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Articles avec #bande dessinee tag

Calfboy

Publié le par Yv

Calfboy, Rémi Farnos, La pastèque, 2018

Dans le Far-West, celui des cow-boys, des Indiens, des chasseurs de prime et des pilleurs de banque, Chris Birden et son frère Burt viennent de dévaliser un train. Mais Chris, après avoir arrosé le coup a enterré le butin dans un endroit qu'il a oublié. Burt lui donne trois jours pour retrouver l'argent. Trois jours pendant lesquels Chris va croiser une voleuse, une orpheline, et d'autres personnes qui ne vont pas lui simplifier la tâche.

Un jour que je furetais à la bibliothèque, au rayon jeunesse, je suis tombé sur cet album mis en avant. J'ai lu une ou deux planches et profité de la carte de la pré-ado que j'accompagnais pour l'emprunter. Parce que le début m'a beaucoup plu... et la suite itou. C'est en rentrant chez moi que j'ai vu le nom de la maison d'édition québécoise, La pastèque, que j'ai déjà croisée pour Machine gum et C'est une pastèque ?, deux albums loufoques.

Et Calfboy l'est tout autant : humour absurde, décalé, dessins des êtres vivants très simples (ce n'est pas le cas des paysages), situations drôles et peu de texte. J'ai retrouvé un humour à la Jason que j'aime beaucoup et une référence à Lucky Luke : la silhouette, les vêtements et une apparition de Jolly Jumper ; aucun lien dans la personnalité de Chris avec Lucky.

Calfboy 2, Rémi Farnos, La Pastèque, 2020

Et comme j'ai beaucoup aimé le tome 1, je me suis procuré le tome 2 qui est dans la droite ligne du précédent. On y retrouve les deux frères poisseux, Lise leur nouvelle jeune amie qui veut devenir chasseuse de prime et Oneida l'Indienne voleuse de chevaux et un peu chamane. Les deux frères veulent retrouver le magot planqué subrepticement et par inadvertance par Chris.

Rémi Farnos joue sur le même registre, y ajoute des pages découpées en 12 cases classiques qui ne font pourtant qu'une scène, ou bien une seule grande case de paysage avec des cases à l'intérieur pour montrer la progression d'un cow-boy. Original et très agréable à suivre.

Très bonne série en bande dessinée à mettre entre toutes les mains, un tome 3 est projeté.

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La Venin. Entrailles

Publié le par Yv

La Venin. Entrailles, Laurent Astier, Rue de Sèvres, 2020

1900, États-Unis, Emily cherche à venger le meurtre de sa mère perpétré par cinq hommes une quinzaine d'années plus tôt, alors qu'Emily n'était qu'une enfant. Elle a déjà tué deux des agresseurs (Déluge de feu et Lame de fond) et continue son voyage sanglant à travers le pays Elle est maintenant accompagnée de Claire, une fillette qu'elle a adoptée et bientôt de Susan une esclave affranchie dont le mari vient d'être assassiné par le Ku Klux Klan.

Elles arrivent à Oil Town, ville qui vit de l'extraction du pétrole. Emily est l'institutrice. Elle est traquée par des agents de Pinkerton et des chasseurs de prime et ses futures victimes se méfient. Les choses se corsent.

Retour d'Emily dans ce troisième tome comme les précédents, excellent. C'est le Far-West violent et sans pitié que Laurent Astier dessine. Et pourtant, malgré sa terrible vengeance et ses accès de fureur, Emily est une femme attachante qui n'hésite pas se mettre en danger pour sauver plus malheureuse qu'elle. Anarchiste sans forcément le savoir, sa seule idée de venger sa mère guide sa vie. Cependant, elle prend du temps pour défendre les forçats des puits de pétrole et leurs épouses qui survivent dans une atmosphère puante et polluée.

Laurent Astier scénarise dans la pure ligne des westerns classiques. Mais une femme héroïne et les minorités -comme on dit élégamment- brimées, exploitées et spoliées ne font que rarement partie du genre. Les femmes y sont généralement absentes ou objet du désir des hommes et les noirs et les Indiens sont souvent les méchants de service. C'est là, une des grandes forces de son histoire que de les mettre en avant.

En résumé, ce tome 3 est aussi bon que les précédents et y rajoute même une dose de suspense et d'émotion. Vivement le 4 !

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La rumba du chat

Publié le par Yv

La rumba du chat, Philippe Geluck, Casterman, 2019

L'autre jour, je vis passer, sur facebook je crois, un post vantant la sortie du Tome 23 du Chat de Geluck. Vérification effectuée, chez, moi, je me suis arrêté au numéro 21. Serait-il possible et envisageable que j'aie raté un épisode, le 22, vous aviez deviné même si comme moi, les maths ne sont pas votre point fort ?

Ressentant presque les tremblements du manque, je fonçai à la librairie m'enquérir du fameux tome manquant et revins vite le lire confortablement assis-avachi sur mon canapé.

C'est donc à la quasi-veille de la sortie du prochain que je lus le précédent. Et comme à chaque fois, je rigolai, je pouffai et remarquai aussi parfois un strip ou un gag point à la hauteur, mais le suivant l'est, je me gaussai donc en oubliant la baisse de régime très temporaire.

Philippe Geluck aborde tous les thèmes du moment : dérèglement et réchauffement climatiques, religion, sexisme, et aussi des thèmes intemporels : l'amour, le sexe, l'art, ... sans se limiter ni dans la connerie ni dans la vacherie. C'est pour cela que j'aime Le Chat et que je courrai très bientôt vers le tome 23 intitulé Le chat est parmi nous.

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Sœurs d'Ys, la malédiction du royaume englouti

Publié le par Yv

Sœurs d'Ys, la malédiction du royaume englouti, M.T. Anderson, Jo Rioux, Rue de Sèvres, (traduit par Alice Delarbre) 2020

La reine Malgwen demande au roi Gradlon de Kerne de le débarrasser de son mari qui est un sorcier, en échange de quoi, elle l'épousera et accèdera à ses demandes. Le couple donne naissance à deux filles, Rozenn, l'aînée, l'héritière, proche de la nature, contemplative et Dahut, qui, comme sa mère, a recours à la magie et se complait dans la vie fastueuse de la cour. La cité d'Ys dirigée par Gradlon à la mort précoce de sa femme Malgwen est la proie de toutes les rumeurs concernant son train de vie.

La légende de la cité d'Ys en Bretagne, revisitée par Matthew Tobin Anderson, écrivain jeunesse étasunien et dessinée et mise en couleurs par Jo Rioux.

De la légende de la cité d'Ys, il existe plusieurs versions dont l'auteur s'est inspiré pour raconter la sienne. Si le scénario n'est, de fait, pas inédit, il a le mérite d'être clair et concis. L'histoire gagnant en clarté, elle risque d'être beaucoup plus aisément mémorisable. La simplicité, qui n'est pas synonyme de facilité ou d'infantilisme, est une qualité pas toujours facile à atteindre.

Le dessin de Jo Rioux est superbe et colle parfaitement aux mondes des légendes : les tons, les couleurs, les deux sœurs, très différenciées tant dans leurs représentations que dans leurs caractères. Tout concourt à ce que cet album soit lu et apprécié par le plus grand nombre de lecteurs.

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RIP. Ahmed

Publié le par Yv

RIP. Ahmed. Au bon endroit au mauvais moment, Gaet's, Monier, Petit à petit, 2020

Ahmed est policier scientifique, spécialiste des insectes qui aiment les cadavres. Grâce au eux, Ahmed peut dater une mort et découvrir pas mal d'autres choses. Mais le grand chef ne croit pas trop à ces trucs et prend Ahmed pour un rigolo. Aussi lorsque le jeune policier semble flairer le travail d'un tueur en série, se lance-t'il seul dans l'enquête, quitte à prendre beaucoup de risques. Surtout lorsqu'il file et intègre l'équipe des nettoyeurs des maisons des morts rencontrés dans les tomes 1 (Derrick) et 2 (Maurice).

Tome 3 de cette excellente série qui à chaque tome s'intéresse à l'un des personnages du groupe. Son histoire personnelle est alors détaillée et toujours imbriquée dans celle du groupe des nettoyeurs des maisons des morts. On y apprend les raisons qui l'ont mené à ce job particulier et le rôle qu'il joue dans cette histoire. Pour rappel, l'un des nettoyeurs vole une bague de grande valeur et les patrons cherchent à connaître le coupable semant le doute et la suspicion parmi le groupe. Ahmed, le nouveau, est considéré comme le suspect numéro 1 et pris à parti. Lui n'est entré dans ce groupe que parce qu'il a senti que parmi eux, il y avait un tueur en série.

Cette bande dessinée est originale, le scénario de Gaet's est tortueux et puzzlesque. J'aime ces histoires dans lesquelles on revient sur un événement mais d'un autre point de vue qui l'éclaire différemment et oblige le lecteur à douter de tout et de tous. Chaque point de vue apporte son lot de nouveautés et la grande histoire, celle qui sous-tend toute la série se dessine peu à peu.

Et le dessin de Julien Monier enfonce le clou tant il colle à l'histoire noire et glauque. Tous les protagonistes ont des sacrées gueules et les couleurs participent activement à l'ambiance.

Un très grande réussite pour ces trois premiers albums, tous des coups de cœur. Six tomes sont prévus, je me réjouis d'avance.

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Sur la route de Whiskyville

Publié le par Yv

Sur la route de Whiskyville, Macon Blair, Joe Flood, Rue de Sèvres (traduit par Matz), 2020

Au temps du Far West, deux vagabonds Jed et Thanny sont en possession d'une carte censée les mener vers un Eldorado nommé Whiskyville. Mais avant d'y arriver, il faut bien se nourrir, et repérant une tourte à la viande qui refroidit sur le rebord d'une fenêtre, les deux compères s'en empare. Mais la cuisinière ne compte pas se laisser dépouiller et en tentant de leur tirer dessus, elle se blesse grièvement. Son mari, flic irlandais, colosse et irascible se met à leur poursuite inlassablement.

"Une aventure déjantée à la poursuite du bonheur et de la liberté, menée tambour battant au son des banjos et des guimbardes." est-il fort justement écrit en quatrième de couverture. Et c'est vrai que cet album va très vite et assez joyeusement sur les routes et les pistes à la rencontre de personnages barrés, décalés. Des bandits qui vivent dans une sorte de cour des miracles, des monstres, des flics pas toujours très futés, un coq de combat, tous ces gens se croisent, se poursuivent, s'évitent dans des cases colorées parfois drôles, d'autres fois plus graves. L'album n'est ni mélo ni humoristique, il puise dans tous les genres et c'est cela qui le rend attachant.

Les personnages ont des tronches et des personnalités tranchées, c'est une belle découverte, scénarisée par Macon Blair et dessinée par Joe Flood, traduite par Matz excellent bédéiste plusieurs fois chroniqué sur Lyvres.

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Le château de mon père. Versailles ressucité.

Publié le par Yv

Le château de mon père. Versailles ressuscité, Maïté Labat, Jean-Baptiste Véber, Stéphane Lemardelé, Alexis Vitrebert, La boîte à bulles, 2019

1887, le jeune Pierre de Nolhac arrive à Versailles avec sa femme Alix et ses deux garçonnets pour prendre ses fonctions d'attaché au château qui joue alors les beaux endormis et n'a pas l'heur de plaire à la récente république, lui le symbole de la monarchie absolue. Il tente d'inventorier les œuvres présentes au château. Cinq années plus tard, il devient conservateur et décide de taper fort pour faire bouger le monument et le rendre attirant.

C'est la vraie histoire d'une vraie personne que je ne connaissais pas, Pierre de Nolhac qui a redonné vie au château de Versailles qui végétait depuis plusieurs années, qui avait subi des transformations sous le dernier roi de France, pas à son avantage. Maïté Labat et Jean-Baptiste Véber scénarisent cette histoire, Stéphane Lemardelé est au storyboard, sur la base des souvenirs des descendants de Pierre de Nolhac et de ses propres souvenirs publiés et plus largement sur l'époque décrite, de 1887 à 1936, date de sa mort. Je n'avais pas à l'idée que ce château si réputé eût pu tomber dans un certain oubli ou plutôt dans une quarantaine certaine et c'est une excellente idée que de retracer l'histoire de l'homme qui a voulu lui redonner son éclat et en faire non pas le "Versailles des rois mais celui de la République" (M. Labat), malgré les oppositions et la réticence des uns et des autres. Les deux scénaristes racontent également la vie personnelle de Pierre de Nolhac et sa dureté envers sa femme et ses enfants -l'époque voulait qu'un homme de sa condition ne laissât pas sa femme travailler et qu'il décidât de l'avenir de ses enfants-, un peu laissés de côté par rapport au château.

Alexis Vitrebert dessine, et là, il faut dire qu'on accroche ou pas. Un lavis noir et blanc à la gouache. Je trouve que ça colle parfaitement au sujet, ça lui donne une classe, une distinction de bon aloi. Pour qui a visité Versailles, il y retrouvera la splendeur, on voit même le marbre des colonnes.

Un album rare et superbe, original. J'aime beaucoup. En lice pour le Prix BD des Lecteurs.

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Dans la tête de Sherlock Holmes. L'affaire du ticket scandaleux

Publié le par Yv

Dans la tête de Sherlock Holmes. L'affaire du ticket scandaleux, Cyril Lieron, Benoît Dahan, Ankama éditions, 2019

Sherlock Holmes s'ennuie et trompe le temps en s'injectant de la drogue, lorsqu'un collègue de Watson arrive au 221B Baker street, accompagné d'un policier. L'homme est mal en point, ne se souvient pas de sa nuit mouvementée. Watson donne son diagnostic, et Holmes, fidèle à lui-même, sent une affaire hors du commun : un complot de grande ampleur.

Sélection pour le Prix BD des Lecteurs. La première impression en voyant l'album est la surprise tant il est beau. La tête de Holmes sur la couverture est évidée. Et ouvrir le livre et tourner les pages c'est prendre le risque de tomber totalement en admiration devant le travail du dessinateur Benoît Dahan et du scénariste Cyril Lieron.

La lecture de l'ouvrage nécessite une attention toute particulière pour ne rien rater des détails qui permettent de bien comprendre le raisonnement de Holmes ou d'autres plus marrants qui concernent Watson. L'ambiance est gothique, les dessins et la mise en pages somptueux. Quelques trouvailles amusent les lecteurs et les lectrices et rajoutent du plaisir, comme s'ils étaient dans un jeu de société et qu'ils menaient l'enquête en même temps que le célèbre détective. On aurait tendance à s'arrêter aux dessins, mais le scénario est fort habile, les choses gentiment et subtilement amenées, tortueusement oserais-je, comme dans le cerveau de Holmes.

Aucune fausse note pour cette bande dessinée, du grand art qui m'a réjoui de bout en bout. Ah si quand même une : il faudra attendre le tome 2 pour connaître la fin de l'histoire, mais pas grave, lorsqu'il sortira, je devrai relire le tome 1, je m'en réjouis d'avance.

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Priscilla

Publié le par Yv

Priscilla. On choisit pas sa famille, Lætitia Coryn, Glénat, 2020

Priscilla, 6 ans et demi, fillette épanouie et enjouée grandit entre son père et sa mère, euh, comment dire ?... bas de plafond. Dans l'entourage de Priscilla il y a aussi son oncle, veuf, homophobe, sexiste, raciste et papa d'un garçon malade ; Jean-Mi un copain de son père, trentenaire qui aime les jeunes femmes, et Tarek et son fils Mehdi, le fiancé de Priscilla, au grand dam de ses parents.

Ouh la, ça commence très fort... Dès le premier gag on est dans le bain de l'humour trash et noirissime. Tous les sujets sont abordés par les parents de Priscilla et leurs amis, beaufs parmi les beaufs : le racisme, l'homosexualité, la sexualité tout court ouvertement expliquée à Priscilla (qui, je le rappelle a 6 ans et demi), la pédophilie, le sexisme, ... Enfin aucun sujet n'est tabou. C'est méchant, sale et on rit, jaune, parce que ces propos, on peut les avoir déjà entendus dans la vraie vie.

Autant je n'avais pas aimé Le péril vieux de l'autrice, autant là j'ai aimé. Ça dépote et décoince, ça fait du bien de rire de tous ces sujets politiquement incorrects. Certes, on s'abstiendra de rire avec certaines personnes : celles qui ne goûteront pas les détails de certaines cases : poster de L. Wauquiez dans une chambre d'hôpital, à côté d'une affiche contre l'avortement et du dernier livre d'E. Zemmour, tout un environnement explicite des personnages de Lætitia Coryn.

Préférez ne pas mettre ce livre entre toutes les mains, même si l'héroïne est une fillette de 7 ans à la fin du volume (elle a fêté son anniversaire dignement), il s'adresse à un public averti qui saura lire au-delà du premier degré.

Sélection pour le Prix BD des Lecteurs.

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