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Antigone

Publié le par Yv

Antigone, Henry Bauchau, Ed. Actes sud, 1997


Faute de trouver à ma bibliothèque Le boulevard périphérique, d'Henry Bauchau dont on m'a dit le plus grand bien, je me suis rabattu sur son Antigone, avec un doute brûlant : allait-il me plaire, moi qui ne suis pas du tout branché mythologie ? Eh bien, non, je n'ai pas réussi à "entrer" dans ce livre, sûrement très bien par ailleurs. Les noms des personnages, les liens évidents avec la mythologie, domaine dans lequel j'avoue mon incompétence et mon désintérêt les plus totaux, m'ont rebuté. Néanmoins, je lirai du Bauchau, histoire de me faire une opinion sur un sujet qui me siéra. J'ai ouï le plus grand bien de L'enfant bleu et de : Le boulevard périphérique (prix inter 2008) et je me dirigerai volontiers vers l'un des deux.

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Confidences à Allah

Publié le par Yv

Confidences à Allah, Saphia Azzeddine, Ed. Léo Scheer, 2008


Jbara est une bergère pauvre des montagnes du Maghreb, vivant entre une mère effacée et un père violent. Elle s'ennuie et parle à Allah pour tromper cet ennui. Elle lui raconte sa vie et ses désirs.
C'est un roman court (145 pages), écrit à la première personne, qui témoigne de l'oppression des femmes, de la pauvreté, de religion. Le style est direct, violent parfois, rapide ; en cela à lui seul, il décrit assez bien Jbara. Le livre se lit vite, il peut déranger par le vocabulaire très direct et parfois vulgaire.
J'ai plutôt aimé ce livre, même si je trouve qu'il surfe un peu sur la mode des romans dits "trash", par son style : tournure de phrases et vocabulaire, mais le message qu'il délivre est tellement fort qu'il permet de passer outre cette petite réserve.

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Diario Mali

Publié le par Yv

Diario Mali, Ludovico Einaudi et Ballaké Sissoko, 2006

Ludovico Einaudi est un pianiste soliste italien, Ballaké Sissoko est un musicien malien, usant de la kora (sorte de guitare africaine). Ils se sont rencontrés à l'ombre d'un arbre, en Afrique et ont dialogué à l'aide de leurs instruments respectifs. Ce disque regorge de belles mélodies à écouter paisiblement. L'heureux mélange (Einaudi et Sissoko utilisent le mot "dialogue") piano/kora est particulièrement harmonieux. Si l'adage annonce que la musique adoucit les mœurs, il a sûrement été proféré par une personne ayant écouté ce CD !

 

 

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Vers le sud

Publié le par Yv

Vers le sud, Dany Laferrière, Grasset,  2006


Vers le sud est un roman constitué de plusieurs histoires qui s’entremêlent et se croisent. Des Américains et Européens qui viennent en Haïti, y découvrent les habitant(e)s et tombent sous leurs charmes. Laferrière peint une société haïtienne dans laquelle le sexe est une monnaie d'échange : la jeunesse d'Haïti (garçons et filles) n'hésite pas à se prostituer pour des hommes ou des femmes blancs qui ne peuvent résister à l'attrait des corps jeunes et noirs.
Roman qui m'a un peu déçu : j'avais entendu Dany Laferrière parler à la radio et j'envisageais autre chose. Je le vois comme une juxtaposition d'histoires de femmes vers la cinquantaine succombant au plaisir physique avec de jeunes noirs, mais pas grand chose de plus. L'auteur aborde bien sûr la pauvreté matérielle des Haïtiens, comparée à la richesse des Occidentaux, vivant entre eux, presque "ghettoisés". Il l'oppose à la richesse individuelle et personnelle de chaque Haïtien, qui sait profiter de la vie avec le peu qu'il possède, et notamment son corps et sa sensualité. La lecture n'est pas désagréable, loin s'en faut, mais elle ne me laissera pas un souvenir indélébile.

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La maison ne fait plus crédit

Publié le par Yv

La maison ne fait plus crédit, Jean-Yves Cendrey, Ed. de l'olivier, 2008


Troisième livre du cycle autobiographique de J-Y Cendrey. J'ai lu les deux précédents : Les jouets vivants, dans lequel Cendrey raconte, dans une lettre à son père, comment celui-ci l'a frappé et humilié, et dans une seconde partie comment il a conduit à la gendarmerie, un instituteur pédophile, sévissant depuis des années dans le village qu'il habite. Ensuite, dans Les jouissances du remords, il fait parler Mickey, qui raconte l'adolescence de Cendrey. Dans La maison ne fait plus crédit, c'est un autre narrateur qui s'exprime : l'amant de sa mère. Tout débute comme l'histoire de deux personnes paumées, elle mariée à un alcoolique violent et lui, marié à une malade en perpétuelle agonie. On se prend à avoir une certaine pitié pour ces deux-là, jusqu'à ce que Cendrey règle ses compte avec la "manman" : " t'as jamais protégé tes gosses de ton putain de mari, de sa démence, de sa brutalité folle ! Non, toi, tu t'es toujours défaussée, et puis tu t'es trouvé un rigolo pour rigoler à côté, et comme ça t'es peinarde !"
Dans les deux premiers livres, le style est dur, haché, direct et violent. On sent dans le dernier, à part les passages où Cendrey règle ses comptes avec sa mère, que le style est relativement  plus apaisé (les phrases sont plus longues), comme si l'auteur avait profité des ses livres pour retrouver un certain calme. J'ai aimé ces livres, toutefois, il vaut mieux avoir bon moral avant de les entamer, car l'ambiance n'y est pas franchement à la rigolade
!

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La robe

Publié le par Yv

La robe, Robert Alexis, José Corti, 2006


L'histoire se déroule dans un pays qui n'est pas clairement cité, probablement en Europe de l'est, à une époque floue entre XIXe et XXe siècles. Nous suivons un jeune officier qui tombe amoureux d'une Italienne mystérieuse et troublante, Rosetta . Cette dernière l'entraîne dans une villa où se jouent de curieux rituels sexuels dont son père est l'instigateur. Au centre du texte apparaît bientôt une robe rouge, aux dimensions étonnantes, objet plein d'une histoire incroyable pendu derrière la vitrine d'un vieux tailleur.
La robe est un petit roman dense. Très belle écriture, très agréable à lire, beaucoup de passages vraiment beaux. L'histoire monte en puissance pendant tout le roman. Elle est originale, envoûtante et... très troublante. A conseiller !
PS : Robert Alexis a écrit un an après un autre très beau roman : La véranda, également aux très belles éditions José Corti.

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Casse-pipe

Publié le par Yv

Casse-pipe, Céline, Gallimard, 1952


Autant j'avais beaucoup aimé Le voyage au bout de la nuit du même Céline, autant là, je n'ai pas aimé du tout : je ne suis pas allé jusqu'au bout. C'est l'histoire de Céline lui-même arrivant, à 17 ans, à l'armée. Il venait de s'engager. Lorsqu'il raconte, ça va, mais dès qu'il fait dialoguer les personnages, c'est incompréhensible ! Trop de mots d'argot que je ne comprends pas ; il est vrai que je ne suis pas non plus familiarisé avec le langage militaire, fut-il chatié, alors en argot...
Franchement, lisez Le voyage au bout de la nuit, mais vous pouvez éviter Casse-pipe.

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La femme qui attendait

Publié le par Yv

La femme qui attendait, Andreï Makine, Ed. Le Seuil, 2004
 
Au milieu des années 70, un jeune homme venu de Leningrad s’installe à Mirnoïé, sur les bords de la mer Blanche, afin d'étudier pour sa thèse les coutumes et traditions de ce village. Là, depuis la guerre, le temps semble s’être arrêté. Un jour, le narrateur remarque une belle femme de 40 ans tirer des filets au bord du lac. Encore belle, institutrice dans un village voisin, Véra semble avoir consacré sa vie à l’attente, celle du retour de son fiancé parti au front trente ans auparavant et dont elle n’a jamais reçu aucune nouvelle. Au fur et à mesure que le récit se déroule, qu’un lien intime se tisse entre le narrateur et Véra, un charme particulier opère et se diffuse, et pourtant, ces deux-là ne se disent quasiment rien. 
J'ai lu ce livre, il y a quelques mois, et toujours me reste cette histoire en tête. Andreï Makine a l'art des belles phrases qui disent l'essentiel, tout simplement. C'est un roman lent, très beau. Excellent, c'est tout !

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Même le mal se fait bien

Publié le par Yv

Même le mal se fait bien, Michel Folco, Stock, 2007

C'est le premier livre de Michel Folco que je lis, même si j'ai appris que celui-ci fait partie d'une suite (3 volumes écrits auparavant). Le gros avantage, c'est qu'on peut lire Même le mal se fait bien, sans avoir lu les autres et sans être perdu. Marcello Tricotin, descendant de Charlemagne Tricotin (dont l'histoire est racontée dans les volumes précédents), est un paisible et couard maître d'école, dans le Piémont. Suite au décès de son père, il doit, pour hériter retrouver son demi-frère Aloïs. Cette recherche va l'entraîner dans l'Italie et l'Autriche du début du siècle dernier. Il y vivra des aventures et mésaventures diverses, toutes aussi folles les unes que les autres, rencontrera entre autres, Sigmund Freud, sera foudroyé, interné, vivra dans un lupanar en tant que propriétaire, ...
Michel Folco a de l'imagination, c'est le moins que l'on puisse dire ! Ou alors, il est fou, tellement son livre va vite et les mésaventures de Marcello s'enchaînent rapidement. Ce gros livre (environ 600 pages) ne laisse pas de temps mort. Cependant, je suis assez partagé entre un réel plaisir à voir évoluer les personnages, et une réserve sur l'écriture, qui, si elle est plutôt agréable, tombe parfois dans la facilité. Certains passages sont aussi bien longs -je les ai d'ailleurs passés sans état d'âme, même si je n'aime pas trop cela !. D'autres, des onomatopées représentant par exemple des cris d'animaux, écrits en italique et entre parenthèses alourdissent le livre. Malgré cela, je pourrais conseiller la lecture de ce livre ; personnellement, j'hésite encore quant à la lecture des autres romans de Folco, mais je crois que je vais me laisser tenter dans quelques temps. Pour les vacances, par exemple, ça me semble tout à fait la lecture adéquate ...

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