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roman

Ça coince ! (24)

Publié le par Yv

Comment élever votre Volkswagen, Christopher Boucher, Le nouvel Attila, 2014 (traduit par Théophile Sersiron, illustré par Matthias Lehmann).

"Un journaliste du Massachussets, traumatisé par la mort de son père, donne le jour à une Volkswagen 1971. Une Coccinelle, pour être précis : un vieux modèle en sale état, condamné à la casse et réclamant dès sa naissance réparations et pièces détachées. Voire une opération du cœur, organe malheureusement introuvable sur une Volkswagen." (4ème de couverture)

Un livre prometteur, illustré, un poster en prime reprenant en plus grand la première de couverture et la page 1. Keisha m'avait alerté sur son côté totalement barré et réjouissant. Las, ça ne marche pas. Christopher Boucher s'amuse, nul ne peut le contester, mais pas moi. L'humour peut se partager ou ne pas faire mouche, ce qui est le cas ici pour ma pomme. Je reste imperméable, imperturbable, enfin presque parce qu'un poil énervé quand je ne comprends pas ce que je lis. Là, je n'entrave que dalle et ça m'agace ! Néanmoins, je peux comprendre (comme quoi je comprends quand même des trucs) que l'on puisse adhérer au style et à l'humour de l'auteur.

Pas pour moi. Tant pis...

 

 

 

A l'orée de la nuit, Charles Frazier, Grasset, 2014 (traduit pas Brice Matthieussent)..

"Dans l'Amérique des Sixties, au fin fond des Appalaches où elle vit retranchée, loin des soubresauts de monde, Luce, jeune femme farouche et indépendante, se voit confier la charge des jumeaux de sa sœur défunte. Ayant vu leur beau-père, Bud, une brute épaisse, assassiner leur mère, les orphelins traumatisés se sont réfugiés dans un mutisme inquiétant, où sourd une violence prête à exploser à tout moment." (4ème de couverture)

Tout commence très bien, je suis accroché dès les premières phrases. L'histoire, le ton me plaisent. Luce est un personnage énigmatique, dont on apprend la vie peu à peu. Les enfants le sont tout autant. Charles Frazier procède par petites touches qui à chaque fois nous apprennent une nouveauté sur chaque personnage. Un récit lent, qui fait également la part belle à la nature, aux espaces. La relation entre Luce et les deux enfants se tisse lentement par l'intermédiaire de la nature, tout a lien avec elle. Puis, ça se gâte, de lent, le récit devient long, je passe des paragraphes, puis des pages, et lorsque je vois qu'il m'en reste encore plus de 200 à lire, je m'angoisse... Pourquoi faire de si longs bouquins (383 pages) avec de telles longueurs ? Ce qui me chagrine c'est que C. Frazier avait de quoi faire un beau, très beau roman avec Luce, les enfants et leur environnement, cette magnifique maison au bord du lac. Pourquoi a-t-il fallu qu'il rajoute Bud, qui n'apporte rien au récit, qui l'allège même. C'est fort dommage, ce livre qui partait fort aurait pu en le condensant être superbe. Il n'est finalement qu'un roman dilué, qui promet et déçoit.

 

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Le best-seller de la rentrée littéraire

Publié le par Yv

Le best-seller de la rentrée littéraire, Olivier Larizza, Ed. Andersen, 2014..,

Octave Carezza, trente-sept ans est professeur de littérature comparée à l'université. Lorsque ses premiers livres ont un succès d'estime, l'atmosphère entre profs devient assez lourde et il décide de devenir écrivain à temps plein. Mais vivre de sa plume n'est pas facile, et écrivain peu connu, ce n’est pas la vie rêvée d'une rock star, les filles ne se bousculent pas ni même les fans pour d'éventuelles dédicaces, signatures et plus si affinités. Octave décide alors de se donner les moyens de vivre de son art et de faire des rencontres intéressantes intellectuellement, bien sûr, mais bon, si le sexe est évoqué, pourquoi ne pas succomber. La cerise sur la gâteau quoi ! 

Roman ou suites de nouvelles humoristiques, sans doute puisées dans les aventures d'Olivier Larizza qui ne prend pas la peine de donner un pseudonyme qu'-on-ne-saura-pas-que-c'-est-lui pour son héros. Le livre est successivement enlevé, drôle, léger, décevant, attendu, osé, autobiographique, ironique, mordant, bourré de références littéraires, d'allusions à peine voilées à tel ou tel écrivain ou tel ou tel héros célèbre... Ça commence bien, avec des blagues légères, une situation décalée, des chutes si ce n'est imprévisibles au moins inattendues dans leur manière de tomber très abruptement. Tout cela dans le premier chapitre, Le jeu de l'amour et du bas art. Puis Olivier Larizza enchaîne sur un deuxième chapitre décevant, aux blagues déjà lues ou entendues qui ne font pas vraiment mouche, pour revenir avec d'autres chapitres qui renouent avec un humour plus personnel. 

Je dois bien avouer une relative déception quand même, je m'attendais à un livre plus féroce, plus mordant. Là où Olivier Larizza fait dans le calembour, le jeu de mots facile, j'aurais apprécié une plus grande implication et allons-y franchement, une critique plus vache du monde littéraire, même si je dois dire que le chapitre consacré à son éditeur est bien tourné, drôle et finalement assez méchant, je ne sais pas si les éditeurs ressemblent à ce Aristide Brillant. Le chapitre intitulé La dernière interview de Bernard Pinot-Noir : "Comment j'ai inventé la rentrée littéraire" est également bien troussé, le "témoignage" de Bukowski après son éjection de l'émission pour cause d'ébriété avancée vaut son pesant de rires et sourires.

Pour le plaisir, je vous cite mon passage préféré, tiré du chapitre Pour qui qu'on sonne le glas ? :

"- Je ne serai heureux que lorsque je serai un occis mort.

- Ce qui est un pléonasme, repartis-je dans un réflexe d'ancien prof de littérature

- Un occis mort est un pléonasme ?

- Ou une tautologie, comme tu voudras. En tout cas, ce n'est pas un oxymore, si tu m'autorises ce trait d'esprit.

- Comment un occis mort pourrait-il ne pas être un occis mort ?

- Tu confonds le pléonasme et l'oxymore. Un occis vivant est un oxymore." (P.165/166)

Un drôle de roman drôle qui souffle le réchauffé ou les reprises de blagues connues et l'invention ou la réécriture de certaines qui elles, forcément plus personnelles, me touchent plus. Il y a en lui un ton qui me plaît bien, c'est sans doute pour cela que je suis un peu sévère, parce qu'il n'y est pas sur la durée, il s'essouffle. Dommage. Un livre à intercaler entre deux romans plus plombants de la rentrée littéraire qui les fera passer plus facilement.

D'autres avis plus enthousiastes -le contraire serait difficile- : Keisha, Jostein, Gambadou, Daniel, Alex

 

 

rentrée 2014

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Le soleil des Scorta

Publié le par Yv

Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Benjamin Bachelier, Éd. Tishina, 2014.....

Lorsque Luciano Mascalzone revient à Montepuccio, village des Pouilles un jour où le soleil est plus que brûlant, il sait qu'il y mourra dans très peu de temps. Il frappe à la porte d'une femme qu'il a aimée quinze ans plus tôt, avant de se retrouver en prison. Elle lui ouvre, ils s'aiment. De cette brève union des corps naîtra Rocco, qui sera élevé par la famille Scorta dans un autre village. Rocco sera le premier des Scorta à s'installer à Montepuccio. Sa descendance y restera parfois malgré elle. La famille Scorta vivra des hauts et des bas, Carmella, Domenico, et Giuseppe, les enfants de Rocco devront faire face à la pauvreté et tenteront de se relever, pour eux, pour leurs enfants, pour l'honneur et dans le pays et sous le soleil accablant qu'ils ne peuvent quitter. 

Lorsque les éditions Tishina m'ont demandé si je voulais bien lire et commenter leur nouveau livre, j'ai d'abord, comme toujours lorsque je suis sollicité par mail, visité leur site et regardé plus largement ce qu'elles proposaient : des livres, des textes connus illustrés, Le soleil des Scorta est le deuxième, le premier est Soie, d'Alessandro Baricco. Je me suis laissé tenter -ce que je ne fais que très rarement- d'abord parce que je n'avais jamais lu ni ce roman de Laurent Gaudé, ni aucun autre d'ailleurs et ensuite, parce qu'un roman illustré, cela me faisait renouer avec mes années adolescentes et les romans de Jules Verne ou les romans d'aventures illustrés que je lisais. Je reçois donc ce livre aimablement envoyé par Antoine Ullmann, et ma première impression est excellente, puisque le livre est beau. Gros et beau. Une couverture au "pliage complexe qui fait rager les imprimeurs" (p.366 -et oui, je lis jusqu'au bout, même les indications finales de fabrication du livre), qui donc se déplie, façon poster, recelant en son recto un arbre généalogique des Scorta. La mise en page et la police sont irréprochables, et la version italique d'icelle est très classe et facilement lisible, ce qui n'est pas toujours le cas des polices en italique.

Je continue mon exploration en commençant la lecture du roman, et dès les premières lignes, je suis totalement embarqué et ceci, jusqu'au bout, sans aucun temps mort. Je rappelle ici aux ignorants -dont je faisais partie avant, mais c'était avant- que Le soleil des Scorta est écrit en 2004 et qu'il a reçu le Prix Goncourt cette même année, ce qui n'est pas à mes yeux une preuve de qualité de l'œuvre littéraire, mais il se trouve que cette année-là, les jurés ne sont point trompés. Laurent Gaudé a une écriture à la fois directe et poétique. Il procède par phrases courtes, parfois par images, qui s'imposent pour parler d'une chaleur indescriptible : "Un homme poussiéreux et sale entrait dans la maison des Biscotti, à l'heure où les lézards rêvent d'être poissons, et les pierres n'y trouvèrent rien à redire." (p.17). Les Scorta ont cette terre si pauvre dans le sang ainsi que le soleil qui les brûle mais qu'ils ne trouveront jamais ailleurs : "Jamais un Scorta, donc, ne pourrait se soustraire à cette terre misérable. Jamais un Scorta n'échapperait au soleil des Pouilles. Jamais." (p.221). Quitte à souffrir, et ils souffriront, ils restent à Montepuccio. C'est un roman sur l'attachement tant aux siens qu'à la terre, sur l'honneur -à l'ancienne- d'une famille rurale et fière, consciente qu'elle n'existe en tant que telle que sur cette terre. Une saga avec des personnages plus forts que d'autres qui sortent du lot, qui forgeront l'ossature de la famille mais qui ne peuvent le faire que parce qu'ils sont tous ensemble. Une ode à la famille, aux liens familiaux ou non que l'on tisse dans sa vie. Un texte magnifique et fort que je ne regrette pas de n'avoir pas lu plus tôt, car j'ai pu, grâce à cet oubli, le lire dans sa version illustrée par Benjamin Bachelier. 

Les illustrations sont très variées, dans les techniques (aquarelles, dessins, acryliques -bon, là j'ai pris les renseignements dans le dossier de presse) et dans les thèmes, les tons et les couleurs. Ils collent parfaitement au texte. Les dessins sur la chaleur accablante rajoutent quelques degrés, par leurs couleurs chaudes. Ceux qui sont dans le chapitre sur la tarentelle sont absolument formidables, en noir et blanc et l'on voit la danse voire la transe des gens dessinés -c'est dommage que je ne puisse pas découper les pages, je les aurais bien encadrées et accrochées. On est assez loin de mes lectures d'enfance, car là les illustrations de B. Bachelier sont vraiment une lecture particulière du roman, on prend le temps de s'arrêter de lire pour les regarder, les contempler. C'est un roman illustré pour adultes. Un très bel ouvrage, de très grande qualité à tous les niveaux, et je remercie vivement les éditions Tishina pour leur proposition.

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On aurait dit une femme couchée sur le dos

Publié le par Yv

On aurait dit une femme couchée sur le dos, Corine Jamar, Le Castor Astral, 2014....

Lorsque Samira arrive en Crète avec ses amis Claudie et Fred, ils ont l'intention de s'y installer. Puis elle rencontre Eleftheris, en tombe amoureuse et ouvre une petite cantine sur la plage du célèbre film Zorba le Grec. Les affaires ne débutent pas bien et elle est obligée de demander à Fred et Claudie de partir car ils ne peuvent vivre à quatre sur les chiffres du restaurant. Lorsque les affaires commencent, elle a du mal à accepter ce qu'elle juge être une trahison envers ses amis, qui ne le sont d'ailleurs plus. Puis, elle est témoin d'un meurtre commis par le frère de son mari qu'elle ne dénonce pas, la violence du meurtrier qu'elle subit à l'issue du meurtre est un moyen de pression terrible. Tout cela la mine malgré une affaire qui tourne bien. Et cet enfant qui ne veut pas venir... 

Cet enfant qui ne veut pas venir, c'est le narrateur, qui attend que Samira soit en paix avec ceux qu'elle est persuadée avoir trahis et avec elle-même. C'est lui qui raconte l'histoire de ses parents et des gens qui l'entourent, ce qui, au début est un peu déroutant, parce que l'on peut se perdre dans les personnages qui, en plus d'être nombreux sont nommés par leurs prénoms certes, mais aussi parfois par la future fonction qu'ils exerceront auprès du narrateur (père, mère, oncle, grand-père, ...) ; si l'on ajoute des flashbacks pas forcément clairement annoncés -mais on les repère en avançant dans le paragraphe-, on est dans un ouvrage qui demande un peu d'attention ; l'auteure demande un réel effort à ses lecteurs pour ne pas se perdre dans les tours et détours de son histoire. Et puis, le pli pris, on se dit que finalement, c'est pas mal une auteure qui se dit que les lecteurs sont intelligents (surtout quand on a réussi à s'y retrouver, sinon, on doit se dire qu'elle est trop compliquée) ! Je vous conseille donc de prendre un peu de temps à lire les premières pages, de ne pas les passer trop vite, pour pouvoir bien se repérer et apprécier à sa juste valeur cet ouvrage.

Corine Jamar dresse un beau portrait de Samira, cette femme particulièrement aimable avec la clientèle, toujours prête à rendre service, une femme forte aux yeux de tous qui fait tourner le restaurant. Mais Samira est avant tout une femme qui doute. D'elle, de la force de l'amour d'Eleftheris -sa jalousie n'en est que plus forte-, de l'amitié, de sa capacité à enfanter, de tout. Coupable de trahison, elle vit les épreuves qui suivent comme des sortes de réparations du mal qu'elle a commis. Malgré l'amitié qui la lie à Walter le vieux chef opérateur de Zorba le Grec, venu finir sa vie en Crète, malgré la reconnaissance par son travail apprécié de tous -la cantine ne désemplit plus-, malgré l'amour d'Eleftheris, Samira n'est pas en paix. 

Au début du bouquin, j'avais un peu peur, ça me paraissait confus comme je le disais plus haut, et puis, les charmes de l'écriture et de la Crète sont venus et ne m'ont pas quitté jusqu'au bout, jusqu'à l'ultime phrase, simple et qui sonne comme la fin d'un conte philosophique, vous savez comme la célèbre "il faut cultiver son jardin", comme une philosophie de vie : "C'est drôle comme souvent dans la vie, on obtient ce qu'on veut au moment où ça nous occupe moins l'esprit, au moment où -comme aurait dit Claudie avec ses mots de psy- on lâche enfin prise." (p.212) Entre les deux, Corine Jamar donne à aimer ou au moins à découvrir la Crète, c'en est presque une incitation à y aller illico, mais attention, pas dans ces grands hôtels détestables dans lesquels on ne voit rien du pays et qui ont détruit une partie de la beauté des sites, non, chez les autochtones, les écouter parler de leurs pays, de leurs traditions. Elle parle beaucoup de la nature, de la mer, des montagnes, de la forte relation des Crétois avec leur environnement naturel : "C'est étrange, cette différence qu'il y a entre l'homme et la nature. Même quand la nature fait du mal aux hommes, que la mer les engloutit dans une tempête, que les arbres frappés par la foudre les écrasent, que la montagne les précipite dans un ravin, même quand elle se met en colère, la nature reste belle, et pas l'homme. La laideur qui déforme les traits du visage haineux du meurtrier est peut-être la punition que lui infligent les dieux. Une marque d'infamie." (p.101) Je rebondis sur cet extrait, parce que l'autre grand thème de ce livre est l'omniprésence des dieux grecs anciens qui guident les personnages ou expliquent les faits. Alors rassurez-vous rien de totalement mythologique là-dedans, j'avoue mon inculture crasse en la matière -et oui, encore une lacune, je vais finir (si ce n'est pas déjà fait) par passer pour un véritable crétin- si Corine Jamar invoque le nom des dieux, elle explique toujours leurs rôles et comment ils viennent en aide aujourd'hui à Samira et aux autres. Zorba est aussi un apport important : malgré la difficulté l’échec, il chante et il danse le sirtaki -d'ailleurs saviez-vous que cette danse fut créée pour ce film ?-, gardant ainsi une certaine folie, une fraîcheur, un lâcher prise et l’on rejoint ici le final du roman qui en plus d’inciter à voyager en Crète –à force je vais demander aux éditeurs de me payer des séjours dans les pays que décrivent leurs auteurs- donne envie de revoir le film.

 

rentrée 2014

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L'audience

Publié le par Yv

L'audience, Oriane Jeancourt Galignani, Albin Michel, 2014...,

Debbie Aunus, jeune professeure de maths dans un lycée de la petite ville de K. au Texas est jugée pour avoir eu des relations sexuelles avec quatre lycéens, majeurs, un crime passible d'une peine d'emprisonnement dans cet état, depuis 2003. Pendant les quatre journées d'audience, la vie de Debbie sera disséquée, analysée, commentée. Pourquoi Debbie ne dit-elle rien ? Pourquoi son mari, combattant en Afghanistan, ne lui reproche rien ? Qui est la mystérieuse personne qui la suit nuit et jour avant le procès, avant même que les relations qu'elle entretient avec les garçons soient connues ? 

En quatrième de couverture, l'éditeur précise que la base de ce roman est un fait divers. Oriane Jeancourt Galignani tient alors ses personnages et s'en empare pour construire son roman. Dès le premier jour d'audience on sait que Debbie s'est mis tout le monde à dos. Dans cette petite ville du Texas, on n'aime pas le scandale, on n'aime pas qu'une adulte use de son pouvoir pour séduire des garçons -majeurs, qui pourraient aller se battre en Afghanistan, ils seraient alors des héros, mais qui n'ont pas le droit d'avoir des rapports sexuels avec une femme plus âgée. Dans les États-Unis bien pensants, puritains, un scandale sexuel est mal vu. O. Jeancourt Galignani oppose Debbie et ses pulsions, ses désirs sexuels -attribués en général aux hommes, elle gêne aussi en cela qu'elle n'entre pas dans sa case de femme-de-militaire-mère-de-trois-enfants forcément dévouée à l'un et aux autres- à la procureure Liz Lettown, bon chic bon genre déjà remarquée pour son combat contre les outrages aux bonnes mœurs qui incarne le puritanisme le plus pur, qui cache souvent lui aussi ses petites perversions. Pour Liz Lettown il faut absolument faire de Debbie une mauvaise femme, une coupable, c'est grâce à ce procès, si elle le gagne, qu'elle pourra avoir un poste plus intéressant, c'est son tremplin. Laquelle est la plus perverse finalement, la plus retors ?

Oriane Jeancourt Galignani commence son roman par Debbie, puis petit à petit d'autres personnages, d'autres histoires apparaissent, celles de son mari, de sa mère, des garçons avec lesquels elle a couché, de Jimmy son avocat, de Louis Gordon le juge et de Liz Lettown qu'il désire. C'est un récit direct, franc et parfois cru, qui va au plus court tout en s'attardant sur les motivations des uns et des autres. On sent bien que les pulsions de Debbie vont causer sa perte, dans ce pays dans lequel le manichéisme est roi, dans lequel on connaît la différence entre le bien et le mal, la ligne de séparation est claire, nette.

Mises à part quelques longueurs, quelques répétitions à mon sens inutiles, quelques maladresses (comme celle qui consiste à inclure 3 années bissextiles sur une durée de 5 ans) ou des coquilles : "Cinq hommes, sept femmes quittent à l'heure bleue la veille d'une maison et rejoignent le centre-ville de K." (p.11), "Mais dès qu'il repère une tribune dans un périmètre de deux cents, il pique dessus comme l'albatros sur un morceau de verre." (p. 45/46), j'ai trouvé ce roman fort intéressant. On reste jusqu'au bout pour savoir ; on espère que Debbie n'ira pas en prison pour quelques parties de jambes en l'air, on se demande même pourquoi elle est accusée et de quoi ? Maîtrisé et bien construit, en un huis clos un peu oppressant, à la manière d'un polar. Une écriture fine, ciselée qui va au plus direct et au plus profond de Debbie qui n'en fait ni une sainte ni une dépravée mais une jeune femme perdue qui demande de l'attention et éventuellement des soins psychologiques plus que de la prison. Un très beau personnage de roman, de ceux qui restent collés un moment à la mémoire des lecteurs.

 

 

rentrée 2014

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Mémoires d'un appui-tête

Publié le par Yv

Mémoires d'un appui-tête, Marc Jolivet, Ed. de l'Aube, 2014....

Pierre Blistrac est en colère. Il a fait Paris-Marseille en TGV pour aller passer une audition de Premier violon pour l'orchestre philarmonique PACA. Son voyage fut exécrable, la faute au manque d'appui-têtes latéraux dans les trains : il n'a pas pu suffisamment se reposer et a raté son audition. Pierre organise la résistance, et bientôt se retrouvent autour de lui beaucoup de personnes, oubliés de la société. Le combat prend forme. 

Sait-on qu'on est devenu un vieux con lorsque les humoristes du moment ne nous font plus rire ? Personnellement, mes zygomatiques restent au repos assez souvent lorsque j'écoute la palanquée de nouveaux auto-proclamés humoristes qui, en fait, ne font que se refiler des expressions et des bonnes blagues entre eux : il suffit que l'un trouve un bon truc pour que tous foncent dessus : n'a t-on pas dépassé l'overdose sur la petite taille et les talonnettes de l'ancien Président, le manque de voix de sa dame, les rondeurs de notre actuel Président et sa supposée mollesse, ... ? Il me faut toute l'absurdité d'un Ben ou d'un Arnaud Tsamère pour me réconcilier avec la génération actuelle des rigolos, sinon, je tape dans les vieux pots : les excellents Frères Taloche -que je vais voir en fin d'année-, les inégalables François Morel et Stéphane de Groodt -qui, vous l'avez remarqué sont des acteurs-chroniqueurs- et mon chouchou depuis longtemps, que j'ai eu la chance de voir en spectacle, il y a pfff, quelques années, l'auteur de ce livre burlesque, Marc Jolivet !

En lisant cette histoire, on entend la voix de l'auteur qui nous la raconte à l'oreille. A partir d'une mésaventure banale, il construit une mécanique implacable, des enchaînements de faits qui montent crescendo. Un peu comme le livre ou le film La vague, mais en jouant sur l'humour, l'exagération, le burlesque : rappelez-vous que le combat est : "Des appui-têtes latéraux dans tous les trains du monde !" Un point de départ loufoque qui prend forme dans la tête de Pierre, qui attire et devient très vite un joyeux bordel, un amas foutraque d'idées venant des extrêmes droite et gauche, mais aussi de l'écologie et des diverses opinions courantes et/ou plus confidentielles : pour réussir, il faut faire plaisir à tous, promettre et ne pas tenir. Au départ, il s'agit quand même de défendre les plus faibles face aux plus forts qui leur demandent toujours de plus en plus en les payant moins. Marc Jolivet pousse le bouchon et l'on sourit... jaune lorsqu'on repense aux propositions récentes du Medef pour créer des emplois : abolir le SMIC, supprimer des jours fériés, revoir les différentes aides sociales et notamment la sécurité sociale et bien sûr revenir aux 39 heures sans augmenter les salaires... Qui finalement de Marc Jolivet ou des responsables du Medef est le plus excessif ?

J'ai ri. J'ai ri franchement. J'ai ri, plus inquiet. Dans son délire, Pierre marie Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pour une démonstration politique que ses suiveurs accueillent avec liesse, il met aussi en scène un journaliste, directeur du journal L'express, qui se fait appeler CB -pour info, Christophe Barbier signe la préface de ce livre- et qui demande à Pierre s'il se présentera à l'élection présidentielle : "Vous auriez une chance : vous avez le vent en poupe. Nos dirigeants sont tellement mauvais qu'aujourd'hui, tout le monde a une chance." (p. 148)

Marc Jolivet signe là un roman barré, rocambolesque, critique et méchant, un probable exutoire à sa colère contre le monde politique actuel très en-dessous de nos attentes et des contraintes mondiales. Je parlais récemment politique avec un ami et je faisais référence à un bouquin que j'ai lu il y a longtemps, Le principe de Peter de Laurence J Peter et Raymond Hull que l'on peut résumer très succinctement à cette phrase : "Tout homme tend à s'élever jusqu'à son niveau d'incompétence." Je crains que nos élites politiques y soient parvenues, il ne vient plus rien d'eux ni idées nouvelles ni réelle volonté de bouger et ce n'est pas le retour en politique -plus que prévisible- d'un ex qui changera la donne, il a largement participé à vérifier le fameux principe ci-dessus évoqué.

Sur ce, je vous laisse avec ce dernier avertissement :

"Ami lecteur, devant ces pages, ne te gausse point trop. Cette histoire se déroulera très prochainement. 2016 ? 2017 ? 2018 ? Seras-tu toujours présent ?" (p. 189) 

 

 

 

rentrée 2014

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Prague, faubourgs est

Publié le par Yv et Eric

Prague, faubourgs est, Timothée Demeillers, Asphalte, 2014...

2003, Marek a quitté Prague depuis sept ans pour les Etats-Unis avant d’y revenir, revoir ses amis Jakub et Katarina. Il espère que leurs retrouvailles seront à la hauteur de ce qu’était leur amitié. Ils ont vécu au cœur de la capitale de la République Tchèque avec les ivrognes, les junkies, les prostituées, arnaquant les touristes qui, après la chute du mur de Berlin et le démantèlement de l’ex-URSS ont commencé à venir découvrir des pays oubliés depuis des années. Mais le retour ne s’annonce pas aussi facile, au fur et à mesure que Marek se rapproche de l’instant des retrouvailles son angoisse et ses souvenirs remontent en lui.

Lecture commune pour ce livre, mon ami Éric, par ailleurs co-blogueur sur les huit plumes et moi-même avons donc lu ce roman paru chez Asphalte.

Roman à trois voix. Chaque narrateur intervient trois fois, soit neuf chapitres. D’abord Marek, nostalgique absolument plus en phase avec son pays, mais plein des souvenirs et très envieux de retrouver ces moments perdus ; une belle langue, pleine de phrases longues, qui raconte la vie de rapines et de deals que menèrent Jakub et Marek. C’est un véritable plan à arnaques dans lesquelles ne pas tomber lorsqu’on est touriste ! A emporter lorsqu’on voyage ! Marek parle du Prague des années 90 au sortir du joug russe, l’ouverture au monde occidental, le rêve de l’abondance, de la consommation qui tourne vite au cauchemar de l’inflation, du capitalisme et des salaires qui ne suivent pas et donc de la frustration, puis des économies parallèles pour s’en sortir : prostitution, drogue, alcool, …

Ensuite, Scott, un touriste étasunien qui fait une virée entre potes pour se payer des filles de l’est soi-disant faciles, qui ne devraient faire aucune difficulté pour tomber sous les charmes des Américains, surtout ceux des billets verts. Scott décrit la Prague actuelle, celles des bouges, des rades miteux, des lupanars, décevante forcément, sauf peut-être pour ceux venant chercher du sexe.

Enfin, Jakub, l’ami délaissé, désabusé qui use d’une langue totalement pessimiste voire mortifère, violente et crue, revendicatrice, bourré de points d’exclamation. Jakub le trahi qui se défonce encore plus qu’avant, qui ne voit même plus sa ville, qui ne la reconnaît plus, mais qui reconnaîtrait-il, lui devenu un quasi clochard alcoolique et toxico au dernier degré ?

Le livre de Timothée Demeillers est sombre, carrément noir, pas une once d’espoir, il me couperait même mes envies de visiter Prague, moi qui en parlais encore récemment avant d’avoir lu ce roman. Maintenant, je me questionne, la place Venceslas est pleine de drogués et de dealers, le pont Charles n’est pas mieux… C’est le point noir de ce bouquin, je le trouve vraiment démoralisant, mais je dois dire que je ne connais pas la ville et que T. Demeillers, lui, la connaît, et que je suis sans doute très naïf !

Par contre, il y a en son sein de très bons points, le fait que pour chaque narrateur, l’auteur prenne un ton et un style particuliers qui font que si l’on pose le livre et qu’on le reprend en ayant oublié avec lequel on était, on le sait dès les premières lignes. Une belle maîtrise de la langue et du déroulement narratif qui laisse si ce n’est du suspense un intérêt jusqu’à la toute fin.

Asphalte publie là son premier roman français, et coup double, Timothée Demeillers signe là son premier roman, pour lequel j’émets quelques réserves quant à la noirceur mais qui fait preuve de promesse plus qu’engageantes. Assurément, Asphalte doit garder cet auteur que je suivrai avec plaisir et curiosité.

 

 

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Le jardin des pleurs

Publié le par Yv

Le jardin des pleurs, Mohamed Nedali, Ed. de l'Aube, 2014...

Driss et Souad viennent de se marier et de s'installer ensemble dans un petit studio de Marrakech. Lui est infirmier, elle serveuse dans un restaurant de la ville. Tout va bien, jusqu'au jour où Souad est agressée par un client ivre, un commissaire de police. Ils portent plainte, mais la justice marocaine n'est pas prompte à juger un fonctionnaire de police au bras très long. Pour le jeune couple, un parcours semé d'embûches, un labyrinthe juridique commence alors. Entre intimidations, extrême lenteur de la justice, corruption, le procès se déroulera-t-il un jour ? 

Mohamed Nedali s'empare d'un fait divers, d'une histoire tristement vraie pour construire son roman. Il en fait un récit très précis. On connaît quasiment tout de la vie de Driss, le narrateur, dans les moindres détails : le piston pour entrer à l'école d'infirmiers, un autre pour être nommé à Marrakech, son installation et la déco de son studio et évidemment la procédure, les reculades de la justice. Une écriture chirurgicale, rien n'est laissé au hasard. Mohamed Nedali écrit presque un témoignage sur le fonctionnement du système judiciaire marocain. Et le résultat n'est pas joli et ferait froid dans le dos. Compromission et corruption, passe-droits aux "dignitaires de l'état", c'est dire si Driss et Souad ont peu de chances de voir leur dossier aboutir : "... les magistrats [ont] des consignes leur interdisant formellement de traîner les dignitaires de l'Etat devant la justice, quel que soit le chef d'accusation pour lequel ils sont poursuivis. [...] Pour [...] ne pas entamer ce qu'ils appellent l'hiba, l'aura ou l'intouchabilité dont jouit tout haut commis de l'Etat au sein de la société." (p. 160). Un avocat ami de Driss lui explique comment fonctionne la justice, un réseau de relations et d'échanges de services : "J'ai moi aussi appris à collaborer avec mes collègues avocats, à courtiser juges et magistrats, à leur faire des courbettes, à leur graisser la patte... Qu'est-ce que tu veux, notre système judiciaire est ainsi fait : l'avocat doit s'y soumettre ou se démettre !" (p.199) L'administration en général est gangrenée par le bakchich généralisé, pour obtenir tel ou tel papier plus rapidement, un résultat d'analyse, éviter une contravention, les billets de dirhams passent vite d'une main dans une autre dans le livre.

Mohamed Nedali critique sévèrement, sans aucune concession la société marocaine, tout s'achète, se négocie, jusqu'aux prières pour un enterrement ! Néanmoins, on sent dans ce qu'il écrit tout l'amour qu'il a pour son pays et ses habitants qui vivent ces situations au quotidien. Ce n'est pas une critique gratuite pour médire, je l'ai pris plus comme une critique pour appeler à une prise de conscience et surtout à un changement radical des mentalités et pratiques, de manière descendante : que les élites commencent et ensuite, la société suivra !

Malgré la dénonciation virulente, le livre arbore plutôt un ton ironique, sarcastique et caustique. On ne se dit pas qu'il en fait trop, que là, c'est bon, basta. Non, on compatit aux malheurs du jeune couple, on espère qu'ils vont s'en sortir, et on espère surtout, que plus généralement, le Maroc deviendra un jour un pays démocratique qui permet aux pauvres d'être défendus face à des nantis ou des hommes puissants. Un bouquin fort et très accessible, absolument pas déprimant malgré le thème abordé. 

Mohamed Nedali est un auteur reconnu -bon, perso, je ne le connaissais pas- qui à reçu divers prix, celui du Grand Atlas (présidé par JMG Le Clézio) et celui de la Mamounia (présidé par C. Orban), pour des ouvrages précédents.

 

 

rentrée 2014

 

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Simon, Anna, les lunes et les soleils

Publié le par Yv

Simon, Anna, les lunes et les soleils, Verena Hanf, Le castor astral, 2014...,

Simon est désespéré, sa compagne vient de le quitter, comme ça, sans explication. Pour éviter de sombrer totalement, il part une semaine en Alsace, dans la vallée de Munster, dans un village qu'il a découvert enfant avec ses parents et qui lui a laissé un souvenir de bonheur et de quiétude. L'hôtel a bien changé, et la maîtresse des lieux aussi : une jeune femme charmante a repris l'affaire. En plein hiver, l'hôtel est presque vide, l'autre cliente est une femme, Anna, avec qui Simon se lie bientôt. Anna raconte son histoire douloureuse, qui fait écho à des pendants de la vie de Simon. 

Verena Hanf est une auteure germano-égypto-libanaise qui écrit en français, j'ai lu et apprécié son premier roman, Tango tranquille. Le roman dont je vous parle aujourd'hui est un de ces livres dont on se dit en avançant qu'on a déjà lu ce genre d'histoire, qu'il n'apporte rien de nouveau mais qu'on ne réussit pas à poser, parce que les personnages sont sympathiques, parce que l'écriture est bien agréable et que le ton s'il n'est pas à l'humour est ... comment dire ? optimiste, voilà c'est cela, optimiste ! Verena Hanf met de la légèreté dans son écriture alors que le thème est plutôt sombre, au départ au moins. Anna est la fille d'une mère-célibataire allemande. Son père, le grand-père d'Anna donc, a fait la guerre, sans croire au national-socialisme : "Le père, un homme sec et maigre, ancien employé de poste, cultivait une rancune sans issue. Il se sentait injustement traité par la vie, durement puni pour pas grand-chose : non, il n'avait pas été un vrai, un méchant nazi. Non, il n'avait pas eu de sympathie pour Hitler, non, il n'avait pas commis d'horreurs. Non, il n'avait pas dénoncé de juifs, de toute façon il n'en avait pas connu beaucoup et ceux-là le laissaient indifférent. [...] Il avait été envoyé au front, il y avait perdu trois doigts et son dernier petit reste de joie. Les Américains l'avaient détenu avant de le transférer dans un camp de prisonniers de guerre en France. Libéré en 1947, il était rentré en Allemagne -maigre, malade et misanthrope. Lui qui n'avait jamais été capable de sentiments trop passionnés, nourrissait depuis cette époque-là une haine profonde contre la France, contre tout ce qui était français." (p. 57/58)

Verena Hanf place ses personnages en Alsace, tout un symbole que cette région qui a plusieurs fois changé de pays de tutelle, et en plus, elle a raison, c'est une région superbe ! Anna, franco-allemande y a vécu son enfance -y vit toujours, mais à Strasbourg-, et revenir à Munster est pour elle nécessaire pour se confronter à ce que furent ses premières années. Elle trouve en Simon une oreille attentive, c'est parfois plus facile de se confier à un étranger dit-il à un moment. On pourrait reprocher à l'auteure un manque de profondeur des protagonistes, mais je pense que c'est plutôt le ton résolument optimiste comme je l'écrivais plus haut qui peut donner cette sensation. De fait, en posant le livre et en réfléchissant à la manière d'écrire mon article, je me suis aperçu que mine de rien, sans qu'on s'en rende vraiment compte, Verena Hanf nous en apprend pas mal sur eux. Elle aborde subtilement les questions de l'identité, de la nationalité, de la filiation, de l'amour, de la fidélité ; certes, rapidement, mais son dessein n'était pas de faire un essai sur chaque thème.

Anna et Simon sont deux personnes qu'on quitte à regret, un peu comme des amis avec qui on a passé une bonne soirée, auxquels on ne veut et on ne souhaite que du bien, des amis avec qui l'on se sent bien, réconfortants, apaisants, malgré leurs fêlures, leurs faiblesses et leurs doutes dont on pourrait écouter les confessions et vice-versa. Une certaine filiation avec les personnages des livres de Francis Dannemark, qui est le directeur de la collection "Escales des lettres" qui publie Verena Hanf. Juste un rapprochement, les personnages de Verena Hanf ont leur originalité, leurs propres vies et leurs personnalités.

 

rentrée 2014 

 

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