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polar-noir

On a tué le docteur

Publié le par Yv

On a tué le docteur, Claude Ascain, Oxymoron, 2019..,

Le docteur Dhorme est retrouvé assassiné à son cabinet. Yves Michelot, détective, et ami personnel du docteur se précipite sur les lieux pour assister l'inspecteur Rodier. Très vite, il soupçonne l'entourage du baron de Carrier, paralytique que seul le docteur Dhorme parvenait à soigner. Comme le baron est riche, y aurait-il une histoire d'argent, d'héritage ? En veut-on au baron ?

Claude Ascain est l'un des nombreux pseudonymes de Henry Musnik (1895-1957), écrivain prolifique, journaliste et co-créateur de la bande dessinée Fulguros. Claude Ascain est le nom dont il se sert pour écrire des romans policiers. Ou plutôt, dans le cas qui nous occupe une nouvelle : 32 pages, rapides comme Yves Michelot. Il fonce, échafaude des hypothèses plus vite que son ombre, et si l'une d'elles ne s'avère pas, repart sur une autre aussi sec. Pas le temps de s'ennuyer donc, pas le temps de gamberger pour nous, tant cela va vite et est court. On est loin, très loin des cadors de la discipline, les grands et célèbres détectives,  mais pour passer agréablement 30/45 minutes, franchement c'est un bon plan. Avec ce titre, je continue d'explorer le catalogue des éditions Oxymoron. Ainsi débute ce titre :

"- Chauffeur... Vite... Rue d'Astorg !...

- Diable, il a l'air pressé le client !

En effet, Yves Michelot était très pressé. Un coup de téléphone venait de le prévenir que son ami, le fameux, docteur Pierre Dhorme avait été découvert dans son cabinet de consultation, la poitrine trouée d'une balle." (p. 3)

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Du sang sur la glace

Publié le par Yv

Du sang sur la glace, Jo Nesbø, Gallimard, 2015 (traduit par Céline Romand-Monnier).....

Expéditeur pour l'un des plus gros trafiquants d'Oslo, Daniel Hoffmann, l'homme qui raconte son histoire se retrouve confronté à un cas de conscience. Doit-il éliminer la femme infidèle de son boss, surtout lorsqu'il apprend qu'elle se fait violenter et qu'il en tombe amoureux ?

Dilemme suivant : s'il ne l'élimine pas, comment justifier auprès d'Hoffmann son refus ? 

Court roman qui me permet de pénétrer le monde de Jo Nesbø que je ne connaissais pas malgré toutes les bonnes choses que j'ai lues sur ses livres. Polar vraiment bon, avec un héros ou plutôt un anti-héros tant il est décalé, dyslexique qui aime lire mais ne comprend pas toujours donc s'invente ses propres histoires : il a par exemple adapté Les Misérables pour lui, avec un Valjean qui lui ressemble. D'ailleurs, il lui ressemble un peu : malgré son métier, il veut faire le bien, n'hésite pas à dépenser son argent pour une cause qu'il trouve juste.

Les situations décrites par Jo Nesbø sont déjà vues ailleurs, mais il a toujours un petit truc qui les décale, les rend originales. Beaucoup d'humour même si l'ambiance n'est pas à la franche rigolade, on parle tout de même de tueurs de la pègre suédoise et ils ne se font pas de cadeaux. Mais au hasard d'une page, on trouve ce portrait : "Prenez Maria, par exemple. Boiteuse et sourde-muette. Je ne sais pas quel est le lien entre les deux, probablement aucun, mais c'est comme quand vous commencez à avoir des mauvaises cartes, elles ne font que continuer de venir. Tant qu'elle y était, Maria avait aussi pour petit copain un abruti de camé." (p. 14)

Pas de temps mort, roman court comme je les aime, serré et bien noir.

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Les trois moustiques errent

Publié le par Yv

Les trois moustiques errent, Sep Macandal, Ed. de la dodine, 2015..,

André-Guy dit L'Anguille, 35 ans, oisif, vit à Pau. Son père lui demande de ramener fissa l'un de ses anciens copains, Alain Meusson, père putatif de son neveu âgé de vingt ans. Meusson est gendarme en Haïti. C'est donc là-bas que part l'Anguille pas très motivé, Meusson a coupé les ponts depuis vingt ans. A peine arrivé, il apprend que le gendarme s'est suicidé. Pas convaincu, il a huit jours pour tenter de trouver la vérité.

Lorsque j'ai lu le titre, le nom des personnages, je me suis dit que ça allait être une lecture, genre San-Antonio, un truc léger et marrant. C'est le cas, la truculence, le verbe en moins. Bon, je ne suis pas sûr que cette enquête restera dans les annales, mais le voyage en Haïti fut plaisant, j'aime y aller en littérature, qu'elle soit légère ou beaucoup moins, j'y ai rarement eu de mauvaises surprises. Tonton Clarinette, en polar est un très bel exemple de bonne surprise. Mais il n'y a pas que les polars et pas mal d'auteurs haïtiens peuplent mon blog : Dany Laferrière, René Depestre, Rodney Saint-Eloi, Gary Victor, Lyonel Trouillot, Yannick Lahens, Mackenzy Orcell, ... J'aime l'inventivité et la différence entre eux tous.

Mais, revenons à notre gendarme décédé qui évidemment ne s'est pas suicidé. Ce court roman, je l'ai lu en numérique, à la faveur d'une offre-confinement, je ne l'aurais sans doute pas lu sans cela, mais ne regrette rien. Si l'occasion vous vient...

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Le chanoine rouge

Publié le par Yv

Le chanoine rouge, Luc Valmont, Oxymoron, 2020..,

En vacances dans le petit village de Crécy-les-Saules, près de Sens, le roi des détectives, Alain Barrois est sollicité par son ami, le maire, parce que l'étrange disparition d'un jeune homme du village et la non moins étonnante apparition d'un chanoine rouge spectral effraient la population. Barrois se met alors en tête de résoudre l'énigme.

Court texte téléchargé aux éditions Oxymoron et qui, à défaut d'être passionnant, fait passer le temps de manière agréable. On est davantage dans une énigme pour Scoubidou que dans une enquête de Sherlock Holmes. Mais ne boudons pas notre plaisir et saluons l'offre gratuite de l'éditeur qui permet de découvrir des auteurs oubliés : je n'ai absolument rien trouvé sur Luc Valmont, si ce n'est que sans doute ce livre aurait été publié dans les années 1940. Sachez que Alain Barrois revient au moins dans une autre aventure et donc, il va forcément trouver la solution, puisque c'est le king des détectives ! Si vous avez une liseuse ou un PC, n'hésitez pas à aller sur le site de l'éditeur et télécharger, on ne sait jamais, un confinement ou tout autre événement qui vous fait rester inoccupés, vous avez de quoi tenir en bonne compagnie.

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Les chaos de Bréhat

Publié le par Yv

Les chaos de Bréhat, Daniel Cario, Presses de la cité, 2020..,

Ambroise est gardien de phare sur Bréhat, à la fin des années 1980. L'une de ses astreintes à peine finie, il doit y retourner remplacer un collègue malade, puis c'est son autre collègue qui se blesse et qui est rapatrié. Ambroise reste alors seul dans le phare avec son fils Florimond, 13 ans. Icelui ne devait y passer qu'une nuit pour son anniversaire, mais la tempête se lève et empêche toute rotation de bateau. Lors de ces quelques jours agités, le corps nu d'une jeune femme s'échoue au pied du phare. Ambroise décide d'aller le chercher, et, contre toute attente, la jeune femme est encore en vie. Elle ressemble à la fille de Janet, la compagne du gardien de phare, disparue depuis un mois, mais elle a perdu toute mémoire.

Les éléments, l'île de Bréhat, la majeure partie de l'action dans un phare, tout est là pour plaire aux Bretons et plus largement aux amateurs de grand air, de nature sauvage et de mystère. Ici, on est taiseux Ambroise en tête. L'intimité reste intime. Beaucoup de monologues intérieurs donc, de gamberges qui se bousculent, s'entrechoquent dans les ciboulots des un(e)s et des autres. Daniel Cario construit une histoire bien ficelée qui propose pas mal de surprises et de rebondissements. Dommage qu'elle soit noyée par tant de longueurs, de rappels des situations, des refoulements et pensées des personnages redondantes...

J'ai toujours le même problème avec les gros livres (500 pages) qui pourraient être réduits nettement et qui, au lieu d'être parfois ennuyeux, feraient d'excellents romans, plus tendus, plus nerveux. Néanmoins, je dois dire que Daniel Cario sait y faire et son histoire, à défaut d'être très originale est bien écrite et se laisse suivre jusqu'à bon port.

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L'œil était dans l'arbre... et regardait de drôles d'oiseaux

Publié le par Yv

L’œil était dans l'arbre... et regardait de drôles d'oiseaux, Michel Picard, L'Harmattan, 2020...,

Adrien, passionné d'ornithologie, presque dix-huit ans, ensevelit un cadavre dans une grotte qu'il connaît bien et rentre chez lui. La veille, son père, chirurgien plastique renommé et sulfureux a reçu des menaces ainsi que sa mère, présentatrice d'une émission télévisée censée parler de protection animale. Des menaces personnalisées. Plus Vincent, leur grand fils qui a disparu et pour lequel une rançon est demandée. Bref, c'est le foutoir dans la famille !

Gros livre qui ferait une arme redoutable dans un sac, et en plus c'est écrit petit. Foisonnant. Des détails à la pelle. Michel Picard a une imagination illimitée et sait la faire partager. Malgré la densité de son texte, on prend plaisir à le lire et plus on tourne les pages plus le volume devient léger. Il faut dire que c'est le bocson et que lorsqu'on croit qu'on a atteint une acmé bordélique, un énième événement ou personnage en rajoute une couche.

Adrien paraît sympathique, ses parents beaucoup moins et on a peine à les plaindre. L'intrigue avance dans une ambiance joyeuse et détendue pour nous, beaucoup moins pour ses personnages. Michel Picard a l'air de partir dans tous les sens, mais sait nous ramener à ses histoires, les liens entre elles. Je ne tairai pas un petit coup de mou dû à l'épaisseur de livre, mais la lecture est aisée et va assez vite, grâce notamment à un humour toujours présent.

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Obsession

Publié le par Yv

Obsession, Michaëla Watteaux, City, 2020....

Iris Brunner travaille dans un centre d'appels mais court les castings pour devenir comédienne, son grand rêve étant de tourner avec le réalisateur du moment Raphaël Desprez. Quinze ans plus tôt, pré-adolescente, l'une de ses amies, Rose, a disparu alors qu'elles étaient ensemble avec deux autres copines. Rose semble refaire surface : une SDF, à Stockholm lui ressemble étrangement. Mais est-ce bien elle ? Anne Lavelli, commandante de police en charge des disparitions d'enfants est sur le coup, ainsi qu'Alex Soubeyran, un ex-flic devenu écrivain qui a accepté la commande d'un éditeur d'écrire sur la disparition de Rose.

Si l'on se doute, sans même trop chercher, de certains aspects de l'intrigue et notamment du, ou de la, ou des coupable(s), ce roman est suffisamment bien construit et attirant pour tenir en haleine jusqu'au bout. Ce qui fait sa force, ce sont les personnages et les liens qu'ils ont entre eux, souvent troubles, rarement clairs et sains. Beaucoup de non-dits, de suppositions. Des désirs, des envies, des jalousies, des rancœurs, des regrets, peu de remords... Michaëla Watteaux sait plonger son intrigue dans ces considérations humaines et dans un monde impitoyable, celui du cinéma et de l'écriture. Plus exactement dans celui des grandes ambitions. Car Iris rêve d'être LA comédienne, celle qui montera les marches de Cannes et encore plus. Elle parle aussi de la fameuse angoisse de la page blanche, de la peur de ne pas pouvoir écrire, surtout s'il s'agit d'une commande sur un fait divers. Tout cela dans un thriller tendu et serré. Et avec la prouesse de ne pas faire couler d'hémoglobine, de ne pas décrire de tortures ou de cadavre en décomposition. Presque un exploit lorsque le trash est devenu un standard.

Addictif et chronophage, mais c'est pour la bonne cause : un très bon thriller. Je verrais bien, le retour des deux enquêteurs, Anne et Alex, dans d'autres aventures.

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Le crime de lord Arthur Savile

Publié le par Yv

Le crime de lord Arthur Savile, Oscar Wilde, 1891 (traduit par Albert Savine).....

Septimus Podgers est chiromancien et les lignes de la main de lord Arthur Savile lui prédise un funeste destin : il sera un assassin. Dès cette annonce lord Savile repousse son mariage avec la délicieuse Sybil Merton pour ne pas lui faire connaître sa terrible destinée, mais surtout il se met en recherche d'une personne à éliminer pour ne pas faire mentir la prédiction et pouvoir ensuite passer à autre chose, notamment son mariage.

Nouvelle ou court roman délectable. Oscar Wilde égratigne la bonne société anglaise de l'époque, celle qui le condamnera pour sa vie agitée. Sa relation amoureuse avec un jeune lord lui vaudra une condamnation à deux ans de travaux forcés.

C'est le gentil et naïf lord Savile qui est le héros de son histoire noire et drôle. Sa croyance forcenée le pousse à l'aveuglement et à la bêtise, comme souvent les croyances absolues. C'est plus léger que Le portrait de Dorian Gray, mais aussi féroce. Tout le monde a droit à sa critique, la petite remarque sentie, même Scotland Yard. Seuls les pauvres, les malheureux échappent aux railleries du romancier. Lord Asile est un jeune homme influençable, qui se pose encore pas mal de questions."Pour lord Arthur, elle [la question de l'égoïsme ou de l'altruisme] se posa de bonne heure dans la vie, avant que son caractère ait été entamé par le cynisme, qui calcule, de l'âge mur, ou que son cœur fût corrodé par l'égoïsme superficiel et élégant de notre époque, et il n'hésita pas à faire son devoir." (p. 23)

Et comme toujours, chez Oscar Wilde, on retrouve l'élégance, l'ironie et une histoire bien ficelée dont on attend la chute avec impatience. Ça fonctionne un peu comme un conte philosophique, avec morale à la clef, ou au moins interrogations sur les mœurs de l'époque et plus largement sur notre société, car c'est le propre des livres indémodables qu'on puisse en tirer des conclusions intemporelles ou qui collent à chaque époque.

Livre numérique trouvé chez ebooksgratuits.fr. A noter que le traducteur, Albert Savine est un contemporain d’Oscar Wilde.

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Babylon Berlin

Publié le par Yv

Babylon Berlin, Arne Jysch, Glénat, 2018 (traduit par Jacky Nonnon).....

Berlin, mai 1929, Gereon Rath, jeune commissaire de police vient d'arriver de Cologne : une mi-mutation/mi-sanction. Il est nommé à la brigade des mœurs, considérée à l'époque comme le parent pauvre de la police. A cette époque, Berlin est sens-dessus-dessous : les communistes manifestent partout en ville, réprimés sévèrement par la police.

Et puis, un cadavre est repêché dans le canal. Personne ne le connait, sauf Gereon qui a déjà croisé cet homme de son vivant. Il s'agit d'un exilé russe. Rath décide, dans l'espoir d'être muté à la criminelle, d'enquêter pour son propre compte, avant que cette histoire ne rejoigne les dossiers non élucidés, surnommés ici, "les poissons mouillés".

Bande dessinée fidèle au roman de Volker Kutscher, Le poisson mouillé. A tel point que je reprends mot pour mot mon résumé. J'avais beaucoup aimé le roman, c'est le premier de la série avec Gereon Rath dans l'Allemagne pré-nazie. La BD est en noir et blanc, dessin classique qui permet de mettre un visage sur les héros du roman et de se le remettre en tête, ce qui est une excellente idée. L'autre excellente idée serait de continuer à traduire cette série en français, car elle s'est arrêtée après seulement trois titres (La mort muette, Goldstein). Si l'éditeur de romans ne veut pas, peut-être que Arne Jysch les adaptera en BD et Glénat les traduira, c'est tout ce que je souhaite. Comme le bédéiste est fidèle au romancier, j'aurais plaisir à le retrouver pour la suite.

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