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Objectif : la lune

Publié le par Yv

CONCOM : la lune, Jim Amorcas, LTJ éditions, 2018

Florimond Tutu entomologiste respecté, sa femme Rosy, son assistant et charcutier à Ladignac sur Rondelle, Couic et son chien polyaboityglotte Fricandeau sont retenus au fin fond du Kamtchatka par les services de la Guépéou et le colonel Gouinov pour participer activement au premier vol en direction de la lune. On se souvient de leurs aventures précédentes narrées dans Piste la gaine à Moscou qui les ont amenés jusqu'ici.

Le CONCOM c'est quoi ? Centre Opérationnel de Navigation Cosmologique des Ouvriers Moscoutaires et c'est l'organisme, qui, au début des années 30 est chargé de montrer au monde entier la force de Joseph Staline. Et pour cela, il sait attirer ou enlever les plus grands scientifiques du moment et aussi quelques malfrats mais ça, on ne sait pas encore pour quelles raisons.

Tranche 5 des aventures de Couic le charcutier, et, pour tout dire, pas les meilleures. Un petit coup de mou de l'auteur ou du lecteur ? Moins de folleries, moins de délires et un peu plus de gags capillotractés. Ou alors, c'est l'espace qui ne m'intéresse pas, je dois confesser un manque d'intérêt total pour les planètes, les étoiles et tout le système. Quant aux explorations d'autres planètes, ça me laisse sans réaction. Bon ça peut arriver, je n'en veux pas à Couic ni à Jim Amorcas et je lirai même le prochain.

Turlututu chapeau pointu... chinois, Jim Amorcas, LTJ éditions, 2018

De retour du Kamtchatka après leur dernière aventure et passagers du Judas des Épinettes, cargo empli de faucilles et de marteaux à destination de la Chine, le professeur Florimond Tutu éminent entomologiste, Rosy sa femme, Couic son assistant et charcutier et Fricandeau son chien accueillent à bord un empereur chinois. Lorsqu'icelui débarque, un commando aux ordres de Mao en profite pour enlever le professeur. Couic, le lendemain, part à sa recherche en compagnie de son chien. Mais que peut bien vouloir le futur dirigeant chinois à un entomologiste ?

Tranche 6 des aventures de Couic le charcutier, moins folles que les toutes premières ; s'assagirait-il ? Ou Jim Amorcas qui n'hésite pas à intervenir en personne dans ses histoires, à la demande des personnages, aurait-il grandi ? Que nenni ! Son héros évolue et on tend désormais plutôt vers une parodie que du grand n'importe quoi, même si ce n'importe quoi est toujours à l'ordre du jour. Moins délirant donc, mais pas moins drôle, c'est toujours avec plaisir que je suis les pérégrinations du charcutier-enquêteur. Cette sixième tranche clôt (provisoirement ?) la série.

Couic a sa page facebook, et même sa chaîne Youtube pour écouter les livres.

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Piste la gaine à Moscou

Publié le par Yv

Piste la gaine à Moscou, Jim Amorcas, LTJ éditions, 2017

Le professeur Florimond Tutu absent, il s'en passe de drôles de choses dans son village de Ladignac sur Rondelle. Le garagiste est agressé, sans doute un coup du tueur de garagistes de l'est parisien, Raoul Cambouis. Tueur qui fait irruption dans la maison du professeur, séduit Rosy Tutu la femme de l'entomologiste réputé et s'enfuit avec elle, ainsi que le découvre Couic. Au retour de Florimond, ils décident d'aller ramener Rosy à la raison. Florimond Tutu, Couic et son chien Fricandeau, "polyaboityglotte, le seul animal capable d'aboyer en vingt-neuf langues et dix dialectes indo-européens."

Tranche 4 des aventures de Couic le charcutier pour finir cette période de confinement en beauté et dans la joie et la bonne humeur. Enfin finir, disons pour débuter la fin, puisqu'il reste encore deux tranches à lire et donc à chroniquer. L'aventure se déplace à l'est cette fois-ci, dans l'URSS dirigée par Joseph Staline. Les efficaces et effrayants membres de la guépéou souvent croisés dans les tranches précédentes agissent à domicile et Couic et Florimond vont devoir jouer serré -même très serré pense Florimond, moulé dans un justaucorps doré très proche du corps pour un numéro de haute voltige- pour tenter de déjouer les plans machiavéliques de Staline et du "major Gouinov du troisième direktorat des cosaques motocyclistes du Don, colonel de la Guépéou" et grand ordonnateur de ce plan.

De l'action, des aventures, du n'importe quoi, de l'humour, des inventions loufoques, tout ce qui fait que j'ai aimé les trois premières tranches des aventures de Couic se retrouve dans ce quatrième opus de même que certains personnages rencontrés dans les autres titres mais dans d'autres situations. Finissez le confinement de bonne humeur...

Couic a sa page facebook, et même sa chaîne Youtube pour écouter les livres.

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Petit-Zob pète les plombs

Publié le par Yv

Petit-Zob pète les plombs, Bernard Nuss, Le verger, 2016

Petit-Zob naît d'une relation incestueuse, d'une mère de 14 ans. Pas déclaré à la naissance, donc pas de prénom juste ce sobriquet censé définir son anatomie, le garçon vit dix ans des pires horreurs à peine descriptibles. La famille entière se vautre dans l'inceste, la débauche, les orgies, l'alcoolisation a plus qu'outrance. Tout petit il sert d'objet sexuel, de punching-ball aux adultes qui peuplent la maison jamais visitée par les forces de police ou les services sociaux.

Strasbourg, 32 années plus tard, un tueur en série met les flics en échec et particulièrement le commissaire Troudunowicz qui vient de se faire voler le poste de commissaire principal par un intrigant notoirement incompétent et con que les différents services de l'état se repassent, le sieur Quémeune de la Hure.

Étrange roman noir qui s'attarde sur les personnages qu'il met en scène plus que sur l'enquête. Même si le travail pointilleux est bien montré, il faut une belle part de chance pour que les flics flairent la bonne piste.

Ce qui marque dès les premières pages, c'est le calvaire de Petit-Zob : si avec un tel titre, je croyais entrer dans un roman un peu léger, j'en suis pour mes frais : "A l'arrivée d'Attila, Petit-Zob allait définitivement tomber en enfer? Jusqu'à présent, il était négligé, bousculé, maltraité, il ne sortait jamais, n'avait aucun jouet et aucun contact avec d'autres enfants, ne recevait jamais de cadeau, mangeait les restes des adultes, couchait sur un grabat immonde dans un cagibi infesté de vermines. A 3 ans il avait l'air d'en avoir 2 à peine. Il était battu régulièrement par Émilie et Grand-ma Pan Pan avec le manche d'une énorme cuiller de bois réservée à cet usage. Attila utilisait son ceinturon cloué et, les jours où il était mal luné, une batte de base-ball. Quand il était vraiment très mal luné il concluait la séance par des coups de pieds." (p. 6) Et la suite est pire encore, mais paradoxalement, jamais insoutenable, notamment parce que Bernard Nuss ne s'attarde pas sur les descriptions scabreuses.

Puis il fait un bon dans le temps et s'intéresse à Petit-Zob devenu grand dont on ignore l'identité et aussi aux flics et dans les chapitres consacrés à iceux, le ton est plus léger, l'auteure ironise sur les ambitions politiques de Quémeune de la Hure et sur le personnage en entier, sur les politiques en général. Il s'en donne à cœur joie et on profite bien content de profiter d'un peu d'humour.

Bernard Nuss fait preuve d'originalité en changeant de ton et de style pour ses deux principaux personnages ou point de vue. Ce qui donne à ce roman un ton à part. Comme il a en plus la bonne idée de ne point faire trop long, ça me va tout à fait, mais attention néanmoins à ne pas mettre forcément entre toutes les mains sans avertissement.

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Le double mort

Publié le par Yv

Le double mort, Léon Sazie, audiocité, lu par Daniel Luttringer

Martin Numa, le roi des policiers est mort dans les égouts. C'est ce qu'il veut faire croire aux malfaiteurs, à l'équipe qu'il soupçonne de monter un gros coup. Il veut profiter de l'annonce de sa mort pour les confondre. De retour dans les égouts avec ses fidèles lieutenants Prosper et Philippe pour confondre cette fameuse équipe, il découvre un atelier de fabrication de fausse monnaie, mais au moment où l’arrestation semble s’achever, une explosion retentit et Martin Numa disparaît une seconde fois.

Suite de Martin Numa, roi des Policiers qui s'arrête en queue de poisson. Je l'ai trouvée en version audio. J'ai voulu tester ce nouveau mode de lecture. Daniel Luttringer lit très bien, il met le ton et sa voix est très agréable. C'est très plaisant à suivre. Ce qui me gêne, c'est que je ne peux avancer comme je le veux, ce roman regorge de répétitions, de redites, de longueurs, de propos sur tel ou tel sujet qui ne m'intéressent pas beaucoup et que j'aurais sans doute passés en lecture classique. Ce second tome me plaît donc moins, il s'emballe un peu par moments, mais retombe ensuite dans un rythme plus lent.

J'aurais sans doute été plus positif avec un mode de lecture différent, je ne parviens pas avec l'audio à vraiment me concentrer, à visualiser, malgré les qualités du lecteur. Sans doute aurais-je dû rester à minima sur la liseuse, le confinement me fait tenter des trucs, pas toujours convaincants.

Ceci étant, difficile de ne pas lire ce roman lorsqu'on a lu le précédent, et Martin Numa réussira-t-il à déjouer les plans diaboliques de son ennemi ? Son flair, son intelligence légendaire suffiront-ils à résoudre cette énigme ? Sans être menée tambour battant, l'enquête réserve des surprises et des rebondissements que le policier saura déjouer voire anticiper. Un peu daté, mais pas mal du tout.

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Martin Numa, roi des policiers

Publié le par Yv

Martin Numa, roi des policiers, Léon Sazie, Oxymoron, 2019

Éloi Vidal, honnête garçon de recettes depuis de nombreuses années au Crédit Bordelais sis à Paris, ne rentre pas ce jour après sa tournée d'encaissements. Son chef ne croyant pas à une malversation de sa part attend quelques jours avant de prévenir la police. C'est Martin Numa qui est chargé de tirer cette affaire au clair. Accompagné de ses fidèles lieutenants, Prosper et Philippe et de son ami le journaliste Courville, il comprend très vite qu'une équipe très organisée prépare un gros coup.

Léon Sazie (1862-1939) est un auteur connu à son époque pour avoir créé deux personnages : Martin Numa dont la première aventure est celle dont je parle aujourd’hui, parue en 1907 ; suivront une douzaine de titres et le malfaiteur Zigomar en 1908, anti-héros prêt à tout même à vendre ses services aux Allemands, ce qui à l'époque est la pire des compromissions.

Mais revenons à Martin Numa, qui est doté d'à-peu-près toutes les qualités, c'est pas compliqué, on dirait moi angel. Contrairement à ce que je croyais au début, l'enquête n'est pas si simple que cela ni menée trop vite, comme d'autres titres de cette époque. Numa raisonne comme un célèbre détective d'outre-Manche, chaque détail est vu, scruté, analysé. Il ne s'engage jamais dans une action sans jauger sa capacité à en sortir. Tout est bordé, planifié et Prosper et Philippe guettent. Si je fais fi des "Martin Numa" à la pelle, à toutes les lignes quasiment pour rappeler combien il est grand et fort, d'un lyrisme désuet et un tantinet marrant : "L'égoutier, alors, s'engagea dans l'ouverture, et s'enfonça sous terre. Il ne portait pas de lanterne, lui. C'est dans la nuit, donc, qu'il allait s'avancer. Il devait marcher dans les ténèbres, au-devant d'un ennemi prévenu. C'était un acte non seulement de sang-froid, de courage, mais d'héroïsme. Qu'on y réfléchisse une minute... qu'on voit cet homme descendant, seul, dans un souterrain qu'il sait aux mains de ses ennemis... Il va dans la nuit, seul, au-devant du danger inconnu, mais certain, au-devant du péril ignoré, mais immanquable !... Il marche résolument, froidement au-devant du coup de revolver à bout portant, du coup de couteau dans le dos... de l'assassinat impitoyable. Et cependant, pas une seconde d'hésitation chez lui. Il refuse tout concours. Plus le danger est grand, plus la mort est proche, il tient à être seul pour accomplir cet héroïque devoir. Cet homme merveilleux est, on l'a déjà deviné, notre ami Martin Numa..." (p. 82)

Donc, si je fais fi de tout cela, eh bien, j'ai pris plaisir à lire ce roman policier, sauf qu'arrivé à la fin, eh bien ce n'est pas la fin, il y a une suite...

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Identités troubles

Publié le par Yv

Identités troubles, Benoît Rivière, Philippe Scoffoni, Les humanoïdes associés, 2020

Los Angeles, dans un futur proche, le criminagent Milo Deckman est témoin d'un meurtre. Une femme, épouse d'un chercheur en chimie. Deckman apprend vite que cette femme a une double identité, sous un autre nom, elle est aussi l'épouse d'un dentiste.

Un duo de flics des stups demande à Milo d'arrêter son enquête car il file le mari chimiste et un autre duo louche semble lui aussi suivre ce chimiste.

Polar futuriste qui se suit sans pouvoir ou vouloir s'arrêter grâce au scénario de Benoît Rivière et aux dessins de Phlippe Scoffoni. Tout est fait pour que ce futur ne s'éloigne point trop de nos repères actuels, quelques détails sautent aux yeux pour nous le rappeler. Milo Deckman ne sait pas dans quelle histoire il s'embarque, contrairement à  nous qui en savons un peu plus que lui, suivant les stups et le duo trouble. C'est très plaisant à lire et ce gros volume qui regroupe trois tomes précédemment parus se lit assez vite, sans temps mort. Assez classique dans son ensemble, le classique quand c'est bien fait, c'est bien. C'est le cas avec cette bande dessinée.

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L'histoire d'Ana

Publié le par Yv

L'histoire d'Ana, Cathy Borie, Librinova, 2020.....

Fin des années 90, Clotilde est étudiante en psycho. Timide et discrète, au contraire de sa copine Sophie, elle accepte néanmoins la proposition de sortie de Louis, séduisant et convaincant. La seconde sortie du couple  se finit mal, Louis force Clotilde, la viole. Prostrée chez elle, incapable de réagir, Clotilde, enceinte, laisse passer le délai pour avorter. Elle accouche sous X d'une petite fille qu'elle prénomme Ana.

Ana, dès sa naissance se lie difficilement. Elle vit bien dans les foyers, mais ne parvient pas à nouer de relations dans une famille. Elle grandit de lieux d'accueil en lieux d'accueil, puis fuit et se retrouve à la rue.

Très beau texte qui dresse les portraits de deux femmes aux parcours difficiles. Clotilde d'abord qui se questionne sur ses responsabilités éventuelles dans son viol, puisqu'elle avait accepté la sortie avec Louis et qu'elle avait même éprouvé du désir pour lui avant de lui demander de ne pas aller plus loin. Clotilde qui voit sa vie chamboulée, en grande partie détruite et qui remontera la pente difficilement et jamais totalement s'empêchant des rencontres amoureuses. Puis Ana, jeune femme qui a du mal à nouer des relations sans en connaître les raisons. Ces deux femmes sont touchantes, émouvantes et beaucoup plus fortes qu'elles ne le pensent. Et je reste volontairement succinct pour ne point trop dévoiler du contenu du roman.

Cathy Borie les décrit superbement et sobrement. Tout est dit sans emphase, dans une écriture fine et délicate qui sait aller en profondeur. Les doutes et questionnements de Clotilde et Ana, on les ressent et on comprend mieux combien et comment un viol peut détruire psychiquement -certes, ce n'est pas une découverte, mais Cathy Borie a le talent de mettre tout cela en mots, de manière claire.

En outre, là où beaucoup de romanciers aiment mettre en accusation les services sociaux et les foyers ou familles d'accueil, Cathy Borie ne juge pas, ne catalogue pas. Elle fait le constat que malgré l'implication, le travail sérieux des uns et des autres, certains enfants ne s'y retrouvent pas et recherchent autre chose. Ça me touche puisque c'est mon quotidien et que sans nier les difficultés et les dysfonctionnements parfois terribles des institutions, j'aime bien qu'on montre aussi ce qui fonctionne bien. Clotilde et Ana rencontreront des gens biens et des jean-foutre comme il en existe dans tous les domaines.

L'histoire d'Ana est un roman dense qui remue. Son histoire n'est pas nouvelle, mais l'auteure y apporte de l'humanité, de la compassion, de l'émotion et du réel. On peut croire qu'on a rencontré Clotilde et Ana, tant on est proche d'elles et tant on voudrait les aider. Publié chez Librinova et disponible en numérique, je suis assez surpris qu'un éditeur ne soit pas intéressé.

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Équipe de nuit

Publié le par Yv

Équipe de nuit, Anne-Catherine Blanc, Mutine, 2020....,

Ginou et Zé vivent depuis longtemps dans un mas des Pyrénées-Orientales, isolés, à 800 mètres d'altitude. Leurs filles sont mariées et vivent à Nimes et Toulouse ne leur rendant que peu visite et leur fils Tiago est en prison, Zé l'a renié. Un soir de novembre, Zé fait un infarctus, Ginou l'accompagne à la clinique de Perpignan. C'est dans la salle d'attente qu'elle remarque un jeune garçon, seul, apeuré, se faisant aussi discret que possible. Se rapprochant de lui, elle comprend qu'il se cache, qu'il est réfugié. Et la police des frontières rôde dans les rues avoisinantes.

Je crois avoir lu tout ce que Anne-Catherine Blanc a publié. J'ai commencé avec le très bon L'astronome aveugle et enchaîné avec l'excellentissime Moana blues qui est et restera l'un de mes livres préférés que je conseille à tout-va, puis Passagers de l'archipel, Les chiens de l'aube et D'exil et de chair. Je crois même pouvoir dire que c'est l'auteure la plus représentée dans mes coups de cœur tant j'aime son écriture. La voici qui change encore de ton dans ce roman très dialogué et très intérieur. De fait, lorsque Ginou ne converse pas avec d'autres interlocuteurs, elle se parle à elle-même s'interroge sur sa vie, sur ses engagements, sur ses renonciations, ses faiblesses, sa vie avec Zé pas toujours facile, ses enfants qui se sont éloignés,... Elle sent qu'elle doit faire quelque chose pour la seconde partie de sa vie, ne pas rester isolée dans son mas, qu'elle s'est trop retirée, trop mise entre parenthèses dans une sorte de vie mécanique, routinière, dont le but principal est s'occuper de Tiago.

Avec un langage très oral, familier parfois, AC Blanc dresse le portrait d'une femme qui, comme chacun de nous, vieillit, mais ne veut pas mal vieillir. Ça paraît assez simple, parfois facile mais le petit plus c'est que quand on referme le livre, on ne peut s'empêcher de repenser à Ginou et à ce qu'on fait nous et à ce qu'on aurait fait dans sa situation. Aurait-on détourner le regard des réfugiés ? Les aurait-on aidés au risque de se faire pincer par la police ? Se mettrait-on en danger pour eux ? Je rejette définitivement l'option de dénonciation, à gerber.

C'est cela la force de ce petit roman très différent des autres de l'auteure. Il interpelle et pose la question de sa propre humanité. Il diffuse lentement en nous. Pas de jugement de la part de Ginou ou de l'auteure sur ce que font ou ne font pas les uns ou les autres, juste une histoire de femmes et d'hommes qui savent bien que l'entraide dépasse les frontières et les origines, que notre devoir est de soutenir, porter assistance à tout autre être humain en détresse, parce que c'est cela qui fait de nous des êtres humains et pas le dernier mobile ou la dernière automobile à la mode.

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Coup de farce au Vatican

Publié le par Yv

Coup de farce au Vatican, Jim Amorcas, LTJ éditions, 2017...,

Un papillon, que dis-je, une horde de papillons, s'est installée au Vatican. Ces lépidoptères ont pour passion de dévorer les sous-vêtements du pape, ce qui n'est pas sans poser de problème. Le fameux professeur Florimond Tutu spécialiste des petits bestiaux en question est appelé à la rescousse. Il part avec femme et assistant, Couic, charcutier du village, à bord de la Citroën Rosalie, direction le Vatican, sans oublier quelques escales gourmandes et scientifiques pour chasser des papillons locaux aux mœurs parfois étonnantes.

Tranche 3 des aventures de Couic, nous sommes toujours dans le début des années 1930 et Couic, descendant à peine légitime d'une grande famille noble française est toujours charcutier à Ladignac sur Rondelle, un village de Corrèze. Et Jim Amorcas est toujours chtarbé, il dégaine les jeux de mots comme un cow-boy son arme et décrit des situations qui me font beaucoup rire : "Voyons professeur, ce n'est pas drôle, figurez-vous que pendant la dernière bénédiction urbi et orbi, le calbute de Sa Sainteté, rongé par ces maudites bestioles, s'est rompu et a chu sur ses chevilles sous sa soutane. Le Saint-Père a dû sautiller pour se dégager de la loque qu'était devenu le sous-vêtement. Heureusement l'évêque de Saint-Flour a pu discrètement alpaguer le linge avec sa crosse et la refiler en douce, par derrière à un enfant de chœur." Il y en a tant, même en si peu de pages que c'est cruel de choisir. Tout est prétexte à la rigolade et franchement, ça fait un bien fou. Couic devra de nouveau faire preuve de courage et de sang-froid pour sauver le pape d'une situation pas glorieuse et d'ambitions des méchants, car méchants il y a...

Ne boudez pas votre plaisir, suivez Couic, même la bibliographie est épatante. Couic a sa page facebook, et même sa chaîne Youtube pour écouter les livres.

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