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Recherche pour “le péril vieux”

Choucroute maudite

Publié le par Yv

Choucroute maudite, Rita Falk, Mirobole, 2016, (traduit par Brigitte Lethrosne et Nicole Patilloux).....

Viré de Munich pour sanction disciplinaire, Franz Eberhofer est flic dans la petite ville de Niederkaltenkirchen, sa ville natale en Bavière. Il habite la maison familiale entre son père, cossard fabuleux et sa grand-mère, la Mémé de toute la ville qui court les promotions en tout genre. Rêvant d'un minimum d'indépendance Franz tente d'aménager une annexe à la maison en habitation privée. Il passe ses journées à un boulot répétitif, sort Louis II, son chien toujours sur le même trajet chronométré. Lorsque les membres de la famille Neuhofer disparaissent l'un après l'autre et que leur terrain est vendu pour bâtir une station service, Franz flaire une embrouille. il se lance mollement sur une piste.

Polar allemand et très drôle. Une douce folie, un humour décalé, déjanté qui me font de l'effet à quasiment toutes les pages. Un coup les personnages totalement barrés, Franz en premier qui ne sait jamais s'il doit enquêter ou pas, qui a tendance à toujours croire le dernier qui a parlé. Sa Mémé ensuite qui lui impose de l'emmener dans tous les magasins du coin dès qu'il y a une promotion, quelle qu'elle soit. Son père, anti-tout sauf les Beatles qu'il écoute très fort et en boucle, sauf le joint qu'il allume dès que son fils de flic rentre, sauf les manifestations auxquelles il participe, peu importe le motif, il faut que ce soit une manifestation. Son frère Léopold qui en fait des caisses pour être le préféré du père. Et tous les habitants de Niederkaltenkirchen, du boucher au plombier en passant pas la secrétaire de mairie, plan cul de Franz (et vice-versa). Une autre fois, les situations, toutes plus cocasses les unes que les autres : les morts des Neuhofer, pas banales ou cette soirée où la femme de Léopold fait des avances à Franz : "Un moment, je sens son pied à travers son collant sur mes parties intimes, tant et si bien que les yeux m'en sortent de la tête. Je dois tousser, j'ai du mal à avaler ma quenelle qui se coince dans ma gorge. Quand je me lève, un fil mauve de son collant est coincé dans ma fermeture éclair et son bas est filé. Et bien que la Mémé hurle : "Regarde mon garçon, tu as un fil mauve à ta braguette ! " et plus tard : "Regarde Roxanna, tu as une maille filée à ton collant ! ", personne ne remarque rien." (p.15). Ou encore cette soirée où Franz est appelé par la supposée propriétaire du domaine Sonnleitner qui a vu du monde dans sa propriété : "Bon, alors je relève d'abord les identités. [...] Prénom : Mercedes. Mercedes ! Benz ! Vingt-huit ans, un mètre soixante et un, soixante-deux, cinquante et un kilos. Cheveux brun foncé. Yeux bleus. Elle répond impeccablement à tout. Ce n'est qu'à la question sur le tour de poitrine qu'elle marque la surprise." (p.21)

Ajoutez des dialogues savoureux, des décalages permanents et ce côté looser de Franz qui le rend à la fois sympathique, attachant, touchant et très chanceux et vous obtenez un roman réjouissant de bout en bout. On me dit que Rita Falk a écrit toute une série avec Franz Eberhofer. Cette Choucroute maudite date de 2010, si Mirobole a l'excellente idée de traduire et publier les autres, je suis preneur les yeux fermés -juste rouverts pour lire. On me dit aussi -décidément on est bavard- que des films ont été tirés de cette série et notamment du roman en question -mais disponibles en allemand, ach, mes vieux reste de germaniste médiocre ne suffiront pas, il faut que je trouve une version sous-titrée-, j'ai vu une bande annonce qui semble très fidèle : je veux le voir !

Mon ami Eric est au moins aussi enthousiaste que moi; allez voir son blog Débredinages.

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L'inconnu de Port Bélon

Publié le par Yv

L'inconnu de Port Bélon, Jean-Luc Bannalec, Presses de la cité, 2017 (traduit par Amélie de Maupeou)....

Un corps est vu par une promeneuse de Port Bélon, pas n'importe qui, Mlle Sophie Bandol, la célèbre actrice venue passer ses vieux jours dans ce petit coin de Bretagne, enfin, c'est ce qu'apprend le commissaire Georges Dupin, sous le charme de l'actrice. Le problème, c'est que le corps qu'elle a vu a disparu et que Sophie Bandol a quelques troubles de la mémoire... Néanmoins, Dupin commence à fureter dans le monde ostréicole. Lorsqu'un second cadavre est découvert dans les Monts d'Arrée, l'enquête prend une nouvelle tournure.

Quatrième enquête du commissaire Georges Dupin depuis cinq ans en Bretagne, en provenance directe de Paris. Après le très bon Un été à Pont-Aven, le Étrange printemps aux Glénan de même niveau et le un peu moins bon Les marais sanglants de Guérande, Dupin revient pour un bon cru. Si la Bretagne cherche un laudateur, un amoureux fou de cette région capable d'en faire une publicité très élogieuse, qu'elle ne cherche plus Jean-Luc Bannalec (écrivain allemand) est là. En bon chauvin (bon d'accord, je suis Nantais, mais quand même Breton), je suis évidemment tout à fait en accord avec tout ce qu'il écrit sur la région, sur les paysages à couper le souffle, sur la gastronomie -qui ne se limite pas aux galettes de sarrasin-, sur les Bretons gens étranges aux caractères bien trempés que semble bien aimer l'auteur : "Un point, cependant, était décisif : en règle générale, les Bretons étaient indifférents à l'eau du ciel. Une conduite très sage, selon Dupin. Ils n'étaient pas pour autant habitués à la pluie. Cette attitude reposait sur deux raisons essentielles : d'une part, il ne s'agissait tout de même que de météo. Il existait des choses plus importantes : la vie par exemple. Il ne serait venu à l'esprit de personne, ici, d'annuler l'une ou l'autre des nombreuses festivités traditionnelles à cause de quelques gouttes. D'autres part, les Bretons détestaient se laisser dicter quoi que ce soit par un élément extérieur, qu'il s'agisse du temps ou de mesures prises par un gouvernement centralisé. Une réplique était très populaire, quand on se plaignait du climat : "En Bretagne, il ne pleut que sur les cons."" (p.22). On frise parfois le dithyrambe, mais comme c'est dit par un non-Breton -qui mériterait d'être naturalisé ou au moins fait citoyen d'honneur- il faut le croire sur parole. Le contexte étant placé et formidablement décrit, qui prend une place très importante dans les romans de JL Bannalec, intéressons-nous aux personnages et à l'enquête. Georges Dupin est omniprésent et sa vie privée qui change est assez largement décrite. C'est bien, j'aime lorsqu'une série policière dresse des portraits assez forts et minutieux des personnages récurrents. On pourrait attendre un peu plus sur les collègues du commissaire, mais peut-être dans d'autres épisodes.

Pour l'enquête, elle avance doucement, toutes les pistes sont minutieusement suivies jusqu'à ce qu'elles débouchent sur des informations ou qu'elles soient abandonnées. Quatre jours d'enquête pour Dupin et son équipe dont sa fidèle et précieuse collaboratrice, puits de science bretonne, Nolwenn. Son adjoint Le Ber est assez calé également, et l'on apprend plein de choses sur les huitres, l'élevage, l'affinage, les différences entre les plates et les creuses, les différentes crises parfois très graves lorsque les exploitants sont vraiment menacés à cause d'une bactérie qui tue les mollusques. Vous ressortirez de ce roman en en sachant beaucoup plus sur l'ostréiculture et surtout avec l'envie de manger des huitres de Bretagne -mais pas que, il y a aussi tous les fruits de mer et toutes les spécialités qui font le bonheur des protagonistes. Finalement, ma seule -très relative- déception vient de la résolution de l'intrigue qui ressemble un peu à des choses déjà vues ou lues -ou alors c'est l'habitude de lire des polars et donc d'être moins surpris-, mais comme elle arrive en toute fin et que tout le reste est très bien, j'aurais tendance à pardonner au romancier. Néanmoins, s'il pouvait trouver des énigmes un peu plus pêchues, mon plaisir serait décuplé.

Un petit voyage en Bretagne vous tente ? Laissez-vous faire, Jean-Luc Bannalec et Georges Dupin vous guident.

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Ce que tient ta main droite t'appartient

Publié le par Yv

Ce que tient ta main droite t'appartient, Pascal Manoukian, Don Quichotte, 2017....,

Karim et Charlotte forment un jeune couple qui s'apprête accueillir son premier enfant. Quelques mois de grossesse encore. Charlotte souhaite un baptême œcuménique, aussi Karim, vaguement croyant doit-il rencontrer l'imam. Le soir de son rendez-vous, Charlotte sort avec ses deux copines pour faire la fête, Karim doit les rejoindre ensuite. Mais ce soir-là, à la terrasse du Zébu blanc, c'est le carnage, un converti à l'islam tire dans la foule au nom d'Allah. Peu de survivants. Pas Charlotte. Karim décide alors de partir pour la Syrie, de prendre le chemin qu'empruntent les terroristes-convertis, mais Karim le fait pour se venger. 

Roman coup de poing, qui, malgré quelques maladresses -dont le titre auquel je ne m'habitue pas-, est très fort, ne peut laisser personne indifférent, révulse, énerve, attendrit, met en colère, ... tout cela simultanément ou consécutivement. Si je parle de maladresses, c'est que je trouve ça et là, plutôt au début du roman quelques facilités que je n'aime pas, des phrases toutes faites : "Gaziantep est l'une des plus vieilles cités du monde. Comme une putain, elle s'est laissé prendre au long de son histoire par le monde entier." (p.133) ou des références à des émissions de télés débiles (Les Chtis, les Anges, ou celles d'Hanouna) qui peuvent être gênantes pour les lecteurs qui ne les connaissent pas et qui datent ce roman ne lui permettant pas une intemporalité que j'aime retrouver dans les romans, qui leur insuffle une force supplémentaire tels Palestine de Hubert Haddad ou Les échoués, le précédent roman de Pascal Manoukian, pour n'en citer que deux. Je crains que lu dans quinze ans, ce roman ait pris un coup de vieux, alors qu'il a tout pour rester un roman fort à lire et relire, ce qui est le cas du premier roman de l'auteur.

Passées ces deux réserves, ce roman est tout sauf confortable, d'une puissance rare, il pousse à la réflexion et instruit. En effet, Pascal Manoukian, décrit les villes et pays que Karim traverse, expose leur histoire souvent très riche culturellement. Il ne tombe pas dans l'écueil facile de l'opposition binaire : les bons et les méchants. Evidemment, il ne fait pas l'apologie de Daech, il combat leur idéologie basée sur une certaine vision du Coran en citant lui même des extraits du livre : "Si vous vous vengez, que la vengeance ne dépasse pas l'offense", "Ne détestez rien, car ce que vous détestez pourrait faire votre bonheur" (p.281). Il s'oppose intelligemment en bâtissant son roman tel un journaliste qui veut réellement faire son travail : montrer aux gens la réalité. Il faudrait que chaque futur combattant de Daech lise ce roman pour comprendre ce qui l'attend. La réalité est terrible alors que les vidéos postées par l'organisation terroriste sur Internet vantent une espèce de paradis, de monde idéal. 

Le romancier décrit très bien le parcours d'un jeune tenté par l'aventure, l'embrigadement, le lavage de cerveau, l'entraînement et les humiliations jusqu'au dernier geste. Il n'aligne pas les lieux communs mais oblige à la réflexion et explique comment certains en sont venus à prôner une guerre sainte, il remonte à la première guerre mondiale, au génocide des Arméniens par la Turquie. Il parle aussi de la perte de confiance dans les médias traditionnels et d'Internet : "On leur raconte tellement de conneries à la télévision qu'ils ne croient plus qu'en Internet." (p.206), ne prenant même pas le temps de décoder les informations, prenant tout pour argent comptant. 

Encore une fois avec un thème douloureux, Pascal Manoukian réussit un excellent roman, un de ces livres dont on se dit en le posant qu'il restera longtemps en nous et qu'on le conseillera à tous ceux qui aiment lire autour de nous et même aux autres. 

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D'exil et de chair

Publié le par Yv

D'exil et de chair, Anne-Catherine Blanc, Ed. Mutine, 2017.....

1939/1940, Soledad, jeune espagnole accompagnée de son fils Jacinto a fui son pays depuis l'assassinat de son mari un républicain opposant à Franco , elle atterrit au Camp Joffre de Rivesaltes, là où l'état français parque les réfugiés qui le gênent. C'est dans ce camp que Mamadou Diamé, tirailleur sénégalais qui a échappé aux fusillades de l'occupant nazi qui veut blanchir l'armée française affronte le vent et le froid en surveillant les détenus. 

Début des années 2000, Issa Diamé, petit-fils de Mamadou tente la remontée du Sénagal vers la France et l'Angleterre ; il émigre et veut devenir un artiste reconnu, comme Basquiat. 

Roman à trois voix, assez étonnant puisque soit elles ne se rencontrent que brièvement soit elles se parlent à 70 années d'écart. Étonnant également parce que l'auteure joue avec les retours en arrière, les avancées dans le temps, il faut bien lire les titres des chapitres qui indiquent le nom du narrateur, le lieu duquel il s'exprime et la date et tout coule parfaitement. Aucune difficulté dans ce roman qui prend aux tripes, qui résonne au plus profond du lecteur. Avec son écriture fluide et tellement belle, Anne-Catherine Blanc cisèle des personnages simples, d'une épaisseur et d'une humanité incroyables. De ceux qui restent longtemps en mémoire, qui laissent une trace indélébile. Ils racontent ce que furent les années trente/quarante et l'accueil que la France fit aux réfugiés, les enfermant dans des camps construits à la hâte et dans lesquels ils -enfants, femmes et hommes- mouraient de faim, de froid, ... La Retirada ou cet exode sans précédent de réfugiés espagnols hante les pages du livre, les charpente et les densifie de la même manière que le sort réservé aux tirailleurs sénégalais avant, pendant et après la guerre. La lecture est intense. La France ne sort pas très glorieuse de cette période  ayant oublié ses valeurs d'accueil, de liberté, d'égalité et de fraternité.

Je sais qu'AC Blanc s'est documentée pendant trois ans pour étayer son histoire. Il m'a fallu quelques jours pour la lire, en passant par divers stades : la colère, le dégoût, la honte, l'interrogation (mais qu'aurais-je fait dans ces conditions ?), l'émotion, et le plaisir de lire des pages absolument splendides... C'est un livre puissant, prenant qui ne se lâche pas. Les chapitres se déroulant de nos jours avec les tentatives d'Issa pour venir en Europe ne sont pas les plus reposants, car plus près de nous il interrogent encore plus fortement. Tout ce que j'ai pu écrire plus haut à propos de Soledad et Mamadou est ici aussi d'actualité. Et je n'ai pu m'empêcher de penser à tous ces migrants quittant les conflits et cherchant à survivre que l'Europe ne veut pas accueillir et qui meurent par bateaux entiers. 

AC Blanc s'empare d'un sujet fort et casse-gueule et s'en sort admirablement, comme l'avait fait Pascal Manoukian avec Les échoués. Elle y ajoute, au détour de scènes fortes, des phrases superbes, terribles, comme celles-ci racontant comment les tirailleurs sénégalais ont été recrutés : "Ils ont emmené des imbéciles consentants, pris comme moi aux rets d'une parole faussaire, des jeunes fiers de partir se battre, fiers de partir voir la France et le monde. Fiers des regards posés sur eux : les regards sincères des vieux et des femmes. Les regards admiratifs des enfants. Les regards des recruteurs, ces regards où dormait le mensonge." (p.26)

Ou encore celles-ci dans lesquelles elle sépare "le monde qui bouge" entre les voyageurs et les clandestins :

"Les voyageurs dessinent librement des réseaux d'amitié dans le temps et l'espace. La rencontre, puis la séparation, ouvrent des perspectives d'échanges, de messages, de photos et, à long terme, de retrouvailles joyeuses. Les clandestins esquissent furtivement des lignes de vie que le vent efface.

Les voyageurs suivent un trajet rectiligne pour partir, puis pour revenir au pays se construire un avenir. Les clandestins fuient le pays où ils n'ont pas d'avenir et se déplacent de biais, comme les crabes. Comme les crabes, ils fréquentent les trous discrets." (p.238)

Pff, je sors de ce roman tout chose, entre la sensation d'avoir lu un très grand roman et celle d'avoir lu un très très grand roman. Un coup de cœur, évidemment, sans doute le livre le plus fort que j'aie lu cette année. Attention, chef d'oeuvre à ne manquer sous aucun prétexte ! 

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Prenez soin d'elle

Publié le par Yv

Prenez soin d'elle, Ella Balaert, Des femmes-Antoinette Fouque, 2018.....

Lorsque Jo, femme de quarante ans fait une tentative de suicide aux médicaments, elle est transportée, dans le coma, à l'hôpital. C'est Monique Loiselier, la concierge de son immeuble qui a prévenu les secours. Dans l’appartement, pas une explication sur le geste de Jo. Juste une photo de son chat, une femelle de 16 ans, au dos de laquelle sont notés ces quelques mots : "Prenez soin d'elle"

C'est Monique Loiselier qui contacte l'amie de Jo, Rachel ; son amant, Franck ; son frère, Alban ; son père, Georges, pour se relayer autour de la chatte, elle-même étant allergique aux poils des félins. 

Construit en trois parties, une par semaine qui suit la tentative de suicide, ce court roman m'a paru un peu long sur la toute dernière semaine, heureusement la plus restreinte. Néanmoins, je vais avoir du mal à cacher le bonheur que j'ai eu à lire de nouveau Ella Balaert (après Canaille blues -l'un des tous premiers articles du blog- et Placement libre).  J'ai adoré les deux premiers chapitres, subtilement construits et écrits ; ils m'ont surpris moi qui ne savais rien du thème de ce livre. La suite est tout aussi excellente. Le ton est direct, Ella Balaert va au  plus rapide dans des phrases épurées, élégantes, travaillées, parfois l'ordre des mots est chamboulé, oh, pas grand chose, juste de quoi mettre l'accent de la phrase sur un autre mot que celui attendu. J'aime beaucoup. L'écriture est fine et sensible, délicate et franche, elle touche profondément et va au plus près des émotions. Elle parle du quotidien lorsqu'on est confronté à la mort envisagée d'un proche, la difficulté de l'appréhender dans les mots même : "Le père qui se vante de toujours regarder la réalité en face, sans illusion, sans attendrissement inutile, le pharmacien qui est capable de réciter sans sourciller un manuel  de médecine devant le lit de sa fille, ne prononce jamais le mot mort. La mère d'Alban, un jour, est partie. Ses grands-parents les ont quittés. Ce sont des mots qu'on peut encore prononcer. Il y en a d'autres qui ne franchiront jamais ses lèvres comme si le silence pouvait faire barrage à la mort." (p.95) Et la page suivante, cette courte phrase, comme un adage : "Sans tuer parfois les mots empêchent de vivre." (p.96/97)

Les carcans de l'éducation sont aussi abordés, comment s'en défaire lorsque ce sont des principes dont les parents ont été abreuvés et qui les ont eux-même assénés à leurs enfants ? Georges, le père est engoncé dans ses vieux schémas : "Le père ne raconte pas qu'il n'a pas pris la main de Jo dans la sienne, et l'infirmière qui insistait, allez-y, monsieur, prenez-lui la main, caressez-la, quelle obscénité, prendre dans la sienne la main de sa fille quand il ne l'a jamais tenue, ou bien rarement et c'était il y a si longtemps, quand la femme était encore une enfant, jadis, hier, tout est allé si vite, les corps les vies les histoires se sont séparés et on ne refera pas le chemin, toutes les routes sont à sens unique." (p.90)

Puis arrivent les questionnements de chacun des proches de Jo, sur leur relation avec la gisante. Et l'on apprendra beaucoup sur leurs vies et sur celle de Jo. Les non-dits, les petites trahisons, les reproches individuels et parfois accusateurs de ceux qui n'ont pas vu que Jo allait mal. Chacun de jeter la pierre à l'autre avant de s'interroger lui-même ou de rester dans ses assurances de bien agir. 

Un roman, pas gai certes, mais comme je les aime, qui va au plus profond de nos questionnements les plus intimes, sans prendre de détour, sans circonvolutions inutiles et oiseuses. Ella Balaert nous pousse à la réflexion et à l'introspection. De temps en temps, ça ne peut pas faire de mal. En l’occurrence, ça fait avec Prenez soin d'elle, beaucoup de bien.

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Freaky fridays

Publié le par Yv

Freaky Fridays, Brigitte Aubert, Ed. La branche, janvier 2012

Mamie Hélène est une paisible retraitée, veuve depuis une année qui fait et livre des gâteaux dans les environs de son village normand. Un jour, en allant en apporter un chez ses voisins les Devauchelle, elle est témoin de l'assassinat de toute la famille (sauf Gaëtane, la petite fille handicapée mentale et Adrianus le chien). Apeurée à l'idée d'être un témoin gênant, donc éliminable, elle met en sécurité la petite et le chien et s'enfuit. Dès lors, Mamie Hélène va se transformer, ou plus exactement, retrouver ses vieux réflexes, recherchée très activement qu'elle est par divers clans. Attention, Mamie Hélène n'est pas Mamie gâteau !

Si je vous dis : éditions La branche, collection vendredi 13, Close-up, L'arcane sans nom, Samedi 14, ça vous dit forcément quelque chose, sinon, c'est que vous ne lisez pas assez attentivement mon blog. Et dans ce cas-là, vous me voyez franchement déçu par ce manque d'assiduité. Snif, snif... Bon, je répète donc pour les quelques inattentifs : Vendredi 13 est une collection de polars aux différents écrivains s'appropriant ce jour très particulier, chacun à leur manière, et jusque là, formidablement bien. Ce quatrième opus, signé Brigitte Aubert est dans la pure lignée des autres : passionnant, rythmé avec des personnages forts et des situations parfois drôles. Mamie Hélène se fait un plaisir même pas dissimulé de faire la nique à la mafia, aux services secrets, ... Et nous avec elle ! Un vrai plaisir de l'accompagner, de voir ses transformations et un vrai suspense de savoir si elle va s'en sortir et si oui, comment. Voilà comment débute ce roman :

"Hélène Robinson éteignit le gaz et leva les yeux de ses fourneaux pour regarder par la fenêtre. Le ciel s'était couvert, des nuages gris accouraient en bande, poussés par le vif vent d'est. Du côte du Havre, l'horizon restait bleu, les pétroliers défilaient lentement, les usines crachaient leurs panaches blancs. Elle soupira. Cela faisait plusieurs jours qu'elle n'était pas allée se promener sur la plage. Elle devrait prendre un chien. Ça la forcerait à sortir. Joe n'aurait pas voulu qu'elle reste confinée, le nez dans ses rosiers ou dans ses fourneaux." (p.7)

Je vous cite cet extrait parce que c'est à peu près le seul passage reposant qui laisse du répit au lecteur. Après, Brigitte Aubert nous entraîne dans une course effrénée sans temps mort. A peine, les Devauchelle ont-ils trépassé que d'autres suivent : "Six morts en début d'après-midi. Quatre en fin de soirée. Total dix pour la journée. Impressionnant après dix ans de balades à marée basse et de petits gâteaux. Une vraie hécatombe digne d'un vendredi 13. Freaky Friday, jura-t-elle à voix basse. Même Stephen King avait peur des vendredis 13." (p.78)

Loin d'être un spécialiste des polars, je ne connaissais pas Brigitte Aubert qui compte pourtant beaucoup de livres de ce genre à son actif (au moins quinze si j'en juge par la dernière page recensant les livres du même auteur). Je confesse mon ignorance mais me suis rattrapé, car, j'ai adoré ce livre et Mamie Hélène qui m'a impressionné et fait rire. C'est ce qui est bien dans ce bouquin : au fur et à mesure que les morts pleuvent les rires -ou sourires- enflent. L'auteure en rajoute dans le rayon ironie, moquerie des mecs, des durs, des vrais Hommes qui ne parviennent pas à arrêter une brave (?) mamie. Et tout cela écrit dans un style finalement assez... masculin : mots d'argot, gros mots, mais avec une finesse féminine de bon aloi.

Et l'intrigue, me direz-vous ? Eh bien, suffisamment tortueuse pour tenir la route et en haleine. Je ne vous en dirai point plus pour laisser agir le suspense.

Décidément, cette collection des éditions La Branche est une pépite de vrais bons polars à la française.

Grand merci Davina de chez Gilles Paris pour ses envois et son accueil.

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L'été des serpents

Publié le par Yv

L'été des serpents, Henri Cueco, Ed. Hugo et Cie, 2012

Henri Cueco raconte ses années de guerre. Il grandit, passe de l'enfance (9 ans) à l'adolescence (15 ans) dans une période difficile et néanmoins pleine de découvertes. Celles bien sûr qui concernent les nazis occupants mais aussi et surtout celles se rapportant au changement de son corps et par dessus tout à celui des filles.

Pour moi, le postulat de départ était une chronique des années de guerre comme je viens de l'écrire plus haut. Or, là, je me trouve essentiellement dans une chronique d'un vieil homme se souvenant avec une grande nostalgie de la découverte de son corps et de celui des filles changeants à l'adolescence. Rien de particulièrement choquant, certes, mais un peu répétitif et une espèce de libidinerie permanente, compréhensible à cet âge-là mais un tantinet agaçante pour le lecteur quarantenaire que je suis. Peut-être suis-je traumatisé par ma propre adolescence, Freud pourrait sans doute nous en dire plus, mais j'ai perdu son numéro pour la consultation ? Peut-être suis-je devenu cul-pincé avec l'âge (je ne  vous cache pas que cette option n'a pas ma faveur) ? Ou peut-être ne suis-je pas adepte de ceux qui ne parlent que de "ça" (ouh la Yv, ce diminutif entre guillemets est bien la preuve de ton cul-pincé !), tout simplement ? C'est effectivement le propos principal du bouquin, mais le souci c'est que moi je n'ai pas accepté ce partenariat éditeur/Les Agents Littéraires pour lire un tel livre.

C'est d'ailleurs dommage, parce que lorsque que Henri Cueco sort des pelotages, des baisers et des histoires de vestiaires ou de toilettes de cour d'école, il écrit des choses formidables :

"J'ai quinze ans à la fin de la guerre. L'aventure de la mort héroïque est terminée. Il va falloir apprendre à mourir de maladie et de vieillesse. C'est jeune pour mourir vieux."(p.11)

Même lorsqu'il parle des filles il écrit bien (je lui reproche surtout son radotage) : "En ce temps-là, les jambes, les cuisses, les bottes, les lacets d'espadrilles, les reins, les hanches, la pâleur, tout était dans l'ombre. Les filles demeuraient à l'ombre des couloirs, dans le noir. [...] Nous, on avait des sortes de courts-jus dans les veines, du sang courant, des poussées vers on ne savait quoi, des surtensions à péter les lampes, les envies de sauter jusqu'au ciel, d'annuler le poids du corps." (p.87)

Et puis, et puis, il y a la formidable idée qu'a eue l'auteur d'écrire en en-tête de ses chapitres, des textes, plus ou moins longs sur sa vie actuelle, sur ses amis, ses petits-enfants, ses voisins, la vie de son village et parfois des souvenirs de cette guerre. Alors là, je dis bravo. Je dis même mieux, je dis qu'il eût mieux valu mettre ces textes en valeur pour l'accroche du bouquin, parce qu'ils sont excellents, comme de toutes petites nouvelles à suivre ou pas. Une écriture simple, directe, poétique parfois. En fait, pour moi, ils sauvent le bouquin d'un ennui menaçant. Pour être moins négatif (que voulez-vous, je suis un éternel optimiste, on ne se refait pas), je dirais même que ce sont ces passages et l'écriture générale de Henri Cueco qui sauvent ce roman. Ses phrases sont triturées, très ponctuées, elles alternent du vocabulaire simple, parfois un peu plus élaboré, voire inventé, des néologismes quoi (voyez-là mon admirable mansuétude -le mot de la langue française préféré de Claude Hagège ; eh, c'est pas la classe de citer un linguiste dans un billet qui ne se rapporte pas à lui ?- qui utilise un mots savant en en donnant la définition tout de suite accolée) avec des mots grossiers, des "gros mots" comme on disait, petits.

Il m'est d'ailleurs difficile de citer des extraits, d'en sortir un seul alors que tous sont très bons,  ou un seul un peu long, mais vous me pardonnerez certainement :

"Ils ont souillé, humilié des enfants... Pourquoi ai-je si mal ? Petit enfant juif je suis ? Abandonné. Plus jamais torché, souillé, petit humilié, moi aussi, humilié petit. Tu ne comprends pas, petit ? Ta merde et ta faim t'ont fait bête. Ma cigarette tremble un peu. Milicien je suis. Juste le temps de souffrir, petit, ta casquette est trop grande, tes yeux s'agrandissent encore. La morve te coule sous le nez, tu dégoûtes, la pitié s'enfuit à ton odeur. Tes yeux grandiront encore à la découverte de ce qui t'attend. La faim, la douleur, l'abandon, la peur, la solitude, la mort d'étouffement dans les bras de la première mère qui se trouvera près de toi. Je suis si enfant. Tiens-moi, madame. Un parfum de tétée flotte alentour de tes seins nus, je te serre comme une amante-mère. Maman, j'étouffe." (p.153)

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Le secret du docteur Mériaux

Publié le par Yv

Le secret du docteur Mériaux, Y. Bocaj, Presses de la cité, 2012

Le docteur Mériaux est médecin. Docteur dans une petite ville au tout début des années 1970. Veuf, il consacre tout son temps à ses patients. Impuissant depuis le décès de sa femme, il vit entouré de femmes, sa grand-mère Rose, sénile, son aide-malade, son assistante à son cabinet, sa maîtresse Thérèse et bientôt Catherine, une jeune femme qu'il découvre une nuit, légère accidentée de la route. Pour contrer le bourgmestre actuel qui selon lui est un gestionnaire financier au mépris de la personne, il décide de se présenter aux élections sur la liste d'opposition.

On ne peut s'empêcher de penser à La maladie de Sachs lorsqu'on lit ce roman. Beaucoup de points communs, même si je ne compare pas, d'abord parce que le livre de Martin Winckler est une lointaine lecture et ensuite pour qui a lu cet excellent livre dudit M. Winckler, tout roman se rapportant à un docteur le lui rappellera forcément. 

Orps-la-Grande est une petite ville paisible entre urbanité et ruralité. Le docteur Mériaux fait énormément de visites à domicile, reçoit à son cabinet ; il ne lui reste que peu de temps pour lui. Heureusement, Thérèse est là, qui veille au bon équilibre de son amant impuissant. Alors, comment font-ils me direz-vous ? Eh bien, Y. Bocaj écrit quelques pages délicieusement et gentiment coquines (rien à voir avec ma lecture déplaisant d'un roman porno : tout se passe entre adultes consentants, et si certaines pratiques peuvent poser question -même au docteur-, elles ne sont jamais écœurantes. Au contraire !) D'ailleurs tout le livre est délicieux. On a le sourire quasiment  tout au long de la lecture et parfois des éclats de rire comme par exemple lorsque Marc Mériaux reçoit ce couple "d'arriérés mentaux", déjà parents de cinq enfants eux-mêmes "anormaux"  (vocabulaire des années 70 où le politiquement correct ne nous avait pas encore envahi, où l'on pouvait encore dire aveugle et pas mal-voyant, sourd et pas mal-entendant ou comme disait Pierre Desproges, où l'on pouvait dire con et pas mal-comprenant) :

"- Je suis enceinte, monsieur le docteur. [...]

- Enceinte ? Je vous avais pourtant prescrit la pilule ! [...]

Le mari intervient, en chef de famille [...]

- On a fait comme vous avez dit, monsieur le docteur, on les a achetées chez le pharmacien, vos pilules, mais comme je sais que ma femme est trop bête, je les ai prises à sa place. Une par jour, comme vous avez dit." (p.39)

Parfois cependant, le message est plus dur, plus lourd puisqu'un médecin est tout de même souvent confronté à la mort, notamment celle d'enfants. Le cas de Pierre, atteint d'une tumeur au cerveau ne prête pas à sourire et c'est là probablement que l'humanité de Marc Mériaux atteint son apogée. Parce qu'il aime les gens le docteur, qu'ils soient jeunes ou vieux, beaux ou laids, grands ou petits, il aime ses concitoyens. C'est donc pour cela qu'il se lance aussi en politique. On est dans les années 70 et la suspicion, le dégoût des politiciens n'est pas encore au niveau des années 2000 (ça, c'est comme pour le politiquement correct, on pouvait encore croire à la Politique et aux hommes et (peu de) femmes politiques intègres et honnêtes. Bon, en cherchant bien, il doit y en avoir encore quelques un(e)s, ce serait bien pour cette année). Un homme pétri de bonnes intentions, localement pouvait encore tenter de faire passer ses vues, ses idées et ses projets. Y. Bocaj s'amuse donc à raconter la vie de cette petite ville à la veille d'un scrutin important, avec ses petites ou grandes querelles, ses prises de bec, ses polémiques. 

Un roman très réel, très prosaïque, mais qui n'oublie pas de dresser un portrait en détails d'un homme simple et bon, dans tous ses aspects. Le personnage de Marc Mériaux est bien travaillé, en profondeur : sur cette année de vie, on n'échappe à aucune de ses réflexions, de ses peurs, à aucun de ses doutes. Parce que sous ses dehors humanistes, l'homme doute, aime et tentera, par amour de surmonter son handicap, comment dire, pas tous les jours facile à assumer. 

Plutôt bien écrit, très agréable à lire, c'est un livre qui ne vous tombera pas des mains surtout sur la fin ou l'on a hâte de connaître les divers dénouements des histoires en cours ; l'auteur fait preuve d'une plume joyeuse, tendre, humaniste pour reprendre un mot déjà plusieurs fois utilisé, libertine juste ce qu'il faut et d'un humour particulièrement plaisant (dans le genre, l'auto-citation p.31 n'est pas mal du tout)

Merci Laura.

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Givre noir

Publié le par Yv

Givre noir, Pierre Pelot, Ed. La Branche, 2012

Une fusillade a lieu dans un bar d’Épinal : Gerbois, un journaliste local s'y rend pour recueillir les témoignages des victimes et témoins. La victime principale est une jeune femme surnommée Miss Image, et prénommée Veline, sorte d'icône de l'école d'Image de la ville.

Dans la région, dans une vieille maison vivent Mado et Stany, vieux couple aux relations minces. Nell, la nièce de Mado vit avec eux ; un soir elle surprend Mado dans les bras de Dustin, un ancien ami de son défunt fils, qu'elle a ramené à la maison. 

Deux résumés pour ce livre qui déroule deux histoires en même temps. On se dit qu'elles vont forcément se rejoindre à un moment, mais quand ? Et par quel subterfuge Pierre Pelot va-t-il lier ces deux parties qui a priori n'ont rien en commun, si ce n'est le lieu de l'action, Épinal ?

Un début de roman assez décevant qui traîne, tourne en rond et reste en surface des personnages et situations. L'auteur raconte ses histoires sans passion et avec un détachement qui déroute et ennuie quelque peu. Heureusement pour lui, il déploie des talents d'écrivains par son écriture. Il joue des registres du langage. Par exemple, Stany s'exprime de manière assez châtiée, soigne son vocabulaire et ses tournures de phrases alors que Mado est plus familière et Nell plus moderne. Le roman fourmille de trouvailles littéraires drôles comme par exemple cette métaphore culinaire : "Il advint que Mitidjène carrément se retrouva à deux doigts de mettre son poing dans la gueule d'un cornichon tombé de son bocal et désireux, brandissant le tube de rouge à lèvres de sa copine, que Veline lui signe un autographe sur le ventre. La copine du cornichon, encore plus vinaigrée que lui, devint excessivement aigre quand la garde rapprochée entreprit de virer son guignol. Tout avait fini dans les cris, victoire à Mitidjène, qui pour gueuler ne craignait personne, et les deux condiments s'étaient fait virer." (p.136/137)

P. Pelot s'amuse à détourner les expressions, à en changer un mot sans en changer totalement le sens. Par exemple pour dire de Dustin, qu'il ne réagit pas au propos de Stany, il écrit : "Dustin resta de placoplâtre." (p.74), et montre ainsi par ce simple détournement d'adage, que Dustin n'a pas inventé l'eau tiède ; disons qu'il n'a pas la noblesse du marbre ! Il n'est pas le seul d'ailleurs, l'ex-petit ami de Nell, garagiste de son état en prend aussi pour son matricule :

"- C'est pas parce qu'on lit L'Auto-Journal qu'on est plus con qu'un autre, ceci dit, estima Dustin [...] 

- Certainement, dit Stany. [...] Étant tout de même entendu que, dans le cas de ce garçon, Mado n'a pas tort. vous lui dites Toulouse-Lautrec, il vous répond Paris-Dakar." (p.77)

Ce roman noir plan-plan s'anime enfin sur les 40/50 dernières pages et affirme une volonté de faire oublier la relative mollesse du départ. Pari gagné ! On relie tous les personnages entre eux, toutes les situations, les volontés des uns et des autres. Tout ce qui était un peu emmêlé, confus devient limpide et pas si évident que cela : j'avoue que je n'avais pas prévu la moitié des révélations finales. 

En résumé, même lorsqu'un roman de la collection Vendredi 13 paraît un peu plus pépère et mollasson que les autres, il cache en son sein des joyaux d'écriture (ce fut le cas avec celui-ci et avec Close-up de M. Quint, loin d'être décevant sur le rythme cependant) et des fausses pistes capables de berner le lecteur innocent que je suis. 

Merci Pauline de chez Gilles Paris.

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