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polar-noir

Ça coince ! (2)

Publié le par Yv

 

Francesca, Sara Poole, Éd. MA, 2011

"Rome, été 1492. Dans les entrailles de la ville éternelle, le mal s’est réveillé. Le meurtre brutal d’un alchimiste va déclencher une course désespérée pour mettre au jour un complot visant à éteindre la lumière de la Renaissance pour replonger l’Europe entière dans les ténèbres moyenâgeuses. Déterminée à venger l’assassinat de son père, Francesca Giordano défie toutes les convenances en s’octroyant la charge d’empoisonneuse au service de Rodrigo Borgia, l’homme à la tête de la plus célèbre et la plus dangereuse famille d’Italie. Elle devient la confidente de Lucrèce Borgia et l’amante de César Borgia." (4ème de couverture)

Tentant, n'est-il pas ? Comme la charmante demoiselle sur la couverture peut le laisser penser. Certes, mais bavard et long ! Pas d'intérêt particulier : écriture banale et sobre, dialogues creux. Dommage, Francesca avait l'air un rien mutin mais farouchement indépendant, ce qui, en 1492, est assez rarement des qualités que l'on donne aux femmes.

 

La soeur, Sandor Marai, Albin Michel, 2011 

"En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l'issue d'un concert à Florence, victime d'un mal mystérieux.

Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l'oubli à coups de morphine. Ce sont ses "rendez-vous chimiques" qu'il attend avec l'impatience d'un amant. Tandis qu'au-dehors la guerre se déchaîne, Z mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. Il revisite la relation passionnelle qu'il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu'engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance." (4ème de couverture)

Autant j'avais aimé Les Braises de Sandor Marai, autant là, je ne réussis pas à m'intéresser à cette histoire, écrite peu après pourtant, dans les années 1940. L'introduction de près de 80 pages est longue et la mise en route ardue. Et puis, après cette entrée en matière décevante pour moi, j'ai eu du mal à passer outre mes premières impressions. Il peut en être ainsi parfois des rencontres avec de grands écrivains, néanmoins, je garde ce bouquin tout près et tout prêt au cas où, un jour de meilleure disposition, je voudrais m'y remettre.

 

Black Mamba boy, Nadifa Mohamed, Ed. Phébus, 2011

"Ce premier roman de Nadifa Mohamed débute à Aden, au Yémen, en 1935. Il retrace la vie mouvementée de Jama, un enfant des rues dont le père a disparu peu après la naissance et dont la mère lui jure qu’il est né sous une bonne étoile. À la mort de celle-ci, Jama part à la recherche de son géniteur. Ce périple rendu incandescent par la croyance en une terre promise, lui fait traverser l’Abyssinie, la Somalie, l’Érythrée, le Soudan, l’Égypte et la Palestine. Mais chaque frontière franchie se révèle source de déception. Les décennies passent, les empires coloniaux s’effondrent, le monde change, cependant Jama l’aventurier demeure un laissé-pour-compte, malgré le serpent tatoué sur son bras, le fameux mamba noir. Évocation puissante de contrées en proie à la guerre, mais aussi roman de formation, Black Mamba Boy est une véritable épopée qui nous fait mieux comprendre le destin de cette partie du globe." (note éditeur)

Malgré ce résumé très tentant, je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, à m'intéresser à Jama et les autres. C'est un peu frustrant, d'autant plus que j'avais très envie de lire ce roman. Mais bon, quand ça ne veut pas, je ne me force pas... tant  pis pour moi !

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Freaky fridays

Publié le par Yv

Freaky Fridays, Brigitte Aubert, Ed. La branche, janvier 2012

Mamie Hélène est une paisible retraitée, veuve depuis une année qui fait et livre des gâteaux dans les environs de son village normand. Un jour, en allant en apporter un chez ses voisins les Devauchelle, elle est témoin de l'assassinat de toute la famille (sauf Gaëtane, la petite fille handicapée mentale et Adrianus le chien). Apeurée à l'idée d'être un témoin gênant, donc éliminable, elle met en sécurité la petite et le chien et s'enfuit. Dès lors, Mamie Hélène va se transformer, ou plus exactement, retrouver ses vieux réflexes, recherchée très activement qu'elle est par divers clans. Attention, Mamie Hélène n'est pas Mamie gâteau !

Si je vous dis : éditions La branche, collection vendredi 13, Close-up, L'arcane sans nom, Samedi 14, ça vous dit forcément quelque chose, sinon, c'est que vous ne lisez pas assez attentivement mon blog. Et dans ce cas-là, vous me voyez franchement déçu par ce manque d'assiduité. Snif, snif... Bon, je répète donc pour les quelques inattentifs : Vendredi 13 est une collection de polars aux différents écrivains s'appropriant ce jour très particulier, chacun à leur manière, et jusque là, formidablement bien. Ce quatrième opus, signé Brigitte Aubert est dans la pure lignée des autres : passionnant, rythmé avec des personnages forts et des situations parfois drôles. Mamie Hélène se fait un plaisir même pas dissimulé de faire la nique à la mafia, aux services secrets, ... Et nous avec elle ! Un vrai plaisir de l'accompagner, de voir ses transformations et un vrai suspense de savoir si elle va s'en sortir et si oui, comment. Voilà comment débute ce roman :

"Hélène Robinson éteignit le gaz et leva les yeux de ses fourneaux pour regarder par la fenêtre. Le ciel s'était couvert, des nuages gris accouraient en bande, poussés par le vif vent d'est. Du côte du Havre, l'horizon restait bleu, les pétroliers défilaient lentement, les usines crachaient leurs panaches blancs. Elle soupira. Cela faisait plusieurs jours qu'elle n'était pas allée se promener sur la plage. Elle devrait prendre un chien. Ça la forcerait à sortir. Joe n'aurait pas voulu qu'elle reste confinée, le nez dans ses rosiers ou dans ses fourneaux." (p.7)

Je vous cite cet extrait parce que c'est à peu près le seul passage reposant qui laisse du répit au lecteur. Après, Brigitte Aubert nous entraîne dans une course effrénée sans temps mort. A peine, les Devauchelle ont-ils trépassé que d'autres suivent : "Six morts en début d'après-midi. Quatre en fin de soirée. Total dix pour la journée. Impressionnant après dix ans de balades à marée basse et de petits gâteaux. Une vraie hécatombe digne d'un vendredi 13. Freaky Friday, jura-t-elle à voix basse. Même Stephen King avait peur des vendredis 13." (p.78)

Loin d'être un spécialiste des polars, je ne connaissais pas Brigitte Aubert qui compte pourtant beaucoup de livres de ce genre à son actif (au moins quinze si j'en juge par la dernière page recensant les livres du même auteur). Je confesse mon ignorance mais me suis rattrapé, car, j'ai adoré ce livre et Mamie Hélène qui m'a impressionné et fait rire. C'est ce qui est bien dans ce bouquin : au fur et à mesure que les morts pleuvent les rires -ou sourires- enflent. L'auteure en rajoute dans le rayon ironie, moquerie des mecs, des durs, des vrais Hommes qui ne parviennent pas à arrêter une brave (?) mamie. Et tout cela écrit dans un style finalement assez... masculin : mots d'argot, gros mots, mais avec une finesse féminine de bon aloi.

Et l'intrigue, me direz-vous ? Eh bien, suffisamment tortueuse pour tenir la route et en haleine. Je ne vous en dirai point plus pour laisser agir le suspense.

Décidément, cette collection des éditions La Branche est une pépite de vrais bons polars à la française.

Grand merci Davina de chez Gilles Paris pour ses envois et son accueil.

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Aztèques freaks

Publié le par Yv

Aztèque freaks, Stéphane Pajot, La baleine, 2012

Gabriel Lecouvreur, autrement plus connu sous le sobriquet de Le Poulpe décide de partir enquêter à Nantes sur l'étrange disparition d'un avaleur de grenouilles et le non moins bizarre suicide d'un lilliputien. Arrivé dans la cité des Ducs, il découvre un cirque qui présente des phénomènes de foire, des "freaks" : homme-caoutchouc, femme à barbe, charmeuse de serpent, homme le plus fort du monde, soeurs siamoises, ... Entre promenades dans cette belle ville, visites de ses bars et du cirque, et en éclusant pas mal de bières, Le Poulpe va tenter d'élucider ce double mystère.

Nouvelle enquête donc de Gabriel Lecouvreur, qui cette fois-ci prend le TGV et débarque 1h59 plus tard au buffet de la gare de Nantes. Pour ceux d'entre vous qui ne connaîtraient pas encore cet enquêteur hors norme, prière de prendre quelques infos ici ! Il a du bol Gabriel, car le voici dans Nantes avec comme guide Stéphane Pajot qui est comme-qui-dirait un spécialiste des petites rues, des histoires, des cafés, des coins insolites de la ville. Ça commence dès l'arrivée à la gare lorsque Le Poulpe rencontre un clochard, Ulysse Junior : "Ce clodo, tel que les images d'Epinal le représentaient, était une pure merveille sortie d'un conte des mille et une galères. Comme toutes les légendes entourant la vie des clochards, on devait l'imaginer dormir sur un matelas bourré d'oseille, de lingots d'or." (p.43) Les Nantais de ma génération et d'avant ne peuvent que se souvenir du vrai Ulysse, clochard mémorable du centre ville, décédé depuis quelques années et qui malgré ce qui se disait dans les rues ne dormait pas sur un lit bourré de pognon.

Et puis, on avance dans la ville : ceux qui la connaissent suivent les parcours, les autres voyagent gratuitement et peuvent presque prévoir leur future visite dans l'ex-Venise de l'Ouest.

Là où il me plaît bien aussi ce bouquin, c'est dans sa langue emplie de jeux de mots, de calembours bien trouvés : Stéphane Pajot se lâche totalement dans son écriture. Un vrai régal d'argot, de français plus châtié, d'expressions détournées : un vrai bon polar poulpien ! Un exemple parmi tant d'autres : présentant un personnage états-unien, taxidermiste de son état et collectionneur d'objets se rapportant au cirque, l'auteur fait dire à un journaliste : "Son vrai nom est Buster Mac Grégoire. Il a la double nationalité. Et tu ne sais pas comment on le surnommait en France ?

- Dis toujours.

- L'Empailleur State Building." (p.160)

Et puis ce que j'aime bien chez Gabriel Lecouvreur, c'est qu'il se lie facilement d'amitié avec les gens du cru, il se fond dans la masse des autochtones même s'il sait aussi s'attirer les inimitiés de certains et qu'il se prend régulièrement une bonne branlée. Ce roman ne déroge à aucune de ces règles.

Le petit plus ? Eh bien, outre de nous faire voyager à Nantes, Stéphane Pajot nous fait visiter les coulisses du cirque, des freaks. Une très forte touche d'intemporalité dans un roman pourtant bien ancré dans son époque qui ajoute de l'exotisme, du surnaturel. Je soupçonne très fortement l'auteur d'aimer ce contraste qu'il avait déjà exprimé dans son excellent et précédent roman Carnaval infernal.

Quoi vous dire de plus qui vous donnera envie de lire cette aventure du Poulpe ? Eh bien Cheryl est toujours aussi jolie, que dis-je, sublime ! Néanmoins, Le Poulpe n'est pas toujours insensible aux charmes des jolies jeunes autres dames. Mais chut, pas trop fort, dès fois que Cheryl passerait me lire ! Gabriel est toujours bien entouré, à la fois de ses amis de toujours et aussi de ses nouveaux amis régionaux. Il aime toujours autant la bibine, surtout la bière de petits brasseurs. Allez-y, c'est du bon !

Et pour finir, je me suis laissé dire qu'un nouveau projet de film était en marche (je ne sais pas vous, mais moi, à chaque fois que je lis une de ses enquêtes, je vois JP Daroussin en Poulpe et C. Couraud en Cheryl) ; pourquoi pas inspiré de cette enquête qui me paraît vraiment cinématographique. Bon, je dis ça, mais je ne suis pas cinéaste. Mais bon...

Voici une année polar qui commence vraiment sous les meilleurs auspices. Merci Stéphane !

Le Poulpe à Nantes a aussi séduit Claude Le Nocher.

Dernière minute : Le Poulpe à Nantes, c'est sur France 3 !

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Contractors

Publié le par Yv

Contractors, Marc Wilhem, Ed. Scrineo, octobre 2011

Bruno Rijkeers est un cadre du GESGC, une société qui emploie des contractors pour diverses missions. Par contractors, entendons mercenaires. Il vient de finir une mission et compte bien en récolter les fruits, pécuniaires cela va sans dire. Son responsable l'envoie sur une autre mission : il doit former une équipe chargée de surveiller et de protéger des bûcherons qui exploitent clandestinement une partie de l'Amazonie.

Dans le même temps, Thomas Pinheiro de Lima militaire brésilien, membre d'une société secrète Le Cygne blanc, qui s'autoproclame protectrice des intérêts du pays, est chargé par cette société de surveiller la forêt amazonienne et d'en chasser les exploitants clandestins.

Voilà le début de ce thriller résumé, mais c'est bien peu tellement il est empli de rebondissements, d'intrigues dans l'histoire et d'intervenants, tous plus pourris les uns que les autres ou alors naïfs et manipulés. Efficace de bout en bout ce roman, écrit par un capitaine de la Brigade de Répression du Banditisme.

Il y a bien quelques détails gênants, comme par exemple l'abondance de sigles des différentes sociétés ou organismes qui interviennent, certes expliqués en bas de page -d'où de nombreuses notes de bas de page- mais non rappelés ensuite. Il y a en fin de livre une liste des sigles utilisés, mais elle n'est pas mentionnée au début et je n'ai vu son existence qu'à la fin de ma lecture. Et puis, une fois dans l'intrigue, les sigles "passent". Ensuite, il faut bien reconnaître que si l'écriture est simple, efficace on n'a pas affaire au styliste littéraire de l'année et les dialogues sont un peu faibles, perfectibles. Ceci étant dit, on ne lit pas ce genre de roman pour ses qualités d'écriture, mais pour s'évader et éventuellement s'instruire. Ce qui est le cas ici. Donc mission pleinement remplie ! Car je dois dire que je ne connaissais pas grand chose aux sociétés de mercenaires ; je savais qu'elles existaient, mais mes connaissances s'arrêtaient à cet état de fait. Là, Marc Wilhem, grâce à son intrigue, nous montre les rouages, les implications des uns et des autres et comment ses sociétés, grassement rétribuées montent des opérations de déstabilisation voire carrément des machinations terribles. "Le temps du mercenariat à la Bob Denard était bel et bien révolu. La place était maintenant aux sociétés militaires -les SMP, ces multinationales de la barbouzerie qui permettaient aux grandes puissances de "tertiariser" certaines opérations tout en gardant les mains propres." (p.41)

Les connivences entre ces gens-là, les politiques et les journalistes -enfin, certains journalistes : "Aujourd'hui, la profession est une vraie merde. Les journalistes politiques ne font que des commentaires sportifs, comme si les élections n'étaient qu'un jeu. [...] Rien sur le fond, sur les idées ; ces peigne-culs ne sont même pas capables de ressortir les déclarations de l'année précédente pour mettre le doigt sur les contradictions des discours. Je te le dis, petit : que des commentateurs sportifs. Et ils ont raison vu que les journalistes sportifs, eux, font du people. Ils ne critiquent jamais les joueurs de foot, magnifiques, brillants, somptueux, héroïques... Les rois du superlatif. Les seuls à secouer un peu leurs clients sont les journalistes people. En fait, chacun fait le boulot de l'autre." (p.80)- les connivences disais-je sont montrées, démontrées. Instructif et effrayant. Effrayant, parce qu'on se demande qui gouverne qui ? Pourquoi ? Qui manipule ? Dans quel but ? Le Graal ? Le pouvoir bien sûr, et tout ce qu'il apporte : la notoriété, la puissance, la gloire et l'argent.

Un thriller politiquement incorrect qui montre les abus des uns et des autres. Un roman diablement efficace, captivant, crédible et réaliste, c'est d'ailleurs sans doute ce qui fait le plus peur.

En prime, en fin de volume, les éditions scrineo éditent un dossier écrit par un spécialiste (ici, Jacques Massey, journaliste spécialisé défense renseignement et sécurité) qui éclaire et analyse le système des SMP, des contractors. Instructif également, et exemples à l'appui, cette analyse crédibilise le roman qui la précède.

Comme quoi, on peut se faire plaisir en lisant des thrillers intelligents qui donnent à réfléchir et complètent notre instruction. Merci au partenariat Scrineo/les agents littéraires qui m'ont permis cette découverte.

 

challenge-rentrée-littéraire-2011

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Léviathan : la chute

Publié le par Yv

Léviathan : la chute, Lionel Davoust, Ed. Don Quichotte, 2011

"1984, au large des côtes canadiennes. Surpris par une redoutable tempête, le ferry Queen of Alberta fait naufrage. Parmi les rares rescapés, le petit Michael Petersen, sept ans, a vu ses parents disparaître dans la tourmente.

2011, Los Angeles. Michael, désormais adulte et père d’un petit garçon, nourrit à l’égard de cette mer qui lui a tout pris une fascination mêlée de peur. Devenu chercheur en biologie marine, il se porte volontaire, malgré l’appréhension et la culpabilité d’abandonner les siens, pour une mission dans les glaces de l’Antarctique. 

Or, il est loin de se douter que cette expédition suscite l’inquiétude au sein d’une mystérieuse organisation séculaire, le Comité, dont les membres ont développé au fil du temps des pouvoirs supérieurs aux capacités humaines. Un de leurs agents, Masha, est personnellement chargé de veiller à la bonne marche d’une machination que le chercheur risquerait de mettre en péril. Ses directives sont claires : Michael ne doit jamais atteindre l’Antarctique." (4ème de couverture)

Autant le dire dès le début, je ne suis pas rentré dans ce roman. C'est un thriller scientifico-futuriste qui ne laisse aucune chance au lecteur qui ne réussit pas à adhérer tout de suite au propos. Il démarre très lentement -mais ce n'est pas un critère, un thriller n'est pas obligatoirement rapide-, et aligne les répétitions de situations, de questionnements d'une manière un peu agaçante ; par exemple, il est répété au moins cinq ou six fois en une trentaine de pages que Masha a mal au dos suite à "sa chute dans la benne à ordures" et qu'elle n'a plus vingt ans pour encaisser ces coups ! C'est à mon sens inutile et ça rallonge le livre loin d'être léger (400 pages). Et en plus, c'est un peu dur à entendre pour un quarantenaire, même si je ne saute pas du 5ème étage dans la benne à ordures tous les jours !

Ceci étant dit, l'auteur décrit bien ses personnages (remarquez qu'à force de répétitions, même le lecteur le plus obtus -donc moi- réussit à faire rentrer dans sa caboche les traits de caractères de tous) et les situations ne sont pas dénuées d'intérêt. Un peu prévisibles pour certaines, mais pas mal amenées et l'on a envie de savoir où tout cela va nous emmener. Personnellement, pas très loin pour moi, puisque j'ai lu ce thriller dans un aller/retour Nantes-Paris.

Mais ce qui m'a définitivement embrouillé, c'est le monde que Lionel Davoust décrit scindé en deux groupes dirigeants et opposés : la Main droite et la Main Gauche (au moins, il n'est point Manchot ! Ah, ah, je me gausse, mais où vais-je chercher tout cela ?) :

"La Main Droite croyait à un ordre absolu, supérieur à la volonté de l'homme et ineffable, auquel il convenait de se soumettre sans condition. Or les adeptes de la Main Gauche, guerriers de la connaissance, mages, initiés, quel que soit le nom qu'on leur attribue, n'avaient d'autres règles que celles qu'ils se fixaient individuellement. Certains l'exprimaient avec violence et entraient dans la vaste partie d'échecs qu'était le Jeu Supérieur ; d'autres se retiraient du monde et vivaient dans l'errance." (p.95)

C'est pour moi un charabia qui ne monte pas jusqu'à mes deux neurones encore disponibles (parce que là, ce n'est qu'un extrait ; il y a d'autres pages du genre). Mais il est vrai, je le confesse, et oui mon Père (merci mon Fils : des restes de mon éducation religieuse depuis longtemps enfouie sous mon ironie et mon athéisme convaincu !) que je ne suis pas un liseur de SF et que c'est même un domaine qui m'est étranger. Je ne suis probablement pas le public ciblé. Définitivement pas pour moi. Mais bon, essayez, vous verrez !

Merci Davina de chez Gilles Paris, mais pour les deux tomes suivants, ce sera sans moi.

Pour encore quelques jours le Challenge des Agents Littéraires est ouvert, j'en profite.

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L'homme qui en voulait trop

Publié le par Yv

L'homme qui en voulait trop, Patrice Pélissier, Presses de la cité, 2011

Jean Deschamps est le conducteur du chasse-neige d'une région d'Auvergne. Le lundi 5 décembre, il part travailler : les chutes du weekend ont été abondantes, exceptionnelles. Il arrive au hameau des Combes, bien décidé à se faire payer un café chez Noémie. Au lieu de cela, il découvre à l'entrée le cadavre de Julia, autre habitante du hameau. La gendarmerie alertée dépêche le major Feyrat et le gendarme Delaire. Ils découvrent d'autres morts : "Si Feyrat ne s'était pas trompé, le hameau abritait six morts. Ce qui était beaucoup, puisqu'il ne comptait que cinq âmes." (p.17)

Roman policier assez classique et plaisant qui après avoir décrit les cadavres, et le hameau ensanglanté (à part cette description un rien macabre, point d'hémoglobine ou d'horreurs qui puisse faire fuir le lecteur) se concentre sur les différents protagonistes. D'abord les gendarmes chargés de l'enquête qui sont obligés d'émettre des hypothèses, bien embêtés qu'ils sont par le manque de témoin et par l'absence totale de motifs : les habitants des Combes étaient paisibles, sans histoires, des gens normaux. On suit pas à pas leurs investigations, leurs questionnements, leurs doutes, leurs différentes versions des faits. On peut noter aussi l'ambition de certains et la peur d'autres de se faire saquer : "Et le général de se souvenir d'une mutation, au fin fond d'une base militaire désaffectée dans l'Est, d'un colonel de ses amis à la suite d'une mauvaise gestion de crise lors d'un passage du président de la République." (p.99)

Ensuite, les morts, parce qu'en parallèle, Patrice Pélissier fait parler Alex, qui ne fait pas partie des morts, mais qui était présent sur les lieux ce weekend meurtrier. On ne sait d'ailleurs où il est, au début du livre. Alex est un homme de trente-cinq ans, dragueur, qui ne vit que sur le dos des femmes qu'il fréquente. Sa dernière conquête en date, c'est Julia, habitante du hameau. Alex raconte son arrivée aux Combes, une semaine avant le drame et fait défiler les jours, à la manière d'un journal intime. Il décrit tout ce qui se dit et se passe dans les maisons des uns et des autres. Nous, lecteurs, possédons donc un coup d'avance sur les gendarmes, parce que nous sommes à l'intérieur du hameau.

Roman classique dans l'écriture, simple, et sans artifices et dans sa construction qui met donc le lecteur dans les confidences bien avant les enquêteurs. Je suis passé par toutes sortes de suppositions sur le nom (ou les noms) du (des) coupable(s), avant de savoir le fin mot de l'histoire. Pas surpris par le dénouement, mais néanmoins pas déçu. L'auteur nous amène doucement vers son épilogue, en semant dans son récit des indices favorisant telle ou telle thèse, sans en divulguer une avant la fin.

Un petit bémol sur une technique qui m'a agacé un peu : à chaque fin de chapitre consacré à ce que j'appelle le journal d'Alex, Patrice Pélissier place une phrase sensée donner du suspense et qui est, à mon sens, superflue, du genre :

"Pas de doute, Jésup venait des tréfonds de l'enfer et nous devînmes ses anges exterminateurs." (p.26)

"... je me fis la réflexion que nous ne tarderions pas pas à être coupés du monde. Sur le moment je n'imaginais pas que ce serait vrai et que cela nous mènerait à notre perte." (p.48)

C'est tout ce que j'ai à reprocher à ce polar très fréquentable, qui encore une fois, fait mentir ceux qui pensent que l'édition régionale est de piètre qualité, puisqu'il est en collection Terres de France, comme l'excellent Ceux de Menglazeg, de Hervé Jaouen.

Claude le Nocher a aimé aussi.

Merci Laura.

 

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La mort n'est pas un jeu d'enfant

Publié le par Yv

flavia.jpgLa mort n'est pas un jeu d'enfant, Alan Bradley, Ed. Le masque, 2011

Deuxième tome des aventures de Flavia de Luce. Cette fois-ci, la jeune demoiselle veut éclaircir le mystère autour de la mort de Rupert Porson, marionnettiste de son état, tué en pleine représentation. Mais Flavia "devra prendre garde à ne pas s'approcher trop près de celui qui tire secrètement les ficelles de cette danse macabre..." (4ème de couverture)

Lorsque Anne, des éditions Lattès et Le masque m'a envoyé ce livre, j'ai à peine eu le temps d'ouvrir le paquet que Mlle Yv l'a emporté avec elle. J'ai donc pensé que le mieux était qu'elle vous en parle elle-même, mais elle est timide, alors, elle m'a glissé ses impressions et m'a autorisé à les reproduire. Je vous soumets donc le fruit de notre collaboration et de nos conversations :

"- Eh bien ce livre il est drôlement bien et même que Flavia elle enquête sur le meurtre d'un marionnettiste qu'a été tué tout près de chez elle."

Non, j'rigole, en fait Mlle Yv, étant âgée de 17 ans, elle parle trop pas comme ça !

"- Oh papa, arrête, t'es relou là ! Tu veux me faire passer pour qui ? Je ne suis plus une gamine !

- Mais tu ne parles pas comme ça à ton père, s'il te plait ! Non mais c'est quoi cette éducation ?"

Après bien sûr, c'est l'escalade et le pugilat assuré, et puis Madame Yv entre en scène et puis Junior Yv aussi et les deux petits, alors je vous dis pas la journée...

Comme je ne vous la dis pas, je vais en profiter pour revenir à Flavia et aux raisons qui ont poussé Mlle Yv a lire et aimer ce roman :

"D'abord l'héroïne -mais non, pas la drogue papa, là t'es lourd !- est sympa, espiègle. Toujours prête à jouer des mauvais tours à ses soeurs et à se rendre intéressante. Le livre est aussi intéressant que le premier et toujours autant accessible. Moi, qui n'ai jamais été fan des Harry Potter -en fait je n'ai pas aimé-, là, j'ai pris du plaisir aux aventures et mésaventures de Flavia. L'intrigue m'a tenu en haleine et les méthodes de Flavia pour la résoudre sont réjouissantes et efficaces. Mais, je pense que ce livre est destiné à un public de jeunes et d'ados et qu'il ne conviendra pas aux adultes ou aux vieux comme papa, ou alors à ceux qui ont l'habitude de lire ce genre de romans. Pour ceux qui lisent des choses plus sérieuses, ce sera sans doute un bouquin un peu léger. Quoiqu'il puisse être aussi un moment de détente.

Alors, ça te va papa, j'ai été bonne ?

- Mais oui, ma fille, très bonne. Ton texte est digne de figurer sur mon blog, il en a l'étoffe !

- Ça va bien, comment tu t'la pètes ! Tiens, pour ta peine, j'espère que j'aurai plus de commentaires que toi. Filles à papa et tous les autres, aidez-moi ! Laissez vos commentaires et ensemble, nous battrons tous les papas trop fiers d'eux (et en plus, ça fera de la pub au blog de mon papa qu'il est trop bon -mon papa, pas le blog, bien sûr ; quoique, les deux finalement !)"

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Samedi 14

Publié le par Yv

Samedi 14, Jean-Bernard Pouy, Ed. La Branche, 2011

Maxime vit bien peinard dans sa campagne creusoise. Entre les visites aux commerçants de la petite ville voisine, les discussions météorologiques au comptoir du rade et les apéros-guignolet avec ses plus proches voisins, les Kowa, la vie s'écoule, paisible. Un matin, on cogne à son huis et il se retrouve en face de compagnies de flics, présentes pour assurer la sécurité des Kowa, parents du nouveau et très controversé ministre de l'Intérieur. Maxime est embarqué sous de fallacieux prétextes, se libère et prend la poudre d'escampette. Et puis, les flics s'aperçoivent que celui qu'ils prenaient pour un pré-retraité tranquille est en fait un ancien terroriste, très recherché. Dès lors, Maxime va jouer, se cacher, risquer sa liberté dans son road-movie sur les rails de France.

Troisième polar de la collection vendredi 13 et il faut bien le dire, voire même le crier fort, troisième succès ! Différent des deux précedents (Close-up et L'arcane sans nom), mais tout aussi réussi. Jean-Bernard Pouy écrit là le roman d'un homme qui a donné pour une cause et qui ne rêve désormais que d'une vie peinarde. On le réveille de sa torpeur, tant pis pour ceux qui ont osé. Maxime est fatigué, certes, souffre d'un lumbago chronique, re-certes, mais n'est pas d'une nature à se laisser alpaguer aisément. Il sillonne la France du sud au nord, de l'est au sud et de l'ouest à l'est en passant par le centre et à nouveau par le nord, laissant fort peu de traces. Preuve qu'il est un homme de goût et de talent, il prend avec lui la Pléiade des romans de Queneau (et trouvera en chemin, sur un vide-grenier son pendant des poèmes du même auteur), et J-B Pouy nous agrémente des poèmes de cet immense auteur tout au long de son livre. Quelle riche et belle idée ! D'ailleurs, toute comparaison gardée, JB Pouy a une écriture qui par moment s'apparente à celle de Queneau, entre belles lettres et mots inventés ou triturés, entre anglicismes et jeux de mots faciles, mais/et réjouissants. Un exemple ? Il y en aurait beaucoup, mais l'une des pages qui m'a le plus plu est la 27 (pas forcément la plus représentative de ce que je viens de dire, mais elle m'a tapé dans l’œil) :

"J'ai aussi eu le temps de me renseigner sur notre nouveau ministre de l'Intérieur. Stanislas Favard, le fiston de Roman et Monique. Qui avait pris, pour fomenter son ambition, le nom de sa mère. De nos jours, il vaut mieux passer pour un Creusois qu'un Polack, le chabichou est plus rassurant, dans nos isoloirs, que le bortsch. Ce type était apparemment un genre de requin aux dents longues et à l'haleine de hyène. Grimpette accélérée dans les sphères du pouvoir. Populiste à cran, extrémiste droitier parfois, chrétien de gauche de temps en temps. Réactionnaire se faisant toujours passer pour progressiste. Cinquième maroquin. Sans parler du nombre de Marocains qu'il avait déjà faits raccompagner dans leur beau pays. Certains le voyaient même à la tête de l'Etat, le jour où il aurait réussi à se faire mieux aimer des Français. Pour l'instant, une grande partie de notre population de veaux en douce stabulation ne le voyais (sic) pas encore comme le grand taureau en chef. Il s'était fait agresser plusieurs fois par des militants en colère. Il s'en foutait. Il fonçait. Comptait sur son impunité. Laminait ses ennemis."

Vous dire que j'ai aimé cette balade croustillante dans les villes les plus paumées, les hôtels miteux est superflu, vous l'aurez deviné de vous-mêmes. L'auteur nous rend sympathique un ex-terroriste (enfin, quand vous connaîtrez ses méthodes, vous verrez qu'il n'a rien à voir avec certains autres aux actions violentes) et se moque gentiment de la flicaille en tout genre, de la guerre des services, de l'ambition affichée de quelques uns d'être calife à la place du calife. Laissez-vous promener -dans tous les sens du terme, parce que certains rebondissements ne sont pas forcément prévisibles-, laissez-vous aller sur les routes par JB Pouy, laissez-vous guider dans les arcanes des services policiers qui se tirent la bourre, laissez-vous prendre au charme faussement indolent et nonchalant du pré-retraité Maxime et cerise sur le gâteau, ne résistez plus au plaisir de lire -ou relire- les poésies de Raymond Queneau (moi, qui suis assez imperméable à ce genre littéraire, j'avoue que je vais aller voir de plus près, mais bon, je suis fan de Queneau, alors ce n'est point une contrainte).

Merci Davina de chez Gilles Paris.

D'autres lecteurs : Choco (qui cite le même passage que moi), Claude Le Nocher.

 

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L'arcane sans nom

Publié le par Yv

L'arcane sans nom, Pierre Bordage, Ed. La Branche, 2011

Sahil est déserteur de l’armée afghane et réfugié, sans papiers, en France. Il vit dans un squat parmi une troupe de satanistes et n’est pas insensible aux charmes de l’une d’entre elle, Ten. Néanmoins, il n’est pas à son aise dans ce monde aux antipodes de sa vie d’avant. Sans papiers, sans le sou, il ne sait quoi faire. Un jour, Méphisto, un jeune sataniste le met en relation avec un homme qui, pour 15 000€ et des papiers, lui propose un marché : tuer une femme. Sahil accepte, mais au dernier moment réalise qu’il est tombé dans un piège et qu’il risque de le payer de sa vie. Refusant de tuer la femme, il doit donc s’enfuir, poursuivi par une bande de tueurs sans scrupules.  

Deuxième roman de la collection Vendredi 13, après Close-up dont je  vous ai déjà parlé. Même jaquette, même mise en page et police d’écriture très agréables. Des livres qu’on a plaisir à avoir dans les mains. L’idée du directeur de collection, Patrick Raynal : un jour particulier, le vendredi 13, 13 romanciers s’en emparent et rendent leur copie. Close-up m’a emballé, L’arcane sans nom, tout pareil, dans un genre très différent.

Là, ce n’est point l’écriture de Pierre Bordage qui m’a séduit –encore qu’elle n’ait rien à envier à bien d’autres-, elle est simple, directe, efficace, au service de l’histoire, de ses rebondissements et des personnages. La majeure partie du roman se passe à Paris, mais on revient de temps en temps, dans la tête de Sahil, en Afghanistan, dans les combats terribles entre les talibans et l’armée dite régulière, dans les actes abominables proférés par les deux parties qui bouleversent et hantent encore le jeune homme.

Le voilà bien mal embarqué Sahil : empêtré dans une histoire qui le dépasse, lui qui veut juste aller dans le nord du pays pour émigrer en Angleterre, pays nettement plus accueillant que le nôtre, en ce moment pour les réfugiés, ce qui n’est pas à notre honneur (parenthèse personnelle) ! Mal embarqué, certes, mais bien entouré, entre Ten, la jolie sataniste dont il est amoureux, mais qu’il n’ose pas toucher tellement elle est loin de la représentation de la femme qu’on lui a inculquée : "Il se demanda pourquoi il éprouvait ce violent sentiment de jalousie vis-à-vis d’une fille totalement dépourvue des vertus exigées d’une femme, pudeur, fidélité, honnêteté, loyauté…" (p.114) et Djidjo, la jeune fille rom, son ange gardien, la porte d’O Del :

"-Toi, tu me protèges ? […]

- Jofranka [la guérisseuse] dit que je suis la porte d’O Del.

- O Del ?

- Le bien. Elle dit que, si je reste près de toi, j’empêcherai O Beng, le mal, de t’emporter." (p.86)

C’est donc à un audacieux et réjouissant mélange des genres, des cultures, un melting-pot comme on disait dans le temps que nous invite l'auteur. Le choc des cultures pour Sahil, l’opposition entre son éducation et la vie occidentale. Ce roman ne laisse aucun temps mort, ni à Sahil ni aux lecteurs : c'est rapide, efficace, sans chichi.

Néanmoins, Pierre Bordage ne dédaigne pas faire des remarques sur la guerre en Afghanistan, sur notre manière de recevoir les réfugiés : ce ne sont pas des parenthèses personnelles de l'auteur intervenant en tant que tel dans son roman, il met plutôt ses réflexions dans les voix de ses héros. Il est vrai que le monde qu'il décrit, celui des laissés pour compte, des marginaux n'est pas vraiment engageant, ni leur présent ni leur avenir et que la France n’a pas à s’enorgueillir actuellement ni de ses conditions d’accueil ni de ses conditions de reconduite aux frontières.

Action, rebondissements, personnages attachants et bien décrits avec leurs bons côtés mais aussi leurs travers, lieux glauques et situations qui ne le sont pas beaucoup moins, plus le talent et l'efficacité de Pierre Bordage (dont j'avais beaucoup aimé le Porteurs d'âmes) font que je viens de finir un excellent polar et que décidément, cette collection Vendredi 13 m'a l'air bien prometteuse.

Merci Gilles Paris (Davina)

 

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