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Recherche pour “le péril vieux”

Ça coince ! (25)

Publié le par Yv

Identique, Scott Turow, Lattès, 2014 (traduit par Antoine Chainas).

"Après avoir passé vingt-cinq ans en prison pour le meurtre de son ancienne petite amie, Cass Gianis est enfin libéré. Entre-temps, son jumeau Paul est devenu une brillante personnalité politique. Mais le frère de la victime reste convaincu que tout n'a pas été révélé au grand jour dans cette affaire et charge une ex-enquêtrice du FBI de découvrir enfin la vérité." (4ème de couverture)

Mais qu'est-ce qui m'a pris de prendre ce bouquin ? Le résumé sans doute, l'éditeur et le traducteur dont j'aime bien les romans ? Dès le début, je me suis perdu dans les noms des personnages, les liens entre eux (et pourtant ils sont clairement indiqués en première page, à la manière d'une pièce de théâtre pour les plus importants d'entre eux). Oui, mais non content de créer plein de personnages principaux, l'auteur en ajoute d'autres et à chaque fois les introduit avec des détails sur leur vie. C'est souvent inutile, fastidieux et long, très long. Il rajoute ainsi une foultitude de faits  qui ne concernent pas l'enquête, qui au contraire l'alourdissent et me font perdre le fil. Dès les premières pages, j'ai passé des paragraphes, alors je ne me sentais pas d'en lire presque 400... Allez, je ferme sans regrets. 

 

 

 

 

L'oubli, Frederika Amalia Finkelstein, Gallimard l'Arpenteur, 2014.

Une jeune femme qui n'a pas connu la guerre, bien ancrée dans son époque veut oublier la Shoah, mot qui l'agace et qu'elle entend prononcer souvent dans sa famille. Et pourtant tant de choses la ramènent à cette époque, l'histoire de sa famille d'abord.

Livre découvert grâce au club de lecture de la librairie Lise&moi. Je n'ai rien compris à ce bouquin. Je ne sais absolument pas où l'auteure veut nous emmener, ni ce qu'elle veut démonter. Confusion et incompréhension furent les mots-clefs de mon impression de lecture. Je ne saurais en dire plus parce que je manque d'arguments, ayant abandonné avant la fin ce livre totalement abstrus. Langage moderne, fille dans son époque, je dois être trop vieux...

 

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Elles se rendent pas compte

Publié le par Yv

Elles se rendent pas compte, Boris Vian, Ed. Le terrain vague, 1953

Francis, un jeune homme de bonne famille de Washington tente d'aider une de ses amies, Gaya en proie aux affres de la drogue. Il va devoir lutter, en compagnie de Richard, son frère contre un gang d'homosexuels hommes et femmes, dirigé par Louise Walcott, lesbienne affichée.

Ce livre est présenté comme tous les polars noirs de Boris Vian : écrit par Vernon Sullivan et traduit par Boris Vian. De nombreuses éditions existent, notamment en poche et 10/18.

Envie de revenir à des lectures de ma "jeunesse" (je mets entre guillemets, pour faire croire que je suis encore très jeune, afin de m'attirer un public jeune lui aussi, dynamique, qui boostera mes statistiques. Bien joué, non ?). J'ai donc replongé avec délices dans ce vieux Boris Vian que je n'avais pas ouvert depuis des années. Il a un petit côté désuet par l'approche que fait l'auteur du monde homosexuel : les lesbiennes y sont décrites comme des femmes pas satisfaites par les hommes et lorsque Richard et Francis en honore une, celle-ci se révèle être une quasi nymphomane. Evidemment, Boris Vian y met de l'humour qui atténue ce qui serait peut-être difficile d'écrire aujourd'hui. Ceci étant, il n'est jamais homophobe même s'il n'est pas très tendre avec les homos, mais bon, dans ce livre les méchants sont homos, donc forcément pas très sympathiques !

Cette parenthèse fermée, j'ai retrouvé le monde des polars noirs américains des années 50 : le sexe, la drogue, les mecs virils qui tombent les filles : Boris Vian n'a rien à envier aux écrivains étasuniens de souche ! De l'action, du suspense, des bagarres, du fric à gogo.

Aujourd'hui, on lit beaucoup plus rapide, beaucoup plus violent et sexuel, mais dans les années 50, il faut savoir que les romans noirs, très durs de Boris Vian, tel J'irai cracher sur vos tombes ont été interdits à leur sortie. Bon ce n'est sans doute pas le cas de celui ci, beaucoup plus léger qui joue plutôt la carte de l'humour, tout en décrivant tout de même la jeunesse riche des Etats-Unis plongée dans l'alcool, la drogue et l'argent facile.

Une très bonne lecture : allez-y les jeunes ! Et les autres !

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Le cantique de l'apocalypse joyeuse

Publié le par Yv

Le cantique de l'apocalypse joyeuse, Arto Paasilinna, Ed. Denoël, 2008
Un vieux -l'ultime ?- communiste finlandais, ex-brûleur d'églises et "bouffeur de curés" fait promettre, à son petit-fils, sur son lit de mort,  de construire une église sur ses terres éloignées des grandes villes. Son petit-fils, Eemeli accède à son désir et bientôt c'est toute une communauté qui voit le jour autour de ce lieu de culte. Durant les années qui suivent, cette communauté ne cessera de grandir au grand dam des autorités finlandaises et européennes.
Comme souvent chez Arto Paasilinna, (Petits suicides entre amis, La douce empoisonneuse, Le lièvre de Vatanen, pour ceux que j'ai lus) les personnages sont atypiques, dotés d'un caractère fort - l'adjectif est un peu faible-, les situations sont décalées et les aventures rocambolesques. C'est un vrai plaisir que de suivre les gens de cette communauté vivant à côté du monde et réinventant un sens de la vie et de la nature que nous avons un peu oublié. Sous des dehors de pure comédie, ce livre, écrit en 1992, dénonce les dérives de l'administration -européenne notamment, mais aussi finlandaise-, nos propres dérives dans notre systématique recherche du mieux, du plus rapide, du plus performant. On sent chez l'auteur quelques sensibilité anarchique, mais toujours dans la bonne humeur. C'est d'ailleurs, la philosophie de vie des Ukonjärviniens (les habitants d'Ukonjärvi, lieu de création de la communauté) : tout doit se passer sans heurts, sans disputes et dans la bonne humeur. Et si possible, bien arrosé !
Un grand optimisme de Paasilinna dans la capacité des Hommes à se sortir de l'énorme crise environnementale dans laquelle ils se sont mis tous seuls, ou alors, un grand pessimisme, une sorte d'ironie du désespoir ?
Dans tous les cas, un vrai bon et grand moment de lecture, à recommander !

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Ça coince ! (18)

Publié le par Yv

Faillir être flingué, Céline Minard, Rivages, 2013.

"Un souffle parcourt les prairies du Far-West, aux abords d'une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C'est celui d'Eau-qui-court-sur-la-plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements." (4ème de couverture)

Je n'entends que du bien de ce roman-western écrit par une Française qui s'empare des codes du roman masculin et étasunien par excellence pour y placer une héroïne indienne. Et bien malgré tout cela, je coince, et ce, dès le début. Jamais oh grand jamais je n'ai réussi à entrer dans le bouquin. Je m'y ennuie profondément et surtout, je capte que dalle ! Allez savoir pourquoi ? Bon, allez, je vais discrètement, le remettre sur les rayons de la bibliothèque, il y aura bien quelqu'un à qui il conviendra mieux qu'à moi. Y'a pas de mal puisque je n'en ai quasiment rien lu. I am a poor lonesome reader...

Babelio et Libfly recensent des avis très différents du mien (j'ai l'habitude)

 

La ruche, Arthur Loustalot, JC Lattès, 2013..

Alice ne va pas bien. Depuis que son mari est parti, elle déprime. Ses trois filles Marion, Claire et Louise, 19, 17 et 16 ans vivent avec elles, se parlent. Parlent d'elles et de leurs parents. Rien n'est vraiment secret dans cet appartement aux cloisons fines.

Une fois n'est pas coutume c'est la forme qui m'empêche d'adhérer à ce livre. Le style de l'écrivain, aux phrases très courtes -que d'habitude j'apprécie, pas l'écrivain, je le découvre là, mais le style aux phrases courtes-, aux prénoms des filles sans cesse répétés, scandés à l'infini. Beaucoup de dialogues, mais encore une fois c'est la forme qui me gêne : ils ne sont pas séparés du récit, si bien que je me demande sans cesse si les tirets font référence à des prises de paroles des filles ou s'ils sont des tirets-parenthèses. De fait, je suis tellement gêné par la mise en page, le choix de faire un récit compact d'un roman pourtant très dialogué, que je ne parviens pas à me concentrer sur le fond et a fortiori à l'apprécier. Je me sens oppressé, comme un claustrophobe dans une petite pièce noire. (Ouf, je respire, j'utilise mes cours de yoga que je viens de débuter); Une écriture sans doute trop jeune pour moi (l'auteur a 25 ans), que voulez-vous, je me fais vieux ! 

Je ne suis pas le seul à avoir été dérangé par la forme : Babelio, Libfly, Cajou

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Toutes des chieuses ? Les filles expliquées aux garçons

Publié le par Yv

Toutes des chieuses ? Les filles expliquées aux garçons, Candice Lavoisine et Monsieur B, Hugo/Desinge, 2014...,

Un guide pour les filles, pour qu'elles puissent s'assumer en tant que chieuses voire même le revendiquer ou encore s'entraîner pour le devenir. Un guide pour les garçons pour comprendre les filles au moins tenter de la faire et vivre avec elles. 

Une bande dessinée format roman qui surfe sur la vague les différences entre garçons et filles, et qui ajoute la différence de génération, à savoir que les filles d'aujourd'hui ne sont pas celles d'hier et a fortiori d'avant-hier. Ni les hommes d'ailleurs ne sont semblables à leurs prédécesseurs, encore que là, la différence est moindre. Dès lors, on n'échappe pas à quelques clichés et propos maintes fois entendus ou lus, mais le ton employé ainsi que les dessins font que cette BD est bien sympathique. Si vous avez aimé Joséphine, pas l'ange-gardien, l'autre, celle de la BD de Pénélope Bagieu, vous devriez aimer cette nouvelle fille de BD. Au moment où j'écris cette chronique, ma fille la lit et rit beaucoup, je me dis donc d'abord qu'elle est sans doute plus destinée à un public jeune et ensuite et par conséquent que je ne suis plus jeune même si j'ai apprécié cette lecture -je ne sais pas si je suis très clair. Beaucoup d'humour et de dérision qui néanmoins font passer un message sur l'égalité des sexes, sur le combat des femmes pour la conquérir et pour la garder. Un message toujours d'actualité, à asséner tellement certains sont obtus et cons.

Beaucoup de belles réparties, comme lorsque le patron de Candice lui dit à propos de son travail d'artiste et de Mai 68 : "Ah, c'était l'bon temps : celui des vrais artistes, celui des esprits rebelles qui savaient innover..." et qu'elle lui répond : "Celui où vous luttiez contre ce que vous êtes devenu ?" Ou celle lorsqu'elle est dans l'un des très nombreux magasins de cigarettes électroniques : "OK ! Et des joints électroniques, vous vendez ?". Des dialogues drôles, enlevés très bien mis en dessins. J'aime le trait mi réalité-mi-caricature, l'emploi quasi exclusif de trois couleurs : noir, gris et orange, les visages expressifs, les situations plus ou moins cocasses, les petites vacheries, les vengeances ou tentations dont on ne peut être fier. Bref, une BD plutôt réussie qui fera sourire les plus vieux -comme moi- et rire les plus jeunes sans doute plus ciblés et plus au fait de certaines références ou allusions.

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La casse

Publié le par Yv

La casse, Marc Ménis, Ravet-Anceau, 2014... 

Dans les années 50 ou 60, une jeune fille est prise en stop par un homme charmant qui l'emmène chez elle, la séquestre, abuse d'elle et la tue.

De nos jours, une jeune punk qui squatte l'ancienne gare de triage de Lille est retrouvée morte, assassinée. Le commissaire Sandre prend en charge cette affaire, assisté du capitaine Morel, des lieutenants Jérémie Tchang et Milena Nowak. Bientôt, dans un jardin d'un vieux quartier de Lille deux squelettes sont découverts, c'est Morel qui prend l'enquête. 

Marc Ménis est Lillois, féru de rock, comme son commissaire Sandre qui écoute Les Ramones à fond dans sa voiture. La casse, son premier roman, n'est pas totalement abouti, mais il contient de belles promesses. Il est assez long à démarrer et ne devient vraiment intéressant qu'aux alentours de la page 8O lorsque les deux squelettes sont déterrés et que le capitaine Morel se charge de l'enquête. Avant, ça ronronne, ça s'allonge en des considérations pas toujours palpitantes. Puis, petit à petit, les personnages prennent du corps et de l'épaisseur, Sandre et Morel en particulier, mais leurs histoires peinent encore à s'intégrer de manière fluide dans le récit : elles sont présentes, mais arrivent parfois comme un cheveu sur la soupe, sans transition.

Autre constat : l'intrigue des corps enterrés cinquante ou soixante ans plus tôt, nous dit Marc Ménis, touche et remue ses deux flics, mais le problème c'est qu'on ne le sent pas vraiment, il aurait été judicieux, plutôt que de nous le dire plusieurs fois de nous le faire ressentir par le comportement d'iceux, leurs questionnements... Le choix de deux enquêtes séparées n'ayant rien en commun me plaît bien, on a tellement l'habitude de voir deux dossiers totalement opposés se rencontrer en fin de volume, parfois de manière artificielle, au moins Marc Ménis évite l'écueil. Son roman est très réaliste, ancré dans le temps. 

J'ai l'impression d'avoir lu un roman policier inachevé, un plan très détaillé et très prometteur, une bonne base pour un roman d'une autre envergure. Les idées, les personnages et l'écriture de Marc Ménis, sa fluidité, sa simplicité à la fois classique et moderne me donnent à penser que ce premier roman ne sera pas le dernier et que les bonnes choses aperçues dans ce livre reviendront développées et musclées dans un prochain opus.

 

 

polars 2015

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Nantes rayonnante

Publié le par Yv

Nantes rayonnante, Stéphane Pajot, D'Orbestier, 2012

Stéphane Pajot remet à l'honneur et à la une des photos oubliées, rares parfois même inédites de la ville de Nantes. De vieilles photographies accompagnées des textes du journaliste-écrivain qui racontent des anecdotes, "des souvenirs précieux recueillis auprès de ceux qui les détiennent", des petites histoires mais parfois aussi de la plus grande histoire. Tout ce qui a fait de Nantes la ville qu'elle est devenue, son rayonnement réchauffant ses habitants et depuis quelques années les nombreux touristes attirés par sa chaleur.

Très beau livre avec un choix de photos assez impressionnant. Pour qui connaît la ville, il est évident qu'il passera un excellent moment à rechercher tel ou tel détail dans une image et dans les histoires que Stéphane Pajot raconte à côté. On y croise le très fameux pont transbordeur, la Loire et l'Erdre qui jadis coupaient Nantes en longueur et largeur : les photos du comblement del'Erdre et des bras de la Loire sont incroyables et l'on se figure aisément l'ampleur de la tâche. Une petite page retient mon attention, consacrée à l'île Mabon : "La petite île au trésor [...] était la gardienne de l'entrée du port. Elle servit au XVIIe siècle d'annexe à l'hôpital du Sanitat, qui se trouvait quai de la Fosse, pour les malades pestiférés de la peste sévissant à Nantes en 1625." (p.42) Si je note cette page, c'est tout simplement parce que l'île porte mon nom de famille (on moi le nom de l'île). Il n'en reste rien aujourd'hui qu'un nom de square et un nom de rue dans laquelle lorsque nous y passions avec mon papa, il ne manquait jamais de dire qu'on y était chez nous ! Humour familial que je répète évidemment à l'envi à mes enfants. Transmission des gènes ! Il me semble qu'elle fut aussi lieu de guinguettes avant d'être rattachée à la ville. 

Une très belle manière de visiter Nantes l'ancienne, d'y croiser les fantômes de nos vieux ancêtres, d'en croiser de plus jeunes : Jacques Demy, Ulysse, le plus célèbre clochard de Nantes incontournable pendant une vingtaine d'années à partir de 1980, les surréalistes, ...

Pour qui ne connaît Nantes que de nom, il faut lire ce bouquin et venir ensuite visiter notre belle ville (je suis un peu chauvin, je dois le reconnaître, mais il me semble que Stéphane Pajot l'est aussi, mais lui, il fait de son amour pour sa ville de magnifiques livres) et tenter de retrouver les quartiers et voir ce qui y a changé ou pas.

Superbe idée cadeau pour l'échéance qui arrive très bientôt. 

Merci Stéphane et les éditions D'Orbestier.

 

région

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La tête en l'air

Publié le par Yv

La tête en l'air, Paco Roca, Éd. Delcourt, 2013 (traduit par Carole Ratcliff)...,

Ernest, atteint d'un début d'Alzheimer fait son entrée dans une maison de retraite spécialisée. Le passage à la vie en communauté est rude, il sera aidé par Émile, son voisin de chambre, joyeux drille toujours prêt à une bonne blague voire une petite entourloupe.

Bande dessinée qui traite d'un sujet pas facile mais tellement d'actualité. On n'échappe pas aux pertes de mémoire, aux pertes d'autonomie, aux douleurs de s'en rendre compte. "La vieillesse est un naufrage" disait le Général De Gaulle, à propos du Maréchal Pétain. Tout cela est montré, mais comment passer outre ? Écrire ou dessiner un livre sur les vieux en maison de retraite et sur ceux qui souffrent de maladies dégénératives sans montrer tous les aspects négatifs serait une tromperie sur la marchandise. Rassurez-vous, tout est bien montré, mais Émile est là pour mettre un peu de gaieté et d'entrain dans la maison. Dès qu'il y a une bêtise à faire, il ne peut s'en empêcher, un peu comme Wilfred dans Quartet de Dustin Hoffman, un film dit en passant qu'il faut voir si ce n'est déjà fait. La vision de la maison de retraite n'est ni idyllique ni plombante. L'auteur, en fin de volume explique que toutes les personnes dessinées sont inspirées de parents d'amis, de gens rencontrés dans les maisons de retraite qu'il a visitées pour bien connaître son sujet. Son récit est tellement crédible que l'on pouvait presque se douter de cette précision. 

Le dessin est clair, précis, lisible ainsi que la police utilisée dans les phylactères, couleurs proches de la réalité. Un bel album dont a été tiré un film qui, au vu de la bande-annonce semble très fidèle au livre.

 

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Libfly et Babelio recensent quelques avis

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Poussière tu seras

Publié le par Yv

Poussière tu seras, Sam Millar, Fayard, (traduit par Patrick Raynal), 2009.....

Jack Calvert, ex-flic devenu peintre ne se remet pas du décès accidentel de sa femme un an auparavant. Lors d'une de ses nombreuses et denses cuites, son fils Adrian, adolescent, sort et découvre  dans la forêt de Barton, un os d'apparence humaine à côté d'un corbeau mutilé.

Deux vieux barbiers de la ville Joe et Jeremiah tentent de survivre dans un monde qui les a dépassés, des virtuoses du coupe-choux...

Sam Millar, ancien combattant de l'IRA a passé quelques années en prison, ceci est son roman d'entrée dans le noir. Superbement traduit par Patrick Raynal, il est éprouvant. C'est un vrai coup de poing, littéralement. On est presque groggy en en sortant tant l'ambiance est glauque, ouateuse d'un brouillard qui ne se lèverait jamais, je pourrais dire comateux si tant est que ce qualificatif puisse s'appliquer à un polar. Peu d'espoir, peu de lumière et pourtant, on en voit une sur la couverture, pas naturelle, mais serait-ce l'infime dose qui suffit pour ne pas sombrer dans une déprime totale ? J'exagère un peu, à peine. Ceci étant dit, ce bouquin est du genre qu'on ne lâche pas. Il fait frissonner, et l'on se sent bien sur son canapé ou ailleurs, loin des environs sombres de Belfast.

L'écriture est précise, va au plus court. Sam Millar sait qu'il va toucher et n'en rajoute pas dans le gore, les descriptions morbides et sanguinolentes, il n'en a pas besoin. De courts chapitres qui alternent les narrateurs, un coup Jack et/ou Adrian et un autre Joe et/ou Jeremiah, qui donnent du rythme et permettent de souffler. Je vais peut-être lire un truc un peu plus léger maintenant, histoire de revenir un jour à Sam Millar, parce que le pire, c'est que j'en redemande, et pourtant je n'aime ni me faire peur ni me faire du mal.

Juste la première phrase pour mettre en appétit : "Adrian Calvert fit l'horrible découverte à moins d'un mile de chez lui, à Barton's Forest, dans les environs de Belfast, là où les arbres couverts de neige se tricotaient à l'infini, immenses sous le plafond des nuages." (p. 11)

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