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roman

Prenez l'avion

Publié le par Yv

Prenez l'avion, Denis Lachaud, Actes Sud, 2009
Un avion s'écrase. Sortent de la carlingue éventrée, Lindsay et Emmanuel tous deux blessés, seuls survivants sur les 351 personnes embarquées, ne se connaissant pas. Secourus, il seront rapatriés, Emmanuel, dans le comas, à Paris et Lindsay, à Cardiff.  Les souvenirs de l'accident et les images des corps mutilés l'assaillant, Lindsay décide de partir à la rencontre d'Emmanuel le considérant comme le seul homme à aimer, désormais.
Roman intéressant et original dans le fond et la forme. Souvent, dans les romans, on suit deux personnages parallèlement jusqu'à leur rencontre. Ici, l'auteur commence par la rencontre, puis par flash-backs, nous dresse les portraits de ses héros. Lindsay, sympathique, volontaire et opiniâtre va tout faire pour revoir Emmanuel, pour surmonter sa peur liée à l'accident, pour se reconstruire, pour aimer et se faire aimer. Le doute quant au sexe de Lindsay m'a titillé jusqu'à la fin du livre. J'ai d'abord cru que c'était un garçon, puis, j'ai cru que c'était une fille. Enfin, au final -merci In Cold Blog pour ta remarque-, je ne sais plus quoi penser à ce sujet, mais ce n'est finalement pas le plus important, ça reste une histoire d'amour originale et plaisante à lire.
Le style est fluide, très agréable à lire, et l'histoire et les personnages nous tiennent jusqu'à la fin -j'ai senti un "p'tit coup de mou" aux deux tiers du bouquin, largement contrebalancé par les qualités évidentes de ce roman.

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Jeu, set et match

Publié le par Yv

Jeu, set et match, Jean-Pierre Brouillaud, Buchet-Chastel, 2009
Fan de Guillermo Vilas, célèbre joueur de tennis argentin des années 80, le narrateur se lance dans une collection concernant son idole. L'arrivée d'Internet chez lui, lui ouvre des perspectives jusqu'ici inespérées. D'abord modérée, sa fièvre d'acquisition de revues, vidéos ou objets ayant appartenu à Vilas monte sérieusement jusqu'à l'isoler des siens et du monde.
Premier roman très documenté sur le tennis et sur Vilas en particulier. On assiste à la montée de la folie chez ce collectionneur, à son isolement affectif et social.
Intéressant même si prévisible. Pas exceptionnel, mais pas désagréable, même pour les non-initiés au tennis, dont je fais partie. Rapide à lire -quelques heures d'insomnie cette nuit.
A noter une belle couverture couleur court de tennis en terre battue côtés extérieurs et couleur vert Rolland Garros côtés intérieurs.

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Une femme sans qualités

Publié le par Yv

Une femme sans qualités, Virginie Mouzat, Albin Michel, 2009
Le livre est une lettre qu'une femme écrit, pour se raconter, à un homme qu'elle vient de rencontrer. Cette femme est stérile, sans ovaires et avec un utérus d'une jeune fille de douze ans. Elle est belle, attire les hommes, mais ne ressens rien, ni dans leurs bras ni dans leurs lits.
C'est un roman direct, percutant. Une femme "différente" se raconte. Sans tabous. Sans rien omettre.
J'aime beaucoup l'écriture de Virginie Mouzat, directe, franche, crue parfois. Je suis plutôt tenté par son histoire et les personnages qu'elle décrit. Et pourtant, je ne sais pourquoi, à part quelques passages que je peux qualifier de passionnants voire géniaux, je suis resté en dehors. Un peu comme la narratrice qui reste absente de sa vie et de celle des autres, je suis resté en survol de ce livre malgré les évidentes qualités qu'il recèle. Le côté répétitif et larmoyant -si, si, ne serait-ce que le titre du livre- de l'explication de l'origine du mal être de cette femme m'a un peu agacé.  Régulièrement, l'auteure nous ré-explique que le malheur de la narratrice est dû à sa "différence". Le récit aurait pu gagner en profondeur et en légèreté avec plus d'allusions et moins de rappels. 

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Le capitaine et l'ennemi

Publié le par Yv

Le capitaine et l'ennemi, Graham Greene, Robert Laffont, 1989
Un garçon d'une douzaine d'années, pensionnaire en Angleterre, est "gagné" au Backgammon par un personnage étrange qui se fait appeler Le Capitaine. Il l'emmène chez Liza, qu'il lui demande d'appeler "mère". On comprend que cette jeune femme, stérile et en mal d'enfant est la compagne épisodique du Capitaine. Épisodique, car celui-ci est toujours par monts et par vaux, pour gagner quelques sous. Escroc ? Bandit ? Grand voyageur ?
Le narrateur est ce jeune garçon, dix ans plus tard, qui raconte donc son histoire, ayant quitté et Liza et le Capitaine.
Voilà une histoire originale, étrange et tellement bien racontée. La quatrième de couverture parle de ce roman de Graham Greene -son dernier, il est décédé en 1991- comme d'un testament, d'un prodigieux raconteur d'histoires. J'acquiesce et applaudis des deux mains.
Je croyais avoir déjà lu un ouvrage de cet auteur, mais aucun de ses titres ne me rappelle quoi que ce soit. Maintenant, cette erreur est réparée et je pense même sérieusement à continuer à combler mes lacunes greeniennes. Merci à Sébastien de m'avoir envoyé ce livre pour avoir participé au concours organisé pour l'anniversaire de son blog.

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La maison des lumières

Publié le par Yv

La maison des lumières, Didier Van Cauwelaert, Albin Michel, 2009
"Jérémie Rex, boulanger à Arcachon est entré dans un tableau de Magritte. Là, il a retrouvé pendant quatre minutes trente la femme de sa vie, au temps où elle l'aimait encore." Reprenant connaissance, sa seule envie est de retourner dans ce tableau, pour "recréer le bonheur".
Il y a très longtemps que je n'avais pas lu de livre de Didier Van Cauwelaert. J'en avais gardé le souvenir d'un livre flirtant avec le surnaturel, l'expérience extra-corporelle. Et bien, dans celui-ci, c'est pareil. Oserais-je dire que c'est le fond de commerce de l'auteur ? Pour ce que j'en connais, oui ! Malgré tout, cette histoire n'est pas déplaisante, loin de là. L'idée d'entrer dans un tableau, d'y trouver des réponses à ses questionnements est plutôt bien vue. Pour qui ne lit pas Van Cauwelaert tous les jours -comme moi-, je trouve que c'est une lecture distrayante et bien menée -j'avoue même avoir eu une forte envie d'arriver au bout. Las, c'est dit !
Finalement, parti avec un léger a priori, je ressors de cette lecture plutôt satisfait, pas enthousiaste, mais ça m'a bien plu.

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A l'angle du renard

Publié le par Yv

A l'angle du renard, Fabienne Juhel Ed. Le Rouergue, 2009
Paysan breton, Arsène Le Rigoleur vit seul dans sa ferme, héritée de ses parents. Viennent s'installer en face de chez lui, des citadins, les Maffart, avec leurs deux enfants, Juliette et Louis. Arrivée propice à l'émergence de souvenirs pour Arsène. Tout tourne autour du renard, animal symbolique, de la famille Le Rigoleur et de la ferme, leur tanière.
Fabienne Juhel utilise "un parler populaire, plein de verdeur, ironique et violent" (4ème de couverture). Son roman, construit comme une succession de souvenirs -jamais banals, toujours forts et parfois violents- d'un paysan breton est surprenant, empreint des mystères et croyances tournant autour des renards - chaque titre de chapitre contient ce mot, renard ou un synonyme.
C'est assez difficilement résumable. J'en ressors avec la sensation d'avoir lu un livre original, très bien mené de bout en bout. Ce n'est pas un polar, les secrets se dévoilent tout au long de l'histoire et on a hâte d'en connaître l'issue. Une belle découverte. La 4ème de couverture se finit par : "La singularité de Fabienne Juhel a été remarquée dans ses précédents livres" . Ses précédents livres, je ne les connais pas, mais j'adhère au propos pour celui-ci.

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Le film va faire un malheur

Publié le par Yv

Le film va faire un malheur, Georges Flipo, Ed. Castor astral, 2009
Alexis est un jeune réalisateur. Il rencontre Sammy, truand qui rêve qu'on tourne un film sur sa vie. S'imposant dans la vie d'Alexis, il l'entraîne sur une pente dangereuse. Alexis, pusillanime et velléitaire n'ose pas s'opposer, par définition, et laisse planer le doute quant à sa participation dans ce film, mettant en péril sa carrière et ses amours avec Clara.
Roman d'humour noir et grinçant. Bien écrit, avec une intrigue et des personnages  sortant de l'ordinaire : Alexis, arriviste et détestable et Sammy, truand sensible et au grand cœur. Aucun n'est tout blanc ou tout noir. Leur évolution n'est pas linéaire, des surprises les attendent à chaque chapitre, ou presque.
Néanmoins, malgré ses qualités, ce n'est pas le roman du siècle, celui qui reste longtemps en mémoire. Georges Flipo écrit sur les moeurs, us et coutumes sévissant dans la publicité et le cinéma. Je ne connais pas ces milieux -Flipo, lui les connait ! Il est publicitaire et nouvelliste pour la radio- si propices à des intrigues pas toujours reluisantes. Roman très fréquentable, distrayant et plaisant, et ce n'est déjà pas si mal !
J'avais lu de cet auteur son formidable recueil de nouvelles Qui comme Ulysse, beaucoup plus érudit, parlant de voyages et de personnes ordinaires, mais tellement bien décrites, d'où une certaine toute petite déception, mais ce n'est pas le même exercice dans les deux cas et ce roman vaut quand même qu'on s'y arrête un instant.

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L'origine de la violence

Publié le par Yv

L'origine de la violence, Fabrice Humbert, Ed. Le passage, 2009
Le narrateur, un professeur-écrivain, lors d'un voyage scolaire à Buchenwald, découvre une photo sur laquelle un homme, prisonnier, confronté à un nazi ressemble trait pour trait à son père. Il enquête alors sur cet homme, retrouve d'autres prisonniers l'ayant connu, et petit à petit découvre la vérité.


Au départ intéressé, je me suis laissé tenter par une lecture plus rapide, puis de plus en plus survolée, au fur et à mesure des pages. Si l'histoire est originale et intéressante, le propos est lourd, répétitif : le bien et le mal, l'enfer et le paradis, Dieu et Satan. Les longues pages consacrées aux diverses personnalités ayant participé à l'administration du camp de Buchenwald sont un peu pesantes. Certes, l'ambiance et la période n'incitent guère à la légèreté, mais j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop dans la dénonciation et la noirceur -jusqu'à l'assimilation des Allemands actuels avec leurs aïeuls nazis. Un récit un peu plus aéré et moins manichéen -évidemment pas dans la défense du nazisme qui est effectivement le mal absolu, malheureusement, entre autres maux- m'eut agréé davantage.

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Paris-Brest

Publié le par Yv

Paris-Brest, Tanguy Viel, Ed. de minuit, 2009
Un jeune homme installé à Paris après une mésentente familiale revient dans son pays natal, à Brest, passer les fêtes de Noël en famille. Seulement, alors qu'il était parti pour écrire l'histoire de sa famille, il revient avec, dans sa valise, le manuscrit de son roman familial.
Tanguy Viel a l'art de nous raconter des histoires banales, de nous décrire des personnages ordinaires avec un tel talent qu'il nous fait nous intéresser à eux. C'était déjà le cas, pour ma première lecture de cet auteur (L'absolue perfection du crime), ça l'est encore avec celle-ci. Dans Paris-Brest, il démonte joyeusement les us et coutumes de la bourgeoisie provinciale et brosse des portraits de ses représentants peu flatteurs.
Seulement, mon petit bémol viendrait du fait que j'ai l'impression qu'il tire toujours le même fil. J'ai eu la sensation de lire un peu le même livre que le précédent : même écriture alternant phrases courtes et phrases très longues contenant parfois plusieurs idées et propos ; écriture "parlée".

Ça reste une petite remarque de lecteur ronchon -on ne peut quand même pas dire que du bien !- qui a pris un très grand plaisir à lire ce livre. Mon voyage en Bretagne s'est bien passé et Tanguy Viel qui maîtrise parfaitement son écriture nous fait partager son histoire magistralement.

 

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