Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

roman

Ailleurs

Publié le par Yv

 Ailleurs, Julia Leigh, Ed. Christian Bourgois, 2008
Une femme, avec ses deux enfants de 9 et 6 ans, revient dans la propriété familiale, en France, après 12 années passées en Australie. On comprend qu'elle était régulièrement battue par son conjoint. Personne ne l'attend. L'accueil est froid. Elle va devoir vivre là avec sa mère, son frère et sa belle-soeur qui viennent de perdre leur bébé dès la naissance, et les trois servantes omniprésentes.
Voilà le décor planté ! L'ambiance est bien sûr lourde et pesante. Les personnages tristes renferment des secrets et des non-dits. Il se passe très peu d'événements, tout l'art de Julia Leigh est de nous captiver avec seulement de l'attente. L'écriture est prenante, directe : phrases plutôt courtes, peu de dialogues -ils se parlent  tellement peu ! Tous les protagonistes ont un prénom, utilisé régulièrement dans le récit, sauf pour la femme qui revient d'Australie que l'auteur nomme  "la femme" (alors que l'on connait son prénom, Olivia). C'est un petit roman (104 pages) qui marque par son climat, son ambiance et sa densité.  Il fait partie de ces livres qui mériteraient sûrement une seconde lecture, plus tard, pour confirmer la première impression ou pour peut-être "creuser" un peu plus le sujet. Relativement simple à envisager étant donné son format.

Voir les commentaires

Le cercle des amateurs d'épluchures de patates

Publié le par Yv

Le cercle des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Schaffer et Annie Barrows, Ed. France loisirs, 2008
Obligatoire pour lire ce livre : avoir dans vos relations quelqu'un qui achète chez France loisirs ; moi, j'ai et je me le suis fait prêter.
Grande Bretagne 1946, Juliet, auréolée d'un premier succès littéraire est contactée par un habitant de Guernesey, lui demandant des renseignement sur un écrivain. De fil en aiguille, il arrive à lui raconter la naissance de ce cercle littéraire au nom peu commun. Intriguée et intéressée, Juliet commence à communiquer avec tous les membres de ce cercle, et l'envie de leur rendre visite et d'écrire son prochain livre sur eux la titille.
D'un côté, je ne suis pas très amateur des romans épistolaires, et celui-ci en est un. D'un autre côté, je suis plutôt attiré par les îles anglo-normandes, et Guernesey en particulier. Voilà pour l'avant-propos. Ensuite, et bien, ce roman se déroule sans surprise, sans déplaisir non plus. J'ai appris beaucoup de choses sur le déroulement de la guerre dans ces îles (à ma grande honte, j’avais oublié qu'elles avaient été occupées par les Allemands). Vous dire que j'ai aimé ? Vous dire que je n'ai pas aimé ? Je vais faire une réponse de Normand - ou d'Anglo-Normand ?- (oui, je sais, elle est un peu facile !) : c'est entre les deux. C'est agréable à lire, on en ressort avec quelques informations supplémentaires sur la vie à Guernesey entre 1939 et 1945, ce qui n'est déjà pas mal en soi, mais reste un petit je-ne-sais-quoi qui m'empêche d'être complètement satisfait. Les personnages sont un peu stéréotypés et l'histoire, mis à part l'environnement, est finalement banale. Mes a priori sur le type de roman (sur l'éditeur aussi, il faut bien avouer que je n'aime pas beaucoup son catalogue, en général !) s'avèrent et la visite de Guernesey n'est pas suffisante pour me faire adhérer à ce livre.

Voir les commentaires

La petite cloche au son grêle

Publié le par Yv

La petite cloche au son grêle, Paul Vacca, Ed. Philippe Rey, 2008
Un garçon de 13 ans, très attaché à sa mère découvre, par hasard un exemplaire de Du côté de chez Swann, de Marcel Proust. C'est une révélation pour lui et pour sa mère qui espère ainsi que son rêve de faire de lui un écrivain pourra enfin se réaliser. Le père, étranger à ce monde de la littérature proustienne y entre à son tour. Dans un très joyeux désordre, s'engage alors une lutte pacifique pour conjurer un mauvais sort qui s'acharne sur la famille et pour que la bonne humeur et la vie persistent, allant même jusqu'à créer des liens entre les gens de cette petite ville, qui n'existaient pas auparavant. Tout cela grâce à Marcel Proust !
J'ai mis un peu de temps avant de prendre la décision de lire ce roman ; j'avais lu beaucoup de chroniques sur divers blogs (trop nombreux pour que je puisse mettre tous les liens. Désolé.) Et puis, un article de plus m'a finalement décidé et je ne regrette rien sauf peut-être de ne l'avoir pas ouvert plus tôt. C'est un très joli roman, plein de bons sentiments, mais pas "gnangnan", plein de douceur, de tendresse et d'amour. C'est très bien écrit, d'une écriture que je trouve à la fois simple et exigeante. Bien sûr, ce n'est pas du Proust, mais il est omniprésent ; Paul Vacca en parle admirablement bien : "[les puristes] penseront toujours que Proust n'a écrit que pour eux, qu'eux seuls peuvent en pénétrer la subtilité, qu'eux seuls le méritent. Sans se rendre compte, une seule seconde, qu'ils se révèlent aussi ridicules que les Verdurin, dont ils se gaussent. Alors au diable les erreurs ! Pourvu que l'on partage du plaisir avec d'autres." Ceci étant, que ceux qui n'ont pas lu Proust (je n'en ai moi-même lu que les deux tiers de Du côté de chez Swann) ne s'alarment pas, cette petite cloche est accessible à vous aussi.

Voir les commentaires

Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?

Publié le par Yv

Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, Georges Perec, Denoël, 1966

Après une déception de lecture (un polar anglais), j'ai repris ce tout petit livre au titre extraordinaire dans ma bibliothèque perso. Sûr que le résultat serait de me faire rire et de prendre un plaisir réel, (pari largement réussi !) autant que celui de Perec, j'imagine, lorsqu'il a écrit ce bouquin fou.  Il y joue avec les mots, les détourne de leurs sens, les transforme, avec les phrases en les réécrivant de différentes manières. Enfin, bref, un vrai bon moment de lecture. Maintenant, à quoi bon résumer l'histoire ? Si je vous dis qu'un groupe de jeunes gens amis mettent tout en oeuvre pour éviter à l'un des leurs de partir faire la guerre en Algérie, vous n'aurez alors que le fil rouge du livre, mais le plus important réside dans l'écriture, les vrais trouvailles littéraires de Perec.

Pour tous ceux que cela intéresse, je note toujours l'édition originale, mais ce petit livre (110 pages) est aussi édité chez Folio, donc à petit prix : ce serait dommage de le rater.

Voir les commentaires

Monsieur Pain

Publié le par Yv

Monsieur Pain, Roberto Bolano, Les allusifs, 2004


Voici la quatrième de couverture : "Paris, avril 1938. [...] le poète Vallejo se meurt, possédé d'un hoquet incurable. Surgit alors un homme étrange aux poumons brûlés, acupuncteur féru de sciences occultes, Pierre Pain, qui eût pu arracher Vallejo à la mort."


Je pensais qu'avec cette approche et le style résolument décalé des Allusifs, je m'intéresserais à l'histoire. Que nenni ! Je n'ai pas réussi à entrer dedans. De trop nombreuses digressions m'ont rendu la lecture incompréhensible. C'est pourtant une écriture classique, agréable, et une époque qui me plait, mais j'ai fini en diagonale, très vite.

Voir les commentaires

Les quatre vérités

Publié le par Yv

Les quatre vérités, David Lodge, Rivages, 2000


Je ne connaissais pas du tout David Lodge et en visitant le blog de Keisha, j'ai vu son billet enthousiaste. J'ai donc sauté le pas. Dans Les quatre vérités, quatre personnages : Adrian, un écrivain qui ne se remet pas  d'un succès des années auparavant, sa femme Eleanor, un ami du couple, Sam, scénariste pour des séries et feuilletons télévisés et Fanny, une journaliste effrontée et féroce. Tout commence par un article très méchant écrit par Fanny sur Sam. Celui-ci, meurtri demande à son ami Adrian de le venger en rencontrant Fanny. C'est un roman (plus exactement, une novellisation de David Lodge d'une de ses pièces de théâtre ) drôle, caustique. Aucun des personnages n'est tout blanc ou tout noir. A chacun son petit secret. En prime et en toile de fond du roman, David Lodge s'intéresse à la différence entre la Littérature avec un grand "L" et les exigences médiatiques. Savoureux.

Voir les commentaires

Le chemin des sortilèges

Publié le par Yv

Le chemin des sortilèges, Nathalie Rheims, Ed. Léo Scheer, 2008


"Un jour, il est parti. Lui qui l'avait vue naître et accompagnée depuis toujours, il s'est retiré dans la solitude.
Dix ans plus tard, elle retrouve sa trace et le rejoint pour comprendre ce qui s'est passé. Dans une maison aux apparences trompeuses commence un huis clos où les cauchemars se confondent avec le réel.
Les souvenirs resurgissent à travers les contes de fées qu'une main invisible dépose chaque soir à son chevet."

Extrait de la quatrième de couverture, qui permet d'introduire au mieux cette histoire. Voici donc un roman lent, à l'écriture simple, sans effets de style ; c'est heureux d'ailleurs parce que cette écriture et cette lenteur permettent d'accéder plutôt aisément à un livre à la construction parfois déroutante, oscillant entre réalité, rêves et cauchemars. C'est aussi ce qui fait son originalité, ainsi que l'évocation et l'utilisation des contes de fées comme révélateurs des souvenirs. On avance lentement dans la mémoire de la narratrice et l'on ressent, au fil des pages, quantités de secrets et non-dits. Nathalie Rheims parle de la vie/la mort, l'amour, le désir d'enfanter ou non, la jalousie. Tout y est traité directement, mais pudiquement. Je n'aurais qu'une seule réserve, assez minime, c'est que j'ai senti une petite longueur d'une dizaine de pages (en abordant le conte La petite princesse), mais vite dissipée car assez proche de la fin du livre, qui elle, m'a repris et remis dans le livre.
Pour résumer : une belle découverte ce livre de Nathalie Rheims (que je ne connaissais que de nom, même si elle écrit là son dixième livre !) ; si vous voulez une lecture qui change un peu de vos lectures habituelles, n'hésitez pas !
Sylire et Brize vous donnent aussi leurs avis.

Voir les commentaires

Les pirates, une aventure avec les baleines

Publié le par Yv

Les pirates, une aventure avec les baleines, Gideon Defoe, Le dilettante, 2007


Prenez les mêmes pirates que dans l'aventure précédente avec les savants, ajoutez une Cutlass Liz qui répare et vend des bateaux de pirates et qui ne rigole pas avec les délais de paiement, incorporez Achab, un marin qui court après une baleine blanche lui ayant dévoré une jambe. Ecrivez tout cela dans un style résolument humoristique et décalé, voire complètement frappé (comme doit l'être l'auteur pour inventer de telles situations) et vous reprendrez bien une seconde tournée des aventures des pirates, avec l'incomparable Capitaine pirate. On annonce une nouvelle aventure (avec les communistes) en 2008 : je suis preneur !

Voir les commentaires

Les pirates, une aventure avec les savants

Publié le par Yv

Les pirates, une aventure avec les savants, Gideon Defoe, Le dilettante, 2006


Imaginez un bateau de pirates avec des pirates dedans. Aucun n'a de nom : ils sont  appelés par une de leurs caractéristiques (le pirate à l'écharpe rouge, le pirate albinos, ... et le capitaine pirate, comme de bien entendu). Tous aussi naïfs et sots les uns que les autres. Ajoutez à cela une rencontre aussi fortuite qu'improbable avec des savants, dont Charles Darwin jeune, avant sa théorie. Mettez-y en plus un chimpumain (explication dans le livre), une dose extra forte d'humour british, typé Monty Python (anachronismes des situations, des dialogues). Vous obtenez un mélange très drôle, très rafraîchissant et réjouissant, écrit par un soi-disant descendant de Daniel Defoe, Gideon Defoe. Retrouvez chez Ys le même enthousiasme pour une autre aventure : Les pirates, une aventure avec les baleines, que je vais m'empresser de lire.

Voir les commentaires