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L'homme qui avait recueilli les dernières paroles de Gunnar Andersson

Publié le par Yv

L'homme qui avait recueilli les dernières paroles de Gunnar Andersson, Henri Bonetti, Cohen&Cohen, 2018.....

Si la ville n'est jamais nommé, on y reconnaît Marseille. Marseille en pleine canicule de l'été 2003. Samba fugue parce que ses parents ne veulent pas qu'il vive avec Fatou, enceinte, à cause d'une superstition africaine. Oreste Pappalardo, ex-gros bras d'un caïd local, reconverti en gardien de musée, a pris Samba en affection. Le jour où Oreste lui parle d'un tableau d'Adolphe Monticelli, peintre local et inspirateur du grand Van Gogh, Samba se méprend sur la valeur réelle du tableau et le vole. Ensuite, les événements tragiques s'enchaînent.

Excellent roman noir à multiples entrées et qui malgré cette donnée souvent perturbante pour un pauvre lecteur vite perdu comme moi, se suit sans perdre le fil ni de vue le tableau. Toutes ces entrées convergent vers la toile de Monticelli. Il y a Isabella la flicque, Samba et Fatou, Oreste le sage, Perrodil le mécène et Urbain le propriétaire du tableau, Karim le privé, Step le tueur, et encore d'autres personnages : un commissaire obsédé, un délégué syndical pas très clair, des marlous, des caïds, des tués par erreur ou précipitation, ... et Gunnar Andersson, que personnellement je ne connaissais pas, ex-joueur de foot, gloire de l'Olympique de Marseille des années 50. 

Tout cela s'imbrique parfaitement et en quelques retours en arrière lorsqu'on change de narrateur, le lecteur capte la totalité de l'affaire. Il y a en plus, Karim, le privé qui raconte en italique et après coup son histoire à un nègre chargé d'écrire sa bio et qui explique bien des choses. 

Henri Bonetti construit son roman de manière très originale, ce qui rend son histoire diablement intéressante et  changeante. Et la légèreté du début s'efface bientôt au profit d'une noirceur qui n'est néanmoins jamais délestée totalement d'un certain humour. L'histoire devient au fil des pages plus profonde qu'il n'y paraissait au départ, parle de la jeunesse d'origine étrangère d'il y a quinze ans, du poids des traditions familiales, du monde des petits malfrats, des flics corrompus, ...

Une vraie belle histoire avec des personnages nombreux et attachants arrivés là-dedans par hasard, qui tourne autour d'un tableau et d'un peintre méconnu, Monticelli, qui pourtant fut un modèle pour Van Gogh. C'est cela qui est bien dans les polars de Cohen&Cohen, on apprend toujours sur l'art, la peinture en particulier. Et Henri Bonetti de nous intéresser à Monticelli avec élégance et parfois parler local. et Gunnar Andersson, le footballeur dans tout cela ? Eh bien, vous le saurez en lisant ce formidable polar.

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A
Et Gunnar Andersson est un footballeur connu dans la vraie vie ?
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Y
je ne le connaissais pas, mais bon, le foot et moi... mais en faisant des recherches sur Internet, il apparaît qu'il fut un joueur connu en son temps avant de mourir dans la misère, mais à l'époque avec le foot on ne mettait pas à l'abri sa famille pendant plusieurs générations
Z
Je note, je vais aller voir du côté de cette maison d'éditions que je ne connais pas
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Y
Très chouette maison de livres d'art et de polar dans le monde de l'art
M
Encore un polar très tentant. Tu sais toujours nous donner envie ! Bon we
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Y
Excellent, tu veux dire