Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

bande dessinee

Pleine lune et Terre neuvas

Publié le par Yv

Pleine lune, Chabouté, Éd. Vents d'ouest, 2000

Dans l'une il est question d'une nuit très mouvementée pour un obscur et réac fonctionnaire de la sécurité sociale. Raciste, sexiste, xénophobe, pas aimable avec les bénéficiaires qu'il reçoit au guichet et amateur de foot cet homme n'a rien pour lui. Fanfaron, il aime crier sur les gens mais de loin. Peur de rien en paroles, ses actes sont nettement moins braves. La nuit de ses mésaventures, la phrase de son collègue lui revient en mémoire :

"Tu rigoles, Édouard, mais j'ai vu une émission à la télé où ils affirmaient que la pleine lune a des influences bizarres sur les gens... Et ils racontent pas des conneries à la télé !!..." (4ème de couverture)

 

Terre neuvas, Chabouté, Éd. Vents d'ouest, 2009

Dans l'autre, il est question des marins qui embarquaient au début du siècle dernier à bord de bateaux, partaient pour six mois et ne revenaient au port que lorsque la cale était pleine de morues. Pendant cette période, tout pouvait arriver, la maladie, la noyade, les bagarres naissant de la promiscuité, de périodes moins fructueuses et de jalousies. Mais jusqu'à présent jamais de meurtres... "Ici on n'a droit qu'à la mer et ses dangers, on danse tous les jours avec la mort, on est les laissés pour compte... Ici on meurt, c'est tout !! Noyade, naufrage, phtisie, scorbut, ... Plus rarement poignardé dans son sommeil !!" (p.53)

 

Si j'ai décidé de vous parler des ces deux BD en même temps, c'est parce que, dans sa grande générosité, le Père Noël me les a déposées dans mes petits chaussons, de taille 44 quand même -il faut bien cela pour accueillir ces deux grands albums. BD ou romans graphiques je ne sais plus comment on dit, en noir et blanc aux dessins centrés sur les personnages pas toujours très glorieux.

J'ai toujours grand plaisir à ouvrir un livre de Chabouté qu'il ait ou non des paroles (ces deux-là sont dialogués). J'ai déjà commenté certaines de ses œuvres : Tout seul, Purgatoire, Un peu de bois et d'acier ; je crains d'être un peu redondant en parlant de la justesse des dessins, de leur sobriété, de leur simplicité de compréhension et de leur finesse. Allez, une fois n'est pas coutume, je me répéterai donc -l'âge, que voulez-vous ? Je radote. Mais au moins, je m'en rends compte. C'est déjà ça.- les livres de Chabouté sont excellents qu'ils aient des textes ou non. Ces deux-là ne font pas exception à la règle que je viens d'édicter. 

Merci Père Noël !

Voir les commentaires

Un peu de bois et d'acier

Publié le par Yv

Un peu de bois et d'acier, Chabouté, Éd. Glénat (Vents d'ouest), 2012

Un banc sous un arbre au bord d'une allée ou d'un chemin. Un garçon, jeune, qui grave une initiale, un cœur et le début d'une autre initiale avant de se couper sérieusement, sous les yeux de sa petite copine. Ainsi commence l'histoire de cette BD et de ce banc. Ensuite, le banc est le témoin des vies de plusieurs passants qui s'arrêtent ou pas. Un couple de personnes âgées qui partage un gâteau, des jeunes femmes plus ou moins heureuses en amour, un musicien mendiant qui fait piètre recette, ...

Sans texte, cette BD ou ce roman graphique est absolument génial. On passe par toutes les émotions, tous les sentiments, la tristesse, la tendresse pour tel ou tel personnage, la colère, la pitié, le rire car avec quelques trouvailles, Chabouté réussit à mettre un peu d'humour dans son histoire. On ne peut s'empêcher de penser aux films muets qu'on a vus et revus, en noir et blanc eux aussi. Un bon Charlot par exemple qui lui aussi réussit à nous faire ressentir tout cela sans mots. 

Mon billet est inhabituellement court -je sens des frustrations parmi mes lecteurs fidèles mais promis, je me reprends bientôt-, mais quoi écrire de plus que ne vous diront les dessins ? Que dire de plus sinon de lire -ou de regarder- ce magnifique album et les dessins de Chabouté toujours aussi expressifs ? Excellent. A voir et revoir et re-revoir encore et encore. Et même, vue la période, à offrir sans aucun risque de faute de goût, ni de déception.

 

Voir les commentaires

Le Chat Erectus

Publié le par Yv

Le Chat Erectus, Philippe Geluck, Casterman, 2012

"Mine(t) de rien, deux ans se sont écoulés depuis la sortie du dernier Le Chat (deux longues années heureusement entrecoupées par un remarquable Geluck enfonce le clou, mais deux ans quand même !)

Que les geluckophiles de réjouissent : Le Chat 2012 est un très grand cru, les années semblent (encore) bonifier les deux compères. Le matou mutin et matois est de retour avec tambour, trompette ET gourdin dans son 17e opus sobrement intitulé Le Chat Erectus." (note éditeur)

Est-il encore besoin que je parle ici de ma passion pour les chats en général et pour Le Chat en particulier ? Je crois avoir déjà dit dans un article concernant un précédent album, que, avant qu'il ne paraisse en livre, je découpais les strips que le journal régional publiait (Ouest-France, pour ne pas le nommer), je les collais sur des feuilles vierges et volantes et apposais ensuite ces feuilles sur les murs des toilettes pour lier l'utile à l'agréable (chacun est libre ici de juger ce qui lui est proprement utile et/ou agréable). J'étais jeune ! Et accro ! Maintenant que ma jeunesse s'enfuit, comme le disait un chanteur-auteur avec un très beau prénom, je suis toujours accro, mais P. Geluck publie et je n'ai donc plus de découpage/collage à faire, et puis, je ne lis plus la presse et Ouest-France ne publie plus Le Chat.

Me voici donc avec le dernier volume des aventures de Le Chat, toujours aussi drôles, absurdes, décalées, primaires, énième degré : un vrai album d'humour quoi ! En prime, quelques dessins d'actualité avec Benoit XVI, N. Sarkozy ou DSK en guest stars.

Une planche, que vous pouvez aussi voir sur le site de Casterman, pour vous allécher (les babines, évidemment) 

planche Le ChatPour vraiment finir, sachez que Le Chat paraît aussi en coffret Luxe avec Le Chat Erectus + Le Chat Sapiens (album XVII bis) + La semaine du Chat (2 DVD).

Merci Gilles Paris.

 

Voir les commentaires

L'école 100% humour

Publié le par Yv

L'école 100% humour, Christophe Besse, Le cherche midi, 2012

"Enfin un livre de dessins d'humour uniquement inspiré par l'école, une irrésistible galerie de portraits de profs et d'instits aux prises avec l'administration, les gamins rebelles et les parents déboussolés !
Fort d'une trentaine d'années d'expérience en littérature jeunesse, Christophe Besse est un observateur privilégié de l'univers enseignant et des cours de récré. La cantine, la visite au musée, le spectacle de fin d'année, le café dans la salle des maîtres, la chorale, la piscine, la classe transplantée... c'est comme si vous y étiez !
Si vous êtes prof, vous rirez de ce qui se passe dans les classes de vos collègues. Si vous êtes élève, vous pourrez faire partager à votre famille les journées palpitantes passées à l'école. Enfin, si vous êtes parent, vous tenez en main le guide pratique universel pour apprendre à communiquer avec l'instit de votre enfant." (4ème de couverture)

Pas toujours facile de parler d'un livre de dessins, surtout en cette rentrée littéraire chargée. Eh bien, me voilà donc bien embêté ! D'autant plus que j'aurais aimé vous montrer des dessins, mais je n'en ai pas trouvé. Alors, je rame. Oui, mais c'est sans compter avec Internet et le cadeau de Christophe Besse himself, qui après avoir lu mon article me fait parvenir gentiment deux dessins. Celui qui suit est un de ceux que je préfère dans le livre :

rentrée GIGN

(Le texte est le suivant :"- Ils sont tous à l'intérieur, je veux plus y aller maman !!!

- Ecoute moi ! Tu m'écoutes mon fils ? Tu rentres dans ta classe en donnant un grand coup de pied dans la porte et tu leur dis : "- J'ai préparé la rentrée au GIGN, le premier qui moufte, je le crucifie au tableau ! Vas-y répète..."

L'école est un thème que tout le monde connaît en tant qu'élève au moins, prof peut-être, parents aussi. Christophe Besse prend tous les points de vue, les décortique et les caricature pour les rendre drôles (certains n'ont même pas besoin de cela, ils sont drôles naturellement). Ses gamins sont des espèces de Petits Nicolas modernes, pas méchants, juste chahuteurs, à fond dans leur époque connectée. Les profs, eux, sont souvent à l'inverse, déconnectés, parfois vaches, durs et font avec les moyens du bord. Les parents sont débordés ou très présents s'ils sont élus. Ce n'est pas la BD Les Profs, (ben, non, y'a pas Amina, la prof de français !), ce sont des dessins, sans scénario, des dessins parus dans un journal professionnel.

On sent que Christophe Besse connaît bien le milieu qu'il dessine. Certains dessins touchent un peu moins leur cible, mais dans l'ensemble, quel que soit votre statut, élève, prof, parent, vous rigolerez et vous détendrez entre deux livres parmi les 600 et quelques qui sortent en ce moment. Et puis, ça vous changera des attendus d'A. Nothomb, P. Djian et consorts (là, j'ai mis un peu de sarcasme, parce que en voici deux que je ne lirai pas. Jamais lu la dame aux chapeaux et déjà lu le monsieur sans chapeau, mais pas envie ou de tenter l'expérience ou de la renouveler).

Et pour conclure le dessin "teaser" du livre (merci Christophe):

 

teaserlecolelelivre.JPG

 

challenge 1%Hérisson a aussi un avis.

Voir les commentaires

Noir et blanc en couleurs

Publié le par Yv

Noir et blanc en couleurs, Edoardo Di Muro, Éd. Roymodus, 2009

Tyara décide de quitter son pays le Sénégal, avec d'autres Africains pour gagner l'Europe. Traversée du désert, de la mer, autant d'épreuves dures qui ne sont rien en comparaison de la vie qui lui sera faite dans le pays dans lequel il finit par arriver. Heureusement, les émigrés avec qui il a fait le voyage et ceux déjà installés l'aident. Ils se soutiennent entre eux dans les moments difficiles. Quelques autochtones également. Mais sera-ce suffisant ?

Allez, une BD pour changer des polars et pour préparer aux vacances. Que je vous raconte comment celle-ci est passée entre mes mains. D'abord, j'ai lu chez Ys un article concernant une autre BD du même éditeur Le soldat inconnu vivant. Puis, je suis allé sur le site de Roymodus et j'ai échangé deux ou trois mails avec l'éditeur en personne qui m'a dit texto : "je vous conseille "Noir et blanc en couleurs" d'Edoardo Di Muro, la plus belle BD que j'ai éditée à ce jour". Une simple phrase qui évidemment a ouvert ma curiosité. Achat effectué rapidement. Lecture aussitôt et billet qui suit.

C'est effectivement une belle BD. D'abord par les dessins et les couleurs : les nuits africaines bleutées, avec un ciel magnifique étoilé, même les grandes villes européennes sont colorées ; par contre, les traits des personnages ne sont pas parmi ceux que je préfère (c'est difficile à expliquer : disons que les traits ne sont pas aussi précis que dans une BD franco-belge et que parfois, ça me gêne ;  j'ai le même souci avec J. Sfar par exemple, mais en plus, lui, ses textes sont illisibles, contrairement à E. Di Muro  !)

Ensuite l'histoire : excellente. L'émigration vue par ceux qui la vivent dans leur chair : on devrait faire lire cette BD dans les écoles et notamment du Sud de la France ! La difficulté à vivre dans les villages d'Afrique, le terrible choix de partir et les conditions dans lesquelles le trajet se fait, puis, pour finir, l'accueil des Européens, l'exploitation d'une main d'oeuvre qui se tait, ... Mais cette BD c'est aussi la solidarité, les croyances, notamment celles des Beliyans (Hommes de la terre rouge). Le caméléon, le messager, celui par qui toutes les nouvelles arrivent aussi loin qu'on soit pour peu qu'elles aient été envoyées de l'arbre consacré à Edash Andjang, leur Dieu. Ce n'est pas une confrontation des civilisations en en plaçant une au dessus de l'autre, mais E. Di Muro montre comment il est difficile de s'adapter d'une civilisation à l'autre : "En Europe vous avez inventé les montres, mais nous en Afrique on a inventé le temps... Votre vie est prisonnière comme votre Edash." (p.82) Pas de manichéisme sur les gentils noirs et les méchants blancs ou vice-versa, mais un constat sur les vies de chacun, sur leurs souhaits, leurs ambitions ; pas de jalousies ou d'envies de ce qu'est l'autre, mais une constatation que l'on peut vivre ensemble avec nos différences.

Les Beliyans vivent entre le Sénégal et la Guinée, ils ont pu préserver leurs traditions sociales et sont très dépendants et respectueux de la nature : les esprits veillent sur l'équilibre de l'écosystème, en régulant la transformation de l'environnement et leur impact sur leur milieu. (D'après les notes de fins de volume)

Vous avez donc ce qu'il vous reste à faire, pour ma part, je me porte acquéreur du second numéro de la série à sortir bientôt : L'esprit de la savane !

Voir les commentaires

Geluck enfonce le clou

Publié le par Yv

Geluck enfonce le clou, Philippe Geluck, Casterman, 2011

Dans la veine de Geluck se lâche, Geluck enfonce le clou ! Toujours aussi réjouissant, Geluck montre sa face cachée, son penchant naturel vers la vacherie, la grossièreté et la méchanceté, parfois gratuite (enfin, pas tout à fait puisque le livre coûte 18€).

Il aborde des thèmes divers comme l'intégrisme, la religion ou plutôt même les religions, la maladie, la mort et les enfants des autres :

"Halte au terrorisme bambinesque ! Sous prétexte que c'est mignon et que ça dit "areuh", ça ne devrait pas être autorisé à nous pourrir ces moments bénis où nous échappons, le temps d'un film, d'un navarin de homard, d'un Paris-Marseille, au tohu-bohu de notre société trépidante. Et je ne critique pas ici les petiots eux-mêmes, mais plutôt leurs infâmes géniteurs qui, non contents de s'émerveiller de leurs braillardises, en rajoutent à coups de "Voyons Thomas, calme-toi ! Tout le monde te regarde !" (p.6)

Les textes sont soignés, bien écrits et l'on se rapproche du mauvais esprit de Pierre Desproges, de Cavanna, Siné et les autres. Sans son double, Le Chat, Geluck réussit également à faire un livre drôle. Peut-être plus directement méchant qu'avec son alter ego, même si celui-ci n'est pas toujours sympathique, mais il cache bien son jeu dans ses rondeurs et sa bonhomie.

Les dessins sont encore mieux que les textes : un petit exemple ? Oh oui ! Bon allez, c'est bien parce que c'est vous !

CLOU-JOHNNY.jpg

Là, c'est plutôt marrant, mais certains dessins sont grinçants, politiquement incorrects et font passer des messages beaucoup plus clairement et facilement que des textes. Tout pour plaire quoi ! Mais je ne cache pas ma subjectivité totale, je suis totalement partial, parce que je suis fan du Chat et donc de Geluck depuis, pfuiii,... ça ne me rajeunit pas (sans commentaire, SVP).

Merci Davina, de chez Gilles Paris.

Voir les commentaires

Gags

Publié le par Yv

Gags, Mix & Remix, Libella/Les cahiers dessinés, août 2011

Mix & Remix est une dessinateur de presse. Il officie dans son pays d'origine, la Suisse, mais aussi à Siné Hebdo (disparu depuis)  et dans Courrier International. Ce livre regroupe des strip, des dessins uniques, souvent sur l'actualité, mais aussi sur l'évolution de l'homme, sur sa place dans la société et divers autres sujets. Dessins très courts, minimalistes, pas de décors et des personnages simples voire simplifiés, mais gags qui marchent. Les chutes sont très drôles -même si je reconnais que certaines sont un peu plus poussives-, dans l'ensemble, j'ai beaucoup ri. Comme par exemple ce gag où un couple regarde et écoute la télévision :

 

""- La situation est toujours aussi dangereuse dehors. Nous vous conseillons vivement de rester chez vous, devant vos postes de télévision. Surtout pendant les pubs...

- Je crois qu'on nous manipule !" dit la femme."

L'effet est forcément moindre sans les dessins, alors pour vous donner une idée encore meilleure, voici un extrait issu du recueil :

 

 

 

63960663.png

 

 

A travers ses dessins, Mix & Remix n'aborde pas que des thèmes légers, il parle aussi de la mort, de la religion, de l'intégrisme, de la pauvreté, toujours avec humour, histoire de faire passer la pilule et des messages clairs.

Un livre de la rentrée littéraire qui permet de donner un souffle d'humour salvateur et bienvenu.

Merci Denis des éditions Libella/Les cahiers dessinés.

 

rire-copie

Voir les commentaires

Joséphine

Publié le par Yv

Joséphine, Pénélope Bagieu, Ed. J-C Gawsewitch, 2008 (tome 1), 2009 (tome 2), 2010 (tome3)

Joséphine est une jeune femme au gros fessier et petits seins, complexée, un brin timide et décalée qui rêve du grand amour. Ses parents (sa mère surtout) n'apprécient pas vraiment son mode de vie de célibataire, sa sœur étant déjà mariée avec un homme plein d'avenir et, rendez vous compte, elle est mère de famille, elle !

Archétype de la célibataire urbaine de ce début de vingt-et-unième siècle, Joséphine ne vit pas très bien sa solitude. Alors, certes, elle a des amis qui l'entourent et la supportent, mais bien sûr, ça ne lui suffit pas. Il lui faut un mec, le Prince Charmant quoi ! Oh, elle en trouve, mais des inattentifs ou des mariés. Elle s'en lasse ou ils se fatiguent, toujours est-il qu'à chaque fois Joséphine se retrouve seule. Enfin, pas tout à fait, puisque Bradpitt lui tient chaud et compagnie. Bradpitt, écrit comme cela, c'est son chat.

BD dont on dit un peu partout qu'elle fait un tabac auprès des femmes. Ah, mince, me voilà encore en dehors de la cible. Décidément, il va falloir que je consulte ou que je fasse un dosage de mes hormones mâles et femelles : un boulot de fille, et maintenant des lectures de fille. Bon, c'est promis, si je découvre quelque chose, je fais mon coming-out ici, sur ces pages ! (C'est bon pour le buzz, ça !)

A moins, explication plus plausible -enfin, je dis ça pour me rassurer sur ma virilité-  que ces messieurs ne lisent les exemplaires de leurs femmes ou de leurs copines en cachette. Voilà, c'est ça ! Et y'a que moi qui ose le dire, dussé-je pour dire la vérité en rabattre sur ma masculinitude (masculinité eut été plus correct ? Ah oui ? Tant pis, je garde, il y a des exemples des mots en "tude" en haut lieu) ! Bon, allez, j'arrête mon quart d'heure perso pour revenir à Joséphine.

Bien que je sois donc un garçon, j'ai bien aimé cette BD. D'abord, je trouve Joséphine drôle, attachante, énervante, égoïste, malheureuse, touchante, maladroite, de mauvaise foi, tout ce qu'on aime chez les filles quoi ! (c'est mon côté masculin qui reprend le dessus. Enfin ! Ouf, rassuré.) Les situations dans lesquelles elle se trouve ou dans lesquelles elle se met elle-même sont amusantes, parfois douces-amères, mais elle s'en sort toujours, pas forcément bien, me direz-vous. Certes, mais elle s'en sort pour se remettre dans une autre situation tout aussi loufoque ou drôle.

PS : j'ai trouvé la photo de l'intégrale sur le site de l'éditeur (ici), pour ma part, j'ai pu lire les trois tomes rapidement parce qu'ils étaient tous les trois disponibles à la bibliothèque municipale. Et en plus, l'auteure, elle a un blog aussi : c'est !

Voir les commentaires

Monroe

Publié le par Yv

Monroe, Tom Tirabosco et Pierre Wazem, Ed. Casterman, 2005

Un Inuit trouve dans le ventre de la baleine qu'il vient de pêcher avec les hommes de son village, une chaussure de femme et une photo de Marilyn Monroe qui porte une paire identique aux pieds. La photo étant prise sous les lettres "HOLLYWOD", l'Esquimau décide de se rendre là-bas pour rapporter l'escarpin, car :"On ne peut pas marcher avec une seule chaussure" (p.8)

Très bel album avec des dessins réalistes, simples passant du blanc des neiges au sombre des nuits étasuniennes jusqu'au jaune-orangé des scènes sur un baleinier. L'histoire part d'une belle intention, puis peu à peu, l'Esquimau découvre la noirceur du monde, des gens qui le composent : en quelques jours, il est confronté à la modernité, à la société de consommation et à ce qu'elles engendrent de pire, alcool, convoitise, voleurs, ... Peu de place dans ce monde pour sa candeur, sa naïveté et sa volonté de rendre service.

C'est un album noir. Peu de texte, mais les dessins (Tom Tirabosco) sont très explicites. C'est un terrible constat sur la mort des petits peuples, la mondialisation culturelle et la perte des identités particulières.

Qu'en sera-t-il dans quelques années de ces différents peuples qui vivent encore selon leurs traditions ? Y-a-t-il encore une place dans ce monde uniforme pour des individualités ? L'histoire ne le dit pas mais pose les questions. Des bonnes questions.

Voir les commentaires

<< < 10 20 30 31 32 33 > >>