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Les arbres et leurs hôtes. La vie insoupçonnée dans les arbres et arbustes

Publié le par Yv

Les arbres et leur hôtes. La vie insoupçonnée dans les arbres et arbustes, Margot et Roland Spohn, Delachaux et Niestlé, 2018.....

Margot et Roland Spohn sont biologistes, elle spécialisée en botanique et biologie pharmaceutique. Ils organisent des sorties naturalistes et écrivent des livres de transmission de leurs connaissances. Lui photographie et illustre. Dans ce livre, ils parlent des hôtes des arbres, arbustes, feuilles, écorces, végétaux, racines, graines... Les insectes, oiseaux, mammifères, coléoptères, lépidoptères, et autres hyménoptères y pullulent et j'en oublie parce que je tente de résumer, notamment des végétaux et des micro-organismes. 

Tout possesseur de jardin sait que moult bestioles diverses et variées hantent les lieux. Et plus les variétés d'arbres et arbustes sont larges, plus les petites bêtes sont nombreuses. Après un rapide survol (qui apparaîtra comme tel au spécialiste mais qui est déjà très instructif pour un béotien comme moi), les deux auteurs procèdent par type d'arbre, et c'est là que je comprends que chaque arbre a ses habitants privilégiés. Des amateurs de chêne, ou de hêtre ou de noisetier. Certains se retrouvent dans plusieurs arbres, mais certaines espèces non. 

Je ne suis ni féru ni même enclin à observer les punaises et autres bêtes peu ragoûtantes, mais en photos, ça me va et en outre, on en apprend beaucoup plus sur leur mode de vie et leur rôle. Je n'en suis pas encore à les inviter à entrer dans la maison et d’ailleurs lorsqu'elles y entrent inopinément, je tente de les en faire sortir énergiquement -ou moins si je ne les aime pas du tout, mais j'évite -presque- toujours la solution catégorique de l'écrasement. 

Livre complet et fort documenté, très illustré et pédagogique, il s'adresse à un public très large qui apprendra plein de trucs, sur le mode de vie de certaines espèces, sur les différences ou ressemblances entre d'autres, sur des termes spécifiques qui feront briller en société. Tiens savez-vous ce qu'est un imago ? Moi, je ne le savais pas, c'est l'insecte adulte sexué, le stade final de la métamorphose après l’œuf et la larve. Nous ne voyons donc pas que des coccinelles par exemple, mais des imagos de coccinelles. Ce n'est pas formidable comme nouvelle ?

Un livre à emporter en promenade en forêt, dans le jardin ou dans tout lieu avec des arbres, histoire de voir en vrai tous les hôtes décrits. Comme toujours chez les éditions Delachaux et Niestlé, ce guide est très bien fait, pratique et pas élitiste, il met à la portée des ignares -dont je suis, en ce domaine, et dans d'autres (mais bon, je ne vais pas tout révéler), je le répète- des moyens de mieux connaître le monde qui nous entoure.

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Où l'on apprend le rôle joué par une épingle à cravate

Publié le par Yv

Où l'on apprend le rôle joué par une épingle à cravate, Juan José Millás, Plon, 2018 (traduit par Hélène Harry)....

Damián Lobo, quarantenaire madrilène vient de perdre son emploi. Il vit isolé et parle seulement à Sergio O'Kane un présentateur télé, totalement imaginaire, son seul confident. En balade dans une galerie marchande, il chaparde une épingle à cravate siglée SO qu'il veut offrir à Sergio puisqu'elle a ses initiales. Damián y voit un signe. Pour échapper aux vigiles, il se réfugie chez un antiquaire dans une vieille armoire. Mais l'armoire est achetée et très vite livrée chez Lucia et Federico un couple gangrené par les habitudes et les soucis financiers. Damián bricole l'armoire et s'y installe, totalement invisible aux membres de la famille, le couple et sa fille adolescente. Bientôt, Damián sort lorsqu'il est seul, se met à ranger la maison, faire les tâches ménagères, préparer à manger. seule Lucia se pose des questions.

Étrange et un peu flippant lorsqu'on imagine qu'un homme vit calfeutré dans un placard d'une maison, qu'il y entend tout, se balade dans la journée et participe activement aux tâches ménagères. Ce ne serait que cela, ce serait bien, et je pense que beaucoup signeraient le contrat, heureux d'être débarrassés des corvées. Mais on se demande jusqu'où ira Damián. A priori, pas de mauvaises intentions, mais un homme qui parle à un ou plusieurs amis imaginaires tout en se cachant, ce n'est pas très rassurant.

Juan José Millás écrit une fable, une histoire barrée à la fois drôle et plus profonde qu'il n'y paraît. Elle questionne sur la vie moderne, la solitude, l'inactivité après la perte d'un emploi, le monde virtuel, Internet et les réseaux sociaux qui, pour certains les empêchent de vivre normalement dehors. J'entends normalement, sans portable, connexion, tablette, etc etc. Il y est aussi question de ce qu'on peut voir à la télé : Sergio O'Kane est, dans la tête de Damián présentateur d'une émission racoleuse, faite de confidence les plus inavouables pour faire monter les audiences. Mine de rien donc, le romancier espagnol critique assez férocement notre société actuelle dans laquelle malgré nos multiples connexions, nous n'avons jamais été aussi seuls. 

Son histoire est inquiétante, drôle parce qu'évidemment on rit de la situation et des remarques de Damián qui ne sait plus trop s'il est dans la réalité ou pas -nous non plus parfois, il faut faire l'effort de se replacer dans la tête du héros tant ses réflexions et sa vie cachée nous entraînent. Avec talent et humour, Juan José Millás rend ses situations crédibles, et le lecteur que je suis de s'imaginer -pas nécessairement de le souhaiter- un homme -ou une femme, je ne suis pas sexiste- dans un placard qui sortirait et se baladerait chez moi, ramassant ici une chaussette qui traîne, retapant là le canapé avachi... Rudement convaincant et bien fait ce roman qui jusqu'à la fin tient plus que ses promesses, moi qui le pensait être un joyeux divertissement uniquement. 

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La Dame aux Nénuphars

Publié le par Yv

La Dame aux Nénuphars, Viviane Cerf, Des femmes-Antoinette Fouque, 2018....

Une jeune femme, provinciale, erre dans les rues de Paris. Elle est née non désirée, a subi des violences dans son enfance et tente de fuir tout cela. Ses rencontres avec Automne un homme aux yeux verts sapin dont elle tombe amoureuse, avec Chagrin son confident et avec la Dame aux Nénuphars qu'elle rencontre dans les lieux de culture et d'ouverture au monde, seront déterminantes pour elle. 

Encore une étrangeté des éditions Des femmes-Antoinette Fouque après celle de Nathalie Léger-Cresson. Pour cet ouvrage, premier roman d'une jeune femme née en 1992 et écrit à 19 ans, que j'ose à peine qualifier de roman, c'est d'abord la forme qui surprend. J'ai plutôt eu l'impression de lire un long poème, autant dans la mise en page que dans l'écriture. Petites phrases qui ne finissent quasiment jamais une ligne. Parfois trois mots, parfois un seul, quelquefois un peu plus. Phrases nominales, ou plus classiques, rarement. Elles sont torturées, bizarrement tournées, le verbe parfois en position finale curieusement. Beaucoup d'images aussi, comme celle par exemple des nénuphars qui fleurissent sur des eaux troubles, les nénuphars qui sont les yeux des humains qui peuvent éclairer un visage même lorsque cet humain a vécu des événements terribles ou qu'il vieillit et que la fin approche. La résilience vue par les fleurs, j'ai trouvé cela très beau. 

C'est aussi un voyage initiatique pour la jeune fille qui va devoir dépasser ses peurs et ses angoisses pour quitter son enfance violente. Les adultes qu'elle rencontre l'aideront à comprendre et s'enrichir. La Dame aux Nénuphars notamment qui l'ouvre à des réflexions et des images poétiques et fortes sur le sens de la vie, la vieillesse, l'éternité.

"Elle reprend : l'éternité : regarder.

Quand le nénuphar s'ouvre vainquant les eaux

boueuses.

Quand les yeux s'aperçoivent de la beauté

d'un instant.

L'éternité alors parce qu'il domine le temps.

Sort de la chaîne qui lie futur, présent, passé.

Tellement différent des autres qu'on peut pas

le mettre bout à bout des autres instants.

L'éternité : alors.

Des autres instants : il sort." (p.44)

Ce n'est pas toujours aisé d'entrer dans cet texte et peut-être cet extrait vous déroutera. En fait, le mieux serait de lire l'entièreté de ce texte, car toutes les strophes se parlent, se répondent et au bout de quelques pages, une musique naît qui ne nous quitte plus jusqu'à la fin. Un rythme. Une mélodie. Étonnant livre. Envoûtant. Poétique. 

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Elles sont folles de mon corps

Publié le par Yv

Elles sont folles de mon corps, Marc Villard, L'Atalante, 2003.....

Vingt-huit nouvelles dans cent-soixante-et-onze pages, c'est dire si les histoires de Marc Villard sont courtes. Mais cette brièveté n'est pas synonyme de mauvaise qualité, au contraire. L'auteur excelle dans ce genre et à chaque fois que j'ouvre un de ces recueils, je me régale. Là, encore. 

Marc Villard est surtout connu pour ses romans ou nouvelles noirs et dans ce livre dont le titre évidemment ne peut faire référence qu'à moi -même si pudiquement, l'auteur le cache en se l'attribuant à lui-même-, la meilleure preuve étant que les éditions de l'Atalante sont basées chez moi, à Nantes, si ça, ce n'est pas une preuve... je disais plus haut avant de digresser que ce livre ne faisait pas dans le polar ou le noir, mais plutôt dans une certaine légèreté, dans de la nostalgie, un brin de mélancolie et surtout dans l'humour et l'auto-dérision. 

Difficile de dégager une histoire par rapport aux autres tant elles m'ont toutes plu. Les notes de service de la société Parfums Topaze, l'employeur de Marc Villard héros sont à se tordre de rire. Pas aisé non plus de choisir un extrait à citer ici, peut-être ce dernier qui m'a tiré un rire, formidablement bien tourné et drôle, mais il n'est qu'un parmi un très grand nombre :

"Et je repérai mon gosse, son petit foulard rouge d'Eyraguais autour du cou, qui trottinait avec des comparses de quinze ans autour de la bête à cornes. Christine et moi nous dévisageâmes : ça ne pouvait pas être notre enfant. Aussi loin que remontent nos souvenirs, nous devons avouer ici faire partie des trouillards d'une veulerie insoupçonnée. Et nous nous retrouvions parents d'un aventurier de dix ans, en route pour braver les toros camarguais." (p.18)

Envie d'un excellent moment de détente ? Ne cherchez pas plus loin, en plus la couverture est signée Loustal. 

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Jeux de mains...

Publié le par Yv

Jeux de mains..., Yves Laurent, Esfera, Imaginons ensemble, 2017....,

Deux ans avant que cette histoire ne commence, l'inspecteur Corduno a dû faire face à une série de cinq meurtres apparemment sans lien, mais néanmoins tous attribués au même tueur qui lançait des défis au célèbre flic, chef de groupe à la crim' de Bruxelles. Puis, la série s'est arrêtée. Mais elle repart de plus belle -deux ans plus tard, merci ceux qui suivent- avec de nouvelles provocations du tueur envers Corduno et son équipe, il faut le dire totalement largués. Rien, pas la moindre piste, pas le moindre indice à exploiter pour trouver le coupable. Et les assassinats s'accumulent, toujours plus spectaculaires et violents...

Heureuse surprise que ce polar/thriller belge écrit à quatre mains par Yves Vandenberg et Laurent Vranjes. Presque 400 pages de suspense et de travail de fourmi des enquêteurs pour dénicher et creuser des pistes qui seront toutes -ou presque- bien sûr des impasses. Certes, on pourrait reprocher quelque longueurs par ci par là et quelques maladresses dans l'écriture (Ah ce "baillant aux corneilles" -p.69- fort malvenu et surtout inexact puisqu'on baille à s'en décrocher la mâchoire mais qu'on baye aux corneilles...), mais cela ne gâche pas la lecture et lui donne même un côté fragile rafraîchissant. Les deux auteurs ont pris le parti d'être ultra réalistes et chaque intervenant du roman a droit à quelques lignes descriptives, même lorsque son intervention ne dure que ces quelques lignes avant de se faire sauvagement trucider -certaines scènes de crimes sont à la limite du soutenable, pour mon petit cœur sensible. A tout seigneur, tout honneur et évidemment David Corduno a le droit aux meilleures pages avec Sasha sa compagne et ses équipiers : Michel l'ami d'enfance dragueur et fidèle second, Pascal jeune futur papa aux blagues lourdes, Alex jeune femme un peu -beaucoup ?- amoureuse de son patron, Fabien l'ex-hacker embauché par Corduno suivent de près, si bien que le lecteur sait vraiment à qui il a affaire. Tout est décrit par le menu, même les moindres gestes du quotidien, donnant au roman un ancrage évident dans la réalité et le quotidien. Il est parfois surprenant de lire le contenu du petit déjeuner en entier, on aurait presque la notice de la cafetière, mais je vais être franc, j'ai bien aimé, ça donne aux personnages un côté humain, comme s'ils étaient nos voisins. 

L'intrigue tient la route également. J'ai lu une critique sur Babelio disant que le coupable était facile à trouver dès la première partie et bien que nenni ! J'ai quasiment suspecté chaque protagoniste au moins une fois pour des raisons plus ou moins sérieuses. Soit ma sagacité légendaire m'a fait ici défaut soit les auteurs ont savamment écrit leur histoire pour emmener les lecteurs dans leur sillage jusqu'à la toute fin. Ce que je peux dire c'est que je n'ai jamais eu de certitude que forcément la majorité de mes soupçons ne s'avéra point et que la fin ne m'a pas déçu. Pour toutes ces raisons, j'écrivais plus haut : "heureuse surprise"

Si comme moi, vous lisez toutes les pages jusqu'aux dernières présentant l'ouvrage et les auteurs, vous verrez que la suite des aventures de Corduno et son équipe est en cours d'écriture. En voilà une bonne nouvelle. 

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Le festin de l'aube

Publié le par Yv

Le festin de l'aube, Janis Otsiemi, Jigal polar, 2018.....

Le lieutenant de la gendarmerie, Boukinda, rentre d'un mariage avec sa femme lorsqu'il heurte une jeune femme sur la route, une jeune femme qui se jette littéralement sous ses roues. Boukinda et sa femme la transportent à l'hôpital où elle décède mais pas des suites de l'accident, d'une manière plus étrange.

Le même soir, c'est un camp militaire qui est cambriolé par des hommes bien renseignés qui y volent une véritable arsenal.

Quelques jours plus tard, c'est un fourgon de transports de fond qui est attaqué à l'arme lourde en plein centre de Libreville. C'est la PJ, et les deux capitaines, Koumba et Owoula qui sont chargés de ces deux dernières enquêtes.

Après de bons polars chez Jigal dont La bouche qui mange ne parle pas et Les voleurs de sexe, et un moins bon chez Plon Tu ne perds rien pour attendre, Janis Otsiemi revient en très grande forme pour cet opus. Ces deux flics, Kouba et Owoula rencontrent ces deux gendarmes, Boukinda et Envame pour tenter de tirer au clair plusieurs affaires a priori sans lien et qui, bien sûr, en auront un. Mené tambour battant et sans temps mort, ce polar se suit avec attention et beaucoup d'intérêt. D'abord parce que les intrigues sont crédibles et tiennent le lecteur jusqu'au bout sans aucune once d'ennui. Ensuite, parce que le contexte du Gabon, en attente des élections présidentielles avec des candidats controversés dont l'actuel président, fils de l'ancien -qui a tenu plusieurs décennies- qui se représente malgré des doutes et protestations sur la validité de sa candidature est très présent et fournit la couleur du livre. Et enfin, parce que l'écriture de Janis Otsiemi est particulièrement vivante et donne un rythme soutenu et énergique.

Janis Otsiemi écrit des polars qui sont bien plus que cela. Ils parlent de son pays, de la pauvreté, de la corruption, de la politique, de la société gabonaise. C'est du noir sociétal permet d'apprendre sur le Gabon, sur les gabonais. J'aime beaucoup ça dans les polars quand ils m'offrent plus qu'une simple énigme à résoudre. C'est la raison pour laquelle, par exemple, j'aime beaucoup Henning Mankell qui a décrit son pays et ses mœurs à travers son héros Kurt Wallander et bien d'autres auteurs aussi, mais c'est le nom qui me vient à l'esprit présentement. La plume de Janis Otsiemi est plus fantasque que celle du Suédois, plus imagée, décalée, argotique. Elle est un vrai plus, un ravissement supplémentaire que l'on déguste au fil des pages.

Très bon retour de Janis Otsiemi dans le giron Jigal polar.

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Frankentruc

Publié le par Yv

Frankentruc, Jeremy Banx, Lunatique, 2018 (traduit par Étienne Gomez)....

Le monstre créé par le Dr Frankenstein s'ennuie. Le chat du scientifique, Igor, ne suffit pas à le distraire. Alors, un jour, Igor rapporte dans sa gueule un être bizarre, un animal étrange qui ne ressemble à rien de connu et ce, d'autant plus qu'Igor a dû jouer avec lui et qu'il n'en reste qu'une charpie dégoulinante. Le Dr Frankenstein sent la bonne idée et crée avec ces restes d'animal indéterminé l'ami du monstre qu'il appelle Frankentruc. Les deux deviennent ami à la première seconde, au détriment d'Igor qui voudrait bien croquer son jouet. Aussi, lorsque le Dr s'absente, le monstre, Igor et Frankentruc restent seuls avec l'interdiction d'entrer dans le laboratoire du professeur.

Amateurs de monstres poilus, de chats mono-oreille, de docteur fêlé et d'être bizarres revenus à la vie on se demande comment, courez cherchez ce Frankentruc. D'abord pour le lire si vous êtes adulte ou pas encore mais pas loin ou pas encore mais pas loin d'être pas loin...  ou demandez aux adultes de vous payer cet ouvrage. D'abord vous y frissonnerez un peu -mais pas trop- devant l'ardeur d'Igor à vouloir manger Frankentruc. Ensuite, vous rigolerez à toutes les maladresses des uns et des autres. Puis vous écraserez peut-être une petite larme à la fin (mais j'en ai déjà trop dit). Et surtout, vous vous esclafferez devant les dessins de Jeremy Banx, car ces monstres sont plus drôles qu'effrayants. Parents, les monstres, les enfants adorent, alors ne les privez pas de ce plaisir et ne vous privez pas de cette régression, vous pourrez même associer votre joie à celle de votre enfant en lui lisant cette histoire loufoque et déjantée.

En prime, lorsque le monstre s'ennuie en début de volume, il fabrique des trolls en origami. Eh bien, croyez-le si vous voulez, Jeremy Banx vous offre en fin de livre, les instructions pour les fabriquer vous aussi. Étonnant, non ? Alors qu'est-ce qui pourrait vous empêcher de courir acheter Frankentruc ?  

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Sainte Zélie de la palud

Publié le par Yv

Sainte Zélie de la palud, Hervé Jaouen, Presses de la cité, 2018.....

Paulo est l'un des plus gros mareyeurs du pays bigouden; mais avant cela, il eut une enfance et une vie difficile et tumultueuse. Élevé par sa mère, seule, Zélie, qui tous les matins s'attelait à sa charrette à bras, achetait du poisson et faisait sa tournée dans les villes et villages du coin pour le vendre.  Elle gagnait juste de quoi manger et surtout de quoi boire. Car Zélie rentrait saoule tous les soirs et c'est Paulo, alors nommé Paolig (le petit Paul) qui s'occupait d'elle. Il tenait aussi le pennti qu'ils habitaient, cette cabane sur la palud (le marais). Puis, Paulo grandit et fit les tournées avec Zélie dès ses douze ans. Puis pas mal d'autres choses avant de devenir l'un des mareyeurs les plus respectés du pays. 

Il est agaçant Hervé Jaouen. Je n'avais pas prévu de lire son dernier livre, et j'ai eu la surprise de le recevoir dans ma boîte à lettres. Donc, je l'ai commencé et alors se produisit l'habituel, la routine, la rengaine jaouenienne : impossible de lâcher le livre tant cette histoire est mouvementée, les paysages forts, beaux et tourmentés, adjectifs dont je pourrais user pour décrire également les personnages. Il me fait le coup à chaque fois et à chaque fois je plonge. Non, croyez-moi, c'est dur de ne pas pouvoir sortir d'un bouquin dans lequel on ne pensait pas entrer. Et que je te décris des mers démontées, des tempêtes bretonnes, une palud hostile à qui ne veut la connaître et tellement accueillante à qui l'aime et pour les espèces animales et végétales, des lumières incroyables et des paysages sauvages et somptueux. Et que je te parle des vies difficiles des marins et des habitants de ces coins reculés de Bretagne dans l'entre-deux guerres mais aussi de leur joie de vivre, de boire le coup ensemble, de la solidarité entre eux mais aussid es coups de poings dans la gueule, des beuveries, du travail acharné et harassant... Et toujours cela est écrit avec une verve incroyable, un dynamisme fou et une envie de partager l'amour de la Bretagne et des Bretons avec tous les lecteurs Bretons ou pas -personne n'est parfait, à part les Bretons bien entendu.

Ce roman fait partie de l'énorme saga que l'auteur a voulu écrire, celle d'une vaste famille bretonne au vingtième siècle. L’avantage, c'est que le romancier s'est autorisé à sauter des générations, à traîner sur d'autres et que donc chacun des romans peut être lu indépendamment. Les deux premiers sont : Les filles de Roz-Kelenn et Ceux de Ker-Askol, suivis de Les sœurs Gwenan, je ne les ai pas lus. Par contre, j'ai lu la suite : Ceux de Menglazeg, Gwaz-Ru et Eux autres, de Goarem-Treuz avec des bonheurs divers, mais relisez mes billets et vous saurez tout. Le mieux, c'est certes de relire mes billets, de faire des commentaires, tout plein, de faire passer le message pour que plein de monde y vienne voir mon blog et surtout de lire les livres de Hervé Jaouen. Ils sont emplis de tout ce que j'ai dit, d'humour, d'humanité, de gravité aussi, de profondeur, toujours positifs et tellement bien écrits qu'ils sont un régal et donnent la super pêche comme disait un ex-candidat-le-meilleur-de-nous-tous qui a quand même au moins un tort, celui de n'être point Breton.

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Infinity 8. Et rien pour finir.

Publié le par Yv

Infinity 8. Et rien pour finir, Boulet, Lewis Trondheim, Rue de Sèvres, 2018....

Septième et avant-dernier reboot pour le capitaine du vaisseau Yss Infinity. Et cette fois-ci l'agente en charge d'élucider le mystère de la nécropole empêchant le vaisseau de progresser est... un agent. Douglas. Un petit mec, tout frêle et pas courageux, du genre à fuir dès qu'il y a du grabuge. Mais quelle mouche a piqué le capitaine pour l'engager lui ? Et que va faire le lieutenant qui propose la botte à toutes les agentes précédemment sélectionnées ?

Volume qui change des autres d'abord par son héroïne qui n'en est pas une mais un héros, plutôt anti-héros et ensuite par sa mise en scène du reboot et du problème récurrent à la série, expliqué de manière différente. Une surprise donc, fort bienvenue, non que la série ennuie, mais la surprise à l'avant-dernier numéro, je ne m'y attendais pas, c'est d'ailleurs tout bien pesé, le principe d'une surprise. 

L'humour est toujours présent dans la couardise de Douglas, l'impassibilité de son kidnappeur et la fureur, l'impulsivité et la bestialité de celui qui les recherche. J'aime bien le dessin et les couleurs de Boulet, ses personnages expressifs (voyez la couverture). Le scénario est moins compliqué que le précédent tome ou plus à ma portée de garçon basique. 

Pénultième album de cette très bonne série, la fin approche donc à grand pas. Cool, je vais enfin avoir le fin mot de cette histoire qui me tient depuis deux ans, depuis le premier tome Romance et macchabées

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