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polar-noir

Le dernier contrat

Publié le par Yv

Le dernier contrat, Olivier Maulin, Ed. La Branche, février 2012

Paris est en pleine insurrection. La crise économique, le manque de confiance dans les dirigeants entraînent les gens à descendre dans la rue. Dans le même temps, Joseph Victor, tueur à gages est contacté par un homme pour honorer un contrat. Arrivé au rendez-vous, il découvre son contact mort, assassiné et doit lui-même descendre les deux hommes coupables de cet acte. Il décide alors de remonter la filière vers le vrai commanditaire de son "dernier contrat" et se retrouve en face de Frère-la-Colère, le fédérateur des rebelles, l'icône de la Révolution.

Cinquième tome de l'excellente collection Vendredi 13. Pas un polar, mais plutôt un roman d'aventures (Patrick Raynal, celui qui a lancé l'idée de la série le définissait comme tel dans la très bonne émission télévisuelle sur France 5 : Entrée Libre). Olivier Maulin part de son héros, s'attarde un peu sur lui, puis nous plonge dans la seconde partie du bouquin dans la révolte en plein cœur de la fine équipe autour de Frère-la-Colère.

J'étais un peu rafraîchi par la relative lenteur du départ et par la mise en place un peu longue de l'intrigue, mais a posteriori je m'aperçois que j'ai pris un aussi grand plaisir à lire ce livre que les autres de la série. Bien fichu, l'auteur prend le temps de bien nous montrer pourquoi et comment la révolte s'est installée : le monde qu'il décrit est d'ailleurs à peine différent de ce que nous pouvons entendre en ce moment, entre la perte du triple A, la hausse des prix, les taxes qui augmentent, le chômage itou, le pouvoir d'achat qui fait l'inverse et la défiance des électeurs envers leurs dirigeants, ... Il suffirait de presque rien, comme dirait l'autre... Peut-être des élections toutes proches ?

Bon, revenons à notre livre, Olivier Maulin fait de son tueur à gages un homme désabusé, blasé :

"- Tout glisse sur vous. Vous ne vous étonnez de rien, vous ne vous attristez de rien, vous ne vous réjouissez de rien. [...] Bon Dieu, vous ressemblez à une machine. Rien ne vous touche ? Rien ne vous émeut ? Rien ne vous amuse ?

- Écoutez, je déteste la psychologie...

- Oui, je sais, vous détestez la psychologie, vous détestez la discussion, vous détestez le nudisme, vous détestez vous arrêter sur les aires d'autoroute, vous détestez mon vocabulaire, vous détestez mon survêtement...

- Pourquoi vous vous énervez comme ça ?

- Parce qu'il est impossible d'avoir un rapport humain avec vous.

J'ai levé les yeux au ciel.

- A mon avis, vous attendez trop des rapports humains. C'est un travers typique de la jeunesse." (p.155)

L'aventure est vue par les yeux de Joseph Victor le tueur à gages, c'est le narrateur à la première personne. C'est donc au travers de son regard désabusé, revenu de tout que nous voyons la révolution dans la rue et ceux qui la fomentent et l'attisent. Contrairement à lui, eux croient pouvoir changer le monde. Ils croient à la mobilisation du peuple autrement que par les urnes pour virer les gouvernants qui s'accrochent à leurs privilèges. (Tiens, tiens, ça me rappelle quelque chose : une -et plusieurs- révolutions arabes qui ont réussi à renverser leurs dirigeants corrompus, transposée en France.)

Un roman qui sait se faire apprécier au long de l'avancée du lecteur, qui mérite qu'on s'y arrête. Très visuel, le même Patrick Raynal que plus haut dans la même émission que plus haut disait que chaque livre de la collection devait être construit pour pouvoir être filmé : contrat largement rempli par Olivier Maulin, je me laisserai tenter par le film également s'il se tourne.

PS : ne lisez pas la 4ème de couverture ! Et par pitié, messieurs et mesdames qui écrivez ces fameuses 4èmes de couvertures, n'en dites point trop ! Vous déflorez beaucoup trop de l'histoire. Laissez un maximum de suspense et de surprise aux lecteurs !

Claude Le Nocher, Clara, Livrogne en parlent aussi

Merci Davina de chez Gilles Paris.

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Sur les nerfs

Publié le par Yv

Sur les nerfs, Larry Fondation, Fayard noir, 2012

Ce livre est un recueil de nouvelles très courtes pour certaines, qui ont toutes en commun de se dérouler aux États-Unis, dans des ghettos, des quartiers laissés à l'abandon, squattés ou habités par des gens pauvres, des truands, des dealers, des junkies. C'est noir, terriblement noir. Parfois une petite lumière qui pourrait illuminer ce noir, mais assez rarement. Appelons cela le destin, le "pas-de-bol", la malchance d'être né de ce côté de la barrière : pauvre dans un pays riche, le petit coup de pouce qui fait sombrer dans la drogue et les ennuis, ou tout autre terme, mais le fait est que les situations que décrit Larry Fondation sont malheureusement crédibles, et c'est ce qui les rend encore plus tragiques, plus terrifiantes. 

Larry Fondation emploie un mode elliptique, rapide, haché. Certaines nouvelles déconcertent, on ne suit plus vraiment, mais la chute est là, souvent qui remet tout en place.

"II. Dormir par terre au Lavomatique. Pas d'employé pour te foutre dehors.

III. Aide sociale et centre de grossesse

Une assistante sociale : "pourquoi est-ce que tu t'es laissée mettre en cloque si jeune ?" (Emphase : "laissée".) [...]

V. Biens personnels à protéger

boîte de Coca             biberon            papier toilette parfumé

station-service           lessive             désodorisant

ouvre-boîte électrique cigarettes         déodorant

cran d'arrêt               pistolet            cyanure" (p.41/42)

D'autres sont plus linéaires. Il y en a pour tous les goûts, à condition quand même d'aimer le noir.

"Il reste là, sur les escaliers, alors quelle lui a dit de se cacher.

- Ils te cherchent.

- Qu'ils viennent.

- C'est de ma faute.

- Qu'ils viennent, il répète.

Il fait nuit, mais encore chaud, et les rues sont pleines d'enfants qui jouent, de mecs au coin de la rue qui boivent de la bière, et de femmes qui se baladent en short et en sandales." (p.29)

Larry Fondation est médiateur de quartier à Los Angeles et doit donc savoir de quoi il parle lorsqu'il évoque la vie à l'intérieur de ces quartiers : il ne fait pas de concessions et ne se censure pas, certains passages sont assez durs, violents. On ressort de ce livre un peu étourdi, étonné et effrayé de ce qui peut se passer dans les cités, dans les squats, dans les rues mal famées, même si ce sont des choses qu'on voit parfois à la télé. Mais la littérature est plus forte en imaginaire et chacun se fait ses propres images de ce qu'il lit alors que la télévision nous impose les codes qu'elle veut bien : c'est particulièrement visible lorsqu'on regarde comment deux chaînes peuvent traiter différemment une même information. 

Je n'ai pas tout aimé dans ce recueil, certaines nouvelles m'ont laissé dubitatif, parce que parfois trop déstructurées, trop elliptiques mais dans l'ensemble je suis plutôt positif et curieux de ce que pourrait faire Larry Fondation en musclant un peu ses personnages, en les développant et en les mettant dans un roman... Noir évidemment.

Merci Lilas

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L'assassin éthique

Publié le par Yv

L'assassin éthique, David Liss, Ed. JC Lattès, 2012

Lem Atlick est un jeune étudiant qui vend des encyclopédies au porte-à-porte pour payer ses futures études à l'université de Columbia. Il arpente les rues d'une bourgade constituée de mobile homes. Un jour qu'il est en train de conclure une vente, un homme entre dans le mobile home et tue le couple acheteur, laissant la vie sauve à Lem pour peu qu'il ne parle pas, sous peine de porter le chapeau. "Je n'étais pas censé me trouver là. J'avais été accepté à la Columbia University, mais mes parents avaient refusé de payer l'inscription. Tout ce que je voulais, c'était gagner de l'argent pour la fac, point final. Rien de tout ça ne me concernait ; j'ai fermé les yeux dans l'espoir que tout allait disparaître. Ça n'a rien changé." (p.34)

Tout est dans le titre : l'assassin est éthique, qui tente d'expliquer ses gestes, qui tente aussi de convertir tous les gens qu'il rencontre au végétarisme voire au végétalisme. Il est empli de pensées et de théories dans beaucoup de domaines. Ceux pré-cités bien sûr, mais aussi les vraies raisons pour lesquelles on met les gens en prison, les violences faites aux animaux, ... A chaque fois qu'il aborde un sujet, l'auteur pose des questions poussant son raisonnement jusqu'aux imites de la raison. On se retrouve donc parfois aux frontières de l'absurde, mais évidemment avant d'en arriver à ce point, le lecteur -moi, en l'occurrence- se pose des questions sur ses propres pratiques, ses propres raisonnements et ses propres pensées. Un peu comme lorsqu'on converse avec des amis et que l'un d'entre eux pousse toujours le bouchon un peu plus loin, pour nous pousser dans nos retranchements, jusqu'au moment ou on l'envoie promener gentiment ou moins élégamment, tout dépend du degré d'intimité et d'amitié.

Il y a des passages dans ce livre qui sont extrêmement drôles ou cyniques voire les deux en même temps, comme lorsque le chef d'équipe des vendeurs expose les techniques de vente ou lorsqu'il explique ce qu'est le "moochie" : "Le moochie, ce sont les jouets en plastique, les carillons éoliens, les décorations de Noël tape-à-l’œil qu'on installe trop tôt et qu'on laisse jusqu'au mois de février, tout ce qui suggère que les gens qui vivent là aiment dépenser de l'argent qu'ils n'ont pas pour des choses dont ils n'ont pas besoin ou dont leurs enfants n'ont pas besoin -voilà à peu près ce qu'est le moochie." (p.16) Ou encore lorsqu'il précise que la cible visée est la catégorie des gens pauvres, car l'encyclopédie peut leur apporter ce qu'ils ne peuvent offrir à leurs enfants : un avenir par la connaissance.

Ce roman noir est aussi une vue désabusée des États-Unis d'Amérique, entre rêve et réalité. Le fameux rêve américain dont on nous rebat les oreilles un peu partout : "Là-bas, tout le monde peut réussir, avec une bonne idée et de la volonté" est un leurre : ce pays charrie un nombre impressionnant de pauvres, de gens qui ne "réussissent" pas, non pas parce qu'ils n'ont pas de volonté ou de courage, mais parce qu'ils n'ont pas la chance d'être au bon endroit, d'avoir un minimum d'argent au départ. "Certains jours, toutes ces personnes m'inspiraient presque de la condescendance. Ces personnes qui m'observaient d'un air vide tandis que je leur servais mon speech appris par cœur, je les méprisais pour leur apathie, que je jugeais responsable de leur condition sordide. Je pensais que c'était cette mollesse qui les avait menés, et mènerait plus tard leurs enfants, à vivre dans un mobile home déglingué. Parce qu'au fond, ils s'en foutaient." (p.248)

Et l'intrigue me direz-vous impatients que vous êtes de savoir si ce livre a toutes les qualités ? Eh, bien, plutôt bien, et surtout David Liss la complique à souhait en rajoutant des faux indices, des intrigues mineures qui embrouillent l'intrigue majeure. Pour le plus grand plaisir du lecteur, qui lui, du fait de la multiplicité des narrateurs en sait plus que Lem et le voit avec plaisir tenter de se dépatouiller de cet imbroglio. Tout s'explique à la fin, à la toute fin pourrais-je même dire.

A me lire vous aurez compris tout le bien que je pense de ce roman qualifié par The Washington Post de "thriller décapant et à mourir de rire sur l'Amérique d'aujourd'hui !". Je n'aurais pas mieux dit. Ils sont forts ces Étasuniens !

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Ça coince ! (2)

Publié le par Yv

 

Francesca, Sara Poole, Éd. MA, 2011

"Rome, été 1492. Dans les entrailles de la ville éternelle, le mal s’est réveillé. Le meurtre brutal d’un alchimiste va déclencher une course désespérée pour mettre au jour un complot visant à éteindre la lumière de la Renaissance pour replonger l’Europe entière dans les ténèbres moyenâgeuses. Déterminée à venger l’assassinat de son père, Francesca Giordano défie toutes les convenances en s’octroyant la charge d’empoisonneuse au service de Rodrigo Borgia, l’homme à la tête de la plus célèbre et la plus dangereuse famille d’Italie. Elle devient la confidente de Lucrèce Borgia et l’amante de César Borgia." (4ème de couverture)

Tentant, n'est-il pas ? Comme la charmante demoiselle sur la couverture peut le laisser penser. Certes, mais bavard et long ! Pas d'intérêt particulier : écriture banale et sobre, dialogues creux. Dommage, Francesca avait l'air un rien mutin mais farouchement indépendant, ce qui, en 1492, est assez rarement des qualités que l'on donne aux femmes.

 

La soeur, Sandor Marai, Albin Michel, 2011 

"En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l'issue d'un concert à Florence, victime d'un mal mystérieux.

Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l'oubli à coups de morphine. Ce sont ses "rendez-vous chimiques" qu'il attend avec l'impatience d'un amant. Tandis qu'au-dehors la guerre se déchaîne, Z mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. Il revisite la relation passionnelle qu'il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu'engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance." (4ème de couverture)

Autant j'avais aimé Les Braises de Sandor Marai, autant là, je ne réussis pas à m'intéresser à cette histoire, écrite peu après pourtant, dans les années 1940. L'introduction de près de 80 pages est longue et la mise en route ardue. Et puis, après cette entrée en matière décevante pour moi, j'ai eu du mal à passer outre mes premières impressions. Il peut en être ainsi parfois des rencontres avec de grands écrivains, néanmoins, je garde ce bouquin tout près et tout prêt au cas où, un jour de meilleure disposition, je voudrais m'y remettre.

 

Black Mamba boy, Nadifa Mohamed, Ed. Phébus, 2011

"Ce premier roman de Nadifa Mohamed débute à Aden, au Yémen, en 1935. Il retrace la vie mouvementée de Jama, un enfant des rues dont le père a disparu peu après la naissance et dont la mère lui jure qu’il est né sous une bonne étoile. À la mort de celle-ci, Jama part à la recherche de son géniteur. Ce périple rendu incandescent par la croyance en une terre promise, lui fait traverser l’Abyssinie, la Somalie, l’Érythrée, le Soudan, l’Égypte et la Palestine. Mais chaque frontière franchie se révèle source de déception. Les décennies passent, les empires coloniaux s’effondrent, le monde change, cependant Jama l’aventurier demeure un laissé-pour-compte, malgré le serpent tatoué sur son bras, le fameux mamba noir. Évocation puissante de contrées en proie à la guerre, mais aussi roman de formation, Black Mamba Boy est une véritable épopée qui nous fait mieux comprendre le destin de cette partie du globe." (note éditeur)

Malgré ce résumé très tentant, je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, à m'intéresser à Jama et les autres. C'est un peu frustrant, d'autant plus que j'avais très envie de lire ce roman. Mais bon, quand ça ne veut pas, je ne me force pas... tant  pis pour moi !

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Freaky fridays

Publié le par Yv

Freaky Fridays, Brigitte Aubert, Ed. La branche, janvier 2012

Mamie Hélène est une paisible retraitée, veuve depuis une année qui fait et livre des gâteaux dans les environs de son village normand. Un jour, en allant en apporter un chez ses voisins les Devauchelle, elle est témoin de l'assassinat de toute la famille (sauf Gaëtane, la petite fille handicapée mentale et Adrianus le chien). Apeurée à l'idée d'être un témoin gênant, donc éliminable, elle met en sécurité la petite et le chien et s'enfuit. Dès lors, Mamie Hélène va se transformer, ou plus exactement, retrouver ses vieux réflexes, recherchée très activement qu'elle est par divers clans. Attention, Mamie Hélène n'est pas Mamie gâteau !

Si je vous dis : éditions La branche, collection vendredi 13, Close-up, L'arcane sans nom, Samedi 14, ça vous dit forcément quelque chose, sinon, c'est que vous ne lisez pas assez attentivement mon blog. Et dans ce cas-là, vous me voyez franchement déçu par ce manque d'assiduité. Snif, snif... Bon, je répète donc pour les quelques inattentifs : Vendredi 13 est une collection de polars aux différents écrivains s'appropriant ce jour très particulier, chacun à leur manière, et jusque là, formidablement bien. Ce quatrième opus, signé Brigitte Aubert est dans la pure lignée des autres : passionnant, rythmé avec des personnages forts et des situations parfois drôles. Mamie Hélène se fait un plaisir même pas dissimulé de faire la nique à la mafia, aux services secrets, ... Et nous avec elle ! Un vrai plaisir de l'accompagner, de voir ses transformations et un vrai suspense de savoir si elle va s'en sortir et si oui, comment. Voilà comment débute ce roman :

"Hélène Robinson éteignit le gaz et leva les yeux de ses fourneaux pour regarder par la fenêtre. Le ciel s'était couvert, des nuages gris accouraient en bande, poussés par le vif vent d'est. Du côte du Havre, l'horizon restait bleu, les pétroliers défilaient lentement, les usines crachaient leurs panaches blancs. Elle soupira. Cela faisait plusieurs jours qu'elle n'était pas allée se promener sur la plage. Elle devrait prendre un chien. Ça la forcerait à sortir. Joe n'aurait pas voulu qu'elle reste confinée, le nez dans ses rosiers ou dans ses fourneaux." (p.7)

Je vous cite cet extrait parce que c'est à peu près le seul passage reposant qui laisse du répit au lecteur. Après, Brigitte Aubert nous entraîne dans une course effrénée sans temps mort. A peine, les Devauchelle ont-ils trépassé que d'autres suivent : "Six morts en début d'après-midi. Quatre en fin de soirée. Total dix pour la journée. Impressionnant après dix ans de balades à marée basse et de petits gâteaux. Une vraie hécatombe digne d'un vendredi 13. Freaky Friday, jura-t-elle à voix basse. Même Stephen King avait peur des vendredis 13." (p.78)

Loin d'être un spécialiste des polars, je ne connaissais pas Brigitte Aubert qui compte pourtant beaucoup de livres de ce genre à son actif (au moins quinze si j'en juge par la dernière page recensant les livres du même auteur). Je confesse mon ignorance mais me suis rattrapé, car, j'ai adoré ce livre et Mamie Hélène qui m'a impressionné et fait rire. C'est ce qui est bien dans ce bouquin : au fur et à mesure que les morts pleuvent les rires -ou sourires- enflent. L'auteure en rajoute dans le rayon ironie, moquerie des mecs, des durs, des vrais Hommes qui ne parviennent pas à arrêter une brave (?) mamie. Et tout cela écrit dans un style finalement assez... masculin : mots d'argot, gros mots, mais avec une finesse féminine de bon aloi.

Et l'intrigue, me direz-vous ? Eh bien, suffisamment tortueuse pour tenir la route et en haleine. Je ne vous en dirai point plus pour laisser agir le suspense.

Décidément, cette collection des éditions La Branche est une pépite de vrais bons polars à la française.

Grand merci Davina de chez Gilles Paris pour ses envois et son accueil.

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Aztèques freaks

Publié le par Yv

Aztèque freaks, Stéphane Pajot, La baleine, 2012

Gabriel Lecouvreur, autrement plus connu sous le sobriquet de Le Poulpe décide de partir enquêter à Nantes sur l'étrange disparition d'un avaleur de grenouilles et le non moins bizarre suicide d'un lilliputien. Arrivé dans la cité des Ducs, il découvre un cirque qui présente des phénomènes de foire, des "freaks" : homme-caoutchouc, femme à barbe, charmeuse de serpent, homme le plus fort du monde, soeurs siamoises, ... Entre promenades dans cette belle ville, visites de ses bars et du cirque, et en éclusant pas mal de bières, Le Poulpe va tenter d'élucider ce double mystère.

Nouvelle enquête donc de Gabriel Lecouvreur, qui cette fois-ci prend le TGV et débarque 1h59 plus tard au buffet de la gare de Nantes. Pour ceux d'entre vous qui ne connaîtraient pas encore cet enquêteur hors norme, prière de prendre quelques infos ici ! Il a du bol Gabriel, car le voici dans Nantes avec comme guide Stéphane Pajot qui est comme-qui-dirait un spécialiste des petites rues, des histoires, des cafés, des coins insolites de la ville. Ça commence dès l'arrivée à la gare lorsque Le Poulpe rencontre un clochard, Ulysse Junior : "Ce clodo, tel que les images d'Epinal le représentaient, était une pure merveille sortie d'un conte des mille et une galères. Comme toutes les légendes entourant la vie des clochards, on devait l'imaginer dormir sur un matelas bourré d'oseille, de lingots d'or." (p.43) Les Nantais de ma génération et d'avant ne peuvent que se souvenir du vrai Ulysse, clochard mémorable du centre ville, décédé depuis quelques années et qui malgré ce qui se disait dans les rues ne dormait pas sur un lit bourré de pognon.

Et puis, on avance dans la ville : ceux qui la connaissent suivent les parcours, les autres voyagent gratuitement et peuvent presque prévoir leur future visite dans l'ex-Venise de l'Ouest.

Là où il me plaît bien aussi ce bouquin, c'est dans sa langue emplie de jeux de mots, de calembours bien trouvés : Stéphane Pajot se lâche totalement dans son écriture. Un vrai régal d'argot, de français plus châtié, d'expressions détournées : un vrai bon polar poulpien ! Un exemple parmi tant d'autres : présentant un personnage états-unien, taxidermiste de son état et collectionneur d'objets se rapportant au cirque, l'auteur fait dire à un journaliste : "Son vrai nom est Buster Mac Grégoire. Il a la double nationalité. Et tu ne sais pas comment on le surnommait en France ?

- Dis toujours.

- L'Empailleur State Building." (p.160)

Et puis ce que j'aime bien chez Gabriel Lecouvreur, c'est qu'il se lie facilement d'amitié avec les gens du cru, il se fond dans la masse des autochtones même s'il sait aussi s'attirer les inimitiés de certains et qu'il se prend régulièrement une bonne branlée. Ce roman ne déroge à aucune de ces règles.

Le petit plus ? Eh bien, outre de nous faire voyager à Nantes, Stéphane Pajot nous fait visiter les coulisses du cirque, des freaks. Une très forte touche d'intemporalité dans un roman pourtant bien ancré dans son époque qui ajoute de l'exotisme, du surnaturel. Je soupçonne très fortement l'auteur d'aimer ce contraste qu'il avait déjà exprimé dans son excellent et précédent roman Carnaval infernal.

Quoi vous dire de plus qui vous donnera envie de lire cette aventure du Poulpe ? Eh bien Cheryl est toujours aussi jolie, que dis-je, sublime ! Néanmoins, Le Poulpe n'est pas toujours insensible aux charmes des jolies jeunes autres dames. Mais chut, pas trop fort, dès fois que Cheryl passerait me lire ! Gabriel est toujours bien entouré, à la fois de ses amis de toujours et aussi de ses nouveaux amis régionaux. Il aime toujours autant la bibine, surtout la bière de petits brasseurs. Allez-y, c'est du bon !

Et pour finir, je me suis laissé dire qu'un nouveau projet de film était en marche (je ne sais pas vous, mais moi, à chaque fois que je lis une de ses enquêtes, je vois JP Daroussin en Poulpe et C. Couraud en Cheryl) ; pourquoi pas inspiré de cette enquête qui me paraît vraiment cinématographique. Bon, je dis ça, mais je ne suis pas cinéaste. Mais bon...

Voici une année polar qui commence vraiment sous les meilleurs auspices. Merci Stéphane !

Le Poulpe à Nantes a aussi séduit Claude Le Nocher.

Dernière minute : Le Poulpe à Nantes, c'est sur France 3 !

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Contractors

Publié le par Yv

Contractors, Marc Wilhem, Ed. Scrineo, octobre 2011

Bruno Rijkeers est un cadre du GESGC, une société qui emploie des contractors pour diverses missions. Par contractors, entendons mercenaires. Il vient de finir une mission et compte bien en récolter les fruits, pécuniaires cela va sans dire. Son responsable l'envoie sur une autre mission : il doit former une équipe chargée de surveiller et de protéger des bûcherons qui exploitent clandestinement une partie de l'Amazonie.

Dans le même temps, Thomas Pinheiro de Lima militaire brésilien, membre d'une société secrète Le Cygne blanc, qui s'autoproclame protectrice des intérêts du pays, est chargé par cette société de surveiller la forêt amazonienne et d'en chasser les exploitants clandestins.

Voilà le début de ce thriller résumé, mais c'est bien peu tellement il est empli de rebondissements, d'intrigues dans l'histoire et d'intervenants, tous plus pourris les uns que les autres ou alors naïfs et manipulés. Efficace de bout en bout ce roman, écrit par un capitaine de la Brigade de Répression du Banditisme.

Il y a bien quelques détails gênants, comme par exemple l'abondance de sigles des différentes sociétés ou organismes qui interviennent, certes expliqués en bas de page -d'où de nombreuses notes de bas de page- mais non rappelés ensuite. Il y a en fin de livre une liste des sigles utilisés, mais elle n'est pas mentionnée au début et je n'ai vu son existence qu'à la fin de ma lecture. Et puis, une fois dans l'intrigue, les sigles "passent". Ensuite, il faut bien reconnaître que si l'écriture est simple, efficace on n'a pas affaire au styliste littéraire de l'année et les dialogues sont un peu faibles, perfectibles. Ceci étant dit, on ne lit pas ce genre de roman pour ses qualités d'écriture, mais pour s'évader et éventuellement s'instruire. Ce qui est le cas ici. Donc mission pleinement remplie ! Car je dois dire que je ne connaissais pas grand chose aux sociétés de mercenaires ; je savais qu'elles existaient, mais mes connaissances s'arrêtaient à cet état de fait. Là, Marc Wilhem, grâce à son intrigue, nous montre les rouages, les implications des uns et des autres et comment ses sociétés, grassement rétribuées montent des opérations de déstabilisation voire carrément des machinations terribles. "Le temps du mercenariat à la Bob Denard était bel et bien révolu. La place était maintenant aux sociétés militaires -les SMP, ces multinationales de la barbouzerie qui permettaient aux grandes puissances de "tertiariser" certaines opérations tout en gardant les mains propres." (p.41)

Les connivences entre ces gens-là, les politiques et les journalistes -enfin, certains journalistes : "Aujourd'hui, la profession est une vraie merde. Les journalistes politiques ne font que des commentaires sportifs, comme si les élections n'étaient qu'un jeu. [...] Rien sur le fond, sur les idées ; ces peigne-culs ne sont même pas capables de ressortir les déclarations de l'année précédente pour mettre le doigt sur les contradictions des discours. Je te le dis, petit : que des commentateurs sportifs. Et ils ont raison vu que les journalistes sportifs, eux, font du people. Ils ne critiquent jamais les joueurs de foot, magnifiques, brillants, somptueux, héroïques... Les rois du superlatif. Les seuls à secouer un peu leurs clients sont les journalistes people. En fait, chacun fait le boulot de l'autre." (p.80)- les connivences disais-je sont montrées, démontrées. Instructif et effrayant. Effrayant, parce qu'on se demande qui gouverne qui ? Pourquoi ? Qui manipule ? Dans quel but ? Le Graal ? Le pouvoir bien sûr, et tout ce qu'il apporte : la notoriété, la puissance, la gloire et l'argent.

Un thriller politiquement incorrect qui montre les abus des uns et des autres. Un roman diablement efficace, captivant, crédible et réaliste, c'est d'ailleurs sans doute ce qui fait le plus peur.

En prime, en fin de volume, les éditions scrineo éditent un dossier écrit par un spécialiste (ici, Jacques Massey, journaliste spécialisé défense renseignement et sécurité) qui éclaire et analyse le système des SMP, des contractors. Instructif également, et exemples à l'appui, cette analyse crédibilise le roman qui la précède.

Comme quoi, on peut se faire plaisir en lisant des thrillers intelligents qui donnent à réfléchir et complètent notre instruction. Merci au partenariat Scrineo/les agents littéraires qui m'ont permis cette découverte.

 

challenge-rentrée-littéraire-2011

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Léviathan : la chute

Publié le par Yv

Léviathan : la chute, Lionel Davoust, Ed. Don Quichotte, 2011

"1984, au large des côtes canadiennes. Surpris par une redoutable tempête, le ferry Queen of Alberta fait naufrage. Parmi les rares rescapés, le petit Michael Petersen, sept ans, a vu ses parents disparaître dans la tourmente.

2011, Los Angeles. Michael, désormais adulte et père d’un petit garçon, nourrit à l’égard de cette mer qui lui a tout pris une fascination mêlée de peur. Devenu chercheur en biologie marine, il se porte volontaire, malgré l’appréhension et la culpabilité d’abandonner les siens, pour une mission dans les glaces de l’Antarctique. 

Or, il est loin de se douter que cette expédition suscite l’inquiétude au sein d’une mystérieuse organisation séculaire, le Comité, dont les membres ont développé au fil du temps des pouvoirs supérieurs aux capacités humaines. Un de leurs agents, Masha, est personnellement chargé de veiller à la bonne marche d’une machination que le chercheur risquerait de mettre en péril. Ses directives sont claires : Michael ne doit jamais atteindre l’Antarctique." (4ème de couverture)

Autant le dire dès le début, je ne suis pas rentré dans ce roman. C'est un thriller scientifico-futuriste qui ne laisse aucune chance au lecteur qui ne réussit pas à adhérer tout de suite au propos. Il démarre très lentement -mais ce n'est pas un critère, un thriller n'est pas obligatoirement rapide-, et aligne les répétitions de situations, de questionnements d'une manière un peu agaçante ; par exemple, il est répété au moins cinq ou six fois en une trentaine de pages que Masha a mal au dos suite à "sa chute dans la benne à ordures" et qu'elle n'a plus vingt ans pour encaisser ces coups ! C'est à mon sens inutile et ça rallonge le livre loin d'être léger (400 pages). Et en plus, c'est un peu dur à entendre pour un quarantenaire, même si je ne saute pas du 5ème étage dans la benne à ordures tous les jours !

Ceci étant dit, l'auteur décrit bien ses personnages (remarquez qu'à force de répétitions, même le lecteur le plus obtus -donc moi- réussit à faire rentrer dans sa caboche les traits de caractères de tous) et les situations ne sont pas dénuées d'intérêt. Un peu prévisibles pour certaines, mais pas mal amenées et l'on a envie de savoir où tout cela va nous emmener. Personnellement, pas très loin pour moi, puisque j'ai lu ce thriller dans un aller/retour Nantes-Paris.

Mais ce qui m'a définitivement embrouillé, c'est le monde que Lionel Davoust décrit scindé en deux groupes dirigeants et opposés : la Main droite et la Main Gauche (au moins, il n'est point Manchot ! Ah, ah, je me gausse, mais où vais-je chercher tout cela ?) :

"La Main Droite croyait à un ordre absolu, supérieur à la volonté de l'homme et ineffable, auquel il convenait de se soumettre sans condition. Or les adeptes de la Main Gauche, guerriers de la connaissance, mages, initiés, quel que soit le nom qu'on leur attribue, n'avaient d'autres règles que celles qu'ils se fixaient individuellement. Certains l'exprimaient avec violence et entraient dans la vaste partie d'échecs qu'était le Jeu Supérieur ; d'autres se retiraient du monde et vivaient dans l'errance." (p.95)

C'est pour moi un charabia qui ne monte pas jusqu'à mes deux neurones encore disponibles (parce que là, ce n'est qu'un extrait ; il y a d'autres pages du genre). Mais il est vrai, je le confesse, et oui mon Père (merci mon Fils : des restes de mon éducation religieuse depuis longtemps enfouie sous mon ironie et mon athéisme convaincu !) que je ne suis pas un liseur de SF et que c'est même un domaine qui m'est étranger. Je ne suis probablement pas le public ciblé. Définitivement pas pour moi. Mais bon, essayez, vous verrez !

Merci Davina de chez Gilles Paris, mais pour les deux tomes suivants, ce sera sans moi.

Pour encore quelques jours le Challenge des Agents Littéraires est ouvert, j'en profite.

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L'homme qui en voulait trop

Publié le par Yv

L'homme qui en voulait trop, Patrice Pélissier, Presses de la cité, 2011

Jean Deschamps est le conducteur du chasse-neige d'une région d'Auvergne. Le lundi 5 décembre, il part travailler : les chutes du weekend ont été abondantes, exceptionnelles. Il arrive au hameau des Combes, bien décidé à se faire payer un café chez Noémie. Au lieu de cela, il découvre à l'entrée le cadavre de Julia, autre habitante du hameau. La gendarmerie alertée dépêche le major Feyrat et le gendarme Delaire. Ils découvrent d'autres morts : "Si Feyrat ne s'était pas trompé, le hameau abritait six morts. Ce qui était beaucoup, puisqu'il ne comptait que cinq âmes." (p.17)

Roman policier assez classique et plaisant qui après avoir décrit les cadavres, et le hameau ensanglanté (à part cette description un rien macabre, point d'hémoglobine ou d'horreurs qui puisse faire fuir le lecteur) se concentre sur les différents protagonistes. D'abord les gendarmes chargés de l'enquête qui sont obligés d'émettre des hypothèses, bien embêtés qu'ils sont par le manque de témoin et par l'absence totale de motifs : les habitants des Combes étaient paisibles, sans histoires, des gens normaux. On suit pas à pas leurs investigations, leurs questionnements, leurs doutes, leurs différentes versions des faits. On peut noter aussi l'ambition de certains et la peur d'autres de se faire saquer : "Et le général de se souvenir d'une mutation, au fin fond d'une base militaire désaffectée dans l'Est, d'un colonel de ses amis à la suite d'une mauvaise gestion de crise lors d'un passage du président de la République." (p.99)

Ensuite, les morts, parce qu'en parallèle, Patrice Pélissier fait parler Alex, qui ne fait pas partie des morts, mais qui était présent sur les lieux ce weekend meurtrier. On ne sait d'ailleurs où il est, au début du livre. Alex est un homme de trente-cinq ans, dragueur, qui ne vit que sur le dos des femmes qu'il fréquente. Sa dernière conquête en date, c'est Julia, habitante du hameau. Alex raconte son arrivée aux Combes, une semaine avant le drame et fait défiler les jours, à la manière d'un journal intime. Il décrit tout ce qui se dit et se passe dans les maisons des uns et des autres. Nous, lecteurs, possédons donc un coup d'avance sur les gendarmes, parce que nous sommes à l'intérieur du hameau.

Roman classique dans l'écriture, simple, et sans artifices et dans sa construction qui met donc le lecteur dans les confidences bien avant les enquêteurs. Je suis passé par toutes sortes de suppositions sur le nom (ou les noms) du (des) coupable(s), avant de savoir le fin mot de l'histoire. Pas surpris par le dénouement, mais néanmoins pas déçu. L'auteur nous amène doucement vers son épilogue, en semant dans son récit des indices favorisant telle ou telle thèse, sans en divulguer une avant la fin.

Un petit bémol sur une technique qui m'a agacé un peu : à chaque fin de chapitre consacré à ce que j'appelle le journal d'Alex, Patrice Pélissier place une phrase sensée donner du suspense et qui est, à mon sens, superflue, du genre :

"Pas de doute, Jésup venait des tréfonds de l'enfer et nous devînmes ses anges exterminateurs." (p.26)

"... je me fis la réflexion que nous ne tarderions pas pas à être coupés du monde. Sur le moment je n'imaginais pas que ce serait vrai et que cela nous mènerait à notre perte." (p.48)

C'est tout ce que j'ai à reprocher à ce polar très fréquentable, qui encore une fois, fait mentir ceux qui pensent que l'édition régionale est de piètre qualité, puisqu'il est en collection Terres de France, comme l'excellent Ceux de Menglazeg, de Hervé Jaouen.

Claude le Nocher a aimé aussi.

Merci Laura.

 

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