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polar-noir

Il suffit d'une balle. Mais tout s'explique...

Publié le par Yv

Il suffit d'une balle. Mais tout s'explique..., Grégoire Lacroix, Flamant noir, 2019.....

Notre héros est agent du Service Opérationnel des Renseignements Généraux, le SORG, et surdoué. Il a des avis sur tout et surtout des avis. Son voisin, c'est Edouard Flandrin de Padirac. Pas aussi brillant que lui, mais il a l'avantage d'être marié à Elena, une très belle femme dont le charme agit sur le surdoué. Lorsque Edouard trouve un homme inanimé dans son jardin -"Immobile, il n'avait rien d'inquiétant ni d'anormal sauf, peut-être, entre les deux yeux, une petite tache ronde, noire bordée de rouge et qui ressemblait à s'y méprendre à un trou. C'en était d'ailleurs un et qui expliquait la flagrante absence de vie dont le corps de l'inconnu était l'expression." (p. 40)-, la première personne à qui il en parle, c'est son voisin.

Ah Grégoire Lacoix ! Pour le lire, mettez de côté votre bon sens, votre esprit cartésien et laissez-vous porter par le second ou le troisième -voire plus si affinés- degré, l'humour, l'absurde, les jeux de mots parfois subtils, parfois faciles -souvent ceux qui me font le plus rire, car plus faciles à voir-, les situations abracadabrantesques. Rien, dans son livre n'est sérieux. Encore que l'on puisse penser que l'humour est une chose sérieuse, sans doute, le héros surdoué de cet ouvrage aurait une réponse à cette question. Que dis-je ? Sans doute dans le sens de peut-être ? Sans nul doute il en aurait une puisqu'il en a pour tout questionnement du plus futile au plus complexe. Et en a-t-il une pour qualifier son livre, car ni polar, ni essai philosophique, il est bien ardu de la classer. En fait, comme un grand gamin, Grégoire Lacroix joue dans toutes les cours et ne s'empêche rien, et comme un autre grand gamin, j'adore !

Lire Grégoire Lacoix, c'est donc prendre une bonne dose d’optimisme et de rigolade, histoire d'affronter ensuite les vicissitudes quotidiennes ou hebdomadaires enfin qu'importe leur fréquence, et les romans moins drôles de la rentrée. Grégoire Lacroix est donc, dans ce petit livre, fidèle à lui-même, drôle et décalé, absurde, allaisien -il est d'ailleurs Membre de l'Académie Alphonse Allais. Si vous doutez encore que ce livre peut vous faire du bien, relisez tout ce que j'i déjà écrit sur ces précédents ouvrages : Jazz Band, Eros Héros sept, Le bictionnaire de Grégoire, Les euphorismes, Les patates parlantes, L'enfer du dossier Li. Et en plus d'être drôle, c'est un homme de goût, puisqu'il publie dans cette petite et très belle maison Flamant noir.

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L'affaire Birdie Barclay

Publié le par Yv

L'affaire Birdie Barclay. Une enquête d'Arrowwod, Mick Finlay, Harper Collins, 2019 (traduit par Patrick Imbert).....

1896, Londres, les parents de Birdie Barcklay sont inquiets car ils n'ont pas vu leur fille, Birdie, depuis plusieurs mois. Icelle, déficiente mentale, mariée à Walter Ockwell, fermier dans le village de Catford semble empêchée de les voir. Ils font appel au détective privé William Arrowood et à son assistant Norman Barnett qui vont se heurter au mutisme et à l'hostilité du village entier de Catford et découvrir une machination de grande ampleur.

Retour du duo d'enquêteurs encore une fois bien aidé par Ettie la sœur de William et Needy, le jeune garçon qu'ils emploient régulièrement, après leur première aventure sobrement intitulée Arrowood. Arrowood est toujours obsédé et jaloux des succès et de la reconnaissance dont jouit le célèbre détective de l'époque, Sherlock Holmes et se démarque de lui par son approche de son travail : "Holmes travaille sur des indices physiques, il se sert de sa fameuse logique, mais j'ai constaté de mon côté que beaucoup d'affaires ne présentent pas d'indices. Il faut alors étudier les gens. Et les gens ne sont pas logiques, précisément. Leurs émotions ne sont pas logiques. Pour élucider ces affaires, il faut connaître ces personnes. Il faut comprendre leurs douleurs, leur confusion, leur besoin de reconnaissance. Il faut tenter de voir le monde à leur manière. Je n'ai rien contre Holmes, révérend, mais il considère que les émotions biaisent le raisonnement. Je travaille différemment. Je suis un détective émotionnel. Je résous mes affaires en comprenant les gens." (p. 59)

J'aime beaucoup cette série dont ce deuxième opus est vraiment très bien. Les personnages, les lieux, l'époque bien qu'en perpétuelle évolution sont bien installés. L'un des autres attraits est de nous plonger dans le Londres poisseux et pauvre, à la rencontre des travailleurs, des misérables qui peinent à vivre et à élever leurs enfants. Mick Finlay, cette fois-ci y ajoute le traitement réservé aux "idiots" et "imbéciles" tels qu'ils étaient nommées à l'époque, voire "idiots mongoliens" ou "mongoliens", puisque le syndrome de Down (trisomie 21) venait d'être identifié par le Dr John Langdon Down. Evidemment et heureusement, ces termes ne sont plus utilisés de nos jours. On sent que l'auteur s'est documenté, et il nous présente tout cela de manière extrêmement plaisante et instructive.

Si j'ajoute à cela le fait que les personnages sont vraiment bien campés et leurs relations particulièrement bien décrites, que les seconds et troisièmes rôles sont très présents et renforcent la solidité du récit, de l'ambiance et que la ville sombre et froide, que les écarts entre les pauvres et les très riches qui profitent du système et que l'intrigue monte en tension et se tient très largement jusqu'au bout, vous aurez alors un roman policier excellent, une série très prometteuse que je vous conseille fortement. En plus, Harper Collins a la bonne idée de l'éditer en poche, donc aucune excuse pour la rater.

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Arrowood

Publié le par Yv

Arrowood, Mick Finlay, Harper Collins, 2018 (traduit par Marta de Tena)....

Caroline Cousture, jeune femme française qui travaille pour un photographe de Londres en cette année 1895 fait appel au détective privé William Arrowood et à son assistant Norman Barnett pour retrouver son frère Thierry, cuisinier dans un restaurant détenu par l'un des hommes les plus puissants et cruels de Londres, M. Cream. Arrowood, contrairement à Sherlock Holmes qu'il déteste et jalouse ne se fie pas qu'aux faits, il s'intéresse à la psychologie, aux personnes et à leurs sentiments et émotions. Contrairement à Holmes qui fraie avec les grands de ce monde, Arrowood vit pauvrement et travaille dans les bas-fonds de la ville.

Vous connaissez Sherlock Holmes et ses enquêtes résolues en des temps record avec des indices qui nous paraissent anodins et qui lui permettent de résoudre les énigmes. Découvrez Arrowood, plus besogneux, féru des nouvelles sciences du comportement, des livres de Darwin et d'autres scientifiques de son époque. Arpentez avec lui et Barnett, les rues des quartiers de Londres, mal famés, pauvres voire miséreux où les hommes travaillent pour de chiches salaires qu'ils boivent en délaissant leurs femmes et leurs nombreux enfants lorsque ceux-ci ont survécu à la forte mortalité infantile, où les femmes triment et n'y arrivent pas, où les enfants mendient, sont laissés à eux-mêmes. Arrowood et Barnett ne sont pas connus et les policiers les méprisent, ce qui ne facilite pas leur tâche. Puis, M. Cream, auquel ils ont déjà eu affaire n'est pas un tendre et est même très dangereux.

A l'instar de Watson pour Holmes, c'est Barnett qui raconte les aventures de leur duo, trio si l'on ajoute Needy, le jeune garçon qui les aide de temps en temps voire quatuor en ajoutant Ettie, la sœur d'Arrowood. C'est une très bonne surprise que ce premier tome de la série qui plante le décor sans négliger l'enquête ni l'action. J'ai beaucoup aimé la description du Londres de la fin du 19° siècle, et celle des principaux personnages, leurs traits de caractère, leurs rapports. 

Polar de poche sorti en 2018 et la deuxième enquête, sortie cette année est actuellement entre mes mains et tout aussi passionnante.

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La nuit du tricheur

Publié le par Yv

La nuit du tricheur, Hugo Buan, Pascal Galodé, 2010 (Palémon, 2015).....

Cinq toiles de Georges de la Tour vont être exposées dans l'ancien couvent des Jacobins de Rennes. Exposition exceptionnelle qui demande des moyens exceptionnels. C'est donc le commissaire Lucien Workan qui est chargé de contrôler la sécurité des lieux et des toiles. 

Mais Fletch Nowski, redoutable amateur d'art et surtout cambrioleur est à Rennes en ce moment, bien décidé à faire main basse sur les cinq tableaux et à se venger de son lointain cousin, Lucien Workan.

Et maintenant, pour ce troisième tome, voici le commissaire Workan confronté à une partie de sa famille. Cela permet à Hugo Buan de nous montrer une partie de l'arbre généalogique de son héros, et donc de le connaître un peu mieux.

Ce n'est pas le tome le plus drôle de la série, même si les dialogues sont toujours aussi savoureux, cette fois-ci surtout entre Workan et la procureure et entre Workan et son adjoint, le capitaine Lerouyer. Hugo Buan montre une autre facette de Workan, plus intime, moins grand con rustique. On n'est pas non plus dans un polar à contexte qui nous apprendrait plein de trucs sur un fait historique, un lieu, etc. C'est un polar à confrontation familiale, à intrigue et questionnement, car, le couvent des Jacobins étant une véritable forteresse, on se demande bien comment Fletch Workan et son équipe -et là, permettez-moi de faire une longue parenthèse, car le recrutement de bras cassés, de collègues atypiques (c'est pour être gentil), de branquignols, doit être génétique lorsqu'on étudie l'entourage des deux cousins-, je disais donc qu'on se demande si et comment Fletch va réussir son coup, cinq toiles ce n'est pas rien !

Encore une fois fort bien fait, un troisième tome qui change des autres, et c'est tant mieux, rien de plus terrible que de lire toujours la même chose. Une série qui ne promet plus, elle comble. 

Néanmoins, pour cause de rupture de stock (j'ai acheté les deux premiers tomes et ai emprunté ce troisième à la bibliothèque), je vais être obligé de faire une pause dans ma remontada de la série. 

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Cézembre noire

Publié le par Yv

Cézembre noire, Hugo Buan, Pascal Galodé, 2010 (Palémon, 2016).....

Lucien Workan, commissaire à la DIPJ de Rennes est mandé sur l'île de Cézembre, au large de Saint-Malo, en ce 8 novembre pour surveiller les activités de deux scientifiques étasuniens qui travaillent pour la CIA. Leila Mahir, la lieutenante préférée du commissaire -mais ça doit rester secret- l'accompagne, ainsi que le capitaine Lerouyer -normal, c'est son bateau qui fait le voyage- et le lieutenant Roberto. Equipe au complet à laquelle est adjointe la lieutenante Cindy Vitarelli. Tout ce monde logera au Barge'hôtel avec la famille Monsiret en séminaire d'entreprise, les trois propriétaires de l'hôtel, Léon et Noël Darec (grand-père et petit fils palindromes) et Marie-Line, fille et mère. Sans oublier Berty, tueur à -petits- gages et son taxi-bateau Hale-Ta-Patte. Et voilà l'île étrangement animée pour ce mois de novembre et isolée par une forte tempête.

Deuxième enquête de Workan et son équipe qui cette fois-ci se retrouvent dans un huis-clos qui ne l'est pas d'ailleurs puisque tout est ouvert sur cette île de laquelle, vu le temps, il est difficile de s'enfuir. Île qui fut véritablement pilonnée en 1944, car aux mains des Allemands qui refusaient de se rendre, contrairement à ceux d'en face à Saint-Malo ; rarement un endroit reçut autant de bombes et d'engins explosifs et même des bombes au napalm et au phosphore pour déloger les occupants. D'ailleurs, toujours pas entièrement déminée, elle n'est que très partiellement ouverte au public. C'est donc le lieu idéal pour placer une intrigue policière. Et quand c'est Hugo Buan qui s'en charge, nul doute que ça va dépoter et que ça va faire rire. Les dialogues avec Workan sont toujours aussi drôles, surtout lorsqu'il s'adresse à Leila qui ne peut s'empêcher de le titiller, parfois, il est difficile de se retenir de rire tout haut. Mais les dialogues ne sont pas les seuls à donner ans le comique, le décalé : "Enfin la veine jugulaire fut tranchée. Le sang bouillonnant jaillit par saccades. La scène, interminable, dura treize secondes." (p.117) Bon, je conçois que de prime abord, ce n'est pas drôle, c'est la juxtaposition de "interminable" et "treize secondes" qui me fait sourire, mais sans doute ces mêmes phrase dans un thriller glauque n'auraient pas le même effet.

Retour à Cézembre, où les flics bossent, le tueur à gages hésite, parce que quand même tuer alors que cinq flics sont aux alentours, ce n'est pas aisé, les scientifiques étudient discrètement, et Noël Darec, surdoué étale ses connaissances à un Workan subjugué. L'enquête part dans tous les sens, les flics ne peuvent compter que sur eux, exit l'ADN, les relevés téléphoniques, et toutes les techniques modernes. Retour à l'ancienne, papier stylo et investigations. 

On ne lit pas les aventures de Workan uniquement parce qu'elles sont drôles, on les lit également parce que Hugo Buan nous apprend plein de trucs sur les lieux dans lesquels elles se déroulent, donc ici, Cézembre -que personnellement je ne connaissais pas du tout- et parce que l'intrigue se tient et nous tient. Encore une fois le mélange est très réussi.

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Hortensias blues

Publié le par Yv

Hortensias blues, Hugo Buan, Pascal Galodé, 2008.....

Un immeuble de plusieurs étages à Rennes est occupé par des praticiens médicaux et para-médicaux. L'un d'eux, dentiste et activement dragueur et beaucoup plus si affinités, est retrouvé mort, attaqué par l'un de ses clubs de golf -introuvable depuis-, et avec une particularité florale : une branche d'hortensia bleu fleuri planté dans le fondement. 

C'est le commissaire Workan, petit-fils de résistant, fils cousin, neveu et probablement d'autres liens familiaux de gens très bien placés, totalement incontrôlable, bagarreur, l'opposé total du politiquement correct, qui mène l'enquête. Assisté d'un capitaine et de lieutenants particuliers -pour être gentil- dont la superbe Leila Mahir, il va bousculer la bourgeoisie rennaise.

Alléché par mes lectures des tomes neuf (Requiem pour l'Ankou) et dix (Plus puissants que les dieux) des aventures de Lucien Workan, me voici remonté aux origines de ce flic atypique. Paru initialement chez Pascal Galodé éditeurs, toutes les enquêtes sont rééditées chez Palémon. 

Pour faire bref, je pourrais dire que tout ce qui fait le succès et le plaisir des cette série est déjà dans ce premier opus : humour, décalage, quiproquos et dialogues basés sur l'incompréhension des interlocuteurs, absurde, personnages bien barrés, enquête et suspense savamment entretenus et tenus jusqu'au bout avec des rebondissements, des retournements de situation, des supputations sur la culpabilité de tel ou tel intervenant, un peu d'amour. Le plus, c'est qu'on apprend plein de trucs sur Workan et que son équipe de bras cassés se met en place doucement mais sûrement. Et Hugo Buan de s'en donner à coeur joie, de nous régaler de ses bons mots et trouvailles linguistiques, comme par exemple pour parler d'un spécialiste potentiel future victime et proctologue de son état : "Le praticien diplômé de spéléologie troudeballesque". C'est drôle et pas lourd, parce qu'il sait jusqu'où aller et ne franchit pas la ligne du vulgaire. 

Du coup, j'ai acheté le tome 2 et je vais m'y plonger tout de suite tant je me régale. Attention néanmoins, il existe un risque à lire les enquêtes de Workan, celui d'avoir des éclats de rire sonores et intempestifs qui risquent d'étonner vos voisins.

Polar qui débute ainsi : 

"Lucien Workan, un morceau de pizza au bout de sa fourchette, parcourait nonchalamment son quotidien préféré ; la sonnerie de son téléphone portable retentit, il regarda sa montre, 22h30 : "Merde ! On ne peut jamais avoir la paix !" (p.7)

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Dix petits frelons

Publié le par Yv

Dix petits frelons, Valérie Valeix, Palémon, 2019....

Audrey Astier, l'apicultrice-enquêtrice se rend à Giverny, chez Grégory Larcher, prêtre-éducateur-apiculteur, pour suivre une formation sur la gelée royale. Elle part avec son ami ex-gendarme, Lebel. A peine arrivés, ils en profiter pour visiter l'exposition consacrée à Monet, en sa demeure et pour voir un dessin inédit d'un collier que le peintre a voulu offrir à sa femme, ainsi que le collier fabriqué par un joaillier de renom. Le dessin avait disparu et a été mystérieusement retrouvé. Le lendemain, il a tout aussi mystérieusement disparu, ainsi que le collier. Audrey est alors sollicitée par le gendarme local pour l'aider à enquêter.

Quelle heureuse et agréable surprise que ce polar apicole, notamment après ma petite déception du tome précédent de la série : Abeilles, crimes et champagne. Ce titre qui n'est pas sans rappeler le célèbre chef d'oeuvre d'Agatha Christie, bien que parfois un peu long et bavard -c'est sûrement parce que l'enquêtrice est une femme (blague machiste)- est franchement plaisant et attrayant de bout en bout. Est-ce l'effet Giverny ? Monet ? Est-ce le contexte de la ferme dans laquelle le père Larcher accueille une dizaine d'enfants -ses frelons- en difficultés familiales, tel un Guy Gilbert rajeuni ? Sont-ce les intrigues mêlées, entremêlées, bien difficiles à deviner ? Sans doute tout cela ensemble qui forme un polar attachant. Il y a bien ici ou là des choses peu réalistes, mais tout passe dans la vivacité d'Audrey, parfois dépassée, perdue mais toujours battante. Un brin de Monet, beaucoup d'apiculture, un soupçon d'ésotérisme -dans son sens populaire-, tout cela saupoudré généreusement d'intrigues policières, le tout forme une recette fort digeste à partager le plus largement possible.

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L'assassin qui aimait Paul Bloas

Publié le par Yv

L'assassin qui aimait Paul Bloas, Pierre Pouchairet, Palémon, 2019.....

Serge Teyssot-Gay, guitariste et Paul Bloas font une performance : le musicien joue et le peintre s'inspire des improvisations pour créer. Anton se prend de passion pour la peinture de Paul Bloas et est prêt à tout pour se procurer ses œuvres. 

Léanne Vallauri, commandant de la PJ de Brest est en garde à vue suite à la tentative de meurtre sur son indic, leurs relations ne semblent pas claires à ses chefs. Elle parvient à être libérée et sitôt de retour au commissariat est en charge d'une série de meurtres qui ont toutes eu lieu près de l'ancienne base des sous-marins allemands. Son enquête, sous haute tension va lui faire découvrir les vestiges souterrains brestois.

Numéro trois de la série des Trois Brestoises (Haines, La cage de l'albatros) et plus la série avance, plus la tension monte, plus les relations entre les personnages se durcissent ou s'améliorent. Léanne, malgré les charges contre elle, ne gagne pas en souplesse et en prudence. Lorsqu'elle enquête, elle est à fond et prend des risques. Ses copines, Vanessa, la psycho-criminologue et Elodie la médecin-légiste sont toujours là pour l'épauler, la freiner dans ses élans parfois contre-productifs, la soutenir dans ses moments difficiles (et vice-versa, chacune soutenant les autres) et jouer de la musique toutes les trois. Le trio fonctionne bien, ainsi que le commissariat de Léanne qui la suit, même en râlant et en s'opposant frontalement à ses directives, mais tous la soutiennent.

La série est fortement addictive et ce troisième tome se lit sans s'arrêter. Si les mésaventures de Léanne qui risquent de lui coûter très cher auraient pu faire croire au lecteur que celle-ci allait se reposer le temps d'un épisode, il n'en est rien, elle est repartie de plus belle. Cette fois-ci, Pierre Pouchairet nous promène dans les sous-sols de Brest qui fut l'un des points fortement gardés et sécurisés par les Allemands pendant la guerre : blockhaus, bunkers, hôpital souterrain, centrale électrique,... La visite est passionnante, instructive et les lieux tellement propices à ce que s'y déroulent des événements glauques, violents et secrets. Je connais un peu Brest, mais pas ses sous-sols qui auraient pu me rafraîchir lors de ma lecture faite pendant l'épisode caniculaire récent, mais que nenni ! De rebondissements en découverte d'autre cadavre, de traque à pérégrination quasi spéléologique, Léanne et ses collègues n'arrêtent pas, ce qui fait que moi, lecteur, je n'ai pas eu le temps de profiter de la fraîcheur, mon petit coeur battant au rythme rapide de ce polar. 

Indispensable lecture estivale, et le mieux, c'est d'emporter les trois tomes dans les valises. Un seul vous seriez frustrés. Et puis ce polar met en exergue les paroles de la chanson Brest de Miossec, que vous risquez d'avoir en tête un moment, ce qui est une excellente autre nouvelle.

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Aux portes de la mémoire

Publié le par Yv

Aux portes de la mémoire, Felicia Yap, Harper Collins (traduit par Thibaud Eliroff), 2019..,

Dans le monde de ce roman, les hommes sont divisés en deux groupes : les Monos qui ont une mémoire limitée à une seule journée, et les chanceux Duos qui doublent cette capacité. Chacun consigne dans son journal les faits détaillés de ses journées pour s'y référer et tenter d'en retenir un maximum. Claire, Mono, mariée à Mark, écrivain et candidat au poste de député du South Cambridgeshire, Duo, tombe des nues lorsque ce dernier est accusé du meurtre de sa maîtresse. Trahie, elle ne sait plus quoi penser de l'homme qui partage sa vie depuis vingt ans.

Bon, me voilà bien embêté pour parler de ce livre qui allie une intrigue bien menée, machiavélique, un truc bien tordu qui ne laisse pas indifférent à une écriture qui privilégie les dialogues pas toujours indispensables et surtout à une idée qui n'est pas vraiment exploitée à sa juste hauteur. En effet, cette idée des Monos et des Duos ne m'a pas convaincu, je pensais que chaque matin des uns et des autres serait vierge et que le vie recommençait, mais par un subterfuge -l'IDiary, le journal électronique individuel-, chacun note ses journées et peut apprendre les faits notés pour ... s'en souvenir. Donc ces problèmes de mémoire finissent par n'en être plus, et j'avoue n'avoir pas compris l'intérêt du truc ; mais sans doute suis-je passé à côté d'informations. L'écriture non plus n'a rien de transcendant. Non, ce qui fait l'originalité de ce roman c'est vraiment l'intrigue et la construction, alliées tout de même à la lecture des journaux des uns et des autres, comme quoi l'idée des mémoires qui flanchent n'est pas totalement ratée. Felicia Yap balade tranquillement son lecteur dans une histoire tortueuse dans laquelle on se doute qu'il y a machination, mais on ne sait pas trop qui l'a ourdie. On s'attend également à des surprises, des détails à chaque page, ce qui rend la lecture plaisante, du genre de celle qu'on ne lâche pas aisément.

Roman qui pourra faire les délices des vacanciers sur les plages cet été. 

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