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Le cerveau de Kennedy

Publié le par Yv

Le cerveau de Kennedy, Henning Mankell, Ed. Seuil, 2009
Louise Cantor, archéologue suédoise quitte son chantier de fouilles en Grèce et rentre en Suède. Elle trouve son fils, Henrik, mort, dans son appartement. Louise ne veut pas croire à la thèse du suicide. Elle se lance alors dans une enquête, découvrant de nombreuses facettes de son fils qu'elle ne connaissait pas. Sa recherche de la vérité la mènera en Espagne, au Mozambique, en Allemagne et en Australie. Pourquoi Henrik s'intéressait-il à la disparition du cerveau de John Kennedy ? Que faisait-il au Mozambique, dans un mouroir pour les malades atteints du sida ?
Henning Mankell explique dans la postface que ce roman est né de la colère qu'il éprouve face à l'hécatombe due au sida dans les pays d'Afrique. C'est un constat clair et net sur le "lent naufrage d'un continent rongé par le sida" et sur le désintérêt total et le cynisme du monde occidental face à cette catastrophe. Cette partie du roman est intéressante, et écrite par un homme désabusé qui connait bien l'Afrique puisqu'il partage son temps entre la Suède et la Mozambique.
Par contre, et je suis désolé de le dire parce que j'aime beaucoup H. Mankell, je n'ai pas adhéré au reste du livre : je n'ai été convaincu ni par l'énigme, ni par l'enquête et la résolution (?) de celle-ci, ni par les personnages, assez peu crédibles. Je me suis même un peu ennuyé : un comble pour un amateur de cet auteur !

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L'espion du pape

Publié le par Yv

L'espion du pape, Philippe Madral, François Migeat, Ed. Robert Laffont, 2009
En 1207, en Languedoc, la religion cathare prend de plus en plus d'importance et par voie de conséquence la religion catholique perd de son influence. Le pape Innocent III décide d'envoyer son espion Fransesco Stranieri dans le comté toulousain pour prendre la tension et tenter de faire régner le calme. Ce ne sera pas chose aisée, car des catholiques fanatiques brûlent, violent et torturent les hérétiques cathares. En parallèle, Bertrand de Touvenel, revenu d'une croisade, blasé et dégoûté par toute forme de religion et d'intolérance retrouve son domaine dévasté.
Voilà pour l'intrigue, qui, il faut bien le dire ne m'a pas scotché. Tout est déjà vu ou déjà lu : les personnages sont caricaturaux, les gentils, les méchants -pas tous de la même religion, ce serait trop facile !-, les amours naissantes puis contrariées, puis repartantes...
Ceci étant, malgré tout, je ne me suis pas ennuyé, parce que le contexte m'est particulièrement intéressant. Depuis, longtemps, je souhaite m'informer plus avant sur les Cathares, leur religion, leurs dogmes et le véritable génocide dont ils ont été les victimes. Par manque d'initiative personnelle et manque d'avoir trouvé le bon  ouvrage, je n'avais jamais réalisé ce souhait. Et bien, c'est maintenant fait, grâce à ce livre vraiment très bien documenté et très précis. Il m'a permis d'apprendre ou de revoir plein de choses sur cette religion, sur la manière de vivre à cette époque, dans ce comté. Alors, certes, j'aurais pu prendre un livre d'histoire, sûrement plus complet. L'intérêt, dans L'espion du pape, c'est que les auteurs mêlent les personnages historiques à leurs personnages romanesques, ce qui peut ajouter de la confusion, mais qui apporte surtout un côté instructif au rôle distrayant du roman.
NB : livre reçu grâce au partenariat Blog-o-book et les éditions Robert Laffont. Merci à eux.

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La chanson de Charles Quint

Publié le par Yv

La chanson de Charles Quint, Erik Orsenna, Stock, 2008
Deux frères vivent dans une même ville, l'un, le cadet, à l'amour unique, l'autre, l'aîné à l'amour morcelé. Le cadet a épousé son amour unique, l'aîné s'est divisé entre plusieurs femmes jusqu'à en trouver une, celle qui mourra jeune et qui le laissera seul et quelque peu désemparé.
Superbe écriture pour un roman qui ne l'est pas moins. Tout en pudeur, en poésie, Erik Orsenna décrit l'amour de cet homme pour cette femme et l'amour fraternel. Il raconte l'absence de la disparue, mais en même temps sa forte présence, malgré cette disparition. Il relate les tentatives amicales et fraternelles pour soutenir le veuf.
C'est un roman mélancolique, mais gai, racontant le passé mais se prolongeant dans le futur, expliquant même la notion de futur antérieur.
Je trouve qu'avec sa manière d'aborder la mort, l'absence, de front certes, mais encore une fois tout en pudeur, en retenue, Erik Orsenna réussit à faire passer énormément de sentiments, de beauté. Il parvient à émouvoir le lecteur sans jamais tomber dans un pathos facile et de mauvais aloi, contrairement à d'autres qui s'essayent à écrire autour de la mort mais n'ont réussi qu'à m'ennuyer (cf. E. Carrère, D'autres vies que la mienne).
Voilà pour moi un livre extrêmement tendre, émouvant, mélancolique, mais toujours gai et positif, écrit par un raconteur d'histoires hors pair.

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Les jours, les mois, les années

Publié le par Yv

Les jours, les mois, les années, Yan Lianke , Ed. Philippe Picquier, 2009
La population d'un village de montagne fuit la terrible sécheresse qui sévit. Seuls un vieil homme et son chien aveugle restent pour tenter de faire pousser, malgré le soleil et la manque d'eau, un pied de maïs. S'engage alors une véritable lutte contre les éléments, la mort, les rats et autres loups pour que l'épi de maïs voie le jour;
Yan Lianke est un écrivain chinois et ça se ressent dans la lecture. On trouve des images que l'on ne trouve pas ou très rarement dans la littérature occidentale, dans lesquelles il est beaucoup question de couleurs, d'odeurs, bonnes ou mauvaises ; le viel homme parle au chien qui comprend, mais  ne répond pas.
Je ne suis pas très habitué à ce genre de littérature, mais j'avoue avoir été intéressé et j'ai plutôt bien aimé. Je n'en lirais peut-être pas tous les jours, mais de temps en temps, je ne dis pas non !

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Le cannibale et les termites

Publié le par Yv

Le cannibale et les termites, Stéphane Dovert, Métailié, 2009
Un groupe de 5 touristes français et d'un étasunien est enlevé par des indépendantiste de Papouasie Nouvelle-Guinée, en Indonésie (faites comme moi, prenez un atlas !). Ce livre relate entre autres, leur très longue marche à travers la jungle, la confrontation des Occidentaux au monde sauvage et dépouillé des Papous.
Très habilement, Stéphane Dovert brosse les portraits de personnages archétypaux perdus dans un monde pour lequel ils ne sont pas faits. La confrontation avec les autochtones n'est pas toujours à leur avantage : qui sont réellement les sauvages ? Il prend le temps de dévoiler les facettes plus ou moins glorieuses de ses personnages. Ceux que l'on croit forts et qui s'écroulent et ceux qu'on pense faibles et qui résistent. Le paysage de la jungle indonésienne, l'humidité permanente, la hantise des otages de se retrouver face à des bêtes dangereuses, leur peur de mourir, de se faire manger, tout cela ajoute de l'intérêt, du charme et un vrai plaisir de lecture. Fort bien documenté (l'auteur a vécu 18 ans en Asie et a écrit des bouquins géopolitiques sur cette région), plein d'humour et d'ironie, ce livre a aussi le mérite de nous poser des questions sur nos certitudes occidentales (cf. 4ème de couverture : "Un roman drôle et grinçant sur les certitudes occidentales).

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Prix Orange 2009

Publié le par Yv

Bonjour,
Je vous ai parlé en son temps, de ma participation au jury du prix Orange. Participation qui consistait à pré-sélectionner 30 romans, puis à réduire la liste à 5. Cette liste était soumise au vote des internautes inscrits sur le site Orange. Je vous rappelle la liste finale :
- Nous autres, de Stéphane Audeguy, Ed. Gallimard
- La patience des buffles sous la pluie, de David Thomas, Ed. Bernard Pascuito 
- L'origine de la violence, de Fabrice Humbert, Ed. Le Passage
- Paris-Brest, de Tanguy Viel, Ed. de Minuit
- Un dieu, un animal, de Jérôme Ferrari, Ed. Actes Sud
Les urnes ont donc parlé et le premier lauréat de ce prix est Fabrice Humbert, c'est lui sur la photo. Alors, je suis un petit peu déçu, parce que c'est le livre de la sélection que j'ai le moins aimé (cf. les liens renvoyant à mes billets, on n'est jamais mieux servi que par soi-même) -j'ai voté pour Stéphane Audeguy- mais je me range derrière la majorité des votants pour féliciter Fabrice Humbert. Je retiendrai de cette expérience un mois et demi de lecture intensive, des échanges très intéressants et enrichissants avec mes collègues jurés internautes, et des rencontres avec les jurés professionnels et avec l'équipe organisatrice du prix très chaleureuses. Et ce n'est pas fini, puisque demain soir a lieu la remise du prix au lauréat, à Paris, à laquelle je serai bien évidemment présent.

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Un mensonge sur mon père

Publié le par Yv

Un mensonge sur mon père, John Burnside, Métailié, 2009
John Burnside est un poète-écrivain écossais qui se livre ici à l'exercice de l'autobiographie. C'est lorsqu'il prend un auto-stoppeur et que celui-ci lui pose des questions que Burnside bloque et qu'il lui ment, comme l'a toujours fait son père. Ensuite, il déroule ce qu'il connait de l'enfance de son père : enfant trouvé, confié à plusieurs familles consécutivement, vaguement joueur de foot (?), puis militaire dans la RAF. Mais surtout alcoolique invétéré et ne voulant pas se soigner, préférant  faire vivre l'enfer à sa femme et ses deux enfants, dont le petit John. John Burnside a vécu dans les quartiers les plus pauvres des villes de Grande Bretagne les plus pauvres, son père travaillant comme aide-maçon ou encore ouvrier dans les mines. Il a été "le destinataire de la haine de soi paternelle sous la forme d'une violence furieuse et, pire, d'une humiliation mesquine et cruelle. Il a appris à mentir à son père, puis plus tard sur son père." (4ème de couverture)
Ce récit est dur, âpre, violent. On ne voit pas comment ce jeune homme pourra s'en sortir et cependant malgré une écriture sombre, noire on sait qu'il le fera puisqu'il écrit ce livre et d'autres avant. Burnside se livre sans complaisance, sans fioriture. On frémit de cette enfance et de cette adolescence ruinées par son père. Et pourtant, malgré tout ce qu'il a enduré, on sent une petite lueur d'espoir. L'auteur, des années après, a envie de pardonner.  Pardonner, mais ne pas effacer. Texte très fort s'il en est. Pour finir mon billet, voici les dernières lignes de la quatrième de couverture, qui peuvent résumer mon sentiment après la lecture de ce livre : "Poussant le langage à ses limites, voici un texte inoubliable sur deux hommes perdus : le père et le fils. Sur la façon de pardonner sans rien oublier."
Dernière minute : le livre de Burnside va recevoir le Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter 2009

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R 97 Les hommes à terre

Publié le par Yv

R97 les hommes à terre, Bernard Giraudeau et Christian Caillaux, Casterman, 2008
Bande dessinée librement inspirée du livre de Bernard Giraudeau : Marin à l'encre. Carnet du premier voyage d'un jeune marin de 17 ans, Théo Laurens, embarqué sur la Marie-Jeanne. Départ de Brest, escales à la Martinique, Montivideo, Valparaiso, Honolulu, Kobé ou encore Djibouti. Évidemment, la vie sur le bateau, la vie dans les ports sont dessinées et racontées. On retrouve les thèmes chers à Bernard Giraudeau : les voyages, la mer, les rencontres. Il y décrit également son envie de rencontrer les vrais gens des pays qu'il visite et les terres plutôt que toujours les mers. Les dessins de Christian Caillaux sont originaux, dans les tracés des contours, le choix des couleurs, très différentes d'une page à l'autre, en fonction des lieux visités. J'ai lu récemment le dernier livre de B. Giraudeau, Cher amour, dans lequel il reparle de son premier embarquement, à 17 ans, sur la Marie-Jeanne, et beaucoup d'images, de paysages qu'il y décrit sont ici dessinés : un vrai plaisir de les retrouver.

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Le festin de Sébastien

Publié le par Yv

Le festin de Sébastien, Maurice Pons, Le dilettante, 1999

Sébastien est un garçon timide, terne, un anti-héros parfait. Il est affublé de sept sœurs et prend assez difficilement sa place. Il a du mal à se faire des ami(e)s et à exister tout simplement.
Partant de ce personnage falot, et de ce constat plutôt triste,  Maurice Pons écrit une farce, un conte ou encore un récit absurde autant que drôle. On sait dès la première page que Sébastien meurt d'un accident de la route, mais on ne connait les circonstances rocambolesques de cet accident qu'à la toute fin du livre. Que dire de plus ? C'est loufoque, burlesque, surréaliste, ...
Maurice Pons à l'art de nous raconter une très jolie histoire incroyable, avec des accents de Perec ou Queneau. Très très agréable moment de lecture. J'avais déjà beaucoup aimé son recueil de nouvelles Délicieuses frayeurs, et je retrouve le même plaisir de lecture dans ce court roman.
NB : ce livre est une réédition (relue et corrigée par l'auteur). La première édition date de 1968, chez Denoël.

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