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bande dessinee

Hulot domino

Publié le par Yv

Hulot domino, David Merveille, Le Rouergue, 2019.....

Retour du duo Monsieur Hulot et David Merveille, illustrateur belge dont j'ai parlé pour Hello monsieur Hulot et Monsieur Hulot à la plage, ses deux albums précédents avec le célèbre dégingandé gaffeur du cinéma français. 

Dans cet album absolument somptueux, monsieur Hulot part acheter un livre sur son Solex. Il lui arrivera des bricoles, mais comme il ne s'en rend pas compte, tout va bien. 

Le livre joue avec les formes, les couleurs : les images-devinettes, grâce à la découpe laser font apparaître des belles surprises dès que l'on tourne la page ajourée. C'est poétique, facétieux, très beau. Tout l'univers de Jacques Tati est dans ce livre, à la fois drôle et tendre. Un très bel objet à montrer à tous dès le plus jeune âge, avant de montrer les films de Tati.

Sur le blog de David Merveille, vous pourrez voir toutes son oeuvre qui ne se limite pas à Hulot, accéder aussi à sa boutique, dedans, j'avoue qu'il y a une lithographie qui me plaît bien...

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Un été d'enfer

Publié le par Yv

Un été d'enfer, Vera Brosgol, Rue de Sèvres, 2019 (traduit par Alice Delarbre et lettrage par Raphaël Hadid).....

Vera à peine dix ans vient d'arriver aux Etats-Unis directement de Russie. Elle a du mal à se faire des amies et aimerait participer à une colonie, un été. Mais loin des vacances de ses copines américaines riches, elle va intégrer un camp de scouts russes. Elle part pour deux semaines avec son petit frère. Et c'est parti pour l'aventure.

Ce qui surprend d'abord dans cette bande dessinée ou roman graphique puisqu'il en prend les codes, notamment dans le format et le nombre de pages, c'est d'abord la couleur dominante : du vert, les autres étant du noir et blanc. C'est étonnant et excellent. Ensuite, cet album qui s'adresse en premier lieu à des ados est lisible et appréciable par tous, puisque moi, qui ai à peine passé cet âge, je me suis régalé. sans doute me suis-je retrouvé dans Vera qui n'est pas très liante, qui aime profiter du calme et des moments où elle est seule et qui ne se sent pas bien en groupe. C'est tout moi. Et pour ce qui est de partir en colonie ou en camp, bon, je n'ose imaginer ma réaction. 

Passons sur ces révélations sur ma légère agoraphobie -additionnée d'une non moins légère claustrophobie- et revenons à Vera qui tentera de survivre pendant ces journées de scouts, qui parfois baissera les bras avant de retenter de se faire des amis. C'est bien fait, on ressent bien toutes les phases par lesquelles elle passe et tous les sentiments qui l'habitent. C'est la simplicité du dessin -la simplicité n'est pas toujours le plus facile à obtenir-, qui fait que l'on s'attarde sur les personnages, sur leurs émotions.

Très belle surprise qu'il serait restrictif de laisser aux ados. Enfants, parents, partagez-vous cette lecture.

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Le fils de l'ursari

Publié le par Yv

Le fils de l'ursari, Cyrille Pomès, Isabelle Merlet, Xavier-Laurent Petit, Rue de Sèvres, 2019....

L'ursari c'est le montreur d'ours. Ciprian est le fils de l'ursari. Nomades, lui et sa famille sont mal vus des habitants de leur pays et vivent avec très peu de moyens, pas mal de débrouille. Chassés, ils se voient proposer une vie meilleure à Paris où l'argent coule à flots. Lorsqu'ils y arrivent, la vie n'est pas celle que les passeurs leur avaient fait croire. Et comme ils doivent rembourser une somme considérable qui augment de mois en mois, les solutions trouvées pour trouver des euros ne sont pas nombreuses. Dans sa tournée de pickpocket, Ciprian débarque un jour au jardin de Luxembourg et découvre fasciné deux personnes qui jouent aux échecs. 

Album adapté du roman du même titre de Xavier-Laurent Petit paru à L'école des loisirs, scénarisé et dessiné par Cyrille Pomès et mis en couleurs par Isabelle Merlet. Ce qui m'y a d'abord surpris c'est le trait des dessins qui n'est pas celui que je préfère. Et puis, très vite je n'y ai plus pensé, totalement embarqué dans cette histoire avec la famille de Ciprian. Les conditions de vie des Roms dans leurs pays et celles, une fois qu'ils sont arrivés dans un autre pays dans lequel ils espèrent vivre mieux sont décrites simplement et clairement : les destructions des camps, les relogements, les expulsions, les abris de fortune, les enfants non scolarisés qui traînent dans les rues à la recherche d'argent, les femmes qui mendient, la violence et la haine auxquelles ils doivent faire face quotidiennement, et malgré tout cela une lueur d'espoir en la personne de Ciprian. C'est grâce à ce petit garçon déluré et intelligent que l'histoire ne sombre pas dans le noir total, ainsi, elle est accessible à tous et permet à chacun de comprendre les conditions de vie de ceux dont on longe les campements lorsqu'on prend les autoroutes urbaines.

Belle adaptation à mettre entre toutes les mains, pas les tout petits, mais celles des jeunes adolescents et des plus grands.

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Infinity 8. Jusqu'au dernier

Publié le par Yv

Infinity 8. Jusqu'au dernier, Killoffer et Lewis Trondheim, Rue de Sèvres, 2019....

Huit agents. Huit missions. Huit reboots temporels. Dans ce dernier tome de la série, l'explication à ces huit reboots et à cette fameuse nécropole qui coince le vaisseau YSS Infinity depuis un moment.

Bon, évidemment, je ne vous dirai rien, car dévoiler la fin d'une série serait un crime passible d'une très lourde peine. Pour ce dernier tome, c'est Killoffer qui dessine et toujours Lewis Trondheim qui scénarise. Pour qui n'est pas à l'aise avec la science fiction, certains termes restent nébuleux, mais le plaisir de retrouver le lieutenant Reffo et les sept agentes qui ont effectué les missions précédentes est intact. Toujours plein de trouvailles et un humour omniprésent avec des dessins très colorés, d'autres moins pour décrire les extérieurs pas très amicaux. Malgré les crayons et les traits différents, on reconnaît aisément chaque agente qui avait son dessinateur attitré. Killofer fait un dessin rassembleur, j'imagine que s'emparer des héroïnes de ses camarades n'a pas été simple.

Moi qui attendais ce dénouement depuis un moment, je ne suis pas déçu. Une série qui a tenu ses promesses, dont l'intérêt n'est jamais descendu. Une vraie belle réussite.

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Retour à Killybegs

Publié le par Yv

Retour à Killybegs, Pierre Alary, Rue de Sèvres, 2019 (d'après le roman de Sorj Chalandon).....

"Tyrone Meehan est Irlandais et militant de l'IRA. Mais il est aussi un traître à la cause : celui qui n'a d'autre alternative que celle de travailler avec les Anglais, dès les années 1980, avant le processus de paix. Fin 2006, âgé de 81 ans, il revient dans la maison de son enfance, à Killybegs, y attendre la fin. C'est aussi le moment pour lui de se raconter, de dire ce que fut sa vie, de l'enfance battue à la trahison qui l'obsédera jusqu'à la fin."

C'est le résumé que j'écrivis lorsque je chroniquai le roman de Sorj Chalandon sur le blog. Rien de tel que de s'auto-citer. Tout le bien et même l'excellent que je pensais de ce roman, je peux le réécrire dans cet article consacré à la bande dessinée tirée d'icelui. Pierre Alary qui réalise cet album n'en est pas un son coup d'essai puisqu'il avait brillamment adapté Mon traître du même romancier. Et d'un coup c'est l'histoire de l'Irlande du Nord qui s'expose à nos yeux, et celle d'un homme, combattant de la première heure de l'IRA, fils de combattant et père de combattant, une légende irlandaise, qui se retrouve piégé, obligé de trahir son camp pour le protéger. Tout ce qui fait la force du roman se retrouve dans la bande dessinée : l'humanité de Tyrone et de Sheila son épouse, les questionnements sur la lutte violente, sur autrui qui combat dans l'autre camp et qui ne peut pas n'être qu'un simple ennemi, qui est aussi un homme avec une famille, ses peurs, ses doutes, sur ce que l'on laisse à ses descendants, sur les moyens pour arriver à une paix durable, ... Tout est là, illustré, dessiné, coloré.

Le conflit fut rude, les haines sont encore tenaces envers l'ennemi mais aussi envers les traîtres, Tyrone en fit les frais. Un roman et une BD excellents. Faites votre choix, ou lisez les deux.

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La tentation

Publié le par Yv

La tentation, Axel, Dynamite, 2019...,

Françoise et Gérard, tout juste cinquantenaires, partent en vacances sur la côte méditerranéenne. Ils rencontrent Fred, une jeune femme qui ne laisse pas Gérard indifférent. Fred leur présente Mathieu son petit ami. A l'issue d'un bain de minuit, le jeune couple se laisse aller à des ébats qui étonnent le couple plus âgé et les émoustillent. Ils se retrouvent pour quelques jours, puis Gérard, de plus en plus attiré par Fred, délaisse Françoise.

Ce qui est bien lorsqu'on écrit un blog de lecteur, c'est qu'on passe de la guerre d'Algérie en BD à une histoire érotique dans le même format. Un grand écart culturel intéressant. Et je ne doute pas que cet article attirera plus de curieux que le précédent, sans doute devrais-je mettre une catégorie érotique ou sexe pour toutes mes recensions, histoire de faire venir des visiteurs, mais je préfère la qualité à la quantité -c'est ce que je me dis pour m'auto-consoler de la (relative) confidentialité de Lyvres. Je dis relative, parce que ça monte un peu en ce moment, rien à voir avec l'éventuelle excitation masculine à la lecture de cet article.

Donc, bande dessinée adulte, les dessins y sont très explicites, il vaudra mieux ne pas la laisser traîner n'importe où dans la maison si celle-ci est peuplée d'êtres étranges et bruyants nommés enfants. Elle traite du thème de l'homme mûr attiré par une jeunette libérée, et, si elle ne le révolutionne pas, elle le met en scène érotiquement et joliment. Evidemment, il y est question de la différence d'âge dans un couple, de la femme aimée pendant vingt-cinq ans et quittée pour une plus jeune, des enfants qui ne comprennent pas et ne pardonnent pas surtout lorsque la nouvelle élue est de leur âge, du désir émoussé, de la routine dans le couple, ... Le point du vue n'est pas original, mais bien que non spécialiste du genre érotique, il ne me semble pas que ces thèmes réalistes y soient souvent traités. C'est là la grande originalité de cet album.

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Histoire dessinée de la guerre d'Algérie

Publié le par Yv

Histoire dessinée de la guerre d'Algérie, Benjamin Stora, Sébastien Vassant, Seuil, 2016...

1954/1962, c'est la guerre d'Algérie, ce que la France a longtemps appelé des événements ou une "opération de maintien de l'ordre". Elle est d'abord cantonnée sur le territoire algérien, un peu désordonnée, puis les Algériens créent des mouvements de libération et devant la répression commettent des actes violents et c'est le début d'un engrenage, d'une guerre qui ne dit donc pas son nom, dénoncée un peu partout dans le monde, mais la France ne veut pas renoncer à son empire colonial. Sept années de guerre pour conclure presque 150 ans de colonisation.

Benjamin Stora, né en Algérie, un peu avant le début de la guerre et devenu historien, spécialiste de ce conflit est pédagogue, précis, se met de tous les côtés pour ne rien oublier. Cent quatre-vingt dix pages qui montrent la montée des violences de part et d'autre, l'exportation du conflit en métropole, la lassitude des Français face à une guerre dans laquelle le pays envoie de jeunes appelés du contingent -mon papa y était, tous les jeunes gens nés entre 1932 et le début de la décennie suivante y sont passés, peu en parlent. Elles éclairent également les relations toujours particulières et tendues entre les deux pays.

Bien dessinée, formidablement documentée, cette page de l'histoire de France et de l'Algérie est accessible à un plus large public qu'un essai historique. C'est une des qualités de la bande dessinée en général et d'icelle en particulier. Peut-être pas pour les plus jeunes, mais pas mal d'ados peuvent la consulter pour comprendre dans quelle galère ont été engagés leurs grands-pères et arrière-grands-pères. 

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Le spécimen

Publié le par Yv

Le spécimen, Matz, Walter Hill, Julien Ribas, Rue de Sèvres, 2019....,

Une jeune femme ukrainienne, la docteure Irina Danko est retrouvée par des services russes qui l'interrogent sur sa disparition et sa réapparition en pleine Sibérie. Irina reste muette. Elle travaillait dans un centre ultra secret, ultra protégé avec des détenus particulièrement dangereux, au profit d'un groupe pharmaceutique. 

Irina rêve aussi beaucoup, des rêves étranges dans lesquels elle remonte le temps. Un événement bientôt va bousculer sa vie de médecin, c'est ce qu'elle se rappelle mais qu'elle ne raconte pas aux Russes.

Dessin et couleurs : Julien Ribas, très bien, c'est que parfois il nous ferait peur ; il rend parfaitement les scènes angoissantes, par ses couleurs, ses planches de tailles différentes (notamment une double page en milieu de volume).

Scénario original : Walter Hill, adapté et traduit par Matz. Fou et implacable. La science fiction couplée à de la recherche scientifique, tout cela fonctionne et peut même poser pas mal de questions. Ça me fait penser à un film avec Lino Ventura qui m'avait profondément marqué (après quelques recherches, je pense qu'il s'agit de La grande menace, de Jack Gold avec également Richard Burton).  Ceux qui l'ont vu comprendront sûrement ma référence, quant aux autres, je conseille fortement et le visionnage du film et la lecture de cette bande dessinée. Les deux doubleront ce sentiment de malaise, mais c'est bon de se faire peur parfois...

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Paris 2119

Publié le par Yv

Paris 2119, Zep, Bertail, Rue de Sèvres, 2019....

Paris dans un siècle. Plus personne n'use du métro, les déplacements se font avec le Transcore. De la téléportation. Sauf quelques uns qui résistent, tel Tristan Keys qui marche dans les rues, prend le métro, rencontre des vrais gens. Tristan vit avec Kloé, adepte des nouvelles technologies. La ville est ultra protégée, tout le monde est identifiable et localisable à chaque instant grâce à un implant. Dans l'un de ses parcours dans le métro, Tristan est témoin de faits étranges.

Dans cet album, Zep est au scénario et storyboard et Dominique Bertail dessine et colorie (avec Gaétan Georges). Les deux avaient déjà collaboré pour le tome 1 de l'excellente série Infinity 8, Romance et macchabées

Bande dessinée de science fiction, quasiment totalement déshumanisée hors Tristan et Kloé, dans des tons gris-bleus, il pleut beaucoup à Paris depuis un programme de désinfection. J'aime beaucoup le graphisme qui fait la part belle aux personnages, les arrière-plans révèlent parfois des traces du vieux Paris de 2019 et d'avant. 

Le scénario n'est pas d'une originalité renversante pour qui a déjà lu ou vu de la SF (La mouche de David Cronenberg, par exemple, qu'est ce que j'ai flippé à ce film, vu je me souviens au premier rang d'un cinéma après un repas lourd et un poil arrosé, pas les conditions idéales pour ressortir serein de la salle), mais Zep le remet au goût du jour, y ajoute des thèmes vus dans d'autres livres ou films, mélange le tout pour une histoire très plaisante, qui se suit sans aucun temps mort, qui pose la question de l'humanité, la fraternité dans un monde de plus en plus virtuel. Mais aussi celle du progrès : jusqu'où peut-il et doit-il aller ? En serons-nous les bénéficiaires ou les serviteurs ? Aurons-nous encore une part de liberté ? Il touche aussi à la question de l'aliénation des masses par les avancées technologiques, techniques et du bon usage d'icelles pour éviter les écueils.

Une histoire complète. Un très bel album, de ceux que l'on conseille aisément et que l'on prête facilement à condition qu'il revienne pour le relire.

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