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Recherche pour “le péril vieux”

La boîte aux lettres du cimetière

Publié le par Yv

La boîte aux lettres du cimetière, Serge Pey, Zulma, 2014...,

Trente-trois nouvelles assez courtes sur l'enfance aux temps de la dictature franquiste. Le narrateur est tour à tour enfant qui vit dans le sud de la France de parents exilés, communistes ou anarchistes recherchés par la police espagnole voire condamnés à mort (quatorze fois pour Papa), adulte, marié et père qui assiste à l'enterrement d'un poète SDF dans une nouvelle franchement drôle. Les histoires s'enchaînent cruelles, dures, tendres, drôles, légères voire même triviales.  

Comme je l'écris plus haut ces nouvelles sont très différentes les unes des autres avec des points communs : le narrateur, l'Espagne et la fuite, la famille, les amis, les questions d'enfants. On retrouve même des personnages rencontrés dans le livre précédent de Serge Pey, Le trésor de la guerre d'Espagne, comme Chien qui est l'un des enfants torturés, obligé d'élever un chiot, d'en prendre soin et de le tuer dans la nouvelle Le morceau de bois. Serge Pey joue avec les mots, les sons rendant son texte parfois abscons pour un esprit cartésien comme le mien, mais ça ne dure que quelques phrases ou une très courte nouvelle. On peut passer de la trivialité la plus terre-à-terre (Les chiottes) à la poésie (La bibliothèque double, en continuité de La bibliothèque blanche du recueil précédent). J'ai coché largement plus de la moitié des titres comme étant les nouvelles qui m'ont le plus touché, preuve s'il en est de la qualité de ce livre qui commence avec une histoire sur la porte d'entrée toute neuve qui servira un temps de table à manger pour permettre à tous les arrivants de s'installer et finit avec cette même porte dans un ultime usage : "Une porte n'est pas un morceau de bois, elle est simplement une gardienne qui recueille des mots de passe. [...] Les portes nous abandonnent quand on ne sait plus entrer dans leur maison. Les portes nous aiment quand on ne les ferme pas." (p.200)

Serge Pey parle d'un monde oublié, post-guerres ou durant icelles, guerre d'Espagne, seconde guerre mondiale, un monde rural, dur parce que les hommes et les femmes qu'il met en scène sont recherchés, exilés, qu'ils vivent de peu, travaillent beaucoup ; néanmoins, il y a beaucoup de tendresse, de la nostalgie, de la violence aussi, de l'amour, de la solidarité, des trahisons. Vous ne résisterez pas aux explications étymologiques de L'étoile rouge de Moscou ou de Hôpital Varsovie. Ni à l'humour parfois étonnant :"Personne ne sait pour quoi Papa attache ses dents qui tombent par un fil à un barreau de la salle de bain. Est-ce par un goût affirmé pour les vieux rituels sorciers venus des montagnes, pour conjurer les voleurs, ou tout simplement son penchant naturel pour l'esthétique ? Le fait est que les dents de Papa, devant la fenêtre de la salle de bain, sont du meilleur effet. Ce furent mes premières installations. Les artistes d'avant-garde ne m'ont jamais étonné. J'avais le musée d'art contemporain à la maison, mais je ne savais pas ce qu'était l'art, et encore moins les secrets cachés d'une chambre des merveilles." (p.73/74). Serge Pey a des trouvailles absolument formidables, des associations d'idées, des collisions de mots ou d'expressions improbables qui font mouche, qui font poésie : "La poésie défait les nœuds de la pensée." (p.57), tout cela avec simplicité dans le choix des mots, dans leur assemblage dans les phrases. : "La poésie doit être simple." (p.57) Et on ne dira jamais assez de bien sur ce titre qui est aussi celui d'une nouvelle avec une belle idée de Papa et sur les couvertures toujours aussi belles de Zulma.

Hélène, de Lecturissime en parle également, on a même failli en faire une lecture commune, mais c'est tout comme...

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Découvrez Mykonos hors saison

Publié le par Yv

Découvrez Mykonos hors saison, Richard Gaitet, Ed. Intervalles, 2014....,

Deux amis, Thomas et le narrateur se retrouvent en vacances à Mykonos. Quatre cent mille visiteurs l'été, à peine dix mille hors saison. Nous sommes en mars, les fêtes sont finies ou pas encore commencées. Les deux amis trouveront-ils matière à faire la fête, à draguer et plus si affinités, à profiter de la légendaire réputation d'éden touristique de l'île grecque ? 

Le moins que je puisse dire c'est que ce court roman m'a étonné, m'a totalement pris en défaut sur mes a priori. Richard Gaitet ne m'est pas inconnu, puisque j'avais lu et beaucoup aimé son premier roman paru sous le pseudonyme de Gabriel Robinson, Les heures pâles. Ce roman était celui d'un fils qui cherchait à comprendre son père qui avouait une double vie, un père inconnu. Je ne sais pas -et peu m'importe- ce qui est de la fiction ou de la réalité dans ce roman ou dans Découvrez Mykonos hors saison, mais on pourrait dire qu'ils sont deux facettes de l'auteur. L'un les heures sombres et l'autre les heures solaires (merci Richard, je me permets de réutiliser votre dédicace). On pourrait croire à une certaine vanité -dans le sens de futilité- de ce genre d'histoire, deux mecs en goguette dans un lieu touristique fêtard, mais l'auteur évite le cliché et la vacuité du propos. Car son roman est barré. Joyeux et barré. Les deux garçons peinent à trouver de quoi se distraire, boivent, pissent sur le mur d'une chapelle qu'ils ne remarquent qu'à peine vu leur état d'ébriété, font des rencontres avec les vrais habitants de l'île, en cela ils repartiront -s'ils y parviennent- plus riches de connaissances des autochtones et d'autrui en général. J'ai eu parfois quelques soucis avec la bonne compréhension du texte (mais y a-t-il une seule lecture ?- me demandant si j'étais dans la réalité du narrateur, dans un rêve ou un cauchemar, dans un delirium tremens, mais peu importe, il m'a suffi de me laisser porter par les mots, les belles et longues phrases de R. Gaitet, les jeux de mots, parfois faciles mais inévitables : "Sur ces entrefaites, le vieux Nino rota." (p.46), "Hermès, dieu du commerce, des voyageurs et du carré, avait-il joué de son influence sur la conjoncture internationale afin de nous immobiliser, ce coquin, une nuit de plus -et si oui, pour quelles raisons ?" (p.47) Richard Gaitet aime les mots, il use même de certains un peu tombés en désuétude et c'est fort grand plaisir que de les lire, bien placés dans une phrase :"derechef""pourléché""gironde""houppelande" pour n'en citer que quelques uns. D'un autre côté, il se sert aussi beaucoup d'expressions courantes voire de mots d'argot ou dits grossiers, ce qui donne un style d'écriture très personnel, qui m'a permis de me faire une image des deux touristes ; je les vois comme deux garçons à la recherche d'aventures, mais pas trop téméraires surtout prêts à rire et à profiter sans se soucier du lendemain, plutôt sympathiques, ils surmontent sans se fâcher les aléas de leur voyage, voient toujours le bon côté : "Nouveau shot, c'est déjà le quatrième et la bouteille est encore à moitié pleine" (p.40), alors que bien sûr, s'ils avaient été dans le trente-sixième dessous, la bouteille aurait été à moitié vide. CQFD !

Enlevé, un rien déjanté et farfelu, ce roman est truffé de références à la Grèce ancienne -que je ne connais pas-, preuve de l'érudition de l'auteur qui en joue plus qu'il ne la montre ostensiblement, plein de références musicales (que je maîtrise un peu plus, Frankie Goes to Hollywood ou Donna Summer par exemple), Richard Gaitet est aussi connu outre pour "sa pratique très personnelle du sirtaki" (4ème de couverture) pour son émission Nova Book Box sur radio Nova, l'une de mes deux ou trois radios habituelles et préférées ; je joue de la zapette autoradiomobile entre Nova et Fip.

Livre insolite et surprenant, tout pour plaire.

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Certaines n'avaient jamais vu la mer

Publié le par Yv

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka, Éd. Phébus, 2012 (traduit par Carine Chichereau)

Début du siècle dernier, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, quittent leur Japon natal pour les États-Unis. Elles vont y épouser un homme qu'elles n'ont vu qu'en photo. Un de leurs compatriotes exilés depuis plus ou moins longtemps. Ce sera une rencontre difficile, quasi impossible, surprenante, jamais anodine. Leurs vies vont radicalement changer, même si elles continueront de vivre entre Japonais, dans des quartiers nippons des petites ou grandes villes. Leurs espoirs de bonheur sont bien vite déçus : elles iront travailler dans les champs, dans des boutiques, dans des maisons de bourgeois en tant que bonnes voire dans des bordels. Enfin, travailler, le mot le plus adéquat serait trimer, sans cesse, sans repos.

Ce livre est petit mais très dense. Julie Otsuka a une manière très personnelle de raconter le parcours de ces femmes, arrivées aux États-Unis dans les années d'après la première guerre. Elle s'intéresse à elles jusqu'aux années de la guerre suivante, celle que leur pays d'adoption mène contre leur pays natal.

Plutôt que de nous parler d'une seule héroïne qui serait un peu toutes ces femmes, l'auteure écrit sur toutes en même temps. Dans un même paragraphe, elle dit toutes les possibilités, reprenant ses débuts de phrases telle une litanie :

"Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grandes. Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville et portaient d'élégants vêtements, mais la plupart d'entre nous venaient de la campagne, et nous portions pour le voyage le même vieux kimono que nous avions toujours porté -hérité de nos sœurs, passé, rapiécé, et bien des fois reteint. Certaines descendaient des montagnes et n'avaient jamais vu la mer, sauf en image, certaines étaient filles de pêcheur et elles avaient toujours vécu sur le rivage." (p.11)

Le procédé est répété durant tout le livre et ce qui pourrait lasser voire agacer produit le phénomène inverse : le rythme est là, évident, même lorsque les phrases sont longues, on a l'impression du contraire, de phrases très courtes, accolées qui pourraient être ces femmes obligées de vivre ensemble, malgré leurs différences sociales ou culturelles. Elles vivent la même douleur de la séparation, de l'angoisse, de la peur de l'inconnu, tant l'homme qu'elles vont épouser que le pays dans lequel elles vivront désormais. L'écriture de Julie Otsuka est comme une musique répétitive de Steve Reich, par exemple, ou plus connu, le Boléro de Maurice Ravel : on se demande pourquoi, ça nous plaît, mais on est fasciné et on en redemande.

Le propos est la clef de voûte de ce roman. Il en est l'ossature, forte et puissante. Le style en est l'ornement poétique, direct, franc. Car Julie Otsuka ne cache rien de la vie des ces femmes : leur peur sur le bateau, leur arrivée au port, leur premier contact avec leurs maris, notamment sexuel, leur vie de labeur dure et sans repos, les enfants qui naissent américains, qui se détournent de leurs parents, le racisme au quotidien au moins aussi présent que le racisme anti-noirs : "Ils savaient quand ils étaient autorisés à aller nager à la piscine de la YMCA -Les lundis sont réservés aux gens de couleur- et quand ils pouvaient aller au cinéma Pantages Theater, en ville (jamais). Ils savaient qu'ils devaient toujours commencer par téléphoner au restaurant. Vous servez les Japonais ?" (p.87/88)

J'ai pris ce roman comme un reportage écrit au milieu de ces femmes : une immersion totale dans leurs vies. L'auteure a su trouver des mots et un style étonnant, particulier et très personnel. Moi qui recherche dans mes lectures, mais aussi dans les musiques que j'écoute ou dans les films que je regarde, à être surpris voire dérouté, je dois avouer que je suis comblé. A plus d'un titre. D'abord cette écriture que j'aime beaucoup, et ensuite, ces histoires que Juie Otsuka raconte et que je ne connaissais pas vraiment : je n'avais qu'une vague idée de ce qu'avait été la vie des Japonais exilés aux États-Unis pendant les années 30 à 50.

Merci beaucoup Bénédicte.

Cathe l'a lu, Canel aussi.

 

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Comme au cinéma

Publié le par Yv

Comme au cinéma (Petite fable judiciaire), Hannelore Cayre, Métailié, 2012

Etienne Marsant est une star. Le grand acteur français, mais suite à un infarctus, il ne tourne plus. Il vit sur sa notoriété. Cependant, il accepte d'être le Président d'un festival de cinéma de seconde zone à Colombey-les-Deux-Églises.

Dans le même temps, à Chaumont, se tient le procès en appel d'un braqueur de banques récidiviste. Un petit voyou sympa répondant au nom improbable de Abdelkader Fournier, qui braque avec une arme en plastique. Les époux Bloyé, Jean et Anne sont ses défenseurs. Mais la partie sera rude face au juge, surnommé "le boucher de la Haute-Marne".

Tout ce monde se croisera plus ou moins rapidement au tribunal ou dans la seule auberge digne de ce nom dans cette petite ville.

Hannelore Cayre sous-titre son livre, Petite fable judiciaire. Si elle avait fait appel à moi avant, je lui aurais suggéré plutôt : Petite farce judiciaire. Mais bon, tant pis pour vous Hannelore -vous permettez que je vous appelle Hannelore ?- vous avez préféré la jouer solo sans mon avis éclairé. Néanmoins, je ne vous en veux pas. D'abord parce votre sous-titre, bien que moins bon que le mien, il va sans dire, n'est pas mal non plus, et surtout parce que votre roman est très bien. Voilà, c'est dit, c'est clair.

Je suis passé par beaucoup de phases :

- celles où j'ai ri : Jean  Bloyé est totalement désabusé, blasé. Il regarde la vie et son métier avec une ironie et une causticité permanentes. Etienne Marsant est dans le même genre, le cynisme en plus voire même la goujaterie que lui permet son statut de Star et dont il joue. Et Hannelore Cayre de filer une parfaite métaphore florale : "Il avait également semé des fleurettes dans les cœurs de ces dames. Il comptait les cultiver pendant ces quelques jours de festival avec la chaleur ou la fraîcheur qui convenait à chaque espèce afin d'en récolter la plus épanouie la dernière nuit. Tout cela, évidemment, ne tenait que du voeu pieux puisqu'il ne bandait pratiquement plus." (p.74)

- celles où je me suis insurgé, contre le racisme, l'homophobie et la xénophobie faciles et malheureusement crédibles du juge Anquetin : "Anquetin est un gros con. Pas d'une gentille connerie débonnaire... Non... D'une connerie butée, contente d'elle-même. Son esprit est un rendez-vous de banalités racistes et de préjugés épidermiques. Et si un avocat ose lui démontrer qu'une chose n'est pas comme il croit qu'elle est, il prend un air dédaigneux qui s'opiniâtre à mesure qu'il insiste." (p.65)

- celles où je ne pouvais croire la tournure ubuesque que prenait l'histoire, mais elle me faisait rire, donc ça passait.

- celles où je me suis énervé contre le parisianisme exacerbé de Anne Bloyé (Pitié, Hannelore, dites-moi que ce n'est que votre personnage et pas vous !)

- celles ou j'ai ri de nouveau

- celles où je me suis dit : (je me cite, alors, je mets mes propos en italique) "mais finalement, les réflexions de Jean sur le monde actuel, sur cette mode de faire d'un ado, Augusteen Granger -ersatz de Justin Bieber- un modèle pour des millions d'autres ados, les remarques sur la futilité de ce qu'on nous présente comme étant la culture, de ceux qu'on nous dit être les nouvelles stars, mais qui comme les étoiles filantes ne dureront que le temps de les voir s'éteindre (c'est beau, on dirait du Verlaine), la  tendance à prendre comme baromètre de la société un pré-pubère chantonnant des niaiseries qui masque les inégalités, les violences de cette même société, tout cela est assez proche de ce que je peux penser. Oh, non, Yv tu es vieux ! Désabusé, blasé, comme Jean ! Mais que nenni, je vais résister !

Voilà donc mes différents états d'esprit en lisant ce roman, qui emporte l'adhésion, très aisément, grâce également à une écriture, drôle, caustique, franche. Chez Hannelore, un chat est un chat et un con un con ! Elle mène son histoire à un rythme qui ne laisse pas de temps mort, pas de répit à ses lecteurs. Et, cerise sur le gâteau, à chaque fois qu'un nouveau personnage apparaît, on a le droit à une description détaillée, moqueuse voire méchante mais tellement jouissive. En l'espèce, la sélection des jurés pour le procès est un vrai régal. Allez, pour finir en beauté, les portraits de la sous-préfète et de son mari :

"Avec ses tailleurs rouges ou bleu roi, toujours un poil trop petits, et ses cheveux flamboyants bétonnés de laque, la sous-préfète faisait penser plutôt à une grosse poule rousse sexuellement très agressive. Elle offrait un sacré contraste avec son mari, un petit teckel gris et tremblotant [...]"

Merci Valérie.

région

 

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La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis

Publié le par Yv

La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis, Francis Dannemark, Robert Laffont, 2012

Une bande de cinquantenaires (la fourchette va de 75 à à peine 40 ans, avec une grosse majorité aux alentours de 50 ans) se retrouve tous les mercredis soirs dans une grande maison bruxelloise pour un ciné-club. Deux hommes, Max, psychologue qui habite la maison et Jean-François, le cinéphile. Les autres, huit femmes (Judith, Muriel, Felisa, Sarah, Marie-Louise, Annick, Kate, Catherine). Tous sont amis, se connaissent bien ou apprennent à se connaître et s'entendent merveilleusement bien. Oui, mais la maison craque, cette maison qui recueille les confidences, les doutes pourrait disparaître ; chacun  fait alors un peu le point sur sa vie, sur ses amours. C'est une année entière qui commence par un hiver rigoureux qui sera propice aux changements, aux prises de résolutions.

Quel charmant roman ! Un moment de félicité dans ce monde de brutes. L'ambiance est joyeuse du début à la fin, c'est un roman qu'on lit le sourire aux lèvres. Jamais mièvre pourtant, plutôt positif ! Alors, on se prend à rêver de vivre dans une telle maison, où rien n'est source de conflit, où tout est débattu en groupe ou en simple tête-à-tête.

Sous couvert de légèreté, Francis Dannemark (qui, comme son nom l'indique est... belge), aborde des thèmes sérieux : l'amour, la mort, la solitude, la peur de vieillir, celle de finir seul(e), l'amitié (entre hommes et femmes notamment). Ces hommes et ces femmes sont à un tournant de leur vie et décident de s'arrêter un instant pour en faire un bilan, pour savoir s'ils continuent de la même manière ou s'ils changent un peu ou totalement.

Deux passages résument parfaitement ce livre : "Il songea à ce qu'un vieux libraire lui avait un jour expliqué : la poésie, ce sont des répétitions -des mots qui reviennent, des sons- et quelques variations ; une vie poétique, c'est la même chose : des rites, des habitudes, des gens et des saisons qui reviennent, avec quelques variations, bien sûr et des surprises..." (p.134/135) et "La solution n'est pas dans les objets." (p.183) Discours totalement à l'opposé des standards actuels : aujourd'hui où il est de bon ton de tout tester, de faire des expériences, de posséder.  L'avoir plus que l'être ! Ce livre est celui sur l'amitié qui dure, que rien n'use. Sur les relations entre des personnes.

Et puisqu'il y est beaucoup question de cinéma, de la même manière qu'on parle de film choral, je pourrais dire que c'est un roman choral, un roman de copains. Un film -ou plutôt deux- pourrait venir  à l'esprit immédiatement -l'auteur en parle d'ailleurs-, mis à part qu'il y est question d'hommes plus que de femmes : ce sont Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis de Yves Robert. Même atmosphère, même sourire en voyant les personnages, même plaisir à les voir et même serrement à les quitter.

Parlons maintenant  de la forme. Construit en petits chapitres, ce roman peut se prendre et se poser rapidement : on lit un chapitre, on rit, on repose et on refait cela un petit moment plus tard. L'écriture est humoristique, simple et accessible. Tout est là pour faire passer un excellent moment au lecteur. Pari réussi pour moi. En plus, à la fin, il y a un rappel des principaux personnages rapidement décrits (fort utile lorsqu'on est perdu dans les prénoms) et une dizaine de pages répertoriant les films dont Jean-François parle, les livres et les sites utiles pour les amateurs de cinéma.

Pour conclure, un avertissement : ouvrir ce roman procure des sensations de joie et de bonheur. La maison, qui est le véritable personnage principal de ce roman est un havre de paix, une oasis de bonheur dans laquelle lenteur, rires, tendresse, gestes attentionnés, écoute des autres sont les maîtres-mots.

Vous l'aurez compris, je ne suis absolument pas objectif et ce livre qui semble être une joyeuse plaisanterie pourrait bien être plus profond qu'il n'y paraît et drôle et bien écrit. Et en plus, il a un très joli et long titre.

 

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Un avis aussi enthousiaste ici.

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Carambole

Publié le par Yv

Carambole, Jens Steiner, Ed. Piranha, 2014 (traduit par François et Régine Mathieu)...,

Trois adolescents, copains du même village cherchent à s'occuper, à se faire de l'argent pendant les vacances qui débutent sous une chaleur accablante. Une de leurs amies, en rébellion avec ses parents leur apprend qu'elle les quitte, son père part aussi laissant une femme seule, désemparée. Un joueur de tennis, très connu, originaire du village et y habitant toujours, sur les hauteurs, disparaît. Trois vieux amis se retrouvent pour parler d'Epictète et de Gramsci... 

Voici un résumé on ne peut plus décousu, mais je m'explique : ce livre est constitué de douze chapitres comme douze nouvelles qui forment un roman. Chaque narrateur tourne, devient un personnage de second plan ou disparaît. Chaque bout d'histoire en éclaire une autre. Tout se passe dans le village, dans un temps très court, avec quelques retours en arrière pour comprendre la situation actuelle et le rôle de chacun. J'aurais pu parler de deux des adolescents du début qui reviennent chacun pour son chapitre expliquer un bout de la grande histoire du village grâce à ce qu'il voit ou entend. Ou encore de ces deux frères fâchés qui ne se voient plus depuis quarante ans. Ou de Renate, l'adolescente qui fuit ses parents et se retrouve en mauvaise posture. Ou de ce handicapé énigmatique qui observe tout le monde à travers ses longues-vues. Un jour une explosion aux abords du village déclenche des scènes de peur, des réflexes étonnants, des rencontres imprévues, un peu comme si la bulle de verre qui chapeautait le village explosait et que chacun commençait à s'ouvrir aux autres. Une tentative au moins. Un petit pas contre le repli sur soi.

Lire cet ouvrage n'est pas un exercice facile comme l'est la lecture de certains best-sellers de cette rentrée littéraire (je ne vise personne évidemment, puisque je n'ai pas lu le dernier -ni les autres d'ailleurs- livres d'A. Nothomb !). Jens Steiner fait appel à l'intelligence du lecteur, à lui de faire le lien entre tous les intervenants, qui comble du vice pour certains, prennent un pseudonyme. Je rassure tout le monde, je ne suis pas fort en général à ce jeu-là, je me perds facilement dès que le nombre d'intervenants dans un livre est important, mais là, j'ai tout réussi, ce qui est, bien sûr, vous l'avez deviné, une preuve de ma grande intelligence -ou du talent de l'écrivain- ! Jens Steiner procède par petites touches, par ellipses et par images. Il commence chaque chapitre sans nous dire qui en est le narrateur, et bien sûr chacun s'exprime à la première personne. On commence dans le flou, on tente de deviner et puis au bout de plusieurs lignes, voire une ou deux pages, on le tient. Ce n'est pas un sentiment très agréable de ne pas savoir qui parle (je dois même dire que sur certains chapitres qui m'ont moins plus, j'ai trouvé le procédé un peu répétitif et longuet), mais la plupart du temps, il fonctionne. Le lecteur que je suis n'a jamais entièrement perdu une sensation de flottement, une certaine incompréhension, je me suis parfois fait violence pour finir ma lecture, mais franchement, je ne regrette pas d'avoir été un peu bousculé, la littérature sert à cela aussi, ne lire que des choses très linéaires peut être un peu rengaine parfois, même si j'aime bien aussi des livres avec un début, un développement et une fin, le tout bien calibré 

L'écriture de Jens Steiner est simple, minimaliste parfois, lorsqu'il dialogue notamment et que l'interlocuteur principal hésite, n'est pas très à l'aise avec la discussion, poétique, familière, "parlée", elle varie en fonction des narrateurs. Un beau travail de traduction.

Les toutes jeunes éditions Piranha publient un texte original, dense et riche.

 

 

rentrée 2014

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Petits meurtres à l'étouffée

Publié le par Yv

Petits meurtres à l'étouffée, Noël Balen et Vanessa Barrot, Fayard, 2014...

Laure Grenadier est critique gastronomique pour un magazine dont elle est aussi rédactrice en chef. Elle part en reportage à Lyon avec Paco, le photographe, pour un prochain numéro de Plaisirs de table qui sera axé sur les célèbres bouchons de la ville. La semaine se présente bien, mais tout change lorsque  le propriétaire d'un restaurant très en vue meurt, assassiné, la recette de la soirée volée. Lyon est en émoi, Laure aussi qui connaissait bien la victime. Tout en continuant son travail, elle laisse traîner son oreille et recueille des informations sur le monde des restaurateurs lyonnais qui pourraient bien servir à l'enquête. 

Dans la lignée de la série Le sang de la vigne dont il est l'un des co-écrivains, Noël Balen, crée ici avec Vanessa Barrot le personnage de Laure Grenadier qui ne sévit pas dans le vignoble mais dans les cuisines. Il est sympa le duo Laure/Paco. Elle, très parisienne, tirée à quatre épingles, très sensible à l'image qu'elle donne d'elle-même, très professionnelle, et lui, plutôt rockeur, pas toujours bien sapé, pas forcément attiré par la bonne bouffe, très doué dans son domaine, la photographie. Disons tout de suite que l'enquête n'est pas super originale, que la solution est trouvée en toute fin, peut-être un peu vite et que pendant les cent premières pages on se demande bien pourquoi on pourrait épingler une étiquette "polar" sur ce livre. Certes, meurtre(s) -quel suspens je laisse avec ce "s" entre parenthèses- il y a, mais on ne voit pas le bout de la queue d'un flic ou d'un indice. Rien ! Nada ! Mais, parce qu'il y a un -ou même des- mais, on lit les tribulations de Laure et Paco avec beaucoup de plaisir. On visite Lyon, ses bouchons, ses traboules, ses quartiers comme si l'on y était. Je n'ai visité Lyon qu'une seule fois, il y a deux ans avec un guide exceptionnel (Éric, si tu passes par là, sois-en remercié), et j'ai retrouvé l'ambiance des rues et des vieux quartiers. C'est un vrai guide, j'espère que les adresses données sont réelles et qu'on peut y manger. 

J'ai pas mal d'indulgence pour ce roman parce qu'il est le premier d'une série qui promet et que j'aime bien assister à la naissance de héros récurrents qui ne demandent qu'à s'étoffer -pas s'étouffer. Là, je sens que le duo va me plaire, parce que les personnages sont sympathiques, que le livre est bien écrit, que le titre est on ne peut mieux trouvé, qu'il se lit agréablement, qu'on apprend des choses -comme par exemple l'existence du livre la Gastronomie pratique d'Ali-Bab qui date de 1907 et qui, aujourd'hui fait sourire ou fait peur (des extraits sont cités, assez décalés par rapport aux régimes actuels)-, que même si l'on peut se demander au début en quoi c'est une enquête, eh bien, mine de rien on en est déjà à la page 100 sans s'en rendre compte, qu'il est d'un format pratique et qu'en plus la présentation est soignée : la suite, déjà prévue reprend les mêmes codes de première de couverture très réussis. Ce qui est bien aussi, c'est que si l’on n’est pas Lyonnais et pas attiré par cette ville, on sait déjà que Laure Grenadier se baladera aux quatre coins de la France et donc qu'à un moment où un autre, elle passera par chez nous déguster nos spécialités régionales. En attendant qu'elle vienne visiter le pays nantais, elle devrait passer à l'automne 2014 du côté de la Normandie pour le titre suivant : La crème était presque parfaite, pas mal trouvé non plus.

J'ai aimé les meurtres à Lyon, je suis alléché par les assassinats normands.

 

polars

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Crimes et condiments

Publié le par Yv

Crimes et condiments, Frédéric Lenormand, Ed. Lattès, 2014..... 

Tout devrait mener Voltaire à la Bastille en cette année 1734 : le gouverneur du lieu en rêve, il pourrait ainsi organiser des dîners philosophiques que le Tout-Paris voudrait fréquenter et la parution imminente des Lettres philosophiques dudit philosophe devrait précipiter l'incarcération d'icelui. C'est alors que Voltaire échappe miraculeusement à des tentatives d'assassinat. Lui qui cherche à tout prix à investir dans des affaires juteuses, parfois à la limite de la tolérance de l'époque, fait des rencontres, un cuisinier très "nouvelle cuisine", un chien, un mendiant. Mais qui en a après son auguste personne ? 

Quatrième aventure de Voltaire en tant qu'enquêteur. Cette fois-ci, il est plus victime que meneur, ne se rend pas toujours compte des tentatives de meurtre contre lui, et est beaucoup plus concentré sur ses futures affaires financières et sur le mariage qu'il arrange entre la jeune Elisabeth de Lorraine-Harcourt et le duc de Richelieu, par ailleurs son débiteur, pour justement assurer les remboursements de son prêt par la descendance qui naîtra forcément -le pense-t-il- de cette union. Heureusement pour lui, sa maîtresse Emilie du Châtelet veille sur lui.

Quel plaisir de retrouver l'illustre philosophe dans la série qui porte son nom. Le moins "polar" des trois que j'ai lus et celui que je préfère, pas de temps mort, pas le "ventre un peu mou" -juste quelques longueurs en leurs mitans-  que je pouvais reprocher aux autres. Pas de véritable enquête, mais Voltaire virevolte, papillonne, n'arrête pas de gesticuler toujours habillé à l'ancienne mode avec sa haute perruque datée, toujours à l'affût d'une bonne affaire. Lorsqu'il rencontre le cuisinier qu'il lui faut pour son estomac délicat -il faut dire qu'en 1734, les repas sont copieux, roboratifs, un peu de légèreté (relative) ne fait pas de mal- il le débauche et l'embauche bien qu'il ne sache rien de lui, ce sera dès lors, une suite de plats fins, inventifs dont certains font encore le délice de nos palais. 

Le ton est toujours drôle, léger, Frédéric Lenormand n'ayant pas de scrupules à écorner le mythe voltairien à tel point qu'on se demande s'il n'en rajoute pas, mais, en fin de volume, il cite des extraits de livres, de journaux, certains de cette époque, qui abondent dans son sens : "Voltaire avait le front élevé, les yeux noirs, tout de feu, et dans une agitation continuelle. Son esprit était vif et ardent. [...] Il croyait être né pour l'ornement de son siècle, pour donner le ton aux poètes, aux historiens, aux orateurs, aux géomètres, aux physiciens, aux philosophes et même aux théologiens. Aussi était-il d'un orgueil insoutenable. [...] Il était sans amis, et ne méritait pas d'en avoir. Il avait un si grand penchant à l'avarice qu'il sacrifiait tout, lois, devoirs, honneurs, bonne foi, à de légers intérêts." (François Toussaint -1715/1772-, Anecdotes, cité p. 337)

La langue est belle, même dans les insultes lorsque des carrosses de courtisans et d'un ministre sont bloqués dans la rue par des gens mécontents qui s'écrient : "Attrapeminons*  ! Rats de palais ! Vieux manches de gigot ! Moineaux de carême !"(p.150) Quand je pense qu'aujourd'hui on a droit à du "Casse toi pauv'con !"...  Les mœurs changent, le niveau de vocabulaire aussi.

Entre deux cabrioles et deux situations ridicules, Voltaire ne peut s'empêcher de placer des répliques vaches, drôles, philosophiques qui sont un vrai plaisir à lire : "Tout le monde aime le sucre, il est à la cuisine ce qu'est à la religion la promesse d'une vie éternelle : un mensonge agréable qui dissimule l'amertume du reste." (p.177). Je flatte ici mon anticléricalisme. Je me suis régalé avec ce tome narrant les aventures de Voltaire autour de la table et de la bonne chère, cette série est décidément très digeste, un bon petit plat à partager qui ne reste pas sur l'estomac qu'à l'instar du célèbre écrivain, j'ai fragile. Et puis, ces aventures m'ont aussi donné l'envie de relire Voltaire, je crois bien avoir dans le fond de ma bibliothèque Zadig**, Candide et peut-être même Micromégas...

Cathe et Sibylline en parlent aussi.

* Hypocrites

** J'ai failli écrire Zadig et Voltaire, les mœurs changent, le niveau de culture aussi...

 

 

polars 2015

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On n'arrête pas la connerie

Publié le par Yv

On n'arrête pas la connerie, Jean Yanne, Le cherche midi, 2007, 2009, 2010

"Toute sa vie, Jean Yanne a été captivé par la connerie. Plus fascinante encore que l'intelligence, parce que sans limites, elle a été sa grande passion. Doué d'un véritable génie pour la débusquer dans ses manifestations les plus variées, les plus discrètes comme les plus éclatantes, il remarquait : "J'ai la faculté d'assimiler la connerie ambiante comme les abeilles butinent les fleurs et prennent le pollen pour en faire leur miel."

Cette intégrale des textes, répliques et pensées de Jean Yanne, agrémentée de nombreux inédits, représente quelques-uns des grands moments de la lutte incessante et nécessaire contre la connerie menée par l'un de ses opposants les plus fidèles et les plus spirituels." (extraits 4ème de couverture)

Lorsque j'ai vu ce livre en vitrine, l'an dernier, je me suis dit qu'il devait absolument rejoindre ma bibliothèque personnelle. Quelques mois ont passé et le voilà donc atterri à la maison. Vous connaissez tous Jean Yanne, le beauf, le mal dégrossi, le vulgaire, le grossier, le râleur, le cynique, l'ironique, le "j'me fous de tout", le mal embouché, le vilain, le taquin, l'acteur qui jubile à faire des gens pas sympathiques : toutes ces images -et d'autres- lui collent à la peau, et il n'a rien fait pour s'en défaire. Au contraire. A chaque fois, il en a rajouté une louche. Mais bien sûr, c'est sa façade d'homme public, son personnage. Il prouve dans ce livre qu'il est drôle, extrêmement cultivé, qu'il écrit vachement bien, et qu'il a un don pour trouver la réplique qui fait mouche. Il remet une petite couche de mauvaise foi, de beaufitude, de misogynie, de misanthropie et qu'est-ce qu'on se marre ! Des exemples ? Je sens que vous piaffez. Allez, je vais être bon, je vais vous en mettre quelques uns, dont un premier qui aurait pu aller dans la bouche d'Eva Joly récemment :

"- Les institutions, les rites, les traditions... vraiment pas pour moi, j'ai beau me forcer, le 14 juillet, ça n'évoque rien... Noël non plus, la République, la patrie, le sens du devoir. Toutes ces conneries n'évoquent absolument rien pour moi.

- Alors, à quoi êtes-vous sensible ?

- Au camembert." (p.15)

"Le vocabulaire évolue. A travers la presse en particulier. Aujourd'hui, un avion ne "s'écrase" plus, il "s'abîme". A ce rythme-là, les morts s'en sortiront bientôt avec seulement quelques égratignures." (p.59)

"Le Viagra, ils devraient le faire prendre en suppositoire, ça doublerait le plaisir de certains." (p.60)

Attaché à la bonne bouffe et au plaisir en général, je ne suis pas sûr qu'il appréciait les hamburgers :

"Je serais à la place des agriculteurs qui déposent du fumier devant les McDo, je me méfierais parce que les gérants vont finir par croire qu'il s'agit d'une livraison." (p.70)

Misogyne je disais plus haut, mais pas que :

"Vivre en couple : je ne vois pas pourquoi je sacrifierais l'admiration de milliers de femmes au sens critique d'une seule." (p.113)

"-Jean, vous auriez aimé être une femme ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- Déjà, parce que ça m'aurait évité d'en avoir une." (p.114)

" Il ne m'est jamais venu à l'esprit de traiter les femmes comme mes égales. Quelle femme aimerait être traitée comme l'égale d'un gros barbu, vieux et soupe au lait ?" (p.115)

Mais Jean Yanne n'a pas écrit que ces aphorismes, ces blagues ; il a aussi écrit des chansons, des textes, notamment des contes, drôles, cruels et loufoques que je ne me risquerais pas à lire à de très jeunes têtes blondes ou brunes ou rousses ou auburn ou ... autres avant de les endormir. Il a été bien sûr acteur et réalisateur.

Je pourrais vous citer encore plein de passages, des petites phrases, des extraits de textes -sa version du Petit Poucet vaut le détour- mais le mieux, c'est d'aller feuilleter ou carrément lire ce gros livre de 495 pages qui se picorent comme ça entre deux lectures différentes. Une petite dernière -que j'affectionne particulièrement- pour la route, idéale pour les sujets aux maux des transports, dont je suis :

"Les rares fois où j'ai pris un bateau, j'ai exigé qu'on ne me serve à manger que de jolies choses. Parce que j'étais sûr de les revoir rapidement." (p.128)

Jean Yanne (1933-2003)

 

rire-copie

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