Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

polar-noir

La cité des rêves

Publié le par Yv

La cité des rêves, Wojciech Chmielarz, Agullo, 2020 (traduit par Erik Veaux).....

Le cadavre d'une étudiante en journalisme est retrouvé au pied des immeubles d'une résidence surveillée pour gens aisés de Varsovie. C'est Jakub Mortka, dit Le Kub, assisté de Anna Suchocka, dite La Sèche, qui enquête. Un meurtre apparemment simple à résoudre, surtout lorsque la coupable toute désignée se rend, mais Mortka a des doutes. Et quand Le Kub a des doutes, il creuse, ce qui ne fait pas les affaires de tout le monde.

Quatrième aventure du Kub, et cette fois-ci, plongée dans le délicat et et tendre monde politico-médiatique. Wojciech Chmielarz ne fait pas dans le tous pourris et je lui en sais gré, ce serait trop facile. Le Kub mène son enquête, minutieusement ne voulant passer à côté de rien et, chemin faisant, d'autres histoires se font jour. Il y a aussi son collègue, Kochan, mis au placard et qui revient s'occuper des vieux dossiers qu'il parvient à résoudre rapidement, ce qui ajoute un peu de piment à l'histoire.

C'est la Pologne actuelle que décrit l'auteur, son pays qui est entré dans l'Europe, mais d'un seul pied, l'euro n'y est pas encore la monnaie officielle, ses relations tendues avec l'Ukraine, cette dernière ne voulant pas reconnaître un massacre de Polonais pendant la guerre par des nationalistes ukrainiens. Un polar et une série ancrés dans leur époque et leur pays qui nous le font découvrir, pourtant pas si loin de chez nous. C'est étonnant de voir qu'un polar polonais peut nous paraître plus exotique qu'un polar étasunien.

J'aime beaucoup cette série et son héros récurrent, Le Kub qui semble s'assagir un peu, sans quitter ses indignations et ses colères pour autant, il les canalise mieux. Il évolue au fil des livres et je trouve cette idée excellente. Je parierais, au vu de la fin de ce volume, que d'autres suivront. Chic. A noter le beau travail des éditions Agullo et la traduction d'Erik Veaux, qui s'y colle depuis le premier tome.

Voir les commentaires

La Colombienne

Publié le par Yv

La Colombienne, Wojciech Chmielarz, Agullo, 2019 (traduit par Erik Veaux).....

Un trafic de drogue entre la Colombie et la Pologne implique des jeunes gens recrutés pour tourner une publicité et manipulés pour passer de la cocaïne aux frontières.

A Varsovie, le corps d'un homme est retrouvé pendu et éventré sur le pont de Gdansk. Deux clochards qui vivent dans le coin ont appelé les secours. A la tête de l'enquête l'inspecteur Jakub Mortka dit Le Kub, de retour à Varsovie, asisté de Anna Suchocka, dite La Sèche (Sucho = sèche en polonais). Leur première mission sera de trouver l'identité du mort, puis, il faudra s'entendre et travailler ensemble, car Le Kub n'est pas simple et La Sèche non plus.

Troisième enquête du Kub et dépaysement polonais. L'inspecteur semble un peu assagi, canalise mieux ses colères et n'en veut plus à sa femme de l'avoir quitté. Il reprend le travail un peu plus tôt que prévu, un bras dans le plâtre, mais cette enquête paraît tortueuse et c'est l'homme de la situation.

La Pologne change en ce début de siècle -l'action se déroule en 2010-, et pas toujours pour le mieux : la drogue envahit les rues, les riches s'enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. La société est conservatrice qui a, par exemple, un rapport daté avec l'homosexualité, décrite comme taboue, Wojciech Chmielarz en parle comme on n'en parle plus dans un roman français ou alors dans certains types d'écrits, machistes voire homophobes. Depuis, la Pologne a élu un président très conservateur, Andrzej Duda. Wojciech Chmielarz décrit son pays comme un observateur, il ne prend pas position et ses personnages ont des avis variés qui englobent la société polonaise.

Pour ce qui est de l'enquête, Le Kub avance doucement, aucun indice, aucune piste, le travail de fourmi des policiers devra donc payer. A force de petites avancées, un profil du coupable va se dessiner, et j'ai bien aimé le détail, l'élément anodin qui va relancer l'enquête, faire rebondir les flics et accélérer l'action jusqu'à la fin.

Quatre cents pages qui passent vite, pointilleuses sur l'enquête, qui parlent de la Pologne et s'intéressent aux personnages, à leurs vies, notamment celle du Kub. Je me suis fait une joie de le retrouver et comme un quatrième tome est sorti, mon petit doigt me dit que je vais vous en parler très vite.

Voir les commentaires

La science de l'esquive

Publié le par Yv

La science de l'esquive, Nicolas Maleski, Harper Collins, 2020....

Qui est Kamel Wozniak, cet homme qui se retire volontairement dans un meublé, loin de tout, loin de la ville, un paquet de fric dans les mains bientôt planqué dans la maison ? Et pourquoi, ne cherchant que la solitude, il attire à lui les locaux : son logeur, mais aussi une bande de jeunes gens après qu'il a sauvé l'un d'eux d'une noyade certaine et même une gendarme, Soraya, et sa voisine Laure ?

Quel(s) secret(s) cache-t-il pour fuir ainsi la compagnie d'autrui ? Kamel est un dur, un taiseux qui accepte de se faire envahir sans se dévoiler pour autant.

Deuxième roman de Nicolas Maleski après Sous le compost. On y retrouve des thèmes qui lui semblent chers : l'éloignement, la vie à la campagne, le changement voire le bouleversement de vie, les questionnements, lorsqu'on arrive à la moitié -ou presque- de sa vie, sur le sens à donner à la seconde moitié, sur l'envie de tout envoyer balader. Toutes ces questions, et d'autres, sont abordées dans ce roman que j'ai hésité à placer dans la catégorie polar, mais qui en a tous les ingrédients, notamment la tension palpable dès le départ et qui ne cesse de monter et les personnages troubles qui ont tous un truc à cacher, qui ne semblent pas aussi blancs qu'ils voudraient le faire croire. C'est très bien fait et Nicolas Maleski, habilement, simplement, nous emmène avec lui et Kamel jusqu'à se poser nous-mêmes de bonnes questions. D'abord les mêmes que Kamel et les autres personnages du roman, sur les choix de vie et de société, mais aussi sur celles qui concernent l'énigmatique Kamel : la raison de son éloignement, est-il un tueur, un malfrat, que fuit-il ?

Si ce roman de Nicolas Maleski est moins ironique, moins drôle et moins original, que son précédent, il n'y en a pas moins de plaisir à le lire. Le constat sur la société actuelle et les interrogations sur ses dérives, sur l'avenir et la construction d'un monde différent sont des préoccupations très actuelles et vives.

Voir les commentaires

Onzième parano

Publié le par Yv

Onzième parano, Marie Vindy, La tengo, 2011...

Paris 11ème arrondissement, Baze Wincler, célèbre chanteur du groupe de rock Surface Noise est arrêté chez lui, suspecté du meurtre d'une jeune femme Clotilde Seger, retrouvée dans le lit du rockeur. Alcoolique, cocaïnomane et pas mal d'autres trucs, Winckler multiplie les conquêtes féminines, mais ses addictions lui ruinent la santé et la mémoire. Aussi n'est-il pas totalement sûr de n'avoir rien fait à Clotilde. Son avocat, fait appel à Mona Cabriole, journaliste et critique de rock pour mener une vraie enquête, puisque la Crime ne le fait qu'à charge du rockeur, coupable idéal.

Comme Gabriel Lecouvreur, alis Le Poulpe, Léo Tanguy ou l'Embaumeur, Mona Cabriole est une héroïne d'une série écrite par plusieurs auteurs. Ce tome écrit par MarIe Vindy est le numéro 9. Je l'aime bien Marie Vindy, j'ai lu Une femme seule et Justice soit-elle. Mais là, je ne sais pas à quoi c'est dû, peut-être une faiblesse du côté de Mona Cabriole, mais je n'ai pas vraiment accroché. Il y a de très bonnes choses, le récit est rock'n'roll mais il y a aussi pas mal de longueurs, de répétitions inutiles et de digressions qui ne servent pas vraiment le texte ni son rythme. Presque 300 pages qui auraient pu être réduites, nettement pour une enquête plus dense, plus dynamique, du vrai rock quoi ! Là, on a plutôt l'impression d'être dans un concert de variété sous couvert de pseudo-rock, genre chanteur qui pense que mettre une guitare qui sature ça fait rockeur -des noms, des noms... Marie Vindy reste un peu trop sur le coté sexe drogue et rock'n'roll sans vraiment pénétrer ce monde, on reste un peu en dehors.

Néanmoins, Mona est sympathique, Marie Vindy sait nous intéresser à son intrigue et aux tribulations de son héroïne, parce qu'elle écrit bien, mais si ce n'est pas un livre qui tombe des mains, je crois qu'il ne restera pas longtemps en mémoire, un peu comme une chanson de variété vite chantée vite écoutée vite oubliée.

Voir les commentaires

Deux balles

Publié le par Yv

Deux balles, Gérard Lecas, Jigal polar, 2020.....

Vincent Castillo caporal-chef dans l'armée française rejoint à Marseille, Willy, son frère d'armes grièvement blessé au combat après leur service en Afghanistan. Leur rêve est d'ouvrir un food-truck, mais le handicap de Willy menace leur projet. Vincent n'a d'autre perspective que de retourner chez son père qui tient un hôtel miteux, qui sert depuis quelques mois de foyer d'accueil pour migrants. Vincent retrouve ses deux frères Denis et Jordan qui œuvrent en eaux troubles et Hamid, son ami interprète afghan qu'il a connu en Afghanistan. Le retour à la vie civile ne s'annonce pas aussi bien que prévu.

Voilà un roman noir bien noir comme je les aime. Ancré dans la réalité et dans l'actualité. Syndrome post-traumatique, dur retour à la vie civile pour des hommes qui ont vécu l'horreur et dur retour particulièrement pour Vincent qui ne reconnaît plus ses frères devenus trafiquants ni son père, qui n'a certes jamais été une flèche mais qui a totalement baissé les bras.

Ce roman assez court, ramassé et dense se lit d'une traite. Il dit bien comment les soldats ont du mal à revenir à une vie normale après avoir vu et vécu des horreurs, même s'ils y sont préparés. Il dit aussi le malheur et la peur que vivent les migrants lorsqu'ils arrivent en France. Ils quittent tout pour ne pas perdre la vie et se retrouvent à vivre dans des conditions effroyables : conditions de vie sordides, trafics, rixes entre nationalités, prostitution, etc...

Un roman noir à lire et faire lire, un de ceux qui marquent tant dans les contextes que dans les personnages décrits. Le premier chapitre débute ainsi :

"Il est presque midi quant il quitte l'Hôtel des Trois Continents. Pourquoi trois seulement, Vincent ne l'a jamais su et le gérant des lieux l'ignore également. Par contre, l'hôtelier se souvient de lui." (p.9)

Excellent de bout en bout.

Voir les commentaires

Sherlock Holmes et le complot de Mayerling

Publié le par Yv

Sherlock Holmes et le complot de Mayerling, Nicole Boeglin, City éditions, 2020..

Hiver 1889, le prince Rodolphe, fils de l'impératrice Sissi est retrouvé mort dans son lit aux côtés d'une femme de 17ans, Marie Vetsera. Officiellement, il s'est suicidé et sa jeune compagne n'a jamais été avec lui. Sherlock Holmes et le docteur Watson reçoivent la visite d'une dame de compagnie de l'impératrice qui veut faire la lumière sur la mort suspecte de son fils. Les deux hommes embarquent donc pour Mayerling.

Sherlock Holmes est dans le domaine public, et dès lors, un écrivain peut s'en emparer -sans oublier Watson- pour lui écrire une nouvelle aventure. C'est ce que fait Nicole Boeglin dans cette énigme historique réelle qui a vu au fil des années plusieurs théories se succéder sans qu'aucune ne soit totalement avérée. Entre le suicide, le meurtre, le meurtre suivi d'un suicide -Rodolphe assassinant Marie et de suicidant-, le complot visant le prince ou plus globalement la famille impériale, toutes les suppositions existent. C'est donc de cette histoire mystérieuse que s'empare la romancière en y incluant le plus célèbre détective du monde.

Rien d'affolant, rien de rébarbatif. Holmes déambule dans un monde qu'il affectionne, celui des riches et des puissants et nous de subir la généalogie de la famille de Sissi, avec les enfants adultérins, et les officiels. Not really my cup of tea. Je n'irais pas jusqu'à dire que Sir Arthur Conan Doyle s'en retourne dans sa tombe, je suis loin d'être un spécialiste de son œuvre et de son dernier domicile, mais je ne suis pas certain que cette nouvelle enquête soit du niveau des originelles. Et de m'interroger sur la -bonne ?- idée de reprendre un héros mythique pur le coller dans des aventures que son créateur n'avaient pas imaginées pour lui. C'est forcément casse-gueule, car comparaison il y aura, rarement à l'avantage dernier arrivé.

Néanmoins, si l'on passe sur les débuts du livre un peu laborieux, on peut y trouver un agrément. A chacun de se faire son opinion. Ou pas. Le premier chapitre débute par ces phrases :"Un épais brouillard jaunâtre avait envahi Londres ce soir-là, je me le rappelle. Je rentrais justement de chez un malade et à peine venais-je de franchir le seuil de ma maison que ma femme me remit un mot de mon ami me mandant de le rejoindre au 221B Baker Street." (p. 13)

Voir les commentaires

L'assassin du canal

Publié le par Yv

L'assassin du canal, Sandrine Berthier, Ravet-Anceau, 2011....

Coudekerque, banlieue de Dunkerque est le lieu de prédilection d'un tueur en série particulier, qui pousse ses victimes dans les lacs ou canaux pour qu'ils s'y noient. La police et le procureur sont sur les dents. Le lieutenant Decanter, jeune flic, revenu au pays depuis un an après quelques années à Paris est sur l'enquête, associé à l'agent Sylvain Fleurynck, dynamique, parfois trop au risque de devenir fatigant. Les victimes s'accumulent sans que les policiers puissent trouver de lien entre elles.

Les éditions Ravet-Anceau, sans leur faire injure, ne révolutionnent pas le genre policier, mais quasiment à chaque fois, le roman policier qu'on tient entre les mains fait passer un très bon moment. Sans faire beaucoup de bruit, cette maison bâtit un catalogue divers et riche. En fait, lorsque je me promène dans les rayons de la bibliothèque, j'ai tendance à prendre facilement l'un de leurs livres, sachant que je ne serai pas déçu. Cette fois-ci, ça a encore marché.

L'histoire de Sandrine Berthier est plaisante en grande partie grâce à ses personnages, qui, étonnamment ou pas -est-ce volontaire ?- ont pour beaucoup des noms commençant par la lettre D : Decanter, Demol, Duval, Duport, Deleu, Delobel, Delaeter, Després -je ne sais pas si le remraquer pendant ma lecture fait de moi un type étrange ou si c'est normal. Elle sait camper des personnes simples, pleines d'humanité, le commissaire qui chouchoute ses hommes en est un bel exemple, qui ont des rapports sains. Il souffle, malgré les victimes et l'enquête qui piétine, comme un air de bonté : "Les gens du nord..." disait un chanteur. Et un peu d'humour et de légèreté apportent un plus indéniable qui conforte la bonne ambiance du roman. Parfois un peu trop de bon sentiment, notamment avec Barney, le chien d'une victime, fait sourire, mais c'est dans le ton, absolument pas rhédibitoire, plutôt marrant et décalé dans le polar qui joue plus souvent le cynisme que la bonté.

Il reste que, passé cette ambiance chaleureuse, les flics doivent travailler et trouver le tueur, ce qui n'est pas aisé. Bon, j'avoue m'être douté du nom du coupable assez nettement avant la fin, mais cela n'a pas altéré mon plaisir de lire ce polar jusqu'au bout.

Voir les commentaires

Avec le chat pour témoin

Publié le par Yv

Avec le chat pour témoin, Pierre Pouchairet, Palémon, 2019.....

Marc Chabot, l'amant de Vanessa, la psychologue criminelle du groupe des Trois Brestoises est retrouvé mort. Tous les indices mènent vers Vanessa qui est emprisonnée. Léane, la cheffe de la PJ de Brest ne peut croire que son amie est coupable, ni Élodie la troisième du groupe, médecin légiste. Bien que l'enquête ne lui soit pas confiée, Léanne s'en mêle et ses premières découvertes sont loin d'innocenter son amie. Mais l'amitié est plus forte que tout et bien épaulée, elle persiste tandis que petit à petit une d'autres affaires s'ajoutent au meurtre de Marc Chabot.

Retour des Trois Brestoises, pour ce quatrième opus mené tambour battant. Il faut croire que la Vallée des Saints est un lieu propice aux enquêtes policières puisque, Françoise Le Mer en a fait le lieu de son dernier roman, Le festin des pierres, et au vu des descriptions des lieux dans les deux livres, je n'en doute pas un instant.

Si l'enquête de Léanne a des côtés très envisageables, elle réserve néanmoins des rebondissements et des surprises bien agréables. Elle nous tient jusqu'au bout des 320 pages sans mollir et sans ennuyer, c'est même tout le contraire tant fermer le livre est un acte difficile. Et comme à chaque fois que Pierre Pouchairet écrit une histoire pour ses trois héroïnes, c'est avant tout à elles qu'on s'intéresse. C'est la vie des trois filles et de leurs connaissances qui lie toutes les enquêtes, les histoires et qui fait que tout se tient admirablement bien et que, comme je le disais plus haut, il est bien ardu de fermer le livre. Parce qu'on a envie de savoir, sans être potinophile ou cancanophile -faites votre choix-, comment ces trois-là vont continuer, quelles seront leurs relations, leur avenir personnel et professionnel.

Pierre Pouchairet écrit des polars réalistes, de ces histoires qui pourraient se passer près de chez nous -d'ailleurs, elles se passent tout près, parce qu'on sait bien que la Bretagne c'est le centre du monde-, avec des personnes qu'on peut croiser chaque jour. On y croit. Sa manière de les raconter, vive, rythmée, pas mal dialoguée, assure au lecteur un excellent moment de lecture et fait de lui un des auteurs de polars français inévitables. Le très bon Olivier Marchal qui signe le bandeau ne s'y est pas trompé lui non plus et nous sommes nombreux à partager son avis.

Voir les commentaires

Les diamants de Waterloo

Publié le par Yv

Les diamants de Waterloo, Valérie Valeix, Palémon, 2019.....

Octobre 1815, Napoléon est tombé et la royauté rétablie. Jérôme Blain, ancien officier de la Garde impériale, surnommé le Capitaine Sabre, durement touché à Waterloo, se remet doucement entouré de sa femme et son jeune fils. Sur les conseils de Vidocq et en association avec lui, il monte une agence de détectives, l'Agence de l'Ours Noir. Son associé lui fait rencontrer Talleyrand qui lui donne comme mission de retrouver les diamants de la princesse Borghèse, sœur de Napoléon qui ont disparu lors de la débâcle de Waterloo. L'enquête mène le jeune capitaine vers la Normandie, son pays d'origine, chez le colonel Pondorcy, fervent défenseur de l'empereur malgré sa blessure de guerre qui l'a privé de ses deux jambes.

Valérie Valeix délaisse son apicultrice-enquêtrice Audrey Astier pour se lancer dans le roman policier historique, un genre que je trouve casse-gueule lorsqu'on ne le maîtrise pas. Non historien, je ne connais de Napoléon que la victoire d'Austerlitz et la défaite de Waterloo... morne plaine..., la main dans le gilet et les chansons de Serge Lama -désolé pour cet écart de mauvais goût (sur Youtube, ça dure 2h18min56sec, mes condoléances). Mais je cesse là mes apartés inutiles pour revenir à cette excellente surprise qu'est la naissance du Capitaine Sabre. Hyper documenté, annoté, l'auteure, par des notes en bas de pages, donne des précisions qui vont de la grande histoire à l'anecdote qui apportent réalisme et ancrage et permettent au béotien que je suis d'y croire à fond. On est en 1815, c'est sûr.

J'aime assister à la naissance d'un héros récurrent, et Jérôme Blain m'a l'air sympathique et a vécu suffisamment d'événements pour en faire un personnage complexe qui évoluera dans le temps et dans une époque tourmentée. Le contexte est là, bien planté et prometteur. Sa première enquête est fort bien menée, ne lésinant pas sur les malfrats, les coups tordus, les gentils pas si gentils et les méchants pas si méchants. Valérie Valeix ne ménage pas ses effets et rebondit de surprise en coup de théâtre. Des guet-apens, des embuscades, des morts étonnantes... le rythme est soutenu, et j'espère qu'elle saura le tenir au long des futures aventures de son Capitaine Sabre. En lisant ce roman, je n'ai pas eu l'impression de lire la même auteure que sa série avec Audrey Astier l'apicultrice. J'ai ressenti plus de force, plus de puissance dans les évocations, plus de profondeur dans ses personnages. C'est sans doute que le monde napoléonien me parle davantage que l'apiculture, et pourtant, je suis inquiet du sort des abeilles et j'aime le miel... Bref, tout cela pour dire en un mot que ce premier tome de la série Les enquêtes du capitaine Sabre est excellent et que je suis très impatient de lire le suivant, et si vous m'avez bien lu, tout cela fait beaucoup plus qu'un seul mot.

Voir les commentaires