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Recherche pour “opération bella ciao”

Opération Bella Ciao

Publié le par Yv

Opération Bella Ciao, Jim Amorcas, LTJ éditions, 2016...

Saint-Nazaire, Loire-inférieure, 1932, le célèbre entomologiste Florimond Tutu et son assistant, Couic, charcutier embarquent sur le Judas des Épinettes cargo qui assure la liaison jusqu'à Callao. L'objectif du scientifique est d'observer un papillon très rare, il est spécialiste des lépidoptères. Mais ses bagages et surtout ses filets spéciaux ont disparu.

A peine le cargo a-t-il pris la mer que les événements bizarres se produisent, mettant les nerfs du capitaine à rude épreuve.

Ça y est, j'ai trouvé le livre idéal pour le confinement, et comme c'est le premier d'une série de 6, nul doute qu'après cette lecture, le pire des angoissés sera décoincé. Amateurs de grand n'importe quoi, d'enquête sans queue ni tête -pas de chapeau, pas de braguette-, de délire foutraque, et de charcutier-enquêteur -avant Jim Amorcas, le concept existait-il ?- arrêtez-vous de courir et lisez les aventures de Couic, Charles Octave d'Urfé des Issambres-Chabreloche de son grand nom, descendant pas très légitime d'une grande famille française et du pape Jean-Pie VII. Je ne suis pas certain d'avoir bien saisi les tenants et les aboutissants de cette histoire folle, mais j'ai ri de bout en bout. Court livre de 130 pages dans sa version numérique, sans doute deux fois moins en papier dont la couverture très réussie évoque assez bien l'univers intérieur. J'ai tellement aimé, que j'ai toute la série et comme je suis bon, si si, je suis bon, demain, je parle de la tranche 2. La tranche, normal Couic est charcuteir, il eut été fromager que Jim Amorcas eût pu parlé de tome.

Couic a sa page facebook, et même sa chaîne Youtube pour écouter les livres.

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Les fronts renversés

Publié le par Yv

Les fronts renversés, Corbel et Launais, Y.I.L, 2021

Serge Derain, inspecteur de police, ancien résistant, est appelé en 1955 pour intégrer la DST et tenter de déstabiliser le FLN par une action en Kabylie : l'opération L'oiseau bleu.

1968, Derain, devenu commissaire est affecté à Rennes pour aider à arrêter les attentats commis par le Front de Libération de la Bretagne. Persuadé qu'il a déjà croisé l'un des responsables FLB du temps de son travail en Algérie, Derain tente de le confondre. Il doit aussi faire face à une séparation d'avec sa femme.

Pas très facile au départ cette bande dessinée qui gagne à ce qu'on s'y accroche, car c'est un tome 1 et j'aimerais connaître la suite. Pas très facile car les intervenants sont assez nombreux, et il faut bien le dire, j'ai commencé par me perdre un peu, notamment sur la partie algérienne, puis petit-à-petit à m'y retrouver. La partie bretonne est moins complexe et tout aussi intéressante. Basée sur des faits réels, l'opération L'oiseau bleu ainsi que les attentats du FLB, elle met en scène des personnages ayant existé et semble assez fidèle à ce que j'ai pu lire sur ces deux histoires -parce que l'un de ses intérêts est que je suis allé creuser, voir ce qui était réel ou fictif, elle pousse donc à s'instruire, ce qui est une excellente chose.

Scénario qui gagne donc à ce qu'on s'accroche au départ et dessin que j'aime beaucoup, tout concourt à rendre prometteur le prochain tome de cette série de Marek Corbel et Cyrille Launais.

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Dieux et mécanismes

Publié le par Yv

Dieux et mécanismes, Viktor Pelevine, Alma, 2016 (traduit par Galia Ackerman et Pierre Lorrain)...,

Dieux et mécanismes est un livre composé de deux romans, le premier, Opération Burning Bush est l'histoire de Semion Levitan qui se voit proposer (de la même manière qu'on désigne certains volontaires, il n'a pas vraiment le choix) un job particulièrement étonnant : équipé d'un alliage dans l'une de ses dents qui fait émetteur-récepteur, et doté d'un organe vocal troublant, il devra parler à l'oreille de George Bush, le président des États-Unis au moment de l'histoire en se faisant passer pour Dieu et lui inspirer nombre de réactions et d'actions mettant à mal son pays au profit de la Russie.

Le second, Les codes antiaériens d'Al-Efesbi, met en scène un homme du nom d'Al-Efesbi, en fait un agent secret russe, capable de détruire en Afghanistan tous les drones que les États-Unis envoient. Ces derniers tentent de récupérer les codes de l'agent pour le contrer.

Histoire de perturber l'ordre, je vais commencer mon article par le second roman qui m'a moins emballé. Plus court (120 pages), il est aussi plus bavard et même s'il parle de pratiques courantes bien que parfois délirantes, je me suis perdu dans les descriptions et les propos de l'auteur. A travers une histoire, il dénonce et se moque de tous les protagonistes, par exemple, le nom de son "héros", Al-Efesbi (FSB en anglais, le nouveau nom du KGB). Outrance, stratagèmes sont au programme.

Le premier roman, Opération Burning Bush, que l'on peut traduire par Opération Brûler Bush ou Opération Buisson Ardent est un régal de loufoquerie, anticipation, géo-politique, stratégie de domination où tous les moyens sont permis, délire total. Qu'on se mette dans le bain avec cette description de l'homme qui va aider Semion à parler à G.W Bush : "Il était le chef du département des substances spéciales et des états de conscience altérés. Une phrase glissée dans la conversation m'apprit qu'il n'était pas un simple dealer de drogues du FSB mais une sorte de consultant en chef pour les questions spirituelles et ésotériques." (p.53/54) Et oui, Semion aura besoin de substances pour se mettre dans un état second et parler à l'oreille de G. Bush. Totalement délirant et en même temps vraiment dans la réalité, c'est un bouquin difficile à décrire tant il peut partir loin et revenir à des considérations plus prosaïques.

Viktor Pelevine est l'un des écrivains russes dits de la nouvelle génération, à l'instar de Zakhar Prilepine ou Sergueï Chargounov. Ses livres ont été brûlés par des partisans de V. Poutine. Depuis, il ne se montre que peu, continue à écrire des romans forts et dénonçant les dérives du pouvoir, les jalousies et la soif de domination.

Un auteur à découvrir.

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Opération Napoléon

Publié le par Yv

Opération Napoléon, Arnaldur Indridason, Métailié, 2015 (traduit par David Fauquemberg)..

1945, un avion allemand s'écrase sur un glacier islandais, le Vatnajökull. Des recherches sont aussitôt entreprises par les Américains. En vain. En 1999, à la faveur du réchauffement climatique, une partie de l'avion apparaît sur les radars. L'armée étasunienne se rend alors sur place en toute discrétion pour y récupérer l'avion en question. Deux jeunes Islandais sont témoins de ce grand chantier secret, ils sont aussitôt portés disparus. Kristin, avocate à Reykjavik, sœur de l'un de des deux jeunes hommes, menacée elle aussi se met à leur recherche.

Alléchant sur le papier, et finalement décevant... long et écrit dans un style journalistique assez rasoir et qui ne permet que peu d'entrer dans l'histoire. Je m'y ennuie dès le départ, je continue à me languir à la page 100 et puis comme mon ennui persévère, moi je pose les miens (mes verres, sans lesquels je ne peux pas lire) et j'arrête là ma lecture. Je réfléchis alors -ça je peux le faire sans mes binocles- et me pose la question de l'intérêt de sortir ce roman écrit en 1999. Depuis, Arnaldur Indridason a fait beaucoup mieux, même si je l'ai un peu abandonné depuis quelques années, je me faisais d'ailleurs une joie de le retrouver avec cette Opération Napoléon.

Ce qui me tient souvent dans un roman noir, ce sont les personnages, bien sûr, l'intrigue, cela va sans dire et le contexte. Là, tout est noyé sous un flot de descriptions inintéressantes et longues, les personnages ne se dévoilent que peu et le contexte est enfoui dans cette logorrhée pesante. A mon sens, il aurait fallu une révision voire une réécriture de ce roman, plus serrée pour lui donner un véritable intérêt autre que celui de surfer sur le nom d'un des rois du polar nordique de ces dernières années.

Je suis resté totalement en dehors de l'ouvrage, et c'est fort dommage, car j'aurais aimé être passionné par l'histoire des bases américaines en Europe et notamment l'islandaise, j'aurais aimé haleter avec Kristin -entendons-nous bien, en tout bien tout honneur- à la recherche de son frère, détester les méchants Étasuniens sans scrupules, enfin bref passer un bon moment dans le froid et la neige. Hélas, il me faut me rendre à ma raison : ce roman n'est pas fait pour moi, d'où la relative brièveté de mon article, qui, pour une fois, ne lassera pas les foules denses et en délire qui passent chaque jour sur Lyvres (un peu de promo n'a jamais fait de mal, merci de commenter et de faire tourner l'adresse...)

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Darnand. Le bourreau français (1/3)

Publié le par Yv

Darnand. Le bourreau français (1/3), Bedouel et Perna, Rue de Sèvres, 2018.....

Joseph Darnand (1897-1945) s'engage très jeune dans la Première Guerre Mondiale. Il y fera preuve de bravoure et sera décoré pour avoir notamment mené une opération difficile qui a permis de déjouer une attaque allemande de grande ampleur. 

On le retrouve vingt ans plus tard, militant de l'action française groupe d'extrême droite.

Dans ce tome 1 du triptyque consacré à Darnand, la première partie est consacrée à la guerre 14/18, puis vingt ans plus tard à une reprise d'activités au sein de l'action française en vue d'assainir aux yeux des militants la politique française corrompue par les juifs et francs-maçons. 

Basée sur des faits et personnages réels auxquels quelques situations, faits ou personnages fictionnels sont ajoutés, cette bande dessinée est une réussite. Dans le dessin de Fabien Bedouel qui montre bien les horreurs des tranchées et des offensives, mais aussi les gueules des combattants, la violence. Un dessin classique, clair, très lisible. Le scénario de Patrice Perna est lui aussi limpide qui s'appuie donc sur une histoire réelle et montre parfaitement l'histoire de Darnand.

Beau travail, et comme je suis particulièrement bon, demain, je parle du tome 2.

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Le Japon n'existe pas

Publié le par Yv

Le Japon n'existe pas, Alberto Torres-Blandina, Ed. Métailié, 2009
Dans un terminal d'aéroport, un balayeur proche de la retraite, Salvador Fuensanta, aborde les voyageurs et leur raconte des histoires. Il les garantit réelles. On peut en douter à la tournure qu'elles prennent, mais les futurs ou ex-passagers en redemandent.
Voilà une bonne idée de livre qui permet à l'auteur de nous raconter à nous aussi plein de petites histoires, entrecoupées par la description des voyageurs et des gens qui travaillent à l'aéroport. Ce Salvador est extra-ordinaire : il met de la bonne humeur dans ce grand hall impersonnel. Quel beau personnage, éminemment sympathique, qui attire les gens tel un aimant. Les histoires sont drôles, tendres, mélancoliques, macabres, mais toujours décrivent des personnages à la marge. Ce serait difficile de toutes les résumer ici. En voici le début d'une pour le plaisir, celle qui donne son titre au livre : "Le Japon n'est qu'une façade. Une opération marketing comme une autre. On l'a inventé pour vendre de la technologie et ça a marché. Made in Japan est aujourd'hui le meilleur label pour vendre une voiture ou un téléviseur." La suite, je vous laisse la découvrir dans ce formidable petit roman.
NB : je viens de découvrir les éditions Métailié : c'est le troisième livre depuis quelques jours et aucune fausse note pour le moment.

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Amoursky boulevard

Publié le par Yv

Amoursky boulevard, Jacques Enaux, Ed. de la Rémanence, 2017.....

Jacques est conducteur de train dans l'Ain. Quarante-cinq ans, célibataire endurci. Convalescent pendant six mois suite à une opération d'une hernie discale, Jacques se met à visiter les sites de rencontre. N'y trouvant pas son bonheur, il s'éloigne de plus en plus de sa région, jusqu'à dialoguer avec Tatiana, russe de Khabavorsk, ville aux confins de l'Extrême-Orient. Enfin remis de son opération, Jacques décide de faire le voyage pour rencontrer la jeune femme, voyage qui lui réserve bien des surprises.

Ceci n'est pas un roman, mais la vraie histoire de Jacques Enaux. Et, je dois dire qu'elle est bien plus intéressante que pas mal de romans. Tout est dans ce bouquin pour que l'on passe un bon moment. De la tension, de l'amour, de la peur, du découragement et surtout des rencontres, car c'est là l'essentiel. Jacques n'a rien d'un baroudeur, d'un Sylvain Tesson et pourtant, il part au bout du monde à 10 000 kilomètres rencontrer une femme qu'il n'a jamais vue, dans une ville peu habituée à être fréquentée par des touristes, français de surcroit. Il ne parle pas russe et se balade avec son guide franco-russe qui lui permet de converser avec ceux qui ne parlent ni français ni anglais. Il n'a pas peur du ridicule, ne se montre pas sous un jour embelli, mais tel qu'il est, un mec normal, parti dans une drôle d'aventure, qui ne se déroule pas comme prévue.

Son récit est à la fois émouvant et touchant, drôle, décalé, très vif et alerte, d'une qualité littéraire indéniable. Le style est direct, fluide, franc, tout est dit sans détour ou métaphores, aucune ambigüité. Il ne se donne pas le beau rôle du Français venu chercher une très jeune femme russe -jolie bien sûr- et la ramener en France et elle forcément amoureuse de lui -et de son argent. Néanmoins, il aborde le sujet, rapidement comme une mauvaise expérience. Son récit est vraiment la genèse d'une histoire d'amour. Une rencontre qui se transforme rapidement en un amour entre deux adultes consentants. Ce qui la rend décalée, c'est le contexte général : les lieux, la barrière de la langue, les circonstances du voyage, ... Pudique, Jacques Enaux se livre pourtant assez librement sans forcer le trait.

Belle couverture, titre très bon... Laissez-vous faire par ce court texte qui vous ravira, vous laissera un joli sourire sur les lèvres. Je parierai volontiers sur le fait que Jacques Enaux n'en restera pas là, son aisance à raconter son histoire me laisse à penser qu'il pourrait se lancer dans d'autres aventures littéraires. Son livre débute comme ceci :

"Les chiffres rouges de l'horloge au-dessus du pare-brise affichent 6 heures 34. Il règne dans le bus une étrange atmosphère, mélange de douce torpeur et d'attention aiguë qui affute mes sens. Cet état de conscience instinctif rend perceptible le moindre changement perturbant l'ordre établi de fait depuis le départ : un ronfleur chronique deux rangs derrière à gauche, un paquet de chips ouvert cinq sièges en avant, une mère qui réprimande son enfant turbulent dans les places du fond..." (p.5)

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Bistouri blues

Publié le par Yv

Bistouri blues, Philippe Kleinmann, Sigolène Vinson, Le masque poche, 2015 (Le masque, 2007).....

Lorsque Benjamin Chopski opère à Lariboisière, il est rarement braqué à la fin par un homme-grenouille armé d'un harpon qui en veut à la vésicule qu'il vient d'extraire en urgence d'un malade. Un rien désappointé, il en appelle à la maréchaussée qui se présente alors à l'hôpital sous les traits de son ami, le capitaine Cush Dibbeth, flic passionné par l'origami et qui apprendra avec Benjamin à s'intéresser à la chirurgie. Mais que peut donc bien cacher cette course à l'organe malade à laquelle certaines personne semblent jouer ?

Me voilà donc avec en mains un polar médical, écrit par un chirurgien, Philippe Kleinmann et une avocate et chroniqueuse judiciaire à Charlie Hebdo, Sigolène Vinson. Chaque en-tête de chapitre est une phrase ou un schéma ayant rapport à la médecine. Bon, parfois, ça fait plus peur que le polar lui-même : hypocondriaques s'abstenir. Quelques descriptions d'opérations sont un peu gore pour qui, comme moi supporte mal juste l'entrée dans un lieu de soin, mais rien d'insurmontable, plus on avance dans le livre, moins il y en a ou alors je me suis habitué... Quelques termes techniques courent le long des pages, que je ne saisis pas toujours mais qui ne sont pas gênants pour la bonne compréhension du propos, on sait qu'il s'agit d'opérations chirurgicales, et ça suffit, finalement, les détails on s'en passe volontiers.

Pour le reste, eh bien, je me suis régalé. D'abord l'intrigue bien menée de bout en bout : un trafic d'organes malades en lien avec le terrorisme ? Ou bien une espèce de chirurgien qui a totalement pété les plombs et qui met en place un étrange circuit entre Karachi, Djibouti et la France ? Cush Dibbeth resserre peu à peu les fils de son enquête pour se retrouver avec son unique suspect, mais malgré cela, une surprise finale n'est pas exclue.

Ensuite, les personnages Cush Dibbeth en tête et Benjamin Chopski pas loin derrière. C'est un véritable hymne à la différence et à la diversité. Cush Giuseppe Robert Dibbeth de son nom entier parce que ses origines paternelles sont en Ethiopie et en Italie et maternelles en France. On y croise aussi un Zhou Pong, un Vassili, une Sophie Labounstova, un Dupont, un Durant, ... Très attachant ce Cush Dibbeth avec sa passion pour l'origami : un fonctionnaire qui fait des cocottes en papier et toutes sortes d'autres formes pour réfléchir. Benjamin est un chirurgien atypique avec ses cinq trous à chaque oreille chacun portant un anneau, sa coupe de cheveux qui épouse la forme du casque audio qu'il porte quasi en permanence pour écouter jazz et classique. Le lieutenant Dubreuil, second de Cush, sorte de fayot très drôle et surtout très efficace apporte une autre couleur au trio.

Très bien écrit, très simple malgré quelques explications techniques, c'est un polar enlevé, rapide et très agréable à lire. Le ton est à la détente et à l'humour même s'il n'oublie pas d'être sérieux sur l'intrigue et ses implications. Une découverte qui m'amènera forcément à lire la suite qui vient de paraître, intitulée Substance, toujours au Masque.

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Contractors

Publié le par Yv

Contractors, Marc Wilhem, Ed. Scrineo, octobre 2011

Bruno Rijkeers est un cadre du GESGC, une société qui emploie des contractors pour diverses missions. Par contractors, entendons mercenaires. Il vient de finir une mission et compte bien en récolter les fruits, pécuniaires cela va sans dire. Son responsable l'envoie sur une autre mission : il doit former une équipe chargée de surveiller et de protéger des bûcherons qui exploitent clandestinement une partie de l'Amazonie.

Dans le même temps, Thomas Pinheiro de Lima militaire brésilien, membre d'une société secrète Le Cygne blanc, qui s'autoproclame protectrice des intérêts du pays, est chargé par cette société de surveiller la forêt amazonienne et d'en chasser les exploitants clandestins.

Voilà le début de ce thriller résumé, mais c'est bien peu tellement il est empli de rebondissements, d'intrigues dans l'histoire et d'intervenants, tous plus pourris les uns que les autres ou alors naïfs et manipulés. Efficace de bout en bout ce roman, écrit par un capitaine de la Brigade de Répression du Banditisme.

Il y a bien quelques détails gênants, comme par exemple l'abondance de sigles des différentes sociétés ou organismes qui interviennent, certes expliqués en bas de page -d'où de nombreuses notes de bas de page- mais non rappelés ensuite. Il y a en fin de livre une liste des sigles utilisés, mais elle n'est pas mentionnée au début et je n'ai vu son existence qu'à la fin de ma lecture. Et puis, une fois dans l'intrigue, les sigles "passent". Ensuite, il faut bien reconnaître que si l'écriture est simple, efficace on n'a pas affaire au styliste littéraire de l'année et les dialogues sont un peu faibles, perfectibles. Ceci étant dit, on ne lit pas ce genre de roman pour ses qualités d'écriture, mais pour s'évader et éventuellement s'instruire. Ce qui est le cas ici. Donc mission pleinement remplie ! Car je dois dire que je ne connaissais pas grand chose aux sociétés de mercenaires ; je savais qu'elles existaient, mais mes connaissances s'arrêtaient à cet état de fait. Là, Marc Wilhem, grâce à son intrigue, nous montre les rouages, les implications des uns et des autres et comment ses sociétés, grassement rétribuées montent des opérations de déstabilisation voire carrément des machinations terribles. "Le temps du mercenariat à la Bob Denard était bel et bien révolu. La place était maintenant aux sociétés militaires -les SMP, ces multinationales de la barbouzerie qui permettaient aux grandes puissances de "tertiariser" certaines opérations tout en gardant les mains propres." (p.41)

Les connivences entre ces gens-là, les politiques et les journalistes -enfin, certains journalistes : "Aujourd'hui, la profession est une vraie merde. Les journalistes politiques ne font que des commentaires sportifs, comme si les élections n'étaient qu'un jeu. [...] Rien sur le fond, sur les idées ; ces peigne-culs ne sont même pas capables de ressortir les déclarations de l'année précédente pour mettre le doigt sur les contradictions des discours. Je te le dis, petit : que des commentateurs sportifs. Et ils ont raison vu que les journalistes sportifs, eux, font du people. Ils ne critiquent jamais les joueurs de foot, magnifiques, brillants, somptueux, héroïques... Les rois du superlatif. Les seuls à secouer un peu leurs clients sont les journalistes people. En fait, chacun fait le boulot de l'autre." (p.80)- les connivences disais-je sont montrées, démontrées. Instructif et effrayant. Effrayant, parce qu'on se demande qui gouverne qui ? Pourquoi ? Qui manipule ? Dans quel but ? Le Graal ? Le pouvoir bien sûr, et tout ce qu'il apporte : la notoriété, la puissance, la gloire et l'argent.

Un thriller politiquement incorrect qui montre les abus des uns et des autres. Un roman diablement efficace, captivant, crédible et réaliste, c'est d'ailleurs sans doute ce qui fait le plus peur.

En prime, en fin de volume, les éditions scrineo éditent un dossier écrit par un spécialiste (ici, Jacques Massey, journaliste spécialisé défense renseignement et sécurité) qui éclaire et analyse le système des SMP, des contractors. Instructif également, et exemples à l'appui, cette analyse crédibilise le roman qui la précède.

Comme quoi, on peut se faire plaisir en lisant des thrillers intelligents qui donnent à réfléchir et complètent notre instruction. Merci au partenariat Scrineo/les agents littéraires qui m'ont permis cette découverte.

 

challenge-rentrée-littéraire-2011

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