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polar-noir

Purgatoire

Publié le par Yv

Purgatoire, Chabouté, Vents d'Ouest, 2003/2005
Benjamin Tartouche est un jeune homme à qui l'avenir semble sourire : une grande maison en héritage d'une vieille tante inconnue, du nouveau matériel performant et des clients pour se lancer dans le monde du travail. Jusqu'au jour où la maison brûle. L'assureur fait traîner les choses dans l'espoir de n'avoir rien à débourser. Benjamin vit alors dans la rue. Il se fait renverser par une voiture. Il est mort... "et c'est là que [ses] ennuis ont vraiment commencé..." (4ème de couverture).
J'aime bien Chabouté. Jusqu'ici j'ai lu des BD en noir et blanc avec très peu de textes (Tout seul, Sorcières, La bête, Pleine lune, Construire un feu). Dans Purgatoire, la couleur est là, dans les tons bruns, marrons. Le texte est présent, mais point trop tout de même : on est loin des BD bavardes. Le dessin est précis, réaliste. C'est par lui qu'on voit les réactions et les sentiments des personnages qui remplissent les cases. Peu de paysages, et ceci d'autant plus que cette fois, l'univers est  urbain : plus d'arbres et de grands espaces, contrairement aux autres titres de l'auteur.
L'histoire que raconte cette trilogie est plaisante, elle tient bien la route grâce à quelques retournements de situation jusqu'à la fin. Elle n'est pas manichéenne : les bons, Tartouche en tête, ont quelques souvenirs pas très glorieux, et les méchants ne réagissent pas toujours caricaturalement.
Que dire d'autre sinon que j'aime vraiment cette bande dessinée comme quasiment toutes les autres de Christophe Chabouté ? Ah si, encore une chose : merci Père Noël, puisque je l'ai trouvée dans mes chaussons, sous le sapin enguirlandé !

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Les brouillards de la butte

Publié le par Yv

Les brouillards de la butte, Patrick Pécherot, Gallimard, 2001
Quatre copains de Montmartre, vaguement anars, vivant de petits boulots, s'associent pour cambrioler les maisons des bourgeois. Une nuit, ils dévalisent la maison du comte de Klercq et trouvent dans le coffre fort, en lieu et place de billets, un cadavre.
Roman policier se déroulant exclusivement dans le Paris de l'après première guerre -l'action se déroule en 1926-, on pourrait se croire dans une bande dessinée de Tardi, ou dans un livre de Léo Malet dont Pécherot revendique d'ailleurs l'héritage pour ce livre. Seulement voilà, malgré ces références, j'ai eu un peu de peine à aller au bout : peu d'entrain pour l'intrigue et les personnages, assez fades malgré leurs pedigrees qui laissaient augurer beaucoup mieux. L'auteur nous fait rencontrer André Breton, la Goulue, nous abreuve de noms et de faits qui se sont déroulés dans cette période, comme s'il voulait à tout prix "caser" toutes ses références dans un minimum de pages. C'est parfois trop !
Ce roman n'est jamais désagréable, mais il est loin de m'avoir "scotché".

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Country blues

Publié le par Yv

Country blues, Claude Bathany, Métailié, 2010
Dans une ferme délabrée des monts d'Arrée, vivent les membres de la famille Argol, tous plus givrés ou désorientés les uns que les autres : "Dany, play-boy rivé à ses vaches, Cécile, lesbienne passionnée d'armes, Jean-Bruno, boxeur agoraphobe, et Lucas, marionnettiste schizophrène" (4ème de couverture), tous frères et sœurs, auxquels, il faut ajouter leur mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Dans leur petit monde, survient Flora, "jeune et mystérieuse zonarde". Alors, de petits bouts de révélations et petits bouts de révélations, le passé de ce village des monts d'Arrée se dévoile. Et la seule chose que je puisse en dire sans trop éclairer  votre lanterne, c'est qu'il est très noir et très glauque.
Je vais être clair tout de suite : j'ai adoré ! Voilà, c'est dit ! Si l'on peut considérer que l'intrigue a déjà pu être lue ou vue ailleurs (un serial killer, des suicides suspects, ...), la manière de la raconter est pour moi très originale.Tous les protagonistes deviennent narrateurs à tour de rôle : les membres de la famille Argol et ceux de l'autre famille importante du livre, les Moullec. Chaque chapitre commence par le récit d'un événement présent par l'un des Argol. Le chapitre qui suit revient sur cet événement, mais par la bouche d'un autre Argol ; il décrit à son tour ce qu'il a vu ou vécu, ajoutant par rapport à son frère ou sa soeur des détails qui lui sont propres. Ce qui nous permet de nous faire une idée plus large de cet événement. Un peu comme si un cinéaste filmait une situation sous des angles différents avec plusieurs caméras et nous présentait ensuite les films consécutivement, sans montage. Une vision grand angle de la vie des Argol. Les Moullec eux, racontent plutôt les faits passés, de la même manière. On comprend donc à la fois la vie terne et peu enviable de ces familles et le secret qui les lie, par touches impressionnistes, tout au long du livre, le suspense tenant bon jusqu'aux dernières lignes.
Claude Bathany use donc d'un stratagème vraiment plaisant. J'aime bien son écriture, qui varie en fonction du narrateur, plus ou moins argotique pour les Argol, nettement plus léchée pour Vincent Moullec (officier de gendarmerie). Son roman est vraiment noir et glauque, quelques pointes d'humour sont les bienvenues. La Bretagne est pluvieuse, la terre omniprésente, boueuse, les hommes sont parfois répugnants, parfois attachants, de vrais losers, la musique est présente en fond de tableau, elle-même pesante, lourde : du blues, sûrement. Du blues de la campagne bretonne. Allez faire un tour dans cette Bretagne blues, vous ne le regretterez pas !

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Meurtres en sérail

Publié le par Yv

Meurtres en sérail, Charaf Abdessemed, Ed. Métropolis, 2002
A Alger, ces dernières semaines plusieurs femmes de dignitaires sont assassinées. A chacune, le meurtrier à coupé le gros orteil gauche. L'enquête incombe à un médecin légiste, Farid Ouz, assisté d'un flic "pas très net", Hani. Ils doivent faire vite pour coincer ce tueur en série, dans un pays qui n'a jamais connu de tels meurtriers et dont les responsables se refusent à penser qu'un assassin de cette sorte puisse être algérien.
Bon, disons-le tout de suite, ce livre ne brille pas par la qualité de son intrigue policière. En effet, les crimes s'accumulent sans que personne ne bouge, et la découverte du meurtrier en toute fin du roman ne déclenche pas des "Oh" et des "Ah" de surprise. Non, ce qui est intéressant, c'est le contexte : l'Algérie, au sortir (?) de la vague d'attentas commis par le GIA. C'est aussi la vie quotidienne des Algériens : la pauvreté et la débrouille, voire l'escroquerie, souvent au profit des déjà nantis. L'omniprésence de l'Etat et sa corruption au plus haut niveau. Les traditions très ancrées : les mariages arrangés, la condition féminine plus que bafouée. L'intégrisme présent dans toutes les rues et les mosquées.
Ne lisez pas ce livre comme un roman policier, mais comme un roman qui décrit la société algérienne. Voici ce qui définit l'auteur et son livre en quatrième de couverture. J'adhère totalement : "Pour ce premier roman, l'auteur a choisi la dérision et l'écriture policière pour dénoncer le marasme dans lequel se trouve son pays natal." L'auteur est né à Alger. Il est médecin et vit a Genève.
Livre emprunté suite à l'article de Pom'.

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Rituel

Publié le par Yv

Rituel, Mo Hayder, Presses de la cité, 2008, (414p)
Bristol, ouest de l'Angleterre, Flea Marley, plongeuse de la police remonte à la surface une main humaine, tranchée net. Quelques recherches menées conjointement avec l'inspecteur Jack Caffery, fraîchement muté de Londres, leur permettent de découvrir la seconde main. Les deux policiers recherchent alors activement le reste du corps.
Jack Caffery, à sa demande arrive à Bristol ; il est toujours en proie à ses démons - l'enlèvement et le meurtre de son frère par un pédophile, trente années auparavant qui a entraîné un sentiment de culpabilité et une soif de vengeance violente envers tous les pédophiles. Flea Marley se sent elle aussi coupable de la mort de ses parents, lors d'une plongée extrême. Eux deux forment une équipe qui va découvrir, parfois avec horreur, les rituels de certains pays d'Afrique, la sorcellerie, et les croyances importées en Angleterre.
Autant j'ai bien aimé le premier livre des aventures de Caffery -Birdman- autant là, je me suis ennuyé et j'ai même parfois souri, tellement les ficelles sont grosses. Ces deux enquêteurs, chacun autoproclamé coupable de la disparition de proches, pétris de doutes, de questionnements sont très -trop- archétypaux. Un flic abîmé par la vie et ne vivant que par son travail, ce n'est déjà pas très original, mais ça peut passer ; deux flics de ce genre, qui enquêtent sur la même affaire, ça fait un peu "too much". Si vous ajoutez à cela une histoire confuse, peu crédible, vous avez un polar vraiment très moyen. Pas infréquentable, mais loin d'être inoubliable. Moi qui me faisais une joie de retrouver Jack Caffery, me voilà follement déçu.

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Birdman

Publié le par Yv

Birdman, Mo Hayder, Presses de la cité, 2000 (502p)
Banlieue londonienne, cinq cadavres de femmes sont retrouvés, enterrés dans un terrain vague, tous terriblement mutilés. La police craint alors d'avoir à faire à un tueur en série particulièrement actif et pervers : "un maniaque sexuel de la pire espèce". L'inspecteur Jack Caffery, englué dans ses propres problèmes est chargé de l'enquête.
Ce roman policier commence comme n'importe quel autre déjà lu. Les cadavres, un tueur en série retors et un flic autant embêté par cette enquête que par sa vie qui ne prend pas la direction qu'il pourrait rêver. Et puis, soudainement, tout dérape, et là, on passe à un thriller efficace, glauque, aux descriptions assez détaillées pour qu'elles ne tombent pas sous tous les yeux.  La première partie, loin d'être désagréable laisse donc place à une seconde partie sombre, haletante, rouge sang. On suit l'enquête de Jack Caffery avec beaucoup d'intérêt, d'angoisse et d'impatience d'en connaître le dénouement. En même temps, je me suis pris à espérer pour lui un arrangement radical de sa vie.
La seconde aventure de Jack vient de paraître : Rituel ; je l'ai empruntée à la bibliothèque, et devinez quoi ? Je m'en vais de ce pas la commencer. A bientôt donc pour des nouvelles de Jack.

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Lâchez les chiens !

Publié le par Yv

Lâchez les chiens !, Maud Tabachnik, Flammarion, 1998
Sud-est de la France, un instituteur, juré dans un procès, est assassiné parce qu'il a, selon ses meurtriers, "encouragé les autres (jurés) à voter la réclusion". Dans cette région, l'extrême droite a pris le pouvoir et entend le garder, coûte que coûte, quitte pour cela à bâcler une enquête policière sur un meurtre impliquant certains de ses membres.
Un peu déçu par deux lâches abandons successifs de lecture, je me suis décidé à lire ce petit polar que j'ai acheté l'autre jour à Emmaüs -5 livres collection Librio pour 1€ , les autres étant 4 livres d'Andrée Chédid. C'est une petite lecture interlude, pas désagréable. Ce n'est pas non plus un grand polar : les retournements de situation sont un peu rapides et expéditifs, ce qui nuit à la crédibilité du livre. Il manque donc d'épaisseur dans le déroulement de l'enquête jusqu'à une fin un peu décevante. Ceci étant dit, le climat d'une ville du sud-est gangrenée par l’extrême droite est assez tendu et très plausible, notamment à l'époque de la parution du livre -1998 ! Pour cette raison la fréquentation de ce livre n'est pas inintéressante, mais elle doit être prise pour ce qu'elle est : un simple divertissement, ce qui n'est déjà pas si mal !

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Poison vert

Publié le par Yv

Poison vert, Patric Nottret, Ed. Robert Laffont, 2002 (367p)
Une unité spécialisée dans les enquêtes liées à l'environnement, la FREDE, travaille sur le meurtre d'un homme retrouvé dans un bois avec sur lui cinq feuilles vertes inconnues. Pierre Sénéchal, inspecteur dans cette unité, est mis sur l'affaire.
Si l'idée de départ est bonne, le rendu l'est beaucoup moins. D'abord, l'intrigue est confuse, ça part dans tous les sens ; je m'y suis perdu ! Ensuite, j'ai trouvé le livre bavard, plat, maladroit et plein de répétitions, l'auteur se plaisant à décrire deux ou trois fois la même situation (de quoi faire un gros livre ?). Et puis cette manière de répéter et répéter encore que l'inspecteur Sénéchal est drôle, sarcastique, insolent ; certes, ça pourrait, dans ces conditions, en faire un personnage  intéressant, mais l'habileté de l'écriture, me semble-t-il, consiste à ne pas le dire sans cesse mais à le faire comprendre au lecteur à travers la description et les dialogues du livre. Patric Nottret se croit obligé de nous asséner les traits de caractère de ses personnages : à nous d'y croire après. Pas bon pour moi, si je dois croire à un personnage, c'est en me l'imaginant par ma lecture. 
Bref, livre très moyen et maladroit (je l'ai déjà dit, mais je pense que c'est l'adjectif qui le décrit le mieux !). Énorme déception !

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Orages meurtriers

Publié le par Yv

Orages meurtriers, Frank Muir, Payot Suspense, 2009 (299p)
St Andrews, en Ecosse, petite ville où tout le monde se connait, un tueur en série sévit. Il tue exclusivement des hommes au comportement violent envers leurs femmes, par une baguette de bambou enfoncée dans l’œil gauche. Lorsque la sixième victime est découverte, l'inspecteur Andy Gilchrist est débarqué de l'affaire par son supérieur Mark Patterson qui l'exècre au plus haut point. Andy continue son enquête seul.
L'intrigue n'est pas particulièrement originale, ni les raisons qui poussent le tueur en série à agir, ni même la manière dont se déroule l'enquête, à savoir un flic écarté qui continue à fouiner pour son propre compte. Comme beaucoup de flics en ce moment, Gilchrist est un peu désabusé, a raté sa vie personnelle -il a divorcé et ne voit plus ses grands enfants que très rarement-, et s'essaie à d'autres relations qui capotent toutes. Il est englué dans sa propre histoire qui rejaillit sur son enquête et bien sûr sur sa personnalité. On peut aussi regretter que l'Ecosse et St Andrews soient trop peu présentes : l'atmosphère aurait pu être plus lourde avec le climat écossais en toile de fond. Malgré ces quelques poncifs, j'ai suivi les investigations d'Andy avec intérêt. Il dénouera bien sûr le sac de nœuds -bien serrés- sans que forcément nous-même l'on soupçonne le véritable coupable.
Je crois que c'est la première enquête d'Andy Gilchrist : les personnages se forgent, l'équipe se construit et j'ai eu l'agréable impression d'assister à cette construction. Je retrouverais bien volontiers Andy et son équipe dans d'autres affaires, histoire de savoir s'ils ont pris de l'épaisseur.
 

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