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polar-noir

Les veilleurs

Publié le par Yv

Les veilleurs, Vincent Message, Seuil, 2009 (631p)
Oscar Nexus a tué trois personnes dans la rue. Interné dans une clinique suite à son procès pendant lequel il n'a pas décroché un mot, il est pris en charge par le docteur Traumfreund. Paulus Rilviéro, officier de police doit comprendre et expliquer les raisons de l'acte de Nexus.
Je n'y comprends rien ; je lis des phrases avec des mots qui s'enchaînent mais qui souvent n'ont aucun sens pour moi. Je ne réussis pas à "entrer" dans l'histoire. Rien ne m'y accroche ! A 229 pages -sur 631 quand même !- j'abandonne lâchement. Félicitations à Ys qui a réussi à aller au bout !
J'ai quand même lu quelques beaux passages, mais assez peu au regard de l'épaisseur du livre. Je ne sais pas où l'auteur veut nous emmener. On le sent très érudit, capable d'écrire avec un style bien à lui, mais il tombe parfois dans certaines facilités. Certains passages sont longs, mais loooooooooooongs, à en passer les pages d'ennui -notamment les rêves de Nexus dans le désert. Et puis, quelques tentatives d'humour -enfin, je pense que c'est ce qu'a tenté l'auteur (?)- apparaissent sans crier gare dans un roman loin d'être drôle, et de fait, tombent à plat, par exemple : " L'autre a les mains mal rasées et les joues moites" (p 122).  Pour citer l'auteur tout en le paraphrasant , voici ma conclusion : "[L'auteur] tient à marcher en tête, vers l'horizon de son choix et au rythme qu'il veut, quitte à larguer son [lecteur] en cours de route ..."
Livre envoyé par l'éditeur et Chez les filles. Merci à eux.

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Toxic blues

Publié le par Yv

Toxic blues, Ken Bruen, Gallimard, 2005 (298p)
Jack Taylor, détective privé, est de retour dans son Irlande natale, plus précisément à Galway. Toujours alcoolique, avec un petit truc en plus pour cette seconde aventure : la coke ! A peine débarqué, Sweeper, le chef des "tinkers" (nomades d'origine irlandaise. Merci les notes de bas de page !) haïs par tous les Irlandais, lui demande d'enquêter sur la mort de quatre d'entre eux.
J'ai retrouvé Jack Taylor tel que je l'avais laissé : alcoolique, désabusé, usé et cocaïnomane (ça, c'est une nouveauté). Comme dans sa première enquête (Delirium tremens) les références littéraires et musicales sont légion et rythment le livre : poésie, rock et blues. L'enquête est encore une fois le fil rouge, mais peut-être pas le ressort essentiel du livre, qui serait plutôt les rapports que Jack entretient avec ses amis et ses ennemis et sa ville de Galway. Galway, ses beaux quartiers et ses lieux mal famés que Jack Taylor arpente toute la journée à la recherche d'indices pour son enquête (il faut quand même un minimum !) et d'une bonne raison d'espérer et de continuer à vivre (même si dans ce second épisode, on le sent un peu moins suicidaire). Ce détective est atypique, parce que je ne le trouve pas très perspicace, mais il sait s'entourer et s'il trouve la solution à l'énigme posée, c'est dans un ultime réflexe et grâce à ses amis qui lui ont tout servi sur un plateau ; à lui de tout remettre en ordre !
Autant dire que je ne me suis pas ennuyé à suivre Jack Taylor dans son long morceau de blues de presque 300 pages. Fan de cette musique,  j'ai envie d'un rappel.

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Delirium tremens

Publié le par Yv

Delirium tremens, Ken Bruen, Gallimard, 2004
Jack Taylor est un ancien flic, viré pour cause d'alcoolisme chronique et patenté. Comme il n'existe pas de détectives privés en Irlande, il a installé son "bureau" dans un pub de Galway et il y attend le client. Très officieusement, il a déjà débrouillé quelques petites affaires et vétilles, entre deux beuveries. Un jour, Ann Henderson, persuadée que sa fille Sarah ne s'est pas suicidée fait appel à ses services.
Roman policier ? Il y est assez  peu question de l'enquête. Dans ce premier livre sur Jack Taylor (il y aura d'autres enquêtes), le personnage se met en place (habitudes, traits de caractère principaux, lieux de prédilection, ami(e)s, ...). Je l'ai plutôt lu comme un roman sur un homme en plein questionnement : doit-il arrêter de boire et le peut-il et pourquoi ou pour qui ?
Le texte est émaillé de phrases tirées d'autres livres et d'autres auteurs, certaines mises en exergue des chapitres, d'autres en milieu de paragraphe. Cela donne un côté un peu atypique à ce "détective" qui aime la poésie et la cite. Beaucoup de références musicales également. Le roman est drôle, d'un humour noir et désespéré ; les personnages peu glorieux, le rythme lent et les paysages de l'Irlande souvent humides.
C'est Kathel qui ayant lu Le dramaturge (l'avant-dernière enquête de Jack Taylor) m'a donné envie de rencontrer cet homme et comme j'ai trouvé le premier tome de ses aventures, j'ai préféré commencer par celui-ci. Je m'en vais maintenant emprunter le second tome.

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Out

Publié le par Yv

Out, Natsuo Kirino, Ed. Seuil Thrillers, 2006 (original 1997, 587p)
Masako, Yoshié, Kuniko et Yayoi, quatre femmes japonaises travaillent de nuit dans une usine de paniers-repas. Elles font généralement équipe et s'entendent bien. Elles viennent d'horizons divers : origine sociale, âge, niveau d'études, ...Toutes ont en commun d'avoir vécu ou de vivre encore avec des maris qui les ignorent, les trompent ou les battent. Malgré tout, la vie routinière continue jusqu'au jour où l'une d'elles, lors d'une dispute conjugale plus intense que d'habitude, étrangle son mari. Elle demande alors de l'aide à ses amies de la fabrique de paniers-repas. Tout bascule soudain.
Roman qui commence paisiblement : l'auteure nous présente ces femmes, leurs vies non-enviables et la société japonaise, dans laquelle, il faut bien le dire, la femme n'a pour rôles que ceux de mère et de femme au foyer. Au fil de la lecture, j'ai appris qu'il est particulièrement difficile pour une japonaise d'être reconnue par son travail. Je croyais la société du Japon plus évoluée dans ce domaine, eh bien non, je me trompais lourdement. L'un des intérêts de ce livre est d'ailleurs de montrer cette face de la société japonaise.
L'autre intérêt consiste en la montée en puissance de l'intrigue : la relative tranquillité est bousculée lorsqu'intervient le meurtre et la participation collective à sa disparition. Le retournement de situation final, dans l'ultime partie,  est particulièrement jubilatoire.
Malgré sa longueur (587 pages), je ne me suis jamais ennuyé, ni Alex, qui a fait le billet qui m'a donné envie de lire Out

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Délivrez-nous du Mal

Publié le par Yv

Délivrez-nous du Mal, Romain Sardou, XO Editions, 2008 (493p)
Hiver 1288. Dans une paroisse isolée du Quercy, une troupe d'hommes en noir s'empare d'un enfant. Refusant d'admettre que le petit est perdu, le prêtre du village, le père Aba, se lance rageusement à la poursuite de ses ravisseurs. Au même moment, à Rome, l'éminent enquêteur Bénédict Gui accepte une nouvelle mission : retrouver un jeune homme employé par l'administration du pape. Lui aussi a disparu sans laisser de traces, emmené par des hommes en noir. (4ème de couverture)
Je voulais essayer un roman de Romain Sardou dont j'avais entendu parler. Plein d'a priori un peu négatifs, je dois bien le dire, j'ai donc entrepris ma lecture. Eh bien, ma fois, c'est plutôt pas mal. Je me suis laissé prendre par l'intrigue, par les personnages dont on ne sait jamais s'ils sont vraiment blancs ou noirs, par l'époque et toutes les images qu'elle peut entraîner. Alors, peut-être que le livre de Romain Sardou est bourré d'anachronismes (mais peut-être pas ?), je ne pourrai pas le dire, et finalement peu importe, mais il sait raconter une histoire ! Rebondissements, retournements. La toute puissance de l'Eglise dans ses années-là et son souhait d'encore accentuer son pouvoir sont le prétexte, pour certains de justifier des actes démesurés, et pour l'auteur de se lâcher et d'ajouter même quelque dose de paranormal de bon aloi.  L'écriture est fluide, permet une lecture aisée sans tomber dans la facilité ; quelques termes "techniques" religieux m'ont échappé, et l'on se perd parfois dans les méandres de la hiérarchie de l'Eglise, mais rien qui ne nuise réellement à la compréhension du texte et au plaisir de suivre le père Aba et Bénédict Gui.

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La clef des mensonges

Publié le par Yv

La clef des mensonges, Jean-Bernard Pouy, Gallimard (Folio policier, 2009, 186 p)
Pierre Zapala est un gendarme proche de la retraite, chargé avec un collègue breton d'escorter une jeune femme, Alix, vers Bordeaux, pour une reconstitution. Elle est témoin dans ce qu'on apprendra être un panier de crabes politico-juridico-financier. A la suite de quelques rebondissements, ils se retrouvent tous les deux -Pierre Zapala et Alix- en cavale, poursuivis par les gendarmes, dans les villages et les marais entre La Rochelle et Bordeaux.
Policier qui va très vite. Ça commence très fort et ne baisse pas de niveau durant les 186 pages. La traque est impitoyable, la fuite désespérée et les deux fuyards que tout oppose se rapprochent en gardant tout de même chacun ses distances. J-B Pouy évite les clichés et son écriture nerveuse, franche et moderne donne la vitesse nécessaire au bon déroulement de l'intrigue, qui elle n'est pas nouvelle, mais qui n'est là finalement que pour le prétexte de cette fuite. Se lit vite. Bien obligé, puisqu'on veut connaître la fin.
A noter que J-B Pouy est le co-créateur de Gabriel Lecouvreur, plus connu dans le monde du polar comme Le Poulpe.

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Les brumes du passé

Publié le par Yv

Les brumes du passé, Leonardo Padura, Ed. Métailié noir, 2006
Cuba, été 2003, Mario Conde, dit le Conde, vit en achetant et vendant des livres anciens. Ancien policier -il a démissionné une douzaine d'années plus tôt-, il traque les bonnes affaires des Cubains obligés de vendre leurs livres pour pouvoir manger. C'est en visitant une bibliothèque extraordinaire qu'il va découvrir, des livres précieux, certes, mais aussi une mystérieuse voix de femme qui va littéralement l'envoûter et qui l'amènera à découvrir les bas-fonds de La Havane.
Ce roman commence comme une histoire tranquille et l'on se demande même pourquoi il est qualifié de "noir". Et puis, doucement, l'histoire et les personnages basculent dans le sombre et le policier. Leonardo Padura écrit dans une langue très colorée, haute en couleur. Il utilise beaucoup d'images dans de longues phrases donnant un ton très personnel et très agréable à son style et la sensation de lire un vrai auteur cultivé et documenté. Elles suivent ou impriment la lenteur et la distance nécessaires au Conde pour entrer dans l'histoire et raisonner correctement. Les dialogues ne sont pas en reste et les personnages, aussi bien le Conde, que ses acolytes moins exposés, sont bien décrits et assez forts pour tenir tout au long de cette histoire pleine de rebondissements et de découvertes. L'auteur oscille  habilement entre le roman noir et un livre plus "mélancolique sur la perte des illusions, l'amour des livres, de la culture ..." (4ème de couverture). Il n'est pas exempt non plus du constat de la déchéance de La Havane et de Cuba et de la désillusion des habitants obligés à moult bassesses pour simplement manger et la résignation des gens aimant la culture qui constatent la quasi disparition de celle-ci de cette île qui fut pourtant un terreau fertile pour la musique et l'écriture. En cela, on peut rapprocher Padura des Mankell et autres écrivains de polars ou romans noirs ne se contentant pas de raconter une bonne histoire, mais y ajoutant une réflexion sociétale ou politique ; de quoi lire avec plaisir en s'instruisant !
Je ne connaissais pas Leonardo Padura, ni son personnage Mario Conde, et étais très peu au fait de la vie à Cuba : je lui sais gré de m'avoir un peu ouvert les yeux sur son île natale et j'avoue avoir très envie de retrouver le Conde dans d'autres aventures : je me suis laissé dire d'ailleurs que L. Padura avait écrit d'autres livres avant celui-ci avec comme héros l'inspecteur Mario Conde, du temps où il était encore policier.

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Le retour du professeur de danse

Publié le par Yv

Le retour du professeur de danse, Henning Mankell, Seuil, 2006 
Début de l'hiver dans le nord de la Suède, Herbert Molin, policier à la retraite, retiré dans cette région est sauvagement torturé et assassiné. Stefan Lindman, policier à l'autre bout du pays et ancien collègue de Molin vient d'apprendre ce meurtre et une autre mauvaise nouvelle : il est atteint d'un cancer et doit commencer les traitements dans quelques semaines. Pour tromper son angoisse, il monte dans le nord et s'intéresse de près au meurtre d'Herbert Molin.
Roman policier d'Henning Mankell, mais sans le commissaire Wallander. Stefan Lindman apparaît ici pour la première fois et apparaîtra ensuite, au gré d'une mutation comme collègue de Kurt et Linda Wallander (cf. Avant le gel). Mankell n'a pas besoin de son héros fétiche pour nous tenir en haleine : il y réussit très bien avec des personnages inconnus. L'histoire est glauque, sinistre et fait appel à un passé peu glorieux de la Suède : la seconde guerre mondiale. On a coutume de dire que ce pays a été neutre. Certes ! Mais l'idéologie nazie a pénétré les Suédois et certains d'entre eux -assez nombreux aux dires de l'auteur, sûrement bien renseigné- se sont laissés séduire pas les thèses de Hitler. Certains Suédois se sont même engagés volontairement dans la Wehrmacht. Henning Mankell qui dénonce régulièrement les dérives de la société occidentale et notamment celles de la Suède, s'en donne ici à coeur joie -si je puis m'exprimer ainsi ! Cependant, il n'est pas lourd ou moralisateur : il met en face des personnages aux vies différentes qui s'affrontent idéologiquement en plus de s'affronter dans l'enquête policière en tant que policiers et suspects. Mais Mankell ne se contente pas de dénoncer le passé de la Suède, il est persuadé que cette idéologie passéiste, d'un autre temps est toujours présente dans son pays, pour son plus grand dégoût.
Stefan Lindman n'a pas la carrure d'un Wallander, mais ce roman est un excellent roman policier, peut-être même meilleur que certains avec Wallander, parce qu'on est moins "dérangé" par les "à-côtés" liés à Wallander, commissaire récurrent, et à son évolution au fil des livres. Mais bon, ce sont de bien minuscules dérangements. Et en plus, on en redemande !

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Avant le gel

Publié le par Yv

Avant le gel, Henning Mankell, Seuil points, 2005
Kurt Wallander, de la police de la ville d'Ystad, Suède, est sur une nouvelle enquête : des animaux immolés par le feu, une tête et des mains de femme retrouvées au fond d'une cabane près d'une bible griffonnée. En même temps, sa fille, Linda prépare son entrée dans la police d'Ystad et s'inquiète de la disparition d'une de ses amies : elle se lance dans une enquête au grand dam de son père.
Je continue ma série Mankell, mais cette fois-ci, je renoue, pour mon plus grand bonheur aux enquêtes de Kurt Wallander. Celle-ci ne déroge pas à la règle des autres : meurtres horribles, police qui part dans tous les sens ne négligeant aucune piste, et le commissaire Wallander qui resserre les boulons en cours et en fin d'enquête pour arriver au dénouement. Seulement, apparaissent de nouveaux personnages. A tout seigneur tout honneur, d'abord Linda Wallander qui fait ici sa première apparition en tant que future policière -je crois qu'elle sera ensuite dans les autres enquêtes mais celles-ci ne sont pas encore traduites ; une sorte de passage de relais entre le père et la fille-, et ensuite, Stefan Lindman qui arrive dans la police d'Ystad après avoir été l'enquêteur principal d'un autre livre de Mankell (cf. Le retour du professeur de danse).
Avant que Linda ne soit dans la police, les rapports entre père et fille n'étaient pas toujours faciles : ils le sont encore moins. Il faut dire que Wallander est un personnage haut en couleurs : pas loin de la retraite, il perd ses cheveux, grossit, et est colérique, entre autres qualités ! Et Linda n'a pas l'air mal non plus !
Autant dire que j'ai aimé, comme les autres enquêtes menées par la police d'Ystad et que j'attends avec impatience la traduction des dernières. J'avoue mon manque d'objectivité, mais que voulez-vous, j'ai un gros faible -en tout bien tout honneur- pour le commissaire Kurt Wallander que je trouve être le plus intéressant des enquêteurs actuels.

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