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Recherche pour “le péril vieux”

Passé double

Publié le par Yv

Passé double, Patrick S. Vast, Le chat moiré, 2018.....

Cindy zone à Paris. Lorsque Marie, une vieille dame lui propose un emploi en tant que dame de compagnie chez une de ses amies, Rosemonde Busine,  à côté de Berck-sur-Mer, la jeune femme accepte pour changer d'air, dormir dans un vrai lit et économiser pour pouvoir partir en Australie. 

Gérard Alvès, constructeur de maisons individuelles est, pour la seconde fois de sa vie, au bord du dépôt de bilan. Il est aussi en proie à des cauchemars en lien avec un accident de voiture vieux de cinq ans qui a coûté la vie à sa compagne d'alors et un an de coma et de rééducation pour lui. 

Très vite, le lien entre les deux personnages apparaît, mais quel rôle Rosemonde veut-elle faire jouer à Cindy ? Et jusqu'où cette histoire ira-t-elle ?

Roman à tiroirs, qui, dès que l'on en ouvre un en fait découvrir d'autres insoupçonnés, surprenants. Fort bien mené, avec des rebondissements, des arnaqueurs-arnaqués voire des arnaqueurs d'arnaqueurs arnaqués, on ne sait plus où donner de la tête. Dans la folie de son imagination, Patrick S. Vast n'oublie pas de faire passer le tout avec une écriture directe, simple et fluide. Une mécanique bien huilée dit-on couramment. On ne se demande même pas comment d'une situation certes originale mais assez paisible on peut en arriver à cet entremêlement de situations qui se croisent pour le bonheur des uns mais surtout le malheur des autres.

On ne sait jamais si les personnages sont totalement sincères ou s'ils ont une idée qui germe dans leurs esprits torturés. Chacun d'entre eux a sa part de raison mais aussi sa folie ou son désir de se sortir de sa situation difficile par n'importe quel moyen, d'où ce questionnement. Ils sont imprévisibles, et c'est formidable parce qu'ils ne sont pas là où on les attend. 

Je me suis fort régalé avec ce deuxième titre des éditions Le chat moiré. Patrick S. Vast sait construire des histoires rocambolesques, des polars à tiroirs, à rebondissements et comme il a le talent de savoir également les raconter, le plaisir est forcément au rendez-vous. Encore un polar pour cet été me demanderez-vous, haletants ? Et oui, vous répondrai-je enthousiaste. Et celui-ci à la particularité d'être édité par une toute petite et toute jeune maison de Béthune, qui met joliment en avant la région -que je ne connais pas, mais j'irai un jour, j'irai- et d'être à un prix très abordable. Idéal donc pour les vacances dont il ne grèvera pas le budget.

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Ma ZAD

Publié le par Yv

Ma ZAD, Jean-Bernard Pouy, Gallimard, 2018....

Site de Zavenghem, région des Hauts-de-France, un projet de plateforme multimodale est remis en cause par des contestataires, dont Camille Destroit, responsable des achats de produits frais dans un hyper de Cassel. Arrêté, mis en garde à vue, libéré. Son hangar dans lequel il entreposait pas mal de matériel aidant les zadistes, brûle. Puis Camille est tabassé par des fachos. Ça commence à faire beaucoup pour ce quadragénaire jusque là paisible. Heureusement, la jeune Claire est là, qui va lui redonner l'envie de lutter.

Evidemment, on ne peut pas s'empêcher de penser à la ZAD de Notre-Dame-des Landes, surtout lorsque, comme moi, on habite dans la région nantaise. La ZAD de JB Pouy est le prétexte à construire son histoire noire, à y placer des personnes simples, très réalistes, un type moins convaincu que les autres, un dilettante, Camille qui se pose pas mal de questions sur lui-même mais aussi sur le monde en général. C'est aussi l'occasion pour le romancier de nous placer quelques belles formules dont il a le secret, des tournures de phrases, des expressions imagées particulièrement parlantes et réjouissantes : "C'était ça le BTP, le Bilan Totalement Positif. Tout en bousillant les crapauds du périmètre. Et en expropriant des petits vieux, la bêche à la main. Mais une société qui, pour l'instant, avait le cul en feu à force de s'asseoir sur l'énorme projet de Zavenghem. A cause des loquedus de la ZAD." (p.32)

Puis, sur cette ZAD, pousse une histoire plus noire, plus polar. Camille, un peu perdu se laisse entourer de gens très bien et d'autres peut-être moins recommandables. Comme à chaque fois, chez l'auteur Pouy, les petites gens sont à l'honneur, ceux qui galèrent, ceux qui ont un idéal, qui se battent et rejettent pas mal d'obligations sociales et autres. C'est son côté anar qui ressort. Et comme à chaque fois, c'est vraiment bien, parce qu'on rit aux images, aux bons mots, aux expressions détournées, aux emportements des uns et des autres, tout en gardant en tête que la différence n'est pas facile à vivre. Puis, Pouy interroge sur la réussite sociale, sur les moyens de "réussir" sa vie -expression que je déteste au plus haut point. 

Son texte est bourré de références cinématographiques, picturales, musicales, littéraires qui obligent à aller voir tel ou tel tableau pour bien comprendre l'allusion, chose que j'aime beaucoup faire. S'instruire en lisant un bon roman noir, ça, ça me plait.

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Des coccinelles dans des noyaux de cerise

Publié le par Yv

Des coccinelles dans des noyaux de cerise, Nan Aurousseau, Folio, 2019 (Buchet-Chastel, 2017).....

François est un demi-sel, un petit voyou parisien, incarcéré à Fresnes. Il partage sa cellule avec Le Vieux, un malfrat de la même envergure, fatigué. Pour leurs derniers mois, c'est Mehdi qui viendra faire le troisième dans leur neuf mètres-carrés, et là ce n'est plus le même sirop. Mehdi, c'est le grand banditisme, l'élite de la profession, braquage en tous genres et magot bien planqué, que personne n'a trouvé, ni les flics ni ses complices. François a un plan, un gros coup à Paris, un truc auquel il cogite depuis longtemps et si Mehdi lui tendait la paluche, ça aurait de la gueule.

Il m'a suffit de ce titre énigmatique pour me tenter. Et qu'est-ce que j'ai bien fait de céder ! Ce roman qui débute comme un petit polar un peu pépère s'emballe et se punchise pour enthousiasmer ses lecteurs. Je ne savais pas à quoi m'attendre et même si j'avais eu une petite idée, j'aurais été surpris, alors dire que je me suis régalé est un euphémisme. 

D'abord, il y a François, un personnage pâlot, qui se met en ménage avec une pièce spéciale : "J'ai quand même une amie, une femme, ma femme, elle est pas trop vieille mais elle est laide, c'est une vraie conne et elle m'aime." (p.14). Les portraits sont réjouissants, pas ragoûtants, on ne fréquente pas la crème de la crème. Et avec tout cela, Nan Aurousseau construit un roman noir excellent. Ensuite, il y a la langue qui fait qu'on s'y plaît, une langue de voyou, crue, directe, argotique, violente. Et puis il y a le crescendo de l'intrigue qui m'a cueilli et m'a empêché de regarder un bon gros navet à la télé puisque je devais absolument en connaître le fin mot. Pour tout cela, que Nan Aurousseau soit remercié. Quel pied !

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La nuit des bras cassés

Publié le par Yv

La nuit des bras cassés, Maurice Gouiran, Jigal polar, 2019....,

Trois frères. Les Asquaciati. Chacun d'eux retrouve son appartement saccagé et en cadeau, laissé par ses visiteurs, une tête humaine, d'un Polynésien. Ben vit aux Etats-Unis, Giulio en Italie et Freddy à L'Estaque. Ils comprennent vite que quelqu'un leur en veut, et veut récupérer un trésor et que tout est lié à leur père, Ubaldo, venu en France dans les dernières années de la guerre, fuyant l'Italie qui ne croyait plus au fascisme ni au Duce, alors que lui Ubaldo en était un fervent partisan.

Ben, Giulio et Freddy vont devoir s'unir pour comprendre l'histoire familiale et éviter le pire.

Version poche d'un roman qui se déroule dans les années 90, même s'il n'est pas franchement daté, quelques indices le placent dans le temps : des francs, pas d'Internet et très peu de portable et un minitel...

Trois constructions différentes pour trois histoires mêlées. L'une linéaire, celle des trois frères, qui avance au fil des jours et des heures. L'une toute en retours en arrière, celle du père des garçons, qui explique donc les raisons de l'intrigue actuelle. Et une construction à rebours pour l'instigateur de la machination. Et le tout se suit plus qu'agréablement. Tout prend racine pendant la seconde guerre mondiale, en Italie. Ubaldo, le père, est un fasciste convaincu, fils d'un des gardes du corps de Benito Mussolini, qui va trafiquer pour gagner de quoi vivre, puisqu'il est parti précipitamment de son pays, sans argent.

Comme à son habitude, Maurice Gouiran peuple son roman de quelques figures locales typiques, des piliers de bar, des petits vieux qui en savent plus long qu'ils ne le laissent paraître sur la vie des uns et des autres. Ces personnages secondaires apportent une touche de légèreté et un côté réaliste, humain et très ancré à Marseille, enfin à L'Estaque pour être plus précis.

Un roman policier très enlevé et je ne m'étonne point qu'il ait obtenu le Prix sang d'encre des lycéens, tant il recèle en lui tout ce que j'aime : un brin d'humour, une base historique solide qui fait un contexte fort et toujours instructif -même si, avec son héros récurrent Clovis Narigou, l'auteur va souvent plus loin dans des faits, des parties de l'histoire un peu oubliées-, une histoire bien menée avec des rebondissements, des personnages originaux, parfois hauts en couleurs, des gueules quoi. 

Donc en résumé, encore un très bon roman de Maurice Gouiran, mais qui pourrait encore en douter ?

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Paris 2119

Publié le par Yv

Paris 2119, Zep, Bertail, Rue de Sèvres, 2019....

Paris dans un siècle. Plus personne n'use du métro, les déplacements se font avec le Transcore. De la téléportation. Sauf quelques uns qui résistent, tel Tristan Keys qui marche dans les rues, prend le métro, rencontre des vrais gens. Tristan vit avec Kloé, adepte des nouvelles technologies. La ville est ultra protégée, tout le monde est identifiable et localisable à chaque instant grâce à un implant. Dans l'un de ses parcours dans le métro, Tristan est témoin de faits étranges.

Dans cet album, Zep est au scénario et storyboard et Dominique Bertail dessine et colorie (avec Gaétan Georges). Les deux avaient déjà collaboré pour le tome 1 de l'excellente série Infinity 8, Romance et macchabées

Bande dessinée de science fiction, quasiment totalement déshumanisée hors Tristan et Kloé, dans des tons gris-bleus, il pleut beaucoup à Paris depuis un programme de désinfection. J'aime beaucoup le graphisme qui fait la part belle aux personnages, les arrière-plans révèlent parfois des traces du vieux Paris de 2019 et d'avant. 

Le scénario n'est pas d'une originalité renversante pour qui a déjà lu ou vu de la SF (La mouche de David Cronenberg, par exemple, qu'est ce que j'ai flippé à ce film, vu je me souviens au premier rang d'un cinéma après un repas lourd et un poil arrosé, pas les conditions idéales pour ressortir serein de la salle), mais Zep le remet au goût du jour, y ajoute des thèmes vus dans d'autres livres ou films, mélange le tout pour une histoire très plaisante, qui se suit sans aucun temps mort, qui pose la question de l'humanité, la fraternité dans un monde de plus en plus virtuel. Mais aussi celle du progrès : jusqu'où peut-il et doit-il aller ? En serons-nous les bénéficiaires ou les serviteurs ? Aurons-nous encore une part de liberté ? Il touche aussi à la question de l'aliénation des masses par les avancées technologiques, techniques et du bon usage d'icelles pour éviter les écueils.

Une histoire complète. Un très bel album, de ceux que l'on conseille aisément et que l'on prête facilement à condition qu'il revienne pour le relire.

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Les Armées

Publié le par Yv

Les Armées, Evelio Rosero, Métailié, 2008
San José, village colombien. La vie y est paisible et Ismael, vieux professeur à la retraite passe son temps, grimpé sur une échelle, à cueillir des oranges, dans son potager mais principalement à épier sa jolie voisine, Geraldina qui prend le soleil entièrement nue. Ni celle-ci ni son mari ne s'en offusquent. Seule Otilia, la femme d'Ismael en éprouve une grande honte. Mais un jour, tout ce petit bonheur éclate, lorsque des bandes armées attaquent le village. Des habitants sont assassinés, d'autres enlevés, d'autres encore s'enfuient.
Tout commence comme une belle chronique villageoise, paisible, agréable, et puis l'histoire bascule : il est difficile de ne pas se perdre entre toutes les bandes armées en action. Celles qui attaquent. Celles qui défendent. Sont-ce des militaires, des para-militaires, des narco-trafiquants, des guérilleros, ...? Et somme toute, peut importe. La chronique du village devient un enfer, les maisons des ruines et les habitants des fantômes qui préfèrent s'en aller ailleurs, sans malgré tout être sûrs de rester en vie.
Roman qui fait froid dans le dos lorsqu'on pense qu'il est écrit très récemment (paru en 2007 et traduit en 2008) et qui décrit la réalité des villages colombiens.
N'oublions pas qu'outre la très médiatique Ingrid Bétancourt libérée récemment, de nombreux otages sont actuellement aux mains des diverses factions armées colombiennes. Tous ne sont pas aussi connus, beaucoup sont colombiens, enlevés dans leurs villages ; les kidnappeurs demandent de grosses sommes d'argent que les familles sont bien incapables de payer, prolongeant ainsi leur calvaire.
Evelio Rosero parle aussi de l'instabilité politique de son pays, de son incapacité à empêcher ces exactions. Son constat est édifiant et terrible. Roman fort à découvrir.

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L'astronome aveugle

Publié le par Yv

L'astronome aveugle, Anne-Catherine Blanc, Ed. Ramsay, 2009
Dans un royaume dont on ne connait que peu de choses si ce n'est qu'il est au bord de la mer, l'astronome officiel du roi depuis de longues années devient aveugle à force de scruter les étoiles. Renonçant à ses privilèges, accompagné de son chat et muni de sa canne et d'une écuelle, il part tel un vagabond sur les routes. Cette errance le mènera dans un phare. Il rencontre alors le gardien de ce phare qui devient son ami.
Roman écrit dans une langue étonnante "enluminée de références médiévales". (4ème de couverture). Les tournures de phrases, la place des mots dans icelles et le choix des mots fleurent bon le vieux français et donnent à l'histoire une dimension unique. Ces choix l'ancrent dans une époque lointaine et un peu irréelle et lui donne un air de conte ou de fable. Très bel exercice de style.
Belle réflexion aussi sur l'indépendance des hommes tant physique qu'intellectuelle. L'astronome, bien qu'il ait été au service du roi pendant très longtemps a gardé un esprit libre, ouvert, curieux et critique : il ne cède par exemple pas à la croyance en une religion -en ces temps de forte présence de l'Eglise- ni même en celle qui le faisait vivre pourtant : la divination par les astres, qu'il considère comme non exacte et tout juste bonne à rassurer le "client" pour peu que l'astronome soit assez intelligent pour enjoliver son propos. Un espèce d'anarchiste avant l'heure : l'image de l'astronome qui me venait au fur et à mesure de ma lecture, et qui me reste après se situe entre Léo Ferré -pour l'anarchie- et Panoramix -qui certes n'est pas astronome, mais druide. Mais que voulez-vous, on ne contrôle pas toujours les images !
Le livre donc est surprenant par son style, les situations et l'époque décrites et ses personnages : l'astronome certes, mais aussi son chat omniprésent, intelligent qui guide l'aveugle, le prévient des dangers et l'aide à sa réflexion personnelle. Pas mal pour un chat, qui, parfois, dans certains passages, m'a fait penser au Chat Botté. Je vous l'ai dit : un conte ou une fable !
Merci à l'éditeur et à B.O.B pour cet envoi qui m'a ravi.

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Jolek, le conteur de lune

Publié le par Yv

Jolek, le conteur de lune, Naïk Feillet, Seuil jeunesse, 2009
Lucas, 10 ans, rate sa prestation lors d'une pièce de théâtre. Il est la risée des autres et se réfugie chez lui, bien décidé à abandonner cette pièce. La nuit suivante, un petit personnage entre dans sa chambre, et Lucas le sauve des griffes de son chat, Kiwi. Ce visiteur se nomme Jolek et il est conteur de lune : c'est lui qui la nuit, raconte des histoires aux humains, normalement sans se faire voir. Il va ainsi raconter trois contes à Lucas.
B.O.B nous a envoyé ce livre à la condition de faire une chronique bicéphale : ma fille et moi-même. Je vous livre donc les impressions de Marie-Zoé, 15 ans, première lectrice de Jolek : le livre est enfantin, gentillet. Il comporte trois contes originaux d'où chacun peut tirer une morale. Les personnages sont attachants, on a envie de les rencontrer. Ils ont leurs qualités et leurs défauts et ne sont ni tout noirs ni tout blancs. Certains jouent le rôle du méchant, comme dans tous les contes, mais ils ont aussi des qualités que l'on découvre en fin d'histoire.
Le livre est très facile à lire et je ne me suis pas lassée. Il est facilement compréhensible, utilisant un langage courant. Les contes parlent de sujets intéressants et sont au goût du jour. Ce ne sont pas de vieux contes de fées remixés, mais le schéma narratif est le même. J'ai lu beaucoup de contes et ai trouvé ceux-ci attrayants : ils abordent des thèmes graves en mettant en scène des êtres féériques.
Voici maintenant les impressions d'Yves, le papa, 43 ans : je reprendrai les termes de Marie-Zoé, mais pas dans le même sens qu'elle : le livre est enfantin et gentillet, et c'est ce qui me gène un peu. Je ne suis que peu habitué à la littérature jeunesse et j'ai trouvé cette lecture moralisatrice, facile, et finalement peu originale. Le livre reprend des thèmes éculés et les rajeunit un peu en les traitant par l'intermédiaire de petits personnages que l'on rencontre beaucoup ces temps-ci. Cependant, tout n'est pas si simple, parce qu'il aborde entre autres sujets, la tolérance, le racisme, la loyauté, autant d'idées graves, traitées simplement et directement pour un public qui a besoin qu'on lui en parle de cette manière. Ceci ne suffit pas à mon adhésion au livre, mais, je comprends que je ne suis pas le public concerné et j'admets bien volontiers que ce livre puisse plaire à de jeunes lecteurs ; il surfe sur l'air du temps.

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Irrésistible ascension du vin Aglianico à travers le monde

Publié le par Yv

Irrésistible ascension du vin Aglianico à travers le monde, Gaetano Cappelli, Métailié, 2010
Ricardo est un universitaire de peu d'ambitions et étouffé par une femme qui réussit dans le domaine artistique. Il s'occupe de leurs quatre filles, pendant que sa femme flirte-et plus si affinités ?- avec les acteurs qu'elle dirige. Puis, un jour, il revoit un vieux copain d'école devenu la douzième fortune d'Italie qui lui propose de s'occuper de la communication autour du vin qu'il commence à produire. Riccardo abandonne provisoirement femme et enfants pour entrer alors dans un monde inconnu pour lui : la jet-set.
C'est un roman très original, non pas par le thème qu'il aborde, mais par l'écriture. Elle est tour à tour déroutante, énervante et séduisante. L'auteur fait des phrases très longues avec moult parenthèses et digressions qui peuvent perturber la lecture, l'alourdir et la rendre plus ardue. Je ne sais ce qui est de l'ordre de la traduction ou de l'édition originale, mais montrer l'accent des Italiens du sud en rajoutant des lettres dans les mots (le "g" notamment) n'est pas pour moi une trouvaille intéressante ; au contraire, cela rend le texte parfois difficilement compréhensible. Passés ces deux écueils, l'écriture et le phrasé particulier de Gaetano Cappelli deviennent la force comique du roman. Car ce roman est très drôle : les passages dans lesquels le narrateur raconte la vie des ancêtres de Graziantonio Dell'Arco (la douzième fortune d'Italie) sont particulièrement délectables. A ce propos, chaque personnage qui apparaît dans le roman a droit à sa biographie et à celles de ces ancêtres, à mon avis les plus beaux moments du livre. Un texte très différent de ce que j'ai déjà lu des éditions Métailié, pas forcément dans ceux que je préfère mais qui fait passer un bon moment de lecture joyeuse, et c'est déjà beaucoup !

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