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Recherche pour “le papillon du pharaon”

Le papillon du pharaon

Publié le par Yv

Le papillon du pharaon, Jim Amorcas, LTJ éditions, 2017...

Couic et Florimond Tutu, célèbre entomologiste, partent à Londres étudier la momie d'un papillon retrouvée à côté de la sépulture du pharaon Khal Fouët et exposée au British Museum, jusqu'à ce qu'elle soit enlevée ainsi que le professeur Nevil Mcfarlane, ami de Tutu et découvreur de la sépulture en Égypte.

Tranche 2 des aventures de Couic, charcutier à Ladignac sur Rondelle, Corrèze, et assistant de l'entomologiste Florimond Tutu, pour des aventures toujours aussi rocambolesques, n'importequoiesques et réjouissantes. Lorsque le professeur Tutu entend parler de la momie d'un papillon, la Popolette à vibrures contrariées, il ne peut résister, ce serait THE pièce of sa collection, l'apothéose, l’acmé de son travail que de posséder un spécimen de ce lépidoptère. Direction la gare pour aller jusqu'à Calais, mais dans les années 30, le train c'était pas vraiment fiable alors que de nos jours... A peine partis, les deux compères sont confrontés à des soubresauts, des aventures pas banales avant d'arriver enfin à Scotland Yard. Et là-bas, ils ont affaire à une pointure : "Malcom Bouiffard est un as de la police londonienne, c'est lui qui a démantelé le trafic des faux rôtis de porc de Gloucester et mis sous les verrous le gang des voleurs de caniches du Yorkshire.

- Hum, hum, soupire-t-il en tirant sur sa bouffarde, ils étaient cinq dont un boiteux, un roux et un souffrant d'hémorroïdes chroniques. Les deux autres je sais pas, mais il y aurait un qui aurait eu des histoires avec sa concierge que je serais pas étonné. Le professeur a été emballé dans un tapis représentant une biche sous le pont de la rivière Kwaï. Le taxi a l'aile avant droite tordue et le joint de culasse est prêt à lâcher."

Le reste ? Eh bien, c'est rebondissements et surprises et surtout délires de l'auteur qui, je le souligne de nouveau, sont tordants. Couic a sa page facebook, et même sa chaîne Youtube pour écouter les livres.

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Les Égyptiens de l'espace

Publié le par Yv

Les Égyptiens de l'espace, Diego Agrimbau, Diego Garavano, Ed. Saure, 2017.....

Damon est fan d'un jeu en ligne Les Égyptiens de l'espace et compte bien sur ce jeu pour entrer dans la vie active. Un jour, il est enlevé par des extra-terrestres qui s'avèrent être des Égyptiens, ceux du jeu, qui cherchent les meilleurs joueurs pour sauver leur civilisation qui vit à des années-lumières. Sauf que les ordinateurs se sont trompés et Damon est un joueur assez mauvais. Renseignements pris, le meilleur joueur est Géronimo, aussitôt enlevé. Damon et Géronimo feront donc équipe pour combattre le méchant Wando, l'archi-ennemi du pharaon.

Je ne suis pas spécialiste des Égyptiens et je ne saurais dire ce qui est de la réalité ou de la fiction, je vois à peu près ce qui relève de l'anachronisme. Donc égyptologues acharnés, ne criez pas au scandale, cette bande dessinée n'est pas faite pour vous. Plutôt destinée à un public jeune, elle se lira dans le cadre familial. Très drôle, divertissante, le mélange des genres est très réussi. Dessin très coloré (Diego Garavano) et scénarios -scenarii pour les puristes- légers et enlevés (Diego Agrimbau), le tout donne une série qui débute très bien. Car j'ai lu deux épisodes à la suite. Le premier est intitulé La molaire du pharaon et tourne autour de la recherche du dentiste du pharaon qui ne répond plus aux appels alors que urgence il y a pour la dent pharaonique. Le deuxième tome intitulé La recette du pharaon a pour cadre la brasserie et la recette de bière ancestrale perdue à jamais... sauf si Damon et Géronimo parviennent à la récupérer.

Situations décalées, drôles, personnages marrants et attachants comme le sont souvent les gentils loosers qui réussissent sans comprendre comment, cette BD est une belle découverte, éditée par une maison espagnole Editorial Saure. Malgré cela, vous devriez pouvoir la trouver ou la commander dans toutes vos bonnes librairies (on me dit que chez Decitre, Mollat et les libraires.fr elle y est, mais essayez aussi chez vos libraires favoris). Allez-y, je vous promets un très bon moment de détente en famille.

Ci-dessous les deux couvertures des deux tomes

Les Égyptiens de l'espaceLes Égyptiens de l'espace

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Le papillon de papier

Publié le par Yv

Le papillon de papier, Diane Wei Liang, Nil éditions, 2010
Chine, fin du XXème siècle, Lin est libéré du camp de travail dans lequel il a purgé une peine de huit ans pour avoir participé aux événements de la place Tienanmen, en 1989.
Dans le même temps, Kaili, jeune chanteuse à la mode disparait. Son producteur, M. Peng fait appel à Wang Mei, détective privée pour la retrouver.
J'ai reçu ce roman policier grâce au partenariat de l'éditeur (en fait, Nil éditions fait partie du groupe Robert Laffont) et de B.O.B. A l'ouverture de l'enveloppe, j'ai vu une couverture magnifique : un beau rouge vif avec le papillon noir et blanc. Maintenant, reste à savoir si le contenu vaut le contenant. Eh bien, je suis assez satisfait de ma lecture. Alors, certes, ce n'est pas le polar du siècle, et l'enquêtrice manque un peu d'épaisseur, mais l'insertion dans la société chinoise est intéressante.
Ce qui est bien avec les livres c'est que l'on voyage. Très récemment, je suis passé au Royaume-Uni, en Suisse, à Versailles, en Italie, en Russie et donc en Chine maintenant, avant de repartir pour l'Italie. Je suis dans un état... Ca doit être le décalage horaire ???
Bon, revenons à notre enquête : on se doute que les deux histoires développées en parallèle vont se rejoindre. La confirmation arrive d'ailleurs assez rapidement. L'enquête, même si elle n'est jamais désagréable, n'est pas l'intérêt principal du livre à mes yeux. J'ai beaucoup aimé la description de la société chinoise : la difficulté de vivre au quotidien, le soutien des uns et des autres pour s'en sortir, l'impossibilité des autochtones de dire réellement leur façon de penser parce qu'ils ne savent jamais si leur interlocuteur ne va pas les dénoncer, la trahison, la difficulté d'être une fille ou une femme en Chine. Je me doutais de tout cela, mais là, c'est écrit par quelqu'un qui l'a vécu et qui, selon l'éditeur, était sur la place Tienanmen la veille de la sanglante répression.
Encore une fois -ça m'arrive assez souvent- je trouve que le contexte sauve très largement ce roman. Néanmoins, je ne serais pas contre suivre Wang Mei dans ses prochaines enquêtes -enquêtes qu'elle mène sous le couvert d'une entreprise de conseil, puisque les détectives sont interdits en Chine ! 
A bientôt donc, j'espère pour de prochaines aventures. 

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Coup de farce au Vatican

Publié le par Yv

Coup de farce au Vatican, Jim Amorcas, LTJ éditions, 2017...,

Un papillon, que dis-je, une horde de papillons, s'est installée au Vatican. Ces lépidoptères ont pour passion de dévorer les sous-vêtements du pape, ce qui n'est pas sans poser de problème. Le fameux professeur Florimond Tutu spécialiste des petits bestiaux en question est appelé à la rescousse. Il part avec femme et assistant, Couic, charcutier du village, à bord de la Citroën Rosalie, direction le Vatican, sans oublier quelques escales gourmandes et scientifiques pour chasser des papillons locaux aux mœurs parfois étonnantes.

Tranche 3 des aventures de Couic, nous sommes toujours dans le début des années 1930 et Couic, descendant à peine légitime d'une grande famille noble française est toujours charcutier à Ladignac sur Rondelle, un village de Corrèze. Et Jim Amorcas est toujours chtarbé, il dégaine les jeux de mots comme un cow-boy son arme et décrit des situations qui me font beaucoup rire : "Voyons professeur, ce n'est pas drôle, figurez-vous que pendant la dernière bénédiction urbi et orbi, le calbute de Sa Sainteté, rongé par ces maudites bestioles, s'est rompu et a chu sur ses chevilles sous sa soutane. Le Saint-Père a dû sautiller pour se dégager de la loque qu'était devenu le sous-vêtement. Heureusement l'évêque de Saint-Flour a pu discrètement alpaguer le linge avec sa crosse et la refiler en douce, par derrière à un enfant de chœur." Il y en a tant, même en si peu de pages que c'est cruel de choisir. Tout est prétexte à la rigolade et franchement, ça fait un bien fou. Couic devra de nouveau faire preuve de courage et de sang-froid pour sauver le pape d'une situation pas glorieuse et d'ambitions des méchants, car méchants il y a...

Ne boudez pas votre plaisir, suivez Couic, même la bibliographie est épatante. Couic a sa page facebook, et même sa chaîne Youtube pour écouter les livres.

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Le bictionnaire de Grégoire

Publié le par Yv

Le bictionnaire de Grégoire, Grégoire Lacroix, Max Milo, 2015.....

Le bictionnaire c'est comme un dictionnaire mais en mieux. C'est classé par ordre alphabétique mais les définitions ne concernent que des expressions d'au moins deux mots donc, commençant par la même lettre, exemple : "Pharaon pointeur = Petankamon".

Très drôle, jamais méchant, pouvant faire appel à quelques connaissances, mais pas toujours, parfois, les définitions sont simplement simples (aïe, ça déteint) et sans sous-entendus. Parfois, bien sûr, il faut chercher un peu et se creuser le ciboulot et là, on découvre même un deuxième sens, surtout si on lit à voix haute.

J'ai noté plein d'entrées qui m'ont plu, fait rire, soulevé un "ah" un "oh" voire un "ah ah" et encore, c'est parce que je ne suis pas très démonstratif... Mon problème principal avec ce genre d'ouvrages, c'est que je ne retiens pas les passages que j'aimerais répéter pour faire rire et impressionner, alors je les ai soulignés et peux vous en proposer quelques uns pour vous mettre l'eau à la bouche :

- "Matelas Moelleux : Matelas. Mot merveilleux qui commence par "Aime" et qui finit "Paresse".

- "Fil de fer : bien que génial, le fil à couper le beurre ne vaudra jamais un string à couper le souffle..."

- "Erreur à Éviter : Traiter sa femme de mal-baisée."

- "Self Sévice : Ceux qui crient "mort aux cons !" sont rarement conscients d'avoir, alors, une attitude suicidaire."

Calembours, néologismes, logique, absurde, drôle tout cela s'applique aux définitions de Grégoire Lacroix, digne descendant d'Alphonse Allais. Un recueil à ouvrir, à lire et relire à faire connaître. A picorer partout, sur son canapé, dans le métro ou le bus, sur les toilettes, en faisant la cuisine, ... tous les endroits sont bons pour rire et sourire.

Grégoire Lacroix est aussi l'auteur du très très bon polar Jazz Band, publié chez Flamant Noir et des Euphorismes chez Max Milo, en différentes présentations. Je ne sais pas vous, mais moi, je cours les commander à la librairie...

Allez, pour vous tenter définitivement, deux petites dernières :

- "Lièvre Léthargique : Quand, volontairement ou non, un lièvre a pris la forme d'une terrine, on ne peut plus grand-chose pour lui."

- "Islam Intégriste : Agence de voilage."

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L'outil et les papillons

Publié le par Yv

L'outil et les papillons, Dmitri Lipskerov, Agullo, 2019 (traduit par Raphaëlle Pache).....

Arseni Andréiévitch Iratov, architecte, homme d'affaires, ex-trafiquant de devises  se réveille un matin très surpris que son sexe ait disparu. Aucune intervention humaine, il dispose désormais d'un orifice pour ses fonctions physiologiques. Ça tombe très mal, car Véra, sa chère Vera aimerait bien un enfant de lui. 

Loin, très loin de Moscou, mais toujours en Russie, la jeune Alissa recueille un petit bonhomme, pas plus grand qu'un jouet mais qui vit. Il grandit très vite et devient bientôt un très beau jeune homme qui file sur Moscou, à la recherche d'Iratov.

Un autre homme, mystérieux, arrive aussi en ville et espionne Iratov.

Dmitri Lipskerov est l'auteur d'un roman paru chez Agullo, l'an dernier, classé dans mes Coups de coeur, Le dernier rêve de la raison. Il récidive avec ce dernier roman, absolument génial, foisonnant, explosif. Les trois histoires, plus toutes les intrigues secondaires, qui sont nombreuses, se rejoignent évidemment. Elles se mêlent, s’entremêlent, se croisent et convergent toutes vers Arseni Iratov, le personnage principal.

Dmitri Lipskerov joue avec les genres du roman, il y a un peu de fantastique, de la saga familiale totalement déjantée, déstructurée qui explose les codes, les cadres. Il s'amuse sans doute, nous distrait sûrement. C'est le style de bouquin qui bien que comptant presque 400 pages ne se lâche pas une seconde. On a l'impression que ça part dans tous les sens, de tous les coins de la Russie, qu'énormément de thèmes y sont abordés et tout cela est vrai, sauf que c'est diablement maîtrisé. On y parle donc de paternité, de féminité, de la pauvreté en Russie, de la manière dont certains riches s'enrichissent, de politique, de religion, de l'histoire du pays. Finement, l'auteur aborde ces questions, de manière romancée et forte avec l'air d'écrire une farce. 

Le texte est formidable, le travail de la traductrice Raphaëlle Pache également, le tout donnant un livre rare et franchement barré, original et fou, drôle et absurde. J'ai lu que Dmitri Lipskerov est considéré comme l'un des écrivains les plus marquants de la Russie actuelle, je le crois sans peine tant ce qu'il m'a montré sur les deux romans parus chez Agullo -très belle jeune maison qui fait un fameux travail de découverte- est remarquable.

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Le mec de la tombe d'à côté

Publié le par Yv

Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti, Éd. Gaïa, 2009 (traduit par Lena Grumbach et Catherine Marcus)..,

Désirée est une jeune veuve qui vient régulièrement sur la tombe de son mari. Benny fleurit la tombe d'à côté, celle de ses parents. Ils se sourient, se plaisent et c'est l'histoire de la passion très improbable entre ces deux amants, lui agriculteur un peu rustre et elle, citadine et responsable du rayon jeunesse de la bibliothèque de la ville. 

Plus de 400 critiques sur Babelio et d'autres sur d'autres sites, Libfly par exemple, c'est dire si j'arrive après tout le monde sur ce bouquin. Et quasiment toutes positives. Bon, j'avoue que je n'étais pas partant mais comme il était sur la liste du club de lecteurs de la bibliothèque, disponible et pas trop long, je l'ai emprunté. Ça commence plutôt bien, rythme enlevé, léger et beaucoup d'humour. J'aime beaucoup les deux points de vue sur un même événement qui créent dès le début un décalage entre Désirée et Benny et qui apportent une touche d'humour supplémentaire. La scène du premier anniversaire et des cadeaux choisis au hasard m'a fait rire, surtout la suite, l'usage fait de ces présents :

"Au rez-de-chaussée, il avait acheté des boucles d'oreilles Mickey, un savon en forme de papillon et un collant turquoise Au premier, un ballon rouge et brillant, une affiche avec la silhouette noire d'un couple d'amoureux main dans la main dans un coquillage géant en route au-dessus de la mer vers le coucher du soleil, et une casquette aussi épouvantable que la sienne, mais sans LES FORESTIERS écrit dessus. Dans le dernier paquet, il y avait un harmonica." (p.61)

"Puis je me suis complètement déshabillée, j'ai mis les boucles d'oreilles Mickey et le collant turquoise [...] Ensuite, j'ai passé la soirée entière dans cet accoutrement à essayer d'apprendre Coupons, coupons l'avoine à l'harmonica en laissant les pensées divaguer à leur guise. Pour finir, je suis allée prendre un long bain chaud, j'ai joué avec le ballon rouge dans l'eau et je me suis caressée avec le savon-papillon. J'ai connu des anniversaires plus mornes !" (p.67/68)

Léger, très léger au départ, un peu plus lourd sur la seconde moitié, un bouquin qui se lit vite, très vite et doit s'oublier aussi rapidement. Pas désagréable, mais bourré de clichés sur le paysan rustre, un peu limité, obligé d'arrêter ses études pour reprendre la ferme familiale, qui aime le sport, la bière -et si possible les deux en même temps-, qui ne vit que par son travail qui lui demande 15 heures par jour et sur la jeune femme citadine, grande lectrice (alors que lui ne lit que le journal) qui est arrivée à ce poste de responsable à force de travail et d'initiatives heureuses. Déjà vu, déjà lu, déjà entendu. Et la passion dévorante entre deux êtres totalement aux antipodes n'est pas non plus une nouveauté !

Si je reprends mes adjectifs : léger, drôle, pas désagréable, bien construit, c'est pas mal, mais me restera en tête (au moins quelques heures) une histoire banale sur des thèmes et des caractères archi éculés qui évolue exactement comme on pense qu'elle va le faire ; aucune originalité !

Conclusion : Ouais, bof !

Des centaines d'avis recensés sur Babelio et Libfly.

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Akhänguetnö et sa bande

Publié le par Yv

Akhänguetnö et sa bande, Samuel Sutra, Flamant noir, 2015 (première publication, 2013).....

Tonton, le malfrat, que dis-je ? Tonton, The king of the malfrats se réveille une nuit, alerté par des bruits suspects dans son jardin. Une bande de rigolos est en train de dévaliser son sous-sol après avoir creusé sous le massif de pensées. Sauf que Tonton ne comprend pas : à part des macchabées que lui-même a envoyés ad patres et que Gérard son fidèle second a enterrés ici-même et peut-être quelques rares spécimens que feu son papa au cour de ses cinq décennies de truande a dû planquer lui aussi dans la grande propriété, rien dans son souplex terreux ne vaut qu'on le fore. A part peut-être déterrer un cadavre et le faire chanter -pas le cadavre bien sûr, Tonton ? Mais Tonton ne sait décidément pas ce qu'il a pu enterrer sous ses pensées.

Lorsque je vous aurais signalé que ce roman est sous-titré Tonton, la momie, et Seth et Ra, outre le jeu de mots, vous comprendrez aisément qu'il sera question d'égyptologie. Akhänguetnö -pas facile à écrire, il faut se concentrer un peu- était un pharaon dont le sarcophage et les trésors qu'il contenait ont disparu sitôt sa découverte.

Tonton et sa bande sont de retour, chouette ! En fait oui et non, Flamant noir, l'excellente maison spécialisée dans le roman noir réédite les premiers tomes de la série et je ne les lis donc pas dans l'ordre d'écriture, mais peu importe, chacun peut se lire séparément. Akhänguetnö est estampillé numéro 3, mais j'ai déjà succombé à Le bazar et la nécessité et La bonne, la brute et la truande, tomes 4 et 5. Vivement que les deux premiers volumes soient disponibles, je piaffe d'impatience...

Bon revenons à nos égyptologues de circonstance, Tonton rameutant toute son équipe pour découvrir ce qui lui a été fauché, et sévir, car personne ne peut ni ne doit se permettre d'entrer chez lui, de perforer son parc et de repartir avec quelque chose lui appartenant même acquis de manière irrégulière. Si en plus, il s'avère que c'est un bien familial légué par papa, alors Tonton doit agir pour sauver l'honneur des Duçon (son nom de famille).

Après quelques ratés de lecture dont j'hésite encore à parler sur le blog, j'avais besoin de légèreté, une aventure totonesque était donc idéale. Une langue qui fait dans l'argot, le verlan, le parler des truands, les vrais, ceux qu'incarnaient Gabin, Ventura, Blier et toute la clique. Personnellement, à chaque fois que je lis un Tonton, j'ai en tête des scènes des Tontons flingueurs. Vous dire que c'est un bonheur à chaque page est un euphémisme. Entre Audiard, Lautner, San Antonio et Alexandre Astier dans Kaamelot, Samuel Sutra se réfère aussi à Alphonse Boudard qu'il me faut absolument lire, je sens mon inculture. Les dialogues sont irrésistibles de drôlerie ainsi que les personnages qui les mènent, disons qu'on comprend vite que Tonton est le cerveau -et aussi Mamour, l'aveugle affublé d'un teckel- et les autres les bras et les porte-flingues. Prenons Gérard, le second, le fossoyeur et ses tirades mémorables : "Tonton, sans charre, des macchabées, t'en as partout. Ton parc, c'est Pompéi ! T'as traversé une période de soldes où t'as liquidé à tour de bras. A tel point que les derniers, tellement qu'on manquait de place, j'ai dû les enterrer debout ! Les prochains, faudra d'ailleurs faire venir une benne de terre, histoire de bosser sur deux couches. Ou les pendre à tes saules." (p.19) Vous résistez à ce genre de phrases vous ? Moi, pas. Si en plus, l'intrigue est suffisamment tordue pour vous faire croire à tout moment qu'untel ou untel est coupable, et bien, le pari de l'auteur est très largement tenu : 100% des lecteurs sont ravis. Allez, une dernière tirade pour la route, celle d'Anatole, égyptologue, conservateur de musée qui vient d'expliquer à Tonton et sa bande qui était Akhänguetnö tout en s'abreuvant d'une prune flirtant avec le degré d'ébullition :

"La deuxième nouvelle, M'sieur Tonton, relève davantage d'un sentiment personnel, une sorte de mal-être, quelque chose d'intime. Vot'prune est en train de me dévaster les conduits et je crains l'incident. On s'oriente vers du grandiose. Si vous aviez moyen, dans la poignée de secondes qui viennent, de m'indiquer fissa les vatères, je sens venir un événement marquant, que mon falzard pourra dire "j'y étais !" (p.84)

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Nature morte aux papillons

Publié le par Yv

Nature morte aux papillons, Lorenzo Cecchi, Éd. Le castor astral, 2012

Vincent est un jeune homme qui vit à Bruxelles, dans les années 70. Étudiant, il se retrouve coincé entre une famille qui lui demande de l'attention, son père étant au plus mal, et Carine sa fiancée qui l'envahit, le protège alors qu'il ne rêve que de liberté. Trop couard ou par peur de faire du mal à ses proches, il ne prend aucune décision, ne rompt pas avec Carine pour qui pourtant il n'a qu'affection, quand elle envisage le mariage. Il passe du temps avec Nedad, un artiste yougoslave à jouer aux échecs. Un jour, Suzanne entre dans sa vie. Suzanne et sa notion toute particulière de l'amour.

Voici un roman que j'ai choisi dans la liste de Dialogues Croisés au hasard, sur le thème et parce que j'aime bien faire des découvertes, et aussi parce que j'ai déjà lu un ou deux livres de cet éditeur et que j'aime bien son nom, Le Castor Astral. Que des arguments objectifs ! Je reçois à la maison (Merci Caroline) les épreuves non corrigées, et en les ouvrant, quelle ne fut pas ma surprise de voir que "Cet ouvrage de la collection "Escales des lettres" est publié sous la direction de Francis Dannemark" (p.2). Et oui, le Francis Dannemark dont j'ai adoré le dernier roman : La véritable vie amoureuse des mes amies en ce moment précis. Nous étions donc fait pour nous rencontrer. Je me suis dit que s'il dirigeait cette collection, ce livre de Lorenzo Cecchi devait être bien. Je partais donc avec un a priori positif. A priori confirmé par la lecture. Mais on est loin du roman de F. Dannemark : aucune ressemblance.

C'est un roman qui parle de la difficulté de s'engager, de trouver la bonne personne avec qui construire sa vie. Celui d'une génération sans doute déboussolée par mai 68 et la révolution sexuelle des années qui suivirent (je dis, ça parce que je l'ai lu, moi, j'étais trop petit, né en 1966 !). Ce qui est intéressant c'est que l'auteur fait de ses héros masculins des êtres faibles, en plein questionnements, pas franchement matures ni prêts à affronter la vie (mesdames, ça doit vous faire sourire qu'un homme ne réalise cet état de fait que maintenant, ce qui abonde dans le sens de l'immaturité dont je parle plus haut). C'est la femme qu'elle soit Carine, celle qui protège, celle qui materne ou qu'elle soit Suzanne, celle sur laquelle Vincent fantasme, la femme fatale, sexuée, qui est libre et qui décide de sa vie.

Vincent s'interroge tout au long du livre (ça peut parfois être un tout petit peu long sur la première partie, ça ne l'est pas sur la seconde). Ses hésitations sont argumentées, il ne prendra aucun risque : trop cérébral, le jeune homme ! Trop renfermé ; parfois, comme dans l'extrait qui suit, je me suis revu à 18/20 ans (maintenant, ça va mieux -quoique...- l'âge venant la personnalité s'affirme, mais dans une foule, je fais souvent -volontairement- "tapisserie" : 

"La foule -quelques personnes- agit sur moi comme un astringent ; je me recroqueville, m'auto-avale, me fais le plus petit possible jusqu'à ce que ma présence sorte du monde sensible. Faire partie d'un groupe, quel qu'il soit, me met mal à l'aise : je ne sais vraiment pas comment me comporter pour être "dans la ligne du parti"." (p.34/35)

Je le disais un peu plus haut, là où la première partie souffre de quelques longueurs, la seconde en est exempte. Celle-ci se déroule une petite dizaine d'années plus tard, à la trentaine. Vincent apparaît toujours désabusé : il revoit, après une longue absence, Nedad et Suzanne. Mais je ne vous en dirai pas plus, je laisse le suspense s'immiscer en vous.

Parlons de l'écriture de Lorenzo Cecchi, qui écrit en français, ce n'est pas un roman traduit. Il sait écrire de belles phrases, avec parfois des mots savants dont on devine le sens si on ne les connaît point. Il sait aussi parfois y glisser des expressions ou des vocables familiers voire grossiers qui donne à son style un côté oral, courant. J'aime beaucoup cette alternance de belles phrases et de tournures familières, ça me fait penser à du Desproges, l'humour en moins. Plus exactement, pas le même humour. Celui de L. Cecchi est celui du désespoir, sarcastique et ironique, un rien désabusé (j'aurais pu dire cela de Desproges aussi, remarquez bien), mais là où l'un est fait pour faire rire de manière efficace, l'autre est plus saupoudré, plus léger.

Pour finir par une boucle bouclée, je confirme que ma découverte (dont je parle au début de ce billet) de cet auteur par Dialogues croisés est un essai largement transformé.

 

 

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