le permette avec son mari et leurs deux enfants. L'arrivée des légitimistes va mettre en péril la quiétude de la ville et Juliana tente de maintenir un équilibre fragile.

L'album intégral regroupe deux albums scénarisés par Sylvain Runberg et dessinés par Joan Urgell. C'est une histoire malheureusement très crédible : la guerre dans l'ex-Yougoslavie dans les années 90, la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine. Classique dans le genre et efficace. On voit bien ce qu'engendre une situation de violence : les peurs des uns et le courage des autres, le repli sur soi pour sauver sa peau ou l'entraide pour sauver un maximum de personnes, les haines et les jalousies ressurgissent, la soif de violence surtout lorsqu'on a le pouvoir peut s'exprimer quasi sans limite...

Diptyque fort bien fait, qui s'appuie sur des personnages forts, notamment Juliana, assez spectaculaire dans les scènes d'attentats et de guérillas, plus intimiste dans d'autres moments. Il sait jouer sur plusieurs registres pour faire monter la tension jusqu'au bout.

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Un papa, une maman, une famille formidable (la mienne !)

Publié le par Yv

Un papa, une maman, une famille formidable (la mienne !), Florence Cestac, Dargaud, 2021

Florence Cestac naît après-guerre dans une famille de la bourgeoisie normande. Papa, Jacques, belle situation et maman, Camille, fille de fermier, reste à la maison, s'occupe des trois enfants et du mari qui pouvait s'exclamer "Si je me suis marié, c'est pour me faire servir !" (p.5)

Les trois enfants ne manquent de rien, comme on dit couramment, sauf de reconnaissance et d'amour de leur père trop occupé à briller en société et à diriger la maison parce que "C'est moi le chef de famille et je m'occupe de tout ! Je rapporte l'argent donc c'est moi qui commande ! Normal !" (p.5) Et les remarques, plus vicieuses que des coups sur l'absence de talent, le physique... Heureusement, les moments avec la mère sont différents : de la complicité, de l'amour, du partage et Camille laisse de la liberté aux enfants, notamment pendant les vacances au Cap-Ferret, lorsque le père est remonté à Rouen travailler.

Avec beaucoup de tendresse, d'émotion et bien sûr d'humour autant dans les textes que dans les dessins, Florence Cestac narre son enfance, dessine sa famille avec son trait caractéristique et reconnaissable, les fameux gros nez. En 52 pages, elle en dit davantage que certains en un gros bouquin. Son humour, son décalage, son pas de côté permettent de ne pas trop charger tout en racontant fidèlement son éducation et, plus largement l'époque et la génération de ses parents.

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Sur la vie de ma mère

Publié le par Yv

Sur la vie de ma mère, Alain Gaston Rémy, La boîte à bulles, 2020

Ce n'était pas courant d'être une mère célibataire, trentenaire, avec deux enfants au début des années 70. Encore moins à Tanger. Jeanne, la mère d'Alain Rémy vient de se séparer de son mari et enseigne en tant qu'expatriée au Maroc. C'est là que sont nés Alain et Nicolas son frère.

Plutôt jolie, seule donc, et dans une époque assez libérée, Jeanne attire la convoitise des hommes. Quelques uns traversent sa vie. Puis arrive Paulo qui sera là jusqu'au bout, jusqu'à la fin de la maladie, une tumeur au cerveau qui emporte Jeanne, en 2002.

Alain Gaston Rémy, bédéiste, raconte la vie de Jeanne.

Née dans le fin fond du Jura, rien ne la destinait à voyager autant, à demander des mutations dans divers pays de l'Afrique, avec toujours le Maroc et le Jura comme repères. Les points d'ancrage. Jeanne vit une vie de femme libérée mais aussi une vie de maman de trois enfants car Nathalie naît, la fille de Paulo. Et Alain Rémy de raconter son enfance à Tanger, entre insouciance, partage avec toutes les communautés sans racisme, bagarres entre garçons, libido naissante...Et les relations familiales pas toujours simples, puis son départ post-bac vers la France, loin des siens.

C'est un très beau roman graphique qui raconte une vie de famille pas banale, faite de beaucoup de voyages, de lieux de vie, de rencontres, de départs, d'absence -celle de Jean-Claude, le père d'Alain parti en France pour chanter et qui réussira d'ailleurs avant de passer à autre chose aux Comores et à Madagascar. C'est une biographie dans laquelle, même si ce n'est pas toujours dit, on sent tous les liens familiaux, l'amour qui lie toutes les personnes qui gravitent autour de Jeanne. Le ton est grave notamment autour de la maladie, mais aussi plus léger sur l'enfance. J'aime beaucoup le dessin, libre, sans cases tracées, qui fait la part belle aux personnes, couleurs pastel et ambiances exotiques. Je me demandais à quel autre ouvrage il me faisait penser ; bon sang mais c'est bien sûr : Une histoire populaire de la France dessinée par Alain Gaston Rémy.

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Tuskegee Ghost (1/2)

Publié le par Yv

Tuskegee Ghost (1/2), Benjamin von Eckartsberg, Olivier Dauger, Paquet, 2022

Les Tuskegee Airmen furent les seuls noirs qui purent piloter des avions de chasse de l'armée américaine pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ils s’entraînaient sur de vieux avions, les seuls qu'on laissait à leur disposition, les accidents étaient fréquents. Le jeune Robert Hoffman survit à l'un d'eux et fut ensuite surnommé Ghost.

Des années plus tard, en 1969, dans l'Alabama profondément raciste, il tient un garage et n'a jamais évoqué son passé de pilote à son fils Mark qui pourtant rêve de voler. Les deux hommes ne se parlent que peu, Mark est parti étudier en Floride, mais son retour pour présenter Jenny son amie, serait peut-être le bon moment.

Série prévue en deux tomes dont voici le premier scénarisé par Benjamin von Eckartsberg qui mêle une famille de fiction à la réalité des Tuskegee Airmen. A travers un homme, on s'intéresse donc à l'histoire de la lutte pour les droits des noirs qui espèrent après leurs faits d'armes être enfin acceptés par les blancs. Évidemment et malheureusement, on sait maintenant qu'il faudra beaucoup plus que des actes de bravoure pour poindre vers l'égalité et que même de nos jours, elle n'est pas réellement atteinte.

Le dessin est d'Olivier Dauger, très coloré, un côté cinématographique évident, un peu comics également, bref un genre très convaincant qui nous replonge aisément dans les séries et films qui parlent des années 40 à 60 aux États-Unis.

Le tout donne un album très réussi qui aborde des thèmes forts : la guerre, le racisme, les traumatismes, la transmission, la lutte pour les droits, de manière fine. Il pourra être lu par le plus grand nombre.

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L'homme qui ne disait jamais non

Publié le par Yv

L'homme qui ne disait jamais non, Olivier Balez, Didier Tronchet, Futuropolis, 2016

Violette est hôtesse de l'air et se prépare pour devenir profiler. Elle s'exerce dans l'avion à cerner tous les voyageurs jusqu'au moment où un homme qui semble perdu, l'intrigue. Puis, à l'aéroport, l'homme erre, hagard. Violette lui propose son aide. Elle retrouve ses bagages et apprend en même temps que lui qu'il s'appelle Étienne Rambert. Il est amnésique. Violette décide d'aider Étienne à retrouver sa vie.

Mis à part quelques trucs agaçants comme des remarques de Violette sur la prétendue réalité de leur situation contre la fiction, cette bande dessinée est pas mal du tout. L'amnésie n'est pas un thème nouveau, mais Didier Tronchet qui a écrit le récit sait tirer profit de ses prédécesseurs. Violette apporte de la fraîcheur, elle virevolte, secoue Etienne, le déstabilise. Étienne est davantage passif, hésite à retrouver la mémoire car il sent qu'il s'est passé un truc louche.

Les dessin d'Olivier Balez sont excellents et l'on lit les hésitations d'Étienne, l'enthousiasme de Violette. L'ensemble donne un album très agréable, une histoire que l'on suit avec grand plaisir.

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RIP. Fanette

Publié le par Yv

RIP. Fanette. Mal dans la peau des autres,  (tome 5), Gaet's, Monier, Petit à petit, 2022

Fanette s'ennuie derrière le bar du rade minable dans lequel de pauvres types viennent boire leurs coups. Dans le lot des habitués, il y a l'équipe des nettoyeurs de maisons de morts. Derrick, Maurice, Albert, Eugène et Mike. Ce qu'aucun d'eux ne sait c'est que Fanette est flique et qu'elle les surveille. Mise là, à la suite d'une affaire qui a mal tourné, elle ronge son frein, s'emmerde dans les grandes largeurs. Jusqu'à ce que certains détails titillent sa curiosité.

Tome 5 de cette série, toujours excellente. Après les albums consacrés à Derrick, Maurice, Ahmed et Albert et avant Eugène (l'ultime tome, en 2023), c'est Fanette qui raconte sa vision des choses. La bague qui a disparu lors d'un nettoyage et qui cause bien des embêtements et des rebondissements voire met carrément le bordel dans la tranquille vie des (anti)-héros n'a toujours pas réapparu. Fanette n'est pas de l'équipe des nettoyeurs et sa vision des événements est extérieure, elle apporte son lot de détails que l'on colle pour reconstituer l'histoire. Mais que vient faire la police la-dedans ?

Scénario qui ne faiblit pas et dessin toujours au top, cette série est vraiment excellente, dure, noire, sans trop d'espoir en l'espèce humaine et en ses actes. Les mecs sont vils, veules, envieux, violents et vicieux. De la pure fiction, cela va sans dire.

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Trahie

Publié le par Yv

Trahie, Sylvain Runberg, Joan Urgell, Karin Alvtegen, Dargaud, (tome 1, 2015 et tome 2, 2016)

Trahie est l'adaptation française d'un roman de l'autrice suédoise Karin Alvtegen, paru chez Plon en 2005 puis chez Points en 2007, traduit par Maurice Étienne.

Rien ne va plus entre Eva et Henrik. Mariés depuis quelques années et parents du petit Alex, leur couple tangue. Lui a rencontré quelqu'un et refuse d'en parler à Eva. Il refuse d'ailleurs de lui parler tout simplement sauf pour le matériel. Eva décide de fouiller la vie de son mari pour savoir ce qu'il cache.

Jonas, jeune homme a quitté son travail de postier et passe ses journées à l'hôpital au chevet d'Anna, sa compagne, dans le comas depuis deux ans.

Il m'a été très difficile d'entrer dans le tome 1, totalement perdu entre les deux histoires et les retours en arrière, et puis enfin, j'ai pris le pli et tant mieux parce que cette histoire est passionnante et drôlement bien bâtie. Les hommes en prennent pour leur grade entre le psychopathe et celui qui veut bien une relation extra-conjugale mais sans en subir les inconvénients, notamment sur son couple. La lâcheté est courante.

Sylvain Runberg scénarise cette histoire, ce qui n'a pas dû être facile tant elle est retorse, et Joan Urgell dessine. Le diptyque est brillamment mené, et j'ai tourné les pages en me demandant à chaque fois ce que je trouverais derrière. La fin est flippante, je n'en dirai pas davantage, mais croyez-moi sur parole, ou mieux, allez le vérifier directement dans les albums.

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