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polar-noir

La femme du monstre

Publié le par Yv

La femme du monstre, Jacques Expert, Ed. Anne Carrière, 2007

Simon Darget est un homme bien, apprécié de ses collègues, bon vivant, blagueur, boute-en-train, aimé de sa femme et de ses enfants. Un matin, les gendarmes viennent l'arrêter chez lui et l'enferment en prison pour le viol et le meurtre d'une petite voisine, adolescente. Ce roman, très bien chroniqué par Finette qui m'a donné envie de le lire, est en fait le point de vue de son épouse. Elle raconte sa rencontre avec cet homme si beau ; inespérée pour elle, femme très effacée. Elle raconte aussi le procès de son ex-mari (ils ont divorcé suite à l'emprisonnement de Simon). Ce roman est très dérangeant : on y suit une femme qui sous des dehors de femme soumise et effacée cache les agissements de son mari, qu'elle devine au hasard de ses lectures de journaux (un violeur agit systématiquement dans toutes les villes dans lesquelles ils passent).  Lors du procès, elle se pose en victime, femme abusée et faible. Elle n'informera jamais la police de ses doutes quant aux viols et meurtres que perpétue Simon, préférant donner aux autres l'image d'une famille et d'un couple modèles et enviés, sa seule vraie ambition dans la vie. Au fil des pages, on découvre une femme calculatrice, détestable : qui "flique" ses enfants, ne supporte pas ceux des autres, est raciste et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à son intérieur. Elle trouve même des circonstances atténuantes à son mari pour le meurtre pour lequel il est accusé (la jeune fille de 14/15 ans est bien sûr dans ce cas, provocante), mais aucune pour avoir brisé son rêve de femme et mère comblée.

Un livre, je l'ai dit, dérangeant, bien écrit, sans fioriture, sans effet de style -et c'est heureux pour une histoire si lourde. Alors, certes, ce n'est pas drôle, mais parfois la lecture sert aussi à être surpris, dérangé ou choqué pour certains qui pourraient l'être par celle-ci.

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Un sur deux

Publié le par Yv

Un sur deux, Steve Mosby, Sonatine éditions, 2008

John Mercer est un flic reconnu, respecté et admiré par les autres policiers. La mort de l'un des ses collègues, et ami proche le plonge dans une dépression. Deux ans plus tard, il revient dans son service : il n’apparaît être plus que l'ombre de ce qu'il a été. C'est au moment de son retour que le tueur en série qu'il a déjà traqué deux ans auparavant reprend lui aussi ses activités.

Soyons clair et précis : je n'ai pas aimé du tout. L'histoire est sordide, pas très originale : on a droit aux descriptions de tortures et de cadavres mutilés (je préfère de loin une suggestion à une description au scalpel des horreurs). Les personnages n'ont pas vraiment de carrure, ni les flics, ni le tueur. Enfin, un mauvais polar à mon goût, racoleur et déplaisant. Si après cela sa lecture vous tente quand même, eh bien lancez-vous dans les 415 pages qui le composent, mais je vous aurais prévenu !

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L'homme du lac

Publié le par Yv

L'homme du lac, Arnaldur Indridason, Ed. Métailié noir, 2008

Un squelette lesté par un émetteur radio est retrouvé au fond d'un lac qui se vide, en Islande. Erlendur et ses équipiers Elinborg et Sigurdur Oli mènent l'enquête.  Pour cela ils s'intéressent aux disparitions des années 60, non élucidées. Rapidement ils se forgent la conviction qu'il faut chercher vers les pays de l'ancien bloc de l'Est, communiste.

Je lisais récemment dans un Ouest-France (du 22/11/08) une interview d'Indridason expliquant que si les polars nordiques avaient en ce moment le vent en poupe c'était probablement parce les flics y étaient réalistes, humains et proches de nous. Il ajoute qu'il est pour lui inconcevable d'écrire une scène de poursuite de voitures ou d'une fusillade, simplement parce qu'en Islande, on ne s'y poursuit pas en voiture et que les policiers ne sont pas armés. J'avoue être tout à fait d'accord avec ce côté réaliste et humain des personnages des romans d'Indridason (ou Mankell entre autres), ce qui fait que j'apprécie beaucoup plus les polars nordiques que les polars étasuniens qui se ressemblent tous beaucoup.

Ma parenthèse étant faite, dans L'homme du lac, Indridason se sert de l'intrigue policière pour nous brosser un portrait peu flatteur de l'ex RDA dans les années 50/60 : une longue partie de ce roman y est consacrée, très bien documentée et très intéressante pour se faire une idée de ce qu'on vécu les habitants des anciens pays communistes. L'autre partie du roman consiste en la recherche de la vérité sur ce squelette. On retrouve avec grand plaisir les trois enquêteurs islandais englués dans leur propres soucis. Le dépaysement nordique n'est pas non plus étranger au plaisir que j'ai eu à suivre Erlendur et ses collègues.

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Comme une tombe

Publié le par Yv

Comme une tombe, Peter James, Panama, 2006


Michael Harrison enterre sa vie de garçon avec quatre de ses amis. Enclin à faire des blagues de très mauvais goût à ses camarades, ceux-ci, cette fois-ci ont bien l'intention de se venger, en toute amitié. Pour lui donner une bonne leçon, ils font donc le tour des pubs de la région, le saoulent et décident de ... l'enterrer vivant, dans un vrai cercueil recouvert de terre et d'aller le déterrer deux heures plus tard lorsqu'ils auront visité d'autres pubs. Seulement, l'enterrement fait, ils ont un accident de voiture : trois d'entre eux meurent et le quatrième est en soins intensifs. Voici donc Michael enterré vivant sans que personne ne le sache. Affolée de sa disparition, Ashley, sa fiancée fait appel à la police. Le commissaire Roy Grace est sur l'affaire.
Voilà un roman policier comme je les aime : une belle idée de départ, des personnages fouillés, très bien décrits aussi petits soient leurs rôles dans l'histoire ; idem pour les lieux. Je ne suis pas forcément adepte des comparaisons, mais j'en vois une évidente avec les enquêtes de Kurt Wallander, héros de Henning Mankell (ce qui est un compliment pour moi, car je place Kurt Wallander en tête de mes enquêteurs préférés). Les paysages nordiques en moins, mais la pluie, la campagne, les villes et les pubs anglais en plus. On suit toute l'enquête au rythme de Roy Grace -même si on en sait plus long que lui- on voit aussi les fausses pistes, les questionnements. Evidemment, je ne raconterai pas la fin, mais de rebondissements en rebondissements, elle finit par arriver et elle ne déçoit pas. Signe de qualité pour un polar. Merci à Ys pour son conseil de lecture.

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Swap

Publié le par Yv

Swap, Antony Moore, Ed. Liana Levi, 2007


A 12 ans, Harvey Briscow échange une BD, Superman numéro un, contre un cylindre en plastique à Charles Odd, dit Bleeder, le souffre-douleur de l'école. 20/25 ans plus tard, Harvey est propriétaire d'une boutique spécialisée en BD et rêve ce Superman numéro un qui a atteint une côte très haute. Il profite d'une réunion d'anciens élèves pour revoir Bleeder et lui reparler de cet échange. A partir de là, les événements s'enchaînent et rien ne va plus pour Harvey.
Sur une idée de base intéressante et une intrigue bien menée, l'auteur nous écrit un long (trop long) polar ; beaucoup de passages pourraient être allégés sans que l'histoire, l'intrigue et la psychologie des personnages en pâtissent. Je ne trouve pas non plus cet humour noir, ce roman "délectable -extrêmement drôle" que l'on nous promet en quatrième de couverture. En résumé : bien, sans plus !
Lu dans le cadre du prix inter C-E.

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La mort quelque part

Publié le par Yv

La mort quelque part, Maud Tabachnik, Editions Viviane Hamy, 1999


Sam Goodman, policier étasunien est "muté" en France suite à quelques enquêtes musclées. Il arrive à Paris, loge dans un tout petit appart dans le Marais et débarque en pleine panique causée par des attentats perpétrés et revendiqués par un certain Alex. L'enquête lui échoit, les amitiés et inimitiés françaises/américaines se font jour.
Je ne connaissais pas du tout Maud Tabachnik, ni son lieutenant Sam Googman, et finalement sous l'aspect d'un petit polar sans prétention, nous voici plongés dans une atmosphère assez pesante et une enquête qui, si elle ne crée rien de très original est très plaisante à suivre. La fin notamment est déroutante et inattendue, ce qui est toujours très agréable, mais pas toujours présent, dans un polar.

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De Niros'game

Publié le par Yv

De Niro's game, Rawi Hage, Denoël et d'ailleurs, 2008 (traduit par Sophie Voillot)


Beyrouth, dans les années 80, dans le quartier chrétien, Bassam et Georges amis d'enfance tuent le temps entre menus larcins, petits boulots et rêves d'autre part, Rome, pour Bassam. Georges, lui se rapproche de la milice chrétienne et de sa toute puissance. Bassam rêve d'un gros coup qui lui rapporterait assez pour s'en aller avec son ami Georges.
Il m'a fallu 50 pages pour entrer véritablement dans ce roman, mais après quel rythme ! Rawi Hage  (Libanais ayant quitté son pays en 1992 après la guerre civile, et désormais installé au Canada) décrit le Liban, Beyrouth et ses habitants avec rage, misanthropie et violence. Cette violence n'est pas gratuite, elle reflète ce qu'est sans aucun doute, puisqu'il l'a vécue, la guerre les privations les angoisses de ne pas toujours revoir les siens vivants ou de mourir soi-même. Entre deux passages d'une écriture sans concession, intense et virulente, quelques passages plus poétiques se glissent. Je me suis attaché aux deux personnages principaux, les admirant et les détestant tour à tour et finalement, les plaignant plus qu'autre chose.
Un vrai beau roman rageur : de la littérature qui ne repose pas ! 
Ce livre m'a été adressé par Violaine de Chez les filles (eh oui, il parait que ce n'est pas une histoire de sexe). Qu'elle en soit remerciée.

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Le jour des corneilles

Publié le par Yv

Le jour des corneilles, Jean-François Beauchemin, Les allusifs, 2004


Les Courge père et fils vivent dans une cabane au fin fond de la forêt, loin de la compagnie des hommes. Le père impose à son fils mille et une brimades (et encore le mot est léger), toutes plus cruelles les unes que les autres.  Voilà pour le résumé sommaire. Que dire de ce roman sinon qu'il est, pour reprendre des termes utilisés par une critique littéraire (en 4ème de couverture), "halluciné, un ovni littéraire". Le style d'abord : écrit dans une espèce de vieux françois (on se croirait presque dans Les Visiteurs), avec des mots et des tournures de phrases étonnantes, déroutants au premier abord, mais on s'y fait aisément, et les 159 pages (à lire quand même avec attention, pour ne rien rater) passent très agréablement. Un exemple au hasard : "Décontenu, me dressant prestement, je le vis faire de même et prendre par la sente, vert d'allure et leste d'enjambée comme s'il n'avait jamais trépassé, offrant blair aux vents et recevant à distance l'odeur du putois" . L'histoire ensuite qui oscille entre horreur et grâce et qui aborde des questions existentielles comme le sens de la vie, l'amour, la mort, ... Bref, c'est un roman très très fort qui, je pense, reste à l'esprit "long de temps" après l'avoir lu !

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Le bal des vipères

Publié le par Yv

Le bal des vipères, Horacio Castellanos Moya, Ed. Les allusifs, 2007


En Amérique latine, Eduardo Sosa, un jeune homme au chomage décide de suivre un mendiant, Jacinto Bustillo qui vit dans une vieille chevrolet jaune, stationnée au pied d'un immeuble. Je n'en dirai pas plus car le plaisir de lire ce livre vient aussi de la surprise.
J'ai emprunté ce livre après avoir lu une chronique sur le blog  de Valdebaz. Franchement, je ne suis pas déçu. Originalité de l'histoire, burlesque, étonnante, brillante et par moment surréaliste. Vraiment tout pour plaire. Ajoutez à cela quand même, une critique politique (Castellanos Moya est un écrivain exilé suite à un premier livre critiquant la politique du Salvador : on ne se refait pas !), une autre sur les méthodes de la presse à sensation, et voici un cocktail savoureux. Mon conseil : si vous vous décidez à lire ce livre, ne jetez un oeil à la quatrième de couverture qu'après votre lecture ; soyez surpris, ça n'en sera que meilleur.

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