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roman

Combat de l'amour et de la faim

Publié le par Yv

Combat de l'amour et de la faim, Stéphanie Hochet, Fayard, 2009
Début du XXème siècle, aux Etats-Unis, Lula, accompagnée de son jeune fils prénommé Marie, comme La Fayette, erre d'homme en homme avec l'espoir de faire un beau mariage. Lorsqu'elle y parvient, Marie, déjà pré-adolescent, comme on dit maintenant, ne s'adapte pas à cette belle-famille qui le rejette et le met à la porte. Il erre alors à son tour, de femme en femme, dans un "combat de l'amour et de la faim", se fixant parfois, plus ou moins longtemps, mais toujours repartant.
Roman très structuré. Stépahnie Hochet maîtrise ses personnages, Marie en particulier. On progresse de l'enfance à l'âge adulte par bonds dans le temps.
Belle écriture permettant de suivre et comprendre les pensées, le cheminement et les complexités de Marie. Dans ce livre -écrit par une femme- celles-ci n'ont que des rôles secondaires, mais tellement importants, puisque toute la vie du héros tourne et se construit autour d'elles. Elles sont puritaines, prostituées, modernes, chacune lui apportant de quoi se détruire et de quoi se construire.

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Journal intime d'un marchand de canons

Publié le par Yv

Journal intime d'un marchand de canons, Philippe Vasset, Fayard, 2009
Pour le résumé, tout est dans le titre. Pour la forme, on hésite entre roman, récit ou témoignage. Le marchand d'armes est fictif, mais les pays et les protagonistes, eux, sont bien réels ; ce qui fait de ce livre un livre à part ; car c'est bien d'un roman qu'il s'agit.
Il est bien documenté et bien écrit. La froideur et le détachement du narrateur fait un peu peur. Il vend des armes comme il vendrait des cuisines ou des voitures, sans aucun état d'âmes. Seuls les clients changent. Ceux qu'il fréquente sont dangereux et parfois -même souvent- infréquentables (Pinochet, Saddam Hussein, Kadhafi, ...). Philippe Vasset montre comment les différents pays producteurs d'armes se livrent une véritable guerre commerciale sans merci pour vendre leurs produits, au mépris des embargos. Le lobby des fabricants et des vendeurs d'armes est aussi très présent dans le livre.
En fil rouge, la vie de cet homme qui se raconte à travers sa vie professionnelle. Au passage, quelques explications sur la libération des infirmières bulgares par Cécilia Sarkozy,  sur le retour en grâce et en "persona grata" de Kadhafi et sur le conflit Russo-géorgien concernant l'Ossétie du sud.
Riche, intéressant et instructif, en plus d'être original dans la forme.

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A contretemps

Publié le par Yv

A contretemps, Jean-Philippe Blondel, Robert Laffont, 2009
Le narrateur, jeune homme avide de lectures, s'installe à Paris pour poursuivre des études de lettres et accessoirement pour échapper à l'emprise de sa mère. Il sous-loue une chambre chez un homme souvent absent et taciturne le reste du temps. Une suite de hasards (?) font découvrir au jeune homme, chez une amie libraire, un livre écrit 30 ans plus tôt et oublié : A contretemps. L'auteur n'est autre que son logeur qui veut oublier cette période de sa vie.
Après une entrée en matière un peu longue, le livre enfin décolle. Certes, la ficelle -les hasards successifs- est un peu grosse, mais elle permet une présentation sans concession du milieu littéraire des années 70/80 -est-il réellement différent de nos jours ?- et une réflexion intéressante sur la production les doutes et les interrogations d'un écrivain : si tout est mis dans le premier roman, comment en écrire un second ?
C'est aussi le livre du passage à l'âge adulte pour ce jeune narrateur, confronté aux adultes, à leurs faiblesses, leurs peurs.
Roman plutôt pas mal, malgré quelques longueurs, qui vaut qu'on dépasse les 40 ou 50 premières pages un peu ennuyeuses. Le meilleur est après.

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Fake

Publié le par Yv

Fake, Giulio Minghini, Ed. Allia, 2009
Au début du livre, le narrateur, un Italien exilé à Paris, à la suite d'une rupture amoureuse, s'inscrit sur un site de rencontres. La suite est une accumulation de rendez-vous ou d'échecs avec des femmes, une sorte d'inventaire de son année amoureuse -ou plutôt sexuelle. Giulio Minghini évoque -ou dénonce- le pseudo-intellectualisme des bobos parisiens, le milieu artistique de la capitale, et bien sûr les sites de rencontres. Je ne lui reproche pas ses propos, mais d'utiliser, pour les tenir, les ficelles qu'il dénonce : un savoir sûrement étendu, mais méprisant vis-à-vis des moins cultivés que lui. Tout au long du livre, on a le droit à des citations obscures, absconses et des commentaires pédants. Livre qui vous l'avez compris ne m'a  pas plu, que j'ai même trouvé assez détestable.

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Zen City

Publié le par Yv

Zen City, Grégoire Hervier, Ed. Au diable vauvert, 2009
"Dominique Dubois, cadre trentenaire remarquablement moyen, s'installe plein d'espoir à Zen City, paradis high-tech où, grâce à la puce dont chacun est doté, on peut avoir un réfrigérateur toujours plein sans jamais aller au supermarché et être protégé 24 heures sur 24 sans même s'en rendre compte." Voilà pour le résumé, directement copié de la 4ème de couverture.

Ce récit d'anticipation est construit à partir des pages du blog et du journal de Dominique Dubois. Cette forme, originale et bien trouvée, ne permet pas à l'auteur de faire montre d'un style très personnel. C'est donc plutôt classique. Ceci étant, je ne suis pas spécialiste de ce genre de littérature, mais j'ai bien apprécié cette histoire prenante. Le suspense monte en puissance. On sent quelques mystères ou manipulation et on n'est pas déçu. Ajoutez à ce récit une pointe d'humour et le tour est joué.
L'annexe, en fin de recueil, dans laquelle Grégoire Hervier fait le point sur les recherches réellement menées dans le domaine qu'il aborde dans son roman est intéressante. Elle apporte une part de vérité dans ce récit et peut même faire un peu froid dans le dos, d'autant plus qu'une majorité des techniques décrites dans le livre existent déjà.

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Pour mon plaisir et ma délectation charnelle

Publié le par Yv

Pour mon plaisir et ma délectation charnelle, Pierre Conmbescot, Grasset, 2009

"Dans le tumulte de la guerre de Cent Ans, princes et ducs trahissent et s’assassinent pour la couronne de Charles VI, frappé de démence. Gilles de Rais, l’un des plus sombres criminels de l’Histoire, vient au monde. Compagnon d’armes de Jeanne d’Arc qu’il révère, guerrier furieux, adepte de la magie noire mais fervent chrétien, mélomane, immensément riche, prodigue jusqu’à la démesure, l’homme qui inspirera Barbe bleue est aussi parmi les plus puissants du royaume."

(4ème de couverture)

Ma première réflexion fut de me dire : "quel beau titre !" Ensuite, dans ce livre consacré à Gilles de Rais, de son enfance à sa mort, j'ai appris qu'il avait prononcé cette phrase pendant son procès, en réponse à ses juges qui lui demandaient les raisons de sa folie sanguinaire (viols, meurtres d'enfants). Après cette révélation, le titre résonne différemment.

Pierre Combescot écrit formidablement bien, n'élude rien du parcours de Gilles de Rais (même si son livre aurait pu être un pavé, tellement il y a à dire sur cet homme). La première partie du livre est assez confuse pour moi qui ne suis pas spécialiste de la période en question (fin 14° et début 15° siècles). Toutes les alliances et les mésalliances, les ententes et les divisions des Seigneurs. Beaucoup de noms propres dont certains se ressemblent. Il y a de quoi s'y perdre. 
La seconde partie, beaucoup plus centrée sur Gilles de Rais est plus intéressante. Plus horrible aussi. Ecriture nerveuse qui sied au personnage et à ses perversions. Ceci étant, je ne suis pas complètement convaincu par ce livre. La sensation d'être un peu perdu dès le début ne m'a pas permis de l'apprécier à sa juste valeur, me semble-t-il.

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Le discours sur la tombe de l'idiot

Publié le par Yv

Le discours sur la tombe de l'idiot, Julie Mazzieri, Ed. José Corti, 2008
Le maire et l'adjoint du village de Chester jettent Midas, l'idiot du village dans un puits, gênés et scandalisés qu'ils sont par son comportement. Après ce meurtre, les éléments se déchaînent : pluie, vent, tempête. Le maire fait tout pour éloigner d'eux les enquêteurs. L'adjoint, lui, est effondré par le remords et en tombe malade. Aux yeux de la population, tout désigne Paul Barabé, ouvrier agricole, arrivé au village un mois plus tôt.
Roman à "l'essence policière" mais qui s'attache à nous décrire les remords des uns, la veulerie des autres et la vie d'un village comme si on y était, Paul Barabé étant le témoin principal.
L'atmosphère est lourde, pesante et parfois inquiétante. Mon a priori de lecture fastidieuse à la vue du livre a été vite oublié. On se retrouve plongé dans ce village. J'avais envie de connaître l'issue de cette histoire, mais pas trop vite pour profiter de faire un tour dans chaque maison et voir comment les habitants vivaient ces événements. Ce que nous raconte très bien Julie Mazzieri.

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Le soir autour des maisons

Publié le par Yv

Le soir autour des maisons, Murielle Levraud, Ed. Julliard, 2009
Réjouissante cette histoire du quartier La Garde. Ses habitants : Diane la retraitée, laissée par son mari, désœuvrée, qui héberge Josépha, le temps qu'elle remette sa tête à l'endroit, un accident la lui ayant mise à l'envers et Baratte, son mari qui l'attend dans la maison d'en face ; Solange femme effacée et Paulet, son mari centré sur lui-même ; Roland, l'ouvreur de portes et Brune-Olive, sa femme qui emmène tout ce petit-monde, grâce à son énergie, sa forte présence et ses bonnes idées.
Je me suis régalé. Il est écrit en 4ème de couverture : "dans la droite lignée de Vian et de Queneau". J'ai trouvé effectivement des similitudes avec certains romans de Queneau (notamment Les fleurs bleues). Beaucoup d'humour, d'imagination, de poésie, de trouvailles d'écriture rigolotes et farfelues. Des personnages tendres, attachants et drôles. Alors, certes, tout n'y est pas vraisemblable, mais point de réel à chercher ici, et c'est ce qui fait , en plus du reste, le charme de cette fable.

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Juste pour le plaisir

Publié le par Yv

Juste pour le plaisir, Mercedès Deambrosis, Buchet-Chastel, 2009
Ce roman est très confus. Beaucoup de personnages interviennent dès le début du livre, à différentes dates et différents lieux, sans qu'on ait beaucoup de repères pour savoir qui est qui.  Je n'ai rien contre cette structure de roman, sachant que toutes ces histoires doivent se rejoindre à un moment, mais ici, page 200, on n'en sait toujours guère plus qu'au départ et ça devient long et lassant. Ajoutez à cela une certaine platitude de l'écriture et vous comprendrez, je l'espère, mon abandon de lecture aux alentours de la page 220, sur un livre qui en compte environ 500. Le même roman, en plus condensé, m'eut agréé davantage.

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