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bande dessinee

Optic Squad : mission New York

Publié le par Yv

Optic Squad : mission New York, Stéphane Bervas, Sylvain Runberg, Rue de Sèvres, 2022

Optic Squad, une unité d'élite dépendant de l'ONU qui lutte contre le crime organisé. Ses agents ont des nano-caméras greffées dans leur cornée pour filmer tout ce qu'ils voient. Ils ont un soutien tactique de tous les instants. Kathryn Horst, agente, est infiltrée dans un groupe révolutionnaire pour tenter de mettre à jour les crimes et malversations de deux sœurs haut placées, notamment l'une de ses responsables hiérarchiques.

Troisième mission pour l'équipe Optic Squad, la plus dangereuse sans doute, car il s'agit d'infiltrer un groupe préparé et surtout de contrecarrer les plans de femmes de pouvoir qui ont de gros moyens pour empêcher toute tentative de déstabilisation. De plus, la mission est top secrète, seuls quelques agents sont dans la confidence. Mission Seattle et Mission Los Angeles étaient mouvementées, pleines d'actions et de rebondissements, Mission New York est dans la même ligne. Ça canarde, ça vole, ça flotte, ça court partout. Et c'est très bien, même moi qui ne suis pas un farouche adepte de la SF -la série se passe en 2099-, je lis ça très vite et j'en redemande. On en apprend également un peu plus sur Kathryn Horst, l'héroïne de la série, l'agente super-douée.

Une très bonne bande dessinée pour se distraire et passer un bon moment plein d'adrénaline -enfin, pour les héros, parce qu'assis dans le canapé, l'adrénaline fuse moins.

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Mortel imprévu

Publié le par Yv

Mortel imprévu, Dominique Monféry, Rue de Sèvres, 2022

Pour échapper à un mari médecin violent, Edith Womble traverse l'Atlantique pour la Californie et part bientôt en compagnie de Hans dont elle est tombée amoureuse vers le Klondike, où des gisements d'or viennent d'être découverts. Ils s'installent avec trois autres hercheurs d'or dans une maison éloignée. Puis un hiver survient beaucoup plus précocement que prévu, les bloquant dans ce lieu. Les rapports entre eux changent jusqu'à l'inattendu, le violent...
Bande dessinée au temps de Far West qui reprend les codes de l'époque : la ruée vers l'or, la cohabitation avec les tribus indiennes, les difficiles et longs voyages et vie quotidienne. Tout cela sert admirablement le fond de l'histoire qui est basée sur la relation entre les personnages, leurs violences enfouies qui se heurtent au désir de justice légale. Car il s'agit davantage d'opposer la volonté de ne pas prendre de risque, de se faire justice soi-même à celle de laisser la société juger, de ne pas se mettre hors la loi ni d'avoir de crime sur la conscience. Les valeurs morales contre l'instinct de survie. L'histoire est forte, les personnages itou. Excellemment scénarisée, elle est haletante, ne ménage pas le lecteur qui va de tension en tension et risque la surprise à chaque tournage de page.

C'est violent, certes, mais le monde de l'époque l'était, tout comme le nôtre. Dominique Monféry met en scène un personnage de femme forte et qui ne cède pas à la facilité et à ses plus bas instincts et qui ne renonce pas. Pas si fréquent que cela dans le Far West.

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Ceux qui brûlent

Publié le par Yv

Ceux qui brûlent, Nicolas Dehghani, Sarbacane, 2021

Après un accident, la jeune flicque Alex se voit affecter comme binôme Pouilloux, la risée du commissariat. Elle l'impulsive et lui, le timide voire le couard si l'on en croit ses collègues. Dès leur premier briefing et alors qu'un corps a été retrouvé, brûlé à l'acide, ils se font remarquer et le commissaire les envoie fouiller les poubelles du quartier, histoire de s'en débarrasser.

Premier album pour Nicolas Dehghani qui signe dessins et scénario et il tape assez fort. L'histoire si elle n'est pas très originale a le mérite de mettre en scène deux personnages qui eux le sont, et qui forment un duo qui ne l'est pas moins, et elle se suit très agréablement sans temps mort. La mise en scène participe à ce rythme, changeant les tailles des cases et passant de certaines très cadrées à d'autres très libres, sans contours. Du bavard et du muet. Des couleurs sombres tirant sur le noir et le violet, le rouge et quelques touches de bleu (la chemise de Pouilloux). Le dessin est à la fois moderne et classique, des contours noirs, beaucoup de lignes droites dans les décors ; la couverture est très réussie et résume assez bien le contenu de cette grosse bande dessinée. L'on ne s'y ennuie jamais et la surprise d'un cadre, d'un dessin peut survenir en tournant une page.

Très bon et très bel album au dos toilé. Pour un premier, Nicolas Dehghani met la barre très haut.

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Les pionniers. La machine du diable

Publié le par Yv

Les pionniers. La machine du diable, Guillaume Dorison, Damien Maric, Jean-Baptiste Hostache, Rue de Sèvres, 2022

La fin du XIXème siècle est propice aux inventions, aux brevets, notamment dans la photographie et le son et ce qui deviendra le cinéma. De jeunes hommes et femmes tentent de monter des entreprises, de tirer profit de ces inventions pour s’enrichir. Parmi eux, Léon Gaumont et Charles Pathé qui vont pendant des années, se tirer dans les pattes, faire preuve d'ingéniosité pour supplanter l'autre, faire appel à des inventeurs et à des artistes de génie dont Alice Guy pour Gaumont et Georges Méliès pour Pathé. C'est la naissance d'un nouvel art qui attire toutes les peurs et les scepticismes voire les sarcasmes, freiné par l'incendie du bazar de la charité dû à une lampe à éther sur le projecteur.

Ce sont les seize années de 1891 à 1907 et la conquête des États-Unis que raconte cet album. Très documenté, il complète le Alice Guy de Catel et Boquet qui lui, se focalisait sur la réalisatrice. Il explore la difficile relation entre Gaumont et Pathé, la rivalité où presque tous les coups sont permis. Méliès et Alice Guy se servent de la notoriété des deux groupes et de leurs financements, mais ils sont circonspects quant aux querelles et à la naissance d'un cinéma qui doit rapporter au détriment de l'art et de la création. Les hommes d'affaires parlent déjà de reproduire ce qui a marché pour rentabiliser.

C'est un très bel album, assez dense mais facile d'accès autant dans les dialogues que dans les dessins (Jean-Baptiste Hostache) et les informations sur les différents procédés et inventions qui ont participé à la naissance du cinéma. Presque cent cinquante pages pour ce premier tome qui a dû nécessiter un boulot de titan pour rassembler la documentation (documentation et contexte historique : Damien Maric), la synthétiser et la scénariser (Guillaume Dorison).

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Hound dog

Publié le par Yv

Hound dog, Nicolas Pegon, Denoël graphic, 2022

"César et Alexandre, deux losers magnifiques, et le clébard sans nom qui leur colle au train, sur la piste d'un accident maquillé en meurtre maquillé en suicide (pas forcément dans cet ordre). Une virée funky entre Twin Peaks et Bukowski dans une Amérique périurbaine préapocalyptique sous l’œil impavide et miséricordieux du dieu Elvis..." (4ème de couverture)

A la lecture du titre, de l'extrait de la chanson et de quelques cases représentant Elvis, nul doute que Hound dog s'est imprimé dans mes neurones et qu'il ressort dès que je croise la couverture. Mais bon, ça va, c'est Elvis...

Étrange album qui débute par un brainstorming dans le monde de la publicité et enchaîne sur une chorégraphie du King puis un réveil difficile pour César. De grands cases muettes succèdent à d'autres qui ont du dialogue, mais assez peu, les (anti)-héros sont peu diserts. J'aime beaucoup. Beaucoup de références, celles de la quatrième de couverture ci-dessus citées, mais aussi Quentin Tarantino qui décrit de merveilleux poissards et d'autres que j'oublie ou que je n'ai pas. J'aime l'ambiance que Nicolas Pegon crée avec ses personnages décalés, has-been, blasés, anachroniques, son histoire assez simple et brillamment menée : grandes cases très colorées, environnement où tout est désolé, cassé. J'aime les gueules qu'il dessine. Le presque immobilisme de César et Alexandre qui s'animent quand ils flairent qu'il n'est pas normal que ce chien les suive sans qu'on lui demande.

"You ain't nothin' but a hound dog

Crying all the time

Well, you ain't never caught a rabbit

And you ain't no friend of mine" (Elvis Presley, Hound dog, 1956)

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Le rite

Publié le par Yv

Le rite, Amaury Bündgen, Casterman, 2022

"Kéva, petit royaume pacifique perdu dans les montagnes, est réputé pour sa science. lorsqu'il est attaqué par l'Empire haïmar, il ne peut opposer qu'une faible résistance. Rapidement, les Kévarks sont massacrés. Seul survivant, un jeune prêtre, dernier représentant de sa culture, devient alors le porteur de la vengeance de son peuple." (4ème de couverture)

Très très bel album, et ce compliment vient d'un lecteur pas particulièrement amateur d'histoires peuplées d'êtres et de mondes qui empruntent à la fois à la science fiction, à la mythologie et aux légendes. Il débute par des pages superbes en noir et blanc, muettes, aux détails importants et continue en noir et blanc avec des paroles. Il y a le monde des puissants, des envahisseurs qui s'oppose à la sagesse, la tranquillité et la méditation du prêtre. Difficile en ce moment de ne pas faire l'analogie avec l'ogre russe à l'assaut de l'Ukraine, mais il est vrai que cette histoire peut coller à toutes les guerres. Pas super originale, mais bien tournée et bien menée, j'aime beaucoup l'histoire qui puise dans les légendes, qui ménage un certain suspense ou tout du moins une tension sur les véritables raisons du massacre des Kévarks et sur le tour que prendra la vengeance du prêtre. Et le dessin est convaincant, superbe de détails. Les personnages sont reconnaissables, le trait est clair et le noir et blanc du plus bel effet.

Enfin, bref, c'est un album que je conseille fortement, qui m'a permis de (re)découvrir un genre que j'avais mis de côté depuis assez longtemps et un bédéiste très talentueux.

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La bicyclette rouge

Publié le par Yv

La bicyclette rouge (tome 2), Kim Dong Hwa, Paquet, 2022 (traduit par Kette Amoruso)

Le facteur à bicyclette rouge sillone le village de Yahwari en Corée. Il est parfois le seul lien des habitants vieillissants avec autrui. Au fil des quatre saisons, il voit les champs, jardins, arbres changer, et les hommes et les femmes vaquer à leurs occupations.

La bicyclette rouge est un recueil d'histoires courtes, des nouvelles dessinées, qui racontent la vie dans la campagne de Corée, loin des villes vers lesquelles les jeunes se tournent pour trouver du travail mais aussi pour leur attrait. Tout est doux, légèrement suranné, le mot le plus violent du livre doit être "ringard" adressé à une vieille femme pour la décoration intérieure de sa maison. tou est tranquillité, calme et bienveillance pour reprendre un terme tellement à la mode qu'il en est galvaudé. Un pur moment de poésie, autant par les situations, que les textes que les dessins empreints eux aussi d'une grande douceur, dans les traits, les couleurs, les paysages. Même l'hiver qui peut être rude dans le village est d'humeur joyeuse. Les habitants sont farceurs, taquins, solidaires même si l'individualisme commence à poindre avec les enfants et petits-enfants des villes qui viennent rendre visite à leurs parents ou grands-parents, apportant cadeaux, montrant leur réussite sociale vec les voitures...

Un moment de lecture qui fait beaucoup de bien, qui donne le sourire et incite à regarder le monde différemment, positivement.

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Stuck rubber baby

Publié le par Yv

Stuck rubber baby, Howard Cruse, Casterman, 2021 (traduit par Jean-Paul Jennequin)

La première édition de ce livre en français date de 2001, chez Vertige Graphic sous le titre Un monde de différence. Le titre original gardé pour cette nouvelle édition peut se traduire littéralement par "Le bébé de la capote collée".

Dans les années 60, à Clayfield, une petite ville du sud des États-Unis vit une communauté noire et une communauté homosexuelle, qui sont toutes les deux victimes des violences policières et de celles des suprémacistes blancs. Toland Polk est un jeune homme blanc, réservé qui prend conscience du racisme très présent dans la société et qui ne parvient pas à s'avouer son homosexualité et encore moins à l'assumer.

Prix de la critique à Angoulême en 2002, il est obtient le Prix Fauve Patrimoine pour sa réédition en 2022.

Ce roman graphique paru en 1995 aux États-Unis est dense. Deux cents pages de cases assez petites, de textes et de dessins minutieux en noir et blanc avec des ombres, des détails et un réalisme bluffants. On est là dans le top du roman graphique, de ceux qui racontent des histoires fortes et inoubliables. Toland Polk est davantage un observateur qu'un militant pour la cause des noirs et des homosexuels. Même s'il est très mal vu à l'époque de soutenir ces deux communautés lorsqu'on est blanc élevé dans un milieu dit conventionnel. Il se découvre des amis dans les deux mondes qui se côtoient et se croisent puisqu'il fera la connaissance et se liera avec des noirs hétéros, des blancs homos et des noirs homos. Howard Cruse raconte d'une manière originale la lutte pour les droits civiques des noirs qui complète l’œuvre de John Lewis et Andrew Aydin (Wake up America et Get up America). Le sud des années 60 est toujours aussi raciste et violent, les traditions ancrées et les garants d'icelles butés, intolérants et ultra-violents. Il s'inspire de sa vie, jeune homme homosexuel dans les années 60 qui vit dans le sud du pays mais aussi des gens qu'il a rencontrés.

Ce roman graphique, il ne faut pas l'ouvrir en se disant qu'on le finit dans l'heure, cela prendra beaucoup plus de temps si l'on veut ne pas passer à côté. Il faut le prendre comme un roman qui raconte la vie d'un jeune homme qui vit dans un monde qu'il ne comprend pas et qui vit des choses qu'il ne comprend pas non plus. La découverte de sa sexualité à une période où elle est jugée comme déviante, immorale, contraire aux principes de l'église et du droit.

C'est malheureusement un ouvrage qui reste d'actualité puisque les homosexuels et les noirs sont toujours discriminés, victimes de violences racistes et/ou homophobes. Et certains propos tenus désormais publiquement n'incitent pas à davantage de tolérance et de compréhension voire de rencontre mais au contraire à un repli sur soi et sur des valeurs dites traditionnelles qui rejettent autrui s'il ne les respecte pas.

Howard Cruse est décédé en 2019.

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Moon

Publié le par Yv

Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres (couleurs Isabelle Merlet)

En saison, cette petite ville du bord de la Méditerrannée attire beaucoup de touristes. Hors saison, la vie y est calme, très calme, trop calme pour les ados qui y vivent. Accros aux réseaux sociaux, ils trompent l'ennui et comblent les vides entre les cours et parfois pendant, en s'envoyant des messages sur tous les réseaux imaginés. Cela crée des tensions sur le nombre de like, sur ceux qui sont amis virtuels ou pas, tout en se côtoyant en réel. Que dire de celui qui n'a pas de portable, quasi seul ?

Mais un jour l'antenne relais grille sous la foudre et tout se tait : plus de réseaux, ni d'Internet et même pas de télé.

Très bien cette bande dessinée qui, je trouve, dépeint justement et finement les ados, leurs relations, leur rejet du monde adulte, les tensions qu'ils ont entre eux, les amours naissantes, le besoin de reconnaissance, d'appartenance au groupe. Cyrille Pomès fait ça sans être lourd. Il suggère plus qu'il ne montre et pourtant tout est très clair : le harcèlement physique ou moral, la violence parentale, le machisme... Il travaille surtout sur le lien social : doit-il passer nécessairement par un téléphone comme semble le laisser paraître nos usages et particulièrement celui des adolescents ? Les relations se coupent elles dès lors qu'on se retrouve en face à face, ce qui, juste après l'arrêt de l'antenne est une vraie question ?

J'aime bien le dessin de Cyrille Pomès, vif, clair et expressif. Beaucoup de petites cases pour les personnages, mais aussi des plus grandes jusqu'aux doubles pages pour des paysages ou des vues en grand angle. Les couleurs sont chaudes, station balnéaire oblige. Le tout donne un très bel album, qui, encore, une fois chez Rue de Sèvres, parle à plusieurs générations, en abordant des sujets graves et sérieux, des sujets d'actualité mais sans être ni moralisateur ni austère ni angoissant.

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