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Recherche pour “le péril vieux”

Lettre ouverte au vieux crétin incapable d'écraser une limace

Publié le par Yv

Lettre ouverte au vieux crétin incapable d'écraser une limace, Isabelle Flaten, Le Réalgar, 2022

"Indignez-vous, disait Stéphane Hessel. Dans ce monde d'injustices, de guerres et de menaces incessantes, la matière est abondante. Notre lexique s'enrichit chaque jour de nouvelles révoltes. Mais de la parole à l'acte se pose la question de l'engagement, cet abime parfois infranchissable. Il s'imagine alors en justicier des nobles causes, sûr et certain de répondre présent, l'arme à la main si nécessaire, quand l'urgence l'exigera. Dans ses rêves les plus fous, il passe à l'acte sans hésiter. Face à la réalité, l'histoire n'est plus la même." (site éditeur)

Les va-t-en-guerre, on en connaît tous. Ils s'indignent, vitupèrent, hurlent contre les bellicistes, contre les autocrates ou les tyrans qui étranglent ou massacrent leurs peuples ou les peuples voisins s'il y a quelque chose à gagner, parfois juste une breloque ou l'envie d'étendre un territoire... La bière à la main, les fesses sur le canapé, ces indignés le restent par la parole. L'engagement est tout autre. Qu'il soit idéalement à la défense des plus opprimés, parfois lointains, parfois plus proches : les Yougoslaves d'il y a quarante ans et les Ukrainiens ou les migrants qui passent par la Méditerranée, d'aujourd'hui. Ou qu'il soit encore plus proche, à nos portes : SDF, femmes battues, homos frappés, enfants en situation de danger... On en connaît tous des grandes gueules qui ne bougent pas. Et peut-on leur jeter la pierre ? L'engagement n'est pas aisé, et l'on peut se sentir impuissant, totalement dépassé par les événements.

Le texte d'Isabelle Flaten est virulent, violent. Elle invective les donneurs de leçons, ceux qui ont tout-fait-tout-vu et qui en fait ne font rien. On peut parfois se retrouver dedans tant les tâches sont nombreuses et difficiles. Le travers de ce texte est qu'il est dans ce qu'il dénonce. Il n'est qu'un texte, pas un engagement physique de l'autrice -qui le fait peut-être, elle ne le dit pas. Il pourrait être lu par des millions de lecteurs qu'il ne resterait qu'un texte. Néanmoins, il donne à réfléchir sur la notion d'engagement, et permet de confirmer l'envie que j'ai de m'éloigner le plus possible de ceux qui ont des solutions toutes faites et qui ne les appliquent jamais, même pas à eux.

C'est un texte de colère salutaire, qui comme les autres de cette collection est très bien écrit. Il parle de la fureur des hommes, de leur besoin de détruire qui naît avec eux : "Tu n'avais pas encore saisi que l'histoire était un éternel recommencement, qu'après le massacre venait toujours le repentir et qu'après l'orgie venait toujours la messe. Ta génération a débarqué au beau milieu de l'orgie, l'horreur était derrière depuis quelques temps déjà et devant tout s'annonçait rose, la paix avait été signée pour de bon, une paix, croyais-tu, ferme et définitive." (p.13)

Collection et éditeur à découvrir si ce n'est pas encore fait.

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Là-haut, tout est calme

Publié le par Yv

Là-haut, tout est calme, Gerbrand Bakker, Ed. Folio, 2011 (Ed. Gallimard, 2009)

Helmer, cinquante-cinq ans, vit dans sa ferme au nord de la Hollande, seul avec son vieux père impotent. Il n'a pas choisi cette vie, Henk, son jumeau devait reprendre l'exploitation, mais Henk est mort accidentellement trente-cinq ans auparavant. Depuis, Helmer subit plus qu'il ne vit sa vie. Un jour, contre toute attente, il décide de bouger : il installe son père à l'étage, brûle les vieux meubles et repeint les pièces principales de la maison. Puis, Riet, l'ancienne petite amie de Henk reprend contact avec lui.

Ça y est me voilà sur le coup ! Bien après tout le monde, je lis ce fameux roman très encensé. Me voici comblé : je n'aime pas avoir l'impression que nous lisons tous en même temps les mêmes livres ; j'ai donc pris mon temps pour accéder à celui-ci. Et bien m'en a pris, parce que du temps, il en faut pour savourer ces presque 400 pages de lenteur, de nature, de petites choses du quotidien, de questionnements. Parce qu'il ne se passe quasiment rien dans ce roman. Bon, certes, il y a des morts, mais sur quarante ans, c'est un peu prévisible, et à part une mort accidentelle, les autres sont plus normales, si je puis dire. C'est lent, c'est excessivement lent, mais ça n'est pas long. Jamais je ne me suis ennuyé à lire les journées d'Helmer. Il y a même des descriptions de gestes banals qui durent et qui se lisent très bien, notamment la préparation du café ou des repas pour le père d'Helmer avant de les lui porter dans sa chambre.

Gerbrand Bakker écrit donc sur un vieux garçon qui a toujours subi, lui "le second choix", puisque son père lui a toujours préféré Henk, et qui enfin se pose des questions qui vont le faire avancer. Ou plutôt qui ose avoir des réponses jusque là bien enfouies. Il écrit surtout sur la gémellité, sur la souffrance qu'a ressenti Helmer lorsque son frère, pour Riet, s'est éloigné de lui :

"Nous appartenions l'un à l'autre, nous étions deux garçons et un seul corps.

Mais il y a eu Riet. Lorsqu'en janvier 1966 je suis entré dans sa chambre [celle de Henk] et ai voulu me coucher près de lui, il m'a renvoyé. "Fous le camp", a-t-il fait. Je lui ai demandé pourquoi. "Idiot", m'a-t-il répondu. En quittant sa chambre je l'entendais pousser des soupirs de mépris. J'ai regagné mon lit en frissonnant. Il gelait, la nouvelle année venait de commencer et, le matin d'après, la fenêtre était couverte de haut en bas de fleurs de givre. Nous étions désormais deux jumeaux et deux corps." (p.215)

Cette séparation le met très mal à l'aise, lui, déjà pas forcément très sûr de lui. Ensuite, à la mort de Henk très proche de ce jour néfaste, Helmer sera bien incapable de s'opposer à son père lui imposant de reprendre la ferme. Il lui faudra trente-cinq années pour réagir et se rebeller. Pour prendre sa vie en mains.

Dans le même temps, l'auteur dit la différence entre ces jumeaux : pourquoi l'un est le préféré du père ? Pourquoi Riet préfère Henk à Helmer ? Sont-ils si ressemblants ? Et quid de la question importante de leur différence sexuelle : Henk était amoureux de Riet, très belle jeune femme. Helmer est beaucoup plus troublé par les hommes qui l'entourent, notamment Jaap, le garçon de ferme. Peut-être me trompé-je, mais il me semble y voir là plus que l'amitié entre deux hommes.

Très bien écrit, ce livre tient son lecteur jusqu'au bout, sans suspens, sans rebondissement, juste en racontant la vie de cet homme ordinaire. J'ai espéré tout au long du livre en un changement pour Helmer. Chaque lecteur -dont moi- a dû, j'imagine, suivre sa "quête du bonheur" (4ème de couverture) avec l'envie forte qu'il le trouve.

On dit souvent -voyons, je pourrais prendre mes responsabilités et dire : "Je dis souvent..."-des personnages qu'ils sont attachants, et c'est souvent le cas, mais s'il doit y en avoir un qui l'est un peu plus que les autres, c'est bien Helmer -dans la seconde qui suit ce que je viens d'écrire, je peux vous en trouver au moins douze autres qui le sont tout autant que lui, comme quoi, ce que j'écris n'est pas toujours vérité !

Un texte envoûtant bien que sans artifice (des phrases simples, des mots simples), des paysages et une nature nordiques très présents, des questionnements existentiels sur le sens de la vie, de la sienne et de celles des autres font que ce roman charme, captive et fascine (c'est sans doute un peu fort comme terme, mais il y a un peu de cela quand même pour nous tenir 400 pages.) Comme quoi, quand c'est bien écrit, je peux m'intéresser à des livres lents !

Beaucoup d'autres avis chez tout plein de monde : Clara, Aifelle, Cathulu, Choco, Kathel, Isa, In cold blog, ...

 

dialogues croisés

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Drôle de pistolet

Publié le par Yv

Drôle de pistolet, Francis Ryck, French pulp, 2017 (Gallimard série noire, 1969).....

Londres 1968. Yako est arrêté. Il donne des informations contre une nouvelle identité et un forte somme d'argent. Yako est un espion russe qui trahit le KGB. La chasse contre lui commence. Le KGB met des moyens pour retrouver celui qui a donné des noms sous la contrainte. Yako s'échappe en France. Pourra-t-il longtemps rester anonyme ? Lutter ? sauver sa peau d'espion ?

Francis Ryck (1920-2007) est un auteur prolixe qui a donné au cinéma certains de ses meilleurs films tirés de ses romans. Costa Gavras, Claude Pinoteau, Jean Delannoy, Robert Enrico, Gérard Pirès pour n'en citer que quelques uns ont réalisé des films dans lesquels ont joué Lino Ventura, Jacques Villeret, Louis de Funès, JL Trintignant, Philippe Noiret, JP Marielle, Johnny Halliday, Suzanne Flon, Stéphane Audran, Marlène Jobert, Fanny Ardant, Voilà pour la galerie, venons en maintenant au fait.

Pur roman d'espionnage des années 60, avant les smartphones, Internet et les objets de haute technologie, même s'il est question d'avancée dans ce domaine tout au long de l'histoire. C'est assez dépaysant de lire une intrigue dans laquelle les différents groupes ne peuvent se joindre qu'à certaines heures données dans certains endroits précis, alors dès que l'un rate le coche, eh bien toute l'organisation est à revoir, ce qui n'est plus le cas de nos jours où chacun doit être joignable instantanément. Le bon vieux temps que je pourrais dire si je ne craignais qu'on me traite de vieux con.

Je dois dire que ce roman m'a bluffé. Il est absolument passionnant. Cette fuite perpétuelle de Yako, cherchant à se cacher des Russes, soupçonnant tous les gens qu'il rencontre de n'être pas là par hasard, jusqu'au chien qui l'accompagnera ! Et ce n'est pas de la paranoïa, juste des précautions. "Tout à fait installé dans son rôle de petit-bourgeois anglais, Yako se demandait où tout cela allait aboutir. Si Barney lui aussi jouait un rôle, il le tenait à la perfection. Le double sens de certaines de ses réflexions pouvait être imputé à la seule interprétation de l'auditeur. Un auditeur fortement conditionné par sa situation." (p.150)

Le roman est vif, bien écrit. Son intérêt principal est bien sûr de savoir si Yako s'en sortira et comment, et cet intérêt ne faiblit pas du début à la fin. Je comprends aisément que des cinéastes aient pu prendre les livres de Francis Ryck comme bases de leurs films, car tout est cinématographique : le personnage principal, taiseux par nécessité l'est devenu par habitude et sans doute par goût d'un certain anonymat, les autres protagonistes sont très bien définis et des acteurs/actrices peuvent être imaginés pour leur donner chair. Les paysages sont très présents, décrits assez minutieusement pour que les décors soient plantés. L'intrigue est là, prenante et la tension monte. J'imagine un film assez lent, avec une musique simple, des acteurs avec des gueules, des femmes mystérieuses... je prends au hasard dans la liste de noms citée plus haut ou même dans les acteurs actuels. Rien que pour revoir ce genre de film, il faut relire ce genre de romans qui font passer d'excellents moments. Très belle idée que de les rééditer, notamment ce Drôle de pistolet.

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La plus jeune des frères Crimson

Publié le par Yv

La plus jeune des frères Crimson, Thierry Covolo, Quadrature, 2018.....

Dix nouvelles composent ce recueil au titre énigmatique. Dix histoires qui se déroulent aux Etats-Unis, au siècle dernier, à différentes époques et dans différents endroits du pays. 

- Billy Rank est un type super : Quand Sam traverse le pays du sud au nord pour retrouver son vieux copain Billy, les retrouvailles ne sont pas forcément à hauteur de ses espérances.

- Les bottes de Bob : lorsque sa voiture tombe en panne, Emerich est secouru par une menue jeune femme Anna-Lisa qui, étrangement, porte des bottes nettement trop grandes pour elles. Ce sont celles de Bob explique-t-elle.

- La dernière fois qu'on a vu Sam : gamins, le narrateur, sa sœur Millie et Sam sont inséparables. Ils sillonnent la forêt, les lacs de leur village. Puis, le jeune homme doit bientôt aller travailler avec son père et délaisse le trio, Sam et Millie se retrouvent souvent seuls.

- Une fille à marier : Lorsque Honk, fêtard, buveur et dragueur invétéré voit Lissia, jeune femme s'approcher de sa cabane, il ne s'attend pas à la proposition qu'elle va lui faire.

- Ma' Grossman, ça va être ta fête ! : Mo sort de prison aidé par ses deux frères aînés eux-mêmes incarcérés. Il doit s'acquitter d'une mission que les deux autres lui ont confiée, délicate et peut-être même dangereuse.

- Dernière illusion : Tom travaille dans un bar sur la route de Vegas. Amoureux éternel de Cassie qui, tous les matins vient prendre son café avec un cookie cuisiné spécialement pour elle, il ne supporte pas l'idée que Dark, son patron veuille vendre le lieu.

- Les cailloux du Petit Poucet : en panne de voiture en pleine nuit  Sally est secourue par Gus, un type étrange qui espère sans doute pas mal de cette rencontre fortuite. Il écoute les fréquences de la police qui vient de découvrir la septième victime d'un tueur en série surnommé le Petit Poucet. La tension monte dans la voiture, Sally se sent en danger.

- La plus jeune des frères Crimson : Nera et Alba sont sœurs et vivent ensemble. Mais cette nuit, encore une fois, Alba découche au grand dam de sa sœur qui subodore une relation sérieuse avec un garçon. 

- Hugo : un vieux gendarme est chargé de convoyer un déserteur jusqu'à un lieu de départ vers la guerre. Pour cela, ils doivent emprunter un itinéraire très dangereux.

- Train de vie : dans cette ville du sud, Sonny, jeune homme noir, après le travail aux champs, prend sa guitare et joue du blues pour tout son quartier peuplé exclusivement de noirs. Un jour, Donald Staunton, jeune homme blanc descend du train et demande une chambre en plein milieu du quartier de Sonny, puis il vient l'écouter jouer et chanter.

Très bonnes nouvelles étasuniennes écrites par un Lyonnais qui nous le ferait presque oublier au point d'aller chercher le nom du traducteur. Il décrit les ambiances, les paysages, les stéréotypes des classiques Américains : tueurs en série, filles perdues, taulards revanchards,  serveurs dans des cafés au bord des routes, ... On visualise parfaitement les lieux et presque les visages. Mais, parce qu'évidemment, il y en a un, Thierry Covolo en joue. Il pirouette, retourne les situations d'une simple phrase, d'un simple mot, et nos a priori explosent. J'ai beaucoup aimé l'écriture décontractée, oralisée, parfois tendue mais toujours avec un goût d'ironie, d'humour, un ton léger : "Mon Impala m'a lâché entre deux de ces bleds paumés qui jalonnaient mes tournées. A une bonne centaine de kilomètres de chez moi. La voiture a hoqueté, comme quand un truc vous reste en travers de la gorge, puis elle s'est arrêtée. Impossible de la faire repartir. J'ai soulevé le capot et ça m'a confirmé ce que je savais déjà : je n'ai jamais rien compris à la mécanique." (p.23)

Des gens simples chez Thierry Covolo, des paumés parfois, des personnes qui ne se rêvent pas un avenir radieux tant ils sont ancrés dans leurs vies paisibles, mais qui, à la faveur d'un événement changeront du tout au tout. Les nouvelles n'ont pas toujours de chute, ou alors très ouvertes, ce qui permet aux pessimistes et aux optimistes de ne pas envisager la même fin.

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Trafic sordide

Publié le par Yv

Trafic sordide, Simon Lewis, Actes sud, 2009

Lorsqu'il apprend que sa fille partie étudier en Angleterre est en danger, l'inspecteur Ma Jian du bureau de la sécurité publique de Qitaihe, au nord-est de la Chine ne réfléchit pas et prend un avion pour aller la sauver. Inconvénient majeur, il ne parle et ne comprend que le mandarin.

Ding Ming, lui, jeune paysan chinois, parlant un anglais basique, vient d'arriver en Angleterre avec sa femme Petite Yi, clandestins. Ils sont séparés dès leurs premiers pas sur cette terre tant espérée. Ding Ming ne se résout pas à cette séparation.

D'habitude lorsqu'on veut de l'exotisme, on envoie un flic bien de chez nous dans des contrées lointaines. Là, Simon Lewis fait l'inverse. Il fait venir d'une région très éloignée, un flic aux méthodes rudes, habitué à être obéi au doigt et à l’œil par des populations tenues sous le joug de l'État chinois. En recherchant Wei-Wei, sa fille, Jian va se trouver confronter au réseau de passeurs de clandestins grâce auquel Ding Ming est arrivé en Angleterre. Le jeune homme sera d'ailleurs obligé de coopérer avec le flic, bien malgré lui. Il devra fermer les yeux sur les moyens qu'emploie Jian pour arriver à ses fins. L'opposition entre les deux, le flic autoritaire et revanchard et le jeune paysan subordonné et craintif de mal faire, joue à fond tout au long du bouquin. Entre un flic blasé qui ose tout et un jeune paysan totalement inhibé par son éducation, les principes qu'on lui a inculqués et la peur de nuire.

Un polar extrêmement rapide, malgré un passage central un peu long et lent (une grosse cinquantaine de pages sans doute évitables qui n'apportent pas grand chose) qui fait la part belle à l'action franche et virile, aux coups de feu : ça canarde un peu dans tous les sens. Ça pourrait être un énième polar rapide et violent en plus. Oui, mais. Car il y a un sacré "mais". L'auteur, qui a vécu en Chine longtemps ne se contente pas d'une action pure et dure. Il raconte le sordide des passages de clandestins et de leurs vies une fois arrivés en Europe : le travail pas payé, exténuant pour les hommes, les bars à hôtesses -je reste pudique, c'est pour ne pas dire "bar à putes"- pour les femmes, la misère pour eux, la menace sur leurs familles restées au pays, et l'obligation de rembourser les passeurs de sommes astronomiques avant d'acquérir la liberté. Il dit aussi les conditions de vie en Chine qui incitent les jeunes à vouloir quitter le pays pour trouver un eldorado lointain : "Et s'ils travaillaient dur, ils pourraient se faire jusqu'à une livre de l'heure. Ding Ming fut très content. C'était l'équivalent de quatorze yens et demi, autrement dit une très grosse somme, et on pouvait les gagner rien qu'en creusant dans la boue.  [...] Si on lui permettait de travailler dix ou douze heures par jour et sept jours par semaine, comme il l'espérait, il ne se ferait pas moins de quatre-vingts livres par semaine, soit plus d'un millier de yens. Quatre mille yens par mois ! C'était à peine croyable ! Dans son village, là-bas, il n'y avait qu'un patron ou un officier pour gagner autant !" (p.123/124) (Une erreur de traduction ? Je croyais que la monnaie chinoise était le yuan et non pas le yen ?)

En outre, on a le droit aux doutes, aux questionnements de Jian, homme qui vieillit et qui se rend compte qu'il n'a pas vraiment réussi sa vie : sa femme est morte dans un accident de voiture alors qu'il conduisait ivre, sa fille le fuit et vice-versa. Même ses convictions politiques en prennent un coup :

"Il avait aimé et détesté et idolâtré Mao, sans réserve. Il y avait eu des chants et de la passion, et le sentiment d'avoir un but dans l'existence. Puis, les temps avaient changé, et on lui avait montré que les lumières vers lesquelles Il lui avait appris dès l'enfance à diriger sa vie ne menaient nulle part. Les luttes passées s'étaient révélées une monstrueuse perte de temps. Mao, son idole, un vieux chnoque et un tricheur. Bref, on ne l'y reprendrait pas. Il ne croyait plus en rien -il ne fallait compter que sur la chance ou sur l'argent, et mieux valait avoir l'un et l'autre." (p.45)

Voilà donc pour ce polar sociétal, qui décrit les désillusions des uns et des autres, les espoirs des plus jeunes en une vie meilleure et un vieux flic blasé que seul le sauvetage de sa fille en danger maintient en vie et dans l'action.

Très bon roman policer qui sait allier avec finesse les plus intimes des émotions et des questions à une violence très présente. Beau travail !

Lu sur Babelio.

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Stand-up !

Publié le par Yv

Stand-up !, Anthony McCarten, Piranha, 2015 (traduit par David Tuaillon).... 

Azime, jeune femme de vingt ans, née en Angleterre de parents kurdes est plutôt timide, sans histoire même si elle refuse les uns après les autres les prétendants que sa mère lui présente, parce qu'à son âge, il y a longtemps qu'elle devrait être mariée. Lorsque l'une de ses amies est défenestrée parce qu'elle aimait un Italien et pas un Turc, Azime se dit qu'il est temps pour elle de réagir. Ce sera par l'humour qu'elle découvre un peu par hasard grâce à son ami Deniz. Elle décide pour ne pas se montrer mais pour néanmoins s'adonner à ce qu'elle aime, de se produire en niqab. Elle sera donc la première musulmane-humoriste de stand-up. Tout s'emballe alors dans sa vie jusqu'alors si paisible.

Anthony McCarten est Néo-Zélandais, auteur de pièces et de romans à succès, c'est lui notamment qui a co-écrit Ladie's night, pièce pour laquelle il perdit un procès en plagiat contre le film The Full Monty, qui a développé le même thème 10 ans après, c'est dire s'il sait faire rire avec des sujets sérieux et graves.

Je ne suis pas fan de stand-up à la base ; si c'est pour faire rire avec un énième sketch sur les différences filles/garçons ou jeunes/vieux, si c'est pour parler de son enfance en banlieue, j'avoue qu'à part quelques rares cas, ça me gave, ils racontent tous la même chose de la même façon. C'est d'ailleurs pareil pour les humoristes en général, beaucoup font du réchauffé : les très nombreuses imitations de Nicolas Sarkozy qui bouge les épaules, évidemment à genoux ou penché pour bien montrer qu'il n'est pas grand, les imitations aphones de son épouse, ça va un moment, mais ça lasse et pourtant, "Dieu me crapahute" comme disait l'excellent Pierre Desproges, que je ne soutiens ni l'ex-président ni madame Ex. Non, moi ce que j'aime c'est la nouveauté, si possible dans le fond mais aussi dans la forme. Littéraire, provocante, poétique, gestuelle, enfin tout peut me plaire à condition de me surprendre un peu. Et là, Anthony McCarten me plaît bien parce qu'il s'empare d'un sujet grave et tout en ne le diminuant pas, bien au contraire, il assène quelques opinions très tranchées, il nous fait rire et réfléchir.

Son personnage d'Azime est très bien décrit pas physiquement (on en sait assez peu sur sa silhouette) mais sur ses questionnements, sa vie quotidienne, ses difficultés à vivre au sein d'une communauté fière de ses coutumes. Azime est Anglaise et a envie de vivre comme n'importe quelle jeune de son âge, libre de s'habiller comme elle le veut, de fréquenter qui elle veut et quand elle veut, de donner son avis sur tout et surtout son avis comme disait Coluche. Dans ses sketches et ses réflexions, elle aborde toutes les questions qui fâchent : la religion, la laïcité, l'égalité hommes/femmes, le sexe, la liberté, la montée de l'intégrisme (l'histoire est placée au moment d'un attentat dans le métro de Londres), la double appartenance à la culture kurde et à l'anglaise, ... D'emblée, j'ai pensé à Sophia Aram chez nous qui fait des spectacles sur tous ces thèmes de manière franche et nette, et je voyais bien Azime en elle.

Le roman est très agréable à lire, parce qu'abordable, même si le langage de Deniz est parfois abstrus pour un vieux comme moi, qui mélange argot, verlan et autre langage vernaculaire auquel je n'entrave que dalle. A. McCarten a le sens de la formule, comme par exemple cette sentence lapidaire après un court laïus sur les philosophes et l'humour : "Je pense qu'on peut en conclure que demander à un philosophe de définir l'humour, c'est comme de demander à Stevie Wonder de vous aider à retrouver vos clés de voiture." (p.40), il y en a plein d'autres tirées des spectacles des apprentis humoristes du livre. Il y a aussi des considération plus graves sur les sujets évoqués plus haut. L'auteur ne prend pas parti, il donne des arguments et des contre-arguments qui permettent de faire un tour assez complet de la question, qui invitent donc à la réflexion. C'est cela toute la force du livre que de nous inciter à réfléchir sur des questions essentielles dans nos sociétés, tout cela avec légèreté et humour.

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De mort naturelle

Publié le par Yv

De mort naturelle, James Oswald, Éd. Bragelonne, 2015, (traduit par Jean Claude Mallé)...,

L'inspecteur Tony McLean est un emmerdeur. Son chef, l'inspecteur en chef Duiguid ne l'aime pas surtout lorsqu'il vient marcher sur ses plates-bandes. L'inimitié est réciproque. Duguid est un ambitieux qui délègue beaucoup et récolte rapidement les fruits du travail des autres. McLean travaille dur et emmagasine les moindres détails, suit toutes les pistes, ce qui lui sert toujours en fin d'enquête. Duguid hait McLean pour sa personne et par jalousie. Mc Lean n'aime pas Duguid pour son incompétence. Lorsqu'une série de meurtres s'abat sur Édimbourg, la superintendante McIntyre préfère confier l'enquête à Duguid, laissant à McLean et sa petite équipe, le sergent Bob la Grogne, flic expérimenté et Stuart McBride, jeune recrue, un vieux dossier, le corps d'une jeune fille retrouvée dans une maison en rénovation et qui doit reposer ici depuis très longtemps. McLean qui vient d'enterrer sa grand-mère qui l'a élevé à la mort de ses parents, hérite d'une belle fortune, ce qui ne l'empêche pas de se jeter dans le travail et bien sûr d'aller fureter en plus de son enquête du côté des meurtres en série pourtant réservé à Duguid.

Précision liminaire : James Oswald est fermier en Écosse. Il élève des moutons et à ses heures perdues, il écrit. D'abord de la fantasy, puis du thriller, sur les conseils d'un collègue romancier dont il use du nom dans ce roman, Stuart McBride. Ce roman est la première enquête de Tony McLean, et pour être franc, j'espère que ce ne sera pas la dernière...

Vous voulez un thriller pour les vacances ? Eh bien en voici un. Tout ce qui fait le charme du genre est dedans : une rivalité entre flics, l'un des deux étant meurtri par un passé qu'on devine et dont on aura d'autres bribes dans les numéros suivants, un vieux sergent bougon et une jeune recrue très compétents et travailleurs -enfin, surtout le jeune-, une idylle naissante, des coupables vraiment méchants et un rien de fantastique, juste une larmichette. Secouez le tout et vous pouvez obtenir le pire des bouquins à vous tomber des mains ou alors un bon roman qui ne vous lâchera plus et vice-versa. James Oswald a choisi la seconde option, tant mieux pour nous.

Il est sympa Tony McLean. Il cherche. Il engrange. Fouille toutes les pistes. Part de très loin. Abat avec McBride et Bob la Grogne un boulot de titan. Méticuleux. Travailleur. Opiniâtre. N'hésite pas à prendre des risques pour sa carrière s'ils peuvent faire avancer son enquête ou sauver une vie. Il n'est pas dupe de l'estime en laquelle on le tient en haut lieu et sait pourquoi, lorsque la victime est un VIP on lui demande de collaborer : "McIntyre l'affectait à cette enquête parce qu'il y avait un risque très élevé d'échec. D'autres meurtres de citoyens importants par exemple. Ou la disparition pure et simple du coupable, dont on n'entendrait plus jamais parler. Si ça tournait mal, il ne fallait pas que ce soit la faute de la superintendante en chef McIntyre. Ni de l'inspecteur en chef Duguid. Si McLean était "invité" à participer, c'était pour que la police de la région du Lothian et des Marches Écossaises ait une victime expiatoire à jeter en pâture aux fauves, si ça devenait nécessaire." (p.64/65) Rien n'entame sa détermination. Dans le même temps, sa vie n'est pas folichonne, sa grand-mère meurt et sa vie sentimentale est plate pour ne pas dire creuse. Il fonctionne beaucoup à l'intuition, il comprend vite, avant tout le monde parce qu'il observe finement et se sert de chaque détail.

Thriller parfois un peu crade sur certaines descriptions de cadavres -mais on peut passer vite- qui tient en haleine jusqu'au bout et qui se lit très agréablement, notamment parce qu'il est construit en courts chapitres rapides qui permettent de lire un petit peu, de poser l'ouvrage pour préparer le repas -ce sera sans doute un peu dur- avant de le reprendre en pleine digestion pour le reposer, le temps de coucher les petits et de s'y replonger goulûment.

Une belle découverte, je suivrai très volontiers Tony McLean dans ses prochaines aventures qui ne manqueront pas de paraître, qui me permet au passage de découvrir également les éditions Bragelonne qui s'enrichissent donc d'une belle série à venir.

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Le jaguar sur les toits

Publié le par Yv

Le jaguar sur les toits, François Arango, Métailié, février 2011

1996, Mexico, un homme d'affaires mexicain, responsable d'un laboratoire pharmaceutique disparaît. Quelques jours plus tard, sa famille reçoit son cœur dans un paquet, probablement arraché de sa poitrine selon un vieux rite aztèque. Alexandre Gardel, journaliste français est détaché par son journal pour suivre cette affaire. Il faut préciser qu'il est l'auteur d'un livre : Racines mythologiques et religieuses des crimes rituels, ce qui fait de lui un spécialiste de ce genre de crimes. Il fera équipe avec le chef de la crim' de la ville, vieux flic bourru, Rodolfo Suarez,  et une jeune femme anthropologiste, Catarina Marin. Sur fond de révolte des Indiens, de la corruption des élites mexicaines, de la recherche de la jeunesse éternelle, quelques autres morts viendront émailler l'enquête et la relancer.

Thriller très atypique. Loin d'une construction-type d'un thriller états-unien. Tout d'abord, François Arango part très vite avec la restitution du coeur de la victime à sa famille. Ensuite, il prend le temps de placer le décor : le Mexique, les légendes, traditions aztèques, la révoltes des Indiens extrêmement pauvres et qui agonisent. Tout au long du livre, viennent s'intercaler des paragraphes entiers qui nous racontent tout cela, ce qui fait qu'on est totalement plongé au coeur de ce pays, avec ses habitants. Un contexte magistralement décrit.

Ensuite, l'histoire proprement dite est menée assez vite, mais point trop pour qu'on puisse en comprendre toutes les subtilités. Heureusement d'ailleurs, parce que l'intrigue est fouillée et plutôt maîtrisée : entre pillage des coutumes indiennes, bio-piraterie, trafic de médicaments et bien sûr gros sous, toujours dans les parages.

Enfin, les personnages, l'auteur ne s'arrête pas trop sur les détails croustillants : on sent bien, dès le début que Catarina et Alexandre vont avoir une relation beaucoup plus que professionnelle, mais cela se fait  presque naturellement, sans que François Arango ne soit pesant sur le sujet. Par allusions, plus que par phrases directes, on sait le moment où les deux protagonistes passent aux choses sérieuses, physiques, pour être plus direct. Parents, soyez rassurés, pas de sexe dans ce livre !

De même, à part une ou deux descriptions de cadavres ou de mutilations -mais très supportables-, l'hémoglobine ne coule pas à flots continus. Tout le talent de l'auteur est de créer du suspense sans décrire de situations insoutenables. A nous d'imaginer les scènes avec nos propres images, ce qui, de mon avis, est bien plus efficace.

J'ai cependant une petite réserve : la dernière partie n'est à mes yeux pas indispensable. Ces 30 dernières pages expliquent précisément les causes, conséquences et raisons de l'intrigue, avec force détails médicaux, chimiques, hormonaux. Somme toute, ce n'est pas bien grave, parce qu'à ce niveau du livre, l'enquête est bouclée, on a bien compris de quoi il retournait. C'est une espèce d'épilogue redondant que l'on peut passer vite sans rien perdre du bouquin.

Très bon bouquin, bien écrit : les descriptions des personnages sont assez fameuses, par exemple celle de Suarez : "Le petit homme en civil à demi assis sur l'arête de son bureau portait son ventre comme une majesté et un pantalon pratiquement remonté jusqu'au sternum. Une cravate à pois barrait sa chemise avec autant d'incongruité qu'un bandeau Miss Amérique latine. Surtout, un nez vermillon séparait  sa fine moustache de son front, un tout petit front planté de cheveux drus et calamistrés. Au milieu, un sourcil broussailleux reliait les deux tempes d'un seul trait. L'exemplaire unique, pensa Gardel, à mi-chemin entre l'homme des cavernes et le sybarite recuit par le mezcal." (p.78) Alors, ça ne fait pas envie de faire sa connaissance ? Au moins de l'auteur qui réussit à placer dans une seule phrase "calamistrés" et "sybarite". Chapeau !

Premier roman de François Arango, qui "dans le civil" est chef de service de réanimation dans un hôpital parisien.

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Mémoires d'un appui-tête

Publié le par Yv

Mémoires d'un appui-tête, Marc Jolivet, Ed. de l'Aube, 2014....

Pierre Blistrac est en colère. Il a fait Paris-Marseille en TGV pour aller passer une audition de Premier violon pour l'orchestre philarmonique PACA. Son voyage fut exécrable, la faute au manque d'appui-têtes latéraux dans les trains : il n'a pas pu suffisamment se reposer et a raté son audition. Pierre organise la résistance, et bientôt se retrouvent autour de lui beaucoup de personnes, oubliés de la société. Le combat prend forme. 

Sait-on qu'on est devenu un vieux con lorsque les humoristes du moment ne nous font plus rire ? Personnellement, mes zygomatiques restent au repos assez souvent lorsque j'écoute la palanquée de nouveaux auto-proclamés humoristes qui, en fait, ne font que se refiler des expressions et des bonnes blagues entre eux : il suffit que l'un trouve un bon truc pour que tous foncent dessus : n'a t-on pas dépassé l'overdose sur la petite taille et les talonnettes de l'ancien Président, le manque de voix de sa dame, les rondeurs de notre actuel Président et sa supposée mollesse, ... ? Il me faut toute l'absurdité d'un Ben ou d'un Arnaud Tsamère pour me réconcilier avec la génération actuelle des rigolos, sinon, je tape dans les vieux pots : les excellents Frères Taloche -que je vais voir en fin d'année-, les inégalables François Morel et Stéphane de Groodt -qui, vous l'avez remarqué sont des acteurs-chroniqueurs- et mon chouchou depuis longtemps, que j'ai eu la chance de voir en spectacle, il y a pfff, quelques années, l'auteur de ce livre burlesque, Marc Jolivet !

En lisant cette histoire, on entend la voix de l'auteur qui nous la raconte à l'oreille. A partir d'une mésaventure banale, il construit une mécanique implacable, des enchaînements de faits qui montent crescendo. Un peu comme le livre ou le film La vague, mais en jouant sur l'humour, l'exagération, le burlesque : rappelez-vous que le combat est : "Des appui-têtes latéraux dans tous les trains du monde !" Un point de départ loufoque qui prend forme dans la tête de Pierre, qui attire et devient très vite un joyeux bordel, un amas foutraque d'idées venant des extrêmes droite et gauche, mais aussi de l'écologie et des diverses opinions courantes et/ou plus confidentielles : pour réussir, il faut faire plaisir à tous, promettre et ne pas tenir. Au départ, il s'agit quand même de défendre les plus faibles face aux plus forts qui leur demandent toujours de plus en plus en les payant moins. Marc Jolivet pousse le bouchon et l'on sourit... jaune lorsqu'on repense aux propositions récentes du Medef pour créer des emplois : abolir le SMIC, supprimer des jours fériés, revoir les différentes aides sociales et notamment la sécurité sociale et bien sûr revenir aux 39 heures sans augmenter les salaires... Qui finalement de Marc Jolivet ou des responsables du Medef est le plus excessif ?

J'ai ri. J'ai ri franchement. J'ai ri, plus inquiet. Dans son délire, Pierre marie Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pour une démonstration politique que ses suiveurs accueillent avec liesse, il met aussi en scène un journaliste, directeur du journal L'express, qui se fait appeler CB -pour info, Christophe Barbier signe la préface de ce livre- et qui demande à Pierre s'il se présentera à l'élection présidentielle : "Vous auriez une chance : vous avez le vent en poupe. Nos dirigeants sont tellement mauvais qu'aujourd'hui, tout le monde a une chance." (p. 148)

Marc Jolivet signe là un roman barré, rocambolesque, critique et méchant, un probable exutoire à sa colère contre le monde politique actuel très en-dessous de nos attentes et des contraintes mondiales. Je parlais récemment politique avec un ami et je faisais référence à un bouquin que j'ai lu il y a longtemps, Le principe de Peter de Laurence J Peter et Raymond Hull que l'on peut résumer très succinctement à cette phrase : "Tout homme tend à s'élever jusqu'à son niveau d'incompétence." Je crains que nos élites politiques y soient parvenues, il ne vient plus rien d'eux ni idées nouvelles ni réelle volonté de bouger et ce n'est pas le retour en politique -plus que prévisible- d'un ex qui changera la donne, il a largement participé à vérifier le fameux principe ci-dessus évoqué.

Sur ce, je vous laisse avec ce dernier avertissement :

"Ami lecteur, devant ces pages, ne te gausse point trop. Cette histoire se déroulera très prochainement. 2016 ? 2017 ? 2018 ? Seras-tu toujours présent ?" (p. 189) 

 

 

 

rentrée 2014

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