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chroniques

Ce qui stimule ma racontouze...

Publié le par Yv

Ce qui stimule ma racontouze..., Georges Perec, Pré # carré et Le fond du tiroir, 2011

"1981 : Georges Perec se rend à Grenoble, et expose en public "ce qui stimule sa racontouze", ce qui nourrit son écriture

2011 : deux éditeurs grenoblois très stimulés de la racontouze, Le fond du tiroir et pré # carré, rendent hommage à Perec en rééditant ces paroles à l'endroit même où elles furent prononcées." (4ème de couverture)

Petit livre d'une quarantaine de pages, mais le texte de la conférence de Perec n'en fait qu'une quinzaine imprimée pages de gauche, la page de droite servant aux notes explicatives et références qui prouvent que les éditeurs ont fait un travail de recherche important pour nous aiguiller dans le discours de Perec. Discours assez aisé à comprendre, même en ne connaissant pas l'oeuvre de l'auteur mais en s'y intéressant un peu tout de même. Il y raconte les contraintes qu'il s'impose pour écrire, autant La Disparition, son livre sans la lettre "e" que Les Revenentes, celui avec la seule voyelle qu'il manquait à l'autre. Mais le principal sujet de cet ouvrage très clair et soigné est le titre de Perec La vie mode d'emploi, paru 3 ans avant la conférence. Personnellement, je n'ai pas lu ce bouquin, mais j'avoue que maintenant, je n'ai qu'une envie, c'est d'aller l'acheter pour me plonger dedans.

Le texte de l'exposé est simple d'accès et Perec transmet son goût de l'écriture. Il dit qu'il aurait du mal à écrire sans ces contraintes mais que l'important, c'est que le lecteur ne les sente pas, qu'il prenne du plaisir à ouvrir et lire. Ceci étant dit, suivant les conseils perequiens, je m'en vais ouvrir mon livre du moment et lire pour mon plaisir.

Merci à messieurs les éditeurs pour ce texte qui permet de mieux connaître et Perec et son écriture et ses motivations. Commande ici (mais il me semble qu'il ne reste que peu d'exemplaires) : Le fond du tiroir et  le site de pré # carré.

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Parfois je ris tout seul

Publié le par Yv

Parfois je ris tout seul, Jean-Paul Dubois, Ed. de l'olivier, 2007
Recueil de courtes chroniques, parfois drôles, parfois tristes, mélancoliques, nostalgiques. Textes très courts, pas tous de la même qualité, mais très plaisants à lire. Exemple :
Mèche. C'était sans doute à cause de la mèche et de la moustache. En tout cas mes copains y me disaient toujours : "Tu ressembles à Hitler." Hier, j'en ai eu marre. J'ai rasé la moustache et coupé la mèche. Quand je suis arrivé au café, mes potes y se sont arrêtés de boire, comme si c'était un étranger qui rentrait. Puis j'ai entendu une voix qui a dit :"Tiens, Hitler est allé au coiffeur."
Ca ressemble à des petits textes dont on se dit sans aucune prétention, bien entendu : "Ah, j'aurais pu écrire ça moi aussi." (avec un petit arrière goût de quand-même-ça-pourrait-être-à-ma-portée). Certes, mais on ne l'a pas fait, et réflexion faite pendant la lecture, on n'en est bien incapable. Et puis, tout le monde n'est pas J-P Dubois qui, lui l'a fait.
Petit livre à intercaler entre des lectures plus conséquentes qui me fait penser à un autre livre : La patience des buffles sous la pluie, de David Thomas, dont J-P Dubois a fait la préface.

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L'amour à Versailles

Publié le par Yv

L'amour à Versailles, Alain Baraton, Grasset, 2009


Au travers d'anecdotes, souvent inédites d'après l'éditeur, Alain Baraton, jardinier en chef du Parc de Versailles et chroniqueur sur France Inter, nous fait visiter Versailles. Il retrace le Versailles du début, sous Louis XIII, s'attarde sur celui des Louis suivants, XIV et XV surtout. Il écrit sur les maîtresses des uns et des autres, sur les mœurs, si on les juge à ce qu'il dit, particulièrement dissolues -et c'est mot encore bien faible !
Le problème, c'est que l'on ne sait trop ce qui est de l'historique avéré ou du fantasme de l'auteur. Il livre parfois ses impressions ou ses déductions sur telle ou telle favorite de roi. C'est gênant. Je sens également un brin de misogynie chez cet homme qui attribue à toutes les femmes de l'époque une sexualité exacerbée -pour ne pas dire plus vulgaire- qui écrit que dans les années du règne de Louis XV, pas une femme de plus de 16 ans, dans Paris était vierge : sur quelles preuves peut-il dire cela ? Tout est un peu comme cela : on mélange le vrai et l'estimation, le réel et le fantasme. En outre, quelques grossières erreur de style font tâche, comme quand parlant d'une favorite, il écrit : "Mme de Montespan, c'est le corps de Marylin Monroe doté de l'intelligence de Simone de Beauvoir. Elle est trop, elle le sait." (p.74) Trop quoi ? Tic de langage très actuel. Anachronique et inélégant.
Bon, livre pas déplaisant globalement, mais qui me laisse un goût d'inachevé et une sensation de ratage. Loin d'être inoubliable ! Loin d'être trop ...

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Pope-corn

Publié le par Yv

Pope-corn, Gabriel Boccara, La table ronde, 2010
"Pope-corn est un divertissement orthographique. Le principe du jeu ? Inclure en totalité ou en partie un mot dans un autre pour en former un troisième, exclusivement homophone ou homographe du terme hôte.
Exemples :
Roturier + hauturier = rhauturier (homophone)
frimousse + mousse = frimousse (homographe)"

Voilà pour l'explication donnée par Gabriel Boccara en première page de ce recueil qui a pour sous-titre "Petits éclats de mots.".
C'est un vrai plaisir et un vrai exercice (pour tous) que de lire ce livre. On suit l'ordre alphabétique, ou on prend les mots au hasard. A chaque fois, la définition fait mouche. Elle est drôle, ou fine ou plus grave. Parfois tout en même temps.
Exemples pour vous donner envie :
"Euthanazie (n.f.) : Purification ethnique
Présidanse (n.f.) : Valse des dirigeants
Pissine (n.f.) : Grand bassin dans lequel il est d'usage d'uriner discrètement en nageant
Seinthétique (adj.) : Se dit d'une poitrine qui a reçu des implants mammaires"

Ce petit livre contient 130 définitions comme celles-ci . A garder près de soi, pour piocher un ou plusieurs mots, de temps en temps.
Merci aux éditions de la Table ronde.

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La terre des paysans

Publié le par Yv

La terre des paysans, Raymond Depardon, Seuil, 2008


Cloué allongé sur mon canapé pour tout le début d'après-midi, la faute à un lumbago aussi imprévu qu'inopiné -survenu hier-, je feuillette ce livre de photographies, prises pour les premières, par Raymond Depardon enfant, et pour les dernières, tirées de la série de trois films du même Depardon, intitulée Profils paysans. 50 ans d'hommes et femmes et de paysages ruraux, accompagnés d'un texte expliquant le parcours du photographe et d'extraits des interviews de paysans qu'il a menés.
Les photos sont magnifiques et retranscrivent bien la réalité et la difficulté de la vie paysanne, celle des petits agriculteurs des régions accidentées et les moins peuplées de France (les cinq régions joignant la frontière belge à la frontière espagnole). Avant de parcourir ce livre, j'avais déjà très envie de voir le dernier film de la série, sorti en dvd : La vie moderne. Maintenant, c'est encore pire, je suis impatient. Je n'attendrai pas le prochain lumbago que j'espère très lointain, voire même irréel.

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J'aime pas les autres

Publié le par Yv

J'aime pas les autres, Jacques A. Bertrand, Julliard, 2007


J'ai connu Jacques A. Bertrand, il y a une petite quinzaine d'années avec un très beau livre : Le pas du loup, écrit après la mort de sa mère. Dans J'aime pas les autres, Jacques A. Bertrand change de registre et nous livre, à travers la vie d'Anatole Berthaud de la petite école à la grande, une chronique sur l'apprentissage d'un jeune homme dans les années 50/60. La vie du narrateur aurait pu être heureuse s'il n'y avait pas... les autres. C'est un petit livre très plaisant, entre roman et autobiographie, bourré d'humour et de digressions très drôles, dans lesquelles l'auteur nous donne son avis sur des sujets aussi divers que la philosophie, le gruyère et le champagne, la cigarette, l'appartenance à un groupe, ... Si vous voulez vous détendre après une lecture difficile, voici le bon remède : lisez Jacques A. Bertrand.

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Chronique du règne de Nicolas 1er

Publié le par Yv

Chronique du règne de Nicolas 1er, Patrick Rambaud, Grasset, 2008


Ceci est un pamphlet, qui comme il se doit s'en prend aux gens exerçant le pouvoir. Quelques rappels de la première année de pouvoir de "Sa Majesté" et quelques descriptions de manœuvres au sein des arcanes politiques. Assez drôle dans la dénomination des personnes (je vous laisse découvrir les différentes appellations de "Notre Bien-Aimé Monarque" que Patrick Rambaud n'appelle jamais par son nom, et celles des différents membres du gouvernement). Ecrit à la manière des pamphlets du XVIIème ou XVIIIème siècle, dans un style remarquable, c'est à peu près son seul intérêt. En effet, à mon sens, l'abus de la critique systématique tue la critique. Distrayant, sans plus, pour s'amuser des puissants qui nous gouvernent.

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