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polar-noir

Neige sur Liège

Publié le par Yv

Neige sur Liège, Dumont-Dupuis, Weyrich, 2021

Clarisse, jeune journaliste et militante active s'inquiète de la disparition de son amie Honorine, jeune Camerounaise en passe d'avoir ses papiers. Elle demande à Paul Ben Mimoun -son amoureux transi mais tellement timide qu'il n'ose pas se lancer- flic à Louvain-la-Neuve de rechercher Honorine. Paul accepte et renonce à ses congés pour les beaux yeux de Clarisse et interpelle son ami Roger Staquet, flic à la retraite de l'aider dans son enquête officieuse.

Retour du duo Staquet-Ben Mimoun, je pourrais même écrire du trio Staquet-Ben Mimoun-Dupuis, tant Clarisse Dupuis est présente et participe à la résolution de l'intrigue. Après Une mort pas très catholique, c'est à la fois heureux de se retrouver sur une même affaire et inquiets de la disparition d'Honorine que les deux amis débutent leurs investigations, forcément limitées car hors toute procédure. Et il nous est plaisant à nous aussi de les retrouver. La fougue de Clarisse, les hésitations et les échecs répétés de Paul quant à déclarer sa flamme à la jeune femme et le regard plein d'expérience et un peu goguenard de Roger face aux tergiversations de son ami, tout cela forme un roman policier très fréquentable qui, sur un ton décalé, humoristique, parvient à parler des réfugiés qui tentent tout pour passer de l'Europe -France et Belgique en tête- vers le Royaume-Uni, sorte d'Eldorado dans lequel ils trouveront ce qu'ils n'ont pas chez nous : des droits d'asile et de travail.

Le duo Agnès Dumont et Patrick Dupuis brouille les pistes en jouant avec les codes : les méchants ne le sont peut-être pas tant que cela, ou bien les plus méchants ne sont peut-être pas ceux auxquels nous penserions de prime abord, et les flics ne sont pas toujours aidés ni ne font les bons choix voire il leur arrive des mésaventures qui les empêchent d'arriver à l'heure H. Enfin, des rebondissements et des surprises qui font qu'on passe un très bon moment.

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SkilledFast 3

Publié le par Yv

SkilledFast tome 3, Hachin, Ed. H2T, 2021

Eva et Roman sont sur le piste de Noskill, le tueur en série. Roman n'hésite pas à demander de l'aide à Sam Harlot, le journaliste qui a tenté de révéler les dérives du SkilledFast avant d'être muselé et contraint de se taire. Ses révélations sont fracassantes et remettent  en cause toutes les hypothèses des deux enquêteurs. Ceux-ci se retrouvent par hasard face au tueur qui, obligé d'improviser, kidnappe deux témoins pour protéger sa fuite.

Nous voici donc en plein coeur de l'enquête de cette trilogie habilement et promptement menée. Hachin, le jeune mangaka français sait prendre le meilleur du manga, du polar et du récit d'anticipation pour fournir une série passionnante. L'humanité est en danger, il interroge nos actes et nos comportements face aux nouvelles technologies, notre dépendance au portable à l'Internet..

Un zeste de philosophie -le héros se nomme Kirkegaard-, une réflexion sur l'avenir de l'humanité et sur ses dérives possibles. Tout cela pour faire une trilogie qui m'a agréablement supris et que je me permets de vous conseiller vivement.

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SkilledFast 2

Publié le par Yv

SkilledFast tome 2, Hachin, Ed. H2T, 2021

La commandante de police Eva Steins et le détective Roman Kirkegaard continuent leur traque du tueur en série prénommé Noskill qui, en cette année 2097, lutte de manière violent contre la société SK Corp qui commercialise les SkilledFast, ces implants que quasiment tous les humains utilisent pour augmenter leurs connaissances dans certains domaines et devenir ainsi plus performants.

Kirkegaard, ancienne victime de Noskill vit désormais sans l'implant et doit donc penser par lui-même, tenter de déjouer les plans du tueur. Il en fait une histoire personnelle.

SkilledFast tome 1, m'avait, je dois le dire, bluffé, moi qui ne suis a priori pas connaisseur de manga et je m'étais promis de lire la suite de cette trilogie. Et ce que je peux dire c'est que cette suite ne me déçoit pas. Les codes du genre sont respectés : lecture de droite à gauche, visages en gros plans et expressions quasi caricaturales, action marquée par des perspectives et des traits tirés à l'horizontale... On est toujours dans les mêmes thèmes : recherche d'identité, le libre arbitre, la manière dont chacun se construit de ses rencontres et curiosités : "J'ai conclu que remplacer l'expérience par des Skills tue les humains de l'intérieur. Plus on s'en sert, et plus on délègue la responsabilité de nos actes au SkilledFast. Je crains qu'un jour, nous ne soyons plus que des coquilles à Skills dépourvues de la moindre forme de pensée." Évidemment, tout parallèle facile avec nos existences centrées autour des portables n'est pas fortuite...

Pour ce deuxième tome, après la mise en place du contexte, on entre davantage dans l'enquête et la traque de Noskill. Il n'est pas avare en révélations et surprises, ce qui fait qu'on espère ouvrir le tome suivant rapidement.

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Ria mortelle

Publié le par Yv

Ria mortelle, Jean-Marc Perret, Palémon, 2021

Étel, petite ville tranquille du Morbihan, connue pour sa ria, ses plages et pour abriter le CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage). Nathalie Bramant, trentenaire un peu artiste est mariée à Georges, en fauteuil roulant depuis deux ans suite à un accident de la route. Mais Nathalie a aussi un amant et quelqu'un le sait puisqu'elle est victime d'un maître-chanteur lui demandant 15 000 euros contre son silence.

Étel abrite également une bourgeoisie pas si tranquille que cela, entre les parties fines et la consommation de produits prohibés. Lorsqu'un notable est retrouvé assassiné, c'est le commandant de gendarmerie Colombel qui est chargé de l'enquête.

Deuxième livre de JM Perret que je lis, et, a priori, son premier écrit. La construction est a peu près la même que l'autre Les diaboliques de Saint-Goustan avec une longue première partie qui décrit les us et coutumes des locaux, leurs liens, leurs amitiés et inimitiés, leurs vices et vertus et une seconde partie dans laquelle l'enquêteur intervient. Le tout donne un polar bien dosé, bien construit dans lequel la bourgeoisie locale s'encanaille -si je rapproche d'une de mes lectures précédentes, Les beaux mensonges, vous allez finir par croire que les notables bretons sont des vicelards qui passent leur temps libres à partouzer et se poudrer le nez, mais peut-être ne sont-ce point seulement les Bretons ? Et la gendarmerie enquête avec sérieux et une dose d'humour bienvenue : "On dirait bien que ça partouzait dur dans l'entourage du notaire. Ah ! Les vices de la petite bourgeoisie provinciale ! fit Menotti, jetant un regard réprobateur vers le ciel." (p.121)

J'ai passé un bon moment dans ce Morbihan, avec l'envie de connaître le(s) coupable(s) et leurs mobiles. Un roman policier qui sait retenir ses lecteurs jusqu'au bout sans ajout d'hémoglobine ou de descriptions scabreuses, tout est dans la finesse.

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Pour seul pardon

Publié le par Yv

Pour seul pardon, Thierry Brun, Jigal polar, 2021

"Thomas Asano a trouvé refuge dans une petite ville nichée au pied des Vosges. Ici, la vie y est âpre. Homme à tout faire, il a la réputation d'être travailleur et bon chasseur. Il est surtout décidé à se faire oublier, il a connu Sarajevo et la prison... En liberté conditionnelle, c'est un homme brisé par la culpabilité qui tente de se reconstruire." (4ème de couverture)

Les Vosges et Senones sont un décor sombre, froid et humide pour cette histoire, très présent plutôt en atmosphère, en air ambiant qu'en vraie description.

Thierry Brun bâtit un roman par petites touches, ce qui, au départ peut gêner un peu ou, au contraire, assurer la présence et l'intérêt du lecteur avide de comprendre,  car on ne connaît rien de la vie de Thomas Asano ni des raisons qui l'ont poussé à venir vivre dans la région. Puis à coup de rêves éveillés, de retours du héros sur les lieux de ses méfaits, de pensées pour la compagne qui l'a quitté, des circonstances de leur rencontre et de leur séparation, bref par touches disséminées ça et là, l'histoire se reconstruit.

L'ambiance atmosphérique, la météo dirais-je, est ouateuse, humide et sombre, les hommes du coin sont de la même teinte, des taiseux, des durs au boulot avec des relations viriles, l'écriture de Thierry Brun fait ressortir cela très bien, en simplicité, sans effets de style si ce n'est de coller au genre polar.  Bref, du bon, du noir, du polar !

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RIP. Albert. Prière de rendre l'âme sœur

Publié le par Yv

RIP. Albert. Prière de rendre l'âme sœur, Gaet's et Monier, Petit à petit, 2021

Albert c'est le petit jeune de l'équipe chargée de nettoyer les lieux d'habitation des personnes décédées. L'avorton, le gringalet, celui qui ne fait peur à personne et pire que ses collègues ne voient qu'à peine, sauf lorsqu'il les gêne. Albert supporte facilement son environnement de travail pourtant particulièrement glauque : des pièces dans lesquelles la mort et parfois des cadavres en état de décomposition avancée rôdent. Jamais un haut-le-cœur, jamais un mot plus haut que l'autre, il sait se faire petit et efficace. Albert porte en lui un secret terrible, de ceux qui obligent à une vigilance de chaque instant.

Tome 4 de la série RIP après Derrick, Maurice et Ahmed. Et toujours le même état d'esprit pour moi, je suis enthousiaste et classe cet opus dans mes coups de cœur, comme les précédents. Je rappelle pour les éventuels ceusses qui ne me liraient pas -il paraîtrait que ça existe, je n'en ai pas rencontré mais je veux bien le croire- que cette série s'intéresse au fil de ses tomes -6 en tout- à chaque membre de l'équipe de nettoyeurs, chacun racontant son entrée et son travail au sein de ce groupe et les événements auxquels il participe ou dont il est témoin. Ce qui fait que chaque dit-évenement est revu dans chaque tome et donne au lecteur un éclairage nouveau, une autre vérité. J'adore l'idée. Et lorsqu'elle est associée à d'autres excellentes idées cela donne de très bons albums. Les chapitres sont séparés d'une page noire avec des citations, et là, à ma très grande joie, de l'une d'une des chansons de Dominique A que je préfère : Il ne faut pas souhaiter la mort des gens -ci-dessous en cadeau- et une autre d'une chanson d'Alain Bashung écrite par ce même Dominique A : Immortels.

Qui connaît la série ne sera point déçu par le scénario ni les dessins ni les couleurs qui en sont les marques de fabrique et les repères. Avec une originalité en sus cette fois-ci, la personnalité hors-norme d'Albert qu'on croyait petit et effacé et qui révèle pas mal de surprises. Je ne peux que conseiller très fortement cette bande dessinée -la série entière cela va sans dire, mais je le dis quand même. Série débuté en 2018 qui devrait donc se conclure en 2023, j'ai à la fois hâte d'en connaître l'entièreté et l'envie de prolonger l'attente...

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L'ombre de la nuit

Publié le par Yv

L'ombre de la nuit, Marco Pianelli, Jigal polar, 2021

Un vagabond, une nuit, sur une route d'Ardèche sous des trombes d'eau. Trempé, il ne rêve que d'un arrêt de car, une grange ou tout autre endroit où s'abriter, lorsqu'une voiture s'arrête. A son bord, une femme seule, Myriam, qui rentre du travail et refait inlassablement le trajet sur lequel son fils a disparu cinq années auparavant.

La femme offre le gîte et le couvert à Paco Sabian qui peut se sécher, se laver et qui, touché par la détresse de Myriam accepte de jeter un œil sur le dossier de disparition de son fils. Il devient alors un gêneur pour certains et un homme difficile à contraindre et impossible à contrôler.

"La pluie s'acharnait, comme intentionnelle. Elle faisait payer quelqu'un. C'était en tout cas son impression. Il faisait du stop depuis l'aube. Il tombait de quoi noyer un navire." (p.7) Voilà les premières phrases de ce roman qui ont confirmé mon envie de l'ouvrir. Et le reste est à l'avenant, Marco Pianelli aime jouer avec les mots, les expressions, pour noircir des pages et son roman qui est déjà très très sombre : "Larmes en rétention à la limite de la fuite oculaire, en funambule." (p.12) Pour un premier roman, il fait très fort, et très noir. De la pure action, avec un Paco Sabian, sur-entraîné, capable du meilleur et surtout du pire, de se sortir de toutes les situations. Entre Sherlock Holmes pour son sens de l'observation et de la déduction et un héros de film-de-gros-bras-étasunien. Un solitaire, un taiseux dont on ne sait pas grand chose et qui ne s'épanche pas. Héros solitaire typique du cinéma hollywoodien dans un roman français noir, dur et violent. Du pur testostéroné avec un gentil -mais pas seulement- qui défend la veuve -qui ne l'est d'ailleurs pas.

De l'action, des rebondissements là où l'on croyait que l'histoire se finirait facilement, un poil de finesse là où l'on pensait à des échanges musclés et virils et tout cela dans, je me répète, une langue bien choisie, des mots et des formules qui cognent. Pas mon genre de littérature noire préféré, mais c'est d'une part très bien fait et d'autre part ça l'est tellement qu'une fois commencé, il est bien difficile d'en sortir, sauf parfois pour se reposer après une altercation entre Paco et d'autres gros bras (on ressentirait presque la douleur des coups), mais c'est pour mieux y retourner voir si Paco va bien.

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Le corbeau des lavoirs

Publié le par Yv

Le corbeau des lavoirs, Claire Connan, Palémon, 2021

1978, Pontrieux, petite commune de ce qui s'appelait encore les Côtes-du-nord, un notable, sans doute le futur maire est retrouvé mort pendant le pardon de Notre-Dame-des-Fontaines. C'est le bedeau et fossoyeur local qui, tentant d'endiguer une inondation, a retrouvé le cadavre.

Quelques jours avant, Muriel, trentenaire est de retour après dix-sept ans de diverses galères dans la ville qui l'a vue grandir. Elle retrouve son amie d'enfance Sylviane. Muriel est nommée en tant qu'agent administratif à la gendarmerie. Pas encore gendarme parce que femme, elle ne peut s'empêcher du fouiner dans l'enquête et met à jour des secrets datant de la guerre concernant sa propre histoire.

Claire Connan est nouvelle venue chez Palémon et dans le roman policier. Si son roman souffre de quelques longueurs qui permettent néanmoins de visiter Pontrieux, il est habilement construit et décrit admirablement la vie d'une petite ville dans les années 70. Enfin, j'imagine, car si j'étais déjà né, j'étais d'une part un peu jeune et citadin dans une cité d'une grande ville. Tout est là : les notables aux fortunes dont l'origine ou la croissance ne sont pas toujours très urfs, les secrets des activités de certains pendant la guerre bien tus et enfouis, les jeunes gens qui aspirent à une vie davantage libérée (mais 68 est passé par là)... Muriel fait partie d'iceux et entend bien mener sa vie sans demander à quiconque son approbation. Elle s'impose par son enquête parallèle et sa découverte d'éléments troublants.

Le roman débute comme une enquête assez légère, une comédie avec une Muriel directe et franche, qui tient tête aux hommes et veut prouver qu'elle est au moins aussi douée qu'eux et légitime pour entrer dans la gendarmerie. Elle est gouailleuse, impulsive et réfléchie et fait preuve d'une force de caractère peu commune. Puis, une fois les personnages installés, l'autrice change de registre et la comédie s'efface laissant place au cœur de l'intrigue loin de la légèreté et de l'insouciance. Le tout donne un roman policier très agréable et bien construit qui se suit aisément et qui donne même envie d'aller faire un tour vers Pontrieux.

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Les beaux mensonges

Publié le par Yv

Les beaux mensonges, Céline de Roany, Presses de la cité, 2021

Céleste Ibar est capitaine à la PJ de Nantes, tout juste en provenance de la BRI de Paris, après une agression d'une rare violence dont elle a été victime. Dès son premier jour, elle se fait remarquer du commissaire Quémeneur, qui, pour s'en débarrasser lui demande d'aller constater le suicide d'une femme influente de la région. Sur place, Céleste doute du suicide, certains détails lui font penser qu'il s'agit d'un homicide. Aidée du lieutenant Ithri Maksen, elle commence une enquête qui va la mener à entrer dans le monde feutré et discret de la bourgeoisie nantaise.

Nouvelles venues dans la littérature policière, Céline de Roany et sa capitaine Céleste Ibarbengoetxea dite Céleste Ibar par simplicité s'en sortent pas mal du tout. Je ne suis pas complètement enthousiaste, car les presque 500 pages m'ont paru parfois longues même si la construction en courts chapitres aux points de vue des différents intervenants en rend la lecture aisée. L'ayant lâché quelques jours, j'ai eu du mal à me remettre en tête quelques personnages secondaires qui ont pourtant un rôle important. Il y a aussi un côté un peu racoleur à situer une intrigue dans les milieux bourgeois décadents, à grand coup de partouzes, d'échangisme et de consommation de drogue : "Du cul, du cul, du cul", comme disait une marionnette des Guignols de l'info. Néanmoins, néanmoins, néanmoins, parce qu'un néanmoins il y a -il y en a même trois-, ce polar a pas mal d'atouts. L'intrigue principale et celles qui en découlent sont bien menées et les suspects nombreux, tous plus insoupçonnables les uns que les autres, des gens bien sous tous rapports. Céline de Roany fouille et détaille le milieu dans lequel elle fait évoluer ses protagonistes sans aller dans le voyeurisme ou les descriptions pornographiques. Ce qui fait surtout l'intérêt de ce premier titre, ce sont les personnages et Céleste Ibar en premier. Mystérieuse, peu bavarde, elle forme un duo peu conventionnel avec Ithri Maksen. Si Céleste est comme il est dû au personnage principal, la plus en vue, la plus travaillée, nul doute que la série de romans qui débute avec elle en héroïne gagnera en densité et en intensité avec un développement de ses proches, sa compagne Marie et son collègue Ithri.

Je me suis laissé dire que deux autre titres étaient en cours d'écriture, je prends histoire d'affiner ma première impression.

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