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Articles avec #polar-noir tag

Out

Publié le par Yv

Out, Natsuo Kirino, Ed. Seuil Thrillers, 2006 (original 1997, 587p)
Masako, Yoshié, Kuniko et Yayoi, quatre femmes japonaises travaillent de nuit dans une usine de paniers-repas. Elles font généralement équipe et s'entendent bien. Elles viennent d'horizons divers : origine sociale, âge, niveau d'études, ...Toutes ont en commun d'avoir vécu ou de vivre encore avec des maris qui les ignorent, les trompent ou les battent. Malgré tout, la vie routinière continue jusqu'au jour où l'une d'elles, lors d'une dispute conjugale plus intense que d'habitude, étrangle son mari. Elle demande alors de l'aide à ses amies de la fabrique de paniers-repas. Tout bascule soudain.
Roman qui commence paisiblement : l'auteure nous présente ces femmes, leurs vies non-enviables et la société japonaise, dans laquelle, il faut bien le dire, la femme n'a pour rôles que ceux de mère et de femme au foyer. Au fil de la lecture, j'ai appris qu'il est particulièrement difficile pour une japonaise d'être reconnue par son travail. Je croyais la société du Japon plus évoluée dans ce domaine, eh bien non, je me trompais lourdement. L'un des intérêts de ce livre est d'ailleurs de montrer cette face de la société japonaise.
L'autre intérêt consiste en la montée en puissance de l'intrigue : la relative tranquillité est bousculée lorsqu'intervient le meurtre et la participation collective à sa disparition. Le retournement de situation final, dans l'ultime partie,  est particulièrement jubilatoire.
Malgré sa longueur (587 pages), je ne me suis jamais ennuyé, ni Alex, qui a fait le billet qui m'a donné envie de lire Out

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Délivrez-nous du Mal

Publié le par Yv

Délivrez-nous du Mal, Romain Sardou, XO Editions, 2008 (493p)
Hiver 1288. Dans une paroisse isolée du Quercy, une troupe d'hommes en noir s'empare d'un enfant. Refusant d'admettre que le petit est perdu, le prêtre du village, le père Aba, se lance rageusement à la poursuite de ses ravisseurs. Au même moment, à Rome, l'éminent enquêteur Bénédict Gui accepte une nouvelle mission : retrouver un jeune homme employé par l'administration du pape. Lui aussi a disparu sans laisser de traces, emmené par des hommes en noir. (4ème de couverture)
Je voulais essayer un roman de Romain Sardou dont j'avais entendu parler. Plein d'a priori un peu négatifs, je dois bien le dire, j'ai donc entrepris ma lecture. Eh bien, ma fois, c'est plutôt pas mal. Je me suis laissé prendre par l'intrigue, par les personnages dont on ne sait jamais s'ils sont vraiment blancs ou noirs, par l'époque et toutes les images qu'elle peut entraîner. Alors, peut-être que le livre de Romain Sardou est bourré d'anachronismes (mais peut-être pas ?), je ne pourrai pas le dire, et finalement peu importe, mais il sait raconter une histoire ! Rebondissements, retournements. La toute puissance de l'Eglise dans ses années-là et son souhait d'encore accentuer son pouvoir sont le prétexte, pour certains de justifier des actes démesurés, et pour l'auteur de se lâcher et d'ajouter même quelque dose de paranormal de bon aloi.  L'écriture est fluide, permet une lecture aisée sans tomber dans la facilité ; quelques termes "techniques" religieux m'ont échappé, et l'on se perd parfois dans les méandres de la hiérarchie de l'Eglise, mais rien qui ne nuise réellement à la compréhension du texte et au plaisir de suivre le père Aba et Bénédict Gui.

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La clef des mensonges

Publié le par Yv

La clef des mensonges, Jean-Bernard Pouy, Gallimard (Folio policier, 2009, 186 p)
Pierre Zapala est un gendarme proche de la retraite, chargé avec un collègue breton d'escorter une jeune femme, Alix, vers Bordeaux, pour une reconstitution. Elle est témoin dans ce qu'on apprendra être un panier de crabes politico-juridico-financier. A la suite de quelques rebondissements, ils se retrouvent tous les deux -Pierre Zapala et Alix- en cavale, poursuivis par les gendarmes, dans les villages et les marais entre La Rochelle et Bordeaux.
Policier qui va très vite. Ça commence très fort et ne baisse pas de niveau durant les 186 pages. La traque est impitoyable, la fuite désespérée et les deux fuyards que tout oppose se rapprochent en gardant tout de même chacun ses distances. J-B Pouy évite les clichés et son écriture nerveuse, franche et moderne donne la vitesse nécessaire au bon déroulement de l'intrigue, qui elle n'est pas nouvelle, mais qui n'est là finalement que pour le prétexte de cette fuite. Se lit vite. Bien obligé, puisqu'on veut connaître la fin.
A noter que J-B Pouy est le co-créateur de Gabriel Lecouvreur, plus connu dans le monde du polar comme Le Poulpe.

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Les brumes du passé

Publié le par Yv

Les brumes du passé, Leonardo Padura, Ed. Métailié noir, 2006
Cuba, été 2003, Mario Conde, dit le Conde, vit en achetant et vendant des livres anciens. Ancien policier -il a démissionné une douzaine d'années plus tôt-, il traque les bonnes affaires des Cubains obligés de vendre leurs livres pour pouvoir manger. C'est en visitant une bibliothèque extraordinaire qu'il va découvrir, des livres précieux, certes, mais aussi une mystérieuse voix de femme qui va littéralement l'envoûter et qui l'amènera à découvrir les bas-fonds de La Havane.
Ce roman commence comme une histoire tranquille et l'on se demande même pourquoi il est qualifié de "noir". Et puis, doucement, l'histoire et les personnages basculent dans le sombre et le policier. Leonardo Padura écrit dans une langue très colorée, haute en couleur. Il utilise beaucoup d'images dans de longues phrases donnant un ton très personnel et très agréable à son style et la sensation de lire un vrai auteur cultivé et documenté. Elles suivent ou impriment la lenteur et la distance nécessaires au Conde pour entrer dans l'histoire et raisonner correctement. Les dialogues ne sont pas en reste et les personnages, aussi bien le Conde, que ses acolytes moins exposés, sont bien décrits et assez forts pour tenir tout au long de cette histoire pleine de rebondissements et de découvertes. L'auteur oscille  habilement entre le roman noir et un livre plus "mélancolique sur la perte des illusions, l'amour des livres, de la culture ..." (4ème de couverture). Il n'est pas exempt non plus du constat de la déchéance de La Havane et de Cuba et de la désillusion des habitants obligés à moult bassesses pour simplement manger et la résignation des gens aimant la culture qui constatent la quasi disparition de celle-ci de cette île qui fut pourtant un terreau fertile pour la musique et l'écriture. En cela, on peut rapprocher Padura des Mankell et autres écrivains de polars ou romans noirs ne se contentant pas de raconter une bonne histoire, mais y ajoutant une réflexion sociétale ou politique ; de quoi lire avec plaisir en s'instruisant !
Je ne connaissais pas Leonardo Padura, ni son personnage Mario Conde, et étais très peu au fait de la vie à Cuba : je lui sais gré de m'avoir un peu ouvert les yeux sur son île natale et j'avoue avoir très envie de retrouver le Conde dans d'autres aventures : je me suis laissé dire d'ailleurs que L. Padura avait écrit d'autres livres avant celui-ci avec comme héros l'inspecteur Mario Conde, du temps où il était encore policier.

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Le retour du professeur de danse

Publié le par Yv

Le retour du professeur de danse, Henning Mankell, Seuil, 2006 
Début de l'hiver dans le nord de la Suède, Herbert Molin, policier à la retraite, retiré dans cette région est sauvagement torturé et assassiné. Stefan Lindman, policier à l'autre bout du pays et ancien collègue de Molin vient d'apprendre ce meurtre et une autre mauvaise nouvelle : il est atteint d'un cancer et doit commencer les traitements dans quelques semaines. Pour tromper son angoisse, il monte dans le nord et s'intéresse de près au meurtre d'Herbert Molin.
Roman policier d'Henning Mankell, mais sans le commissaire Wallander. Stefan Lindman apparaît ici pour la première fois et apparaîtra ensuite, au gré d'une mutation comme collègue de Kurt et Linda Wallander (cf. Avant le gel). Mankell n'a pas besoin de son héros fétiche pour nous tenir en haleine : il y réussit très bien avec des personnages inconnus. L'histoire est glauque, sinistre et fait appel à un passé peu glorieux de la Suède : la seconde guerre mondiale. On a coutume de dire que ce pays a été neutre. Certes ! Mais l'idéologie nazie a pénétré les Suédois et certains d'entre eux -assez nombreux aux dires de l'auteur, sûrement bien renseigné- se sont laissés séduire pas les thèses de Hitler. Certains Suédois se sont même engagés volontairement dans la Wehrmacht. Henning Mankell qui dénonce régulièrement les dérives de la société occidentale et notamment celles de la Suède, s'en donne ici à coeur joie -si je puis m'exprimer ainsi ! Cependant, il n'est pas lourd ou moralisateur : il met en face des personnages aux vies différentes qui s'affrontent idéologiquement en plus de s'affronter dans l'enquête policière en tant que policiers et suspects. Mais Mankell ne se contente pas de dénoncer le passé de la Suède, il est persuadé que cette idéologie passéiste, d'un autre temps est toujours présente dans son pays, pour son plus grand dégoût.
Stefan Lindman n'a pas la carrure d'un Wallander, mais ce roman est un excellent roman policier, peut-être même meilleur que certains avec Wallander, parce qu'on est moins "dérangé" par les "à-côtés" liés à Wallander, commissaire récurrent, et à son évolution au fil des livres. Mais bon, ce sont de bien minuscules dérangements. Et en plus, on en redemande !

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Avant le gel

Publié le par Yv

Avant le gel, Henning Mankell, Seuil points, 2005
Kurt Wallander, de la police de la ville d'Ystad, Suède, est sur une nouvelle enquête : des animaux immolés par le feu, une tête et des mains de femme retrouvées au fond d'une cabane près d'une bible griffonnée. En même temps, sa fille, Linda prépare son entrée dans la police d'Ystad et s'inquiète de la disparition d'une de ses amies : elle se lance dans une enquête au grand dam de son père.
Je continue ma série Mankell, mais cette fois-ci, je renoue, pour mon plus grand bonheur aux enquêtes de Kurt Wallander. Celle-ci ne déroge pas à la règle des autres : meurtres horribles, police qui part dans tous les sens ne négligeant aucune piste, et le commissaire Wallander qui resserre les boulons en cours et en fin d'enquête pour arriver au dénouement. Seulement, apparaissent de nouveaux personnages. A tout seigneur tout honneur, d'abord Linda Wallander qui fait ici sa première apparition en tant que future policière -je crois qu'elle sera ensuite dans les autres enquêtes mais celles-ci ne sont pas encore traduites ; une sorte de passage de relais entre le père et la fille-, et ensuite, Stefan Lindman qui arrive dans la police d'Ystad après avoir été l'enquêteur principal d'un autre livre de Mankell (cf. Le retour du professeur de danse).
Avant que Linda ne soit dans la police, les rapports entre père et fille n'étaient pas toujours faciles : ils le sont encore moins. Il faut dire que Wallander est un personnage haut en couleurs : pas loin de la retraite, il perd ses cheveux, grossit, et est colérique, entre autres qualités ! Et Linda n'a pas l'air mal non plus !
Autant dire que j'ai aimé, comme les autres enquêtes menées par la police d'Ystad et que j'attends avec impatience la traduction des dernières. J'avoue mon manque d'objectivité, mais que voulez-vous, j'ai un gros faible -en tout bien tout honneur- pour le commissaire Kurt Wallander que je trouve être le plus intéressant des enquêteurs actuels.

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Le cerveau de Kennedy

Publié le par Yv

Le cerveau de Kennedy, Henning Mankell, Ed. Seuil, 2009
Louise Cantor, archéologue suédoise quitte son chantier de fouilles en Grèce et rentre en Suède. Elle trouve son fils, Henrik, mort, dans son appartement. Louise ne veut pas croire à la thèse du suicide. Elle se lance alors dans une enquête, découvrant de nombreuses facettes de son fils qu'elle ne connaissait pas. Sa recherche de la vérité la mènera en Espagne, au Mozambique, en Allemagne et en Australie. Pourquoi Henrik s'intéressait-il à la disparition du cerveau de John Kennedy ? Que faisait-il au Mozambique, dans un mouroir pour les malades atteints du sida ?
Henning Mankell explique dans la postface que ce roman est né de la colère qu'il éprouve face à l'hécatombe due au sida dans les pays d'Afrique. C'est un constat clair et net sur le "lent naufrage d'un continent rongé par le sida" et sur le désintérêt total et le cynisme du monde occidental face à cette catastrophe. Cette partie du roman est intéressante, et écrite par un homme désabusé qui connait bien l'Afrique puisqu'il partage son temps entre la Suède et la Mozambique.
Par contre, et je suis désolé de le dire parce que j'aime beaucoup H. Mankell, je n'ai pas adhéré au reste du livre : je n'ai été convaincu ni par l'énigme, ni par l'enquête et la résolution (?) de celle-ci, ni par les personnages, assez peu crédibles. Je me suis même un peu ennuyé : un comble pour un amateur de cet auteur !

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L'espion du pape

Publié le par Yv

L'espion du pape, Philippe Madral, François Migeat, Ed. Robert Laffont, 2009
En 1207, en Languedoc, la religion cathare prend de plus en plus d'importance et par voie de conséquence la religion catholique perd de son influence. Le pape Innocent III décide d'envoyer son espion Fransesco Stranieri dans le comté toulousain pour prendre la tension et tenter de faire régner le calme. Ce ne sera pas chose aisée, car des catholiques fanatiques brûlent, violent et torturent les hérétiques cathares. En parallèle, Bertrand de Touvenel, revenu d'une croisade, blasé et dégoûté par toute forme de religion et d'intolérance retrouve son domaine dévasté.
Voilà pour l'intrigue, qui, il faut bien le dire ne m'a pas scotché. Tout est déjà vu ou déjà lu : les personnages sont caricaturaux, les gentils, les méchants -pas tous de la même religion, ce serait trop facile !-, les amours naissantes puis contrariées, puis repartantes...
Ceci étant, malgré tout, je ne me suis pas ennuyé, parce que le contexte m'est particulièrement intéressant. Depuis, longtemps, je souhaite m'informer plus avant sur les Cathares, leur religion, leurs dogmes et le véritable génocide dont ils ont été les victimes. Par manque d'initiative personnelle et manque d'avoir trouvé le bon  ouvrage, je n'avais jamais réalisé ce souhait. Et bien, c'est maintenant fait, grâce à ce livre vraiment très bien documenté et très précis. Il m'a permis d'apprendre ou de revoir plein de choses sur cette religion, sur la manière de vivre à cette époque, dans ce comté. Alors, certes, j'aurais pu prendre un livre d'histoire, sûrement plus complet. L'intérêt, dans L'espion du pape, c'est que les auteurs mêlent les personnages historiques à leurs personnages romanesques, ce qui peut ajouter de la confusion, mais qui apporte surtout un côté instructif au rôle distrayant du roman.
NB : livre reçu grâce au partenariat Blog-o-book et les éditions Robert Laffont. Merci à eux.

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Morsure

Publié le par Yv

Morsure, Dan Nisand, Ed. Naïve, 2007
Le narrateur, professeur tranquille, voit grandir en lui une étrange obsession : mordre. La rencontre improbable avec son jeune voisin, Jimmy,  et son chien, un rottweiler prénommé Ivan ne va faire qu'aggraver la situation.
Roman étrange, inégal. Cela commence par un chapitre que j'ai trouvé assez mal écrit, le choix de certains mots ne s'accordant pas au style des phrases. Cela continue avec des chapitres mieux construits : l'auteur nous abreuve parfois de sa théorie sur nos instincts primaires, violents, carnassiers. C'est parfois bien vu, parfois lourd et répétitif. Cela finit beaucoup mieux que ça ne commence, notamment les deux derniers chapitres -surtout l'ultime ! Je ne connaissais pas les éditions Naïve, je ne regrette pas ma lecture, mais je ne suis pas complètement emballé non plus.
PS : à noter la très belle couverture : dessin de Frédéric Poincelet.

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