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roman

L'écorce et la chair

Publié le par Yv

L'écorce et la chair, Eric Pessan et Patricia Cartereau, Ed. du Chemin de fer, 2008


Une femme roule à travers l'Italie, une fillette à bord de sa voiture. On ne sait ni qui elles sont, ni le lien qui les lie. Elles voyagent ensemble. Elles errent plutôt, tellement leur voyage est improvisé et imprévisible.
Eric Pessan est un écrivain que j'aime bien, je l'ai découvert avec Les Géocroiseurs. Il livre ici  une petite histoire pudique d'une femme en pleine interrogation. Je ne vous dirai pas que j'ai été surpris par la fin, mais j'ai pris plaisir à suivre l'errance de cette femme et de cette fillette. La forme du livre est originale : chaque paragraphe porte comme titre un chiffre -ou un nombre- qui, d'après mes déductions relate le nombre de mots écrits à l'intérieur de ce dit paragraphe. En outre, le texte est illustré de dessins de Patricia Cartereau -cf la couverture-, sorte de bestiaire et d'herbier colorés. Le seul regret est que les dessins sont trop petits pour être appréciés à leur juste valeur ; néanmoins ils font, associés au texte, de ce petit livre, un joli recueil.

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No et moi

Publié le par Yv

No et moi, Delphine de Vigan, JC Lattès, 2007
Lou est une jeune fille de treize ans surdouée, timide, pas  bien dans sa peau. Obligée de faire un exposé scolaire, elle lance l'idée de relater le parcours d'une jeune SDF. Ce sera celui de No qu'elle rencontre "par hasard" dans une gare parisienne. Se noue alors entre les deux jeunes filles, une relation étrange, qui oscille entre amitié, entraide mutuelle, rejet. Lou décide de sauver No malgré les embûches rencontrées.


Beau roman empreint de fraternité, d'amitié, d'entraide. Il décrit ces sentiments sans jamais être mièvre, et c'est là toute la prouesse de l'auteure. Les personnages n'y sont ni angéliques, ni méchants typiques. Ils sont comme nous avec nos qualités et nos faiblesses. Lou est opiniâtre et motivée, No blasée et dépressive ; elles se rencontrent et s'apprécient pourtant. Chacune aidera l'autre à évoluer et à changer. Elles sont toutes deux très présentes dans le livre et Delphine de Vigan leur donne une envergure suffisante pour qu'on y croie, ainsi qu'aux autres intervenants de l'histoire.Tout cela est écrit de manière classique et très agréable. On se prend à aimer Lou et No et à vouloir les aider à se sortir de leurs situations. Mais je ne vous dévoilerai pas la fin, donc vous ne saurez pas si mon aide leur a été précieuse.

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Un secret

Publié le par Yv

Un secret, Philippe Grimbert, Grasset, 2004


"Fils unique, j'ai longtemps eu un frère." Voici la première phrase du livre de Philippe Grimbert. Un jeune garçon s'invente donc un frère et au fil des années qui passent va découvrir la vérité familiale : un secret de famille bien caché.


Voilà pour le "résumé" d'un livre beaucoup lu et d'un film (que je n'ai pas vu, j'ai souvent un train de retard) beaucoup vu. J'avais déjà beaucoup aimé La petite robe de Paul de P. Grimbert.
Dans Un secret, l'auteur sait nous amener là où il veut. Il nous ballade, nous raconte la vérité officielle et la vraie vérité si je puis dire, sur le même ton. Drôlement bien mené.  Récit violent, sincère et touchant. Je n'ose pas en dire plus pour ne rien dévoiler si ce n'est que j'ai maintenant très envie de voir le film.

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Je dois tout à ton oubli

Publié le par Yv

Je dois tout à ton oubli, Malika Mokeddem, Grasset, 2008
Une nuit, Selma Moufid, docteur à l'hôpital de Montpellier se réveille après un cauchemar : elle s'y voit très jeune enfant, environ cinquante ans auparavant, assister à l'étouffement d'un nouveau né, par sa mère, secondée de sa tante. Selma a depuis longtemps coupé les ponts avec sa famille qui vit toujours dans le désert algérien.


Ce livre est une réflexion sur la relation mère/fille, dans un contexte très particulier : mère algérienne qui vit dans le désert et fille émancipée, devenue européenne. Il est aussi prétexte à la présentation et à la critique des us et coutumes algériens : mariage organisé des filles, dépendance et obéissance des femmes, ... Autant de sujets passionnants traités par quelqu'un les connaissant bien. Malgré tout, je n'ai réussi qu'à survoler cette histoire. Jamais, je n'ai pu y entrer. Souvent on s'identifie aux personnages, ou l'on compatit. Ici, rien. Je ne nie pas les souffrances de Selma et de sa famille, mais j'y suis resté insensible. Pourquoi ? Je ne saurai vraiment le dire. Peut-être le style de l'auteure, peut-être la forme du livre (mi-roman-mi-récit) ? Je ne doute pas cependant qu'il puisse intéresser beaucoup de lecteurs, parce qu'il m'en reste l'idée d'un livre de qualité à côté duquel je suis passé.

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Elling

Publié le par Yv

Elling, Ingvar Ambjornsen, Ed. Gaïa, 2008
Elling, 34 ans vient de perdre sa maman avec laquelle il vivait depuis toujours. Il se retrouve dans une institution psychiatrique et doit partager sa chambre avec Kjell Bjarne, un colosse aux capacités de réflexion très limitées.
Ce roman est écrit du point de vue d'Elling. C'est parfois drôle, parfois émouvant. Mais que c'est long ! J'ai essayé de m'accrocher -jusqu'à la page 120 d'un livre qui en contient 320. La mise en page est dense : on sent que l'éditeur a voulu rentabiliser le papier. Le livre est extrêmement lent. Les personnages sont intéressants, attachants, mais j'avais l'impression de tourner en rond dans une histoire qui se répétait. Toujours est-il qu'honteusement, j'ai refermé ce livre et l'ai rendu à la bibliothèque ou un lecteur plus courageux que moi s'en régalera.

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Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran

Publié le par Yv

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2001
Moïse, une grosse dizaine d'années vit tout seul avec son père qui le délaisse. Il se lie avec "l'arabe" du bas de la rue : "arabe, ça veut dire ouvert de huit heures du matin jusqu'à minuit et même le dimanche dans l'épicerie."
Je ne cours pas après les gros vendeurs de livres en général, mais j'avoue une faiblesse pour E-E Schmitt, depuis ma lecture d'Oscar et la dame rose. J'avais ensuite continué avec l'excellent La part de l'autre.
Monsieur Ibrahim raconte une très belle histoire . C'est aussi une réflexion sur la tolérance, l'amitié, un conte, un récit initiatique joliment raconté et qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique avec Omar Sharif dans le rôle de M. Ibrahim. Très fréquentable.

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Un juif pour l'exemple

Publié le par Yv

Un juif pour l'exemple, Jacques Chessex, Grasset, 2009
1942, en Suisse, dans la petite ville de Payerne, célèbre pour ses charcuteries  -l'emblème en est un cochon rose et souriant- sévit une petite clique de pro-nazis, emmenés par Fernand Ischi et "coachés" par le pasteur Lugrin. Cette fine équipe veut faire un exemple en tuant un juif local. Une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux.
A nouveau tiré d'un fait réel (comme Le vampire de Ropraz), mais cette fois-ci vécu par l'auteur, puisqu'il vivait à Payerne et avait aux alentours de 8 ans. Jacques Chessex reprend les mêmes recettes que pour Le vampire de Ropraz : un style direct, âpre, cru et franc. Tout est dit. Rien n'est épargné au lecteur, pas même les détails les plus sordides. L'atmosphère est lourde, tendue, opaque. Le ton est résolument pessimiste. Le fait est que relater ces fait divers puants et détestables engendre peu la joie et la bonne humeur. La fin du livre m'a un peu moins plu, Chessex invoquant Dieu, lui demandant pardon : ce n'est pas trop mon truc, mais ça ne rend pas moins fort et prenant ce petit livre de 100 pages.
Après la lecture de deux livres de Chessex, je me demande s'il n'est pas quelque peu misanthrope, rigide et coincé par sa religion protestante. Je ressors de ces lectures un  peu abasourdi, mais avec la conviction d'avoir lu deux livres hors du commun. C'est d'ailleurs ce qui est intéressant : à partir de faits divers, Chessex réussit à faire des livres passionnants, là où d'autres ne feraient que de larmoyantes chroniques.

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Le vampire de Ropraz

Publié le par Yv

Le vampire de Ropraz, Jacques Chessex, Grasset, 2007
En 1903, dans le pays de Vaud, trois sépultures sont profanées. Les jeunes filles enterrées sont violées et en partie dévorées. La panique s'empare de toute la région : retour des superstitions, hantise du vampirisme.
A partir d'un fait divers, Jacques Chessex écrit ce très court roman, direct, cru, avec peu de concessions pour  les habitants du Pays de Vaud, leurs croyances, leurs pratiques sexuelles, leur rusticité  ainsi que celle des lieux. Il décrit par le menu les petites mesquineries de chacun, les dénonciations, les peurs et les débordements qu'elles engendrent et finalement, la colère et un certain soulagement lorsqu'un coupable (?) tout désigné est arrêté et qu'il devient le bouc émissaire et le vampire qui arrange tout le monde. Le roman est glauque, noir, très noir, et très pessimiste, mais lorsqu'on l'a commencé on a qu'une seule envie c'est d'arriver au bout et d'en connaître le dénouement. Ce qui se fait relativement vite tellement la lecture en est rapide. Le style de l'auteur et sa façon assez froide et détachée de décrire son petit monde vaudois favorisent aussi cette rapidité. Et puis, il ne fait qu'un tout petit peu plus de 100 pages.

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L'absolue perfection du crime

Publié le par Yv

L'absolue perfection du crime, Tanguy Viel, Ed. de Minuit, 2001
Marin, Andrei, Pierre, c'étaient tous des caïds.
Et dans ce monde de traîtres, leur disait l'oncle, pour que "la famille" survive, il faut frapper toujours plus fort. Alors quand Marin est sorti de prison, lui, le neveu préféré, il a dit : le hold-up du casino, ça nous remettrait à flot.

Voilà pour la quatrième de couverture qui met en appétit, d'abord pour l'histoire et ensuite pour le style de l'auteur.
J'ai beaucoup entendu parler de Tanguy Viel pour son dernier roman Paris-Brest, mais celui-ci n'étant pas disponible à la bibliothèque, j'ai emprunté L'absolue perfection du crime, histoire de me faire une idée de cet écrivain. L'histoire est assez banale, des caïds, un peu paumés, "border line", montent un coup dont on sent bien qu'il ne réussira pas.
Ce qui est fort dans ce livre, c'est le style de l'auteur, mi-parlé-mi-écrit. Des phrases tantôt longues, tantôt très longues traitant de plusieurs thèmes, qui auraient pu être découpées en plusieurs phrases -parfois, au début du livre, on peut s'y perdre-, mais qui donnent un rythme et qui collent parfaitement aux personnages. Elles décrivent tellement bien ces caïds que, malgré ma petite difficulté du départ pour entrer dans le roman -très courte et très surmontable-, j'en suis arrivé à la conclusion, qu'il ne pouvait pas être écrit différemment.
Résultat de mon test de lecture de Tanguy Viel ? Eh bien, très concluant ; un écrivain doué dont je vais m'empresser de lire la production.

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