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La formule du désir

Publié le par Yv

La formule du désir, Lucy Vincent, Albin Michel, 2009
Lisa, neurobiologiste étasunienne et francophile convaincue se marie à un Français et débarque à Paris dans un laboratoire pour continuer ses recherches sur l'amour et ses mystères. Quelques années plus tard, et forte de réussites dans le domaine, elle ouvre un cabinet de conseil aux couples en crise.
Ce roman est écrit par une neurobiologiste des Etats-Unis, vivant à Paris et chercheuse au CNRS sur ...l'amour. Jusqu'ici, Lucy Vincent avait écrit un essai intitulé Comment devient on amoureux ?  sur le coup de foudre. 
Dans le roman La formule du désir, elle se sert bien sûr de ses expériences et des résultats pour la partie scientifique : le rôle essentiel et primordial des phéromones dans la rencontre amoureuse et d'autres hormones pour susciter le désir. On peut se perdre parfois dans le nom de toutes les hormones responsables de notre attirance ou de notre répulsion pour tel(le) ou tel(le), mais on retrouve le fil de la narration assez aisément. Le livre est plaisant, divertissant et bien documenté évidemment. Malgré l'aspect scientifique très présent, ce roman est plutôt léger (dans ce cas, c'est un compliment !) et Lisa, l'héroïne, voit ses certitudes de scientifique quelque peu chamboulées par des événements extérieurs non prévus par elle : comme quoi, la science, si elle démontre pas mal de choses ne peut pas tout expliquer. De l'humilité de la part d'une scientifique, je prends !

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Les brumes du passé

Publié le par Yv

Les brumes du passé, Leonardo Padura, Ed. Métailié noir, 2006
Cuba, été 2003, Mario Conde, dit le Conde, vit en achetant et vendant des livres anciens. Ancien policier -il a démissionné une douzaine d'années plus tôt-, il traque les bonnes affaires des Cubains obligés de vendre leurs livres pour pouvoir manger. C'est en visitant une bibliothèque extraordinaire qu'il va découvrir, des livres précieux, certes, mais aussi une mystérieuse voix de femme qui va littéralement l'envoûter et qui l'amènera à découvrir les bas-fonds de La Havane.
Ce roman commence comme une histoire tranquille et l'on se demande même pourquoi il est qualifié de "noir". Et puis, doucement, l'histoire et les personnages basculent dans le sombre et le policier. Leonardo Padura écrit dans une langue très colorée, haute en couleur. Il utilise beaucoup d'images dans de longues phrases donnant un ton très personnel et très agréable à son style et la sensation de lire un vrai auteur cultivé et documenté. Elles suivent ou impriment la lenteur et la distance nécessaires au Conde pour entrer dans l'histoire et raisonner correctement. Les dialogues ne sont pas en reste et les personnages, aussi bien le Conde, que ses acolytes moins exposés, sont bien décrits et assez forts pour tenir tout au long de cette histoire pleine de rebondissements et de découvertes. L'auteur oscille  habilement entre le roman noir et un livre plus "mélancolique sur la perte des illusions, l'amour des livres, de la culture ..." (4ème de couverture). Il n'est pas exempt non plus du constat de la déchéance de La Havane et de Cuba et de la désillusion des habitants obligés à moult bassesses pour simplement manger et la résignation des gens aimant la culture qui constatent la quasi disparition de celle-ci de cette île qui fut pourtant un terreau fertile pour la musique et l'écriture. En cela, on peut rapprocher Padura des Mankell et autres écrivains de polars ou romans noirs ne se contentant pas de raconter une bonne histoire, mais y ajoutant une réflexion sociétale ou politique ; de quoi lire avec plaisir en s'instruisant !
Je ne connaissais pas Leonardo Padura, ni son personnage Mario Conde, et étais très peu au fait de la vie à Cuba : je lui sais gré de m'avoir un peu ouvert les yeux sur son île natale et j'avoue avoir très envie de retrouver le Conde dans d'autres aventures : je me suis laissé dire d'ailleurs que L. Padura avait écrit d'autres livres avant celui-ci avec comme héros l'inspecteur Mario Conde, du temps où il était encore policier.

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Le retour du professeur de danse

Publié le par Yv

Le retour du professeur de danse, Henning Mankell, Seuil, 2006 
Début de l'hiver dans le nord de la Suède, Herbert Molin, policier à la retraite, retiré dans cette région est sauvagement torturé et assassiné. Stefan Lindman, policier à l'autre bout du pays et ancien collègue de Molin vient d'apprendre ce meurtre et une autre mauvaise nouvelle : il est atteint d'un cancer et doit commencer les traitements dans quelques semaines. Pour tromper son angoisse, il monte dans le nord et s'intéresse de près au meurtre d'Herbert Molin.
Roman policier d'Henning Mankell, mais sans le commissaire Wallander. Stefan Lindman apparaît ici pour la première fois et apparaîtra ensuite, au gré d'une mutation comme collègue de Kurt et Linda Wallander (cf. Avant le gel). Mankell n'a pas besoin de son héros fétiche pour nous tenir en haleine : il y réussit très bien avec des personnages inconnus. L'histoire est glauque, sinistre et fait appel à un passé peu glorieux de la Suède : la seconde guerre mondiale. On a coutume de dire que ce pays a été neutre. Certes ! Mais l'idéologie nazie a pénétré les Suédois et certains d'entre eux -assez nombreux aux dires de l'auteur, sûrement bien renseigné- se sont laissés séduire pas les thèses de Hitler. Certains Suédois se sont même engagés volontairement dans la Wehrmacht. Henning Mankell qui dénonce régulièrement les dérives de la société occidentale et notamment celles de la Suède, s'en donne ici à coeur joie -si je puis m'exprimer ainsi ! Cependant, il n'est pas lourd ou moralisateur : il met en face des personnages aux vies différentes qui s'affrontent idéologiquement en plus de s'affronter dans l'enquête policière en tant que policiers et suspects. Mais Mankell ne se contente pas de dénoncer le passé de la Suède, il est persuadé que cette idéologie passéiste, d'un autre temps est toujours présente dans son pays, pour son plus grand dégoût.
Stefan Lindman n'a pas la carrure d'un Wallander, mais ce roman est un excellent roman policier, peut-être même meilleur que certains avec Wallander, parce qu'on est moins "dérangé" par les "à-côtés" liés à Wallander, commissaire récurrent, et à son évolution au fil des livres. Mais bon, ce sont de bien minuscules dérangements. Et en plus, on en redemande !

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Happy hand

Publié le par Yv

Happy hand, Guillaume Laurant, Seuil, 2006 (143 p)
Naoufel -dit Nafnaf-est un jeune Marocain, né de parents professeurs de littérature française, lui ayant enseigné un français de salon, un rien désuet. Lorsqu'il arrive en France, vers 12 ans, il devient cancre pour éviter les quolibets de ses camarades de classe -il ne les évitera d'ailleurs pas !. Ses parents meurent accidentellement. Nafnaf se retrouve d'abord chez un oncle -le furoncle Sam-, et tombe amoureux de sa belle cousine Shéhérazade, mais se met à dos son cousin Abderraouf, futur chef de bande. Nafnaf, par accident perd sa main qu'on ne peut lui greffer. Celle-ci prend alors son indépendance et raconte ses aventures en parallèle avec celles de Nafnaf manchot.
Guillaume Laurant livre un roman très drôle, truffé de jeux de mots, certes, pas tous hilarants, mais donnant le ton burlesque au livre. C'est plaisant, original -je n'avais encore jamais lu les aventures d'une main vivant seule, sans corps pour l'accompagner !- et sans rire à gorge déployée, on sourit tout au long de la lecture. Le personnage de loser ou d'anti-héros, comme on dit parfois, est pathétique à souhait ; le gros dur est méchant comme il faut ; la cousine Shéhérazade est simplement perverse et arrivera bien sûr la belle jeune fille, la princesse. Attention, cependant à elle et à ce qui peut arriver, car rien dans ce livre n'a rapport aux contes de fées.
Un avis assez ressemblant chez Ys : j'ai lu Happy hand après avoir parcouru son article.

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Avant le gel

Publié le par Yv

Avant le gel, Henning Mankell, Seuil points, 2005
Kurt Wallander, de la police de la ville d'Ystad, Suède, est sur une nouvelle enquête : des animaux immolés par le feu, une tête et des mains de femme retrouvées au fond d'une cabane près d'une bible griffonnée. En même temps, sa fille, Linda prépare son entrée dans la police d'Ystad et s'inquiète de la disparition d'une de ses amies : elle se lance dans une enquête au grand dam de son père.
Je continue ma série Mankell, mais cette fois-ci, je renoue, pour mon plus grand bonheur aux enquêtes de Kurt Wallander. Celle-ci ne déroge pas à la règle des autres : meurtres horribles, police qui part dans tous les sens ne négligeant aucune piste, et le commissaire Wallander qui resserre les boulons en cours et en fin d'enquête pour arriver au dénouement. Seulement, apparaissent de nouveaux personnages. A tout seigneur tout honneur, d'abord Linda Wallander qui fait ici sa première apparition en tant que future policière -je crois qu'elle sera ensuite dans les autres enquêtes mais celles-ci ne sont pas encore traduites ; une sorte de passage de relais entre le père et la fille-, et ensuite, Stefan Lindman qui arrive dans la police d'Ystad après avoir été l'enquêteur principal d'un autre livre de Mankell (cf. Le retour du professeur de danse).
Avant que Linda ne soit dans la police, les rapports entre père et fille n'étaient pas toujours faciles : ils le sont encore moins. Il faut dire que Wallander est un personnage haut en couleurs : pas loin de la retraite, il perd ses cheveux, grossit, et est colérique, entre autres qualités ! Et Linda n'a pas l'air mal non plus !
Autant dire que j'ai aimé, comme les autres enquêtes menées par la police d'Ystad et que j'attends avec impatience la traduction des dernières. J'avoue mon manque d'objectivité, mais que voulez-vous, j'ai un gros faible -en tout bien tout honneur- pour le commissaire Kurt Wallander que je trouve être le plus intéressant des enquêteurs actuels.

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Le fils du vent

Publié le par Yv

Le fils du vent, Henning Mankell, Ed. Seuil, 2004
Fin 19ème siècle, Hans Bengler est un jeune entomologiste qui rêve de trouver l'insecte rare, non encore décrit, qui lui apportera reconnaissance et richesse. Il part dans le désert du Kalahari, découvre un enfant orphelin bochiman, le prénomme Daniel et décide de le ramener en Suède pour lui offrir une vie meilleure.
Roman non policier d'Henning Mankell : un beau conte philosophique sur le thème de l'enfant sauvage, qui est aussi un hommage à l'Afrique. (4ème de couverture). Les personnages sont crédibles, torturés, complexes. Juste ce qu'il faut pour faire un beau roman. Le contraste entre les paysages de l'Afrique et de la Suède à cette époque est édifiant et donne de l'intérêt en plus au livre, surtout qu'il renforce le mal-être de Daniel, l'enfant recueilli, qui ne rêve que  de retrouver le sable, le soleil et la mer (toute allusion à une chanson connue est mal venue).
Le début du livre, le périple de Hans Bengler dans le désert est un peu long, mais dès que les choses sont mises en place, ce livre devient passionnant et très beau. On se prend à espérer pour ce jeune garçon qu'il retrouve un jour son cher désert, mais là, je vous laisse l'insoutenable suspense et le plaisir de lire ce formidable roman.
PS : J'avais oublié de remercier Armande qui m'a conseillé cette lecture. Désolé.

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Le temps qu'il faudra

Publié le par Yv

Le temps qu'il faudra, Jean-Baptiste Gendarme, Gallimard, 2009
Recueil de nouvelles, souvent des histoires de couples qui se séparent, des histoires "traversées par l'amour, la haine, la mort, la fuite". (4ème de couverture).
Rien de bien folichon. Impression de déjà lu. Contrairement à ce qui est dit en 4ème de couverture, je n'ai pas trouvé que "les relations humaines [étaient] disséquées avec une férocité désolée", ni "les personnages [...] décrits sans mépris mais sans indulgence". J'ai même trouvé un certain mépris -pour reprendre le terme- des petites gens décrites. Un texte d'un écrivain blasé, et un rien condescendant. Enfin, rien de neuf. La lecture n'est jamais désagréable, loin s'en faut, mais on oublie vite les personnages et les histoires. Pas le signe d'un grand livre !

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Le fils du printemps

Publié le par Yv

Le fils du printemps, Cristovao Tezza, Métailié, 2009
Le narrateur, écrivain en devenir, où plutôt jeune homme souhaitant réussir dans l'écriture et dont on sent qu'il réussira sans doute, a été hippie, a fait du théâtre et vit aux crochets de sa femme en attendant qu'un éditeur veuille bien donner forme à son rêve le plus cher. Parallèlement, il devient papa d'un garçon prénommé Felipe et atteint du syndrome de Down, plus communément appelé trisomie 21. Son enfant naît donc trisomique, et ça, il ne l'accepte pas. Souhaitant que cet enfant ne survive pas, d'abord il s'en désintéresse, puis tente par des exercices très particuliers, une sur-stimulation pour contrer le handicap. Et finalement, il découvre son attachement et son amour pour ce fils différent et imparfait.
"Sans aucune trace de sentimentalisme ou de commisération le discours du narrateur, fuyant l'émotion facile, est surprenant. "(4ème de couverture). Eh bien voilà, tout est dit ! Le narrateur ose écrire ses sentiments les plus bas, ses considérations politiquement incorrectes, parce le rôle du père en général  entraîne des questionnements et des moments de doute. Dans le même temps, il apporte aussi énormément et Cristovao Tezza l'écrit également.  C'est d'ailleurs le thème majeur du livre  : le rôle du père, que l'enfant soit handicapé ou non. On suit le narrateur dans le fil de ses pensées et de ses souvenirs de jeune homme dans le Brésil des années 60. C'est parfois un peu longuet -surtout si comme moi, vous ne connaissez rien au Brésil-, décousu, mais il y a souvent un passage auquel se raccrocher et l'impression d'après lecture est plutôt positive, même si j'avoue avoir passé assez vite la fin. Donc bilan mitigé !

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