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bande dessinee

Infinity 8. Et rien pour finir.

Publié le par Yv

Infinity 8. Et rien pour finir, Boulet, Lewis Trondheim, Rue de Sèvres, 2018....

Septième et avant-dernier reboot pour le capitaine du vaisseau Yss Infinity. Et cette fois-ci l'agente en charge d'élucider le mystère de la nécropole empêchant le vaisseau de progresser est... un agent. Douglas. Un petit mec, tout frêle et pas courageux, du genre à fuir dès qu'il y a du grabuge. Mais quelle mouche a piqué le capitaine pour l'engager lui ? Et que va faire le lieutenant qui propose la botte à toutes les agentes précédemment sélectionnées ?

Volume qui change des autres d'abord par son héroïne qui n'en est pas une mais un héros, plutôt anti-héros et ensuite par sa mise en scène du reboot et du problème récurrent à la série, expliqué de manière différente. Une surprise donc, fort bienvenue, non que la série ennuie, mais la surprise à l'avant-dernier numéro, je ne m'y attendais pas, c'est d'ailleurs tout bien pesé, le principe d'une surprise. 

L'humour est toujours présent dans la couardise de Douglas, l'impassibilité de son kidnappeur et la fureur, l'impulsivité et la bestialité de celui qui les recherche. J'aime bien le dessin et les couleurs de Boulet, ses personnages expressifs (voyez la couverture). Le scénario est moins compliqué que le précédent tome ou plus à ma portée de garçon basique. 

Pénultième album de cette très bonne série, la fin approche donc à grand pas. Cool, je vais enfin avoir le fin mot de cette histoire qui me tient depuis deux ans, depuis le premier tome Romance et macchabées

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Mon traître

Publié le par Yv

Mon traître, Pierre Alary, Rue de Sèvres, 2018 (d'après le roman de Sorj Chalandon).....

Antoine, luthier à Paris fait un jour de 1977 la connaissance de Tyrone Meehan alors qu'il est à Belfast pour visiter des amis. Tyrone, c'est une figure de l'IRA. Antoine et lui deviennent amis et Antoine soutient comme il le peut la cause des Irlandais catholiques. 2006, la presse dévoile qu'un traître officiait au sein de l'IRA pour le compte des Anglais, et le nom sort, c'est Tyrone. Antoine est effondré et cherche à comprendre.

Cette bande dessinée est évidemment tirée du roman de Sorj Chalandon, Mon traître qui raconte cette histoire, celle de l'auteur, lorsqu'il fut confronté à la trahison de son ami irlandais. En préface de la BD, Sorj Chalandon dit qu'après avoir rencontré Pierre Alary et vu son travail, il lui avait laissé carte blanche quant à l'adaptation de son livre, et il a bien fait, le résultat est plus que convaincant, il est excellent. J'ai retrouvé l'ambiance, les personnages du roman, certes, je n'ai pas vu le style de l'écrivain qui m'avait tant plu, mais le dessin de Pierre Alary, s'il ne le remplace pas, est un style différent, qui m'a ravi. Les traits, les cases pas surchargées, les couleurs, tout me plaît. Et aussi la manière de raconter cette histoire, avec des pages reprenant des extraits de l’interrogatoire de Tyrone Meehan par l'IRA.

D'un bon voire excellent livre, il n'est pas toujours facile de tirer une bonne adaptation dessinée ou filmée, là, franchement, rien à dire, cette bande dessinée plaira aux nombreux lecteurs qui ont aimé Mon traître et aux autres qui ne l'ont pas lu et qui, par le biais de cet album revivront les moments douloureux et violents de l'Irlande face à l'Angleterre. Bobby Sands y est largement mentionné, Margaret Thatcher et son inflexibilité qui a préféré le laisser mourir, lui et d'autres grévistes de la faim, en prison plutôt que de négocier. Ce fut un combat pour la liberté et l'égalité, mené par des hommes avec leurs forces et leurs faiblesses. Ce que montrait bien le roman. Ce que montre bien la bande dessinée.

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La petite couronne

Publié le par Yv

La petite couronne, Gilles Rochier, 6 pieds sous terre, 2017.....

Deux mecs, plus des gamins, puisque pères de famille, sans emploi, zonent dans la cité ou dans le quartier. Ici, c'est le 92, on y voit même les Tours Aillaud de Nanterre. Ce volume est une suite de petites histoires de leur quotidien, qui parfois est heurté par l'actualité, comme la tuerie à Charlie hebdo. 

C'est souvent drôle, dans les textes et les dessins. De cette drôlerie qui ne se moque pas, qui constate la difficulté de vivre dans ces zones de forte densité dans lesquelles les trafics de tout genre pullulent. A travers ces blagues, ces propos entre copains, on lit la zone, le manque d'emploi, le regard des autres qui empêche de faire ce que l'on souhaite, la galère du manque d'argent, ...

Gilles Rochier dessine dans des tons ocres, jaunes, orangés. Je ne suis pas spécialiste et donc ne pourrais pas dire ce que ça apporte de plus au texte si tant est que cela y apporte quelque chose, mais j'aime beaucoup. 

Publiée dans une maison d'édition que je découvre, basée à Montpellier, 6 pieds sous terre, qui semble enfermer dans son catalogue quelques belles pépites dessinées. 

J'ai lu cette très très bonne BD, que je conseille fortement, grâce à Price Minister (oui, de la pub, une fois n'est pas coutume) et son challenge annuel La BD fait son festival, que vous retrouverez ici : http://www.priceminister.com/evt/la-bd-fait-son-festival, et j'espère que ce titre ravira également tous ceux qui l'ont choisi.

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Terre gâtée. Ange, Le migrant

Publié le par Yv

Terre gâtée. Ange, le migrant, Marguerite Abouet, Charli Beleteau, Christian de Metter, Rue de Sèvres, 2018....

Dans un village aux portes du désert, en Afrique, Claudia riche femme d'affaires exploite les migrants sur son chantier dirigé par son gendre, celui qui a épousé Grace, la fille de Claudia, par convenance familiale. Un jour, un homme défiguré arrive au village. dévisagé par les habitants, déjà vu par beaucoup comme le démon, celui qui apportera le mal, il est recueilli et soigné par le prêtre italien, qui le prénomme Ange. Ce village est le lieu de départ pour beaucoup de migrants qui souhaitent traverser la mer vers l'Europe, laissant aux passeurs de fortes sommes d'argent et aux autres des envies de partir.

Dire que le dessin, les couleurs, les cases sont magnifiques est sans doute un peu réducteur. Il est vrai que depuis que j'ai découvert Christian de Metter, je suis sous le charme et continuer à découvrir sa production ne m'aide pas à décrocher tant j'aime son dessin (Shutter island, Au revoir là-haut, Rouge comme la neige).

Pour le scénario de Marguerite Abouet et Charli Beleteau, je suis encore un peu circonspect. J'aime bien le début, mais comme c'est le premier tome d'une série qui devrait en compter quatre, pas mal de points restent un mystère. Disons, que ce premier tome où les lieux, les personnages, les relations entre tous se mettent en place est très prometteur et me laisse imaginer une suite passionnante. La préface d'Alain Mabanckou est là également pour me mettre en appétit de découvrir la suite, il parle d'un western africain, de gens ordinaires, d'amour et de géopolitique... Mmm, que du bon quoi !

Je ne suis pas encore totalement accroc mais j'attends la suite avec impatience et je fais le pari que je ne serai pas déçu, et, précision utile, je ne parie que lorsque je suis sûr de gagner !

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Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

Publié le par Yv

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?, Soledad Bravi, Dorothée Werner, Rue de Sèvres, 2018.....

Dorothée Werner est grand reporter et éditorialiste au magazine Elle. Elle a beaucoup écrit sur le thème des inégalités hommes/femmes. Elle est aussi romancière.

Soledad Bravi est créatrice, entre multiples autres choses, publie des planches BD dans le même magazine que sa consœur, elle publie aussi des livres : La BD de Soledad, Bart is back, tous deux chroniqués ici-même ! 

Le pari des deux auteures est de remonter l'histoire des rapports entre hommes et femmes de la préhistoire à nos jours, et tout cela en moins de 100 pages ! Pari fou, certes, mais réussi. Le dessin est plutôt rigolo mais les textes beaucoup moins, même si parfois, la manière dont sont décrites les choses prêtent à sourire mais en se moquant des persécuteurs et autres mâles dominants fiers de leurs attributs qui leur donnent le pouvoir. 

Un petit cours d'éducation sexuelle pour commencer et bien réexpliquer que la différence entre les femmes et les hommes n'est absolument pas question de domination des uns sur les autres, mais juste une question physiologique. Puis entrons dans la préhistoire cette période étrange où semble-t-il, tout à commencé. Un passage par les religions machistes, culpabilisatrices et écrites par des hommes pour des hommes -on n'est jamais si bien servi que par soi-même-, puis par les lois qui régissent nos sociétés écrites par des hommes pour des hommes -tiens, je ne l'ai pas déjà dit ? Les auteures passent les époques en montrant des femmes célèbres qui se sont battues pour être reconnues, des actes ou des faits qui ont permis quelques avancées. Tout va lentement, très lentement, on en est encore de nos jours à parler d'égalité des salaires, des agressions ou du harcèlement. On parle, on parle, mais concrètement peut-on encore tolérer dans nos pays des différences en raison d'un sexe ?

L'occasion était trop belle, je fais paraître mon billet le 8 mars, journée internationale des femmes, mais il ne faudrait pas que la réflexion se limite chaque année à cette journée. 

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Vies volées

Publié le par Yv

Vies volées. Buenos Aires. Place de Mai, Matz et Mayalen Goust, Rue de Sèvres, 2018.....

"De 1976 à 1983, la dictature militaire qui régit l'Argentine fait disparaître près de 30 000 opposants politiques, pour la plupart assassinés. Parmi eux, de jeunes femmes enceintes auxquelles leurs enfants seront arrachés à la naissance. Depuis, 1977, leurs grands-mères recherchent ces 500 bébés volés..." (4ème de couverture). Les desaparecidos, ces jeunes gens enlevés, probablement torturés et assassinés ne sont évidemment jamais revenus et leurs bébés ont été donnés à des familles proches du régime. Fin des années 1990, l'ADN permet de rechercher la trace des vrais parents. Mario sent qu'il est un enfant de desaparecidos, il veut faire le test. Son ami Santiago l'accompagne.

J'ai tout aimé dans cet ouvrage. D'abord, l'histoire est forte, basée sur des faits réels. L'Argentine n'est pas la seule à avoir pratiqué ce genre d'horreur, mais le mouvement des grands-mères fit grand bruit et je me souviens en avoir entendu parler il y a longtemps. Dire que cette BD vient à point pour compléter mes vagues connaissances du sujet est une réalité. J'ai bien aimé le scénario de Matz (dont j'avais bien aimé l'album, Le travailleur de la nuit) qui, à travers les jeunes gens qu'il décrit, permet de rendre compte de beaucoup de réactions possibles face à la découverte de leur filiation et de l'histoire de leurs familles, la biologique et l'adoptive. Cette histoire, certes romancée, avec une histoire d'amour en prime permet de tenter de comprendre l'histoire de cette période en Argentine et le combat des grands-mères et des petits-enfants parvenus à l'âge adulte.

Le dessin de Mayalen Goust est magnifique. J'ai aimé les couleurs pastel, la douceur des tons qui tranche avec la dureté de l'histoire. Ses ciels, ses fonds et ses arbres et leurs branchages sont superbes. Et comme les personnages et les paysages ne sont pas en reste, je peux dire sans exagérer que cet album est une vraie réussite.

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Infinity 8. Connaissance ultime

Publié le par Yv

Infinity 8. Connaissance ultime, Franck Biancarelli, Lewis Trondheim, Emmanuel Guibert, Rue de Sèvres, 2018...,

Sixième reboot au sein du vaisseau YSS, toujours bloqué par la nécropole. Cette fois-ci c'est l'agente Leïla Sherad qui s'y colle avec l'aide d'un alien érudit pas vraiment taillé pour l'aventure, mais sait-on jamais ? 

Un sixième tome qui cette fois parle d'art et de vie universelle et éternelle. J'ai avancé sans vraiment tout comprendre dans les premières pages, renouant parfois avec une certaine incompréhension de la science fiction à mon égard -ou peut-être est-ce l'inverse ?-, ce que je n'avais pas ressenti sur les tomes précédents. Mais j'ai persisté, d'abord parce que j'aime bien la série et ensuite parce que j'aime bien le trait de Franck Biancarelli et ses couleurs. Bien m'en a pris, parce que évidemment ce qui était un poil opaque -encore que je ne sache pas que l'on parle de l'opacité des poils- s'éclaircit. Encore une fois l'héroïne, forte en caractère et rebelle, aura fort à faire avec son binôme et avec l'autorité, et un peu aussi avec la drague lourde du lieutenant du vaisseau, mais bon c'est bon enfant, il est loin d'Harvey Weinstein. 

Elle est très bien cette série qui tourne dans la maison à peine déposée sur la table. On ne s'étripe pas pour savoir qui la lira en premier, ben non, forcément c'est moi, puisque je suis le chef de famille ! Mais pour les places suivantes c'est une dure lutte (pas de grossièreté svp). J'en arrive au moment où je crie : "A qui le tour ?" et les prétendants d'arriver au triple galop.

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Un océan d'amour

Publié le par Yv

Un océan d'amour, Lupano et Panaccione, Delcourt, 2014....

Un coin de Bretagne, un matin dès potron-minet, un petit homme se lève, prend son petit-déjeuner préparé par sa femme qui arbore la toilette traditionnelle du pays, se douche et rejoint son bateau de pêche, puis, avec son matelot part sur la mer. La suite est une ribambelle d'aventures pour lui et elle, incroyables et drôles.

Après tout le monde, je dégaine Un océan d'amour, qui fit grand bruit à sa sortie. Grand bruit, d'abord parce que cette bande dessinée est excellente et ensuite parce qu'elle est sans parole. Tout passe par le dessin de Grégory Panaccione absolument génial, n'ayons pas peur des mots. Ses personnages sont très expressifs et l'on comprend bien tous les sentiments et les sensations par lesquels ils passent. Le dessin est assez sobre, qui fait la part belle aux hommes et femmes. Le scénario de Wilfrid Lupano n'est pas en reste et si les situations tragi-comiques prêtent évidemment à rire, certaines cases parlent d'écologie, de pollution des océans, des pétroliers qui dégazent, ... C'est tendre, beau, profondément humain, aventureux, il y a plein de sardines en boîtes, une mouette gourmande, et des invités suprises.

Je ne vais pas en faire des caisses sur cet album, écrire trois pages sur un album muet, ce serait un comble, mais franchement, s'il y a encore, en France -et ailleurs- des gens qui ne l'ont pas lu, un bon conseil : qu'ils courent à la bibliothèque ou à la librairie et se jettent dessus. Coup de cœur assuré.

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La passion de Dodin-Bouffant

Publié le par Yv

La passion de Dodin-Bouffant, Mathieu Burniat, Dargaud, 2014....

Dodin-Bouffant est un gourmet, un passionné de cuisine en ce milieu de 19ème siècle. Mais Eugènie, sa cuisinière émérite, celle avec qui il préparait des plats fabuleux, meurt brusquement. Avant la déprime totale, les amis de Dodin-Bouffant eux-mêmes fins gourmets, lui suggèrent de rechercher une nouvelle perle rare, celle qui saura de nouveau émoustiller leurs papilles. Dodin-Bouffant reçoit alors de nombreuses candidates. 

Mathieu Burniat met en dessins le roman de Marcel Rouff (1887-1936), La vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet,  qui fut écrit un peu avant la grande guerre et publié un peu après, en 1924, car au sortir de la guerre il eut été inopportun et malhabile de faire la promotion d'un livre qui met en exergue une passion à laquelle beaucoup de gens ne pouvaient même par rêver.

Futilité et légèreté sont au rendez-vous dans le fond mais aussi dans la forme, car le dessin de Mathieu Burniat prête aux sourires : voyez ne serait-ce que la couverture. Les festins sont pantagruéliques, je ne sais même pas comment ils faisaient à cette époque pour ingurgiter autant de victuailles et surtout pour être toujours capables d'en sentir le moindre aliment, la plus petite épice. Moi, il y a longtemps que mes papilles et mon estomac auraient décliné toute responsabilité dans les effets secondaires. 

Ces considérations personnelles sur la faiblesse de mon foie et des mes organes digestifs évacuées, je dois dire que j'ai passé un très bon moment avec cette BD originale. Dès lors, deux options s'ouvrent à vous :

- soit vous la lisez le ventre vide et risquez de vous précipiter sur votre garde-manger ou réfrigérateur pour faire bombance mais vous exposez à une déception avec ce que vous avez en réserve par rapport aux menus de Dodin-Bouffant

- soit vous la lisez le ventre plein, mais attention, le risque dénoncé ci-dessus n'est pas pour autant exclu.

Bon appétit.

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