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L'île des morts

Publié le par Yv

L'île des morts, le roman d'un tableau, Jean Pichard, Ed. du Canoë, 2021

Arnold Böcklin (1827-1901) fut peintre. Son œuvre la plus connue est L'île des morts, les cinq versions peintes entre 1880 et 1886 dont l'une fut accrochée dans le Berghof, le "nid d'aigle" de Hitler. De sa Suisse natale à l'Italie où il mourut, le peintre arpenta l'Europe, se battit sur les barricades de Paris en 1848...

Franz Schensky (1871-1957) naquit sur Heligoland alors anglaise. Il fut photographe, passionné par son île natale qu'il photographia à de multiples reprises. Lorsqu'icelle devint allemande, il fut, comme beaucoup d’îliens, d'abord légèrement indifférent puis déporté dans un camp pendant la première guerre mondiale.

C'est un parallèle entre ces deux artistes et leur passion pour deux îles différentes que raconte Jean Pichard.

Un inculte comme moi ne saura pas, avant sa lecture qui sont ces deux hommes, même si le tableau représenté en bandeau -celui de Böcklin- semble connu, il en est même un autre, un autoportrait assez célèbre également : tapez le nom du peintre dans la barre de recherche, c'est souvent le premier qui se présente. Quant à Schensky, rien, ni même l'île d'Heligoland dont j'apprends à la fois l'existence et l'histoire.

Donc triple bon point pour ce roman qui se base sur ces réalités. Ce ne sont pas des biographies, le romancier prévenant qu'à part les peintre et photographe et date de leurs œuvres, tout est inventé. Mais la curiosité pousse le lecteur que je suis à chercher plus, donc à s'instruire.

L'idée de rapprocher ces deux artistes avec le fil rouge de l'île est intéressante et originale. Sans chichis ni recherche d'effets, Jean Pichard les invente, parle de leurs doutes, de leurs créations, de leur vie consacrée à leur art. C'est un peu autocentré, peu de cas est fait de leurs épouses ou compagnes, enfants... mais encore une fois, on est loin de la biographie, c'est davantage un roman de l'œuvre et comprendre comment chacun en est arrivé à la créer. C'est un livre facile d'accès qui, sous un thème qui peut paraître difficile, se lit vite et agréablement et procure la sensation d'en ressortir plus instruit. Que demander de plus ? Tout est là pour plaire. Les jeunes éditions du Canoë signent-là encore un très bon livre.

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Tiroir central

Publié le par Yv

Tiroir central, Sophie Coiffier, L'attente, 2021

"Comment atteindre le fondamental en partant du dérisoire, d'un fouillis inquiétant et familier ? [...] Les chapitres-dossiers de ce tiroir central exposent des repères qui font signe : découvrir un certain sens au désordre, s'y reconnaître, retrouver un passage, un endroit déjà connu et de là, enfin, tracer son chemin, singulier et multiple." (4ème de couverture)

Recueil de chroniques, de nouvelles ou de courts textes, liés plus ou moins au rangement, au déménagement et à son corollaire l'emménagement.

J'aime beaucoup. Tout. L'idée d'aller fouiller dans les espaces, les endroits dans lesquels on entrepose, on amasse et en ressortir la photo ou le texte qui fait remonter des souvenirs, des sensations, des réflexions : "Tu feuillètes l'album renfermant la collection des images Nestlé de ton grand-père Jean, datant de 1927, avec un brin de nostalgie : la moitié des animaux répertoriés sont en syncope mais Nestlé est toujours debout. C'est même une des plus grosses industries agroalimentaires du monde. Et devine quoi ? Son logo est un nid. What else ?" (p.14). L'écriture parfois poétique, directe, sans fioriture et très belle. Parfois des textes rapides aux phrases courtes, sèches et d'autres qui prennent leur temps au fil de longues phrases, très ponctuées, avec des jeux de répétitions, d'allitérations...

Je ne sais plus qui disait que l'écrivaine n'a pas forcément une vie plus riche qu'un autre, mais qu'elle a le talent de la raconter. Ces textes de Sophie Coiffier en sont l'exemple parfait. Quasiment rien de ce qu'elle raconte n'est extraordinaire, je me suis même remémoré quelques souvenirs personnels très proches. Mais les ressemblances s'arrêtent ici, là où moi, je serais plat et sans saveur, elle sait intéresser et procurer un réel plaisir de lecture. Très beau texte d'une écrivaine que je découvre dans une maison d'édition découverte avec Le syndrome Shéhérazade de Eric Pessan et que je surveille depuis...

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Le peintre hors-la-loi

Publié le par Yv

Le peintre hors-la-loi, Frantz Duchazeau, Casterman, 2021

Janvier 1793, Louis XVI est décapité. Le pays se déchire et est en proie à une vraie guerre civile. Lazare Bruandet, peintre, fervent révolutionnaire, porté sur la boisson et les duels à l'épée défenestre sa compagne dans un geste de colère et part à la campagne chez des moines qui l'avaient recueilli lorsqu'il était orphelin.

La violence est partout autour de lui, dans les soldats, les miliciens, les brigands... Lui, son seul moyen de s'échapper c'est de peindre la nature.

Excellent album qui raconte, je m'empresse de le dévoiler, la vie d'un personnage ayant réellement existé et dont j'ignorais l'existence, le peintre Lazare Bruandet (1755-1804). C'est qu'il est romanesque à souhait, il fréquente les bas quartiers, s'enivre, se bat et préfère quitter la capitale pour se mettre au vert. Peu connu de son vivant, sauf sans doute pour ses frasques, il ne l'est pas beaucoup plus de nos jours, mais -je ne sais pas si c'est exact-, Frantz Duchazeau lui fait dire qu'il ne peint pas pour la postérité.

Le bédéiste reproduit formidablement l'époque, la violence, la folie du peintre. Le trait est parfois simplement esquissé notamment dans les souvenirs d'enfance. Lazare Bruandet n'est pas un personnage particulièrement sympathique (il a quand même, par accident certes, mais quand même, défenestré sa compagne qu'il soupçonnait d'adultère alors que lui ne s'en privait pas) mais lui et Frantz Duchazeau emportent tout sur leur passage et je n'ai pu m'empêcher de lire à toute vitesse cet album et de le reprendre pour savourer et ne rien en rater. Et comme de coutume avec ce genre de livres, je suis allé me renseigner sur la vie et l'oeuvre de Bruandet.

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Hiver à Sokcho

Publié le par Yv

Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin, Ed. Zoé, 2016

Sokcho, petite ville balnéaire du Corée du sud, proche de la frontière avec la Corée du nord, Yan Kerrand, bédéiste normand, en plein hiver, prend une chambre dans une pension. La jeune femme qui le reçoit, franco-coréenne est intriguée par cet homme venu à une saison où aucun touriste n'est présent. Intriguée puis un peu agacée lorsqu'il reste dans sa chambre ne venant même pas dîner, goûter à sa cuisine.

C'est un très court roman, le premier d’Élisa Shua Dusapin, elle-même franco-coréenne, qui prend son temps et qui se déguste. Il prend le temps donc d'installer les deux personnages principaux. Chacun dans sa personnalité et dans sa solitude. Ils vont chercher à se rencontrer, maladroitement, lui par ses dessins : il tâtonne, cherche, hésite, jette beaucoup. Elle par sa cuisine qu'il ne goûte pas. Ils ne se rejoindront pas vraiment, mais un peu quand même, chacun prenant de l'autre pour avancer.

L'écriture est fine, précise, douce, un peu comme si quelqu'un nous murmurait le texte à l'oreille. Elle décrit brièvement les paysages pas très jolis de cette ville l'hiver. Elle est sensuelle également, parle des corps, des lignes, celles que cherche le dessinateur, celles de la jeune femme, de son amoureux mannequin qui n'hésitera pas à recourir à la chirurgie si on le lui demande, d'une cliente qui se remet doucement d'une opération esthétique... Élisa Shua Dusapin aborde les thèmes de la rencontre, de la solitude, de l'identité notamment lorsqu'on a une double culture.

Un très beau texte qu'il faut prendre le temps de découvrir, ne point trop se presser pour n'en rien rater. Il débute ainsi :

"Il est arrivé perdu dans un manteau de laine. Sa valise à mes pieds, il a retiré son bonnet. Visage occidental. Yeux sombres. Cheveux peignés sur le côté. Son regard m'a traversée sans me voir. L'air ennuyé, il a demandé en anglais s'il pouvait rester quelques jours, le temps de trouver autre chose. Je lui ai donné un formulaire. Il m'a tendu son passeport pour que je le remplisse moi-même. Yan Kerrand, 1968, de Granville." (p.5)

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La griffe

Publié le par Yv

La griffe, Verena Hanf, Ed. Lamiroy, 2021

Alma, jeune femme abandonnée bébé a été recueillie par Emma qui vient de mourir. Seule, différente, ronde et avec de grosses difficultés de langage, elle n'est jamais parvenue à se faire des amis dans le village. Une nouvelle voisine emménage, sera-t-elle celle qui permettra à Alma de sortir de sa solitude ?

Très beau court texte de Verena Hanf, qui, en quelques pages dresse un portrait de la jeune femme et de sa vie. Tout est dit de ce qu'elle est réellement et de ce qu'elle renvoie et de ce que pensent d'elle les habitants du village. La différence est toujours difficile à tolérer. Ce que j'aime bien dans ce récit c'est que l'auteure s'est mise dans la peau d'Alma et raconte sa vie, ses désirs, ses peurs, son amour de la nature et des animaux, en particulier des chats, ce qui nous contraint nous lecteurs, à ne pas la regarder comme une personne différente. Alma pourrait être celle que l'on nommait jadis, l'idiote du village, sans jamais prêter à ce type de personnages des sentiments, des réflexions, des désirs -ou alors des malsains, de ceux qui font d'eux des agresseurs ou des coupables désignés.

C'est très joliment écrit, du point de vue d'une jeune femme qui aime ce qui l'entoure et qui aime la discrétion : "J'aime le brouillard, il est doux et tendre, m'enveloppe dans une douceur humide, s'adapte à mon corps et cache mes pas. Je marche sans faire de bruit, me faufile habilement entre les jardins et les champs, et grâce à cet épais nuage qui couvre tout le village, on ne me voit pas." (p. 5) C'est court et dense, d'aucuns pourraient dire trop court, mais non, en finissant le texte, on se dit qu'on a fait une belle rencontre, mais qu'il ne faut point trop effrayer Alma.

Les éditions Lamiroy, belges, proposent des nouvelles dans cette collection Opuscule et proposent même, quelle bonne idée, de s'abonner pour des périodes variables et recevoir, chaque fin de semaine dans sa boîte à lettres une nouvelle éditée sur papier ou en version numérique. Je me suis laissé tenter.

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Walter Appleduck cow-boy stagiaire

Publié le par Yv

Walter Appleduck cow-boy stagiaire, Fabrice Erre, Fabcaro, Dupuis, 2019

Walter Appleduck est étudiant en master cow-boy et fait un stage dans le bureau du shérif de Dirty Old Town. C'est Billy, le shérif-adjoint qui est chargé de sa formation. Entre l'étudiant lettré et cultivé et le shérif un peu limité et même le reste de la population, les quiproquos sont nombreux. Mais chacun apprendra des autres.

Fabcaro scénarise et Fabrice Erre dessine cet album crétin et savoureux, multi-référencé à la BD, au western, à la BD-western et à l'actualité. De nombreux clins d’œil -dit-on clins d’œil ou clin d'yeux ? Euh..., clins d’œil car l'on n'en cligne qu'un seul à la fois ?- a des personnalités de divers horizons. L'humour est basé sur des situations bêtes, des anachronismes entre Billy qui vit au temps du Far-West et Walter qui a des références très en avance sur son temps, qui lorgnent vers le XXIème siècle. Les deux auteurs parviennent à aborder des thèmes très actuels : les réseaux sociaux, le racisme et la xénophobie, la justice, le sexisme, la "presse voyeuriste et dégradante qui n'a pour but que d'avilir autrui en étalant son intimité" (p.46) que d'aucuns nomment plus couramment et en bon français la presse-people.

C'est franchement très drôle et le dessin virevoltant et très coloré (par Sandrine Greff) participe à la bonne humeur. Très crétin disais-je ci-dessus, très décalé, un humour potache en même temps que sérieux par les thèmes abordés, l'humour faisant souvent passer des messages bien plus efficacement que de longs discours. Il paraîtrait qu'un tome 2 serait sorti...

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L'égaré de Saint-Mathieu

Publié le par Yv

L'égaré de Saint-Mathieu, Anne-Solen Kerbrat, Palémon, 2021

Le commissaire Jean-Louis Perrot est appelé sur une prise d'otage, le ravisseur ne voulant parler qu'à lui seul. Grièvement blessé, il est contraint de se réfugier à Penmarc'h pour échapper à celui qui lui en veut personnellement.

Ses collègues trouvent dans une rue de Quimper un vieil homme, sans doute atteint de la maladie d'Alzheimer, mutique qui intrigue la capitaine Katell Le Scornec.

De son côté, Jeanne Sixte, la compagne de Perrot travaille sur un réseau pédophile qui sévit dans la région.

Roman policier qui part sur plusieurs enquêtes voire semble s'éparpiller et qui, en fait, est finement et astucieusement bâti. La bonne idée de départ est de mettre momentanément les héros des tomes précédents -Jean-Louis Perrot et son adjoint Lefebvre- en sommeil pour valoriser les habituels seconds rôles. A ce jeu, c'est le commandant Julien Heurtel et la capitaine Katell Le Scornec qui tirent les bons numéros. Avec cette idée, on sent la force de l'équipe de flics et leur entraide, et Anne-Solen Kerbrat peut varier les plaisirs en alternant ses enquêteurs et, comme ici, leur créer des vies personnelles intéressantes et diverses.

C'est un roman tendu, entre la tentative d'assassinat de Perrot et un réseau pédophile à démanteler, le ton n'est point à la galéjade. Néanmoins, comme les autres polars de cette série, il n'est pas plombant ni trop lourd, l'autrice ne s'appesantit pas sur des détails scabreux et/ou croustillants. Les enquêtes sont rondement menées mais pas bâclées, chaque flic abattant un travail conséquent. Un roman qui s'inscrit dans la série Perrot et Lefebvre et qui peut se lire, bien sûr, indépendamment des treize titres précédents. D'ailleurs, je n'en ai lu que deux autres-pour le moment-, très bien eux aussi : Le tableau de Maï et L'archipel des secrets.

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Enrage contre la mort de la lumière

Publié le par Yv

Enrage contre la mort de la lumière, Futhi Ntshingila, Belleville, 2021 (traduit par Estelle Flory)

Mvelo adolescente de 14 ans vit avec sa mère Zola dans un bidonville d'Afrique du sud. Ce ne fut pas toujours le cas, Zola était championne de course à pied avant d'être enceinte et reniée par son père.

A à peine plus de trente ans, Zola meurt du SIDA, laissant Mvelo seule dans leur cahute. Seule pour se confronter au monde violent du dehors dans lesquels les jeunes filles risquent le viol à chaque coin de rue. Seule pour vivre dans un pays ravagé par l'apartheid et la misère.

Futhi Ntshingila est journaliste, ce roman dont le titre est emprunté à un poème de Dylan Thomas est son deuxième. La couverture est l’œuvre de Agrippa M Hlophe, artiste sud-africaine.

Très beau roman qui met en scène des femmes. Des femmes fortes aux destins divers, qui toutes devront se battre et faire preuve d'une force de caractère peu commune pour résister à tout ce qui les entoure : les agressions, les viols, la misère, le racisme, le sexisme... Elles sont attachantes, émouvantes, on a très envie qu'elles se sortent du cercle vicieux dans lequel elles entrent dès l'enfance. Les femmes de Futhi Ntshingila sont puissantes, elles ne se laissent pas faire même lorsqu'elles subissent. Elles luttent pour leurs droits de femmes noires.

C'est un roman prenant, écrit dans une langue simple qui fait ressentir les émotions des héroïnes, qui amène inévitablement des images. A travers les luttes de Mvelo, Zola et les autres, l'autrice écrit un livre plus général sur les femmes. Le particulier et le fictif pour décrire l'universel et le réel. Il débute ainsi :

"Après l'enterrement de Sipho les choses empirèrent peu à peu pour Mvelo et sa mère Zola. Mvelo était jeune, mais elle se sentait vieille comme une chaussure usée. Elle avait quatorze ans et son esprit quarante. Elle arrêta de chanter. Pour sa mère, elle essayait de toutes ses forces de rester optimiste, mais l'espoir glissait entre ses mains comme un poisson. Elles se trouvaient déjà dans une situation difficile, lorsque quelqu'un du bureau de versement des pensions avait décidé de suspendre leurs aides sociales. Elles recevaient une aide parce qu'elle était mineure, élevée par une mère célibataire de trente et un ans ; l'autre était pour Zola, à cause de son statut." (p.11)

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L'homme qui souriait

Publié le par Yv

L'homme qui souriait, Henning Mankell, Seuil, 2005 (traduit par Anna Gibson)

Alors que Kurt Wallander est en arrêt maladie depuis un an et qu'il ne sait pas encore s'il retrouve sa place de flic ou s'il abandonne le métier, l'un de ses amis vient le voir sur son lieu de repos. Sten Torstensson est avocat et a gardé contact avec Kurt après s'être occupé de son divorce. S'il vient le voir c'est qu'il ne croit pas à la mort accidentelle de son père, avocat d'affaires. Wallander lui demande d'aller voir la police, lui n'étant pas vraiment dans l'idée de reprendre le travail. Lorsqu'il apprend que Sten Torstensson s'est fait assassiner, sa décision est prise, il reprend son poste de commissaire à Ystad et l'enquête sur la mort de son ami et de son père.

Nous avions laissé Kurt en fâcheuse posture après son enquête en lien avec l'Afrique du Sud (La lionne blanche). Il a sombré dans une dépression profonde et peine, un an après à reprendre pied jusqu'à se demander s'il reste flic. Comme souvent avec lui, c'est un événement qui lui fera prendre une décision en quelques secondes. Et il va mener cette quatrième enquête avec fougue. J'avoue que j'avais un peu oublié ce tome, seules les circonstances de la mort du vieil avocat me restaient en mémoire. Sans doute, parce que Henning Mankell, contrairement à ses autres romans policiers, ne parle pas beaucoup de ses thèmes favoris, le racisme, le changement de la société suédoise et mondiale... Il nous plonge davantage dans les tourments de Kurt et dans le monde de la finance et des puissants de ce monde prêts à tout pour l'être encore un peu plus. "Je te parle du monde mystérieux des politiciens. Où derrière les interminables parlottes on ne fait que passer au tamis les moustiques en avalant des chameaux. Où chacun va se coucher le soir en priant pour que le lendemain il soit possible de transformer l'eau en vin." (p. 244/245)

C'est aussi dans ce roman qu'apparaît une nouvelle collègue de Kurt, la première femme flic, Ann-Britt Höglund qui va se révéler très douée et précieuse pour dénouer les fils de cette enquête particulièrement tortueuse. Quatre cents pages -écrites en 1994 pour une action qui se déroule l'année précédente et traduites par l'excellente Anna Gibson plus de dix ans après- qui montrent le travail méthodique, fastidieux et long des policiers qui cherchent un fil et le déroulent jusqu'au bout quand bien même il ne mène nulle part. Wallander ne tape jamais au hasard, lorsqu'il se forge une conviction, c'est qu'il a éliminé toutes les autres possibilités par ce travail. C'est un flic inépuisable, opiniâtre, qui ne lâche jamais et qu'on ne lâche pas nous non plus.

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