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Recherche pour “operation bella ciao”

Opération Bella Ciao

Publié le par Yv

Opération Bella Ciao, Jim Amorcas, LTJ éditions, 2016...

Saint-Nazaire, Loire-inférieure, 1932, le célèbre entomologiste Florimond Tutu et son assistant, Couic, charcutier embarquent sur le Judas des Épinettes cargo qui assure la liaison jusqu'à Callao. L'objectif du scientifique est d'observer un papillon très rare, il est spécialiste des lépidoptères. Mais ses bagages et surtout ses filets spéciaux ont disparu.

A peine le cargo a-t-il pris la mer que les événements bizarres se produisent, mettant les nerfs du capitaine à rude épreuve.

Ça y est, j'ai trouvé le livre idéal pour le confinement, et comme c'est le premier d'une série de 6, nul doute qu'après cette lecture, le pire des angoissés sera décoincé. Amateurs de grand n'importe quoi, d'enquête sans queue ni tête -pas de chapeau, pas de braguette-, de délire foutraque, et de charcutier-enquêteur -avant Jim Amorcas, le concept existait-il ?- arrêtez-vous de courir et lisez les aventures de Couic, Charles Octave d'Urfé des Issambres-Chabreloche de son grand nom, descendant pas très légitime d'une grande famille française et du pape Jean-Pie VII. Je ne suis pas certain d'avoir bien saisi les tenants et les aboutissants de cette histoire folle, mais j'ai ri de bout en bout. Court livre de 130 pages dans sa version numérique, sans doute deux fois moins en papier dont la couverture très réussie évoque assez bien l'univers intérieur. J'ai tellement aimé, que j'ai toute la série et comme je suis bon, si si, je suis bon, demain, je parle de la tranche 2. La tranche, normal Couic est charcuteir, il eut été fromager que Jim Amorcas eût pu parlé de tome.

Couic a sa page facebook, et même sa chaîne Youtube pour écouter les livres.

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La femme qui attendait

Publié le par Yv

La femme qui attendait, Andreï Makine, Ed. Le Seuil, 2004
 
Au milieu des années 70, un jeune homme venu de Leningrad s’installe à Mirnoïé, sur les bords de la mer Blanche, afin d'étudier pour sa thèse les coutumes et traditions de ce village. Là, depuis la guerre, le temps semble s’être arrêté. Un jour, le narrateur remarque une belle femme de 40 ans tirer des filets au bord du lac. Encore belle, institutrice dans un village voisin, Véra semble avoir consacré sa vie à l’attente, celle du retour de son fiancé parti au front trente ans auparavant et dont elle n’a jamais reçu aucune nouvelle. Au fur et à mesure que le récit se déroule, qu’un lien intime se tisse entre le narrateur et Véra, un charme particulier opère et se diffuse, et pourtant, ces deux-là ne se disent quasiment rien. 
J'ai lu ce livre, il y a quelques mois, et toujours me reste cette histoire en tête. Andreï Makine a l'art des belles phrases qui disent l'essentiel, tout simplement. C'est un roman lent, très beau. Excellent, c'est tout !

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L'empreinte du renard

Publié le par Yv

L'empreinte du renard, Moussa Konaté, Fayard, 2006
Des morts bizarres surviennent en pays dogon, au Mali. Le commissaire Habib, de Bamako, est envoyé sur place avec son adjoint, l'inspecteur Sosso. Cette enquête n'est pas aisée, car les Dogons sont très attachés à leurs traditions et sont connus pour la puissance de leur magie. En outre, ils voient d'un mauvais œil, l’irruption dans leur communauté de deux flics de la ville.
Roman policier tout en atmosphère. On pourrait comparer le commissaire Habib à Maigret : il prend le temps de bien connaître le contexte dans lequel il évolue, il prend des gants, des garanties avant de faire quoi que ce soit.
Bien lui en prend d'ailleurs, car les Dogons vivent en marge de la société et ont leurs propres règles. Donc, pendant tout le début de l'enquête, Habib et Sosso flairent et emmagasinent indices et intuitions. Puis, d'un coup, tout s'emballe. Si les 160 premières pages sont assez planplan, mais rudement intéressantes, les 100 dernières son beaucoup plus rapides  et enfin la vérité se dévoile. Rien qui ne soit imprévisible -encore que la magie du pays opère-, mais encore une fois, comme un bon Maigret, l'atmosphère est quasiment un personnage. Ajoutez à cela du tourisme au pays des Dogons, et bien sûr vous n'avez qu'une envie, celle de retrouver Habib et Sosso pour d'autres aventures. Bonne pioche pour mon premier polar africain.

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Cuba à en mourir

Publié le par Yv

Cuba à en mourir, Stéphane Pajot, D'Orbestier, 2019.....

Mathieu Leduc, journaliste à Nantes a fait de la prison pour un crime qu'il n'a pas commis, avant d'être acquitté. A l'automne 1998, il débarque à Cuba , bien décidé à retrouver et se venger du vrai coupable qui a fui sans assumer.

C'est grâce à son ami Carlos, Cubain réfugié à Nantes qu'il a monté son séjour à La Havane. 

Retour de Stéphane Pajot et de Mathieu Leduc déjà rencontré dans Le rêve armoricain. Cuba à en mourir en est la suite, mais on peut lire l'un sans lire l'autre, même si, le mieux c'est de lire les deux. 

Court roman noir en deux parties, l'une à Cuba et l'autre à Nantes, tous les ingrédients du genre y sont et fort bien dosés et mélangés. Sexe, drogue et rock'n'roll, bien sûr mais aussi deux ambiances. Celle de Cuba où il ne fait pas bon trop parler, ni s'attirer les foudres des policiers, le rhum, les cigares, la chaleur du soleil mais aussi la chaleur humaine : les amis de Carlos vont aider le journaliste à retrouver celui qu'il recherche. En peu de mots, Stéphane Pajot montre la difficulté à vivre dans ce pays pauvre où Fidel Castro règne encore en maître. Puis la partie nantaise, tout aussi pleine de la chaleur humaine de la bande d'amis de Mathieu, mais ici, c'est plutôt le muscadet qui coule... et la pluie aussi. 

Même s'il est la suite du Rêve armoricain, ce Cuba à en mourir est construit différemment, plus linéairement et plus classique, et le charme opère de nouveau. Cela prouve toute l'étendue du talent de l'auteur qui sait jouer sur plusieurs styles qu'il maîtrise totalement. 

Ne croyez pas à du chauvinisme de ma part puisque Stéphane et moi sommes Nantais, non, il est simplement un excellent auteur de romans noirs et polars, l'un de ceux qui inventent le plus, capable de me surprendre à chaque fois, et ça j'aime beaucoup. Si l'envie vous prend de me suivre et de lire Stéphane Pajot, ce que je ne peux que vous conseiller très vivement, lisez la série des deux romans noirs cités dans cette recension (et les autres aussi). 

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L'attentat

Publié le par Yv

L'attentat, Yasmina Khadra, Julliard, 2005

Amine Jaafari est chirurgien à Tel Aviv. Réputé, compétent, il a adopté la nationalité israélienne, a des amis bien et haut placés. Marié à Sihem, il vit tranquille une vie de riche dans une région particulièrement explosive. Le jour où un attentat se produit près de l'hôpital, Amine opère, répare les corps sans écouter sa fatigue. Lorsqu'elle finit tout de même par le gagner, il rentre chez lui retrouver Sihem, tout juste rentrée d'un court séjour chez sa grand-mère. Seulement, Sihem n'est pas rentrée, et pour cause, puisque c'est elle la kamikaze, celle qui a provoqué cet attentat particulièrement meurtrier. Déboussolé, rejeté, Amine cherche à comprendre son geste ; pourquoi et comment une femme ne manquant de rien peut en arriver à cette extrémité ?

Avec ce roman, je découvre cet auteur très connu et qui manque à ma culture. Et quelle découverte ! C'est un roman fort et formidable sur la remise en cause d'un homme, sur son sentiment de culpabilité, sur les raisons qui peuvent pousser des gens a priori pas intégristes à perpétrer un attentat. Khadra ne juge pas. Il commence par décrire les pertes et la difficulté pour les Israéliens de vivre ces odieuses agressions : la paranoïa ambiante et la vie qui continue malgré tout. Ensuite, dans sa recherche, Amine va découvrir la dure réalité des Palestiniens : leur vie pauvre, les brimades et les lois qui leur sont imposées. La situation dans cette région semble inextricable, les dirigeants de chaque pays se renvoyant la balle. Au milieu, les gens, Israéliens et Palestiniens, juifs et musulmans subissent et tentent de vivre avec une menace permanente au dessus d'eux.

Extrait  : " -Tout Juif de Palestine est un peu arabe et aucun Arabe d'Israël ne peut prétendre ne pas être un peu juif.

- Tout à fait d'accord avec toi. Alors, pourquoi tant de haine dans une même consanguinité ?

- C'est parce que nous n'avons pas compris grand-chose aux prophéties ni aux règles élémentaires de la vie. [...]

- Alors, qu'est-ce-qu'il y a lieu de faire ? [...]

- D'abord rendre sa liberté au bon Dieu. Depuis le temps qu'il est l'otage de nos bigoteries."

Ecrit dans une langue simple, précise et directe, on trouve dans ce roman "toute la générosité d'un écrivain qui n'en finit pas d'étonner par son imaginaire et son humanisme." (4ème de couverture)

Catherine et Florinette ont aimé elles aussi ce livre à lire absolument. 

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Deux mille kilomètres avec une balle dans le coeur

Publié le par Yv

Deux mille kilomètres avec une balle dans le cœur, David Agrech, Ed. Le masque, 2010

Daniel Ferrey est un petit parieur aux courses. Il "travaille" pour son beau-frère Victor, dont on sent bien qu'il trempe dans des magouilles pas très claires. Mais Daniel non. Lui, il parie petit, gagne petit et s'en contente. Un soir, dans un abribus, il se fait tirer dessus et passe très près de la mort. Au moment de sombrer, la jeune femme photographiée sur l'affiche, dans l'abribus se matérialise et le soutient jusqu'à l'arrivée des secours. Opéré, sorti d'affaire, Daniel veut la retrouver.

Très bonne idée de bouquin, qui commence très bien. L'écriture est simple, alerte et l'histoire se déroule agréablement. Et puis, au bout de la 100ème page, je me suis demandé, d'abord où voulait m'emmener l'auteur et ensuite, si son histoire était vraiment intéressante et tenait la route sur 379 pages ! Terrible à dire, mais la réponse est : "non" ! J'ai eu peine à croire aux rencontres féminines que fait Daniel, aux liens qu'il crée avec ces femmes. J'ai eu la sensation d'une histoire vaine, sans vraiment de développement solide. Daniel se traîne tout au long du livre, n'a pas de personnalité, est falot jusqu'à la caricature. Finalement, je me serais contenté d'un livre de 200 pages -ce qui est déjà bien-, plus ramassé, plus concentré avec des personnages qui agissent plutôt que subissent. Aucun d'entre eux n'est réellement crédible, ce qui pourrait être envisageable dans un livre totalement décalé et hors réalité, mais ce n'est pas le contexte du livre.

La fin et le personnage de Yelena arrivent comme un cheveu dans la soupe. Je n'ai pas su faire le lien entre son histoire et ce que nous avait raconté l'auteur précédemment, mais je dois avouer que j'avais commencé à décrocher un peu avant et que cette irruption ne m'a pas captivé au point de relancer mon intérêt.

Cruelle déception pour ce partenariat B.O.B/Editeur, et ceci, d'autant plus que le livre est couronné du Prix du Roman d'Aventures, que je ne connais pas, certes, mais qui pouvait me promettre un meilleur moment. Ou alors, c'est moi qui suis passé totalement à côté de ce roman, ce qui est tout à fait concevable également.

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Les vrais héros ne portent pas de slip rouge

Publié le par Yv

Les vrais héros ne portent pas de slip rouge, Axel Sénéquier, Quadrature, 2014...

Ce recueil contient une douzaine de nouvelles. Toutes ont en commun de parler de gens simples et normaux, qui, à un moment donné, pour beaucoup d'entre eux agissent d'une manière totalement étonnante. Voici mes préférées :

Avant-première : Jean-Claude, vigile, fan de films d'action étasuniens a la chance et le privilège d'assister à l'avant-première du dernier film de Steven Seagal. Mais l'irruption de gangsters dans la salle va changer la physionomie de la soirée.

La source et l'estuaire : Lindsay se prépare à sa course, celle qui va le consacrer, mais en attendant celle-ci, derrière les starting-blocks, il s'allonge et des images surviennent en lui.

Mille étoiles et un soleil : Augustin vit à Djibouti, il a sept ans et sa copine Héloïse est très malade, elle vient d'être opérée et il va lui rendre visite à l'hôpital.

Pour commencer mon billet,  je vais émettre une réserve qui vaut pour plusieurs nouvelles. Axel Sénéquier écrit des histoires dites "à chute", c'est bien, mais lorsque celle-ci est prévisible, le plaisir du lecteur est quelque peu émoussé. L'exercice est difficile et le lecteur sans pitié lorsque la chute censée être le clou de l'histoire tombe à plat, sans effet. Reste à travailler encore les chutes ou bien à écrire des nouvelles sans chute, des bouts de vie, ce qui, je l'avoue, est, dans la nouvelle, mon genre préféré. Néanmoins, ce qui sauve l'auteur -lorsqu'il est magnanime, le lecteur saura même lui pardonner-, c'est que les pages qui précèdent sont très agréables. Les personnages sont travaillés, les relations entre eux également et leurs forces et faiblesses apparaissent nettement, leur donnant un vrai caractère, ce qui n'est pas toujours évident dans la nouvelle. 

Mes trois nouvelles préférées se détachent du recueil, pour l'humour dans Avant-première, ce décalage entre la vraie vie et les films d'action quand même assez loin du quotidien. Jean-Claude est un type sympa, un peu lourdaud qui ne pense qu'à vivre comme ses héros et n'a que cela en tête. La source et l'estuaire est beaucoup plus profonde, très belle en écriture et l'on entre dans l'espace de quelques pages dans le plus intime de Lindsay, c'est remarquablement fait. La nouvelle est plus elliptique, plus onirique bien qu'ancrée dans la réalité. Mille étoiles et un soleil est basée sur la maladie d'un enfant et sur une très belle légende racontée par le jardinier de l'ambassade, Babacar. Je ne sais pas si cette légende existe ou si elle sort du cerveau d'Axel Sénéquier, mais elle est formidable et rend cette nouvelle irrésistible. Que me restera-t-il de ces histoires ? Je ne sais pas, mais la lecture du recueil est agréable et fait passer de bons moments. 

Belle découverte que ce recueil au titre évocateur qui résume bien le contenu : des gens simples qui à un moment donné, agissent d'une manière étonnante.

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Nos parents nous blessent avant de mourir

Publié le par Yv

Nos parents nous blessent avant de mourir, My Seddik Rabbaj, Le serpent à plumes, 2018.....

Une jeune femme, à Marrakech, à peine trentenaire, divorcée, après des recherches, apprend que beaucoup des femmes de sa famille ont eu des vies maritales difficiles : divorcées, seules ou veuves. C'est la vie de Habiba, sa grand-mère, née dans les années 50, qu'elle va raconter à son frère et à sa sœur. 

Habiba, à l'aube de sa vie d'adulte tombe amoureuse de Taoufik, mais la tradition et la volonté du père de la jeune fille vont la détourner du jeune homme et la marier de force à un tanneur. Habiba ne se fait pas à cette union et se rebelle.

My Seddik Rabbaj est romancier et vit à Marrakech ; j'ai déjà eu le bonheur de le lire dans son superbe roman précédent Le lutteur. Dans ce dernier, il faisait le portrait d'un jeune homme doué pour la lutte, don qui allait le sortir de sa misère. Dans Nos parents nous blessent avant de mourir, le romancier parle des femmes de son pays. Les hommes n'ont pas le beau rôle, usant et abusant de leur droit de décider de la vie de leurs épouses, filles ou sœurs. Dès les premières pages, on sent la différence entre les droits et les devoirs des hommes et des femmes au Maroc en 1950, mais aussi de nos jours. La femme est soumise à son mari et même à la famille d'icelui lorsqu'elle s'installe chez lui. C'est ce qu'apprendra Habiba dès la semaine qui suit son mariage, elle avait été protégée jusque là par une grande sœur et un grand frère aimants. "Son rôle était d'égayer les jours de son homme, d'être la nuit un objet de soulagement et le jour un accessoire de fantaisie qu'on exhibait avec ostentation pour montrer qu'on était important, qu'on était capable d'avoir à ses côtés une jeune et belle femme." (p.84)

Malgré cette oppression, les femmes marocaines sont omniprésentes. Ce sont elles qui transmettent. Grâce à elles, les hommes peuvent vivre. En écrivant cela, j'ai la sensation d'enfoncer des portes ouvertes, et puis finalement pas tant  que cela, lorsque j'entends encore autour de moi des femmes se plaindre du manque de participation de leurs conjoints aux tâches ménagères, à l'éducation des enfants... 

My Seddik Rabbaj écrit un roman profondément féministe qui parle de femmes rebelles qui pourtant ont grandi comme les autres dans des familles modestes avec l'éducation courante. Des femmes qui osent relever le défi de l'égalité sans pour autant nier leur féminité et leur amour des hommes. Son livre est fort, sans temps mort, il parle aussi de l'histoire du Maroc, de Marrakech et d'Essaouira. Je ne connais pas le Maroc, je le découvrirai volontiers et notamment ces deux villes, mais à ma façon, pas à celle des tour-opérateurs. Je veux aller chez les gens, les rencontrer. Bon, revenons à ce très beau roman, vif, dynamique, emmené par des femmes volontaires. My Seddik Rabbaj est un raconteur d'histoires, l'un de ceux dont on ne peut pas lâcher les livres. Ce roman tombe en plus pile dans une période où l'on parle beaucoup d'égalité des sexes, de respect de la femme. Je vous le conseille ardemment. Et quel titre !

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Bistouri blues

Publié le par Yv

Bistouri blues, Philippe Kleinmann, Sigolène Vinson, Le masque poche, 2015 (Le masque, 2007).....

Lorsque Benjamin Chopski opère à Lariboisière, il est rarement braqué à la fin par un homme-grenouille armé d'un harpon qui en veut à la vésicule qu'il vient d'extraire en urgence d'un malade. Un rien désappointé, il en appelle à la maréchaussée qui se présente alors à l'hôpital sous les traits de son ami, le capitaine Cush Dibbeth, flic passionné par l'origami et qui apprendra avec Benjamin à s'intéresser à la chirurgie. Mais que peut donc bien cacher cette course à l'organe malade à laquelle certaines personne semblent jouer ?

Me voilà donc avec en mains un polar médical, écrit par un chirurgien, Philippe Kleinmann et une avocate et chroniqueuse judiciaire à Charlie Hebdo, Sigolène Vinson. Chaque en-tête de chapitre est une phrase ou un schéma ayant rapport à la médecine. Bon, parfois, ça fait plus peur que le polar lui-même : hypocondriaques s'abstenir. Quelques descriptions d'opérations sont un peu gore pour qui, comme moi supporte mal juste l'entrée dans un lieu de soin, mais rien d'insurmontable, plus on avance dans le livre, moins il y en a ou alors je me suis habitué... Quelques termes techniques courent le long des pages, que je ne saisis pas toujours mais qui ne sont pas gênants pour la bonne compréhension du propos, on sait qu'il s'agit d'opérations chirurgicales, et ça suffit, finalement, les détails on s'en passe volontiers.

Pour le reste, eh bien, je me suis régalé. D'abord l'intrigue bien menée de bout en bout : un trafic d'organes malades en lien avec le terrorisme ? Ou bien une espèce de chirurgien qui a totalement pété les plombs et qui met en place un étrange circuit entre Karachi, Djibouti et la France ? Cush Dibbeth resserre peu à peu les fils de son enquête pour se retrouver avec son unique suspect, mais malgré cela, une surprise finale n'est pas exclue.

Ensuite, les personnages Cush Dibbeth en tête et Benjamin Chopski pas loin derrière. C'est un véritable hymne à la différence et à la diversité. Cush Giuseppe Robert Dibbeth de son nom entier parce que ses origines paternelles sont en Ethiopie et en Italie et maternelles en France. On y croise aussi un Zhou Pong, un Vassili, une Sophie Labounstova, un Dupont, un Durant, ... Très attachant ce Cush Dibbeth avec sa passion pour l'origami : un fonctionnaire qui fait des cocottes en papier et toutes sortes d'autres formes pour réfléchir. Benjamin est un chirurgien atypique avec ses cinq trous à chaque oreille chacun portant un anneau, sa coupe de cheveux qui épouse la forme du casque audio qu'il porte quasi en permanence pour écouter jazz et classique. Le lieutenant Dubreuil, second de Cush, sorte de fayot très drôle et surtout très efficace apporte une autre couleur au trio.

Très bien écrit, très simple malgré quelques explications techniques, c'est un polar enlevé, rapide et très agréable à lire. Le ton est à la détente et à l'humour même s'il n'oublie pas d'être sérieux sur l'intrigue et ses implications. Une découverte qui m'amènera forcément à lire la suite qui vient de paraître, intitulée Substance, toujours au Masque.

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