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Infinity 8. Et rien pour finir.

Publié le par Yv

Infinity 8. Et rien pour finir, Boulet, Lewis Trondheim, Rue de Sèvres, 2018....

Septième et avant-dernier reboot pour le capitaine du vaisseau Yss Infinity. Et cette fois-ci l'agente en charge d'élucider le mystère de la nécropole empêchant le vaisseau de progresser est... un agent. Douglas. Un petit mec, tout frêle et pas courageux, du genre à fuir dès qu'il y a du grabuge. Mais quelle mouche a piqué le capitaine pour l'engager lui ? Et que va faire le lieutenant qui propose la botte à toutes les agentes précédemment sélectionnées ?

Volume qui change des autres d'abord par son héroïne qui n'en est pas une mais un héros, plutôt anti-héros et ensuite par sa mise en scène du reboot et du problème récurrent à la série, expliqué de manière différente. Une surprise donc, fort bienvenue, non que la série ennuie, mais la surprise à l'avant-dernier numéro, je ne m'y attendais pas, c'est d'ailleurs tout bien pesé, le principe d'une surprise. 

L'humour est toujours présent dans la couardise de Douglas, l'impassibilité de son kidnappeur et la fureur, l'impulsivité et la bestialité de celui qui les recherche. J'aime bien le dessin et les couleurs de Boulet, ses personnages expressifs (voyez la couverture). Le scénario est moins compliqué que le précédent tome ou plus à ma portée de garçon basique. 

Pénultième album de cette très bonne série, la fin approche donc à grand pas. Cool, je vais enfin avoir le fin mot de cette histoire qui me tient depuis deux ans, depuis le premier tome Romance et macchabées

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À vous qui avant nous vivez

Publié le par Yv

À vous qui avant nous vivez, Nathalie Léger-Cresson, Des femmes-Antoinette Fouque...

A travers différents narrateurs et intervenants, Nathalie Léger-Cresson nous invite à visiter la grotte Chauvet-Pont-d'Arc, découverte en 1994 par trois spéléologues : Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire. Site qui comporte des milliers de peintures datant, pour les plus anciennes de 36 000 ans. 

J'ai découvert la maison d'édition Des femmes-Antoinette Fouque, très récemment grâce à la très heureuse lecture de Placement libre d'Ella Balaert. Y sont publiées des femmes mais pas seulement. 

Cette fois-ci, je vous invite à une lecture pas banale et à une visite non moins originale, la grotte Chauvet donc mais vue par différentes personnes à diverses époques. Nathalie Léger-Cresson fait la guide des lieux. Nul besoin d'être passionné par l'art préhistorique et ses différents âges, le Gravettien et l'Aurignacien entre autres -qui sont les deux périodes d'occupation de la grotte- ; nul besoin non plus de s'y connaître parfaitement, la bonne idée de l'auteure est de regrouper pas mal d'informations en fin de volume pour les plus curieux d'entre ses lecteurs. On peut aussi, comme je l'ai fait, se laisser porter par les histoires, celle de la passionnée de la grotte dont les filles disent qu'elle est atteinte de chauvite, celles des spéléologues-découvreurs, celle des habitants du lieu. À chaque fois, Nathalie Léger-Cresson change de registre d'écriture, partant même parfois dans des dialogues franchement surréalistes. Je vous l'ai dit c'est original : l'auteure et les éditrices s'amusent même à jouer avec les formes, si mes souvenirs sont exacts, on nomme cela des calligrammes. 

Si vous aimez lire différent, découvrir des textes, de nouvelles formes d'écriture, laissez-vous tenter. Tout ne passe pas aisément, certaines pages peuvent paraître d'un accès difficile, mais les inventions, les jeux avec la langue et les mots, avec la mise en page devraient faire leur effet et ne laisseront sûrement pas insensibles. 

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Mon traître

Publié le par Yv

Mon traître, Pierre Alary, Rue de Sèvres, 2018 (d'après le roman de Sorj Chalandon).....

Antoine, luthier à Paris fait un jour de 1977 la connaissance de Tyrone Meehan alors qu'il est à Belfast pour visiter des amis. Tyrone, c'est une figure de l'IRA. Antoine et lui deviennent amis et Antoine soutient comme il le peut la cause des Irlandais catholiques. 2006, la presse dévoile qu'un traître officiait au sein de l'IRA pour le compte des Anglais, et le nom sort, c'est Tyrone. Antoine est effondré et cherche à comprendre.

Cette bande dessinée est évidemment tirée du roman de Sorj Chalandon, Mon traître qui raconte cette histoire, celle de l'auteur, lorsqu'il fut confronté à la trahison de son ami irlandais. En préface de la BD, Sorj Chalandon dit qu'après avoir rencontré Pierre Alary et vu son travail, il lui avait laissé carte blanche quant à l'adaptation de son livre, et il a bien fait, le résultat est plus que convaincant, il est excellent. J'ai retrouvé l'ambiance, les personnages du roman, certes, je n'ai pas vu le style de l'écrivain qui m'avait tant plu, mais le dessin de Pierre Alary, s'il ne le remplace pas, est un style différent, qui m'a ravi. Les traits, les cases pas surchargées, les couleurs, tout me plaît. Et aussi la manière de raconter cette histoire, avec des pages reprenant des extraits de l’interrogatoire de Tyrone Meehan par l'IRA.

D'un bon voire excellent livre, il n'est pas toujours facile de tirer une bonne adaptation dessinée ou filmée, là, franchement, rien à dire, cette bande dessinée plaira aux nombreux lecteurs qui ont aimé Mon traître et aux autres qui ne l'ont pas lu et qui, par le biais de cet album revivront les moments douloureux et violents de l'Irlande face à l'Angleterre. Bobby Sands y est largement mentionné, Margaret Thatcher et son inflexibilité qui a préféré le laisser mourir, lui et d'autres grévistes de la faim, en prison plutôt que de négocier. Ce fut un combat pour la liberté et l'égalité, mené par des hommes avec leurs forces et leurs faiblesses. Ce que montrait bien le roman. Ce que montre bien la bande dessinée.

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La petite couronne

Publié le par Yv

La petite couronne, Gilles Rochier, 6 pieds sous terre, 2017.....

Deux mecs, plus des gamins, puisque pères de famille, sans emploi, zonent dans la cité ou dans le quartier. Ici, c'est le 92, on y voit même les Tours Aillaud de Nanterre. Ce volume est une suite de petites histoires de leur quotidien, qui parfois est heurté par l'actualité, comme la tuerie à Charlie hebdo. 

C'est souvent drôle, dans les textes et les dessins. De cette drôlerie qui ne se moque pas, qui constate la difficulté de vivre dans ces zones de forte densité dans lesquelles les trafics de tout genre pullulent. A travers ces blagues, ces propos entre copains, on lit la zone, le manque d'emploi, le regard des autres qui empêche de faire ce que l'on souhaite, la galère du manque d'argent, ...

Gilles Rochier dessine dans des tons ocres, jaunes, orangés. Je ne suis pas spécialiste et donc ne pourrais pas dire ce que ça apporte de plus au texte si tant est que cela y apporte quelque chose, mais j'aime beaucoup. 

Publiée dans une maison d'édition que je découvre, basée à Montpellier, 6 pieds sous terre, qui semble enfermer dans son catalogue quelques belles pépites dessinées. 

J'ai lu cette très très bonne BD, que je conseille fortement, grâce à Price Minister (oui, de la pub, une fois n'est pas coutume) et son challenge annuel La BD fait son festival, que vous retrouverez ici : http://www.priceminister.com/evt/la-bd-fait-son-festival, et j'espère que ce titre ravira également tous ceux qui l'ont choisi.

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Corruption ordinaire

Publié le par Yv

Corruption ordinaire, Christophe Gavat, sang neuf, 2018....,

Sainte-Jeanne, commune de dix mille habitants, Pays basque, l'endettement le plus fort de France. A sa tête, Robert Delacour, amateur d'art qui a confondu sa maison et son bureau de maire avec l'hypothétique musée de la ville, l'arlésienne de la commune. 

C'est sur dénonciation d'un élu que les policiers, menés par le commissaire Stanislas Midlak vont enquêter sur les pratiques du maire et de son équipe. C'est par sérendipité qu'ils vont mettre à jour une corruption et des pratiques inégalées, de celles qui font inévitablement penser au "tous pourris".

Dans le même temps,  Stanislas et ses hommes sont confrontés à une bande de cambrioleurs de distributeurs de billets, organisée, efficace et difficile à cerner.

Christophe Gavat est commissaire de police. Il fut mis en examen dans "l'affaire Neyret", puis relaxé. Son premier livre fit l'objet d'une adaptation cinématographique par Olivier Marchal sous le titre Borderline (excellent, je l'ai vu).

Roman policier réaliste qui relate parfaitement le travail de fourmi des enquêteurs surtout lorsqu'ils vont dans le monde impitoyable, tortueux et abstrus des affaires politico-financières. Dès qu'ils ont trouvé un fil, ils le tirent, et les découvertes toutes plus époustouflantes les unes que les autres se font jour. Si ce n'est parfois un petit souci avec l'unité de temps -des allers-retours, le maire que je croyais en prison qui revient- vite dépassé, je dois dire que je n'ai pas pu quitter le bouquin. Je n'ai pas été au point des flics de Christophe Gavat qui laissent leur vie de famille de côté, mais à certains moments, j'aurais pu rester dans mon canapé à lire plutôt que de préparer le repas ou aller à une réunion de boulot. Mais je suis un garçon raisonnable, ce ne furent que des velléités.  

Tout cela pour dire que, aussi incroyable que cette affaire puisse paraître, elle aurait très bien pu faire la une des journaux actuels et les choux gras des médias. "En enquêtant sur ce dossier, les policiers ont pris conscience que, aussi rigoureuse et précise soit leur enquête, elle ne sera jamais que le reflet de dix pour cent de la réalité corruptive, prégnante à Sainte-Jeanne. Ils ne pensaient pas que cette affaire les amènerait à tirer cette conclusion désespérante : tel un cancer incurable, la corruption se propage de la tête à la base." (p.249)

Christophe Gavat sait de quoi il parle et mène son récit sans temps mort. Il est passionnant, par son enquête, mais aussi par les hommes -et femmes- qui l'incarnent. Stanislas Midlak en tête qui sent que son couple ne tiendra pas le choc mais qui se cache la vérité, et les autres plus ou moins célibataires, dragueurs, pour qui la vie professionnelle passe avant tout. Ecrit par un flic dont le point de vue est partial voire contestable ne représentant que des flics intègres et des politiques pourris, il peut même frôler la caricature, mais sans doute y a-t-il plus de politiques que de flics poursuivis pour divers délits et les sommes, les objectifs et les conséquences ne sont-ils pas les mêmes ? Le politique à l'image de Robert Delacour, agit pour son propre compte, pour son profit personnel pas encore, pour détourner un titre de Pierre Combescot, "Pour [son] plaisir et [sa] délectation charnelle", mais d'autres réels et connus l'ont fait. Il agit pour le pouvoir et pour jouir de sa position de force, et toujours au détriment des citoyens que nous sommes, car au bout du compte, c'est nous qui rembourserons. Sainte-Jeanne est la commune la plus endettée de France, je n'ai pu, tout au long de ma lecture me défaire de l'image du maire de Levallois-Perret et de son épouse mis en examen plusieurs fois et qui continuent à gérer la ville, un modèle pour Robert Delacour à n'en pas douter.

Le label Sang neuf -dirigé par Marc Fernandez- chez Plon s'enrichit d'un titre fort qui bénéficie en plus d'une couleur de couverture inédite et du plus bel effet, entre le vert et le bleu, turquoise peut-être ?

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Rue des Fantasques

Publié le par Yv

Rue des Fantasques, André Blanc, Jigal polar, 2018....

Une sale nuit pour le commandant Farel, chef de groupe à la BRB lyonnaise. A peine endormi et en plein rêve érotique, il est réveillé par son téléphone. Quelques minutes plus tard, rue des Fantasques, il regarde le corps d'une jeune femme défenestrée après avoir été tuée par balle. Les nuits et les jours suivants n'apporteront pas le repos à l'équipe de Farel qui tire un à un les fils d'une enquête qui s'élargit. Ce qui se profile c'est une affaire politico-financière d'une envergure internationale mettant en scène des hauts personnages de l'état et des voyous de la pire espèce si tant est que les premiers cités ne fassent pas partie de la seconde catégorie.

Revoilà le commandant Farel après ses aventures mouvementées de Farel et Violence d'état.  Ceux qui ont eu la chance de lire ses précédentes enquêtes ne seront pas perdus et retrouveront avec plaisir la rigueur, le travail acharné, la pugnacité et l’opiniâtreté du commandant et de son équipe. Presque que des mecs : Lucchini, le Corse l'ami de Farel et son second ; Balme, Comont, Dumont, Havery et Jimmy Liergal un génie de l'informatique. Puis Maud, la compagne de Guillaume Farel, flic à Interpol qui se remet doucement des ses blessures et qui aidera l'équipe grâce à ses connaissances en informatique, ses intuitions et ses déductions toujours justes. Les lecteurs qui ne connaissent pas encore les héros d'André Blanc peuvent débuter par n'importe quel titre, ils ne seront pas perdus, l'auteur expliquant les liens de tous, faisant des allusions à ses titres précédents, certes, mais pas gênants pour comprendre ce livre-ci. 

Rien de fantasque dans ce roman -un peu facile, mais je n'ai pas pu résister-, sauf son titre : la rue des Fantasques existe réellement à Lyon, je me suis renseigné, elle est perpendiculaire au tunnel de la Croix Rousse. Rien de fantasque disais-je, André Blanc décrit une équipe de flics au boulot, qui se heurte à beaucoup de difficultés dès lors qu'elle s'intéresse à des personnages hauts placés, à des mafieux. Farel veut travailler vite et discrètement, mais il a affaire à des adversaires retors, vicieux. Comme à son habitude, il va s'appuyer sur son équipe au complet et sur la juge Fournier. 

André Blanc décrit une arnaque politico-financière mais a le bon sens de ne pas faire dans le "tous pourris". Il base son histoire sur une fraude à la taxe carbone qui a réellement existé (quelques informations ici et ) et à la lecture des deux articles en lien, ses escrocs sont influencés par la réalité. C'est sans doute pour cela que son histoire est très crédible, son roman policier tout à fait réaliste et minutieux, rigoureux. Il ne se lit pas vite au risque de rater une information importante, eh bien oui, tout caser en 260 pages, relève de l'exploit et donc nécessite de la part du lecteur quelques efforts qui d'ailleurs n'en paraîtront pas tant il est difficile de décrocher. Dans ce polar, c'est l'intrigue qui prime, la vie des héros est peu racontée, juste celle de Farel et de Maud et plus largement celles des escrocs. Ce n'est pas un problème, au contraire, les flics récurrents gardent un peu de leur mystère qui se révélera sans doute petit à petit dans la suite, car sûrement suite il y aura, même si ça ne paye pas comme l'écrit André Blanc "Mon dentiste qui écrit des polars, se plaint toujours que son éditeur lui verse des clopinettes." (p.166) ; est-il besoin de préciser qu'André Blanc est docteur en chirurgie dentaire ?

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Terre gâtée. Ange, Le migrant

Publié le par Yv

Terre gâtée. Ange, le migrant, Marguerite Abouet, Charli Beleteau, Christian de Metter, Rue de Sèvres, 2018....

Dans un village aux portes du désert, en Afrique, Claudia riche femme d'affaires exploite les migrants sur son chantier dirigé par son gendre, celui qui a épousé Grace, la fille de Claudia, par convenance familiale. Un jour, un homme défiguré arrive au village. dévisagé par les habitants, déjà vu par beaucoup comme le démon, celui qui apportera le mal, il est recueilli et soigné par le prêtre italien, qui le prénomme Ange. Ce village est le lieu de départ pour beaucoup de migrants qui souhaitent traverser la mer vers l'Europe, laissant aux passeurs de fortes sommes d'argent et aux autres des envies de partir.

Dire que le dessin, les couleurs, les cases sont magnifiques est sans doute un peu réducteur. Il est vrai que depuis que j'ai découvert Christian de Metter, je suis sous le charme et continuer à découvrir sa production ne m'aide pas à décrocher tant j'aime son dessin (Shutter island, Au revoir là-haut, Rouge comme la neige).

Pour le scénario de Marguerite Abouet et Charli Beleteau, je suis encore un peu circonspect. J'aime bien le début, mais comme c'est le premier tome d'une série qui devrait en compter quatre, pas mal de points restent un mystère. Disons, que ce premier tome où les lieux, les personnages, les relations entre tous se mettent en place est très prometteur et me laisse imaginer une suite passionnante. La préface d'Alain Mabanckou est là également pour me mettre en appétit de découvrir la suite, il parle d'un western africain, de gens ordinaires, d'amour et de géopolitique... Mmm, que du bon quoi !

Je ne suis pas encore totalement accroc mais j'attends la suite avec impatience et je fais le pari que je ne serai pas déçu, et, précision utile, je ne parie que lorsque je suis sûr de gagner !

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Les bandits

Publié le par Yv

Les bandits, Antonin Crenn, Jérôme Poloczek, Lunatique, 2017.....

Les bandits, ce sont deux enfants, une sœur et un frère qui partent en vacances avec leur père, en train, jamais en voiture puisque le père ne sait pas conduire. Une fois chez les grands-parents, dans leur village. Plus tard au bord de la mer, à l'autre bout de la France. 

On pourrait croire à un livre jeunesse mais le classer comme tel serait le réduire à un lectorat. Cette très belle histoire racontée par Antonin Crenn (lire aussi son Passerage des décombres) est d'une tendresse et d'une sensibilité infinies. Un album des petites choses du quotidien qui deviendront nos souvenirs les plus prégnants. Beaucoup de pudeur, d'émotions et une manière de raconter toute en finesse et en délicatesse. Antonin Crenn prouve ici qu'il a en lui des qualités d'écriture évidentes et beaucoup de talent.

Les enfants peuvent -sans doute, à voir avec les parents- lire et se mettront à la place des bandits, et comme les contes soit-disant destinés aux plus jeunes, les adultes y liront à un autre niveau, celui du père. 

Jérôme Poloczeck illustre très sobrement à l'aide de cailloux ramassés sur des plages et de traits de couleurs. C'est original et très réussi. L'ensemble, mis en page par les formidables éditions Lunatique, est un album très beau, à lire et à conseiller la lecture (ce que je fais bien volontiers ici). 

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À qui se fier ?

Publié le par Yv

À qui se fier ?, Agnès Dumont, Quadrature, 2018.....

"Qui sommes-nous ? Qui sont ceux qui nous entourent et que nus croyons connaître ? Nous portons un masque et les autres aussi. Mais ces masques ne sont-ils pas tout aussi vrais que ce qu'ils prétendent dissimuler ?" (4ème de couverture)

Douze nouvelles dans ce recueil de cent trente pages. Si je compte Axel Sénéquier et son Les vrais héros ne portent pas de slip rouge et le plus récent En love mineur de Dominique Costermans, j'en suis au troisième livre édité par les éditions belges Quadrature spécialisées dans les nouvelles de langue française. Alors, oui, je sais qu'on va me dire en commentaire -mais venez quand même le dire, ça me fait plaisir- que la nouvelle ce n'est pas un genre beaucoup apprécié. Peut-être, mais ça c'est parce que vous ne connaissez pas Quadrature. Parce que les trois que j'ai lus édités chez eux sont très bons. Contrairement à ce que je peux lire ici ou là sur la nouvelle en général, Agnès Dumont, l'auteure de A qui se fier ? réussit à implanter un décor et des personnages en quelques pages et je ne me suis pas senti frustré en les quittant assez vite, alors que, paradoxalement, un bouquin de 400 pages peut procurer ce sentiment même si je suis censé en avoir fait le tour. 

Ses héros sont des gens simples qui se posent des questions, sur eux mais aussi sur leurs proches ou ex-proches, et comme il est écrit en quatrième de couverture et judicieusement -merci de le remarquer-reporté en début de mon article sur les masques que chacun de nous porte. Certains cherchent à les enlever, d'autres au contraire à les porter le plus souvent possible. Il est parfois difficile de cerner une personne, de comprendre ses demandes ou ses souhaits, ses envies de liberté ou celles de se sentir en sécurité. C'est tout cela dont parle Agnès Dumont, fort joliment et simplement. En cela, elle va droit et rapidement dans les tréfonds de ses personnages. 

Il me serait bien difficile de sortir une histoire par rapport aux autres, elles m'ont toutes touché. Peut-être Au mépris des sémaphores, parce qu'en plus d'être excellente, comme les autres, son titre est une phrase tirée de Ma petite entreprise d'Alain Bashung et que les mots en exergue sont également tirés de la même chanson. Purement subjectif. En attendant, osez, si ce n'est Joséphine, Osez Agnès.

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