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polar-noir

La cote 512

Publié le par Yv

La cote 512, Thierry Bourcy, Gallimard, 2005
Célestin Louise est un jeune flic, qui, en 1914 décide de se porter volontaire pour aller à la guerre plutôt que de rester effectuer son travail à Paris, par acquis de conscience et par respect pour ceux qui se battent déjà. Il se lie avec le jeune lieutenant Paul de Mérange sous les ordres duquel il se retrouve en première ligne. Lors d'un assaut, le lieutenant est tué, mais par une balle dans le dos. Ce détail suffit à Célestin pour se persuader qu'il a été abattu par un soldat Français. Débute ainsi son enquête, en pleine guerre.
Soyons franc, j'ai trouvé la partie policière du livre banale. Par contre, Thierry Bourcy décrit très bien la guerre, les combats et le quotidien des soldats. L'ambiance est lourde, pesante, grasse. La guerre omniprésente est vraiment un personnage du livre à part entière. Ce n'est ni un livre sur la guerre 14/18, ni un livre que l'on lit pour le suspense, l'originalité tient donc au mélange des genres, bien maîtrisé. On a du mal à croire que Célestin Louise puisse réellement mener son enquête dans ces conditions, mais cela reste secondaire.
L'écriture de Thierry Bourcy est classique, sans surprise, un peu répétitive quant à la construction des phrases : beaucoup d'adjectifs, de virgules ; phrases longues. Le roman se lit avec facilité, pour tout public.
En conclusion, j'ai passé un bon moment de lecture et suivrais volontiers une autre enquête de Célestin Louise. Plutôt positif, non ?

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La mort leur va si bien

Publié le par Yv

La mort leur va si bien, Peter James, Ed. Panama, 2007
Deuxième enquête policière -le titre du livre est assez explicite !- du flic anglais Roy Grace, après Comme une tombe. Dans celle-ci, il enquête sur la disparition d'une jeune femme, Janie Stretton. En parallèle, on vit l'angoisse de Tom Bryce, qui, ayant trouvé un cd dans un train, l'a introduit dans son PC et est ainsi tombé sur un meurtre en direct. Les menaces de la société Scarab, à l'origine de ce film, ne tardent pas à arriver. Roy Grace et son équipe, enquêtent à toute allure mais n'empêchent bien évidemment pas tous les événements.
Peut-être moins original que le premier de la série pour l'idée de départ, mais toujours intéressant. L'intrigue -assez éprouvante, par le sujet qu'elle aborde et que je vous laisse découvrir- est bien menée, chaque piste est étudiée, aussi improbable soit-elle. Les personnages, notamment le commissaire Grace, toujours féru de paranormal, sont bien décrits, on avance dans leurs vies professionnelles et personnelles. En prime, on visite, grâce aux descriptions de l'auteur, la ville de Brighton, ses beaux quartiers et ses endroits moins recommandables.
J'aime bien ce genre de polar, classique, efficace, s'intéressant aux personnages, aux lieux, qui ne tombe pas dans le sensationnel. Pas déçu par cette deuxième enquête, j'attends la suivante.

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Un chien dans la soupe

Publié le par Yv

Un chien dans la soupe, Stephen Dobyns, Gallimard, 1993
Michael Latchmer est New-Yorkais depuis peu. Il arrive de Rochester, une petite ville. Pour se faire des amis, il fréquente une salle de sport, et ça marche, ce soir il est invité chez Sarah, une très belle jeune femme qui vit avec sa mère et leur chien Jasper. Malheureusement, lors de cette soirée qui annonce une fin en fanfare pour Michael, les propositions de Sarah étant sans équivoque, Jasper meurt d'une crise cardiaque. Trop gentil, Michael se propose d'aller l'enterrer dans un coin de campagne, comme le veut la mère de Sarah. Trois ou quatre heures aller-retour et le coup de la cocotte-minute promis par Sarah ! Evidemment, rien ne se passe comme prévu et Michael est pris en charge par Jean-Claude, un Haïtien, chauffeur de taxi qui va lui faire vivre une nuit inoubliable pendant laquelle lui comme nous allons rencontrer des personnages hauts en couleur. Une virée dans le New-York de la nuit, parfois drôle, parfois sordide, parfois déprimant.
Roman très drôle conseillé par Ys,  certes pas philosophique (quoique ?), mais qui vous permettra de passer un bon moment. Une petite réflexion et le cheminement d'un homme, Michael, qui va comprendre beaucoup de choses pendant cette nuit ajoutent de la consistance à ce roman.

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Léo Loden

Publié le par Yv

Léo Loden, Serge Carrère et Scotch Arleston, Ed. Soleil


Léo Loden est un ancien flic devenu détective privé qui enquête avec son oncle, un marin à la retraite et qui retrouve toujours sur sa route, Marlène, sa petite amie, inspecteure de police. Soyons légers pour ce billet : voici une bande dessinée qui vous détendra pour peu que vous aimiez Marseille, les enquêtes policières, les blagues potaches et les dessins plutôt humoristiques.  Alors, certes, vous ne ressortirez pas de ces albums plus intelligents, mais, normalement, vous aurez passé un bon petit moment. Enfin, c'est le cas pour moi, et de temps en temps, c'est quand même très agréable ! A ce jour, 13 albums sont parus. Le site officiel ici.

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Bêtes sans patrie

Publié le par Yv

Bêtes sans patrie, Uzodinma Iweala, Ed. de l'olivier, 2008
"Agu est un enfant-soldat africain, un tueur.
Il obéit au Commandant, qui a sur lui droit de vie et de mort.
Viols, exécutions, massacres : c'est la guerre civile. Agu voudrait s'éveiller de ce cauchemar. Alors, il parle."

Voilà le résumé de ce livre très dur, cru, sans concession. Uzodinma Iweala s'est glissé dans la peau d'un enfant-soldat et parle en son nom de toutes les atrocités dont il est à la fois la victime et le coupable. Il n'élude aucune situation et dans un langage enfantin, aborde des thèmes très forts : amour, mort, sexe, violence, guerre, religion, amitié, ... Ce livre qu'on pourrait facilement qualifier de coup-de-poing est écrit dans un style, je l'ai dit, enfantin, ce qui rend sa lecture parfois plus difficile (beaucoup de mots inventés ou mal compris et donc mal retranscrits par Agu), mais qui donne aussi un air de nouveauté, oserais-je dire de fraîcheur, le thème ne s'y prêtant pas ? C'est un livre prenant. Il est parfois dur de se remettre dedans, mais aucun regret de l'avoir fini. Au contraire !
A noter que Bêtes sans patrie a été traduit par Alain Mabanckou, écrivain, auteur notamment d'un excellent Mémoires de porc-épic, à lire aussi pour qui aime les légendes africaines et les histoires très originales.
PS : pour être franc, je me dois de préciser que j'ai dû m'accrocher un peu au début pour ne pas tout arrêter, tant pour la lourdeur du sujet abordé que pour la syntaxe, qui peut rebuter. Sûrement plus pour cette dernière raison, d'ailleurs !

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L'otage

Publié le par Yv

L'otage, Olav Hergel, Ed. Gaïa polar, 2008
La journaliste Rikke Lyngdal est envoyée en Irak pour couvrir la guerre et l'après Saddam Hussein auxquels les troupes danoises participent aux côtés des troupes étasuniennes. Elle y est enlevée par des terrosistes qui exigent le retrait du Danemark contre sa libération. Lorsqu'elle s'évade et rentre au pays, elle devient une héroïne mondiale. Seulement, quelques doutes naissent au sein d'esprits de journalistes danois. Aurait-elle menti ? Et si oui, pour quelles raisons ?
Difficile de classer ce roman comme un simple polar ; l'intrigue est surtout prétexte pour Olav Hergel à démonter le fameux système danois très envié : petit pays riche, numéro un mondial des pays dans lesquels nous aimerions vivre. Sous ces aspects de pays particulièrement agréable, on y découvre en fait une société en proie à la peur des immigrés, entretenue quotidiennement par un parti d'extrême droite (le Parti du Peuple Danois) qui fait la pluie et le beau temps dans la politique danoise. En effet, fort des intentions de vote en sa faveur, ce parti s'allie avec tel ou tel autre parti de pouvoir : les ambitions personnelles des uns et des autres font le reste. Olav Hergel dresse donc un portrait peu flatteur de son pays, des ses hommes et femmes politiques, mais aussi (et presque, surtout) de ses journalistes. Il maîtrise très bien son sujet  étant lui-même journaliste depuis plus de vingt ans.
J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec quand même un reproche de taille : Olav Hargel pousse souvent trop son propos : il répète inlassablement ses critiques, constatations. Certes, il est bon que les choses soient dites, mais point trop n'en faut, car, à mon sens, trop rabâchées, elles perdent de leur force. Pour résumer : un bon livre, bien construit, dans un contexte extrêmement intéressant, mais un peu gâché par une critique trop systématique et trop forte à mon goût (mais en passant certains de ces passages, l'ensemble est très bien !)
Livre lu dans le cadre du prix inter C-E. Vous pouvez aussi lire un interview de l'auteur ici.

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La femme du monstre

Publié le par Yv

La femme du monstre, Jacques Expert, Ed. Anne Carrière, 2007

Simon Darget est un homme bien, apprécié de ses collègues, bon vivant, blagueur, boute-en-train, aimé de sa femme et de ses enfants. Un matin, les gendarmes viennent l'arrêter chez lui et l'enferment en prison pour le viol et le meurtre d'une petite voisine, adolescente. Ce roman, très bien chroniqué par Finette qui m'a donné envie de le lire, est en fait le point de vue de son épouse. Elle raconte sa rencontre avec cet homme si beau ; inespérée pour elle, femme très effacée. Elle raconte aussi le procès de son ex-mari (ils ont divorcé suite à l'emprisonnement de Simon). Ce roman est très dérangeant : on y suit une femme qui sous des dehors de femme soumise et effacée cache les agissements de son mari, qu'elle devine au hasard de ses lectures de journaux (un violeur agit systématiquement dans toutes les villes dans lesquelles ils passent).  Lors du procès, elle se pose en victime, femme abusée et faible. Elle n'informera jamais la police de ses doutes quant aux viols et meurtres que perpétue Simon, préférant donner aux autres l'image d'une famille et d'un couple modèles et enviés, sa seule vraie ambition dans la vie. Au fil des pages, on découvre une femme calculatrice, détestable : qui "flique" ses enfants, ne supporte pas ceux des autres, est raciste et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à son intérieur. Elle trouve même des circonstances atténuantes à son mari pour le meurtre pour lequel il est accusé (la jeune fille de 14/15 ans est bien sûr dans ce cas, provocante), mais aucune pour avoir brisé son rêve de femme et mère comblée.

Un livre, je l'ai dit, dérangeant, bien écrit, sans fioriture, sans effet de style -et c'est heureux pour une histoire si lourde. Alors, certes, ce n'est pas drôle, mais parfois la lecture sert aussi à être surpris, dérangé ou choqué pour certains qui pourraient l'être par celle-ci.

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Un sur deux

Publié le par Yv

Un sur deux, Steve Mosby, Sonatine éditions, 2008

John Mercer est un flic reconnu, respecté et admiré par les autres policiers. La mort de l'un des ses collègues, et ami proche le plonge dans une dépression. Deux ans plus tard, il revient dans son service : il n’apparaît être plus que l'ombre de ce qu'il a été. C'est au moment de son retour que le tueur en série qu'il a déjà traqué deux ans auparavant reprend lui aussi ses activités.

Soyons clair et précis : je n'ai pas aimé du tout. L'histoire est sordide, pas très originale : on a droit aux descriptions de tortures et de cadavres mutilés (je préfère de loin une suggestion à une description au scalpel des horreurs). Les personnages n'ont pas vraiment de carrure, ni les flics, ni le tueur. Enfin, un mauvais polar à mon goût, racoleur et déplaisant. Si après cela sa lecture vous tente quand même, eh bien lancez-vous dans les 415 pages qui le composent, mais je vous aurais prévenu !

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L'homme du lac

Publié le par Yv

L'homme du lac, Arnaldur Indridason, Ed. Métailié noir, 2008

Un squelette lesté par un émetteur radio est retrouvé au fond d'un lac qui se vide, en Islande. Erlendur et ses équipiers Elinborg et Sigurdur Oli mènent l'enquête.  Pour cela ils s'intéressent aux disparitions des années 60, non élucidées. Rapidement ils se forgent la conviction qu'il faut chercher vers les pays de l'ancien bloc de l'Est, communiste.

Je lisais récemment dans un Ouest-France (du 22/11/08) une interview d'Indridason expliquant que si les polars nordiques avaient en ce moment le vent en poupe c'était probablement parce les flics y étaient réalistes, humains et proches de nous. Il ajoute qu'il est pour lui inconcevable d'écrire une scène de poursuite de voitures ou d'une fusillade, simplement parce qu'en Islande, on ne s'y poursuit pas en voiture et que les policiers ne sont pas armés. J'avoue être tout à fait d'accord avec ce côté réaliste et humain des personnages des romans d'Indridason (ou Mankell entre autres), ce qui fait que j'apprécie beaucoup plus les polars nordiques que les polars étasuniens qui se ressemblent tous beaucoup.

Ma parenthèse étant faite, dans L'homme du lac, Indridason se sert de l'intrigue policière pour nous brosser un portrait peu flatteur de l'ex RDA dans les années 50/60 : une longue partie de ce roman y est consacrée, très bien documentée et très intéressante pour se faire une idée de ce qu'on vécu les habitants des anciens pays communistes. L'autre partie du roman consiste en la recherche de la vérité sur ce squelette. On retrouve avec grand plaisir les trois enquêteurs islandais englués dans leur propres soucis. Le dépaysement nordique n'est pas non plus étranger au plaisir que j'ai eu à suivre Erlendur et ses collègues.

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