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La nuit des bras cassés

Publié le par Yv

La nuit des bras cassés, Maurice Gouiran, Jigal polar, 2019....,

Trois frères. Les Asquaciati. Chacun d'eux retrouve son appartement saccagé et en cadeau, laissé par ses visiteurs, une tête humaine, d'un Polynésien. Ben vit aux Etats-Unis, Giulio en Italie et Freddy à L'Estaque. Ils comprennent vite que quelqu'un leur en veut, et veut récupérer un trésor et que tout est lié à leur père, Ubaldo, venu en France dans les dernières années de la guerre, fuyant l'Italie qui ne croyait plus au fascisme ni au Duce, alors que lui Ubaldo en était un fervent partisan.

Ben, Giulio et Freddy vont devoir s'unir pour comprendre l'histoire familiale et éviter le pire.

Version poche d'un roman qui se déroule dans les années 90, même s'il n'est pas franchement daté, quelques indices le placent dans le temps : des francs, pas d'Internet et très peu de portable et un minitel...

Trois constructions différentes pour trois histoires mêlées. L'une linéaire, celle des trois frères, qui avance au fil des jours et des heures. L'une toute en retours en arrière, celle du père des garçons, qui explique donc les raisons de l'intrigue actuelle. Et une construction à rebours pour l'instigateur de la machination. Et le tout se suit plus qu'agréablement. Tout prend racine pendant la seconde guerre mondiale, en Italie. Ubaldo, le père, est un fasciste convaincu, fils d'un des gardes du corps de Benito Mussolini, qui va trafiquer pour gagner de quoi vivre, puisqu'il est parti précipitamment de son pays, sans argent.

Comme à son habitude, Maurice Gouiran peuple son roman de quelques figures locales typiques, des piliers de bar, des petits vieux qui en savent plus long qu'ils ne le laissent paraître sur la vie des uns et des autres. Ces personnages secondaires apportent une touche de légèreté et un côté réaliste, humain et très ancré à Marseille, enfin à L'Estaque pour être plus précis.

Un roman policier très enlevé et je ne m'étonne point qu'il ait obtenu le Prix sang d'encre des lycéens, tant il recèle en lui tout ce que j'aime : un brin d'humour, une base historique solide qui fait un contexte fort et toujours instructif -même si, avec son héros récurrent Clovis Narigou, l'auteur va souvent plus loin dans des faits, des parties de l'histoire un peu oubliées-, une histoire bien menée avec des rebondissements, des personnages originaux, parfois hauts en couleurs, des gueules quoi. 

Donc en résumé, encore un très bon roman de Maurice Gouiran, mais qui pourrait encore en douter ?

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Tel est pris qui croyait pendre

Publié le par Yv

Tel est pris qui croyait pendre, Cicéron Angledroit (Claude Picq), Palémon, 2019....

Un pendu sous un pont de Vitry, Val de Marne. Un assassiné par balle dans la même ville. Et voilà que Cicéron est appelé à la rescousse par Théophile de Saint-Antoine, commissaire de son état, pour enquêter sur le pendu qui est un ami commun à la bande des quatre, les deux sus-nommé plus l’inénarrable René et le manchot Momo. 

Des indices convergent vers la Bretagne et René y trouve des origines familiales, il n'en faut pas plus pour que les quatre, moins le commissaire mais plus Vanessa, la lieutenante préférée de Cicéron débarquent entre Concarneau et Combrit.

Deux avertissements en quatrième de couverture : le premier : "Attention, cet ouvrage comporte certaines scènes pour adultes et un vocabulaire susceptibles de choquer les âmes chastes...", et le second : "Mise en garde de l'éditeur : De nombreux cas d'addiction ont été rapportés. Cette addiction semble irréversible et définitive. Toutefois, à ce jour, aucune plainte n'a été enregistrée." Si le premier m'incite forcément à aller y voir de plus près, d'autant plus que j'ai récemment goûté au truc avec Tiens bon l'pinceau, y a des coulures, pour le second, il est déjà trop tard pour moi. Lorsque ces quatre-là, qui sont déjà pas mal lorsqu'ils restent dans le Val de Marne, viennent à Concarneau, c'est un peu comme trouver dans sa galette, non pas un poil pubien, mais le résultat d'une épilation intégrale. C'est voyant, ça gratte et ça passe mal.

Le Breton n'est pas réputé pour son accueil généreux envers les Parisiens, mais pour une flicque, un détective privé et une paire de gus dont on se demande à quoi elle sert si ce n'est à picoler et butiner local pour René et à se faire discret pour Momo, l'exercice est encore plus délicat. D'autant plus que l'équipe pose des questions, se mêle d'affaires privées et ne parvient pas à faire tout cela discrètement. 

Encore une bonne enquête pour Cicéron qui ravira ses lecteurs dont la liste va pouvoir s'allonger en Bretagne, avec les habitants qui ont le sens de l'humour et de la dérision, car rien ni personne n'est épargné. Ouf, si Cicéron faisait dans la bien-pensance et le consensuel, on l'aimerait beaucoup moins.

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Ça coince ! (47)

Publié le par Yv

Je maudis le jour, Anna-Véronique El Blaze, Plon, 2019.,

"Deux êtres sortis du cadre qui se croisent, se parlent, se bousculent. Deux individus perdus dont chacun semble redonner un sens à l’existence de l'autre. Léa, libraire, cache, sous ses airs de jeune divorcée terne et sans histoires, d'étranges secrets. Nicolaï, fier légionnaire, a vu sa vie chavirer lors d'une mission au Mali et survit depuis de trottoirs en quais de Seine, indifférent au monde." (4ème de couverture)

Tentant sur le papier et décevant en roman. Le début est déroutant, l'auteure parlant de faits que le lecteur ne connaît pas encore et qu'il apprendra par petits bouts et devra recoller pour former le tout. Si le principe est bon, il est un peu noyé dans un flot de mots. Car ce bouquin est bavard. Bavard parce que chaque intervenant s'exprime et est très disert au risque de saouler le lecteur et comme je ne tiens pas bien la logorrhée, je suis très vite ivre et lassé.

Anna-Véronique El Blaze enchaîne également des descriptions de scènes de crimes, superflues, qui n'apportent rien au texte ni à l'intrigue, à part sans doute créer un climat de tension et de lourdeur. Un peu plus de finesse eut été opportun.

Ce roman reprend le personnage de Léa, héroïne de La fille au 22, paru en 2016.

 

 

Paradigma, Pia Petersen, Les arènes, 2019.

"Los Angeles, la ville sur la faille. Dans les coulisses de la remise des Oscars, une Marche silencieuse s'organise. Sur les téléphones, les rumeurs et hashtags ont lancé le mouvement. Dans les rues, des grappes d'inconnus, dans une ambiance explosive et électrique. Tout est parti de Luna. Mais qui est Luna ? Beverly Hills, les stars, les hackers, les gangs, les flics, les riches... face à des millions d'exclus de la société du spectacle, qui ont décidé de reprendre leur destin en main." (4ème de couverture)

Lorsque je prend ce livre en mains, la première impression est étrange, la jaquette qui illustre mon article est rugueuse -je n'aime pas les jaquettes ni les bandeaux, qu'en général, je jette tout de suite, mais celle-ci est réussie. Puis, une fois ôtée, je découvre la couverture, la même illustration, mais en noir et blanc et lisse, effet garanti, et encore une fois, je préfère la couverture.

Bon, une fois cette première surprise passée, je commence à lire et là, seconde surprise, je ne comprends rien. Je ne parviens pas à entrer dans cette histoire plutôt bavarde, emplie de détails qui ne m'intéressent pas et pire me font perdre le ténu bout de fil qui me retient. J'essaie de m'accrocher mais une fois le fil cassé, je tombe, tombe, tombe... Il paraît que François Busnel a aimé, comme je ne regarde plus son émission littéraire qui tourne en rond toujours autour des mêmes invités, je m'en moque...

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La brigade Verhoeven. Irène

Publié le par Yv

La brigade Verhoeven. Irène, Bertho, Corboz, Rue de Sèvres, 2019 (d'après le roman de Pierre Lemaître)..,

La brigade Verhoeven c'est d'abord Camille Verhoeven, commissaire et ses trois collègues, Jean-Claude Maleval, Louis Mariani et Armand. Lorsqu'il est appelé sur une scène de crime particulièrement horrible, Verhoeven est d'abord déconcerté, puis s'aperçoit assez vite qu'il a un rapport avec un thriller très connu. C'est alors le moment de savoir si d'autres crimes ont été commis selon ce principe.

Je suis un peu déçu par cette bande dessinée, le deuxième tome d'une série adaptée des romans de Pierre Lemaître (Travail soigné, pour celle-ci). Mais j'aurais dû m'en douter puisque je ne suis pas très amateur des romans de P. Lemaître, j'en ai lu deux qui ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable. Mais comme j'ai beaucoup aimé l'adaptation BD -et film- de son Au-revoir là-haut, je m'étais dit que cette série pourrait me plaire. Rien n'y est désagréable, elle se lit même facilement, mais rien n'y est particulièrement original à mes yeux, ni les héros, ni l'histoire. Le ton est noir, très noir bien que la BD soit en couleurs. Les amateurs du genre apprécieront ainsi que ceux qui aiment P. Lemaître. 

Juste pas vraiment pour moi, mais je suis persuadé que j'ai dans la maison des lecteurs de BD qui aimeront.

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Le chat d'Oran

Publié le par Yv

Le chat d'Oran, Georges Salinas, Mareuil éditions, 2019...,

Oran, 1961, Antoine Delarocha est flic, surnommé Le Chat. Il s'apprête à appréhender Ahmed Benjelloul supposé être l'un des chefs des terroristes qui menacent les intérêts de la France dans ce pays encore occupé. Le Chat est né en Algérie y a fait toute sa carrière, est marié à une Oranaise et ses enfants sont également nés ici. Ce qu'il sent et qu'il combat c'est la volonté des Algériens de devenir indépendants. Lorsqu'il arrête Ahmed, les Algériens du FLN lui en veulent à lui et sa famille. Antoine Delarocha, malgré les menaces et les risques continue son combat pour ce qu'il croit juste.

Polar sur fond de guerre d'Algérie, un thème qui commence à prendre de l'ampleur dans la littérature française, entre 50 et 60 ans après la fin du conflit. Dans ce roman, on suit Antoine Delarocha, pied noir, et donc sa vision des faits. Même s'il n'est pas un jusqu'au-boutiste, qu'il n'aime pas plus l'OAS que le FLN, il est forcément partisan puisque pour lui l'Algérie doit rester française et que les gens comme Ahmed sont des terroristes ; et puis, il est flic et obéit aux ordres. C'est le point de vue d'un pied-noir qui sent qu'il va devoir bientôt quitter ce pays qu'il aime pour un autre qu'il ne connaît pas. C'est forcément une lecture tronquée, on ne lit rien sur la torture, presque rien sur la vie des Algériens considérés comme des terroristes. Jusqu'à quel point, lorsqu'on défend son pays occupé, est-on un terroriste ou un résistant ? Jusqu'à quel point est-on un occupant, un tortionnaire ou un homme qui défend le pays dans lequel il est né, son mode de vie, sa famille menacée ?

Toutes ces questions m'ont accompagné pendant ma lecture de ce  roman policier, écrit par Georges Salinas, ex-chef-adjoint de la BRI, intervenu avec son équipe, notamment au Bataclan et à l'Hyper Cacher.

Pour le reste, eh bien, c'est un roman qui file vite, qui ne laisse pas de temps mort et qui dresse des portraits d'hommes et de femmes en plein doutes quant à leur proche avenir. Si le travail d'Antoine Delarocha lui prend beaucoup de temps, il n'en oublie ni sa femme ni ses garçons qui sont menacés et qui vivent mal la violence quotidienne. Son enquête prend une nouvelle tournure lorsqu'il est question d'un futur terrible attentat qu'il va tout faire pour déjouer. C'est un roman mené tambour battant, qui m'a tenu compagnie pendant un long voyage en train entre Nantes et Clermont-Ferrand, de presque 7 heures de rail, qui sont donc passées vite. Plutôt une bonne surprise.

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Hulot domino

Publié le par Yv

Hulot domino, David Merveille, Le Rouergue, 2019.....

Retour du duo Monsieur Hulot et David Merveille, illustrateur belge dont j'ai parlé pour Hello monsieur Hulot et Monsieur Hulot à la plage, ses deux albums précédents avec le célèbre dégingandé gaffeur du cinéma français. 

Dans cet album absolument somptueux, monsieur Hulot part acheter un livre sur son Solex. Il lui arrivera des bricoles, mais comme il ne s'en rend pas compte, tout va bien. 

Le livre joue avec les formes, les couleurs : les images-devinettes, grâce à la découpe laser font apparaître des belles surprises dès que l'on tourne la page ajourée. C'est poétique, facétieux, très beau. Tout l'univers de Jacques Tati est dans ce livre, à la fois drôle et tendre. Un très bel objet à montrer à tous dès le plus jeune âge, avant de montrer les films de Tati.

Sur le blog de David Merveille, vous pourrez voir toutes son oeuvre qui ne se limite pas à Hulot, accéder aussi à sa boutique, dedans, j'avoue qu'il y a une lithographie qui me plaît bien...

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La folle de la rue Guyale

Publié le par Yv

La folle de la rue Guyale, Michel Bouvier Pôle Nord-Gilles Guillon, 2019.....

Boulogne, 1901, le corps de Jules Coqueret, directeur de la fabrique de plumes, homme bon et apprécié de tous, est découvert au coin d'une rue. Le commissaire Riqueval est sur les lieux, bien décidé à confondre l'assassin. Mais il aura fort à faire entre ses préoccupations familiales -sa fille Sophie veut aller étudier la peinture à Paris-, une veuve abattue, des tables qui tournent, de mystérieuses pièces d'or russes qui circulent, une vieille folle qui prétend savoir qui a tué. Son flegme sera mis à l'épreuve.

Michel Bouvier, je le lis depuis Lambersart-sur-Deuil, paru en 2012 et dernièrement dans L'émasculé du Cran-aux-Œufs , lui aussi chez Pôle Nord, et à chaque fois, je me régale avec son écriture. Cette fois-ci encore, avec ce roman policier édité dans la collection Belle époque, qui est un délice pour les oreilles si l'on lit à voix haute et globalement pour tout le corps et l'esprit. Si j'ôte de mes louanges une double faute (pléonasme p.26 "... les histoires qui vont s'avérer vraies" et oxymore p.289 "... la seule piste que nous avions s'avère fausse."), le reste est succulent. Un roman policier littéraire qui enchaîne les tournures certes parfois désuètes, mais qui collent à l'époque décrite, les imparfaits du subjonctifs qui coulent exquisément, les dialogues et réparties tout en finesse, comme la première rencontre avec la sœur de la veuve :

"- Votre beau-frère était un homme unanimement estimé. N'auriez-vous pas, cependant, pu remarquer quelque chose de moins admirable en lui ? Une faiblesse cachée qui pourrait nous conduire à comprendre que quelqu'un eût pu lui en vouloir jusqu'à souhaiter sa mort ?

- Il y a du mystère en chacun de nous. Mais de ce mystère, c'est justement ce dont les plus proches ne savent souvent rien, sinon, serait-ce un mystère ?" (p.90)

Ah, je me pâme, je me régale, de lire un roman policier à contre courant, qui fait de cette si jolie langue son attrait principal. Et là de me dire que je n'ai parlé que de la belle écriture de Michel Bouvier et point de son intrigue, de son histoire, que dis-je de ses histoires tant il en mêle, pour, là aussi, notre plus grande joie. Sous son air bonhomme, le commissaire Riqueval est une fine mouche qui saura délier les fils parfois très emmêlés des événements, des confessions des uns et des autres. C'est également un homme de son temps qui se pose des questions très actuelles sur la condition féminine, sur la place des femmes dans la société et celle des hommes dans l'éducation des enfants, des filles notamment puisqu'il en a trois avec Albertine. 

Bath roman dans une chouette livrée orangée. Beau travail de cet éditeur nordiste, Pôle Nord-Gilles Guillon.

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Un été d'enfer

Publié le par Yv

Un été d'enfer, Vera Brosgol, Rue de Sèvres, 2019 (traduit par Alice Delarbre et lettrage par Raphaël Hadid).....

Vera à peine dix ans vient d'arriver aux Etats-Unis directement de Russie. Elle a du mal à se faire des amies et aimerait participer à une colonie, un été. Mais loin des vacances de ses copines américaines riches, elle va intégrer un camp de scouts russes. Elle part pour deux semaines avec son petit frère. Et c'est parti pour l'aventure.

Ce qui surprend d'abord dans cette bande dessinée ou roman graphique puisqu'il en prend les codes, notamment dans le format et le nombre de pages, c'est d'abord la couleur dominante : du vert, les autres étant du noir et blanc. C'est étonnant et excellent. Ensuite, cet album qui s'adresse en premier lieu à des ados est lisible et appréciable par tous, puisque moi, qui ai à peine passé cet âge, je me suis régalé. sans doute me suis-je retrouvé dans Vera qui n'est pas très liante, qui aime profiter du calme et des moments où elle est seule et qui ne se sent pas bien en groupe. C'est tout moi. Et pour ce qui est de partir en colonie ou en camp, bon, je n'ose imaginer ma réaction. 

Passons sur ces révélations sur ma légère agoraphobie -additionnée d'une non moins légère claustrophobie- et revenons à Vera qui tentera de survivre pendant ces journées de scouts, qui parfois baissera les bras avant de retenter de se faire des amis. C'est bien fait, on ressent bien toutes les phases par lesquelles elle passe et tous les sentiments qui l'habitent. C'est la simplicité du dessin -la simplicité n'est pas toujours le plus facile à obtenir-, qui fait que l'on s'attarde sur les personnages, sur leurs émotions.

Très belle surprise qu'il serait restrictif de laisser aux ados. Enfants, parents, partagez-vous cette lecture.

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La cage de l'albatros

Publié le par Yv

La cage de l'albatros, Pierre Pouchairet, Palémon, 2019.....

Léanne Vallauri, cheffe de la PJ du Finistère est sur le point d'intercepter une très grosse cargaison de cocaïne, presque une tonne, sur un tuyau de son informateur. Léanne est l'une des trois Brestoises avec Vanessa, psychologue de la police et Elodie médecin-légiste, trio qui s'est enrichi d'une quatrième, Noreen, capitaine de police, sous les ordres de Léanne, devenue la quatrième mousquetaire. Lorsque l'oncle de Noreen, sa seule famille, est retrouvé mort en bas d'une falaise, les trois autres filles la soutiennent et dès que l'une flaire un meurtre plutôt qu'un accident, elles se mettent en ordre de bataille pour trouver l'assassin.

Voilà donc le retour des trois Brestoises, au nombre de quatre cette fois-ci, pour mon plus grand plaisir, après l'excellent Haines. Le prolifique et talentueux Pierre Pouchairet remet donc en scène ses héroïnes bretonnes favorites dans cette enquête encore une fois pas avare en rebondissements. Lorsqu'on croit l'enquête close, il reste encore des pages à tourner avec pas mal de surprises. Dans ce tome, c'est Noreen, la nouvelle venue qui a la vedette et sur laquelle le romancier s'attarde pour nous la faire mieux connaître. Les vies des trois autres filles sont un peu mises entre parenthèses puisqu'elles aident leur amie. 

Cette deuxième aventure est aussi passionnante que la première et tout aussi addictive, difficile de lâcher l'affaire avant la dernière page tournée. Pierre Pouchairet est diabolique qui sait perdre son lecteur dans les multiples impasses, indices à creuser, fausse pistes, chausse-trappes. On ajoute à tout cela quatre filles aux caractères bien trempés, qui n'ont pas de mal à imposer le respect aux hommes qu'elles dirigent ou côtoient, qui n'hésitent pas à les envoyer promener au besoin, une Bretagne toujours aussi belle même lorsqu'il y pleut -rarement, il va sans dire. On met une grosse pincée de dialogues savoureux aux formules parfois expéditives, des portraits plus vrais que nature, un certain réalisme dans les situations -Pierre Pouchairet a été très longtemps flic-, un humour bienvenu et l'on obtient un roman policier excellent. Qui pourrait résister à cette entrée en matière :

"25 ans, 3 mois et 22 jours que Jean-Luc Kernivel est veuf. Les prisonniers comptent les jours d'incarcération, lui, ce sont ceux de sa liberté retrouvée. Il pourrait également quantifier les heures, il se contente d'égrener les jours. Ce compte, qui serait macabre pour certains, est heureux pour lui et a commencé dès le lendemain de la mort de sa femme." (p. 13)

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