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Recherche pour “opération bella ciao”

La lettre manquante

Publié le par Yv

La lettre manquante, Patrick Halluin, Ravet-Anceau, 2018...

Cyril Estier est un ancien des forces spéciales et plus particulièrement d'un groupe de six appelé l'Alphabet. En 2005, l'un des membres de ce groupe, F, lors d'une délicate opération, commet un acte terrible qui oblige à la dissolution d'Alphabet. 

Onze années plus tard, Cyril, revenu à la vie civile, est accusé de meurtre et rapidement innocenté, puis un cadavre est retrouvé chez lui, et d'autres péripéties s'enchaînent au grand dam du capitaine Cyrla de la police. 

Pas toujours très cohérent, parfois malhabile dans les phrases, souvent excessif, ce roman qui ne brille pas par sa finesse et sa subtilité est contre toute attente un polar difficile à lâcher. Je suis loin, très loin d'apprécier le genre gros bras et défouraillage d'armes à tout-va, et je peux dire que Patrick Halluin ne ménage pas sa peine pour donner au Nord de la France et à la petite commune de Marchiennes des airs de ville assiégée, mélangeant les forces spéciales, les flics, la vengeance et les islamistes-terroristes dans un grand bordel -finalement- assez joyeux, et néanmoins -rapport au début de ma longue phrase- j'ai trouvé que ce roman foutraque avait un charme évident : sans doute l'histoire d'amour naissante qui fait fondre les petits cœurs des gros durs, ou ce côté si ce n'est parodique, au moins humoristique et stéréotype des hommes et de la femme -qui apporte légèreté et fraîcheur-, et des situations. 

Ce n'est pas le polar du siècle, mais pour un premier roman, Patrick Halluin s'en sort bien et si l'envie de lire un roman fortement burné, qui sent la testostérone, la virilité mais aussi la fragilité des grands garçons sur-entraînés, un roman d'action qui ne se prend pas au sérieux et qui se déroule dans le Nord -de la France-, j'ai trouvé ce qu'il vous faut. Détente assurée.

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Histoire dessinée de la guerre d'Algérie

Publié le par Yv

Histoire dessinée de la guerre d'Algérie, Benjamin Stora, Sébastien Vassant, Seuil, 2016...

1954/1962, c'est la guerre d'Algérie, ce que la France a longtemps appelé des événements ou une "opération de maintien de l'ordre". Elle est d'abord cantonnée sur le territoire algérien, un peu désordonnée, puis les Algériens créent des mouvements de libération et devant la répression commettent des actes violents et c'est le début d'un engrenage, d'une guerre qui ne dit donc pas son nom, dénoncée un peu partout dans le monde, mais la France ne veut pas renoncer à son empire colonial. Sept années de guerre pour conclure presque 150 ans de colonisation.

Benjamin Stora, né en Algérie, un peu avant le début de la guerre et devenu historien, spécialiste de ce conflit est pédagogue, précis, se met de tous les côtés pour ne rien oublier. Cent quatre-vingt dix pages qui montrent la montée des violences de part et d'autre, l'exportation du conflit en métropole, la lassitude des Français face à une guerre dans laquelle le pays envoie de jeunes appelés du contingent -mon papa y était, tous les jeunes gens nés entre 1932 et le début de la décennie suivante y sont passés, peu en parlent. Elles éclairent également les relations toujours particulières et tendues entre les deux pays.

Bien dessinée, formidablement documentée, cette page de l'histoire de France et de l'Algérie est accessible à un plus large public qu'un essai historique. C'est une des qualités de la bande dessinée en général et d'icelle en particulier. Peut-être pas pour les plus jeunes, mais pas mal d'ados peuvent la consulter pour comprendre dans quelle galère ont été engagés leurs grands-pères et arrière-grands-pères. 

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L'Ouzbek muet et autres histoires clandestines

Publié le par Yv

L'Ouzbek muet et autres histoires clandestines, Luis Sepulveda, Métailié, 2015 (traduit par Bertille Hausberg)...

Luis Sepulveda place ces nouvelles dans les années 60/70 juste avant le coup d'état de Pinochet (qui ne pouvait être totalement mauvais comme disait Pierrre Desproges, car dans Pinochet, il y a hochet). Tous les personnages sont des anonymes qui vont tout tenter pour qu'Allende arrive au pouvoir et qui vont combattre l'extrême droite et la droite chilienne. Beaucoup passeront dans la clandestinité après le coup d'état, perdront la vie. Je présente ci-dessous quelques nouvelles du recueil, celles qui m'ont le plus plu.

- Le soldat Tchapaïev à Santiago du Chili : la difficulté d'organiser une action d'éclat commune aux jeunesses communistes et socialistes, surtout lorsque certains ont d'autres préoccupations comme un rendez-vous amoureux.

- L'Ouzbek muet : la vie d'un étudiant chilien à Moscou qui rêve d'aller à Prague et se retrouve à Tachkent en Ouzbékistan.

- Blue Velvet : braquer une banque, ça ne s'improvise pas. Enfin, normalement...

- Moustik : Un autre braquage, mais pour sauver l'économie chilienne menacée, mené par Moustik une jeune femme qui ne supportera pas le coup d'état de Pinochet.

- L'autre mort du Che : le récit du transport de deux condors offerts par le Chili à Cuba et la naissance d'un petit longtemps après nommé Che.

- Le déserteur : les derniers moment d'Ernesto Guevarra, dit Le Che.

Luis Sepulveda fait preuve de beaucoup d'humour, de dérision mais également d'une grande tendresse pour ses personnages, ces héros anonymes qui ont lutté contre la dictature et la force. Pour beaucoup ils sont des losers avec idéaux, qu'ils veulent atteindre ; ils y réussissent parfois mais pas toujours et presque par hasard. Il suffit d'un tout petit rien pour que la chance ou la malchance fasse capoter ou réussir une opération mal préparée pour ne pas dire improvisée. Les premières nouvelles sont drôles, à l'image de ce roman de l'auteur que j'ai adoré, L'ombre de ce que nous avons été, et les dernières se font plus dures, plus politiques.

On pourrait s'attendre à un peu plus de la part de cet auteur, je reste un peu sur ma faim, me disant qu'il y avait matière à faire des histoires plus construites, plus longues, des petits romans, c'est un peu comme s'il se contentait du minimum pour faire un livre. Et puis, je me dis dans la seconde qui suit que le minimum de Luis Sepulveda vaut très largement le maximum de certains autres écriveurs de livres, alors ça me console.

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La marque du père

Publié le par Yv

La marque du père, Emelie Schepp, Harper Collins, 2020

Sam Witell est travailleur social et s'occupe de personnes démunies. Sa femme Félicia est dépressive et leur fils Jonathan attend avec impatience les moments passés avec son père. Un soir, à la fin d'une course express en épicerie, Jonathan l'appelle et lui dit qu'un inconnu est entré dans la maison. Sam rentre en urgence et trouve sa femme morte, allongée sur le sol. Jonathan a disparu. C'est la procureure Jana Berzelius qui dirige les opérations avec en première ligne pour enquêter les policiers Henrik Levin et Mia Bolander.

Quatrième tome de la série Jana Berzelius et premier pour moi. Les bandeaux et l'appellation de "nouvelle star du polar suédois" qui doivent attirer des lecteurs mais qui personnellement me feraient plutôt fuir, annoncent des promesses tenues. J'ai beaucoup aimé et ai eu du mal à sortir du livre pour diverses taches beaucoup moins captivantes. L'originalité du roman est qu'outre Jana Berzelius qui est la figure centrale, deux autres personnages ont des rôles principaux et bénéficient d'un traitement approfondi : les deux enquêteurs. Là où beaucoup de polars font la part belle à un héros et oublient un peu les autres, Emelie Schepp construit une équipe. Jana a une vie particulière, une enfance difficile et violente lorsque les deux flics sont davantage dans la norme ; l'un est marié avec des enfants, tente de concilier vie de famille et travail et y parvient avec l'aide de sa femme et l'autre entame une relation avec un homme plus âgé et riche. Quant à Jana, elle se débat avec les démons de son enfance, surtout lorsque ceux-ci ont visage humain et la contraignent à certains comportements et actes. Elle débute timidement une relation avec son collègue Per et se limite à quelques échanges avec son père adoptif, ancien procureur, personnage trouble au cœur de l'enfance violente de Jana.

Le roman va vite bien que l'enquête piétine. L'intrigue principale est habilement alternée avec une secondaire qui concerne uniquement Jana et qui semble sans issue, ce qui donne un rythme et une ambiance prenants. C'est terriblement addictif, angoissant et ainsi que la suite, je lirais très volontiers les tomes précédents...

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Traducteurs afghans, une trahison française

Publié le par Yv

Traducteurs afghans, une trahison française, Quentin Müller, Brice Andlauer, Pierre Thyss, La boîte à bulles, 2020.....

Après le 11 septembre 2001, les États-Unis entrent en guerre contre les talibans en Afghanistan suivis par certains pays dont la France. Sur place l'armée a besoin de traducteurs, les tardjuman. D'abord simples traducteurs, ils deviennent de vrais soldats participant à certaines opérations. Lorsqu'en 2012, la France se retire d'Afghanistan, elle les oublie, n'en rapatrie que quelques uns, les autres restant au pays au péril de leur vie et de celles de leurs proches menacés par les intégristes.

La France a la mémoire courte et soixante ans après les harkis, elle refait le même coup avec les tardjuman. Moins nombreux, environ 800, certains sont encore en Afghanistan, toujours menacés de mort. Ce roman graphique -ou plus exactement enquête graphique- dénonce ce manquement terrible des autorités françaises qui jouent avec les vies de ceux qu'elles emploient, cherchant ensuite des raisons souvent fallacieuses pour ne pas les autoriser à vivre sur notre sol.

Quentin Müller et Brice Andlauer ont mené une enquête, rencontrant des tardjuman en France et en Afghanistan, ainsi que des personnes qui les défendent. Ils construisent un scénario implacable absolument pas à l'honneur de la France.

Le dessin est sobre, pas chargé, je n'irai pas jusqu'à dire minimaliste, car il y a des décors, géométriques souvent très carrés, le trait est clair, pur, rien n'est superflu. Ce sont des dessins précis en noir et blanc qui appuient le scénario par leur simplicité et leur sobriété.

Roman graphique très documenté qui fait forte impression, qui parle du manque d'humanité et de reconnaissance d'un pays face à une grosse poignée d'hommes auxquels il aurait été tellement simple et naturel de proposer une autre vie.

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Hiver à Sokcho

Publié le par Yv

Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin, Ed. Zoé, 2016

Sokcho, petite ville balnéaire du Corée du sud, proche de la frontière avec la Corée du nord, Yan Kerrand, bédéiste normand, en plein hiver, prend une chambre dans une pension. La jeune femme qui le reçoit, franco-coréenne est intriguée par cet homme venu à une saison où aucun touriste n'est présent. Intriguée puis un peu agacée lorsqu'il reste dans sa chambre ne venant même pas dîner, goûter à sa cuisine.

C'est un très court roman, le premier d’Élisa Shua Dusapin, elle-même franco-coréenne, qui prend son temps et qui se déguste. Il prend le temps donc d'installer les deux personnages principaux. Chacun dans sa personnalité et dans sa solitude. Ils vont chercher à se rencontrer, maladroitement, lui par ses dessins : il tâtonne, cherche, hésite, jette beaucoup. Elle par sa cuisine qu'il ne goûte pas. Ils ne se rejoindront pas vraiment, mais un peu quand même, chacun prenant de l'autre pour avancer.

L'écriture est fine, précise, douce, un peu comme si quelqu'un nous murmurait le texte à l'oreille. Elle décrit brièvement les paysages pas très jolis de cette ville l'hiver. Elle est sensuelle également, parle des corps, des lignes, celles que cherche le dessinateur, celles de la jeune femme, de son amoureux mannequin qui n'hésitera pas à recourir à la chirurgie si on le lui demande, d'une cliente qui se remet doucement d'une opération esthétique... Élisa Shua Dusapin aborde les thèmes de la rencontre, de la solitude, de l'identité notamment lorsqu'on a une double culture.

Un très beau texte qu'il faut prendre le temps de découvrir, ne point trop se presser pour n'en rien rater. Il débute ainsi :

"Il est arrivé perdu dans un manteau de laine. Sa valise à mes pieds, il a retiré son bonnet. Visage occidental. Yeux sombres. Cheveux peignés sur le côté. Son regard m'a traversée sans me voir. L'air ennuyé, il a demandé en anglais s'il pouvait rester quelques jours, le temps de trouver autre chose. Je lui ai donné un formulaire. Il m'a tendu son passeport pour que je le remplisse moi-même. Yan Kerrand, 1968, de Granville." (p.5)

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Deux corps

Publié le par Yv

Deux corps, Jean-Pierre Campagne, 17 éditions, 2021

Le 2 novembre 2013, à Kidal, dans le nord du Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes à RFI sont assassinés quelques heures après leur enlèvement. Quelques jours avant, des otages français détenus depuis 3 ans étaient libérés contre une forte rançon . Mais qui a tué les deux journalistes, et pour quelles raisons ?

Autant de questions que se pose Jean-Pierre Campagne, dans un récit-fiction dans lequel interviennent tour à tour divers protagonistes : l'ami, l'avocate, le ministre, le négociateur...

Très court texte de Jean-Pierre Campagne, ami de Ghislaine Dupont, qui comme tous ceux qui la connaissent ne s'explique pas cet assassinat. Dans un pays, au moment de l'opération Serval menée par la France, où les blancs non militaires sont assez faciles à enlever et ont une grande valeur marchande pour les djihadistes, ces morts n'ont aucun sens. Personne ne parle, ni la France -secret d'état-, ni le Mali.

Dans cette fiction, JP Campagne pose des questions en se mettant à la place des divers intervenants. C'est très parlant, sans doute plus qu'un long article de journal, car son texte touche davantage. Il peut, contrairement à un article, faire appel aux émotions, aux doutes. La fiction permet tout, même de faire parler des objets, c'est sans doute étrange dit comme cela, mais ça coule parfaitement dans ce récit.

Entre les lignes, il y a la difficulté de faire le métier de journaliste dans les zones à risque et les risques inhérents. Il y a aussi la difficile position des autorités des pays, des diplomates, qui, dans le cas des pays occidentaux, jurent ne jamais verser de rançon mais qui le font. C'est compliqué, j'avoue n'avoir pas d'avis tranché sur la question entre sauver les vies des otages et financer le terrorisme...

JP Campagne fait également parler ceux qui restent : la famille, les amis pour qui la mort et l'absence d'explications les touche au quotidien. Le tout donne un livre touchant, un bel hommage aux deux victimes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, qu'on trouve directement sur le site de l'auteur : www.jpcampagne.com.

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Sanatorium

Publié le par Yv

Sanatorium, Barbara Klicka, Intervalles, 2021 (traduit par Nathalie Le Marchand)

Kama, une trentenaire de Varsovie se rend en province pour y suivre une cure thermale suite à une opération, dans un centre public. La jeune femme peine à se lier aux autres, sans doute son esprit caustique et son indépendance ne lui facilitent point la tâche.

Il va lui falloir user de beaucoup de dérision et d'auto-dérision pour passer la saison dans ce lieu très étonnant.

C'est un court roman que ce Sanatorium de Barbara Klicka, qui commence de manière très prosaïque avec une interrogation sur la taille de la valise pour un tel séjour et s'éloigne d'une certaine réalité pour flirter avec l'absurde.

C'est très bien fait et les monologues sont savoureux, de même que les dialogues, parfois très basiques :

"- Et tout de suite après le petit-déjeuner, vous êtres priée d'aller à la visite médicale, ajoute-t-elle [la réceptionniste]. Les cabinets  des médecins se trouvent dans l'aile gauche.

- Et l'aile gauche, c'est laquelle ?

Je ne sais même pas qu'il y a des ailes ici, et encore moins laquelle est la gauche.

- C'est sur la gauche, dit-elle sans même exagérer dans la méchanceté. Voilà, tout simplement.

Ah ! me dis-je

- Ah, dis-je.

Je souris, à tout hasard, avant d'ajouter :

- Alors, bonne journée." (p.17)

Avec un humour dévastateur, Barbara Klicka parle de la maladie, des malades et des soignants, du corps qui dysfonctionne, mais pas la tête ni les désirs. Il n'est pas aisé de parler de la sexualité des malades ou des handicapés, c'est toujours tabou. L'auteure prend un biais étonnant, singulier qui s'il n'est pas le chemin le plus direct est très clair, fin et précis. Une écriture simple et je l'écrivais plus haut, pleine d'humour et d'ironie, originale et subtile qui promet d'autres bons livres de cette jeune auteure.

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Le dernier amour du lieutenant Petrescu

Publié le par Yv

Le dernier amour du lieutenant Petrescu, Vladimir Lortchenkov, Ed. Agullo, 2016 (traduit par Raphaëlle Pache).....

La Moldavie, ce petit pays totalement méconnu, indépendant depuis 1991 est en plein bouleversement. Le SIS, le KGB local, dirigé par Constantin Tanase est persuadé qu'Oussama ben Laden se cache à Chisinau, la capitale. Il coupe les légumes dans le kiosque qui vend des chawarmas. Tanase apprend qu'un lieutenant de la police serait en cheville avec la section terroriste locale, le lieutenant Petrescu. Lorsque le chef du SIS apprend qu'en plus, le jeune lieutenant a pour maîtresse Natalya, la jeune femme qui vient de le laisser tomber, il monte une opération abracadabrantesque pour tenter de se défaire de l'un et de retrouver l'autre.

Si vous ne connaissez pas encore Vladimir Lortchenkov, c'est un tort, vous n'êtes pas encore tombés sous le charme totalement déjanté de Des mille et une façons de quitter la Moldavie. Déjanté de nouveau, totalement décalé, fou, barré, barjot, cinglé, ce roman est l'œuvre d'un mec qui ne peut être lui-même que totalement dévasté. Je n'aimerais pas être dans sa tête... encore que si, à l'occasion, ça doit être un grand moment de délire...

Mais revenons à ce roman qui part dans tous les sens pour le plus grand bonheur des lecteurs. Il faut dire que les services secrets moldaves sont mal partis avec une telle bande de bras cassés. Ils ne sont pas formés, ont, pour les plus anciens les réflexes du KGB. Ils sont sous-payés, alcooliques, fainéants et lorgnent avec envie sur la place de leur supérieur hiérarchique qui, s'il disparaissait inopinément, la leur laisserait. Tout n'est que complot et complot dans le complot, bidouillages, rapports bidons, implications d'autrui si elle sert son propre avancement, ... Seul Petrescu, flic, pas espion, paraît honnête et travailleur.

Le ton du bouquin est à l'humour, l'ironie, la moquerie, la raillerie. C'est très drôle, j'ai ri souvent, Vladimir Lortchenkov ne reculant devant rien pour un bon mot, une blague. Dans le même temps, il assène quelque vacherie, toujours avec légèreté :

"Mais si tu as besoin de justice, va faire ton stage au comité des Droits de l'homme.

- Il y en a un chez nous ?

- Naturellement. Les Américains en ont ouvert un, il y a deux ans.Et juste après, ils ont fermé le bureau de la CIA en Moldavie.

- Comment ça se fait ?

- Ben, pourquoi ils auraient gardé deux organisations identiques dans un même pays ?" (p.126/127)

La farce est grosse et c'est cette grosseur qui la rend irrésistible. Vladimir Lortchenkov est en train, livre après livre, de dresser un portrait peu flatteur de son pays, mais finalement assez sympathique, on a plus l'impression d'être en Syldavie que dans un pays réel. Moi, franchement, si tous les Moldaves sont comme les décrit le romancier, je veux bien aller y faire un tour.

Question, objet, le livre est de qualité de la couverture à l'intérieur, ainsi les toutes jeunes éditions Agullo m'ont déjà habitué. La traduction n'a pas dû être aisée, mais je soupçonne Raphaëlle Pache d'avoir pas mal ri dans son travail, certains livres semblent plus agréables à traduire que d'autres.

Excellent, excellent...

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