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Articles avec #recit tag

Cannonball

Publié le par Yv

Cannonball. L'adolescence n'est pas une chanson douce, Sylvia Hansel, Intervalles, 2020

Cinquante chansons. Une autobiographie en cinquante chansons rock, tel est le résumé de ce livre. Sylvia, née au début des années 80 écoute et lit sur le rock depuis sa pré-adolescence, en total décalage avec ce que les jeunes de l'époque écoutent. Mal dans sa peau, réservée, en délicatesse avec ses parents, elle se réfugie dans la musique, le rock. D'abord le Velvet  Underground et Lou Reed, puis les Rolling Stones, The Who, The Breeders...

Chaque chanson choisie par l'autrice et décrite lui rappelle un moment douloureux ou joyeux de sa vie.

Une quinzaine d'années de plus pour moi et élevé dans la chanson française, à grands coups d'émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, le décalage est grand. Déjà, Cannonball, pour moi, c'est Supertramp... moins rock que The Breeders, autant dire que c'est mal parti entre Sylvia et moi. Fort heureusement, avec le temps, et pour parfaire et surmonter mon handicap-variétés-françaises-des-années-70, j'ai découvert pas mal de groupes dont Syvlia Hansel parle et je les écoute toujours plus ou moins régulièrement. Et surtout, certes, moins rock, j'ai découvert mon Graal, FIP...

La liste est résolument rock, parfois trop pour mon ouïe sensible. Certains groupes m'étaient totalement inconnus ou j'en connaissais le nom mais pas les titres ou vice-versa, ce qui m'a permis de les découvrir, car avec ce genre de livres, on va forcément chercher sur un site d'écoute musicale les morceaux choisis. Si les entrées sont musicales, elles ne sont finalement que le contexte et le prétexte pour parler d'une adolescence compliquée -mais laquelle ne l'est pas-, dans une famille qui implose, des déménagements et éloignements des amies. Une jeune isolée parce que loin des goûts des jeunes de son âge et loin des préoccupations du moment. Décalée donc. La musique est ce qui tient Sylvia, ce qui, dans l'adversité, lui permet de tenir. L'objectif étant d'apprendre la guitare et de monter un groupe. C'est aussi le passage à l'âge dit adulte et l'ouverture à la conscience politique et là, c'est davantage Sylvia qui a un handicap sur moi : propos familiaux beaufs et racistes, réactionnaires auxquels j'ai plus ou moins échappé (bon, il y a toujours un tonton, un cousin ou autre qui cumule ces 3 tares et d'autres encore...)

Sylvia Hansel est cash, directe et se moque aisément des gens qui ont mauvais goût -entendons ceux qui n'ont pas les mêmes qu'elle- sans omettre de se moquer d'elle-même. J'ai commencé ce livre, emballé, puis cinquante chansons, ça fait un peu long et certaines chroniques sont davantage des critiques rock que des bribes de l'adolescence de l'autrice et m'ont moins intéressé. Mais on sent bien tout le pouvoir de la musique, tout ce qu'elle a permis à la jeune fille puis jeune femme de réaliser et de surmonter. Le rock en tant que ressource. Il est aussi un marqueur de la société, il se féminise, aborde des sujets longtemps laissés de côté comme la pression sociale, le rapport de classe, critique les puissants et les décideurs. Le livre de Sylvia Hansel se déguste par petites touches, histoire de bien découvrir en même temps que le texte, la chanson qui l'illustre.

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Bla Bla Car la France et moi

Publié le par Yv

Bla Bla Car la France et moi, Caroline Stevan, Helvetiq, 2020

Caroline Stevan, journaliste franco-suisse habitant en Suisse depuis des années décide de redécouvrir la France et ses habitants en covoiturage. Quinze jours dans différentes voitures, de ville en ville. Une virée et un carnet de voyage inédits.

Quoi de mieux pour connaître un pays que de rencontrer ses habitants ? La France pour les Suisses, c'est un pays de râleurs : "beaucoup ont critiqué leur pays, dans un exercice d'autodénigrement qui me paraît propre à la France, ce coq consterné de ne pas être un paon. [...] Un an après l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, les Français sont déçus de leur Roi-président et fâchés d'avoir cru à ses promesses. Une ritournelle." Mais des râleurs "sympathiques et intéressants, ponctuels et arrangeants".

L'expérience de Caroline Stevan est intéressante, parce qu'elle parle de la diversité de notre pays, de ce que nous sommes aux yeux des étrangers et de ce que nous sommes réellement. Elle n'a de valeur que partielle, l'échantillon de Français rencontrés n'est pas suffisamment représentatif pour être érigé en généralité. Je n'aime les généralisations et il ne me semble pas possible de définir un peuple entier par des qualificatifs ou des traits de caractère. Néanmoins, je reconnais en ces portraits des gens que je connais et un peu de moi itou.

C'est aussi, et ça c'est moins drôle, un catalogue des banlieues des villes avec les mêmes magasins, les mêmes galeries ; c'est une triste constatation lorsqu'on contourne les villes françaises, ces entrées uniformes et moches. "Rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté" chante Dominique A à ce propos.

Et Caroline Stevan en profite pour parler des nouvelles manières de voyager : covoiturage, AirB'n'B, ... tout se fait par smartphone, plus moyen quasiment de se perdre -moi j'y arrive encore, mais j'ai toujours eu le goût des raccourcis qui rallongent... parfois beaucoup. Si on peut reconnaître leurs bienfaits notamment financiers et humains puisque le rapprochement est inévitable, tout n'est pas idéal justement dans ces rapports humains : se fader une Yvonne-sans-gène qui hurle dans son portable à l'arrière de la voiture, des odeurs, de la promiscuité, ...

Les textes de Caroline Stevan sont illustrés par des dessins enfantins signés Dominika Czerniak-Chojnaka. Le tout donne un carnet de voyage plaisant. Entre reportage et étude sociologique.

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Comment j'ai rencontré les poissons

Publié le par Yv

Comment j'ai rencontré les poissons, Ota Pavel, Folio, 2020 (Do, 2016), postface de Mariusz Szczygiel (traduit par Barbora Faure)....

Otto Popper (1930-1973), dit Ota Pavel, est pragois. Son père Leo Popper est un homme fantasque, toujours une bonne idée en tête, de celle qui le rendra riche. Plusieurs fois, grâce à son talent de vendeur, il fut le meilleur vendeur du monde d’aspirateurs et de réfrigérateurs chez Electrolux, et plusieurs fois décoré pour ses faits d'armes, il gagnera beaucoup d'argent, puis le perdra. Mais la passion de Leo, qu'il transmettra à ses trois fils, et surtout à Otto est la pêche. Ils courent ainsi les rivières et les lacs à la recherche de divers poissons, autant pour le plaisir de les pêcher, de les tenir en mains, que de les déguster.

Ce titre, paru en 1971 est le récit de l'enfance d'Ota. Totalement insouciante jusqu'à son adolescence, Leo est tellement charmeur et extravagant qu'il change tout en véritable joie. Puis la guerre survient et le départ des deux grands frères d'Otto vers les camps ainsi que leur père. Herminia, la mère des garçons est chrétienne, mais Leo est juif.

La jeunesse d'Ota fut difficile parce que dans des périodes troublées dans son pays,et contre toute attente, joyeuse. A travers de nombreux courts chapitres, il raconte de manière enjouée, sans nostalgie ce qu'il vécut dans cette famille aimante et pas banale. Il dit aussi les privations de la guerre, le statut de juif, l'occupation nazie, mais il a toujours une pirouette en fin de chapitre pour rendre tout cela moins plombant. "Une lecture physiquement contagieuse, qui produit des bulles de joie sous la peau" à écrit Erri De Luca. J'opine. Il est même surprenant de ne le lire que maintenant, paru une première fois en France en 2016 aux éditions Do et donc en 2020 chez Folio. Deux phrases résument assez bien Leo, suite à une idée farfelue : "Notre maman déclara que seul papa pouvait inventer une connerie pareille, mais papa n'en tint aucun compte. Lorsque j'y repense aujourd'hui, je dois donner raison à papa, ce fut spécial et magnifique." (p. 187)

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Puisque voici l'aurore

Publié le par Yv

Puisque voici l'aurore, Annie Cohen, Des femmes-Antoinette Fouque, 2020...

Annie Cohen se débat contre sa bipolarité. Elle oscille entre découragements et envies. Elle garde sa chambre, est parfois internée à Sainte Anne. C'est son mari cinéaste, qu'elle suit à Nancy lorsqu'il a besoin de filmer et monter son film là-bas, qui s'occupe de tout. Proche, aimant, patient.

L'autrice se plonge dans son histoire, dans son passé, dans son judaïsme, tentant de garder pied dans la réalité, dans le monde actuel.

Puisque voici l'aurore est son journal, mais un journal qui n'est pas daté et dont on ne sait pas si les propos sont tenus et reportés chronologiquement.

Ce n'est pas très évident à lire pour un lecteur comme moi, assez basique, qui, finalement, aime bien un début, un développement et une fin. Ça me perturbe un peu, et parfois ça ne ma plaît pas, notamment la question du judaïsme qui ne m'intéresse pas du tout. Mais, d'autres pages sont vraiment très belles, sur l'amour qu'elle et son mari se portent, sur la maladie, la dépression qui la gagne, sur le vieillissement :

"Le handicap est flagrant, je ne me souviens plus de ce que j'ai écrit, j'avance en hurlant des phrases comme sous les eaux de la piscine. Je hurle ce qui ne se dit pas, dans un brouillamini de mots, de textes déconstruits, perdus, respirer un peu. Et replonger pour appréhender l'avenir qui n'est que des cris poussés en forêt, la nuit. J'ai perdu le fil, en fait, je n'ai jamais de fil, je construis un ouvrage abstrait." (p. 39/40)

Lorsque je suis tombé sur cette dernière partie de phrase, je le suis dit, c'est cela, c'est exactement cela, ce livre est un livre abstrait. Dès lors, sa lecture en devient plus aisée, car, je ne cherche plus à le comprendre au mot à mot, mais à me laisser porter et à en retirer des sensations, des impressions. N'y voir parfois que des formes, qui peuvent faire penser à de la réalité. Parfois se raccrocher à des concepts, des idées et d'autres fois se laisser aller.

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Guerriers de l'enfer

Publié le par Yv

Guerriers de l'enfer. Ils sont venus de Harlem se battre à nos côtés, J. Patrick Lewis, Gary Kelley, Éditions  des éléphants, 2019 (traduit par Fenn Troller).....

Avril 1917, après beaucoup d'hésitations, les États-Unis entrent dans la guerre. 350 000 soldats noirs américains souvent ignorés sont mobilisés et parmi eux, une unité venue de Harlem et vite surnommée les Harlem Hellfighters par les Allemands pour leur ténacité. James Reese Europe est l'un de ses combattants, un musicien, pionnier du jazz et du ragtime qui sera une véritable ressource pour les Hellfighters leur permettant de supporter des conditions terribles. James Reese Europe jouera les premiers morceaux de jazz en Europe, à Brest ; il donnera le premier vrai concert de jazz en tant que tel au théâtre Graslin de Nantes en février 1918.

Je savais que Nantes avait une histoire forte avec le jazz, mais je n'en connaissais pas les raisons : tout n'est pas expliqué dans cet album, mais il pousse à la recherche d'informations sur les Harlem Hellfighters et sur J. Reese Europe. J. Patrick Lewis est le scénariste. Poète et auteur de pas mal de livres pour enfant. Gary Kelley est illustrateur. Ce n'est pas une bande dessinée à proprement parler, les dessins sont muets, des cases de textes sont intercalées entre iceux pour les expliquer et raconter l'Histoire. Le texte est découpé en petits chapitres résumés qui, comme je l'écris plus haut, donnent envie d'aller plus loin, mais on peut aussi s'en contenter ; il lève le voile sur l’histoire des soldats noirs américains de la Première Guerre Mondiale. Les illustrations sont superbes -voyez déjà la couverture.

Le tout est un album vraiment excellent à mettre entre toutes les mains dès 12/13 ans. Il pourra être source d'interrogations pour certains enfants, ce sera aussi l'occasion de parler de tolérance, d'égalité entre les Hommes et de musique, ce qui est parfois très compliqué avec des ados...

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Le ballet des retardataires. Tokyo, tambours et tremblements

Publié le par Yv

Le ballet des retardataires. Tokyo, tambours et tremblements, Maïa Aboueleze, Intervalles, 2019....,

Maïa, une jeune française vivant en Belgique reçoit une bourse pour aller étudier le taïko au Japon. Le taïko, c'est ce gros tambour traditionnel japonais qu'on ne peut pratiquer qu'après une initiation rigoureuse. La jeune femme est une des rares Européennes à entrer dans ce monde très fermé du taïko. Elle fait là également son premier voyage et se retrouve dans un pays très différent, aux règles très strictes aux yeux d'Occidentaux et dans lequel il vaut mieux parler la langue, ce qui n'est pas le cas de Maïa.

Ce livre est le récit de l'initiation au taïko de Maïa Aboueleze, puisque c'est bien d'elle dont il est question, boursière pour aller étudier cet art traditionnel japonais. C'est étrange comme le récit d'une histoire qui m'est totalement étrangère tant mes centres d'intérêts sont éloignés du Japon et de ses tambours, peut me plaire à ce point. Sans doute le ton adopté par l'auteure favorise-t-il cela ? Pas mal d'humour, de l'auto-dérision, une description précise de ses ressentis pendant ce séjour dans un pays où tout est très différent du nôtre. Le Japon est assez refermé sur lui-même, les Japonais ne parlent quasiment que japonais d'où une difficulté de communication car Maïa parle français et anglais. Le métro est une expérience presque traumatisante : "Je laisse derrière moi mes professeurs, entre dans le métro, me fais happer par la masse et traverse Tokyo, coincée entre un sein, un sac et une poussette. L'enfant dedans peut-il encore respirer ? Il ne dit rien. La masse sort, entre. Une fillette s'effondre." (p. 82)

Le style est haché parfois, tant qu'on peut presque ressentir les vibrations des taïkos, les douleurs musculaires de Maïa. L'apprentissage est long et ardu, éprouvant et le maître strict. Tout cela est très bien exprimé. Ce court récit se lit rapidement. La découverte d'un pays et de ses coutumes, de ses habitants et de la difficulté de se lier à eux, d'une tradition pas banale, le taïko. La différence est telle avec nos modes de vie, que le livre de Maïa Aboueleze exerce une certaine attirance voire une attirance certaine.

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Bilan 2018

Publié le par Yv

Traditionnel bilan de fin d'année. Moins de coups de coeur cette année, sans doute par plus d'exigence ou moins d'emballements, la sagesse vient en lisant... Très réducteur sûrement car j'ai aimé beaucoup d'autres livres que j'ai recensés. Voici les plus marquants :

- Les choses, Georges Perec, chez 10/18. Pas une nouveauté, mais du Perec, c'est forcément bon.

- Le dernier rêve de la raison, Dmitri Lipskerov, chez Agullo. Barré, délirant.

- Un océan d'amour, Lupano et Panaccione, chez Delcourt. Une BD muette, profondément humaine.

- Tuez-les tous... mais pas ici, Pierre Pouchairet, chez Plon. Polar au coeur des réseaux terroristes syriens. 

- Vies volées, Matz et Mayalen Goutz, chez Rue de Sèvres. Une BD superbe sur les enfants disparus d'Argentine.

- Prenez soin d'elle, Ella Balaert, chez Des femmes-Antoinette Fouque. Un roman profond d'une beauté rare.

- Quichotte, autoportrait chevaleresque, Eric Pessan, chez Fayard. Un livre inclassable qui prend le prétexte de Quichotte pour interroger la société contemporaine.

- Le rêve armoricain, Stéphane Pajot, chez D'Orbestier. Un polar finement construit mêlant archives nantaises et présent.

- Edmond, Léonard Chemineau, chez Rue de Sèvres. La pièce d'Alexis Michalik superbement bédéisée. 

- Le pèlerinage, Tiit Aleksejev, chez Intervalles. Le roman de la première croisade à la fin du XIème siècle. Aventures garanties. 

- Le goût de la viande, Gildas Guyot, chez In8. Un premier roman noir, très noir.

 

Bonnes fêtes, je reviens en janvier

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Une vie en l'air

Publié le par Yv

Une vie en l'air, Philippe Vasset, Fayard, 2018...,

Philippe Vasset grandit dans la région orléanaise, région qui vit aussi la naissance de l'aérotrain de Jean Bertin. Cet engin, censé être le train rapide du futur ne connut jamais le succès, mais les infrastructures, gros blocs de béton, monorails et terrasses elles aussi en béton restèrent, faisant la joie des jeunes des alentours, des amours qui avaient besoin de se cacher et des solitaires comme Philippe Vasset qui aimait passer du temps sur la terrasse, en hauteur. C'est sa relation avec l'aérotrain et surtout avec ses vestiges que l'auteur raconte dans ce livre.

Le moins qu'on puisse dire c'est que l'on n'est pas dans un livre maintes fois lu. Original, d'abord parce que c'est l'histoire de l'auteur, ensuite parce qu'il parle d'un projet fou et inventif qui ne fut jamais exploité et d'une relation forte entre l'enfant puis l'homme et la machine et surtout l'infrastructure qui permit à icelle d'être testée. L'homme qui se définit lui-même comme "Toxicomane de l'aérotrain" n'aura de cesse de le mettre en avant, de sauver ce qui reste, allant jusqu'à tenter de s'approprier la terrasse sur laquelle il passait de longues heures.

Plus globalement, Philippe Vasset parle d'aménagement du territoire, d'urbanisation, de sauvetage des sites industriels qui n'ont pas toujours la côte contrairement aux sites historiques, et pourtant on peut faire des choses très bien avec ce genre de lieux (cf. le Hangar à bananes de Nantes et tout le site des Machines de l'île).

Il parle aussi de lui et de cette étrange attrait pour l'aérotrain : "Toxicomane de l'aérotrain, j'essayai de tempérer mon addiction par d'autres substances. J'entamai une collection de routes abandonnées, pour voir si elles me procuraient des sensations aussi fortes que le viaduc de Jean Bertin" (p.134) et des dérivés qu'il va chercher un peu partout, des routes abandonnées, des immeubles vides, ...

Très bien écrit, on ne s'ennuie pas grâce à une construction en quatre parties, inégales en nombres de pages mais qui allègent le propos. Voici un récit pas banal, qui, semble dans la veine de ce qu'écrit Philippe Vasset, puisque son Journal intime d'un marchand de canon était déjà très bon.

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Le pays d'où l'on ne revient jamais

Publié le par Yv

Le pays d'où l'on ne revient jamais, Julien Thèves, Christophe Lucquin, 2018...,

Le narrateur revient à H. la ville dans laquelle il a grandi, dans le Pays Basque. Il égrène les souvenirs d'une enfance pas très heureuse dans cette petite ville dont il n'est pas originaire. Entre des parents qui semblent unis et qui se sépareront quelques années plus tard, un petit frère peu bavard contrairement à lui et le sentiment de n'être jamais à sa place. Le pays d'où l'on ne revient jamais, c'est l'enfance, celle qu'évidemment jamais aucun de nous ne revivra. 

J'ai été assez dérouté par la première partie, par sa forme faite de répétitions de bouts de phrases, comme certains poèmes, mais sans forcément retrouver la grâce d'iceux. Et puis, arrive la deuxième partie, plus linéaire qui explique  les pages précédentes et permet de se situer dans ce récit. Puis les parties qui suivent continuent sur le même mouvement. C'est donc plutôt circonspect que j'ai débuté ce livre qui m'a gardé les bonnes surprises sur la fin.

L'enfance du narrateur ne fut pas joyeuse, malgré certains moments de partage avec d'autres enfants. Le déracinement, le fait de n'être pas d'ici, qu'il ressent fortement dans les discours et les actes des autres, la séparation des parents, la ville qu'il n'aime pas. Le ton est mélancolique, nostalgique. Les souvenirs sont faits de faits réels mais aussi de choses racontées, imaginées et c'est ce mélange dont parle Julien Thèves. On sent une tristesse chez l'homme qui raconte son enfance et chez ses parents. C'est beau, un peu plombant, mais heureusement ce n'est pas un pavé. 

Une belle écriture qui joue sur les répétitions, sur les ruptures temporelles et dans l'enchaînement des faits, d'où les répétitions pour se resituer. On peut ne pas aimer. C'est un style particulier qui change des productions courantes. Un conseil : tester pour se faire sa propre idée.

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