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Le sorcier

Publié le par Yv

Le sorcier, Jérémy Bouquin, In8, 2018.....

Campagne berrichonne, petit village, Raoul, guérisseur ou sorcier selon les sources vit du RSA, de ses services pour soigner les gens du coin et même de plus loin. Paisible, à l'écart, il n'aime rien tant que la forêt et dans icelle, le chêne centenaire auprès duquel il se ressource. Solitaire, il attire toutes les remarques, les rumeurs. Aussi lorsque la petite Margaux disparaît, fait-il le suspect idéal.

Noir, court et serré, comme un café. Et si je le préfère allongé, le café évidemment, les polars et les livres en général je les préfère courts et serrés. Donc me voici aux anges. J'aurais même pu ajouter en qualificatif : sec. Car ça commence sec. Des phrases nominales acérées qui vont à l'essentiel, ainsi que les quelques phrases de dialogues qui suivent. Raoul est un taiseux et ses visiteurs n'osent pas trop l'entreprendre.

La suite est à l'avenant, rapide, serrée, efficace. La machine se met en marche et Raoul, fidèle à lui-même ne bronche pas. 

Jérémy Bouquin écrit comme est comme Raoul, direct, sans superflu. A peine 100 pages qui mettent mal à l'aise tout en étant inlâchables, qui nous permettent de découvrir un type qui ne cède ni ne lâche rien, qui reste fidèle à ses principes quitte à le payer chèrement. De la bien belle ouvrage, ce qui ne m'étonne pas du tout, puisque c'est un livre In8, excellente maison en général et dans sa collection Polaroïd, de petits romans noirs en particulier.

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Histoires de mers

Publié le par Yv

Histoires de mers, Hubert Delahaye, L'Asiathèque, 2018....

Sept nouvelles qui ont en commun la mer. Ou plutôt, les mers. Proches ou lointaines, toutes s'y rapportent, par les eaux, par les villes portuaires, par les bateaux, par les hommes qui en vivent...

Il y a du cinématographique, de ce cinéma des années 50, en noir et blanc qui racontait des histoires d'amour, des histoires d'amitié virile, des beuveries, des bagarres pour une femme ou un mauvais regard et toujours de l'humanité et du respect des uns envers les autres. Il y a des références aux grands écrivains voyageurs invétérés ou immobiles, dans les titres des nouvelles notamment : Hemingway, Conrad, Orwell, ... ; j'y ai vu aussi l'ombre d'Edgar Allan Poe. Hubert Delahaye les convoque ainsi que ses connaissances de l'Asie, des pays, des paysages, des hommes et femmes qui y vivent. Ses nouvelles d'environ vingt pages chacune racontent des petites histoires d'hommes et de femmes simples, qui, par obstination, par miracle, par hasard, ont vu leur vie changer -pas toujours pour du mieux-, et tout cela en bord de mer ou sur la mer. 

Navigateurs, pêcheurs, acteur, cuisinier, plongeuse, ex-militaire, écrivain, tous ont leur moment de gloire dans les pages de ce recueil formidablement écrit, ainsi que l'était le précédent ouvrage de l'auteur : Lettres d'Ogura. Fin et tendre, délicat et beau, même si comme moi, vous aimez la mer, mais pas de trop près (je ne nage pas), j'aime la voir, la sentir, marcher le long, vous aimerez ce livre publié par la maison L'Asiathèque.

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Écoute-le battre

Publié le par Yv

Écoute-le battre, Marie Vautier, Quadrature, 2018.....

Neuf nouvelles ayant en commun l'humain, la rencontre,  la séparation, l'amour et le désamour. 

- Un nouveau départ : très belle nouvelle sur la découverte de la poésie par une femme au quotidien très éloigné de la littérature. 

- La bague : Marcus fait le ménage dans des bureaux, en attendant mieux. Il lie une relation par petits mots ou petites attentions avec une femme qui travaille dans un bureau qu'il nettoie. 

- Poids plume : lorsqu'une femme meurtrie décide de quitter l'homme qui la trompe mais pas sans le laisser indemne de leur relation.

- Chambre océan : dans une chambre d'hôtel, un homme attend une femme, Élisa, avec laquelle il doit partir. Mais qui choisira-t-elle : lui ou l'homme à la moto ?

- Poupée miracle : qu'arrive-t-il lorsqu'on est un homme solitaire et que par erreur, un colis contenant une poupée gonflable est livré chez soi ?

- Réminiscence : un tableau vu dans la boutique d'un antiquaire ramène Irène quelques années en arrière.

- Une vie pour une autre : en entendant Adam Koffi, humanitaire ivoirien, raconter sa vie, Daniel se remémore la sienne passée dans le même pays.

- Finito : le dernier jour de travail de ce directeur d'école semble paisible sauf pour lui qui se questionne sur son avenir.

- Au-delà : assister à son enterrement, même pour un mauvais garçon, préparé à mourir brutalement, c'est une expérience.

Voilà pour les brefs résumés de ces nouvelles. Réalistes, souvent des petits moment de vies ordinaires, elles se lisent avec grand plaisir et sans la frustration de n'en savoir pas davantage sur les personnages mis en scène. On les accompagne un bout de chemin, ne les reverra pas, mais ils furent de belles rencontres, de celles qu'on aime à se rappeler. L'écriture de Marie Vautier est belle, limpide, claire. L'auteure décrit finement ses personnages et les liens entre eux, leurs doutes et questionnements, leurs angoisses. En prime, la poésie qui s'immisce dans les histoires...

Encore un bel ouvrage des éditions Quadrature, maison belge spécialisée dans la nouvelle.

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Mort en eaux grises

Publié le par Yv

Mort en eaux grises, Pierre Pouchairet, Yves Saint Martin, Jigal polar, 2018.....

Johana Galji, grièvement blessée lors de son aventure précédente (La prophétie de Langley), revient prendre la direction de son groupe à la PJ de Versailles. A peine rentrée, un cadavre est découvert une main coupée dans la Seine. C'est le groupe de Johana qui est nommé pour diriger l'enquête. 

Parallèlement, un groupe se forme, quatre hommes devenus, pour différentes raisons de futurs terroristes islamistes. Leur plan est machiavélique.

Pierre Pouchairet n'épargne pas ses héros, Johana Galji en est la preuve, j'allais écrire vivante, tant le polar est réaliste, ce dernier adjectif rendant l'ensemble particulièrement flippant. Ancré dans l'époque -malheureusement ajouterais-je tant celle-ci est parfois violente-, ce roman raconte la naissance d'une cellule terroriste, ses moyens d'obtenir armes et financement, les réseaux qui lui permettent de se cacher dans le pays qu'elle veut frapper, les complicités actives ou passives, mais aussi le travail de fourmi des policiers chargés de traquer et débusquer les terroristes. Chaque petite découverte les lance sur une piste, sur une autre recherche à faire, et déroulant les fils, ils parviennent ainsi patiemment à des découvertes qui font parfois, comme le dit le bandeau sur la couverture, froid dans le dos. 

Pierre Pouchairet, ancien flic à Versailles sait de quoi il parle et c'est sans doute pour cela que ses polars sont aussi réalistes. Cette fois-ci, de nouveau, il fait mouche et bien malin qui pourra lâcher ce roman avant la fin et qui n'aura pas en tournant une page ou une autre, une seconde de panique en pensant au machiavélisme et à la haine des terroristes. Excellent, comme d'habitude. La cuvée Jigal 2018 est addictive et hautement recommandable et recommandée.

Multi primé pour ses précédents romans, tous excellents même lorsqu'il fait des infidélités à Jigal polar, Pierre Pouchairet collabore sur ce titre avec Yves Saint-Martin et tous les droits d'auteurs seront versés à l'orphelinat mutualiste de la police nationale, Orpheopolis.

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Sur la route avec Jackson

Publié le par Yv

Sur la route avec Jackson, Marc Villard, Cohen&Cohen, 2018.....

1951, Jackson Pollock se rend à Gallup, Nouveau-Mexique pour assister à une cérémonie de peinture de sable faite par Sam Begay, indien navajo.

1956, Patti et Dan Fraser, frère et sœur, cambriolent une banque, parviennent à prendre la fuite avec du pognon mais aussi deux toiles de Pollock. 

Court récit noir, comme souvent avec Marc Villard, qui -comme toujours chez Marc Villard- fait le tour de la question sans tergiverser et s'embarrasser de circonvolutions oiseuses. Les deux malfrats sont des gens simples, pas vraiment des cadors, juste une sœur entraînée par son frère paumé et qui, tous deux vont très vite se retrouver aux prises avec des gens d'une catégorie supérieure dans le crime. Marc Villard écrit là, une histoire à la Bonnie and Clyde (moins hémoglobinesque tout de même, cette référence m'est venue plutôt dans les descriptions de Patti et Dan), autour de l'oeuvre de Jackson Pollock. Un bref portrait de l'artiste est dressé, de sa personnalité plus que de ses toiles, alcoolique invétéré mondialement connu, qui a révolutionné l'art abstrait. 

C'est très bien fait, rien de superflu, et l'auteur en plaçant son histoire à l'époque de Pollock nous évite les références aux portables, à l'ADN, à tout ce qui abonde dans les polars d'aujourd'hui et qui, gâche parfois mon plaisir. Donc rien de gâché, au contraire, une plongée dans l'Amérique des années 50. Bon comme un vieux polar que l'on reprend de temps en temps. Bon comme un vieux film de ces mêmes années. Tout est là pour le plaisir du lecteur.

A noter que ce titre, édité chez Cohen&Cohen est agrémenté de détails de la Composition N°16 de Jackson Pollock et que la collection Art noir de l'éditeur, toute en couverture et tranches de pages noires, change pour cause de fragilité, les romans noirs adoptent une présentation plus classique qui, si elle est moins marquée et originale, n'enlève rien au plaisir de lire des polars dans le monde de l'art.

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La lettre manquante

Publié le par Yv

La lettre manquante, Patrick Halluin, Ravet-Anceau, 2018...

Cyril Estier est un ancien des forces spéciales et plus particulièrement d'un groupe de six appelé l'Alphabet. En 2005, l'un des membres de ce groupe, F, lors d'une délicate opération, commet un acte terrible qui oblige à la dissolution d'Alphabet. 

Onze années plus tard, Cyril, revenu à la vie civile, est accusé de meurtre et rapidement innocenté, puis un cadavre est retrouvé chez lui, et d'autres péripéties s'enchaînent au grand dam du capitaine Cyrla de la police. 

Pas toujours très cohérent, parfois malhabile dans les phrases, souvent excessif, ce roman qui ne brille pas par sa finesse et sa subtilité est contre toute attente un polar difficile à lâcher. Je suis loin, très loin d'apprécier le genre gros bras et défouraillage d'armes à tout-va, et je peux dire que Patrick Halluin ne ménage pas sa peine pour donner au Nord de la France et à la petite commune de Marchiennes des airs de ville assiégée, mélangeant les forces spéciales, les flics, la vengeance et les islamistes-terroristes dans un grand bordel -finalement- assez joyeux, et néanmoins -rapport au début de ma longue phrase- j'ai trouvé que ce roman foutraque avait un charme évident : sans doute l'histoire d'amour naissante qui fait fondre les petits cœurs des gros durs, ou ce côté si ce n'est parodique, au moins humoristique et stéréotype des hommes et de la femme -qui apporte légèreté et fraîcheur-, et des situations. 

Ce n'est pas le polar du siècle, mais pour un premier roman, Patrick Halluin s'en sort bien et si l'envie de lire un roman fortement burné, qui sent la testostérone, la virilité mais aussi la fragilité des grands garçons sur-entraînés, un roman d'action qui ne se prend pas au sérieux et qui se déroule dans le Nord -de la France-, j'ai trouvé ce qu'il vous faut. Détente assurée.

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Cyberfatale. Si ça sort, on est morts

Publié le par Yv

Cyberfatale. Si ça sort, on est morts, Clément Oubrerie, Cépanou, Rue de Sèvres, 2018.....

Lorsque la photo du président de la république française  en position délicate -et drôle- apparaît sur des sites Internet, la cybersécurité est attaquée et sur les dents. il lui faut trouver vite le point faible, et l'auteur de l'attaque virale. c'est dans cette ambiance tendue que la lieutenant Leroux est nommée au Balardgone, le centre stratégique de la cyberdéfense. Pour tenter de calmer le jeu, la conseillère en communication de la présidence propose qu'un journaliste de la célèbre émission Envoyé crucial puisse enquêter en toute indépendance dans les lieux-saints. 

Cet album, authentique fiction, plonge dans les arcanes du Web,des hackers et des cybers flics ou en l’occurrence militaires. Car depuis quelques années, il n'a échappé à personne que les menaces, les intimidations de certains pays envers d'autres naissent sur le Web et sont très réelles, bien que virtuelles. C'est cela que Clément Oubrerie dessine, fort bien d'ailleurs, un trait classique, efficace, expressif. Cépanou scénarise. Cépanou est un collectif de scénaristes experts, anonymes et très informés, il se dit même que l'un des membres oeuvre au sein de la cyberdéfense.

Très bonne bande dessinée au sujet on ne peut plus moderne. On rit aux blagues potaches, aux tentatives du journaliste de charmer et tirer des informations de la lieutenant Leroux. On peut frémir également devant l'évolution de l'intrigue qui prouve que le progrès technologique apporte aussi son lot de faiblesses voire de failles. C'est très bien vu et le côté comédie finit d'emporter mon adhésion à cet album qui eût pu sembler austère et technique traité différemment. C'est le tome 1, donc tome 2 sans doute il y aura... Cool !

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Le pèlerinage

Publié le par Yv

Le pèlerinage, Tiit Aleksejev, Intervalles, 2018 (traduit par Jean Pascal Ollivry).....

An de Grâce 1148, un vieux jardinier d'un couvent près de Montpellier raconte sa jeunesse et son départ pour Jérusalem, pour la première croisade voulue par le pape Urbain II. Tout jeune homme ignorant du maniement des armes, il se lie d'amitié avec un soldat aguerri, Dieter qui lui apprend les bases. 

Mais le jeune homme, malgré une bravoure récompensée, se pose des questions, ne se sent pas très fier de ses actions pourtant audacieuses. Dans ce monde viril, il tente de se rapprocher de Maria de Toulouse, la femme de feu son seigneur dont il est tombé amoureux, des mois auparavant lorsqu'il était chargé du service des vins à sa table.

Vous voulez du roman historique ? Ne cherchez plus, j'ai ce qu'il vous faut. Absolument génial, ce roman, écrit en 2010 par Tiit Aleksejev, écrivain estonien, est récompensé la même année par le prix de l'Union Européenne. Le travail est minutieux, documenté et extrêmement bien rendu, entre la réalité de la première croisade menée par Raymond de Saint-Gilles et son armée de Provençaux, et les personnages fictionnels dont le narrateur. Il y en a pour tous les goûts : de l'aventure, des actions d'éclat, des batailles, mais aussi de grands questionnements sur le bien-fondé d'une telle entreprise, sur la loyauté, sur l'amour, la mort, la liberté de penser, de croire et de pratiquer. Autant dire que bien que se déroulant au Moyen-Age, ce roman est d'une actualité brûlante. 

Tout au long de cette histoire, je n'ai pu m'empêcher de penser à l'intolérance des uns et des autres, à cette absurdité -à mes yeux- qu'est la religion qui pousse des hommes aux actes les plus insensés, les plus fous, et les plus meurtriers, toujours au nom de l'amour d'un dieu ; il y a là une contradiction terrible née d'on ne sait quel cerveau malade et qui perdure. 

Tiit Aleksejev raconte son histoire et l'Histoire sans diriger la pensée du lecteur, il l'aide à se poser des questions, à réfléchir. Son roman est passionnant parce que le contexte l'est bien sûr, mais aussi parce qu'il y introduit des personnages forts et en plein doute. Ils sont forts, car ils combattent dans des conditions effroyables des ennemis aussi violents qu'eux, et que le choix n'a pas lieu d'être : on tue ou on est tué. Ils doutent, notamment le jardinier-narrateur, parce qu'il est amoureux, parce que croyant il ne sait plus trop bien ou est la vérité et qui sont les infidèles, ses rencontres le font douter encore plus, même s'il continue de combattre loyalement aux côtés de son maître et seigneur. Il découvre également l'amitié virile, celle qui lie les hommes à mort dans des conditions de guerre et qui oblige à la confiance aveugle.

Un roman construit en courts paragraphes qui permettent des pauses fréquentes si besoin, car il est dense, se lit lentement pour s'en imprégner totalement. Admirablement traduite, la langue est belle et fluide, d'accès simple. J'adore ce genre de livres qui s'inscrivant dans une époque donnée, nous en apprennent beaucoup et dans un plaisir de lecture qui ne s'émousse pas du début à la fin. 

Admirable, inratable.

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Ma langue au Chah

Publié le par Yv

Ma langue au Chah, Frédéric Dard, Pocket, 2018 (1ère édition, 1970)...

Revoilà le commissaire San-Antonio, toujours affublé d'Alexandre-Benoît Bérurier. Cette fois-ci, ils sont à Téhéran, ils filent un cador du cambriolage français venu sans aucun doute, pense leur patron, y faire ses emplettes. 

Evidemment, rien ne se déroule comme prévu et certaines rencontres, notamment féminines, vont révéler aux deux hommes les faces cachées du royaume d'Iran. Les milles et Une nuits, version San-Antonio.

A l'occasion des soixante-dix ans de San-Antonio, Pocket réédite certains titres. J'ai déjà eu la chance de lire San-Antonio chez les Gones, je renouvelle donc avec cette aventure datée de 1970. Datée, c'est un peu le cas, depuis le régime du pays à changé et certaines exagérations de l'auteur en matière de sexe, puisqu'ici, il faut bien le dire, on en arrive au viol, presque consenti, sont gênantes. Bien que non bégueule -j'ai lu cette histoire avec décalage, car avec San-Antonio il faut toujours y être et avec l'idée que ce livre est écrit il y a presque cinquante ans-, il reste néanmoins que certaines scènes ne passeraient plus aujourd'hui. Est-ce mieux, est-ce moins bien ?  Je ne sais pas, je ne juge pas, surtout aujourd'hui une histoire écrite en 1970 et qui plus est une histoire de genre san-antoniesque. 

Ceci étant dit, ce n'est pas le meilleur livre de San-Antonio, c'est un peu long malgré les réparties drôlissimes de Bérurier qui ne s'encombre ni de grammaire ni de syntaxe :

"Bon, je manque à toutes mes inconvenances, déclare le radieux, que je te présente Mistresse Caroline Bitalaviock, dont j'ai eu l'honneur de rencontrer dans l'avion. C't'une femme charmante, veuve en tant que surcroît, et qu'a accepté qu'on fasse chambre commune pour écraser les frais." (p.83).

Sans oublier les géniales descriptions de Frédéric Dard qui a torturé, trituré, personnalisé, san-antonié la langue française comme pas deux : "On s'écarte devant moi. Y'a un sillage précédateur, ce qu'est extrêmement rare chez les sillages. Je tournevire avec plus d'aisance. Je périscope mieux à loisir. Tant et si bien que je finis par renoucher mon trio fantôme. Il est au bout d'un étroit boyau au long duquel se succèdent des ateliers de batteurs de cuivre." (p.40) Recopier un extrait de San-Antonio, c'est prendre le risque que le correcteur d'orthographe s'affole, et encore là, j'ai choisi l'un des moins douloureux pour lui.

Mitigé donc, mais sur la production incroyable de San-Antonio, il y a forcément des titres moins bons. De l'utilité de rééditer celui-ci comte-tenu de mes remarques de début de recension ?

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