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Articles avec #bande dessinee tag

La guerre des amants. Rouge révolution

Publié le par Yv

La guerre des amants. Rouge révolution, Jack Manini, Olivier Mangin, Glénat, 2013

Natalia est Russe, Walter est Américain, fils de diplomate. Ils se rencontrent à Moscou en 1917, au début de la Révolution russe. Ils éprouvent le même goût pour la peinture.

1920, ils se revoient et nouent une relation amoureuse, elle la tumultueuse, la révoltée et lui le calme qui a coupé avec sa famille pour rester vivre comme un soviet.

Scénario de Jack Manini et dessins de Olivier Mangin pour cette bande dessinée qui aborde l'art au début du siècle passé. L'art russe et le début de l'abstraction avec Malevitch, Kandinski. Le contexte est évidemment violent et instable, la révolution est jeune et génère encore beaucoup d'espoirs pour tous. Il est assez gonflé de parler d'art dans cette période et c'est passionnant de voir le tournant que prend la peinture sous l'impulsion des peintres russes. En prime une histoire d'amour mouvementée entre une Russe fervente communiste et un Etasunien qui, bien qu'il soit converti au communisme, n'en garde pas moins un oeil critique. C'est le premier tome, les deux autres suivent... normal direz-vous.

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La guerre invisible. L'agence

Publié le par Yv

La guerre invisible. L'agence, Franck Giroud, Olivier Martin, Rue de Sèvres, 2021

1951, Le Caire, une équipe de la CIA arrive sous couverture pour débusquer et "recruter" Manfred Fürbringer ex-ingénieur nazi qui se cache sous une fausse identité. Kathryn Ingelmann débarque donc avec son neveu supposé, Rudi, un garçonnet orphelin qui ne connaît rien de sa mission et sont accueillis par Max Ingelmann oncle de l'un et beau-frère de l'autre. En réalité, les fameux agents sous couverture.

Premier numéro d'un triptyque scénarisé par Franck Giroud -décédé en 2018- à qui l'album est dédié. Il sent bon les années 50, les barbouzes, les espions qui se tirent la bourre en l'occurence ici, les Ricains et les Russes pour obtenir les faveurs d'un scientifique. Peu importe qu'il fut nazi s'il peut servir désormais les intérêts d'une autre grande puissance. Aucun bon sentiment, le boulot avant tout et le pragmatisme. Dessin d'Olivier Martin, classique qui colle parfaitement aux années décrites et scénario digne des meilleurs fils d'espionnage. On n'est pas dans une comédie à la OSS 117, mais dans une série sérieuse et d'action qui montre les dessous pas très reluisants de l'après-guerre. 

Personnages bien décrits et l'on sent la faille chez la femme, celle qui la rend forte mais qui la mine et qui pourrait bien la rendre dangereuse. Suite au prochain numéro.

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Les fiancées du califat

Publié le par Yv

Les fiancées du califat, Marc Trévidic, Matz, Giuseppe Liotti, Rue de Sèvres, 2021

Toulouse, un groupe de 5 femmes mené par la femme d'Abou Ghalib entend bien mener la guerre sainte et perpétrer des attentats. Surveillées, elles parviennent néanmoins à obtenir l'assentiment du chef pourtant peu enclin à ce que des femmes participent à son combat.

Il faut toute l'opiniâtreté d'une petite équipe de flics pour que, au plus haut de l'Etat, on daigne enfin comprendre qu'elles présentent un réel danger.

Scénario de Marc Trévidic (juge anti-terroriste) et Matz plusieurs fois ici chroniqué, assez simple et bien amené qui nous fait bien comprendre la difficulté du travail des enquêteurs dans la traque des terroristes. Il faut pas mal d'intuition, un peu de chance et beaucoup de boulot souvent ingrat pour parvenir à obtenir des renseignements sur des supposé-e-s terroristes. Et pour les stopper, il faut de la persévérance et un pouvoir de conviction certain.

L'labum est assez classique dans sa forme, très aisé à lire. Le fond colle à l'actualité, la devance même un peu. Le tout donne une BD pas mal du tout qui parle de l'égalité homme-femme là où l'on ne l'attend pas et franchement, parfois, il est préférable mesdames, que dans certains domaines, vous soyiez moins représentées.

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Les indésirables

Publié le par Yv

Les indésirables, Kiku Hughes, Rue de Sèvres, 2021

Kiku, Américano-japonaise de 16 ans qui ne connaît rien de ses origines nippones, à l'occasion d'un voyage à San Fransisco avec sa maman, sur les traces de ses aïeux, se retrouve propulsée dans les années 40, après Pearl Harbor, dans ces années où les Etats-Unis parquèrent les Nippo-américains dans des camps. C'est en partie le discours de haine tenu par le nouveau président du pays, tout juste élu en 2016 et qui parle de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique qui réveille en Kiku et sa maman les blessures des Japonais venus vivre dans ce pays avant la guerre et désignés comme espions ou gens peu fiables pendant cette période.

Roman graphique de presque 300 pages qui mèle astucieusement fiction et réalité. La fiction est bien sûr la partie où Kiku se retrouve propulsée en 1940 dans les camps d'internement et où elle est la voisine de sa propre grand-mère, jeune fille, et de ses parents, les premiers immigrants de la famille. L'histoire n'est pas nouvelle, mais pas forcément très connue. Kiku Hughes parle de la promiscuité, des bâtiments à peine finis lorsqu'ils arrivent, des brimades, des humiliations quotidiennes (l'appel, la nourriture très mauvaise...), du sentiment profond d'être abandonnés de tous, d'être suspectés, de ne plus savoir à quel prix il faut rester dans ce pays sachant qu'il est impossible de retourner au Japon... et de l'adaptation pour améliorer la qualité de vie.

Le dessin est simple et se focalise sur les personnages, les décors sont tellement monotones qu'ils ne sont pas répétés. Les cases peuvent être muettes, ça n'est globalement pas un livre bavard, mais il raconte bien cette période. Très bel et bon album très coloré, ce qui tranche avec l'histoire racontée, qui fait le lien avec l'actualité. Et au vu des derniers événements aux Etats-Unis (la fin de mandat de Trump et l'entrée en force de ses partisans au Capitole), je ne suis pas certain qu'on aille vers du meilleur.

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Bilan 2020

Publié le par Yv

Bilan d'une année étrange. Confinements obligent, j'ai dû lire sur une liseuse, format auquel j'ai du mal à me faire. J'ai trouvé le genre de livres qui me siéent dans ce format : de courts romans-détente : beaucoup de romans policiers populaires du début du siècle dernier. J'en ai découvert beaucoup, des biens et des moins bons.

Mais, pour cette année, comme pour les précédentes, mon bilan sera fait de mes coups de coeur, des livres qui m'ont le plus marqué en 2020 :

- La fabrique de la terreur, Frédéric Paulin (Agullo) : dernier tome de la trilogie consacrée au terrorisme et aux relation franco-algériennes.

- Vie de Gérard Fulmard, Jean Echenoz (Minuit) : le dernier Echenoz, toujours un régal.

- L'histoire d'Ana, Cathy Borie (Librinova) : Ana, née d'un viol grandit dans les foyers et familles d'accueil.

- Washington Black, Esi Edugyan (Folio) : la vie incroyable de George Washington né esclave à La Barbade.

- Psycho-investigateur, Erwan Courbier et Benoît Dahan (Petit à petit) : les enquêtes de Simon darius, psychanaliste et psycho-investigateur auto-proclamé (Intégrale 1 à 3 et tome 4)

- Aires, Marcus Malte (Zulma) : des rencontres, des croisements sur les aires d'autoroutes. Marcus Malte : de l'art de raconter des histoires tortueuses.

- RIP. Ahmed. Au bon endrout au mauvais moment, Gaet's et Monier (Petit à petit) : la suite des histoires des nettoyeurs des maisons des morts. Tout se coupe, s'entrecroise.

- Mort à vie, Cédric Cham (Jigal polar) : lorsque Lukas endosse la faute de son frère et se retrouve en prison, toute sa vie bascule. Un énorme coup de coeur.

- Le prix de la vengeance, Don Winslow (Harper Collins) : six longues nouvelles dans lesquelles on retrouve les héros de Don Winslow.

- Trois jours, Denis Brillet (Rémanence) : l'arrivée d'un jeune homme perturbe un village endormi.

Dix titres (si je compte comme un titre les deux séries de BD et la trilogie de Frédéric Paulin). Forcément indispensables.

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Terrien, t'es rien

Publié le par Yv

Terrien, t'es rien. Le jour où la terre s'arrêta, Valott, Ed. Favre, 2020

L'année 2020 fut une annus horribilis comme disait Elisabeth II, il y a pfff... longtemps (renseignements pris, c'était en 1992). Il y eut notamment -qui dure encore au moment où j'écris- la COVID 19 et bien sûr, le confinement, le premier, le vrai, celui du-qu'on-pouvait-pas-sortir-du-tout... Valott, dessinateur de BD et de presse a accumulé pendant cette période des dessins qu'il montre dans ce livre.

Son virus est omniprésent, cette petite boule rose pleine d'éruptions en forme de trompes, presque mignonne, dans laquelle, sur la couverture, l'homme civilisé se cogne le pied. Dans les dessins de Valott, le détail est important, comme le portable qui vole toujours sur la couverture. L'avantage d'un dessin c'est qu'il évite les grandes phrases sur le virus et le confinement et la grande qualité de Valott est qu'il ne se regarde pas le nombril mais parle de l'humanité et de la planète. Il ne fait pas dans l'introspection mais évoque le chamboulement international. Parce que franchement, je n'ai pas envie de lire comment untel ou unetelle a passé le confinement, entre les angoisses de la page blanche, les enfants présents toute la journée, les grands moments d'enfermement qui poussent aux questionnements, aux doutes... Heureusement, il y a les dessins de Valott qui feront rire, réfléchir, irriteront ou agaceront. Ils ne laisseront pas insensibles.

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Un putain de salopard. O Maneta

Publié le par Yv

Un putain de salopard. O Maneta, Loisel et Pont, Rue de Sèvres, 2020 (couleurs, François Lapierre)

On retrouve dans la jungle amazonienne, Max à la recherche de son père, Charlotte et Christelle les deux infirmières, Corinne la barmaid, Margarida, la patronne de la taverne, Baïa la jeune fille muette, les orpaileurs et les travailleurs du camp forestier. Max et Baïa sont en mauvaise posture, ainsi que Charlotte et Christelle. Tous font bloc.

Suite de Isabel. Et mêmes auteurs Régis Loisel au scénario et Olivier Pont au dessin. L'aventure esquissée au premier tome prend de l'ampleur, les méchants deviennent de plus en plus méchants et les traqués révèlent des dons insoupçonnés. C'est de la pure aventure, une bande dessinée qui parie sur le plaisir qu'on a à retrouver des héros plongés dans des intrigues et des courses-poursuites. Et ça marche. Sûrement parce que le scénario est bon, qui entrecroise diverses histoires et sème les indices au compte-gouttes et le dessin toujours aussi beau. La jungle est luxuriante comme il se doit, et les couleurs sont maginifiques. Et comme dans toute série d'aventures qui se respecte, il y a de l'humour, un personnage décalé, marrant parfois sans le vouloir ou à ses dépens, ici c'est Max.

Sortir le tome 2 dix-huit mois après le tome 1 oblige à relire icelui, ce qui, avouons-le, n'est absolument pas une contrainte désagréable. Au contraire. Je me prépare déjà à relire les deux premiers pour la sortie du tome 3.

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Calfboy

Publié le par Yv

Calfboy, Rémi Farnos, La pastèque, 2018

Dans le Far-West, celui des cow-boys, des Indiens, des chasseurs de prime et des pilleurs de banque, Chris Birden et son frère Burt viennent de dévaliser un train. Mais Chris, après avoir arrosé le coup a enterré le butin dans un endroit qu'il a oublié. Burt lui donne trois jours pour retrouver l'argent. Trois jours pendant lesquels Chris va croiser une voleuse, une orpheline, et d'autres personnes qui ne vont pas lui simplifier la tâche.

Un jour que je furetais à la bibliothèque, au rayon jeunesse, je suis tombé sur cet album mis en avant. J'ai lu une ou deux planches et profité de la carte de la pré-ado que j'accompagnais pour l'emprunter. Parce que le début m'a beaucoup plu... et la suite itou. C'est en rentrant chez moi que j'ai vu le nom de la maison d'édition québécoise, La pastèque, que j'ai déjà croisée pour Machine gum et C'est une pastèque ?, deux albums loufoques.

Et Calfboy l'est tout autant : humour absurde, décalé, dessins des êtres vivants très simples (ce n'est pas le cas des paysages), situations drôles et peu de texte. J'ai retrouvé un humour à la Jason que j'aime beaucoup et une référence à Lucky Luke : la silhouette, les vêtements et une apparition de Jolly Jumper ; aucun lien dans la personnalité de Chris avec Lucky.

Calfboy 2, Rémi Farnos, La Pastèque, 2020

Et comme j'ai beaucoup aimé le tome 1, je me suis procuré le tome 2 qui est dans la droite ligne du précédent. On y retrouve les deux frères poisseux, Lise leur nouvelle jeune amie qui veut devenir chasseuse de prime et Oneida l'Indienne voleuse de chevaux et un peu chamane. Les deux frères veulent retrouver le magot planqué subrepticement et par inadvertance par Chris.

Rémi Farnos joue sur le même registre, y ajoute des pages découpées en 12 cases classiques qui ne font pourtant qu'une scène, ou bien une seule grande case de paysage avec des cases à l'intérieur pour montrer la progression d'un cow-boy. Original et très agréable à suivre.

Très bonne série en bande dessinée à mettre entre toutes les mains, un tome 3 est projeté.

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La Venin. Entrailles

Publié le par Yv

La Venin. Entrailles, Laurent Astier, Rue de Sèvres, 2020

1900, États-Unis, Emily cherche à venger le meurtre de sa mère perpétré par cinq hommes une quinzaine d'années plus tôt, alors qu'Emily n'était qu'une enfant. Elle a déjà tué deux des agresseurs (Déluge de feu et Lame de fond) et continue son voyage sanglant à travers le pays Elle est maintenant accompagnée de Claire, une fillette qu'elle a adoptée et bientôt de Susan une esclave affranchie dont le mari vient d'être assassiné par le Ku Klux Klan.

Elles arrivent à Oil Town, ville qui vit de l'extraction du pétrole. Emily est l'institutrice. Elle est traquée par des agents de Pinkerton et des chasseurs de prime et ses futures victimes se méfient. Les choses se corsent.

Retour d'Emily dans ce troisième tome comme les précédents, excellent. C'est le Far-West violent et sans pitié que Laurent Astier dessine. Et pourtant, malgré sa terrible vengeance et ses accès de fureur, Emily est une femme attachante qui n'hésite pas se mettre en danger pour sauver plus malheureuse qu'elle. Anarchiste sans forcément le savoir, sa seule idée de venger sa mère guide sa vie. Cependant, elle prend du temps pour défendre les forçats des puits de pétrole et leurs épouses qui survivent dans une atmosphère puante et polluée.

Laurent Astier scénarise dans la pure ligne des westerns classiques. Mais une femme héroïne et les minorités -comme on dit élégamment- brimées, exploitées et spoliées ne font que rarement partie du genre. Les femmes y sont généralement absentes ou objet du désir des hommes et les noirs et les Indiens sont souvent les méchants de service. C'est là, une des grandes forces de son histoire que de les mettre en avant.

En résumé, ce tome 3 est aussi bon que les précédents et y rajoute même une dose de suspense et d'émotion. Vivement le 4 !

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