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polar-noir

Chaos de famille

Publié le par Yv

Chaos de famille, Franz Bartelt, Gallimard série noire, 2006.....

"Mon Dieu, avez-vous vu ce que vous avez fait de moi ? Un gros machin avachi, pas beau à regarder, pas appétissant, qui a gaspillé sa jeunesse et près de vingt ans de sa vie à attendre le bon vouloir, le bon désir d'une épouse moins sensible aux caresses qu'une truelle de maçon ! Mon Dieu, à cause de cela je suis devenu un véritable obsédé des choses du sexe ! J'en rêve quand je dors, et je me réveille pour en rêver plus fort !" (p. 56)

Voilà un des nombreux monologues intérieurs de Eho -ainsi que l'appelle Camina sa femme qui n'a même plus besoin d'user de son prénom. Elle l'appelle, il accourt. Depuis dix-huit ans dont douze sans vie sexuelle. Eho doit subir en outre, la famille de Camina, frères et sœurs et mère, tous dépressifs et suicidaires, le père déjà suicidé, traçant la voie familiale. 

Humour noir est-il précisé en quatrième de couverture. Noir, très noir et tellement drôle. Franz Bartelt s'en donne à coeur joie, il pratique une langue savoureuse, argotique, néologique, crée des personnages hors normes, hors de toutes conventions. Ils sont gros, moches, la mocheté n'étant pas la conséquence de la grosseur, non ils sont moches dedans et dehors et ce qui est dedans se voit à l'extérieur. Ils sont aussi cons, très cons même pour certains, et la connerie n'est pas, là non plus une conséquence de quoi que ce soit. Ils sont cons, c'est tout. 

J'ai ri, mais j'ai ri. L'enterrement de Beignet, l'un des beaufs de Eho, est à mourir de rire et s'étale sur plusieurs pages. Il est loufoque, irrésistible, énorme. Le reste est dans le même ton. A la fin, l'humour plus noir, plus méchant revient, mais qu'est-ce que c'est drôle. A quasiment toutes les pages, il y a une situation, un bon mot, une phrase qui fait rire ou sourire. Et dans cette comédie noire, on sonde les plus bas instincts des uns et des autres : la bassesse, la jalousie, la cupidité, l'envie, ... 

Lecture extrêmement plaisante, à cependant, ne pas forcément mettre en toutes les mains, les plus prudes ou les plus innocents, pourront y perdre des illusions ou rougir.

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La poupée sanglante

Publié le par Yv

La poupée sanglante, Gaston Leroux, 1923 (L'aube, 2006)....

Bénédict Masson est relieur en l'île Saint-Louis. Affreusement laid, il sait qu'il fait peur aux femmes et plusieurs qui souhaitaient travailler en son atelier ont fui. Bénédict est follement amoureux de sa voisine Christine qu'il épie, ainsi que son père et son fiancé, médecin qui vivent en face de chez lui. Ce qu'il voit est troublant voire effrayant, entre un supposé amant caché dans l'armoire sans doute occis par le père de Christine et des expériences menées au rez-de-chaussée de la demeure de ses voisins. Un jour, Christine entre dans la boutique de Bénédict et lui propose de travailler avec elle chez le baron de Coulteray qui possède une grande bibliothèque à rénover. Le relieur accepte, heureux de pouvoir passer des moments seul avec sa dulcinée. Mais dans la propriété des Coulteray, le mystère et l'incroyable poursuivent Bénédict.

Gaston Leroux (1868-1927) est célèbre pour avoir créé des personnages qui ont dépassé sa propre renommée :  Rouletabille, Chéri-Bibi. Il est aussi l'auteur de Le fantôme de l'opéra. Le livre du jour,  a aussi une suite, La machine à assassiner écrite la même année. Construit en deux parties, l'une révélant les mémoires de Bénédict et l'autre continuant l'histoire et la finissant. La première est un peu longue parfois, entre les exclamations du relieur amoureux transi et rejeté, c'est sans doute l'époque qui veut cela, maintenant, on va au plus court. Gaston Leroux écrit là un roman fantastique qui part dans plein de -fausses (?)- directions, qui nous entraîne, lecteurs, dans des suppositions folles et nous réserve surtout de belles et réelles surprises. Si l'on passe sur ces longueurs et ces lamentations un poil désuètes, on a la joie de lire de la belle littérature, de belles phrases, des imparfaits du subjonctif, de belles tournures avec des mots à apprendre, broucolaque par exemple : ""Broucolaque" est le mot dont se servaient les Grecs pour désigner ce que la superstition moderne désigne sous le nom de "vampires."" (p. 117). Et puis, au détour d'un paragraphe, il n'est pas rare de tomber sur une réflexion intemporelle : "Seigneur Dieu, ne jugeons personne !... Ayons peur des formes que prennent les choses en nous frôlant et ne disons point tout haut avec le triste orgueil de la créature qui ne dispose que de ses cinq sens "ceci est" ou "ceci n'est pas"... Méfions-nous ! méfions-nous ! L'Univers est autour de nous comme une immense embûche... D'autres avant moi ont prononcé le mot : Farce !" (p. 48)

Relisons donc Gaston Leroux, un peu oublié et pourtant maître du fantastique, des histoires à rebondissements et à la logique imparable, digne d'un Edgar Allan Poe. Cela fait un bien fou de se replonger dans ses histoires avec une ambiance qu'on qualifierait de gothique de nos jours, un style un peu emphatique parfois et d'autres fois plus prosaïque, avec des personnages marquants, une foultitude de détails ; tout cela fait travailler l'imaginaire de manière incroyable.

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C'est la faute du vent...

Publié le par Yv

C'est la faute du vent..., Jean Failler, Palémon, 2018.....

Alors qu'il se ressource pas loin de la pointe du Raz, Armand Demaisieux, célèbre comédien fait la connaissance de Florence de Saint-Marc cavalière émérite et vice-championne du monde. Leur idylle naissante les pousse à la balade romantique, romantisme très sévèrement amoché lorsqu'ils découvrent le cadavre d'une jeune femme sur une plage. Ce sont les gendarmes du pays bigouden qui sont chargés de l'enquête. Le major Papin, irascible et obtus convoque Mary Lester, commandant à la PJ parce que son nom apparaît dans l'affaire. A contre cœur, icelle rencontre ledit major et se heurte à un roc de colère et de rigorisme administratif et procédural. Mary souhaite alors ne pas se mêler de cette histoire, mais c'est plus fort qu'elle...

Quelle joie de retrouver Mary Lester que j'ai toujours lue avec beaucoup de plaisir et que j'ai quittée par inadvertance. Elle a toujours la langue aussi bien pendue et c'est pur bonheur que de lire ses dialogues, que dis-je, ses joutes verbales avec Papin, le major obtus -c'est un euphémisme. Elle a aussi toujours envie de se mêler des affaires dans lesquelles, de près ou de loin son nom apparaît, toujours fortement et efficacement secondé par le capitaine Fortin. Cette cinquantième enquête colle à l'actualité récente en même temps qu'elle donne le beau rôle aux paysages bretons sous la grisaille de novembre. Jean Failler et son héroïne sont malicieux, c'est aussi pour cela qu'on prend un vrai grand plaisir à lire leurs aventures. C'est à la fois sérieux et drôle ; sérieux parce que la mort d'une personne c'est rarement joyeux et drôle parce que les réparties de Mary Lester et du capitaine Fortin le sont souvent. Sans être franchement dans une comédie policière, on y passe un joyeux moment, c'est cela qui fait tout le charme de l'enquêtrice bretonne.

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La disparue de Porzanec

Publié le par Yv

La disparue de Porzanec, Hervé Huguen, Palémon, 2019....,

Décembre, à quelques jours des fêtes et en pleine crise des gilets jaunes, le corps d'un antiquaire de renom, mari d'une députée de la majorité sur la brèche depuis le début des manifestations, est retrouvé assassiné dans sa garçonnière de Pont l'Abbé. Sa maîtresse dont seul le prénom est connu a disparu.

Le commissaire Nazer Baron enquête, bien obligé de s'intéresser en premier lieu au mari de la femme disparue et à la députée, femme du mort. Les indices sont minces.

Ce seizième volume de la série avec Nazer Baron démarre assez mollement, mais l'intrigue semble bien vite plus compliquée qu'il n'y paraît et suffisamment retorse pour nous tenir en haleine et mettre les cellules grises du commissaire en action. Tranquille, presque placide, Baron a du Maigret en lui. Il accumule les détails, les indices et tout se met en place dans son esprit petit à petit et se révèle lorsque le dernier détail vient se poser dans la case restée vide. Il est redoutable Hervé Huguen, parce que son histoire qui paraît pépère ne vous lâche plus et vous empêche même de lâcher le roman.

J'ai beaucoup aimé le fond historique et artistique de son énigme, pas très détaillé, mais suffisant pour être tenté d'aller chercher plus loin. Mais par-dessus tout, j'ai aimé l'ambiance, la Bretagne en hiver : "L'air sentait le froid, une curieuse odeur, celle du vide. Ou autre chose, celle de la nuit, l'odeur de la nuit gelée et des rues désertes. Les voitures n'avaient pas commencé à circuler, l'air avait eu le temps de se purifier depuis la veille. Ce devait être ça, la sensation de vide devait venir de là. Baron attendait dans cette atmosphère où tout semblait figé, il regardait le calvaire dont les branches ondulaient dans la brume, il n'était qu'une ombre plantée sur son bout de trottoir, dans la perspective d'un jour qui paressait encore de l'autre côté du monde." (p. 137) Hervé Huguen décrit des instants que j'aime, où l'on peut profiter du calme et de l'air froid qu'on respire. Certes, ce n'est pas très gai, l'ambiance est froide et grise, pour un polar c'est parfait.

Une série qui rend ses personnages attachants, du genre qu'on a envie de retrouver et qui trace une voie tranquille et singulière dans le monde du roman policier.

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Aucune bête

Publié le par Yv

Aucune bête, Marin Ledun, In8, 2019.....

Vera est coureuse de 24h, une compétition, qui, comme son nom l'indique consiste à courir 24 heures durant sur une piste. Elle a gagné la dernière course à laquelle elle a participé mais a été privée de sa victoire et condamnée à huit années de suspension, à cause d'un médicament qu'elle prenait pour signer une rhino-pharyngite. 

De retour sur le circuit, elle veut battre son record personnel et tenter de ne pas finir trop loin de la favorite, l'Espagnole Michèle Colnago. 

Court roman paru dans l'excellente collection Polaroïd des éditions In8. Les textes y sont souvent efficaces, au plus juste et sobres. Marin Ledun le fait parfaitement avec cette histoire dans laquelle on vibre, même si comme moi l'on n'est pas sportif, pour la performance et la volonté de voir Vera parvenir à ses objectifs. Vingt-quatre heures pendant lesquelles l'esprit s'évade malgré le souhait de rester concentrée sur la foulée, le rythme, le souffle. Tour à tour Vera pensera à ses trois filles, à son couple, à son boulot harassant et peu épanouissant, aux collègues aux mains baladeuses. On vibre aussi parce qu'on sent bien que outre les pensées de Vera quelque chose va se produire, mais on ne sait ni quoi ni quand ni où ni qui ni comment. 

Le texte de Marin Ledun est une ode aux femmes et à leurs exploits, pas seulement sportifs, ceux aussi de la vie quotidienne pour élever les enfants, s'occuper de la maison, ... pour supporter le travail dans ce monde éminemment masculin. Si après avoir lu ce roman, vous voulez pousser la question, il y a quelques jours, j'ai parlé du travail de Heide Goettner Abendroth sur le matriarcat que je vous re-conseille fortement. Sans doute un peu plus écrasant ne serait-ce que par son poids, mais tout aussi roboratif. Deux manières différentes de parler des femmes.

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Le neutrino de Majorana

Publié le par Yv

Le neutrino de Majorana, Nils Barrellon, Jigal polar, 2019...,

Italie, années 1920/1930, Ettore Majorana, jeune physicien très doué partage sa vie entre la physique et Emilia, une jeune argentine dont il st fou amoureux. Ses travaux, fulgurants, souffrent de sa volonté de rester discret, de travailler et encore travailler plutôt que de se faire connaître.

Début du siècle suivant, le corps de Sabrina Marco, chercheuse au CERN, le plus grand accélérateur de particules au monde, est retrouvé sur la frontière franco-suisse. C'est le lieutenant Loïc Boudier et l'adjudant Didier Neaume qui sont chargés de l'enquête, bientôt rejoints par Mark Zellweger, de la police suisse. La collaboration devra fonctionner parfaitement pour résoudre ce meurtre d'une femme sans aucun problème.

Si comme moi, la science et plus particulièrement la physique -d'autant plus lorsqu'elle est quantique- "ça vous en touche une sans faire bouger l'autre", pour reprendre une expression attribuée à un ex devenu quasi saint à peine son récent trépas annoncé -la mémoire humaine est courte-, ou pour user d'une phrase que l'adjudant Neaume n'aurait pas reniée, eh bien, sachez que quelques pages vous fatigueront voire vous escagasseront, mais sachez également que Loïc Boudier qui pourtant mène l'enquête n'y entrave pas plus que vous et moi et que ça ne l'empêche pas de bosser. Exceptées ces-dites pages, le polar est très bon et le titre, hautement scientifique, est admirable.

Nils Barrellon mêle habilement, la vraie histoire d'Ettore Majorana et de ses découvertes avec son intrigue du XXI° siècle. Si bien qu'on ne sait plus ce qui est de la réalité ou de la fiction, sauf pour ceux qui connaîtraient sur le bout des doigts la vie de Majorana, ce qui n'est pas mon cas, puisque je le découvre ici. Maintenant, je vais pouvoir briller en société en parlant de ce scientifique, mais bon si je tombe sur un féru des particules, mes limites se montreront bien vite. Je rigole, je rigole, mais j'aime bien les polars qui m'apprennent des trucs, et c'est le cas avec celui-ci. L'enquête de Boudier et Zellweger est plutôt tranquille : ils amassent les indices, les doutes et les intuitions méthodiquement avant de resserrer leurs recherches. La fin s'anime nettement, mais je n'en dirai pas plus. Amateurs de thrillers où ça défouraille de partout ou de ceux qui dégoulinent d'hémoglobine, passez votre chemin, les flics d'ici prennent leur temps pour mieux nous faire profiter de la science de Majorana et de la science moderne du CERN. Un polar dans le monde de la physique, il ne me semble pas que ce soit très courant, je n'irai pas jusqu'à dire que Nils Barrellon est un électron libre, parce que ce serait trop facile, n'est-il pas ?

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Fondu au noir

Publié le par Yv

Fondu au noir, Ed Brubaker (scénario), Sean Phillips (dessin), Elizabeth Breitweiser (couleur), Delcourt (traduit par Doug Headline), 2017...,

Hollywood, 1948, quelques mois après  la Commission des Activités anti-américaines qui condamna dix personnalités soupçonnées de sympathies communistes. Un scénariste, Charlie Parish, se réveille d'une nuit mouvementée et très arrosée dans la même maison que la future star de cinéma Valeria Sommers. Mais Valeria est morte, étranglée. Charlie, torturé par ses démons issus de la guerre, ne parvient plus à écrire. Il va tenter de faire la lumière sur l'assassinat de son amie Valeria. 

Revoilà Ed Brubaker récemment découvert dans la série Velvet. Le scénario est toujours bourré d'allers-retours dans le temps, de détails qui vont devenir importants. Il est parfois un peu complexe et long à suivre : ce roman graphique fait quand même 336 pages (sans compter le superbe cahier final avec les illustrations en grand de Sean Phillips). Je dois avouer que l'ensemble est parfois bavard, mais néanmoins passionnant. Un vrai roman noir avec un contexte particulièrement bien rendu, les dessins y sont aussi pour beaucoup. Hollywood au temps de la chasse aux sorcières et les dessous du cinéma qui commence à devenir une vraie industrie avec son lot de bassesses, de jalousies, de débauches sexuelles et d'alcool, d'espionnage par le FBI des activités de ce monde particulier, de dénonciation, ... Bref, un contexte qui vit également la naissance de vraies stars et de grands films devenus des références (notez la critique à peine dissimulée au cinéma actuel qui court tout au long de l'album). Un contexte idéal pour un bon roman noir !

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La métamorphose

Publié le par Yv

La métamorphose, Pascal Martin, Jigal polar, 2019....

Victor Corbus, ex-trader, ex-détenu, écrivain connu pour son personnage de flic Jack Wallace est pour le moment gérant d'une entreprise de nourriture rapide Le monde de Juju. C'est dans un squat que tout se déroule : la cuisine, le ravitaillement des dragsters-food et évidemment le lieu de vie des mamas cuisinières et de tous ceux qui travaillent dont Victor lui-même. Mais ce squat est bien placé et attire la convoitise de bien des promoteurs dont l'un, véreux s'est acheté les services d'un truand violent et sans scrupule, ennemi juré de Victor. Lorsque le squat brûle et que la cuisinière Juju, l'inspiratrice de l'entreprise meurt dans l’incendie criminel, la peur et l'angoisse montent. Victor Corbus va devoir faire preuve d'ingéniosité et de courage pour tenter de contrecarrer les plans du promoteur.

Livre 3 des aventures de Victor Corbus, mais rien n'empêche de le lire sans avoir lu les autres, c'est mon cas et que je ne m'y suis jamais senti perdu. Pascal Martin est un auteur connu et réputé du polar, j'ai déjà ici parlé de La reine noire et de L'affaire Perceval, deux ouvrages marquants avec une petite préférence pour le premier nommé. Cette fois-ci, il reprend donc l'un de ses héros et le place dans un monde totalement inconnu : passer du monde ultra friqué et branché des traders à un squat est un écart très grand dans lequel on risque un claquage. Corbus s'y fait bien même s'il regrette sa vie d'avant dans laquelle il jonglait avec les millions et vivait très aisément -peut-on l'en blâmer ? En toile de fond, il y a la vie dans les squats et la difficulté des gens sans papiers, les appétits féroces de promoteurs pour de beaux emplacements avec de beaux rendements qui oublient les hommes et les femmes qui y habitent. L’appât du gain, encore et toujours.

Ce n'est pas un roman marrant, néanmoins on y sourit parfois, Pascal Martin y est corrosif, grinçant ; c'est une critique acide de la société actuelle prête à tout pour la croissance et l'argent. Il gratte là où la société a mal : à son humanité. En outre, Victor Corbus est un malin, un mec qui se sent des allures de justicier lorsqu'on vient le chatouiller lui et ses amis -et aussi un peu son argent, car il en doit pas mal à un caïd marseillais. Il devra donc se trouver des ressources insoupçonnées et des amis qui n'en sont point dépourvus eux non plus. C'est donc sur un rythme soutenu que se déroule ce polar efficace et mordant. Nouvelle belle parution chez Jigal polar (comme d'habitude).

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Ça coince ! (50)

Publié le par Yv

Vengeances tardives, Francis Schull, City, 2019..

Léopoldine, postière d'un village alsacien et bigote notoire et assidue, découvre un matin, dans le confessionnal, le corps de Joseph Weberlé, viticulteur et adjoint au maire, une personnalité importante de la région. Doutant des qualités d'enquêteurs des gendarmes locaux, elle décide de mener sa propre enquête et elle a des atouts pour cela : postière, elle connaît tout le monde et dans les détails ; amatrice de polar, elle se voit en Miss Marple.

J'avais besoin de légèreté, donc lorsque j'ai vu la première et la quatrième de couverture, je me suis pensé que c'était le livre du moment pour ma pomme. Mais que nenni ! Certes la légèreté est là, mais l'humour moins -ou pas le mien- et ce qui se veut une comédie policière tourne pour moi assez vite à l'ennui. Pourtant Francis Schull a le sens de la formule et parfois, certaines phrases m'ont fait sourire. Trop peu, il faudrait donner du rythme à tout ça. A l'instar d'une Rita Falk, sa voisine allemande avec ses Choucroute maudite et Bretzel blues.

Les brumes de Lisbonne, Peter Brooklyn, City, 2019.

L'inspecteur Pereira, quarante-cinq ans, vit toujours chez sa mère, ce qui n'est pas rare à Lisbonne. Un matin, il est réveillé car le banquier Ornelas, bon père de famille, membre du Domus Christi, gendre d'un personnage très influent au pays, est retrouvé mort, chez son amant, le docteur Parente. Alors que Pereira veut fouiller un peu, on lui demande en haut lieu de classer l'affaire comme crime passionnel.

Pas mal sur le papier et décevant à la lecture. On a l'impression de collage de paragraphes les uns après les autres, de dialogues faibles et peu crédibles, et d'apports culturels, historiques, géographiques posés là comme des articles de wikipedia sans liaison, sans subtilité. Pour résumer, la lecture ne m'est pas agréable, ce qui, pour moi est rédhibitoire. Je préfère une histoire faible bien écrite à une histoire forte -encore que pour ce roman, je ne pourrais pas le confirmer, j’abandonne avant la fin- mal construite et mal écrite.

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