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roman

La belle de Joza

Publié le par Yv

La belle de Joza, Kveta Legatova, Ed. Noir sur blanc, 2008
Tchécoslovaquie, pendant la guerre, Eliska, jeune femme médecin promise à un brillant avenir est traquée par la Gestapo. Elle est obligée de s'enfuir en liant son destin à un homme laid et frustre, Joza, qu'elle a remis sur pied. Elle l'épouse, et vit avec lui en Moravie, dans un hameau de montagne, elle, la citadine habituée à une vie intellectuelle et brillante. Pour sauver sa vie, elle renonce provisoirement à ses rêves.
Histoire simple de deux personnes qu'absolument  tout oppose et qui vont devoir vivre ensemble. Déjà écrite et déjà lue pensez-vous ? Et bien , vous avez raison. Seulement, pas de cette manière. Tout le talent de Kveta Legatova réside dans l'écriture de cette histoire toute simple en y mettant une dose de suspense et en faisant de ses personnages, des êtres que l'on a envie de voir évoluer. Ces deux-là vont vivre des moments intenses pendant une période étrangement tranquille compte tenu des événements qui se déroulent à quelques kilomètres seulement. Les montagnes les préservent de la fureur et des tueries qui  finiront par arriver et détruire tout sur leur passage. Une belle découverte que cette auteure de 90 ans cette année, et qui, avec ce livre fait partie de la sélection du prix Inter C-E.

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Les Naufragés de l'île Tromelin

Publié le par Yv

Les Naufragés de l'île Tromelin, Irène frain, Ed. Michel Lafon, 2009
Ce livre est basé sur des faits réels, mis au jour par Max Guérout. En 1761, L'Utile, bateau français, échoue sur un bloc de corail au large de Madagascar. Cette île non répertoriée, toute petite sera un lieu de cohabitation entre les Blancs de l'équipage et les Noirs, esclaves achetés en toute illégalité par le Capitaine Lafargue. Se nourrir, trouver de l'eau et construire un bateau pour s'échapper, Blancs et Noirs y travaillent ensemble. Mais au moment de partir, 57 jours après le naufrage, il n'y a de place sur ce bateau que pour les Blancs. On promet alors de revenir chercher les Noirs très vite. Ce qui sera fait, mais ... quinze ans plus tard ! En 1776, il ne restera que 8 survivants dont un bébé.
Oscillant entre récit et roman -c'est du moins l'impression qu'il donne- ce livre relate donc des faits réels. J'ai mis du temps à entrer dedans (environ 60/70 pages). Ensuite, tout se déroule comme prévu. Pas de surprise, puisque l'on connait l'histoire avant. Je ne sais pas si Irène Frain s'est cantonnée aux faits connus ou si elle a "brodé" dessus. Dans le premier cas, on comprend alors le manque d'épaisseur de beaucoup de personnages, par manque d'information,  et dans le second, on aurait aimé plus de présence, des Noirs notamment et de quelques autres individus décrits succinctement. On suit surtout les pensées, évolutions et l'éveil à l'Humanité des trois personnages principaux : Herga, le médecin et Heraudic, l'écrivain du bateau qui ont écrit chacun une version du naufrage et du sauvetage, et surtout Castellan, le second du bateau ayant pris d'autorité le commandement après le naufrage du bateau et du Capitaine Lafargue.
La lecture n'est pas désagréable, mais pas exaltante non plus. Certes, on a envie d'aller au bout assez vite pour connaître les raisons de l'abandon des esclaves, même si on les pressent aisément. Je garderai une sensation assez forte de l'histoire. De la manière de la raconter, un peu moins. L'auteure survole un peu trop son sujet et le style ne me convient pas même si je concède qu'Irène Frain écrit très bien, classiquement et que son livre peut plaire à bon nombre de lecteurs. Le style qu'elle emploie pour le chapitre concernant le sauvetage des Noirs, plus rapide, avec des phrases plus courtes me sied par contre tout à fait, mais il ne dure qu'un chapitre et tranche avec le reste du livre.

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Histoire de Tönle

Publié le par Yv

Histoire de Tönle, Mario Rigoni Stern, Ed. Verdier poche, 1998
Tönle (prononcer Ténle) est berger, sur le plateau d'Asiago, à la frontière de l'Italie et de l'Autriche-Hongrie. Il est né dans les années 1830/1840. Pour survire, il est contrebandier, mais se fait prendre par les douaniers. Il se défend, s'enfuit. Il est condamné à la prison par contumace et ne peut plus revenir chez lui. Il vit de petits travaux dans divers pays, revient chez lui à la mauvaise saison, en cachette des autorités. Une amnistie, en 1904, lui permet de rentrer officiellement au pays. Et là, il redevient berger, et le reste jusqu'à la fin de sa vie même aux plus forts des batailles de la guerre 14/18.
C'est un petit roman attrayant à plus d'un titre. D'abord Tönle est un personnage fort, romanesque bien que taiseux et pudique. Ensuite, la frontière et la difficulté de vivre dans ses environs, surtout aux moments de conflits est omniprésente : peut-être cela parlera-t-il plus à des Alsaciens qu'à moi qui suis de Bretagne ? Et enfin, ce livre a le mérite de parler de la première guerre mondiale, mais d'un côté que je ne connaissais pas : les Italiens contre les Autrichiens. Dans ce qu'on lit communément chez nous, il est question des tranchées et des combats entre Français et Allemands. Ici, point de tranchées (montagnes obligent !) et point de Français. Un point de vue différent et intéressant. Cependant, malgré la relative modestie du livre (132 pages), il y a des longueurs et notamment les passages décrivant les marches et les balades de Tönle parce que l'auteur cite beaucoup de noms de lieux que je ne connais pas et qu'il est parfois difficile de suivre, d'autant plus que Tönle marche beaucoup et vite ! Mais cet écueil est surmontable et restent les premières impressions dont j'ai parlé plus haut.

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Le chemin des âmes

Publié le par Yv

Le chemin des âmes, Joseph Boyden, Albin Michel, 2006
"1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. A sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier, qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l'engagement dans l'armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l'enfer des champs de bataille en France..."
Voilà pour la mise en bouche, écrite en quatrième de couverture. C'est un roman -le premier de Joseph Boyden- lent, sombre, prenant. Je n'ai pu le lire que lentement, moi qui lis plutôt vite d'habitude. L'atmosphère, quand elle parle des tranchées en France et en Belgique est étouffante, pesante, boueuse, oppressante, mais quand elle aborde les grands espaces des Indiens libres du Canada  -c'est à dire non parqués en réserve-, elle aère le lecteur lui donne une bonne bouffée d'air, pour lui permettre de se replonger dans l'enfer de la guerre. L'auteur alterne les chapitres parlant de la guerre avec ceux qui racontent l'enfance et la vie de Xavier et Elijah avant la guerre. Ces deux pans de l'histoire des deux hommes  sont absolument passionnants. Je suis persuadé que ces deux personnages, ainsi que leurs compagnons d'armes et Niska la tante de Xavier hanteront les lecteurs pendant longtemps, enfin moi, sûrement ! Difficile de les effacer de la mémoire comme cela. 
C'est un roman qui ne peut laisser indifférent  malgré une noirceur certaine. Et même si une telle histoire, décrite de cette manière aurait tendance à vous faire fuir, prenez  juste un peu de courage pour emprunter le livre et commencer sa lecture, vous ne regretterez pas. Toutefois, si vous hésitez encore, voici la critique de Jim Harrison (excellent écrivain étasunien : Légendes d'automne, notamment), qui j'espère saura vous donner l'envie de lire ce roman : "Un roman lumineux et sombre à la fois. il vous fera peut-être souffrir, mais ça en vaut véritablement la peine. Irrésistible"

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Les carnets de guerre de Victorien Mars

Publié le par Yv

Les carnets de guerre de Victorien Mars, Maxence Fermine, Albin Michel, 2008
Victorien Mars, le narrateur, et ses compagnons subissent la guerre des tranchées, durant le conflit de 1914-1918. Au milieu du conflit, vers 1916, ils sont envoyés à Verdun, sous les ordres d'un adjudant psychopathe, surnommé l'As-de-Pique.
Malgré une période qui m'intéresse, tant elle peut être prometteuse d'histoires variées, intéressantes et fortes, les carnets de Victorien Mars ne tiennent pas la route. J'ai eu l'impression d'un roman vite écrit dans un style passe-partout et dans une époque pas assez documentée et finalement, pas assez présente, ce qui est un paradoxe puisque quasiment toute l'action du livre se passe pendant la Première Guerre Mondiale ! Beaucoup de clichés, de descriptions déjà vues, lues ou entendues n'apportent rien au lecteur et nuisent à la densité du roman et de son contexte. Quant aux personnages, eh bien, c'est tout comme : palots, fades et sans saveur.
Vous comprendrez que je n'ai pas aimé ce livre, mais j'ai quand même, après moult auto-motivations, réussi à aller jusqu'au bout de ma lecture, ce que vous n'êtes pas obligé de faire.

 

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C'était l'an 42

Publié le par Yv

C'était l'an 42, Nella Bielski, Quidam éditeur, 2008
1942. Karl Basinger, officier de la Wermacht, en poste à Paris prend conscience de la barbarie nazie et s'interroge sur le régime hitlérien.
Hans Bielenberg, lui, a déjà pris sa décision et conspire activement.
A Kiev, Katia Zvesdny soigne les enfants et sa famille.
Roman étonnant et décevant. Etonnant, parce que pendant deux parties, on suit Karl et Hans : leurs questionnements, leurs doutes, et puis, plus rien. Troisième partie, comme tombée de nulle part, apparaît Katia. Un vague rapport la lie avec Karl à la toute fin du livre, mais on se demande réellement ce qu'elle vient faire dans cette histoire. A la limite, si on m'avait dit que c'était un recueil de nouvelles, j'aurais trouvé le procédé de les relier entre elles, même par un fil ténu, intéressant, mais là, c'est un roman et sa structure me laisse pantois.
Décevant, parce que le début est bien mené, mais très vite, le livre ronronne et finalement tourne à un rythme très ralenti. Les personnages manquent d'épaisseur, et l'époque, sur laquelle il y a beaucoup de choses à dire, n'est qu'une toile de fond, douloureuse, certes, mais peu décrite.
Joëlle a donné son avis, qui ressemble au mien. Ce livre fait partie de la sélection pour le prix inter C-E.


 

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Une poupée dans un fauteuil

Publié le par Yv

Une poupée dans un fauteuil, Gérard Glatt, Ed. Orizons, chez l'Harmattan, 2008
Un roman difficile à résumer, c'est la raison pour laquelle je retranscris tout simplement la 4ème de couverture.  "Un jour de juillet, dans la rue, Valentine perd soudain l'équilibre et dévale un escalier. Gravement blessée, incapable de bouger, elle appelle à l'aide. Mais les gens, ce jour-là, sont pressés... Six mois plus tard, alors qu'elle y aspirait depuis plus de quinze ans déjà, Valentine rend enfin son dernier soupir. Une disparition dont son fils, un auteur à succès du théâtre de boulevard, refuse bientôt la permanence... A quelques années de là, il exorcise "son mal de mère" dans l'écriture de ce qui pourrait être un drame. Mais on le retrouve, comme acteur, devant un public qu'il ne connait pas, avec ses incertitudes, ses bonheurs, ses dérisions..."
J'ai bien aimé cette lecture, l'écriture alternant la simplicité et le direct de phrases courtes et la complexité de phrases longues, parfois très longues -mais, je vous rassure, toujours compréhensibles-, la mise en page aérée permettant des arrêts et des reprises de lecture aisés et la structure originale du roman. Celle-ci nous permet d'être au théâtre et de suivre la préparation et la future mise en scène de la prochaine pièce du narrateur, Valentine, c'était ma mère, et dans le même temps, nous en connaissons plus sur les rapports Valentine/narrateur, sur les états d'âme de l'écrivain et ses difficultés à surmonter la mort de sa mère . L'écriture de Gérard Glatt permet aussi de visualiser les situations facilement : tout est clair. On voit très bien la scène de théâtre et les déambulations de l'acteur ainsi que les situations qu'il décrit. J'ai parfois eu l'impression d'avoir une photo sous les yeux, et pourtant le roman ne fourmille pas de descriptions pointilleuses. Le petit plus, c'est que cette écriture et le thème du livre font forcément écho à nos propres vies et à nos parents, mamans en particulier. 

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La tête en friche

Publié le par Yv

La tête en friche, Marie-Sabine Roger, Ed. du Rouergue, 2008
Germain est un homme de 45 ans, peu instruit, aux capacités dites limitées. Il vit de petits boulots, fréquente assidûment sa bande de copains et Annette, son amie. Par hasard, au jardin public, il rencontre Margueritte, une vieille dame, son opposée totale ; aussi petite qu'il est grand, aussi instruite qu'il est inculte, aussi seule qu'il est entouré. Une amitié improbable mais profonde naît, et tous deux échangent, apprennent l'un de l'autre. Pour Germain, cela se traduit par une découverte de ses capacités à apprendre et réfléchir et par la découverte des livres.
Une belle rencontre émouvante, prenante, entre deux personnes que rien a priori ne rapproche. Deux beaux personnages, bien décrits, qu'on a envie de rencontrer. Un style plaisant alternant jolies tournures et mots grossiers ou d'argot. Que des louanges -lues dans d'autres critiques, Sylire ou Flora, par exemple-, néanmoins, je suis un petit peu déçu : l'auteure frôle la caricature des personnages et l'emploi exagéré de métaphores, d'expressions toutes faites telles : "il n'y a pas de sots métiers, il n'y a que de la sotte engeance." ou "se cultiver, c'est tenter de grimper en haut d'une montagne" , tout au long du livre m'a agacé et a terni mon plaisir de lecture.
Livre qui concourt pour le prix Inter C-E.

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Corniche Kennedy

Publié le par Yv

Corniche Kennedy, Maylis de Kerangal, Ed. Verticales, 2008
"Le temps d'un été, quelques adolescents désœuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant de la corniche Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe. Entre tolérance zéro et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer..." (4ème de couverture)
Je n'ai pas "accroché" à cette histoire. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être le style très particulier de l'auteure -phrases extrêmement longues ; peut-être les lieux, l'environnement ; peut-être l'intrigue ; peut-être les personnages, pas à mon goût ? Ou plus sûrement, un peu de tout cela.
Je reconnais volontiers, que ce n'est pas un mauvais livre et je comprends aisément que des lecteurs apprécient, mais -et c'est très subjectif- pas moi !
Livre en lice pour le prix inter C-E.
 

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