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Nuits grises

Publié le par Yv

Nuits grises, Patrick S. Vast, Le chat moiré, 2019.....

Suzy, depuis qu'elle a été licenciée, enchaîne les petits boulots. Elle cumule plusieurs employeurs et fait des ménages, mais elle peine à payer son loyer. Le jeune couple qui loge au-dessus d'elle est dans la même situation : Pauline est au chômage et Kevin en intérim, cinq mois de loyer en retard. Le fils de la propriétaire, cinquantenaire oisif qui vit des rentes familiales, ne se lasse pas de faire des propositions libidineuses aux deux jeunes femmes en échange d'un effacement promis de leurs dettes. Suzy ne cède pas. Pauline ne résiste pas au harcèlement, mais Kevin la surprend avec le propriétaire. Lorsque celui-ci disparaît, la police est amenée à enquêter.

Excellente, j'allais dire surprise, mais ce n'est n'en est pas une puisque Le chat moiré a déjà publié trois autres titres de Patrick S. Vast, tous très bons (Potions amères, Passé doubleDuo fatal) et qu'avant cela j'avais aussi lu Boulogne stress. Donc dire d'un livre de Patrick S. Vast qu'il est une surprise c'est n'importe quoi, puisqu'on sait qu'ils sont très bien. Cette -à peine- digression passée, la surprise vient peut-être du fait que ce Nuits grises est peut-être un poil au-dessus des autres cités. Tout m'y a plu au point de ne point parvenir à le lâcher. Il débute doucement, sauf pour Suzy et le jeune couple qui se débattent dans des situations très difficiles. Suzy cumule les emplois pour tenter de subvenir à ses besoins, se fait exploiter. Ses boulots sont harassants et ne payent qu'a peine ses frais. Elle parvient tout juste à écarter le harcèlement de son propriétaire et on sent bien que le pire est à venir. Et il arrive.

L'auteur décrit très bien la crise qui pousse au désespoir et le désespoir qui génère des idées noires, très noires, rarement les plus sensées, mais comment pourraient-elles l'être ? La spirale de la descente aux enfers est tellement forte, que rien ni personne ne semble pouvoir y résister ni même la stopper. C'est avec ceux que l'on nomme désormais les travailleurs pauvres que le romancier bâtit son histoire. Rarement héros, il sait les mettre en avant, ce qui donne un roman policier humain, dans lequel comptent avant tout et malgré la misère, les rapports humains, l'entraide, la débrouille et l'humanité -j'insiste- de certains qui ne jugent pas selon le porte-monnaie ou le statut social.

Pour la partie polar, on connaît le coupable en temps réel, on suit donc l'enquête policière avec d'une part un flic un peu borné, Chombert, et d'autre part un flic qui sait aller au-delà des apparences et des évidences, le capitaine Lourdieu. Le suspense est bien là, on a tant envie de savoir qui va s'en sortir et qui va plonger.

Je vous avais prévenu, un roman policier de Patrick S. Vast, c'est forcément très bien. En plus, la couverture jaune orangée sur mon blog noir, ça claque, n'est-il pas ?

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Art et décès

Publié le par Yv

Art et décès, Sophie Hénaff, Albin Michel, 2019..,

Alors que la commissaire Anne Capestan, cheffe des bras cassés qui forment l'équipe la plus hétéroclite et la plus moquée du 36 quai des orfèvres, profite pleinement de Joséphine son bébé de 18 mois, elle est appelée par Eva Rosière, ex-capitaine de ladite équipe qui se consacre désormais à sa carrière d'auteure à succès. Son roman est adapté au cinéma par un réalisateur réputé faire des entrées mais qui veut absolument apposer son nom sur le scénario auquel il n'a pas touché. Eva l'a cherché, a tempêté, crié qu'elle allait le tuer, jusqu'à ce que celui-ci soit retrouvé assassiné. L'ex-capitaine devient le suspect numéro un et demande donc de l'aide à ses anciens collègues.

Après Poulets grillés et Rester groupés (pas lu), retour de la brigade des inclassables. Sans faire durer le suspense plus longtemps, je ne peux pas dire que je me sois esclaffé. Assez décevant finalement par rapport à ce que j'avais pu lire un peu partout sur cette série. Les personnages sont bien sympathiques, certes, mais l'humour tombe souvent à plat et les nombreux essais de digressions comiques m'ont plutôt semblé des longueurs et des redites un peu poussives. La comédie policière n'est pas un genre aisé, et lorsque l'humour de l'auteure ne sied pas au lecteur, eh bien ma fois, c'est qu'il faut passer à autre chose. Néanmoins, je suis allé au bout de cette histoire qui ne provoque aucun rejet ni déplaisir. Pas de surprise, manque de punch, c'est dommage car Sophie Hénaff a bâti une équipe qui laisse envisager des moments beaucoup plus drôles et décalés. Si je peux me permettre un conseil -j'ose, mais qui suis-je pour donner conseil ?-, chère Sophie -vous permettez que j'use de votre prénom ?- :  lâchez-vous, débridez-vous la plume -rien de vulgaire, aucune pensée salace ou autre de ma part-, osez la démesure , vos personnages  méritent au moins cela !

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Avez-vous lu les classiques de la littérature II ?

Publié le par Yv

Avez-vous lu les classiques de la littératude II, Soledad Bravi, Pascale Frey, Rue de Sèvres, 2019.....

Après Avez-vous lu les classiques de la littérature ?, les deux auteures reviennent avec Avez-vous lu les classiques de la littérature, le tome 2, ce qui paraît logique.

Vingt quatre titres aussi divers que Phèdre de Jean Racine, Mrs Dalloway de Virginia Woolf, Anna Karénine de Léon Tolstoïk, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Frankenstein de Mary Shelley ou La petite Fadette de George Sand. Elles balaient une époque large de 1597 (Roméo et Juliette de W. Shakespeare) à 1965 (De sang-froid de Truman Capote).

Le principe est le même que dans le tome 1 : des dessins minimalistes et souvent drôles et des résumés très condensés des œuvres, drôles eux aussi, preuve qu'on peut  se moquer avec respect des plus grands livres.

Autant vous dire que sur ces vingt quatre titre, je n'en ai pas lus beaucoup, huit seulement : Roméo et Juliette -en version bilingue, "empruntée" à la bibliothèque universitaire, mais il y a prescription-, La Barbe bleue (Charles Perrault), Manon Lescaut (l'abbé Prévost) -très bonne surprise de lycée-, Le rouge et le noir (Stendhal)-pff, mauvais souvenir de lycée, une vraie galère-, Notre-Dame de Paris (Victor Hugo) -un monument (humour), mais je préfère Les Misérables-, Le Comte de Monte-Cristo (Alexandre Dumas) -quelle vengeance, jamais égalée-, Mort sur le Nil, (Agatha Christie) -l'un des must de la romancière- et L'écume des jours (Boris Vian). Pour d'autres, j'ai vu les adaptations cinématographiques : Fanny (Marcel Pagnol), Rebecca (Daphné du Maurier), Le docteur Jivago (Boris Pasternak.

Bref, tout cela pour parler de cette bande dessinée que j'aime bien parce qu'elle est soit un moyen de se (re)mettre en tête des classiques, soit de donner envie de les lire soit enfin de se dire qu'on a peut-être bien fait de ne pas les lire. Sans doute trop juste pour disserter sur tel ou tel livre présent dans l'album, mais pas mal pour ne pas être totalement largué si la discussion l'aborde.

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Quel but ai-je servi dans ta vie

Publié le par Yv

Quel but ai-je servi dans ta vie, Marie Calloway, Premier degré, (traduit par Clément Braun-Villeneuve), 2019..,

Marie Calloway fait dans l'alt-lit, la littérature alternative, de celle qui fleurit sur les blogs, sur certains sites spécialisés sur lesquels on peut mettre en ligne des textes. Marie Calloway est une figure de proue de ce genre d'écrits. Les siens ont choqué, surpris et déclenché pas mal de critiques violentes. Il faut dire que le thème principal de l'auteure est la sexualité, la perte de sa virginité, ses expériences de prostitution et son idylle avec un écrivain marié qui a le double de son âge.

Me voici donc plongé dans l'alt-lit, ce genre de littérature moderne qui s'affranchit des règles de ponctuation, des majuscule, parfois même d'orthographe, qui joue avec les mises en forme, en pages, qui se sert d'Internet pour tenter d'inventer un truc plus libre.  Néanmoins, je n'y vois pas une révolution, beaucoup d'auteurs et pas des moindres ont déjà joué avec les règles de la littérature. Ce qui fait la différence, c'est sans doute qu'eux savaient qu'ils transgressaient alors que les auteurs d'alt-lit écrivent comme ils parlent, sans se poser de questions sur la forme.

Cela mis à part, les textes de Marie Calloway sont directs -puritains, n'y venez point-, pas vulgaires. J'avoue n'avoir pas été intéressé par tous -les échanges de mails, messages reproduits ici, qui critiquent surtout le fond des propos, la sexualité particulière de Marie Calloway, sont à mes yeux sans intérêt-, le principal titré Adrien Brody, est un peu longuet et répétitif. D'autres, plus courts, sont plus pertinents, parlent de l'envie d'écrire mais pas comme tout le monde, pas un journal mais presque. D'aucuns jugeront les textes fades et sans intérêt puisque racontant les moindres faits, gestes et pensées d'une jeune femme banale. Avis que je ne partage pas totalement. Certes, c'est parfois long et mal bâti, mais il y a quelque chose d'original, des idées à prendre, une écriture différente pas toujours à la hauteur mais qui a le mérite d'exister et de bousculer un peu. Bon, je ne la porterai pas au pinacle, rien ne vaut pour moi, de belles phrases, un beau style, un truc bien léché -rien à voir avec le thème de prédilection de Marie Calloway-, mais je ne regrette pas ma découverte.

Les éditions Premier degré, toutes récentes, se font un devoir de faire découvrir cette littérature alternative. N'hésitez pas à leur rendre visite et plus si affinités. Le livre est soigné, la couverture sobre et réussie.

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Chaos de famille

Publié le par Yv

Chaos de famille, Franz Bartelt, Gallimard série noire, 2006.....

"Mon Dieu, avez-vous vu ce que vous avez fait de moi ? Un gros machin avachi, pas beau à regarder, pas appétissant, qui a gaspillé sa jeunesse et près de vingt ans de sa vie à attendre le bon vouloir, le bon désir d'une épouse moins sensible aux caresses qu'une truelle de maçon ! Mon Dieu, à cause de cela je suis devenu un véritable obsédé des choses du sexe ! J'en rêve quand je dors, et je me réveille pour en rêver plus fort !" (p. 56)

Voilà un des nombreux monologues intérieurs de Eho -ainsi que l'appelle Camina sa femme qui n'a même plus besoin d'user de son prénom. Elle l'appelle, il accourt. Depuis dix-huit ans dont douze sans vie sexuelle. Eho doit subir en outre, la famille de Camina, frères et sœurs et mère, tous dépressifs et suicidaires, le père déjà suicidé, traçant la voie familiale. 

Humour noir est-il précisé en quatrième de couverture. Noir, très noir et tellement drôle. Franz Bartelt s'en donne à coeur joie, il pratique une langue savoureuse, argotique, néologique, crée des personnages hors normes, hors de toutes conventions. Ils sont gros, moches, la mocheté n'étant pas la conséquence de la grosseur, non ils sont moches dedans et dehors et ce qui est dedans se voit à l'extérieur. Ils sont aussi cons, très cons même pour certains, et la connerie n'est pas, là non plus une conséquence de quoi que ce soit. Ils sont cons, c'est tout. 

J'ai ri, mais j'ai ri. L'enterrement de Beignet, l'un des beaufs de Eho, est à mourir de rire et s'étale sur plusieurs pages. Il est loufoque, irrésistible, énorme. Le reste est dans le même ton. A la fin, l'humour plus noir, plus méchant revient, mais qu'est-ce que c'est drôle. A quasiment toutes les pages, il y a une situation, un bon mot, une phrase qui fait rire ou sourire. Et dans cette comédie noire, on sonde les plus bas instincts des uns et des autres : la bassesse, la jalousie, la cupidité, l'envie, ... 

Lecture extrêmement plaisante, à cependant, ne pas forcément mettre en toutes les mains, les plus prudes ou les plus innocents, pourront y perdre des illusions ou rougir.

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La poupée sanglante

Publié le par Yv

La poupée sanglante, Gaston Leroux, 1923 (L'aube, 2006)....

Bénédict Masson est relieur en l'île Saint-Louis. Affreusement laid, il sait qu'il fait peur aux femmes et plusieurs qui souhaitaient travailler en son atelier ont fui. Bénédict est follement amoureux de sa voisine Christine qu'il épie, ainsi que son père et son fiancé, médecin qui vivent en face de chez lui. Ce qu'il voit est troublant voire effrayant, entre un supposé amant caché dans l'armoire sans doute occis par le père de Christine et des expériences menées au rez-de-chaussée de la demeure de ses voisins. Un jour, Christine entre dans la boutique de Bénédict et lui propose de travailler avec elle chez le baron de Coulteray qui possède une grande bibliothèque à rénover. Le relieur accepte, heureux de pouvoir passer des moments seul avec sa dulcinée. Mais dans la propriété des Coulteray, le mystère et l'incroyable poursuivent Bénédict.

Gaston Leroux (1868-1927) est célèbre pour avoir créé des personnages qui ont dépassé sa propre renommée :  Rouletabille, Chéri-Bibi. Il est aussi l'auteur de Le fantôme de l'opéra. Le livre du jour,  a aussi une suite, La machine à assassiner écrite la même année. Construit en deux parties, l'une révélant les mémoires de Bénédict et l'autre continuant l'histoire et la finissant. La première est un peu longue parfois, entre les exclamations du relieur amoureux transi et rejeté, c'est sans doute l'époque qui veut cela, maintenant, on va au plus court. Gaston Leroux écrit là un roman fantastique qui part dans plein de -fausses (?)- directions, qui nous entraîne, lecteurs, dans des suppositions folles et nous réserve surtout de belles et réelles surprises. Si l'on passe sur ces longueurs et ces lamentations un poil désuètes, on a la joie de lire de la belle littérature, de belles phrases, des imparfaits du subjonctif, de belles tournures avec des mots à apprendre, broucolaque par exemple : ""Broucolaque" est le mot dont se servaient les Grecs pour désigner ce que la superstition moderne désigne sous le nom de "vampires."" (p. 117). Et puis, au détour d'un paragraphe, il n'est pas rare de tomber sur une réflexion intemporelle : "Seigneur Dieu, ne jugeons personne !... Ayons peur des formes que prennent les choses en nous frôlant et ne disons point tout haut avec le triste orgueil de la créature qui ne dispose que de ses cinq sens "ceci est" ou "ceci n'est pas"... Méfions-nous ! méfions-nous ! L'Univers est autour de nous comme une immense embûche... D'autres avant moi ont prononcé le mot : Farce !" (p. 48)

Relisons donc Gaston Leroux, un peu oublié et pourtant maître du fantastique, des histoires à rebondissements et à la logique imparable, digne d'un Edgar Allan Poe. Cela fait un bien fou de se replonger dans ses histoires avec une ambiance qu'on qualifierait de gothique de nos jours, un style un peu emphatique parfois et d'autres fois plus prosaïque, avec des personnages marquants, une foultitude de détails ; tout cela fait travailler l'imaginaire de manière incroyable.

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Juste à temps !

Publié le par Yv

Juste à temps !, Tomi Ungerer, L'école des loisirs, 2019, (traduit par Rosalind Elland-Goldsmith).....

La Terre est quasi vide. Tous les êtres vivants sont partis sur la Lune. Seul Vasco reste. Son ombre le guide, lui évitant les catastrophes. Puis elle le conduit vers deux missions : apporter une lettre à un destinataire et sauver Poco, un jeune orphelin.

Tomi Ungerer dessine la Terre abandonnée desséchée, vidée de quasiment toute vie, une fois que les hommes l'ont épuisée et anéantie, à grands traits rectilignes. Les créations humaines sont droites, hautes et elles finissent par s'écrouler. Ce n'est pas réjouissant, mais il y a un espoir, la vie n'est pas détruite, il reste Vasco et Poco.

Bel album de science-fiction aux dessins simples, peu chargés et au texte court et direct. Une lecture à voix haute aux enfants permettra d'aborder les questions de la survie de la planète, de nos modes de consommation et de vie, de l'entraide entre hommes -avec un peu d'extension, on peut voir une allusion aux réfugiés qui bravent moult dangers pour finir mal accueillis en Europe.

Album posthume, Tomi Ungerer est décédé le 9 février 2019

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Vive la marée/L'entrevue

Publié le par Yv

Vive la marée, David Prudhomme, Pascal Rabaté, Futuropolis, 2015....

Les vacances sont arrivées et avec elles des touristes dans cette station balnéaire. Des qui veulent pêcher. Des qui veulent bronzer. Des qui veulent profiter, s'amuser. La plage est le lieu de rendez-vous de tous. Les corps s'y exposent.

David Prudhomme et Pascal Rabaté suivent plusieurs familles ou personnages venus passer quelques jours dans ce lieu. Pas de héros, pas d'histoire vraiment suivie, juste des moments, des pans de journée des uns et des autres.

C'est très coloré, parfois joyeux, parfois moins, comme les vacances où les jours se suivent sans tous se ressembler. Très bon album qui fait forcément remonter des souvenirs de choses qu'on a vécues ou vues, des odeurs de station balnéaire en été. On sourit aux mésaventures de telle ou tel. Album à lire évidemment sur la plage.

L'entrevue, Manuele Fior, Futuropolis, 2013 (traduit par Laurent Lombard)....

Un soir, en rentrant chez lui, dans un futur pas très lointain, Raniero voit, dans le ciel des phénomènes étranges. Il perd le contrôle de sa voiture. Il parvient à rentrer chez lui. Le lendemain, Raniero, psychologue à l'hôpital doit recevoir en consultation une jeune femme, Dora, qui a des visions et qui prétend communiquer par télépathie. Raniero semble perturbé par tout cela et par le divorce demandé par sa femme. 

Très étrange cette bande dessinée, toute en noir blanc et gris. Comme dit en 4ème de couverture, ce récit de science fiction n'aborde pas cette fois-ci des avancées technologiques, des Martiens ou autres étranges créatures, mais les relations des hommes entre eux, les sentiments et les émotions. Le noir et blanc apporte de la profondeur et de la gravité et certaines cases voire des pages entières sans texte en rajoutent. Finement observé, original et bien vu.

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C'est la faute du vent...

Publié le par Yv

C'est la faute du vent..., Jean Failler, Palémon, 2018.....

Alors qu'il se ressource pas loin de la pointe du Raz, Armand Demaisieux, célèbre comédien fait la connaissance de Florence de Saint-Marc cavalière émérite et vice-championne du monde. Leur idylle naissante les pousse à la balade romantique, romantisme très sévèrement amoché lorsqu'ils découvrent le cadavre d'une jeune femme sur une plage. Ce sont les gendarmes du pays bigouden qui sont chargés de l'enquête. Le major Papin, irascible et obtus convoque Mary Lester, commandant à la PJ parce que son nom apparaît dans l'affaire. A contre cœur, icelle rencontre ledit major et se heurte à un roc de colère et de rigorisme administratif et procédural. Mary souhaite alors ne pas se mêler de cette histoire, mais c'est plus fort qu'elle...

Quelle joie de retrouver Mary Lester que j'ai toujours lue avec beaucoup de plaisir et que j'ai quittée par inadvertance. Elle a toujours la langue aussi bien pendue et c'est pur bonheur que de lire ses dialogues, que dis-je, ses joutes verbales avec Papin, le major obtus -c'est un euphémisme. Elle a aussi toujours envie de se mêler des affaires dans lesquelles, de près ou de loin son nom apparaît, toujours fortement et efficacement secondé par le capitaine Fortin. Cette cinquantième enquête colle à l'actualité récente en même temps qu'elle donne le beau rôle aux paysages bretons sous la grisaille de novembre. Jean Failler et son héroïne sont malicieux, c'est aussi pour cela qu'on prend un vrai grand plaisir à lire leurs aventures. C'est à la fois sérieux et drôle ; sérieux parce que la mort d'une personne c'est rarement joyeux et drôle parce que les réparties de Mary Lester et du capitaine Fortin le sont souvent. Sans être franchement dans une comédie policière, on y passe un joyeux moment, c'est cela qui fait tout le charme de l'enquêtrice bretonne.

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