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polar-noir

L'assassinat

Publié le par Yv

L'assassinat, Christophe Dufossé, Buchet-Chastel, 2009
Un jour d'inauguration d'un salon par le Président, un homme, anonyme, attend, un colt dans la poche. Il veut tuer le Président. Ce livre est le compte à rebours de l'heure qui précède son geste. Pendant cette heure, l'homme passe en revue très rapidement sa vie avec sa femme et sa fille, son travail et les raisons de son acte.
Certes, ce roman, n'est pas situé, ni dans le temps, ni géographiquement. Certes, il montre un régime et un Président excessifs par rapport aux nôtres, mais tous les ingrédients sont là pour une comparaison évidente et certainement voulue avec ce qui se passe en France depuis 2007 : la crise, le chômage, le surendettement, le pouvoir d'achat en baisse, les bénéfices des actionnaires en hausse , le côté clinquant -ou bling-bling- du président. Ce livre se veut l'écho de ce qui peut se dire et se ressentir par les déçus de l'action politique de notre gouvernement. Car, de mémoire, et sans connotation politique de ma part (analyses politiques lues et entendues régulièrement depuis quelques temps), jamais président n'a autant déçu -pas même F. Mitterrand, malgré les énormes attentes suscitées par son élection-, n'a engendré autant de malaise et de sentiment d'injustice.
Livre politique, intéressant, mais qui restera probablement anecdotique. Pour ma part, je reste un peu sur ma faim, car le personnage  de l'homme qui en veut à la vie du Président est trop peu fouillé. On peut comprendre les raisons de son acte,  mais j'aurais préféré une description plus dense de cet homme.

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Le cadavre dans la voiture rouge

Publié le par Yv

Le cadavre dans la voiture rouge, Olafur Haukur Simonarson, Presses Universitaires de Caen, 1997
Avec un nom pareil, il s'agit bien sûr d'un roman noir islandais.
Jonas, divorcé et chômeur accepte un poste de professeur dans une bourgade du nord de l'Islande, Litla Sand. Il pense s'y refaire une vie paisible. Malheureusement, il tombe dans un tel panier de crabes -bien qu'à Litla Sand, port de pêche, les bateaux rapportent en majorité flétans et morues- que ses espoirs de tranquillité sont vite réduits à néant. Le bourg est tenu par une clique de personnages tous moins recommandables les uns que les autres.
Simonarson a écrit un roman de type roman noir américain des années 50, avec tous les codes y afférents. Le loser, la belle fille, les méchants tenant la ville, ... Tout cela dans un paysage typiquement islandais, avec des noms imprononçables, quarante ans plus tard. Pour qui aime le genre, point de déception. Pour ma part, je ne suis pas un fan absolu de cette littérature -mais je ne déteste pas non plus . J'ai passé un moment de lecture très agréable, mais il m'a manqué ce petit quelque chose de plus. Peut-être l'exotisme lié aux polars nordiques même si le nombre d'enquêteurs venus du froid explose depuis un moment et amoindrit cet aspect ? Ce livre, choisi au hasard parce que le nom de l'auteur et le titre m'attiraient,  reste donc plutôt de bonne facture, mais il n'atteint pas pour moi, ceux d'Indridason ou encore Mankell.

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Un jour sans

Publié le par Yv

Un jour sans, Mark McNay, Ed. Panama, 2008
Banlieue de Glasgow, Ecosse, Sean travaille dans une usine de conditionnement de poulets. Travail abrutissant s'il en est. Cependant, sa vie avec Maggie sa femme, Donna, sa fille pourrait le contenter. Ses rêves éveillés lui permettent de passer outre le quotidien. Malheureusement, Sean a un grand frère, Archie, délinquant notoire qui lui a confié avant d'être incarcéré une forte somme d'argent. Sean en a dépensé une partie, et aujourd'hui, contre toute attente, Archie sort de prison et va réclamer son fric.
Roman à la construction déroutante : lorsque l'auteur décrit le présent, il parle de Sean à la troisième personne et lorsqu'il évoque le passé, c'est Sean qui en parle , et donc le "je" apparait. Une fois que le pli est pris, ça va, mais parfois on peut s'y perdre. De même, les dialogues sont introduits sans guillemets, mais la présentation du roman permet de les repérer aisément.
Pour le contenu, McNay nous décrit le véritable enfer vécu dans ce genre d'usine, la pauvreté de ce coin de l'Ecosse et le quotidien difficile de la classe ouvrière écossaise. Les personnages ont tous leurs bons et mauvais côtés ; aucun n'est tout blanc ou tout noir, ce qui les rend crédibles. Néanmoins, j'ai eu du mal à m'attacher à eux ; le côté fataliste et résigné de Sean est insupportable, le genre mauvais garçon d'Archie est quasi caricatural (mais peut-être me trompé-je, et existe-t-il réellement, ce genre ?). Pareil pour Albert, l'oncle de Sean et Maggie sa femme, trop effacés.
J'ai une autre petite retenue quant au style de l'auteur : les phrases sont écrites comme un langage parlé (absence du "ne" pour une phrase négative, utilisation du "y" pour "ils"). Je ne suis pas contre, mais à la longue, ça m'a un peu agacé. Par contre, le rythme est assez rapide, les mots d'argot sont bien venus et bien sentis. Ce livre est en lice pour le prix Inter C-E, et fait partie des bonnes sélections.

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La cote 512

Publié le par Yv

La cote 512, Thierry Bourcy, Gallimard, 2005
Célestin Louise est un jeune flic, qui, en 1914 décide de se porter volontaire pour aller à la guerre plutôt que de rester effectuer son travail à Paris, par acquis de conscience et par respect pour ceux qui se battent déjà. Il se lie avec le jeune lieutenant Paul de Mérange sous les ordres duquel il se retrouve en première ligne. Lors d'un assaut, le lieutenant est tué, mais par une balle dans le dos. Ce détail suffit à Célestin pour se persuader qu'il a été abattu par un soldat Français. Débute ainsi son enquête, en pleine guerre.
Soyons franc, j'ai trouvé la partie policière du livre banale. Par contre, Thierry Bourcy décrit très bien la guerre, les combats et le quotidien des soldats. L'ambiance est lourde, pesante, grasse. La guerre omniprésente est vraiment un personnage du livre à part entière. Ce n'est ni un livre sur la guerre 14/18, ni un livre que l'on lit pour le suspense, l'originalité tient donc au mélange des genres, bien maîtrisé. On a du mal à croire que Célestin Louise puisse réellement mener son enquête dans ces conditions, mais cela reste secondaire.
L'écriture de Thierry Bourcy est classique, sans surprise, un peu répétitive quant à la construction des phrases : beaucoup d'adjectifs, de virgules ; phrases longues. Le roman se lit avec facilité, pour tout public.
En conclusion, j'ai passé un bon moment de lecture et suivrais volontiers une autre enquête de Célestin Louise. Plutôt positif, non ?

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La mort leur va si bien

Publié le par Yv

La mort leur va si bien, Peter James, Ed. Panama, 2007
Deuxième enquête policière -le titre du livre est assez explicite !- du flic anglais Roy Grace, après Comme une tombe. Dans celle-ci, il enquête sur la disparition d'une jeune femme, Janie Stretton. En parallèle, on vit l'angoisse de Tom Bryce, qui, ayant trouvé un cd dans un train, l'a introduit dans son PC et est ainsi tombé sur un meurtre en direct. Les menaces de la société Scarab, à l'origine de ce film, ne tardent pas à arriver. Roy Grace et son équipe, enquêtent à toute allure mais n'empêchent bien évidemment pas tous les événements.
Peut-être moins original que le premier de la série pour l'idée de départ, mais toujours intéressant. L'intrigue -assez éprouvante, par le sujet qu'elle aborde et que je vous laisse découvrir- est bien menée, chaque piste est étudiée, aussi improbable soit-elle. Les personnages, notamment le commissaire Grace, toujours féru de paranormal, sont bien décrits, on avance dans leurs vies professionnelles et personnelles. En prime, on visite, grâce aux descriptions de l'auteur, la ville de Brighton, ses beaux quartiers et ses endroits moins recommandables.
J'aime bien ce genre de polar, classique, efficace, s'intéressant aux personnages, aux lieux, qui ne tombe pas dans le sensationnel. Pas déçu par cette deuxième enquête, j'attends la suivante.

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Un chien dans la soupe

Publié le par Yv

Un chien dans la soupe, Stephen Dobyns, Gallimard, 1993
Michael Latchmer est New-Yorkais depuis peu. Il arrive de Rochester, une petite ville. Pour se faire des amis, il fréquente une salle de sport, et ça marche, ce soir il est invité chez Sarah, une très belle jeune femme qui vit avec sa mère et leur chien Jasper. Malheureusement, lors de cette soirée qui annonce une fin en fanfare pour Michael, les propositions de Sarah étant sans équivoque, Jasper meurt d'une crise cardiaque. Trop gentil, Michael se propose d'aller l'enterrer dans un coin de campagne, comme le veut la mère de Sarah. Trois ou quatre heures aller-retour et le coup de la cocotte-minute promis par Sarah ! Evidemment, rien ne se passe comme prévu et Michael est pris en charge par Jean-Claude, un Haïtien, chauffeur de taxi qui va lui faire vivre une nuit inoubliable pendant laquelle lui comme nous allons rencontrer des personnages hauts en couleur. Une virée dans le New-York de la nuit, parfois drôle, parfois sordide, parfois déprimant.
Roman très drôle conseillé par Ys,  certes pas philosophique (quoique ?), mais qui vous permettra de passer un bon moment. Une petite réflexion et le cheminement d'un homme, Michael, qui va comprendre beaucoup de choses pendant cette nuit ajoutent de la consistance à ce roman.

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Léo Loden

Publié le par Yv

Léo Loden, Serge Carrère et Scotch Arleston, Ed. Soleil


Léo Loden est un ancien flic devenu détective privé qui enquête avec son oncle, un marin à la retraite et qui retrouve toujours sur sa route, Marlène, sa petite amie, inspecteure de police. Soyons légers pour ce billet : voici une bande dessinée qui vous détendra pour peu que vous aimiez Marseille, les enquêtes policières, les blagues potaches et les dessins plutôt humoristiques.  Alors, certes, vous ne ressortirez pas de ces albums plus intelligents, mais, normalement, vous aurez passé un bon petit moment. Enfin, c'est le cas pour moi, et de temps en temps, c'est quand même très agréable ! A ce jour, 13 albums sont parus. Le site officiel ici.

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Bêtes sans patrie

Publié le par Yv

Bêtes sans patrie, Uzodinma Iweala, Ed. de l'olivier, 2008
"Agu est un enfant-soldat africain, un tueur.
Il obéit au Commandant, qui a sur lui droit de vie et de mort.
Viols, exécutions, massacres : c'est la guerre civile. Agu voudrait s'éveiller de ce cauchemar. Alors, il parle."

Voilà le résumé de ce livre très dur, cru, sans concession. Uzodinma Iweala s'est glissé dans la peau d'un enfant-soldat et parle en son nom de toutes les atrocités dont il est à la fois la victime et le coupable. Il n'élude aucune situation et dans un langage enfantin, aborde des thèmes très forts : amour, mort, sexe, violence, guerre, religion, amitié, ... Ce livre qu'on pourrait facilement qualifier de coup-de-poing est écrit dans un style, je l'ai dit, enfantin, ce qui rend sa lecture parfois plus difficile (beaucoup de mots inventés ou mal compris et donc mal retranscrits par Agu), mais qui donne aussi un air de nouveauté, oserais-je dire de fraîcheur, le thème ne s'y prêtant pas ? C'est un livre prenant. Il est parfois dur de se remettre dedans, mais aucun regret de l'avoir fini. Au contraire !
A noter que Bêtes sans patrie a été traduit par Alain Mabanckou, écrivain, auteur notamment d'un excellent Mémoires de porc-épic, à lire aussi pour qui aime les légendes africaines et les histoires très originales.
PS : pour être franc, je me dois de préciser que j'ai dû m'accrocher un peu au début pour ne pas tout arrêter, tant pour la lourdeur du sujet abordé que pour la syntaxe, qui peut rebuter. Sûrement plus pour cette dernière raison, d'ailleurs !

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L'otage

Publié le par Yv

L'otage, Olav Hergel, Ed. Gaïa polar, 2008
La journaliste Rikke Lyngdal est envoyée en Irak pour couvrir la guerre et l'après Saddam Hussein auxquels les troupes danoises participent aux côtés des troupes étasuniennes. Elle y est enlevée par des terrosistes qui exigent le retrait du Danemark contre sa libération. Lorsqu'elle s'évade et rentre au pays, elle devient une héroïne mondiale. Seulement, quelques doutes naissent au sein d'esprits de journalistes danois. Aurait-elle menti ? Et si oui, pour quelles raisons ?
Difficile de classer ce roman comme un simple polar ; l'intrigue est surtout prétexte pour Olav Hergel à démonter le fameux système danois très envié : petit pays riche, numéro un mondial des pays dans lesquels nous aimerions vivre. Sous ces aspects de pays particulièrement agréable, on y découvre en fait une société en proie à la peur des immigrés, entretenue quotidiennement par un parti d'extrême droite (le Parti du Peuple Danois) qui fait la pluie et le beau temps dans la politique danoise. En effet, fort des intentions de vote en sa faveur, ce parti s'allie avec tel ou tel autre parti de pouvoir : les ambitions personnelles des uns et des autres font le reste. Olav Hergel dresse donc un portrait peu flatteur de son pays, des ses hommes et femmes politiques, mais aussi (et presque, surtout) de ses journalistes. Il maîtrise très bien son sujet  étant lui-même journaliste depuis plus de vingt ans.
J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec quand même un reproche de taille : Olav Hargel pousse souvent trop son propos : il répète inlassablement ses critiques, constatations. Certes, il est bon que les choses soient dites, mais point trop n'en faut, car, à mon sens, trop rabâchées, elles perdent de leur force. Pour résumer : un bon livre, bien construit, dans un contexte extrêmement intéressant, mais un peu gâché par une critique trop systématique et trop forte à mon goût (mais en passant certains de ces passages, l'ensemble est très bien !)
Livre lu dans le cadre du prix inter C-E. Vous pouvez aussi lire un interview de l'auteur ici.

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