Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Articles avec #polar-noir tag

L'île abandonnée

Publié le par Yv

L'île abandonnée, Pierre Pouchairet, Palémon, 2020

La commandant Léanne Vallauri et ses amis sont installés à bord d'un Airbus qui les ramène en France après leurs vacances à New York et qui devrait arriver avant la tempête d'une force peu commun qui est annoncée en France et qui devrait être particulièrement violente en Bretagne.

Avant que l'avion ne décolle les services américains ont de sérieux doutes sur certains passagers qu'ils soupçonnent de vouloir perpétrer un attentat et sans doute faire sauter l'avion au-dessus de Paris provoquant ainsi des milliers de victimes. Les autorités françaises interdisent à l'Airbus le survol de la métropole. Il doit donc se poser à Ouessant, juste avant l'ouragan annoncé. C'est là, dans une ambiance cauchemardesque, que Léanne et ses amis devront tenter de faire la lumière sur les doutes américains.

La série Les trois Brestoises avec Léanne commandant de police, Vanessa psychologue et Élodie médecin-légiste est hautement addictive et cette cinquième aventure n'échappe pas à la règle. Privilégiant cette fois-ci l'action, le rythme et la vitesse, Pierre Pouchairet écrit-là un roman catastrophe très cinématographique, qui change un peu des premiers tomes tout en gardant ce qui en fait le sel. C'est bien parce qu'on ne s'ennuie pas, pas le temps, et que la série ne ronronne pas, comme parfois d'autres le font -pas celles que je lis, d'autres- ; enfin, ça ça m'arrive davantage avec des séries télévisées qui à force de saisons s'épuisent et moi avec. Là, rien de tout cela, c'est fou et lorsque l'on croit que le pire est arrivé, on s'aperçoit quelques lignes plus loin qu'il n'en est rien, puisque l'imagination du romancier pousse les limites. 

Toujours attaché à l'actualité, aux thèmes qui rendent notre société violente : le terrorisme, la peur, la soif de vengeance, l'auto-défense, la haine des flics, ... Pierre Pouchairet construit un polar riche et dense dans lequel il n'hésite pas à mettre en scène les présidents français et ses ministres et leurs homologues étasuniens et notamment le "twitteur compulsif", et c'est très crédible. La vie de ses héroïnes est un peu en retrait, elles n'ont que le temps de penser à l'immédiat, pas à leur avenir. Et dans les circonstances décrites, on les comprend. Vivement la suite de cette série plus qu'excellente...

Voir les commentaires

Nantes Bang ! Bang !

Publié le par Yv

Nantes Bang ! Bang !, Stéphane Pajot, D'Orbestier, 2020

Onze quartiers de Nantes, onze nouvelles. Recueil noir et rock et local. Stéphane Pajot, journaliste à Presse Océan et écrivain, moult fois ici chroniqué fait le tour de la ville qu'il affectionne tant et qu'il connaît par cœur. Parfois, c'est son journaliste fétiche qui est le narrateur, Mathieu Leduc. Parfois, il est absent. Mais toujours la ville est là et ses habitants, ceux de la nuit, ceux qui fréquentent les cafés-concert, les rades où les habitués se rencontrent, les musiciens, les rockeurs...

Chez Stéphane Pajot, tout est élégance et simplicité. Ses personnages ressemblent à ceux qu'on croise tous les jours, sans doute parce qu'ils sont ceux qu'il croise tous les jours : les patrons de bar, les copains, les journalistes, photographes, musiciens... Très attaché à Nantes, il la raconte en détail ce qui ravit le Nantais -ou presque- que je suis et qui ne connaît pas tout et qui ravira ceux qui ne connaissent pas la ville, comme une première visite.

Une petite inclinaison pour Cimetière Saint-Jacques (Nantes sud), parce que d'abord l'histoire me plaît mais aussi parce que c'est le quartier de mon enfance. Pour ne rien cacher, j'avais envisagé d'écrire cette recension en détaillant mes nouvelles préférées, comme je la fais souvent pour les recueils de nouvelles. Mais toutes me plaisent parce qu'elles mettent en scène des gens simples et les relations qui les lient. L'amitié qui fait faire des choses folles. Elles peuvent aussi parler de vengeance, de meurtre, n'oublions pas que c'est du noir. L'alcool et le rock coulent en abondance, n'oublions pas que c'est du noir. Et parfois, elles flirtent avec le "no future", n'oublions pas que c'est du noir.

Si l'on connaît l’œuvre de Stéphane Pajot, on peut reconnaître tel ou tel personnage parce la nouvelle qui lui est consacrée est devenue un roman, et c'est un plaisir que de plonger dans les origines. Si l'on ne connaît pas les livres de Stéphane Pajot... eh bien c'est un tort que l'on peut contredire en lisant ce Nantes Bang ! Bang ! qui bénéficie en outre, d'un couverture superbe.

Voir les commentaires

Les seins des saintes

Publié le par Yv

Les seins des saintes, Christian O. Libens, Weyrich, 2019

Liège, au sein de la librairie Au pendu de Georges, officie un bouquiniste passionné de Simenon et qui a pour patronyme, Georges Simon. Francis Dangé, son ami, flic surnommé Maigret, le visite souvent autour d'un verre de Gigondas. Guibert, leur ami commun se joint à eux, entre deux tags sur des 4x4 qu'il vomit et deux poèmes qu'il écrit.

Pendant que ces trois-là refont le monde, icelui tourne et à Liège, c'est un dévoreur de seins de femmes qui sévit.

Polar atypique, parodique et délicieux. Construit en très couts chapitres alternant les narrateurs : les trois amis chacun leur tour, leurs compagnes, les amis de celles-ci, le tueur. Christian O. Libens procède par ellipse, par allusion et tout s'enchaîne sans aucun problème, tout est clair. Il y est beaucoup questions de seins, c'est un roman "amoureusement sexué" qui fait la part belle aux femmes, à toutes, pas forcément aux filiformes érigées en reines de beauté par les standards, plutôt aux femmes normales, celles qui vivent avec des hommes normaux ni bodybuildés, ni gonflés aux stéroïdes...Et ça fait un bien fou de passer un moment dans un roman avec des gens que l'on peut croiser tous les jours. Profondément humain, ce livre n'en dédaigne pas pour autant une visite de Liège ainsi que moult informations sur la vie et l’œuvre de Georges Simenon. On y entrevoit, brièvement, en clin d’œil, Stanislas Barberian, bouquiniste et héros de Francis Groff (Morts sur la Sambre).

Les héros nommés sont les trois amis, mais celles qui apparaissent le plus et qui feront avancer l'histoire, plus que le flic qui n'enquête pas vraiment ou plus exactement qui n'a rien à se mettre sous la dent, ce sont les femmes : Lysiane, Tina, Scholastique, Vanessa, Indépendance, ... Un polar qui, bien que le tueur ne s'en prenne qu'aux tétons des femmes, est très féministe.

Voir les commentaires

Contes ordinaires d'une société résignée

Publié le par Yv

Contes ordinaires d'une société résignée, Ersin Karabulut, Fluide glacial, (traduit et adapté par Didier Pasamonik) 2018

Recueil de fables, de contes en bande dessinée. C'est drôle, mordant, cruel, noir. Il y est question de la place de la femme dans une société patriarcale dans laquelle c'est l'homme qui doit rapporter l'argent à la maison, d'enfance, des conflits de génération, du chômage, de l'accès à l'instruction, à la culture, de l'apparition de nouveaux virus. Les sociétés de Ersin Karabulut sont dystopiques, utopiques, carrément flippantes et pas vraiment souhaitables. Il pousse le raisonnement et les dérives de nos sociétés actuelles à leur paroxysme : pourquoi sauver un enfant si cette bonne action nuit à sa carrière professionnelle ? Pourquoi ne pas vendre son corps si cela sert la notoriété, posthume certes, mais notoriété tout de même ? Et si la lecture et donc l'ouverture d'esprit, la curiosité devenaient des défauts à combattre ?

Les histoires dérivent vers le fantastique parce qu'en déroulant son raisonnement et en le poussant on arrive à des comportements qui, pour le moment, nous paraissent décalés et très loin des nôtres, mais qu'en sera-t-il dans vingt, trente ou cinquante ans ? C'est une critique sévère, une satire sociale et politique sans voile. C'est diablement bien fait et le graphisme qui peut changer d'une histoire à l'autre augmente le plaisir. Les scénarios sont inventifs et violemment critiques. Ersin Karabulut, que je découvre avec cet album, est un bédéiste de talent.

Voir les commentaires

Le naufrageur de Saint-Gué

Publié le par Yv

Le naufrageur de Saint-Gué, Hervé Huguen, Palémon, 2020

Maître Delijour, vieille amie du commissaire Nazer Baron lui demande de partir à la recherche du fils de son compagnon, disparu depuis plusieurs jours. Le jeune homme, Jérôme a quitté son travail et n'a jamais regagné son appartement de Saint-Guénolé. Son passé tumultueux ne plaide pas en sa faveur. Nazer Baron se rend néanmoins sur place sans grande conviction. Lorsqu'un corps défiguré qui a séjourné plusieurs jours dans l'eau est ramené par un chalutier, la disparition de Jérôme devient plus énigmatique.

Nazer Baron plus mélancolique que jamais dans ce nouvel opus. La saison est finie, les jours d'octobre sont frais, venteux et pluvieux. L'ambiance est grise, froide. Le commissaire n'est pas un joyeux drille et Hervé Huguen n'écrit pas des comédies policières, mais des histoires ancrées dans la réalité -icelle s'inspire d'un faits divers réel- avec des personnages qui ressemblent à nos fréquentations et rencontres quotidiennes.

Nazer Baron est un cérébral qui s'appuie sur le travail de fourmi des gendarmes dans cette enquête. Il déduit, sent, flaire et lorsqu'il parvient à trouver le dernier détail, celui qui lui manquait, son sens de la déduction recolle tous les morceaux et il ne reste plus qu'aux suspects à passer aux aveux confrontés à la réalité de leurs actes.

J'aime beaucoup les romans policiers de Hervé Huguen qui en plus de présenter un personnage attachant, décrivent une région et ses habitants et présentent des intrigues bien tournées et surprenantes. Ils sont lents, prennent le temps d'installer les conditions géographiques, météorologiques, et d'humeur de Baron et sont passionnants et impossibles à lâcher avant la fin. Le tout fait avec élégance et sobriété. Plus j'avance dans sa série avec Nazer Baron, j'en suis à trois, plus je regrette de ne pas l'avoir connu dès le début. A propos de début, voici celui du roman :

"N'était-il pas curieux de se souvenir si longtemps après, et avec une telle précision, d'instants aussi insignifiants ? Il les avait vécus comme des heures sans importance, tellement pareilles aux autres que sa mémoire devrait s'efforcer ensuite d'en reconstituer le fil égaré. Pouvait-il prévoir qu'on lui demanderait de revivre ces moments parce que d'autres, des semaines plus tard, auraient besoin de comprendre ce qu'il faisait dans cet endroit ? Et pourtant, c'était bien ici que tout avait réellement commencé." (p.11)

Voir les commentaires

La grande fugue

Publié le par Yv

La grande fugue, Ziska Larouge, Weyrich, 2019

Les Barrées est un quatuor d'amies : Wanda et Sara-Louise, jumelles, Pierrette et Fanny. Wanda, premier violon est douée et un peu jalousée par ses amies, mais aussi très difficile à vivre, emplie d'angoisses, de visions, de peurs, de violence. A l'issue d'une répétition, l'une des musiciennes est retrouvée morte, son archet planté dans la carotide. La juge d'instruction Victoire Overwinning dépêche son meilleur enquêteur, récemment sorti de convalescence après un tir qui l'a privé de l'usage de ses jambes. C'est donc en fauteuil et en compagnie de Tocard, son chien "un berger allemand prisonnier dans le corps d'un teckel" que Gidéon Monfort mène les investigations.

Il y a dans l'entourage de Gidéon Monfort, des personnages importants. Tocard, son chien héros souvent malgré lui, Pétronille sa fille adolescente qui vit plus ou moins chez lui mais repart chez sa mère à la moindre contrariété et elles sont fréquentes... Victoire Overwinning, la juge d'instruction fantasque et dépuceleuse de Gidéon trois décennies plus tôt, André Mozard inspecteur-collaborateur et ami de Gidéon et Poutrel le commissaire qui ne rêve que de voir Gidéon aux archives. Tout cela fait une équipe sympathique et originale. Le ton du roman est à la comédie et l'on rit souvent, le reste du temps, le sourire est sur les lèvres. Beau rôle est donné également au quatuor de filles.

Lorsqu'on a lu et vu pas mal de polars, il devient difficile d'être surpris par une intrigue, ce qui le plus intéressant c'est le chemin choisi pour arriver au dénouement et les personnages. Si les seconds sont sympathiques et gagnent aisément l'envie de les revoir, le premier est classique et original en même temps.

Ziska Larouge a le don de décrire des personnages décalés, soit exubérants comme la juge, soit coincés comme Mozard, aux antipodes tous les deux et qui s'entendent bien, professionnellement parlant. Si l'on ajoute un teckel qui ne se rend pas bien compte de ses actions héroïques, obnubilé par la nourriture et un enquêteur volontiers ironique à qui personne ne laisse le temps de s'apitoyer sur lui-même, on obtient un roman policier bien agréable qui permet de passer de beaux moments.

Voir les commentaires

Mort d'une bougie

Publié le par Yv

Mort d'une bougie, Valérie Valeix, Palémon, 2020

Audrey Astier, apicultrice, monte à Paris avec son ami l'adjudant-chef à la retraite de la gendarmerie pour faire un reportage sur la prestigieuse institution Cire Marie. A peine leurs bagages posés dans la chambre d'hôte, Audrey se rend à la Cire Marie, y rencontre la célèbre commissaire de police à la retraite Danielle Thierry et ensemble, elles découvrent le corps du directeur de l'établissement, visiblement homicidé.

Les deux femmes, grâce à l'entregent de Lebel parviennent à se faire nommer assistantes du commandant Ségur dans la résolution de cette enquête.

Plus je côtoie Audrey Astier et plus je lui trouve des qualités. Un peu agaçante dans le premier livre que j'ai lu avec elle, elle m'a convaincu dans les suivants dont celui-ci. La bonne idée de Valérie Valeix pour cet opus est d'y présenter un nouveau personnage, une ex-commissaire qui existe réellement, Danielle Thierry, première commissaire de France, qui a écrit la préface et qui est en photo, tout en bas de la couverture. Le duo fonctionne bien, Lebel étant provisoirement hors circuit, entre la civile qui se fie à ses intuitions et la flicque qui si elle ne les nie point, préfère les vrais indices, les aveux, de quoi asseoir la procédure. Ajoutons un commandant de gendarmerie volontiers bougon et très pro, oscillant entre exaspération et admiration pour ses collègues imposées, les hôtes d'Audrey, un couple d'homosexuels perspicaces, accueillants et d'une grande aide à tous points de vue et vous avez entre les mains un roman policier profondément humain. C'est cela qui prime : les liens, les relations humaines. Plus un petit tour au Couvent des Sœurs de la Perpétuelle indulgence sis en plein Paris, et dont je vous laisse découvrir le rôle, encore une fois, humain.

L'intrigue placée dans un monde atypique, un peu borderline tient tout au long des 300 pages sans aucun souci. A tel point qu'à peine refermé, on ne serait pas contre repartir pour une autre enquête avec Audrey. En plus, la prochaine est prévue en Bretagne. Non que je n'aime pas Paris, comme Danielle Thierry, j'aime y marcher quand j'y viens, comme dans les villes en général et Nantes en particulier ; peut-être que la prochaine enquête emmènera Audrey à Nantes en Bretagne comme chacun sait, je veux bien faire le guide.

Voir les commentaires

Morts sur la Sambre

Publié le par Yv

Morts sur la Sambre, Francis Groff, Weyrich, 2019

Stanislas Barberian, bibliophile passionné partage sa vie entre Paris où il tient une boutique de livres anciens et Bruxelles ou vit sa compagne, libraire, Martine. Lors d'une transaction avec le procureur du roi, Oscar Lambermont, autour d'une édition Hetzel de Jules Verne, la discussion et la promenade digestive mènent les deux hommes le long de la Sambre, à l'endroit même où, la veille, un juge d'instruction s'est accidentellement noyé. Accidentellement ? Thèse remise en cause lorsque Stanislas trouve un objet troublant. Bien que le commissaire en charge de l'affaire voie d'un mauvais œil l'irruption d'un civil dans son enquête, Stanislas s'y retrouve mêlé chaque jour davantage.

Très sympathique cette enquête et la naissance de ce personnage atypique appelé à revenir dans d'autres aventures. Roman policier qui sait prendre son temps et décrire lieux et personnages qui ont la part belle. Stanislas s'intéresse d'abord aux gens qu'il rencontre et c'est cela qui lui permet de les faire parler ; il sait les écouter. Et Francis Groff de nous plonger dans le monde glauque des hommes de pouvoir lorsqu'ils ne se refusent rien et profitent de tout et de tous. Ce n'est pas très glorieux, on pourrait croire à une caricature si l'on n'avait jamais entendu parler d'affaires sordides de ce genre.

Très agréable à suivre, ce roman se lit avec plaisir et l'auteur parsème son texte d'humour, de petites piques contre les Français -qui l'ont bien mérité. Édité dans la jaune vif collection Noir Corbeau des éditions belges Weyrich, c'est un roman à conseiller à tous.

Voir les commentaires

Du feu sous la cendre

Publié le par Yv

Du feu sous la cendre, Don Winslow, Harper Collins, 2020 (Belfond, 2002, traduit par Oristelle Bonis)

Jack Wade est l'expert incendie de la compagnie d'assurance La Californienne d'Incendies, celui que l'on envoie sur les feux les plus tordus, ceux pour lesquels le doute entre accident et crime est plus que raisonnable. Aussi lorsqu'une maison emblématique de la côte brûle et qu'à l'intérieur, il y a le corps de la femme d'un homme d'affaires en délicatesse avec icelle, Jack est-il envoyé sur les lieux. Méthodique, pointilleux, il ne se doute pas qu'il met le doigt dans l'engrenage d'une machination de haute volée.

Voilà un thriller ultra documenté, presque trop tant les descriptions des feux, des causes, des investigations pour en découvrir les origines, l'avancée et les conséquences sont détaillées. Loin d'être spécialiste, j'ai appris beaucoup de choses et j'en ai oublié beaucoup également. Les pages consacrées au feu, aux assurances sont un peu longues, mais jamais ennuyeuses ; il y a des écrivains qui parviennent à nous intéresser à des sujets techniques poussés et d'autres dont les livres nous tombent des mains. Don Winslow fait assurément partie de la première catégorie. Les premières pages décrivant Jack Wade faisant ses observations dans la maison sont passionnantes :

"Qui, dans le patois des assureurs, s'appelle "le bien".

Du moins, avant que le sinistre se produise.

Après le sinistre, le bien est rebaptisé "dommage".

Quand le bien devient dommage -quand ce qui risquait d'arriver est arrivé-, Jack intervient." (p. 20)

Et c'est une des forces de l'auteur que de nous passionner avec ce genre de faits. Imaginez que dès qu'il se lance dans son intrigue, hors des propos techniques, il monte encore d'un cran. C'est peu de dire que son roman est formidable, magistral. Tout s'enchaîne fluidement, aidé par un style simple, clair et terriblement efficace, qui sans omettre de baguenauder sur la côte et dans les paysages de Los Angeles, va droit au but. Lorsqu'on pense que l'enquête va se dérouler sans accrocs, hop, un rebondissement survient, puis un retournement de situation, et un autre, si bien que l'on n'ose plus imaginer une fin, laissant le soin à Don Winslow de nous emmener là où il veut.

J'ai découvert cet écrivain il y a quelques années avec Savages, je l'ai relu plusieurs fois (L'heure des gentlemen, Cool, La patrouille de l'aube), l'un des rares auteurs étasuniens qui a eu cet honneur, et j'espère le relire encore et encore... A chaque fois, je me régale, et pourtant, ce sont tous des bouquins qui font 500 pages et plus.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>